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« Le problème Spinoza » d’Irvin Yalom

En feuilletant le catalogue Audible cet été j’ai été intriguée par cet auteur, Irving Yalom, dont le nom en « Y » allait forcément m’aider un bon nombre de fois pour le challenge ABC. Je n’ai donc pas hésité en lisant le résumé de ce livre audio et l’ai intégré à ma liste pour l’écouter immédiatement.

A l’orée du 20ème siècle, Alfred Rosenberg, encore lycéen, reçoit une punition pour ses propos antisémites : faire des recherches sur Spinoza… un des plus grands philosophes, celui que Nietzsche lui-même adulait, et qui s’avère être d’origine juive. A partir de là va se créer dans l’esprit d’Alfred une vraie problématique : comment un homme aussi brillant que Spinoza a bien pu être juif ? Il passera une vie entière à tenter de résoudre cette énigme, vie pendant laquelle il deviendra le principal théoricien du nazisme… Il finira même par voler l’ensemble de la bibliothèque de Spinoza à Amsterdam pendant la Seconde Guerre Mondiale afin de découvrir qui le juif Spinoza devait bien copier…
En parallèle, nous découvrons la vie de Spinoza au milieu du 17ème siècle… un homme trop intelligent et éclairé pour suivre les préceptes qu’on lui inculque à la Synagogue. Trop enclin à laisser aller sa liberté de pensée s’exprimer, il finit excommunié et doit quitter sa communauté. Exilé, il vivra en ascète, mettant au loin ses émotions pour rédiger son Ethique, qui ne paraîtra qu’après sa mort… Ce livre même qui inspirera des sentiments mitigés à Alfred Rosenberg.

Deux lignes de destins croisés, voilà un type de récit qui me plait, surtout quand il s’agit de biographie… Enfin d’histoires de vie romancée, car on apprend dans l’épilogue qu’on ne sait quasiment rien de Spinoza, à part ce qui concerne son excommunication. Son portrait est un faux, dans le sens où il a été dessiné sur base d’une description écrite du philosophe… et même sa bibliothèque musée à Amsterdam n’est pas d’origine. Non pas que les Nazis l’auraient volé : elle a toujours été fausse. Il s’agit d’un regroupement d’ouvrages anciens par un passionné de Spinoza, car à la mort de ce dernier tous ses livres auraient été vendus… Autant vous dire que moi-même, j’ai commencé à m’intéresser à ce philosophe, mais comme le jeune Rosenberg, je suis rebutée par l’aspect hermétique de son Ethique, illisible si on n’est pas guidé. Ça m’aura au moins permis de retrouver mes bouquin du Bac 😉
Évidement côté Rosenberg la biographie est moins fascinante, mais pas moins passionnante, dans sa recherche de la reconnaissance de son intelligence auprès du plus grand manipulateur de ce siècle, Adolf Hitler.

Bref, on ne s’ennuie pas une seconde, et j’ai très envie de lire un autre ouvrage de cet auteur. Rendez-vous l’année prochaine !

« Total Cat Mojo » de Jackson Galaxy

Finalement peu connu en France, Jackson Galaxy est un comportementaliste félin américain qui a son émission TV, My Cat from Hell et une chaine Youtube. Dans ses émissions il part aider des propriétaires de chats complétement dépassés : chats hyper agressifs ou au contraire des minets qui passent leur vie sous le lit, ou encore ceux qui sont sales ou destructeurs…
Je regarde de temps en temps ses courtes émissions sur Youtube, car j’aime beaucoup le genre de cet homme, totalement fou des chats et qui semble trouver des solutions autant pour les animaux que pour les humains, grâce à un bon sens de l’observation et une empathie à toute épreuve.
Ayant moi-même un chat, Monki, qui ne fait pas toujours ce que je voudrais, je me suis retrouvée à acheter et lire Total Cat Mojo, un des guides de vie en bonne intelligence avec un chat de Jackson Galaxy.

