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« L’énigme des Blancs-Manteaux » de Jean-François Parot

Je découvre enfin la saga de Nicolas Le Floch, enquêteur du 18ème siècle à Paris. Une fois de plus le challenge ABC a été un bon motivateur pour m’attaquer à cette série d’une grosse douzaine de romans.

En 1761 Nicolas Le Floch arrive de sa Bretagne natale à Paris, envoyé auprès de Monsieur de Sartine, lieutenant général de la police du Roi, par son parrain le marquis de Ranreuil.
Après plusieurs mois à enquêter pour le commissaire Lardin, il se retrouve à devoir découvrir ce qui est arrivé à ce dernier, après qu’il ait disparu pendant le Carnaval. Aidé de son adjoint Bourdeau, il va fureter dans les diverses sociétés du Paris de la moitié du 18ème siècle : médecins, érudits, malfrats, servants, prostituées…
Mais la tâche qu’il lui est demandée va au-delà de la résolution de l’énigme de la disparition de Lardin : Sartine lui apprend qu’est étroitement lié à celle-ci le vol de lettres du Roi Louis XVI et de Madame de Pompadour, qui pourraient être utilisés contre eux dans la guerre qui oppose la France à l’Autriche.

Moi qui commence à apprécier les romans policiers et qui aime beaucoup les romans historiques, j’ai été (bien) servie.
J’ai vraiment adoré me plonger dans cette époque que je connais mal, imaginer les costumes des personnages après quelques recherches sur Internet, revisiter le Paris d’antan à base de gravures anciennes et de virées sur Google Map… Bref, un vrai plaisir.
Histoire de nous plonger encore plus dans cet univers, l’auteur utilise un champ lexical et un vocabulaire emprunt de cette époque, ce qui m’a valu quelques recherches aussi parfois, malgré la présence d’un lexique en fin d’ouvrage.
Pour ce qui est de l’enquête, pas mal de rebondissements même si on voit venir certains dénouements… Mais bon, ça passe quand même.

Une lecture sympathique, dégustée sur un transat en vacances au soleil… et je compte bien réitérer l’année prochaine avec le second volume de la saga, L’homme au ventre de plomb.

« Le club des veufs noirs » d’Isaac Asimov

Moi qui suis une fan de SF et donc d’Asimov, j’avais depuis longtemps repéré cette curiosité dans la bibliographie de cet auteur. Un roman policier, caché au milieu de dizaines de récits parlant de sociétés futuristes, de robots, de voyages spatiaux etc.
Avec le challenge ABC de cette année, je me suis enfin attelée à lire ce recueil d’une dizaine de nouvelles mettant en scène ce fameux club des veufs noirs.

Chaque mois se tient le banquet du club des veufs noirs, qui ne sont ni veufs et ni vêtus de noir… Il s’agit de 5 amis vivants dans la région de New-York qui se retrouvent dans un restaurant pour discuter et s’amuser à « cuisiner » un invité amené à tour de rôle par un de ses membre. On découvre dans la première nouvelle que l’invité est un détective qui chercher à résoudre une affaire… qui sera brillamment résolue par le serveur attitré du club, Henry. Depuis, tous les mois, un invité du club se présente avec un problème à régler ou un mystère à éclaircir (qu’il en soit conscient ou non en arrivant), que Henry, imperturbable, pourra résoudre simplement en l’écoutant raconter son histoire.

Le format de la nouvelle est particulièrement adapté pour ce type de récit : en quelques pages on apprend à connaitre les membres récurrents du club (écrivain, professeur de math, chimiste, artiste… avec des petits morceaux d’Asimov plantés dans chacun), qui ont tous des traits de caractère bien affirmés.
Élément révélateur d’une époque : ils sont tous très misogynes ! Et oui, pas de femmes au club ou parmi ses invités, et surtout on ne parle pas de son épouse… car de l’avis général leurs discussions sont assommantes. Bref, cet aspect de l’auteur laisse un petit goût amer, même si on sait qu’il fait parler ici des personnages de fiction.
C’est d’ailleurs assez intéressant de voir que ce cercle intellectuel accepte plus facilement Henry le serveur, malgré sa condition sociale différente, qu’une femme, car il a fait preuve de perspicacité et de vivacité d’esprit.

