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« L’énigme des Blancs-Manteaux » de Jean-François Parot

Je découvre enfin la saga de Nicolas Le Floch, enquêteur du 18ème siècle à Paris. Une fois de plus le challenge ABC a été un bon motivateur pour m’attaquer à cette série d’une grosse douzaine de romans.

En 1761 Nicolas Le Floch arrive de sa Bretagne natale à Paris, envoyé auprès de Monsieur de Sartine, lieutenant général de la police du Roi, par son parrain le marquis de Ranreuil.
Après plusieurs mois à enquêter pour le commissaire Lardin, il se retrouve à devoir découvrir ce qui est arrivé à ce dernier, après qu’il ait disparu pendant le Carnaval. Aidé de son adjoint Bourdeau, il va fureter dans les diverses sociétés du Paris de la moitié du 18ème siècle : médecins, érudits, malfrats, servants, prostituées…
Mais la tâche qu’il lui est demandée va au-delà de la résolution de l’énigme de la disparition de Lardin : Sartine lui apprend qu’est étroitement lié à celle-ci le vol de lettres du Roi Louis XVI et de Madame de Pompadour, qui pourraient être utilisés contre eux dans la guerre qui oppose la France à l’Autriche.

Moi qui commence à apprécier les romans policiers et qui aime beaucoup les romans historiques, j’ai été (bien) servie.
J’ai vraiment adoré me plonger dans cette époque que je connais mal, imaginer les costumes des personnages après quelques recherches sur Internet, revisiter le Paris d’antan à base de gravures anciennes et de virées sur Google Map… Bref, un vrai plaisir.
Histoire de nous plonger encore plus dans cet univers, l’auteur utilise un champ lexical et un vocabulaire emprunt de cette époque, ce qui m’a valu quelques recherches aussi parfois, malgré la présence d’un lexique en fin d’ouvrage.
Pour ce qui est de l’enquête, pas mal de rebondissements même si on voit venir certains dénouements… Mais bon, ça passe quand même.

Une lecture sympathique, dégustée sur un transat en vacances au soleil… et je compte bien réitérer l’année prochaine avec le second volume de la saga, L’homme au ventre de plomb.

« Pars vite et reviens tard » de Fred Vargas

Il y a presque vingt ans un lecteur occasionnel m’a conseillé : « Toi qui aimes lire je ne comprends pas que tu ne lises pas du Fred Vargas ». Il n’en fallait pas plus pour que je relègue l’auteure dans la catégorie des romans de gare et que je l’oubli. Je suis snob…
Mais comme bien souvent, mes recherches d’auteurs par ordre alphabétique pour le Challenge ABC m’a fait retomber dessus, sur le site Audible. Après tout, pourquoi ne pas tester son best-seller ? En plus on y parle de la Peste, c’est de circonstance…

Depuis quelques jours à Paris, les nouvelles criées par Joss sur la place Edgar Quinet sont étranges : des « spéciales », rédigées en latin ou en français ancien et toutes incompréhensibles. Decambrais, le loueur de chambre qui ne rate pas une criée, crois y reconnaître des textes anciens parlant de la Peste.
De son côté, le commissaire Adamsberg apprend qu’un immeuble a vu toutes ses portes taguées sauf une, avec un même motif, celui d’un 4 à l’envers… et bientôt d’autres immeuble le sont aussi. Est-ce l’action de jeunes vandales, une performance artistique, ou autre chose ?
Lorsque le vieil érudit Decambrais fini par contacter Adamsberg pour l’avertir de ce qui couve dans les nouvelles de la criée, ils finissent par faire la relation avec les signes peints sur les portes : des talismans contre la Peste. Cela signifie-t-il que ce fléau est de retour à Paris ?