L’ouvrage en lui-même est découpé en plusieurs partie : d’abord une remise en contexte de ce qu’est un chat, qui met en évidence qu‘il a très peu évolué depuis des milliers d’années, contrairement aux chiens. Le chat reste un animal aux instinct sauvages, à la fois un prédateur, mais
aussi une proie, comme on l’oublie souvent. En se basant sur le fait que le chat domestique a gardé ses instincts d’animal sauvage, on comprend qu’il est régi par un rythme naturel que nous humains, on ne peut pas modeler : le HCKEGS (Hunt, Catch, Kill, Eat, Groom, Sleep = Chasser, Attraper, Tuer, Manger, Se nettoyer, Dormir). La compréhension et le respect de ce rythme est la clef d’une meilleure vie avec son chat.
Par exemple avec Monki, j’avais un souci à l’heure du coucher pendant quelques semaines. Il se mettait en embuscade dans la chambre et me mordait les mollets. Pas agréable physiquement… et au niveau confiance avec son animal, très moyens. Grâce à ce livre j’ai identifié et réglé le problème. Pour commencer analyser les moments et lieu d’attaque et la routine autour : je donnais des croquettes à Monki et j’allais me coucher immédiatement… Alors que le chat à besoin de chasser et attraper avant de manger. Pour lui le coucher était une invitation au jeu, il avait un trop plein d’énergie à dépenser en mordant… et faute de mieux je devenais la proie.
Du coup on a revu le rituel du coucher : les croquettes sont données en début de soirée, avec une séance de jeu pour stimuler l’appétit. Une fois que Monki a joué et mangé, donc eu l’impression de chasser, il va se lécher et dormir. Du coup plus de problème d’embuscade le soir !

Le livre est bien foutu avec des explications sur comment gérer de multiples chats dans un appartement (au niveau mobilier, des premières rencontres avec de nouveaux arrivants etc.), les relation chat et chien, ou encore chat et enfants.
Il y a aussi ces chapitres « études de cas » qui peuvent aider sur des problèmes spécifiques (mon chat m’attaque, mon chat détruits tout mon mobilier, mon chat ne veut pas faire dans sa litière…).

Je ne peux que conseiller ce livre aux propriétaires de chats, qu’ils aient des problèmes ou non avec leur boules de poils ! Seul souci : le livre est en anglais… Dommage, mais dans les grandes lignes il reste assez compréhensible. Surtout il y a des illustrations très sympathiques qui permettent de guider la lecture et aller à l’essentiel.

A noter qu’il me sert de lecture pour la lettre G du Challenge ABC !

« Le club des veufs noirs » d’Isaac Asimov

Moi qui suis une fan de SF et donc d’Asimov, j’avais depuis longtemps repéré cette curiosité dans la bibliographie de cet auteur. Un roman policier, caché au milieu de dizaines de récits parlant de sociétés futuristes, de robots, de voyages spatiaux etc.
Avec le challenge ABC de cette année, je me suis enfin attelée à lire ce recueil d’une dizaine de nouvelles mettant en scène ce fameux club des veufs noirs.

Chaque mois se tient le banquet du club des veufs noirs, qui ne sont ni veufs et ni vêtus de noir… Il s’agit de 5 amis vivants dans la région de New-York qui se retrouvent dans un restaurant pour discuter et s’amuser à « cuisiner » un invité amené à tour de rôle par un de ses membre. On découvre dans la première nouvelle que l’invité est un détective qui chercher à résoudre une affaire… qui sera brillamment résolue par le serveur attitré du club, Henry. Depuis, tous les mois, un invité du club se présente avec un problème à régler ou un mystère à éclaircir (qu’il en soit conscient ou non en arrivant), que Henry, imperturbable, pourra résoudre simplement en l’écoutant raconter son histoire.

Le format de la nouvelle est particulièrement adapté pour ce type de récit : en quelques pages on apprend à connaitre les membres récurrents du club (écrivain, professeur de math, chimiste, artiste… avec des petits morceaux d’Asimov plantés dans chacun), qui ont tous des traits de caractère bien affirmés.
Élément révélateur d’une époque : ils sont tous très misogynes ! Et oui, pas de femmes au club ou parmi ses invités, et surtout on ne parle pas de son épouse… car de l’avis général leurs discussions sont assommantes. Bref, cet aspect de l’auteur laisse un petit goût amer, même si on sait qu’il fait parler ici des personnages de fiction.
C’est d’ailleurs assez intéressant de voir que ce cercle intellectuel accepte plus facilement Henry le serveur, malgré sa condition sociale différente, qu’une femme, car il a fait preuve de perspicacité et de vivacité d’esprit.