Bref, passons sur cet aspect pour nous intéresser aux enquêtes menées au club, qui ressemblent plus à des devinettes ou des énigmes plus ou moins bien ficelées, reposant souvent sur des jeux de l’esprit ou des petits détails. Ça n’est pas palpitant mais ça reste amusant. Mais on l’excuse, car comme le dit Asimov par la bouche d’un des personnage, Agatha Christie a déjà pris toutes les idées intéressantes 😉

Une bonne lecture, que je ne conseillerai pas forcement aux amateurs de romans policiers, mais qui peut éveiller l’intérêt des amoureux d’Asimov.

« Pars vite et reviens tard » de Fred Vargas

Il y a presque vingt ans un lecteur occasionnel m’a conseillé : « Toi qui aimes lire je ne comprends pas que tu ne lises pas du Fred Vargas ». Il n’en fallait pas plus pour que je relègue l’auteure dans la catégorie des romans de gare et que je l’oubli. Je suis snob…
Mais comme bien souvent, mes recherches d’auteurs par ordre alphabétique pour le Challenge ABC m’a fait retomber dessus, sur le site Audible. Après tout, pourquoi ne pas tester son best-seller ? En plus on y parle de la Peste, c’est de circonstance…

Depuis quelques jours à Paris, les nouvelles criées par Joss sur la place Edgar Quinet sont étranges : des « spéciales », rédigées en latin ou en français ancien et toutes incompréhensibles. Decambrais, le loueur de chambre qui ne rate pas une criée, crois y reconnaître des textes anciens parlant de la Peste.
De son côté, le commissaire Adamsberg apprend qu’un immeuble a vu toutes ses portes taguées sauf une, avec un même motif, celui d’un 4 à l’envers… et bientôt d’autres immeuble le sont aussi. Est-ce l’action de jeunes vandales, une performance artistique, ou autre chose ?
Lorsque le vieil érudit Decambrais fini par contacter Adamsberg pour l’avertir de ce qui couve dans les nouvelles de la criée, ils finissent par faire la relation avec les signes peints sur les portes : des talismans contre la Peste. Cela signifie-t-il que ce fléau est de retour à Paris ?

Une découverte très sympathique que ce roman… Je dois avouer que j’ai été emporté par cette enquête originale, mais plus encore par les personnages vraiment hauts en couleurs.
Côté récit, le rythme est tranquille au départ, le temps de planter le décor parisien, de commencer à gratter autour du thème de la Peste… et s’accélère franchement sur la fin. Pas trop d’action ou de courses poursuites, ça me va bien : les montées d’adrénaline, on les a quand les enquêteurs découvrent des puces dans une enveloppe ou se font aider d’historiens médiévistes !
Pour la palette des personnages, on ne sait plus où donner de la tête. Le personnage de Joss Le Guern par exemple, qui est crieur de nouvelle à Paris… au début du 21ème siècle… ce n’est pas commun ce genre de métier ! Je passe sur Decambrais l’érudit qui va l’aider, avec sa troupe de locataires, le barman du café de la place Edgar Quinet…
Chez les policiers, le commissaire Adamsberg est atypique lui aussi : quelques problèmes pour se focaliser sur les dates et visages, le besoin de marcher constamment… mais bien entendu une capacité d’analyse et de prise de hauteur qui vont lui permettre de résoudre cette affaire. Son adjoint Danglard, habillé avec style contrairement à son patron, mais légèrement porté sur la bouteille, apporte un équilibre terrien au duo.

Bref, je ne m’étendrais pas sur l’histoire pour ne pas trop en dévoiler, mais elle m’a donné envie de m’intéresser aux périodes historiques auxquelles a sévit la Peste. Une réussite donc, même si la fin m’a un peu laissée sur ma faim… mais c’est souvent le cas avec les roman policiers.

« Carnets noirs » de Stephen King

Quand j’avais découvert après ma très bonne lecture de M. Mercedes que ce roman faisait partie d’une saga, j’avais tout de suite mis Carnets noirs dans ma wish-list… et forcément dans ma liste pour le challenge ABC ! Il n’y a pas à dire, Stephen King est très bon dans le domaine fantastiques et horreur…. Mais il excelle aussi dans l’écriture de thrillers !