Une découverte très sympathique que ce roman… Je dois avouer que j’ai été emporté par cette enquête originale, mais plus encore par les personnages vraiment hauts en couleurs.
Côté récit, le rythme est tranquille au départ, le temps de planter le décor parisien, de commencer à gratter autour du thème de la Peste… et s’accélère franchement sur la fin. Pas trop d’action ou de courses poursuites, ça me va bien : les montées d’adrénaline, on les a quand les enquêteurs découvrent des puces dans une enveloppe ou se font aider d’historiens médiévistes !
Pour la palette des personnages, on ne sait plus où donner de la tête. Le personnage de Joss Le Guern par exemple, qui est crieur de nouvelle à Paris… au début du 21ème siècle… ce n’est pas commun ce genre de métier ! Je passe sur Decambrais l’érudit qui va l’aider, avec sa troupe de locataires, le barman du café de la place Edgar Quinet…
Chez les policiers, le commissaire Adamsberg est atypique lui aussi : quelques problèmes pour se focaliser sur les dates et visages, le besoin de marcher constamment… mais bien entendu une capacité d’analyse et de prise de hauteur qui vont lui permettre de résoudre cette affaire. Son adjoint Danglard, habillé avec style contrairement à son patron, mais légèrement porté sur la bouteille, apporte un équilibre terrien au duo.

Bref, je ne m’étendrais pas sur l’histoire pour ne pas trop en dévoiler, mais elle m’a donné envie de m’intéresser aux périodes historiques auxquelles a sévit la Peste. Une réussite donc, même si la fin m’a un peu laissée sur ma faim… mais c’est souvent le cas avec les roman policiers.

« Dans les forêts de Sibérie » de Sylvain Tesson

En ces temps de canicule j’ai cherché dans ma PAL un livre pour s’accorder avec la météo, et je l’ai trouvé ! Dans les forêts de Sibérie, de Sylvain Tesson, où l’auteur nous raconte son ermitage dans une cabane sur les rives du lac Baïkal en hiver et au printemps. Lire la neige et le froid sous 39°C, ça force l’imagination !

Sylvain Tesson, écrivain voyageur, décide en 2010 de poser son sac à dos dans une cabane à 500 kilomètres d’Irkoutsk en Russie, au bord du Lac Baïkal. Il va vivre seul dans une réserve naturelle, de février à juillet.
Il ne risque pas d’être dérangé par le voisinage, les plus proches habitants se trouvant à plusieurs dizaines de kilomètres. Bref, il rentre en ermitage et débute un voyage intérieur, avec pour seule compagnie des livres, un carnet et un stylo… et quelques litres de vodka.

Sous sa plume la magie du passage des saisons opère et je me suis bien projetée en Sibérie… un pays dont je rêve depuis des années. Le froid intense de l’hiver, le dégel, les premiers animaux qui sortent de la torpeur hivernale, puis le soleil, la pluie,… la vie qui revient sur les rives du lac !
Si Sylvain est seul, des visites ponctuent son séjour de 6 mois dans une baraque en bois de 9m² : des mésanges matinales, des amis qui viennent le voir quelques jours, ses nouveaux voisins gardiens, du parc ou pêcheurs… toujours prêts à boire un verre et manger du saucisson.

Loin d’un simple récit de voyage, ce journal est exigent. La réflexion de l’auteur n’est pas toujours aisée à suivre, et le vocabulaire utilisé donne parfois l’impression d’être ignare. Cet érudit met la barre haut et considère le lecteur comme son égal… surtout si on part du principe que ce récit est un journal de bord…
Mais il faut reconnaître que ça passe bien, avec l’alternance de ses réflexions philosophiques, d’introspection et de récits d’aventure (escalade des montagne, balades en forêt ou sur son kayak), découpés en courts chapitres quotidiens.

J’ai été conquise par son point de vue qui se rapproche beaucoup du mien sur l’écologie, la décroissance, l’organisation de la société… Par exemple la manière de se détacher d’une société qui ne nous convient plus en choisissant la neutralité de l’ermite plutôt que celui du militant ou du conformiste, ou encore voir la nature comme dernier refuge et apprendre par elle a apprécier l’instant présent, sans parler du pessimisme sur l’avenir de notre planète et toutes les questions que cela soulève (organisation sociale, culture des masses, parentalité…).