Bref, passons sur cet aspect pour nous intéresser aux enquêtes menées au club, qui ressemblent plus à des devinettes ou des énigmes plus ou moins bien ficelées, reposant souvent sur des jeux de l’esprit ou des petits détails. Ça n’est pas palpitant mais ça reste amusant. Mais on l’excuse, car comme le dit Asimov par la bouche d’un des personnage, Agatha Christie a déjà pris toutes les idées intéressantes 😉

Une bonne lecture, que je ne conseillerai pas forcement aux amateurs de romans policiers, mais qui peut éveiller l’intérêt des amoureux d’Asimov.

« Les Amazones » de Jim Fergus

Troisième et dernier épisode de la saga Mille femmes blanches, Jim Fergus nous plonge une fois de plus dans l’univers des Indiens du Nord-Ouest Américain vu par des femmes occidentales, venue se marier avec des Peaux-Rouges pour construire la paix entre les peuples.

Suite aux combats meurtriers qui concluent le dernier volume de cette série, La vengeance des mères, nous avions perdu les narratrices principales, les jumelles Kelly, tuées dans le feu de l’action et un peu plus tard Molly qui se jette d’une falaise pour échapper aux blancs.

Que serait un bon troisième épisode d’une trilogie basée sur les écrits de journaux intimes, une sorte de found-footage écrit, s’il ne restait plus de personnage pour raconter son histoire ? Et surtout des personnages dignes d’intérêt !

C’est ainsi que Molly, finalement, ne fait pas de chute fatale… on ne sait pas trop comment… et elle non plus. Coup de chance ! On va pouvoir continuer à évoluer dans les villages Cheyennes de la fin du 19ème siècle à travers les écrits de Molly.
Mais si vous trouvez que ce sauvetage est légèrement abusé d’un point de vue scénaristique, écoutez ça : May Dodd, morte et enterrée depuis la fin du premier tome, est de retour. Ceux qui avaient vu son cadavre, après qu’elle soit morte de froid se sont trompés. C’est vraiment du grand n’importe quoi.
Après je peux comprendre Jim Fergus : faire venir un troisième train de femmes blanches à marier, avec une nouvelle passionnée de l’écriture dedans, ça aurait fait tout aussi tâche…

Bref, tout cela pour dire que pour apprécier ce livre il ne faut vraiment pas avoir l’esprit cartésien (« l’esprit des Blancs » diraient les Cheyennes) et être très ouverte aux rebondissements de toute nature.

Une fois la surprise du retour de ces personnages digéré, il va falloir suivre les bonnes vieilles recettes : constatation des dégats des Blancs sur le monde indien, rebellions, préparation au combat, hésitation, fuite… et entre deux on glisse des histoires d’amour, des danses autour du feu, et deux ou trois interventions du seul personnage intéressant finalement, le méchant répugnant : Jules Seminole. Un peu de magie indienne par-dessus, et voilà !

Tout cela pour vous dire que j’avais adoré Mille femmes blanches, apprécié La vengeance des mères… mais que Les Amazones m’a vraiment ennuyé. Peu d’innovations, si ce ne sont les prémices du retour de May à la vie occidentale, la recherche de la Terre Promise Cheyenne guidés par une clairvoyante aveugle (forcément) et le récit entrecroisé de la Molly d’aujourd’hui (descendante de je ne sais plus quel personnage du village indien) et les journaux de Molly et May.
La seule bonne nouvelle c’est qu’il n’y a pas de quatrième volume prévu… mais vu le final, un spin off n’est pas a écarter !

Une lecture audio pour le challenge ABC tout de même, pour la lettre F.

« Carnets noirs » de Stephen King

Quand j’avais découvert après ma très bonne lecture de M. Mercedes que ce roman faisait partie d’une saga, j’avais tout de suite mis Carnets noirs dans ma wish-list… et forcément dans ma liste pour le challenge ABC ! Il n’y a pas à dire, Stephen King est très bon dans le domaine fantastiques et horreur…. Mais il excelle aussi dans l’écriture de thrillers !