Dans les années 70, Morris Bellamy, fan inconditionnel de la trilogie de romans Le coureur assassine son auteur, John Rothstein. Il n’a pas digéré que l’écrivain transforme son héro Jimmy Gold en un américain moyen et rangé après des années d’aventure. Il lui vole au passage une belle somme d’argent, et surtout, tout un lot de carnets noirs, où John Rothstein continuait à écrire.
Mais Morris n’a pas le temps de regarder si Jimmy Gold reprend vie dans ces carnets : il doit les cacher en attendant que l’affaire du meurtre se tasse… Il les enterre donc avec l’argent dans une vieille malle, dans un terrain vague derrière chez lui. Mais le soir même Morris se fait arrêter pour viol avec violence et prend perpet’… Ses précieux carnets sont perdus à jamais. Ou pas !
Fin des années 2000, le tueur fou à la Mercedes a fait une hécatombe dans une file d’attente du marché de l’emploi dans le Midwest. Le père de la famille Saubers est gravement blessé en plus d’être au chômage. Les choses vont de mal en pis pour les Saubers : les problèmes d’argent et de santé du père enveniment la relation du couple, et leurs deux enfants Peter et Tina se retrouvent au milieu de leurs interminables disputes. Jusqu’au jour où Peter découvre derrière chez lui une étrange malle… et beaucoup d’argent dedans !
Mais en mettant la main sur les dollars et les carnets de Rothstein Peter va réveiller un monstre… Morris Bellamy.

En lisant cette longue introduction on se demande à quel moment notre flic à la retraite favori, Bill Hodges, va pointer le bout de son nez… Ne vous inquiétez pas, on le voit un peu avec Holly qui travaille maintenant avec lui, et Jerome Robinson revenu de la fac pour les aider.
Mais le gros du roman se passe entre le foyer des Saubers, et plus particulièrement avec Peter qui est le vrai héro de ce récit. Son antagoniste n’est pas laissé de côté non plus, car une bonne partir du récit se déroule avec Morris Bellamy. On est plus dans une sorte de spin off finalement que dans une suite.
Comme toujours avec Stephen King on est vite mis dans le bain et on s’accroche vite aux personnages, qu’ils soient gentils ou malfaisants. Morris Bellamy, aussi sombre qu’il puisse être, n’est finalement pas si détestable. Un mec qui aime autant les livres, comment le haïr totalement ? C’est une sorte de monstre cohérent, en somme…
De plus on a un petit côté Frodon et Gollum dans le couple Peter et Morris : Peter est fou de l’œuvre de Rothstein tout comme Morris…Qu’est ce qui les différencie ? Jusqu’où Peter aurait pu aller si le destin lui avait proposé d’autres routes ? Et si Morris n’avait pas été emprisonné, serait-il revenu sur le droit chemin ? On a de quoi réfléchir sur le libre arbitre, le sens moral et tout cela…
Chose intéressant ici, la mise en abyme du statut d’écrivain et sa relation à son œuvre (ici Rothstein et Le coureur) et la manière dont celle-ci vit dans le regard des lecteurs. Une fois un personnage comme Jimmy Gold approprié par ses fans, l’auteur en perd d’une certaine manière son droit de vie ou de mort dessus. D’où l’exécution de Rothstein par Bellamy. Je suppose que c’est un peu du vécu pour un auteur comme Stephen King…

Une suite de qualité égale à M. Mercedes pour moi. Gros avantage, c’est qu’il peut se lire indépendamment du premier, car on revient assez peu dessus… J’ai hâte de lire la suite, Fin de ronde, car la fin de Carnets noirs laisse présager un changement de cap et de genre. Est-ce que le paranormal commencerait à poindre ?

« L’usurpateur » de Jörn Lier Horst

Je persiste dans ma lecture de romans policiers et thriller ! Depuis quelques mois j’ai l’impression de ne plus lire que ça… et ça n’est pas pour me déplaire. Donc pour le partenariat Folio de janvier j’ai jeté mon dévolu sur ce thriller norvégien. C’est bien connu, les auteur de pays du Nord ont un talent sans pareil pour faire frémir !

En Norvège, juste avant Noël, l’inspecteur William Wisting et sa fille Line, journaliste à VG se retrouvent dans la maison familiale… Mais ce n’est pas forcément pour passer sereinement les fêtes. William se retrouve sur une affaire de mort suspecte : un cadavre datant de plusieurs mois est retrouvé sous un sapin dans une ferme. Line quant à elle prépare un article sur un voisin de son père, découvert mort chez lui depuis plusieurs mois.
Tous deux vont être plongés dans le passé des deux morts et essayer de démêler les véritables raisons de leur décès.  