Ce qui est drôle avec l’histoire de ce livre, c’est qu’il ma été offert il y a 4 ou 5 ans par un collègue qui l’avait retrouvé en vidant son bureau, en me disant que me connaissant, il devrait me plaire. Venant d’une personne cynique comme il l’était, aujourd’hui ça ne m’étonne pas qu’il ait eu en sa possession ce bouquin… et finalement je suis flattée qu’il me l’ait donné 🙂

Une belle découverte que je recommande, qui me fait avancer dans le Challenge ABC.

« Demain j’arrête ! » de Gilles Legardinier

On change un peu de registre avec cette nouvelle lecture audio d’un auteur français à succès, Gilles Legardinier. J’avais lu et apprécié il y a 4 ans Complétement cramé ! je me suis donc dit qu’une lecture rafraîchissante et sans prise de tête me ferait le plus grand bien en cette période de post-confinement. Et effectivement… c’est sans prise de tête…

Julie, à peine la trentaine, vit dans une ville moyenne, occupe un poste de chargé de clientèle dans une petite banque, a beaucoup d’amis dans son quartier mais cherche toujours l’âme sœur. Elle vient de se séparer d’un gars égoïste et sans intérêt… Bon débarras !
Dans sa logique de changement, elle veut maintenant reprendre des études qu’elle avait abandonnées pour lui, quitter son emploi de banquière et devenir vendeuse en boulangerie le temps de s’y mettre… Et comme les changements arrivent toujours tous en même temps, un nouveau voisin vient de s’installer dans son immeuble. Elle ne l’a jamais vu, mais son nom l’interpelle : M. Patatras !
Après une période de chasse pour apercevoir la personne qui est capable de porter un tel nom, elle fini par le rencontrer : un jeune beau, gentil et mystérieux. Il n’en faut pas plus pour que Julie tombe amoureuse de lui…

Voilà une histoire légère qui commence comme un conte autour de « quelle est la chose la plus idiote que vous ayez fait dans votre vie ». Si au départ le récit est mignon, avec tous ces personnages empêtrés dans des histoires effectivement idiotes, donc pleines d’humour (Julie qui se retrouve coincée la main dans une boite aux lettres, son copain Xavier qui construit pendant des années une voiture trop large pour quitter son garage…), je me suis vite lassée… Ces 8 heures d’écoute de l’audiolivre ont été longue.
Je n’ai eu aucune sympathie pour les personnages. Par exemple Julie est vraiment folle à lier… elle n’est pas juste rigolote ou charmante, mais complètement cintrée. Obsession du contrôle, peur de la solitude, étouffante… Tout ce que je déteste !
J’en profite pour saluer la super prestation de l’actrice qui lit le livre, qui est capable de nous faire ressentir quand Julie parle à un autre personnage, se parle à elle même (ce qui arrive souvent) ou est en mode narration.
Et je ne parle pas des autres personnages et situation… Je veux bien voir des choses insensées dans ce genre de livre, mais là il manque un truc pour que ce soit drôle ou touchant, ou au moins un minimum crédible.

Bref, j’ai eu l’impression de perdre mon temps avec un banal roman de chick-lit cul-cul à souhait… déçue déçue déçue.

Enfin ça me fait toujours une entre pour le challenge ABC 🙂

« Le voyageur imprudent » de René Barjavel

Voici un des ancêtre de ma PAL : il y trône depuis une quinzaine d’années déjà. Je l’avais acheté mais je n’avais jamais trouvé l’envie de m’y mettre vraiment. Bizarre, car j’avais adoré La nuit des temps du même auteur à l’époque.
Bref, grâce au challenge ABC et la réorganisation de mes étagères de PAL par ordre alphabétique (merci le confinement), je suis retombée sur ce roman… Pourquoi ne pas le lire alors ?

