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« Démokratía, tome 1  » de Motorô Mase

Demokratia tome 1Il y a maintenant deux ans, les éditions Kazé mettaient un point final à la version française de la série de manga évènement de Motorô Mase, Ikigami. Grâce à cette série, les français avaient pu découvrir qu’un manga pouvaient être destiné aux adultes, proposer de bonnes histoires « sérieuses » tout en proposant des dessins maitrisés.
Du coup notre niveau d’exigence est forcément très haut pour la nouvelle série de l’auteur… Mais avec Démokratía, le challenge devrait être relevé sans trop de difficultés ! Ce premier tome offre un récit de science-fiction intelligent, qui laisse présager une série passionnante !

Étudiants en robotique et en informatique, Hisashi Iguma et Taku Maezawa s’associent pour créer une œuvre sans précédent : une femme robot, dirigée par une intelligence collective. Grâce au logiciel conçu par Taku Maezawa, un groupe d’internautes choisis au hasard peuvent décider ensemble, sous forme de votes, quels seront les actions du robot… Une entité mue par la démocratie en somme ! Si tout se déroule correctement dans le laboratoire des deux ingénieurs, qu’en sera-t-il quand leur création va partir seule à la découverte de la ville ?

Ce que j’adore dans ce livre, c’est le concept même de logiciel qui permet à un panel de 3000 internautes d’influer sur les gestes du robot. Pour la faire mouvoir, parler… il suffit de proposer une action : les trois plus représentées sont soumises au vote, ainsi que deux propositions uniques… des petites « folies » qui empêchent un comportement trop formaté. De quoi créer une intelligence artificielle au comportement quasi-humain !
L’expérience n’est pas sans rappeler le Twitch Plays Pokemon (des milliers de joueurs dirigeant un seul personnage dans le jeu Pokémon), mais avec plus d’intelligence derrière, et moins de trolls pour la faire échouer !
Le test sociologique présenté est aussi très intéressant : est-ce que 3000 cerveaux valent mieux qu’un ? Est-ce que le robot prendra des décisions meilleures, voire plus humaines qu’un seul être de chair et de sang ? Est-ce qu’on pourra voir émerger un surhomme ?

planche demokratia

Une histoire qui s’annonce géniale donc… la seule crainte serait de voir celle-ci tourner en rond ou devenir trop idéaliste… ce qui à mon avis ne devrait pas être le cas, si on voit comment Ikigami a été développé ! Vivement la suite ! 😀

« Bakuman, tome 20  » de Tsugumi Ohba et Takeshi Obata

bakuman20Petit focus sur le dernier volume d’un des manga phare de ces dernières année en France ! Le shonen Bakuman nous dévoile les dessous de la création des manga depuis 2009… J’en avais parlé il y a quelques années, et j’ai suivi assidument depuis la sortie des BD !
Gros point fort de ce manga : il était annoncé depuis le début que la série serait bouclée en 20 tomes. Voilà quelque chose de positif par rapport à des séries fleuve comme One Piece ou Berserk !

Moritaka Mashiro et Akito Takagi, alias Muto Ashirogi, est un duo de jeunes mangakas édités dans le Shonen Jump… Après plusieurs séries à succès, il sont désormais en confrontation directe avec leur rival, le petit génie Eiji Niizuma. Vont-il devenir les numéros un du magazine ?
Dans ce dernier épisode, nos héros peuvent enfin réaliser le rêve du dessinateur, Mashiro : avoir un dessin-animé basé sur leur dernière série ! Mais sa petite amie Miho Azuki sera-t-elle la doubleuse vedette de l’anime ? Si c’est le cas, est-ce qu’ils se marieront, comme ils se l’étaient promis en quittant l’école ?