Dans les années 70, Morris Bellamy, fan inconditionnel de la trilogie de romans Le coureur assassine son auteur, John Rothstein. Il n’a pas digéré que l’écrivain transforme son héro Jimmy Gold en un américain moyen et rangé après des années d’aventure. Il lui vole au passage une belle somme d’argent, et surtout, tout un lot de carnets noirs, où John Rothstein continuait à écrire.
Mais Morris n’a pas le temps de regarder si Jimmy Gold reprend vie dans ces carnets : il doit les cacher en attendant que l’affaire du meurtre se tasse… Il les enterre donc avec l’argent dans une vieille malle, dans un terrain vague derrière chez lui. Mais le soir même Morris se fait arrêter pour viol avec violence et prend perpet’… Ses précieux carnets sont perdus à jamais. Ou pas !
Fin des années 2000, le tueur fou à la Mercedes a fait une hécatombe dans une file d’attente du marché de l’emploi dans le Midwest. Le père de la famille Saubers est gravement blessé en plus d’être au chômage. Les choses vont de mal en pis pour les Saubers : les problèmes d’argent et de santé du père enveniment la relation du couple, et leurs deux enfants Peter et Tina se retrouvent au milieu de leurs interminables disputes. Jusqu’au jour où Peter découvre derrière chez lui une étrange malle… et beaucoup d’argent dedans !
Mais en mettant la main sur les dollars et les carnets de Rothstein Peter va réveiller un monstre… Morris Bellamy.

En lisant cette longue introduction on se demande à quel moment notre flic à la retraite favori, Bill Hodges, va pointer le bout de son nez… Ne vous inquiétez pas, on le voit un peu avec Holly qui travaille maintenant avec lui, et Jerome Robinson revenu de la fac pour les aider.
Mais le gros du roman se passe entre le foyer des Saubers, et plus particulièrement avec Peter qui est le vrai héro de ce récit. Son antagoniste n’est pas laissé de côté non plus, car une bonne partir du récit se déroule avec Morris Bellamy. On est plus dans une sorte de spin off finalement que dans une suite.
Comme toujours avec Stephen King on est vite mis dans le bain et on s’accroche vite aux personnages, qu’ils soient gentils ou malfaisants. Morris Bellamy, aussi sombre qu’il puisse être, n’est finalement pas si détestable. Un mec qui aime autant les livres, comment le haïr totalement ? C’est une sorte de monstre cohérent, en somme…
De plus on a un petit côté Frodon et Gollum dans le couple Peter et Morris : Peter est fou de l’œuvre de Rothstein tout comme Morris…Qu’est ce qui les différencie ? Jusqu’où Peter aurait pu aller si le destin lui avait proposé d’autres routes ? Et si Morris n’avait pas été emprisonné, serait-il revenu sur le droit chemin ? On a de quoi réfléchir sur le libre arbitre, le sens moral et tout cela…
Chose intéressant ici, la mise en abyme du statut d’écrivain et sa relation à son œuvre (ici Rothstein et Le coureur) et la manière dont celle-ci vit dans le regard des lecteurs. Une fois un personnage comme Jimmy Gold approprié par ses fans, l’auteur en perd d’une certaine manière son droit de vie ou de mort dessus. D’où l’exécution de Rothstein par Bellamy. Je suppose que c’est un peu du vécu pour un auteur comme Stephen King…

Une suite de qualité égale à M. Mercedes pour moi. Gros avantage, c’est qu’il peut se lire indépendamment du premier, car on revient assez peu dessus… J’ai hâte de lire la suite, Fin de ronde, car la fin de Carnets noirs laisse présager un changement de cap et de genre. Est-ce que le paranormal commencerait à poindre ?

« La Vérité sur l’affaire Harry Quebert » de Joël Dicker

Difficile de passer à côté de ce livre, j’ai eu l’impression de le voir partout ces dernières années… Mais je me méfie toujours des best-sellers, surtout quand ils finissent en série TV sur TF1, comme c’est le cas avec ce roman.
Mais bon, challenge ABC aidant et un crédit Audible en poche, je ne pouvais pas résister trop longtemps !