Alors que l’armée française se prépare à la guerre en 1940, Pierre Saint-Menoux, professeur de sciences devenu pour la cause caporal, fait la rencontre Noël Essaillon et sa fille Annette. Essaillon est un chercheur et il a découvert une substance, la noëlite, qui lui permet de voyager dans le passé ou dans le futur
En 1942, les combats sont passés et Saint-Menoux est redevenu professeur à Paris. Essaillon reprend le contact avec lui pour lui montrer l’avancée de ses recherches et surtout lui proposer de travailler avec lui. Essaillon, handicapé, ne peux pas utiliser son nouveau scaphandre de noëlite pour voyager dans le temps et l’espace. Pierre Saint-Menoux va donc partir à sa place dans le futur et lui faire un compte-rendu de ses découvertes.
En effet, Essaillon souhaite utiliser la noëlite pour rendre heureuse l’humanité. Empêcher des désastres à venir pourrait être une piste ? Mais ce que va découvrir Saint-Menoux dans les siècles à venir dépasse l’entendement…

C’est avec surprise que j’ai découvert un roman de science-fiction sur la thématique des voyages dans le temps. Je ne suis habituellement pas forcément fan de ce type d’histoire, mais là ça passe plutôt pas mal… surtout pour un roman écrit au milieu des années 40 !
L’avenir n’est pas rose pour l’humanité, entre les disparitions de masse et la résurgence de l’humanité sous forme d’une société qui fait penser à une colonie de fourmis, aux individus ultraspécialisés et aux structures uniformes. Est-ce là le bonheur, dans une égalité extrême ? On décèle ici une sorte de critique du Communisme… bien que Saint-Menoux déplore la pauvreté des indigents lorsqu’il visite le 19ème siècle. Comme quoi, la vérité doit être quelque part au milieu…

Une belle découverte que ce livre de SF qui est très bien vu et n’a pas pris une ride. Pionnier du genre en France, je ne peux qu’apprécier ce pilier du genre « Voyages dans le temps », qui pose bien des questions sur la linéarité du temps, les univers parallèles, la relation du temps et de l’espace,… Bref, à conseiller !

« Les yeux » de Slimane-Baptiste Berhoun

Et je continue sur ma lancée de lectures audios pour avancer dans cet interminable Challenge ABC… Plus que 11 lecture en 2 mois et demi. On y croit !
Pour cette lecture je me suis laissée inspirée par les propositions d’Audible. Les yeux était pas trop mal noté, et surtout bien vu pour la qualité de la narration. Un livre lu par son auteur, ça ne se refuse pas !

Juste après la Seconde Guerre Mondiale, quelque part dans le Berry… Une voiture de police s’éloigne d’une scène sanglante, le suicide d’un aliéné à l’hôpital de l’Orme. Ca n’est pas le premier à mettre fin à ses jour, ni le dernier.
C’est dans cet asile que le professeur Lacan envoi son élève, Lucie, étudier un cas rare de prosopagnosie. Cette maladie empêche les personnes qui en souffrent de reconnaître les visages… et en résolvant le mystère de cette pathologie, Lucie espère pouvoir clore une affaire de meurtre.
Mais avant de pouvoir étudier ce malade, Lucie va devoir faire face aux patients de l’Orme et surtout à son équipe médicale… et plus particulièrement le chirurgien en chef Valmont, qui voir d’un mauvais œil l’arrivée de cette étudiante. Quel secret veut-il cacher ?
Heureusement Lucie va trouver de l’aide auprès du pharmacien Gauthier… ensemble ils vont pouvoir enquêter sur les morts mystérieuses qui entourent l’Orme.

Je ne connaissais pas l’auteur avant de rédiger cet article, mais je sentais bien le côté « scénario » de jeu de rôle ou de série TV derrière cette plume… Et en effet, pour ceux qui l’ignorent, Slimane-Baptiste Berhoun est surtout connu pour ses web-séries et ses qualités de réalisateur / scénariste.
Les scènes s’enchainent avec logique, l’univers angoissant est bien retranscrit et la palette de personnage est marquante.