Plus que dans d’autres tomes, j’ai été surprise par les biais du milieu de l’édition : c’est avant tout un métier qui génère du business, et pas juste une activité de loisir ou artistique. La pression des fans est aussi particulièrement mise en avant, avec son lot de harcèlement via les médias traditionnels, les trolls sur Internet…
Voilà une bonne occasion pour nos héros de se surpasser et de se battre contre l’adversité ! Mais bon, ne vous méprenez pas, si les propos sont un petit peu critiques sur l’envers du décors, il ne dénonce pas réellement le système. Dommage ?
On retrouve aussi des motifs typiques du manga jeunesse, emprunts de culture japonaise : mise au pinacle des valeurs d’efforts, de chance et de vanité ; le travail au delà des limite physique ; le combat de la sincérité contre l’injustice ; le respect de la hiérarchie ; et surtout l’abnégation qui flirte avec le masochisme… Au milieu de cet univers réaliste, tout cela est assez intéressant d’un point de vu sociologique, quand on prend un peu de recul !
Quand on suit les aventures et déboires (jamais trop longs !) du couple de mangakas, on ne peut pas s’empêcher de penser aux autres œuvres d’Ohba et Obata, à qui on doit Death Note ! Par exemple, la question de faire durer ou pas une série de manga à succès en créant un second arc narratif (gros point faible de Death Note pour moi)…

Un dernier tome qui sonne comme un happy end, forcément ! Il n’y a pas trop de surprises, mais ce livre conclu parfaitement et efficacement une série que j’ai suivi avec plaisir !

Bakuman-Tome-20-planche

« Soie » d’Alessandro Baricco

SoieSoie doit être dans ma PAL depuis la création de ce blog, c’est à dire 4 ans… Depuis mon tout premier challenge ABC même !
Heureusement que d’autres challenges sont là, comme le Petit BAC, pour me permettre de la vider un peu et remplir ma ligne pour la « matière » !
Je me dis que finalement j’ai été bête d’attendre aussi longtemps pour découvrir ce roman court et plein de poésie, qui m’a bien fait voyager entre la France et le Japon.

En 1861, Hervé Joncour achète et vend des œufs de vers à soie, afin d’alimenter les filatures de la petite ville française de Lavilledieu.
Depuis vingt ans, grâce au flair de Baldabiou qui a implanté ce commerce dans la région, Hervé vit confortablement avec sa femme Hélène… Mais cela va peut être bientôt prendre fin ! Une maladie inconnue touche les œufs provenant d’Europe, d’Afrique et d’Inde, tuant les vers avant qu’ils ne produisent leur précieux fil.
Selon Baldabiou, le seul endroit où les œufs seraient sains, serait justement le seul endroit où aucun étranger ne peut entrer : le Japon, qui a connu deux siècles de vie en totale autarcie… mais qui vient tout juste de permettre aux continentaux de traverser ses frontières. Mais même si un occidental peut dorénavant visiter l’Empire du Soleil Levant, exporter des œufs de vers à soie est puni de mort ! Un seul homme pourra peut-être mener cette mission dangereuse à bien, en traversant la moitié de la planète : Hervé !

Cette histoire courte se lit vraiment d’une traite, car le style de l’auteur est très agréable. Les répétitions des phrases, des motifs et des situations, font penser au mouvement des marée… une poésie qui pour une fois n’est pas pour me déplaire.
On découvre aussi un Japon à peine sorti de son enclavement et de l’ère féodal. Le contraste avec l’Europe qui se modernise est frappant ! Mais la folie de la soie est bel et bien la même partout ! Et aussi celle de l’amour… Car si Hervé aime sincèrement Hélène son épouse, il tombe amoureux de la favorite du Seigneur japonais avec qui il traite. Une mystérieuse jeune femme vêtue de soie orange, aux yeux d’occidentale. Une passion interdite et silencieuse va naître année après année, voyage après voyage… mais pourrait-elle se concrétiser ?