Marcus Goldman est un écrivain a succès : il a écrit un grand roman qui est vite devenu un best-seller. A lui le grand train de vie à New-York, les petites amies branchées, les fêtes où il ne connaît pas le quart des invités… Mais son livre est sorti depuis plusieurs mois et il n’a toujours pas écrit une ligne de son nouveau roman. Et pour cause, il n’arrive vraiment pas à s’y mettre… Marcus a la maladie des écrivains, l’angoisse de la page blanche.
Une seule solution pour s’en sortir : retourner dans le New Hampshire chez son ami et ancien professeur de lettre, Harry Quebert. Lui qui a écrit un des plus beau roman américain va certainement pouvoir l’aider…
Mais les choses ne vont pas se dérouler aussi simplement.
Lors de travaux dans le jardin de la maison d’Harry, le squelette d’une jeune femme est déterré… accompagnée du manuscrit du fameux roman de l’auteur ! Nola… Cette jeune femme dont Harry a été amoureux en 1975… et surtout une jeune femme de 15 ans ! Ce qui fait de lui un assassin doublé d’un pédophile ! L’Amérique toute entière à la nausée…
Marcus n’a plus qu’une idée en tête, aider son ami Harry à prouver son innocence… et pourquoi pas écrire un livre par la même occasion ?

Cette histoire à la base très classique, celle d’un écrivain jouant le rôle d’un enquêteur, fonctionne ici très bien. Les révélations sont incessantes et jusqu’à la fin on découvre de nouvelles pistes et de nouveaux rebondissements surgissent de partout. Ce patchwork va finir par nous faire entrevoir ce qu’il s’est passé réellement cet été de 1975, entre Harry, Nola et toute la petite ville d’Aurora. On ne s’ennuie pas une seconde !
La plume de l’auteur est accessible, directe, mais pourtant retranscrit bien l’ambiance de ce mignon petit village du New Hampshire.

Côté personnages nous avons toute une ribambelle de citoyens de la ville, assez caricaturaux parfois, mais finalement très efficaces, Marcus Goldman en tête ! Avec sa mère juive très envahissante et culpabilisante, on a touché le pompon !
La serveuse de café amoureuse de l’écrivain célèbre, qui ne voit pas que le jeune policier un peu gauche l’aime secrètement depuis le lycée ; le milliardaire mystérieux qui a à sa solde une gueule cassée qui effraye le canton ; le mari dominé par sa femme très autoritaire… On ne manque pas d’anecdotes et de petites histoires au milieu du récit principal.

Une très bonne lecture, je ne regrette pas de m’être laissée tentée par cette couverture si souvent aperçue aux détours des rayonnages des librairies ou des sites Web spécialisé !   

Et une lettre de plus pour le challenge ABC, pour la lettre D !

« Le livre des trépassés » de Douglas Preston et Lincoln Child

Nouvelle année de challenge ABC, nouveau rendez-vous avec l’inspecteur Pendergast ! J’en suis déjà au 7ème tome de cette saga qui fleure bon le thriller flirtant avec le fantastique. Allez ! Plus que 11 pour en voir le bout !

Lors du dernier épisode, Danse de mort, l’inspecteur Aloysius Pendergast a été accusé du meurtre de son frère Diogène et se retrouve donc dans une cellule dans une prison de haute sécurité.
Il ne va donc pas falloir compter sur lui pour résoudre le nouveau mystère du Musée d’Histoire Naturelle de New-York. Grâce au financement d’un généreux donateur et afin de redorer son image, le directeur a décidé de faire réouvrir la salle de la tombe égyptienne de Senef et d’organiser une prestigieuse exposition. De nombreuses histoires de malédictions circulent depuis des siècles autour de cette momie, qui a presque été oubliée au fin fond d’une zone scellée dans les sous sols du musée.
Deux des personnes travaillant sur le projet sombrent dans la folie… La malédiction des dieux antiques ? Ou encore un coup de Diogène ?
Seul Pendergast pourrait résoudre cette affaire… mais avant cela il faudra le sortir de prison !

Un épisode assez classique de la série, qui nous permet d’avoir un petit « Prison Break » assez sympathique. Mais le clou du spectacle vient de la réponse à une question qu’on se pose depuis deux romans : pourquoi Diogène hait tant Aloysius ? Et bien on a enfin la réponse !

Au final, pas une lecture transcendantale, mais les heures de lecture audio passent rapidement. Et puis Diogène est tellement machiavélique que c’est un plaisir de découvrir ses sales tours. Un vrai roman de gare de RER 😉

Rendez-vous l’année prochaine pour la suite… une petite surprise à la fin de cet épisode donne très envie de découvrir Croisière Maudite !