Côté récit, j’ai vraiment beaucoup aimé la première partie. Pas de répit, on est embarqué dans un thriller haletant. On a peur pour Lucie, on a de l’empathie pour ce pauvre Gauthier, on déteste franchement Valmont,… Et surtout on se demande qui est le tueur fou qui terrorise les patient de cet hôpital !
La seconde partie est plus chaotique. On vire vraiment dans le fantastique et j’ai nettement moins accroché à cette histoire de monstre impalpable aux yeux qui tuent. Bon, ça reste quand même agréable car l’auteur arrive encore à nous embarquer… mais quand même, petite déception.
Certains rebondissements sont attendus et arrivent effectivement, certaines conjonctures qu’on peut imaginer sont fausses… mais en tout cas, je ne m’attendais pas à la chute !

Si je trouve la galerie des personnages de l’asile plutôt pas mal (La Mo qui est un pensionnaire qui se prend pour sa femme décédée, un dont j’ai oublié le nom qui se croit résident dans un grand hôtel…), j’ai été moins convaincue par la psychologie des personnages. Il manque quelque chose, mais ne saurais dire quoi… peut-être de la profondeur ?

En revanche il y a un détail qui m’a embêté au niveau technique : avoir une si bonne prestation de lecture par l’auteur pour avoir un montage qui n’est pas parfait… il y a à plusieurs reprises des répétitions de phrases, c’est vraiment perturbant quand on est à fond dans l’action !

Bref, une lecture pas désagréable pour cette lettre B du challenge ABC !

« L’Empire des Anges » de Bernard Werber

8 ans après ma lecture des Thanatonautes je termine enfin le second volume du cycle des anges de Bernard Werber… Il faut croire que n’avais pas été très emballée par ce roman pour autant tarder à ouvrir L’Empire des Anges.
Mais finalement mes retrouvailles avec l’équipe des explorateurs de la mort s’est plutôt bien passée et mon expérience a été très bonne. Le signe de la maturité ou un roman de meilleure qualité ? 

Nous reprenons l’histoire de Michael Pinson là où nous l’avions laissé dans Les Thanatonautes : alors qu’il est dans son appartement, un avion de ligne fonce droit vers son immeuble… et c’est la fin. Les Archanges ont décidé qu’il avait été trop loin avec ses expériences de voyages post-mortem et n’ont pas apprécié qu’il publie un livre sur le sujet. Ils l’ont donc éliminé du monde des vivants
Mais heureusement l’au-delà existe et Michael va pouvoir se confronter au jugement des Archanges, voir son âme pesée et son cas défendu par un avocat de qualité, Emile Zola. Enfin ! Michael peut sortir du cycle des réincarnation terrestre et devenir un ange.
Son nouveau rôle ? Devenir l’ange gardien de trois âmes qu’il va suivre de leur conception jusqu’à leur mort et la pesée de leur âme. Et le job n’est pas si simple que cela, car pour permettre à ses « clients » d’éviter des gros coups durs et surtout de les élever spirituellement, il n’a pas beaucoup de leviers. Les rêves, les intuitions, les oracles et les chats…
Comment Michael va s’en sortir ? Et surtout comment les âmes dont il a la charge, rongés par les traumatismes de leurs vies antérieures, vont évoluer ? Entre un écrivain asocial flanqué d’un chat obèse et télévore, une mannequin de mode obsédée par son physique et sa réussite et un orphelin russe vouant une haine farouche à sa mère qui a voulu le tuer… il va avoir du boulot !