Je ne peux pas trop en dire au risque de dévoiler l’intrigue… mais tout ce que je peux vous conseiller, c’est que vu la rapidité avec laquelle on le dévore, ça serait dommage de passer à côté de ce roman italien ! En tout cas, j’ai passé un bon moment en sa compagnie dans le train samedi soir 🙂

Challenge petit bac 2014

 

« Prophecy, tome 1  » de Tetsuya Tsutsui

Prophecy tome 1Suite de mes lectures sponsorisées par La chèvre grise, avec un manga seinen que je voulais lire depuis très longtemps, Prophecy ! En 2012 on ne pouvait pas rater la sortie de ce titre à Paris : des affiches gigantesques dans les stations de métro, des extraits offerts dans les librairies… Mais bon, je n’avais pas pris le temps de l’acheter. Peur d’être déçue par cette sortie en fanfare, comme je l’ai été un peu par Doubt par exemple ?
Finalement j’ai découvert une histoire bien menée, à mi-chemin entre la SF et le thriller… De quoi m’inciter à courir dans la librairie la plus proche pour m’offrir les deux autres volumes de la série 😀

A Tokyo, pour lutter contre la cybercriminalité une section spéciale de la Police a été mise en place. Son rôle ? Traquer les criminels du Net, tels les super-téléchargeurs de logiciels et de vidéos… De vrais dangers pour les industries du loisir, mais représentant peu de risques pour la population…
Mais un jour sur un site de diffusion de vidéo, un homme au visage camouflé sous un masque en papier journal commence à faire de drôles de prédictions : il annonce les tabassages, viols, incendies… à l’encontre de citoyens qui ont fautés d’une manière ou une autre. Et le pire, c’est que le lendemain, ces prophéties se réalisent !
Qui est ce vengeur masqué à la morale plus ou moins douteuse ? Agit-il seul ? Pourquoi fait-il cela ? La section anti-cybercriminalité mettra-t-elle la main sur lui ?

Prophecy

On est plongé dans une enquête haletante, où on découvre tour à tour les avancées de la Police, puis la stratégie de Paperboy, l’homme masqué… Pour finalement découvrir les origines de son combat !
J’ai tout de suite accroché à cette histoire, qui commence par l’intervention musclée chez un geek qui télécharge illégalement des jeux vidéo. Moi qui suis farouchement contre la manière dont sont condamnés les pirates numériques de basse envergure, les lois à la Hadopi… Ça m’a tout de suite captée !
Les dessins sont vraiment pas mal et collent bien à l’histoire… Un très bon point donc.
Reste à voir comment cela va évoluer ensuite… et c’est souvent là que je commence à avoir peur :s
Mais comme je le disais plus haut, je n’ai qu’une hâte, me procurer les deux derniers tomes… Car bonne surprise, Prophecy est une série courte ! Trois épisodes, de quoi espérer que le scénario ne s’écroule pas sur lui-même en route !
Une bonne entrée pour le challenge Geek au passage, non ? 😉

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« Magical girl of the end, tome 1  » de Kentarô Satô

Magical girl of the end tome 1Pour mon anniversaire plus un mois (je déteste les fêtes à date fixe), La chèvre grise – qui me connait bien – m’a dégotée une histoire de zombies un peu décalée au format manga ! Un shonen plein d’action et trash comme tout, qui m’a fait passer un bon moment dans le métro !

Au lycée, Kii Kogami à l’impression que toutes ses journées se ressemblent. Toujours les mêmes blagues entre amis, toujours les mêmes cours, … Cette monotonie l’ennui. Mais pour son plus grand malheur, sa routine quotidienne va être perturbée par une étrange petite fille en cosplay kawaii, qui répète sans cesse « Magicaaal… ». Grâce à son arme qui ressemble à une masse futuriste, elle tue, pulvérise, atomise toute sa classe, ses amis, ses profs, bref, presque tous les élèves de son lycée ! Et pour ne rien arranger, toutes les personnes mortes par la main de la Magicaal-girl deviennent des mort-vivant en jupette, aussi dangereux et assoiffés de sang que  leur créatrice !
Une poignée de survivants arrivent à se calfeutrer dans une pièce et montent un plan pour sortir … mais est-ce qu’à l’extérieur, ils trouveront de l’aide ?