« Inconnu à cette adresse » de Kressmann Taylor

Tant de points communs entre mes deux dernières lectures ! Comme pour L’ami retrouvé, j’ai choisi ce livre pour sa concision… une centaine de pages, à la veille de la fin du challenge ABC, c’était parfait. Choisis tous les deux dans une librairie de Bayeux en Normandie, ils traitent tous des débuts du nazisme en Allemagne, d’amitié et de culpabilité… Mais Inconnu à cette adresse utilisent d’autres leviers pour nous plonger dans cette période de l’histoire.

Dans les années 30, Martin Eisenstein et Max Schulse ont Tenu ensemble une galerie d’art à San Francisco, jusqu’au jour où Max décide de repartir en Allemagne avec sa femme et ses enfants. Dans un pays ravagé par la pauvreté suite à la Première Guerre Mondiale, il peut avoir une vraie vie de nantis avec l’argent récolté aux Etats-Unis. Correspondant par courrier, Martin donne à Max des nouvelles de la galerie, mais aussi de sa sœur qui est une actrice à Vienne, elle qui a été la maîtresse de Max… Mais au fur et à mesure de leurs échanges, Max commence à parler de leur nouveau représentant politique qui redonne de l’espoir aux allemands, Adolph Hitler… emballé par le Parti Nazi, il fini par renier son amitié avec Martin, qui est juif.

C’est étonnant de comparer deux nouvelles qui traitent de la même thématique, a deux jours de lecture d’écart… Je n’aurais pas réussi à faire mieux en timing si j’avais voulu le faire exprès !

Inconnu à cette adresse est construit d’une manière qui laisse place à l’ellipse et à l’imagination, puisqu’il s’agit d’un récit épistolaire. On suit les échanges de Martin et Max l’évolution de leur relation via quelques courriers. Je regrette juste la rapidité avec laquelle le comportement de Max change, agrémenté d’une froideur et d’une perversion qui me paraît peu crédible. Mais c’est une nouvelle… il faut aller vite.

Là où dans L’ami retrouvé, on était sur une réunion de deux personnages autour d’une amitié réciproque, dans Inconnu à cette adresse on est en pleine séparation de corps et de cœur de deux amis ! Une version adulte et cynique de la nouvelle lue hier, aux premières heures de l’Allemagne d’Hitler… Dans les deux histoires il est question de culpabilité, et ici elle est beaucoup moins subtile.

Côté récit, j’ai été assez enchantée par la tournure des choses sur la fin de la nouvelle… un petit retournement inattendu donne toute sa saveur à cette histoire.

Petit truc intéressant, cette nouvelle est parue en 1938 dans un magazine américain, avant que la guerre commence et bien avant que soit dévoilés au grand jour les horreurs de la déportation, des camps de concentration… Pourtant à lire cette histoire on a l’impression que l’auteure a prédit ce qu’allait être le régime Nazi. Un sacré flair, si je peux dire…

Une lecture rapide et intéressante… et surtout la fin du Challenge ABC pour 2019 🙂

« Papillon de nuit » de R. J. Ellory

Ça faisait un petit moment que je me disais que je devrais me replonger dans un roman d’Ellory, que je n’avais pas relu depuis 2015. Il ne me fallait pas plus que le challenge ABC pour retenter l’aventure avec un livre audio… il fallait juste que je choisisse un titre. Et ça sera Papillon de nuit, dont le thème, celui de la peine de mort aux USA m’attirait, bizarrement.

Daniel Ford est dans le couloir de la mort dans une prison des Etats-Unis, au début des années 80. A quelques semaines de son exécution, un prêtre vient recueillir chaque semaine ses dernières paroles et pensées. En replongeant dans sa mémoire, Dany refait le point sur les événements qu’il l’ont conduit ici. Tout commence avec son amitié depuis l’enfance avec un jeune noir, Nathan, dans les années 60. À cette époque, le pays est en pleine mutation et surtout en pleine crise. La guerre du Viet-Nam, l’assassinat des Kennedy, celui de Luther King, les hippies, l’essor du KKK, la course aux étoiles… Pendant toute cette période, Nathan et Dany ont toujours été la l’un pour l’autre. Mais comment se fait-il que Daniel ait été condamné pour la mort de celui-ci ?