Comme je le disais plus haut j’ai bien plus apprécié cette histoire que Les Thanatonautes, et même que d’autres romans de Werber (Les fourmis notamment).
Cette fois j’ai choisi l’option audio et ce genre d’ouvrage assez dynamique, où on change souvent de personnage, de point de vue, parfois un peu verbeux… se prête bien à ce format je trouve.
Bien entendu il y a quelques longueurs, ou plutôt des passages moins intéressants. Par exemple les retrouvailles de Michael avec ses anciens comparses de l’aventure thanatonautique, donnant lieu à de nouvelles explorations et scènes de combats, accompagnés de Maryline Monroe (je n’aurais jamais misé une cacahuète sur l’éveil spirituel de ce personnage…).
Mais finalement le style est agréable, les personnages attachants (surtout les clients de Michael), les réflexions philosophiques nous questionnent sur des sujets variés (la place de l’humain dans l’univers, les religions, ce que signifie un éveil spirituel…) Bref j’ai beaucoup aimé !

Aller, cette fois je n’attendrai pas 8 ans pour lire la suite, Nous les Dieux… du moins je crois 😉

Et comme bien souvent cette lecture me permet d’avancer dans le challenge ABC, pour la lettre W !

« Marie-Antoinette » de Stephan Zweig

Suite à ma lecture de Magellan en fin d’année dernière, je n’avais qu’une envie, me replonger dans un ouvrage historique de Stephan Zweig !
Faut-il encore présenter Marie-Antoinette ? Depuis nos premiers cours d’histoire à l’école, nous avons entendu beaucoup parler de cette jeune princesse venue d’Autriche pour épouser le dauphin Louis XVI. Perçue comme le déclencheur de la Révolution Française de part ses dépenses fastueuses et son comportement léger, elle sera emprisonnée et décapitée sous la guillotine après une fuite ratée à Varenne.
Mais qui était vraiment Marie-Antoinette ? Était-elle vraiment cette jeune femme imbue d’elle même que l’histoire a gardé en mémoire ?
C’est ce que Stephan Zweig tente de découvrir dans l’analyse psychologique qu’il nous livre ici, réalisé à la lumière de source historique qui se veulent factuelles.

J’ai redécouvert Marie-Antoinette et toute son époque grâce à ce livre. Tout l’univers du 18ème siècle est très bien détaillé, et le portrait brossé de la Reine est criant de réalisme. Reste à savoir s’il est bien objectif… En effet, on sent que Zweig tente de racheter ce personnage malmené par l’histoire et tant détesté.

En tout cas j’ai appris beaucoup de choses, notamment sur l’affaire du collier, la fuite à Varenne, les relations entre Marie-Antoinette et Fersen… et j’en passe ! Ce qui est intéressant, c’est de voir l’évolution de la jeune adolescente devenue Reine de France rayonnante et indolente, jusqu’à la mère destituée, enfermée dans un donjon froid et lugubre à la veille de sa mort…

Bref, une belle lecture (enfin lecture audio), peut-être moins passionnante que Magellan qui était plus un récit d’aventure, mais tout de même captivante. A l’année prochaine Zweig, pour le prochain challenge ABC !

« Rois du monde, tome 2 : Chasse royale, partie 1 : De meute à mort » de Jean-Philippe Jaworski

Après m’être prise de passion pour le premier opus de cette saga des Rois du Monde, avec le premier livre Même pas mort, je me suis ruée sur sa suite Chasse Royale partie 1 eu livre audio. Un bon plan pour remplir une lettre pas évidente du challenge ABC !
Si on retrouve bien la plume de Jaworski ici, avec son talent pour créer et donner vie à des univers, nous sommes plus dans un roman historique que de la fantasy dans ce tome…

Nous avions laissé Bellovèse, fils du roi Sacrovèse, il y a 9 ans de cela. Depuis sa vie a changé. Il est à la cours de l’ennemie et assassin de son père, son oncle Ambigat, et il a pris une femme, à des filles et des terres…
Alors qu’il doivent rendre visite à une tribu vassale lors des fête du passage de l’été, il saute aux yeux qu’Ambigat perd de son pouvoir : les récoltes sont mauvaises depuis de nombreuses années, les bêtes meurent, et les hommes ont faim.
Est-ce à ce moment propice que la révolte va enflammer le pays ? Quel parti Bellovèse va choisir ? Celui de son oncle, ou celui de ses opposants ?