Bon, concrètement on n’est pas dans du Walking Dead… Ce n’est pas l’histoire de survie du siècle, mais le bouquin est efficace : ça bouge tout le temps, des têtes qui sautent, des giclées de sang, des scènes bien gores par moment… quelques petites culottes et décolletés plongeants pour les fans aussi…  Bref, classique, mais avec une touche d’originalité.
Les dessins sont pas mal, on a un vrai mélange de genre entre les personnages shonen ordinaires, les magical-girl kawaii, et les scènes gores lacérées sur le papier… Ça fonctionne bien !

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Ce que je me demande toujours avec ce genre d’histoire, c’est si l’auteur à une volonté de dénoncer quelque chose ou pas… Une gamine kawaii en cosplay qui butte tout ce qui passe autour d’elle : doit-on y voir une critique de la société de consommation de pop-culture au Japon où le petit et mignon est omniprésent, au risque de décérébrer sa jeunesse ?
Ou alors on ne doit rien y voir de plus qu’une histoire de zombies ! 😀

Maintenant, je n’ai plus qu’à aller m’acheter le second volume, histoire de voir ce qui vaarriver au petit groupe de survivants 😉

« New National Kid » de Suehiro Maruo

New national kidNew National Kid paru cette année est un recueil de courts mangas édités dans les années 80 dans diverses revues et magazines japonais (certains pornographiques, d’autres pas…). Mais comme toujours, Maruo n’est pas qu’un auteur d’ero-guro, mais aussi un maître du gore, du bizarre et de l’irrévérence, avec un style plus que jamais expressionniste !

On ressent bien la mixité des magazines dans lesquels ces mangas ont été publié à leurs lectures : des formats de une à trente pages, et des thématiques variées tournant autour des univers du cauchemar et de la folie, de la Seconde Guerre Mondiale et du nationalisme, de la grossesse et de la monstruosité
Ce recueil fait plus que jamais penser à un défouloir où se mêlent humour noir et angoisses surréalistes. Comme nous somme face à des formats courts, on s’éloigne la plupart du temps de narrations compliquées pour se concentrer sur des impressions, comme la manière dont un personnage se rend compte qu’il est mort… Ou bien encore on est dans le quasi comic-strip sur une ou deux pages, où un Michael Jackson explose en plein « Bad » ! Le niveau est assez inégal je dois l’avouer… Je me demande parfois où l’auteur a voulu aller. Je met ça sur le compte du fossé culturel entre l’Orient et l’Occident !

Si ces formats courts m’ont un peu moins plu que d’autre mangas de Suehiro Maruo au niveau récit, côté graphismes c’est assez puissant ! On retrouve des travaux de dessin et de typo qui rappellent vraiment l’expressionnisme, que ce soit en art plastiques ou au cinéma. On pourrait citer des dizaines d’artistes auxquels Maruo fait référence (Bacon, Van Gogh, Otto Dix, Ensor, Ernst, Fritz lang…) et on en oublierait les trois quarts !
Ce qui me plait particulièrement dans New National Kid vient peut être du mélange de styles que Maruo met en place : dessins académiques pour certains personnages, qui empruntent au manga classique, au théâtre Nô, aux images populaires guerrières… Mêlés à l’énergie de certains traits et cadrages, à des scènes crues où on se surprend à tourner les yeux, à des déformations qui font plus penser à un travail de peinture qu’à du dessin…

New National Kid

Un bon manga à lire pour les fans de Suehiro Maruo… Pour ceux qui ne le connaissent pas, je ne pense pas que ce soit par contre la meilleurs porte pour accéder à l’œuvre de cet auteur que j’adore ! Un peu trop fractionné je pense pour un début… et ses histoires ne sont pas les meilleures. Tournez-vous plutôt vers L’enfer en bouteille ou Vampyre pour le découvrir !