Quelle bonne idée que d’avoir choisi cet auteur pour la lettre E du challenge ABC ! Ce récit est complexe, plein de suspense, d’humanité… bref, une belle lecture !

L’introspection de Daniel nous délivre une histoire très intime… Et surtout le talent de l’auteur fait qu’on ne s’ennuie pas une seconde malgré ce type de témoignage à la première personne. On apprend progressivement qui Daniel a tué et on se demande jusqu’au bout s’il l’a vraiment fait ou non… car si on apprécie notre héros, on sent le poids de la culpabilité sur ses épaules et on se demande s’il est vraiment tout blanc. Mais comme à chaque fois avec Ellory, le monde est plein de nuances ! Il en va de même pour les personnages qui gravitent autour de Daniel et Nathan : les petites amies de jeunesse de Dany, leurs parents, Eva leur ami et grand mère de cœur qui a un terrible secret… Le seul personnage sombre et maléfique est un des gardiens de prison, à qui on ne peut pas trouver d’excuse. Il en faut bien un…

Donc un très bonne lecture, qui se trouve être le premier roman publié de Ellory en 2003 ! Cette expérience me donne vraiment envie de lire plus de roman de cet auteur dans les années à venir… et vue la quantité de livres qu’il a sorti, j’ai du boulot 😉

« Delirium, tome 3 » de Lauren Oliver

Troisième et (presque) dernier volet de la saga Delirium, au style rappelant résolument la littérature jeunesse de Hunger Game.
Dans ce monde où l’amour est considéré comme une maladie, les amoureux et les citoyens épris de liberté finiront-ils par triompher ?

Depuis l’attaque de la Résistance dans le précédent épisode, les autorités sont de plus en plus sur les nerfs. La population doit être gardée sous contrôle, et quoi de mieux pour cela que de leur prouver à grands renforts d’images que les ennemis du gouvernement sont âprement combattu ?
Lena vit toujours dans la nature avec son nouveau compagnon, ramené lors du dernier raid en ville : Julian, le fils d’un dirigeant anti-delirium. Mais quelle est sa surprise quand elle voit réapparaître celui que tous croyaient mort, Alex, son premier amour. Celui-là même qui l’a faite s’enfuir du carcan de la ville quelques mois plus tôt ! La situation risque d’être tendue… sans compter que la troupe de résistants est poursuivie par les Régulateurs qui souhaitent éliminer toutes les poches de rebellions.
En parallèle, Hana, l’amie de Lena que nous avions vue dans le tome 1 a été opérée et doit épouser le jeune maire de la ville, Fred Hargrove. Mais le conte de fée vire au cauchemar… le beau Fred semble bien être un sacré psychopathe !

Trois tomes c’était bien, il n’en aurait pas fallut un quatrième… Et encore, je viens de m’apercevoir qu’il y a des histoires « Hors Série » sous forme de nouvelles se focalisant sur Raven (une des leader résistante du groupe de Lena), Annabel (la mère de Lena), Alex ou encore Hana. D’ailleurs cette dernière est présente à la fin de l’édition que j’ai lue.
Bref, on commence un peu à tourner en rond ici. Dystopie dirigée par des politiciens au gant de fer, histoires d’amour compliquées, familles à protéger, désirs de révolutions qui mettrons forcément en danger des innocents (d’où de grosses crises existentielles), marathons dans les forêts ou les rues en flamme… On retrouve quelques recettes du genre, banalisées par le best-seller Hunger Game.

Heureusement on alterne un chapitre vu par Lena, puis un par Hana. Cela permet de dynamiser un peu le récit et de redonner de l’intérêt au roman.
L’histoire d’Hana et de son futur mariage de l’horreur donne du piquant au récit. On le voit venir, mais son futur époux est un vrai sosie de Barbe Bleue… Il a quelques secret inavouables et est assez porté sur la violence et la torture.

Que ce soit côté Lena ou côté Hana, on ne fait pas dans la finesse psychologique, mais ça passe, finalement… Surtout quand on se dit qu’on en voit le bout !
Voilà une belle aventure qui s’achève et une nouvelle lecture pour le challenge ABC. Mais vous l’aurez compris, j’ai tout de même préféré les deux premiers opus.