C’est avec regret que je doit reconnaître que je n’ai pas du tout adhéré à ce roman… si j’avais aimé le premier tome c’était pour son univers à cheval entre réalité et mythe, dans un monde vu par les yeux d’un enfant.
Aujourd’hui Bellovèse est adulte et forcément le monde est moins drôle. Des combats, de la politique… et le temps qui semble bien long à l’écoute, surtout avec la nuée de noms de tribus ou de personnages en celte. Pas facile de suivre quand on a une mémoire plutôt visuelle comme moi ! Pourtant la dernière heure de lecture change du tout au tout : des vrais actions héroïques, et le retour de l’univers onirique de Même pas mort ! Pour le coup ça donnerait presque envie de retenter l’aventure avec le 3ème livres….
Enfin pas avant l’année prochaine, pour un nouveau challenge 😉


« Au revoir là-haut » de Pierre Lemaitre

Pffiou, ce n’est pas cette année que je serai plus régulière dans mes publications sur ce blog… Mais heureusement mon système de parallélisation des lecture audio / papier me permet de tenir mes challenges annuels (au détriment de mon écoute de Deezer, je suis mal barrée pour apprendre tout le répertoire d’Alice Cooper pour septembre prochain…) !

Mais revenons à nos moutons… Au revoir là-haut. Au moment de chercher des auteurs pour le challenge ABC dans la bibliothèque Audible, je suis retombée dessus… la couverture me disait quelques chose (c’est en fait l’affiche du film sorti il y a un an et demi) et en cherchant un peu plus je vois que c’est un prix Goncourt. Méfiance… Je ne suis pas une lectrice si facile ! Une collègue bercée dans les romans historiques me promet que c’est vraiment bien. Aller, pourquoi pas !

Derniers jours de la Première Guerre Mondiale, côté français, dans les tranchées. Albert et ses camarades espèrent ne pas avoir à monter au front… ça serait trop bête de mourir sous les balles allemandes à quelques heures de la fin du conflit ! Et pourtant ils y retournent pour venger la mort de leurs éclaireurs, sous les ordres du Lieutenant Pradel.
Au final, Albert se retrouve enterré vivant dans un trou d’obus avec une tête de cheval et Edouard en le sauvant se fait arracher la moitié du visage par un éclat d’obus. Une amitié étrange va naitre entre les deux hommes, avec en toile de fond le perfide Pradel, à l’origine de tous leurs maux.

Difficile de décrire ce roman… Le tableau d’une époque ravagée par la guerre, l’ironie du destin, une galerie de personnages impeccables, et aussi de l’humour et de la poésie… j’ai été complétement happée par cette histoire !
J’ai adoré le personnage d’Edouard, que je ne peux pas séparer dans mon esprit du personnage principal de Johnny s’en va-t’en guerre de Dalton Trumbo (certainement un de mes livres favoris). Le sort que notre bonne mère Fortuna lui réserve est assez renversante : jeune artiste bourgeois, défiguré et handicapé pour avoir sauvé la vie d’un camarade de combat, on pense qu’il touche le fond en devenant opiomane avant de réaliser l’œuvre de sa vie : une escroquerie aux monuments aux morts !
Voilà je n’en dirais pas plus… mais ce personnage associé à un Albert prolo et couard donne une dynamique assez explosive !

Un point très positif, le livre est lu par l’auteur. Et ce n’est pas loin d’être la meilleure prestation en livre audio que j’ai pu écouter ! On vit vraiment les scènes, on imagine les personnages et leurs attitudes grâce à sa performance… Les dialogues, les souffles, les silences… Y’a pas à dire, il n’y a surement pas mieux que l’auteur pour interpréter son oeuvre.

Encore un coup de cœur pour un livre qui sort de mes lectures habituelles… Je n’ai qu’un seul regret, de ne l’avoir qu’au format audio et ne pas pouvoir prêter une version papier à mes amis !