« L’enfer en bouteille » de Suehiro Maruo

l-enfer_en_bouteilleJe suis plus que jamais fan de Suehiro Maruo et de son style érotico-grotesque (« ero guro » pour les intimes) qui est toujours sur la brèche de l’horreur pure, sans tomber dans le gore.
Dans ce manga, quatre nouvelles dessinées qui nous présentent des pans différents de son art.

L’enfer en bouteille est mon histoire favorite du recueil : érotisme et tension, dans un récit tiré d’une nouvelle de Kyusaku Yumeno.
Trois pages manuscrites sont retrouvées dans des bouteilles de bières jetées à la mer. On suit à la lecture de ces lignes les aventures d’enfants – un frère et une sœur – échoués sur une île déserte… Enfants qui deviendront bientôt des adolescents en pleine pubertés, tiraillés entre le désir et le tabou de l’inceste, qui se transforment alors en pulsion de mort. Le vert Eden de l’île se transforme bientôt en enfer pour ce couple…

Dans ce manga, on retrouve l’attrait de Maruo pour les récits traditionnels japonais, comme dans Les dix gâteaux de la fortune, qui reprend une histoire classique du théâtre japonais : un masseur aveugle a amassé une fortune qu’il cache et que tout le monde lui envie… son voisin va tenter de découvrir où, a ses risques et périls.
L’auteur s’intéresse aussi aux contes occidentaux, comme sa version de La tentation de Saint Antoine le prouve ! Les pérégrinations délirantes du moine sont pour lui l’occasion de revisiter ce mythe, dans un style que Dali ou Bruegel n’auraient pas renié !

L'enfer en bouteille

Surréalisme et art déco sont au rendez-vous, avec une touche de noirceur extrêmement esthétique dans ces quatre récits… Et son attrait pour le sordide, les monstres et les personnages en marge de la société se retrouve dans la dernière nouvelle illustrée : Pauvre grande sœur. Ici une jeune fille tente de survivre en se prostituant, accompagnée de son petit frère attardé… Elle fuit un père violent qui voulait la vendre et qui souhaitait couper les membres de son frère pour en faire un monstre de foire… Tout un programme !

Voici donc une très belle édition parue cette année, et préfacée d’un texte de Moebius datant des années 90, époque ou Maruo n’avait pas encore connu le succès en France. Cet incipit du pape de la BD française m’a ouvert les yeux sur ma passion pour cet auteur de manga ! Maruo tel un enfant en pleine crise de rage n’a pas peur de se faire mal, et par conséquent de faire mal au autres… et c’est cette authenticité, cette plaie qu’il nous force à regarder qui est si fascinante. Un petit texte court et très intéressants pour mieux comprendre l’œuvre transgressive de Maruo !

Comme d’habitude, je vous invite à découvrir Maruo, au delà des clichés ero-guro… Pour ma part il me reste encore quelques uns de ses mangas à étrenner… Youpi ! 😀

« Kitchen » de Banana Yoshimoto

kitchenPour le Y du challenge ABC je m’étais creusé la tête, mais je n’avais pas d’auteur dans ma PAL dont le nom commençait par cette lettre… Un petit tour sur Internet et je suis tombée je ne sais comment sur cette auteur, décrite comme une référence pour la génération des 80’s japonaise… Il fallait que je vois ça ! Kitchen est le premier roman publié de Banana Yoshimoto, sorti en 1988 au Japon. Dans mon édition, cette histoire est accompagnée de la nouvelle Moonlight Shadow.