Comme vous devez vous en douter, les deux affaires finissent par se rejoindre. C’est ce qu’on attend dès les premières pages de ce roman. Reste à savoir comment et pourquoi !
Niveau style, les chapitres sont courts et l’écriture très simple et directe. A tel point que je pensais les premières pages me trouver devant un banal roman de gare… de plus les personnages n’étaient pas là pour aider : le flic, la journaliste, le duo classique qu’on voit dans ce type de récit. Je me demandais même pourquoi ce livre avait été primé comme meilleur roman policier.
Mais plus j’avançais, plus j’étais prise par l’histoire ! Je ne pouvais plus m’arrêter ! Des indices laissés ici et là m’ont fait envisager plusieurs hypothèses… Mais en bon écrivain, l’auteur nous fait une dernière petite surprise et révèle la vérité que dans les dernières pages.
Contrairement à d’autres auteurs Scandinaves, comme Jo Nesbo ou Arnaldur Indridason, l’histoire se déroule dans une petite ville de Norvège. Rien à voir avec les capitales Oslo ou Reykjavik. De la neige, des petites fermes, la forêt… tout cela est bien reposant. Et surtout on ressent bien la solitude qui peut vite prendre possession de ses habitants.

Une bonne lecture donc pour la lettre H du Challenge ABC, qui me donne envie de découvrir ses précédents romans.

« La Vérité sur l’affaire Harry Quebert » de Joël Dicker

Difficile de passer à côté de ce livre, j’ai eu l’impression de le voir partout ces dernières années… Mais je me méfie toujours des best-sellers, surtout quand ils finissent en série TV sur TF1, comme c’est le cas avec ce roman.
Mais bon, challenge ABC aidant et un crédit Audible en poche, je ne pouvais pas résister trop longtemps !

Marcus Goldman est un écrivain a succès : il a écrit un grand roman qui est vite devenu un best-seller. A lui le grand train de vie à New-York, les petites amies branchées, les fêtes où il ne connaît pas le quart des invités… Mais son livre est sorti depuis plusieurs mois et il n’a toujours pas écrit une ligne de son nouveau roman. Et pour cause, il n’arrive vraiment pas à s’y mettre… Marcus a la maladie des écrivains, l’angoisse de la page blanche.
Une seule solution pour s’en sortir : retourner dans le New Hampshire chez son ami et ancien professeur de lettre, Harry Quebert. Lui qui a écrit un des plus beau roman américain va certainement pouvoir l’aider…
Mais les choses ne vont pas se dérouler aussi simplement.
Lors de travaux dans le jardin de la maison d’Harry, le squelette d’une jeune femme est déterré… accompagnée du manuscrit du fameux roman de l’auteur ! Nola… Cette jeune femme dont Harry a été amoureux en 1975… et surtout une jeune femme de 15 ans ! Ce qui fait de lui un assassin doublé d’un pédophile ! L’Amérique toute entière à la nausée…
Marcus n’a plus qu’une idée en tête, aider son ami Harry à prouver son innocence… et pourquoi pas écrire un livre par la même occasion ?

Cette histoire à la base très classique, celle d’un écrivain jouant le rôle d’un enquêteur, fonctionne ici très bien. Les révélations sont incessantes et jusqu’à la fin on découvre de nouvelles pistes et de nouveaux rebondissements surgissent de partout. Ce patchwork va finir par nous faire entrevoir ce qu’il s’est passé réellement cet été de 1975, entre Harry, Nola et toute la petite ville d’Aurora. On ne s’ennuie pas une seconde !
La plume de l’auteur est accessible, directe, mais pourtant retranscrit bien l’ambiance de ce mignon petit village du New Hampshire.

Côté personnages nous avons toute une ribambelle de citoyens de la ville, assez caricaturaux parfois, mais finalement très efficaces, Marcus Goldman en tête ! Avec sa mère juive très envahissante et culpabilisante, on a touché le pompon !
La serveuse de café amoureuse de l’écrivain célèbre, qui ne voit pas que le jeune policier un peu gauche l’aime secrètement depuis le lycée ; le milliardaire mystérieux qui a à sa solde une gueule cassée qui effraye le canton ; le mari dominé par sa femme très autoritaire… On ne manque pas d’anecdotes et de petites histoires au milieu du récit principal.

Une très bonne lecture, je ne regrette pas de m’être laissée tentée par cette couverture si souvent aperçue aux détours des rayonnages des librairies ou des sites Web spécialisé !   

Et une lettre de plus pour le challenge ABC, pour la lettre D !

