« Pars vite et reviens tard » de Fred Vargas

Il y a presque vingt ans un lecteur occasionnel m’a conseillé : « Toi qui aimes lire je ne comprends pas que tu ne lises pas du Fred Vargas ». Il n’en fallait pas plus pour que je relègue l’auteure dans la catégorie des romans de gare et que je l’oubli. Je suis snob…
Mais comme bien souvent, mes recherches d’auteurs par ordre alphabétique pour le Challenge ABC m’a fait retomber dessus, sur le site Audible. Après tout, pourquoi ne pas tester son best-seller ? En plus on y parle de la Peste, c’est de circonstance…

Depuis quelques jours à Paris, les nouvelles criées par Joss sur la place Edgar Quinet sont étranges : des « spéciales », rédigées en latin ou en français ancien et toutes incompréhensibles. Decambrais, le loueur de chambre qui ne rate pas une criée, crois y reconnaître des textes anciens parlant de la Peste.
De son côté, le commissaire Adamsberg apprend qu’un immeuble a vu toutes ses portes taguées sauf une, avec un même motif, celui d’un 4 à l’envers… et bientôt d’autres immeuble le sont aussi. Est-ce l’action de jeunes vandales, une performance artistique, ou autre chose ?
Lorsque le vieil érudit Decambrais fini par contacter Adamsberg pour l’avertir de ce qui couve dans les nouvelles de la criée, ils finissent par faire la relation avec les signes peints sur les portes : des talismans contre la Peste. Cela signifie-t-il que ce fléau est de retour à Paris ?

Une découverte très sympathique que ce roman… Je dois avouer que j’ai été emporté par cette enquête originale, mais plus encore par les personnages vraiment hauts en couleurs.
Côté récit, le rythme est tranquille au départ, le temps de planter le décor parisien, de commencer à gratter autour du thème de la Peste… et s’accélère franchement sur la fin. Pas trop d’action ou de courses poursuites, ça me va bien : les montées d’adrénaline, on les a quand les enquêteurs découvrent des puces dans une enveloppe ou se font aider d’historiens médiévistes !
Pour la palette des personnages, on ne sait plus où donner de la tête. Le personnage de Joss Le Guern par exemple, qui est crieur de nouvelle à Paris… au début du 21ème siècle… ce n’est pas commun ce genre de métier ! Je passe sur Decambrais l’érudit qui va l’aider, avec sa troupe de locataires, le barman du café de la place Edgar Quinet…
Chez les policiers, le commissaire Adamsberg est atypique lui aussi : quelques problèmes pour se focaliser sur les dates et visages, le besoin de marcher constamment… mais bien entendu une capacité d’analyse et de prise de hauteur qui vont lui permettre de résoudre cette affaire. Son adjoint Danglard, habillé avec style contrairement à son patron, mais légèrement porté sur la bouteille, apporte un équilibre terrien au duo.

Bref, je ne m’étendrais pas sur l’histoire pour ne pas trop en dévoiler, mais elle m’a donné envie de m’intéresser aux périodes historiques auxquelles a sévit la Peste. Une réussite donc, même si la fin m’a un peu laissée sur ma faim… mais c’est souvent le cas avec les roman policiers.

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