Kichen raconte l’histoire de Mikage Sakurai, jeune étudiante qui vient de perdre sa grand-mère, la dernière famille qui lui restait. Alors qu’elle sombre peu à peu, ne pouvant plus dormir que dans sa cuisine(son lieu fétiche), elle est recueillie par Yuichi. Ce dernier est aussi étudiant et travaille comme aide-fleuriste. Il propose à Mikage de venir loger chez lui et sa mère, Eriko… qui est en fait son père, qui a choisi de changer de sexe.
Les semaines passant, au milieu de cette famille peu conventionnelle, elle va se reconstruire et choisir sa voie : la cuisine.

L’histoire de Moonlight Shadow tourne aussi autour de la mort, du deuil et de la reconstruction après la perte d’un être cher : Satsuki perd son petit ami Hitoshi dans un accident de voiture. Plutôt que de se laisser totalement aller à la dépression, elle décide de se mettre au jogging et va courir tous les matin jusqu’au pont où elle l’a vu pour la dernière fois… C’est ici qu’elle va rencontrer une jeune femme étrange, Urara, qui à sa manière va l’aider à remonter la pente.

Voici deux histoires très bien écrites, sensibles sans tomber dans la sensiblerie, poétiques sans m’être ennuyeuses, avec une pointe d’humour et de fantaisie… Et on sent bien la touche japonaise ! L’extrême modernité avec Eriko le père-mère qui travaille dans un bar de nuit, les traditions quand on voyage dans les monastères et auberges avec Yuichi et Mikage, les légendes qui semblent prendre corps dans Moonlight Shadow où les morts reviennent faire leurs adieux aux vivants… Et surtout l’omniprésence de la cuisine et de la nourriture ! Tempura, sashimi, katsu-don, ten-don, bouilli de riz et tofu, thés de toutes sortes… et des équivalents plus junk-food comme les sandwichs KFC ! Kitchen le bien nommé en somme, où amour et cuisine s’entremêlent !

Une découverte sympathique assez loin de mes lectures SF du moment, qui a en plus l’avantage d’être court ! Pas le temps de se lasser en somme ! Je ne dis pas que j’en lirai des tonnes mais là ça m’a été 🙂
Les amateurs de littérature japonaise devraient se régaler en tous cas, la version française me parait bien traduite et est un vrai plaisir à parcourir !

challenge ABC

« Le pays des cerisiers » de Fumiyo Kono

Une découverte manga pour compléter ma case « végétal » du challenge Petit BAC 2012, un livre prêté par Petite Fleur (qu’elle commente ici). Je ne savais pas du tout à quoi m’attendre, vu que je n’en avais pas du tout entendu parler. Il est pourtant sorti il y a quelque temps au Japon, 2003, et en 2006 en France. Une éternité en somme ! De plus il a reçu le Prix Osamu Tezuka de la meilleur nouveauté en 2005, ce qui laisser présager le meilleurs…

Vu l’histoire, on peut s’attendre à un vrai voyage au coeur de l’histoire japonaise : nous suivons au travers le destin d’une poignée de personnages les évènements d’Hiroshima et de son bombardement en 1945, en nous focalisant sur les survivants, ceux qui ne sont pas morts sous les bombes atomiques, mais des séquelles de celles-ci… On rencontre la première génération des irradiées qui meurent encore de la bombe des dizaines d’années plus tard, et leurs enfants qui souffrent de maux transmis par leurs parent et les sols contaminés. On découvre réellement que le Japon, et surtout ses habitants, ont souffert plus que nécessaire de la Seconde Guerre Mondiale. Des destins brisés, des familles séparées… mais au delà de tout cela l’espoir de se voir encore en vie.

Bref, plein de bons sentiments… Mais ça s’arrête là pour moi !
Si le dessins classiques et délicats passent vraiment bien, je suis moins fan du scénario. J’ai été rapidement perdue entre les aller et retour entre le passé et le présent, je me suis mélangées un peu entre les période, et j’ai eu un mal de chien à reconstituer les liens familiaux entre les différents protagonistes… Pas évident d’être réellement émue quand on essaye de coller les morceaux !