« Maudit printemps » d’Antonio Manzini

Ça faisait un petit moment que Denoël m’avait envoyé ce roman d’Antonio Manzini, que j’avais choisi suite à ma lecture de Piste Noire, son premier roman mettant en scène le sous-préfet Rocco Schiavone. Faute de temps, il avait commencé à prendre la poussière dans ma bibliothèque… Le challenge ABC 2020 me permet enfin de rectifier cette erreur et d’enfin m’atteler à cette lecture !

Rocco Schiavone est toujours « puni » à Aoste où il est sous-préfet, dirigeant une brigade de police hétéroclite…
Lui qui n’aime pas les emmerdes, il va être servi ! Une lycéenne vient le voir pour lui signaler la disparition de son amie, Chiara, depuis leur week-end en boite avec leurs copains… Bizarre. Surtout lorsque Rocco constate que les parents de Chiara lui cachent qu’elle n’est pas revenue à la maison. Ça sent le kidnapping à plein nez ! Rocco et son équipe vont devoir marcher sur des œufs et opérer en toute discrétion, hors des radars des juges, du préfet, et des parents eux-mêmes…

J’avais oublié à quel point le personnage de Rocco m’était sympathique avec tous ses défauts : macho, infidèle, râleurs, parfois brutal… et sans pitié avec les maillons faibles son équipe !
Je ne suis habituellement pas fans des univers type mafia, mais là, ça passe pas mal, car nous voyons alternativement les scènes d’enquête du côté de Rocco, et celle du côté de Chiara qui est en assez mauvaise posture et est passée en mode survie…
Si l’histoire n’est pas ultra originale, j’ai aimé la patte de l’auteur et les petits détails qu’il glisse ici et là pour nous rendre le récit un peu moins sérieux, voir surréaliste. La haine par exemple de Rocco pour la neige et les flaques d’eau… qui ont eu la peau de sa demi-douzaine de paires de Clarks, ce qui le rend morose.

Cette lecture m’a plu et je m’aperçois que Maudit printemps est le troisième opus de la saga, et que je n’avais pas lu le second, Froid comme la mort… Pour 2021 peut-être ?

« La soif » de Jo Nesbö

Double combo pour cette lecture : une nouvelles entrée pour le challenge ABC sur une lettre pas toujours évidente à trouver (bizarrement je galère souvent pour le N) et une nouvelles découverte dans le cadre du partenariat avec Folio.
Et oui, je ne connaissais pas cet auteur et sa saga à priori ultra connue des aventures de l’inspecteur Harry HoleLa soif est déjà le 11ème opus de la série !

À Oslo, une femme a été tuée chez elle, mordue à mort par son rendez-vous Tinder qui a pris la fuite… Ça pourrait presque être anecdotique si
quelques jours plus tard une seconde victime n’avait été retrouvée assassinée avec le même mode opératoire. La police d’Oslo piétine… Et s’ils faisaient appel à leur ancien inspecteur vedette, aujourd’hui « à la retraite », Harry Hole ?
Harry va donc créer une cellule d’enquête indépendante de celle de la Police, ayant plus de liberté pour explorer des pistes hors des sentiers battus… et en toute discrétion. Mais le temps presse, car une troisième victime entre la vie et la mort vient d’être découverte… Et le style de l’assassin a quelque chose qui rappelle de vieux et mauvais souvenirs a Harry.

Une lecture très intéressante, même si j’ai eu du mal au début a me plonger intégralement dedans, à coup de lecture de 15mn dans le métro. Le style nordique peut-être ? Quelques voyages en train de plusieurs heures m’ont permis de bien m’y mettre et à partir de là ça démarre. Je ne pouvais plus lâcher ce roman !
J’ai apprécié cette histoire glauque où la psychologie est reine, bien en raccord avec notre digital way of life. Les personnages sont intrigants, que ce soit du côté des gentils que de celui des méchants. Je regrette juste de ne pas les avoir suivi dans des épisodes précédents de la série ! Du coup je profites moins à mon avis…
L’enquête est bien menée et quelques rebondissements que je n’avais pas anticipés pimentent les chapitres du début à la fin.

Que demander de plus à un roman policier mâtiné de thriller sombre ? Bref, pour l’an prochain il faut absolument que je me note de lire les autres romans de cette saga… et peut-être commencer par le premier, L’homme Chauve-Souris.