C’est dommage, car le tout premier chapitre se suffisait à lui même : on suit la vie d’une jeune femme, survivante de la bombe d’Hiroshima, qui vit sa vie de tout les jours en 1955, 10 ans après ces sinistres évènements. Elle voit des amis, fait de la couture, a un amoureux… mais est toujours hantée par ce qu’elle a vu lorsque la ville a été bombardée : les cadavres calcinés, les gens blessés… L‘histoire est belle et la fin est très touchante. Et après la force de celle-ci, les autres chapitres sont inutiles je pense !

Bref, un manga sympa à lire, mais que ne m’a pas non plus transcendée… Bien, mais pas top quoi :-/

« Le chien gardien d’étoiles » de Takashi Murakami

Dans la série « les histoires qui sont à deux doigts de me faire tirer une larme », bonne pioche avec Le chien gardien d’étoiles que Petite Fleur m’a prêté (et chroniqué ici).
Je suis passée à côté de ce manga lors de sa sortie française l’an dernier, ce qui est bien dommage vu la qualité de ce « one-shot » (histoire en un seul album) !

L’histoire commence comme ceci : les policiers retrouve dans un champ une voiture en mauvaise état, avec le cadavre d’un homme dedans, mort à priori depuis 12 à 18 mois… A côté de lui, un autre corps, celui d‘un chien, mort depuis 3 mois…
Qu’a t-il bien pu se passer dans cette voiture ?
Dans les deux chapitres qui composent ce livre, on va apprendre de quelle manière un homme et ce chien vont arriver dans ce champ : au travers les souvenirs du chien, et ensuite par l’enquête que va mener un employé  de l’assistance sociale chargé de découvrir l’identité de l’homme décédé.

Durant cette lecture, et plus particulièrement dans le premier chapitre, j’ai sans cesse été touchée par la fausse légèreté qui se dégage de l’histoire vu par le chien, qui va accompagner littéralement son maître jusqu’au bout de la route… On est dans le schéma classique mais toujours efficace du chien fidèle, à l’esprit pur car sans hypocrisie, dévoué à son maître , qui ne demande rien d’autre que l’attention de son « papa », et qui finalement vaut mieux que pas mal d’être humains. Simple, mais beau… et très triste… Le chaos qui va progressivement se créer dans la vie de son maître prend une autre dimension dans le regard du canidé, qui voit au fur et a mesure ses petites habitudes (promenade, gamelle…) changer au gré de l’évolution de la vie familiale. Un vraie critique sociale finalement, sur la société qui change, où quelqu’un peut disparaître sans que qui que ce soit s’en inquiète…
Ce genre d’histoire, à base de chien ou chaton, ça fonctionne du feu de dieu sur moi :'(. Cette partie du récit n’est pas sans me rappeler  Tombouctou de Paul Auster.

Le second chapitre a un peu plus de mal à se mettre en place (au début je pensais qu’il s’agissait d’une histoire différente), mais a l’intérêt de donner un autre point de vu, celui de l’assistant social, et de raconter l’histoire sous forme d’enquête, et souvenirs personnels à base de petit chien… Et ceux-ci sont presque aussi triste que la première histoire.

Bref, un superbe manga, très beau, aux dessins qui collent bien (surtout les bouilles kawaii des chiot… bouh !). Je comprend mieux pourquoi les lecteurs de Manga News l’ont élu comme meilleurs « one-shot » 2011 ! Enfin « one-shot »… attendez vous à voir un tome 2 paraître un de ces jours, puisqu’il y en a un déjà édité au Japon ! 🙂
Jetez-vous dessus si vous ne l’avez pas encore lu, amateurs de manga ou non !

Ah, et pour le coup, je vais utiliser ce livre pour le challenge « Petit BAC 2012« , catégorie « Métier ou fonction » (oui, gardien… :))