« Mr. Mercedes » de Stephen King

Ça faisait un petit moment que j’étais passée par là pour chronique une de mes lecture… entre la flemme de lire dans le RER en ce moment, les vacances, et quelques partenariats « bof bof » avec des des éditeurs, mon rythme de lecture a beaucoup baissé ces derniers mois.
Heureusement je peux compter sur Stephen King, cet amour littéraire depuis plus de 25 ans ! C’est pourquoi j’ai (encore) choisi un de ses roman au format audio pour avancer sur mon challenge ABC cette année. Mr. Mercedes avait de bonnes critiques sur les sites de partages littéraires ou mêmes sur Audible… ça se tente !

Dans une ville des États-Unis, Bill Hodges vient de prendre sa retraite après de bons et loyaux services dans la Police… Sa femme est partie il y a longtemps, sa fille lui donne peu de nouvelles, ses seuls amis sont des policiers encore en service. Bref, il s’ennuie, fait du gras et se questionne sur le sens de ce qu’il lui reste de vie.
Un beau jour, un grain de sable vient gripper les rouages de ses journées junk-food / TV : il reçoit une lettre, soi-disant envoyée par un des seuls criminel qu’il n’a pas arrêté : Mr. Mercedes ! Ce tordu qui quelques années auparavant a volé une Mercedes pour foncer dans une file d’attente de demandeurs d’emploi, faisant plusieurs dizaines de morts et de blessés.
Dans sa lettre Mr. Mercedes cherche à provoquer Bill et semble même bien le connaître. Il n’en faut pas plus pour donner à Bill l’envie de de reprendre du service « à son compte » et d’aller lui même arrêter cet assassin !

Une fois de plus je m’attaque à un roman de Stephen King qui est loin de l’horreur et du fantastique pour lequel on le connaît. Mais il n’y a pas à dire, quelque soit le genre, j’aime beaucoup sa plume et j’ai pris plaisir à suivre cette enquête policière qui a tout d’un bon thriller !
Le personnage de Mr. Mercedes est peut être une chouille caricatural, surtout dans ses relations avec sa mère, mais ça passe bien quand même… Et surtout quelles scènes gores de mort par moment ! Je n’en dirait pas plus, mais si vous lisez ce livre, je pense que vous serez aussi estomaqué que moi par la précision avec laquelle l’auteur décrit une scène d’empoisonnement. Promis, je n’utiliserai plus de mort au rat pour me débarrasser de rongeurs…

Bref une très bonne lecture ! Il ne me reste plus qu’à m’attaquer à la suite de cette saga Bill Hoges, Carnets noirs.

« Dans l’ombre » d’Arnaldur Indridason

Nouvelle lecture en livre audio pour mon avant-dernière lecture du Challenge ABC. J’ai choisi un petit Indridason paru il n’y a pas si longtemps et qui fait partie d’une trilogie dite « des ombres ».
Voici mon avis sur ce nouvel opus islandais

Au début de la Seconde Guerre Mondiale, en 1941, l’Islande a un statut particulier. Véritable base pour les Alliés, elle grouille de soldats britanniques et américains… et autour d’eux se pressent les habitants de l’île, souvent réduit à la pauvreté.
C’est dans cette ambiance qu’un représentant de commerce est retrouvé mort dans un petit appartement de Reykjavik… Tué par balle dans le dos, son assassin a marqué son front du signe « SS » en lettre de sang. Et c’est sans compter sur la pilule au cyanure retrouvée dans sa valise. Qui est cet homme, et pourquoi cette mise en scène ? Y-a-t-il un réseau de nazi en Islande ?
C’est ce que l’enquêteur islandais Flovent, accompagné de l’enquêteur militaire canadien Thorson vont essayer de découvrir.

Autant le dire tout de suite, ce roman ne m’a pas emballé… pourtant il y avait quelques ingrédients qui auraient pu le rendre passionnant : l’Islande des années de guerre, les va-et-vient entre différents couches sociale de l’île, la place des femmes dans une société en déliquescence, le retour de Thorson sur la terre de ses ancêtres, les nazis qui tendent toujours vers les pires monstruosités, et surtout les multiples rebondissements
Mais non, ce récit m’a semblé très plat. Les deux enquêteurs manquent de charisme, et il faut attendre la toute fin du roman pour légèrement se sentir en empathie avec la situation de l’homme qui a été tué (ou même celle du tueur).
Je trouve qu’on passe trop d’un interrogatoire à un autre, et que le roman est une succession de dialogue entre un enquêteur et un témoin à interroger. Ok, les romans policiers sont souvent construits comme cela, mais j’ai trouvé ça trop visible ici.

Bref, pas une réussite pour moi, je passe mon tour pour la suite de la trilogie !