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« La fille en rouge » de Kate Hamer

la-fille-en-rougePetite incursion hors du domaine du fantastique pour le partenariat Denoël du mois de septembre : avec « La fille en rouge », premier roman de l’écrivaine anglaise Kate Hamer, on est dans la triste réalité… le kidnapping d’un enfant.

Dans une ville du Norfolk, Beth élève seule sa fille de 8 ans, Carmel, après un divorce mal vécu avec Paul.
Alors qu’elles se promènent dans un festival, Beth perd Carmel dans la foule… Panique ! Après des heures de recherche avec les organisateurs, la police… Ils ne retrouvent pas la petite fille, qui semble s’être évaporée.
Carmel a été kidnappé par un vieil homme, qui lui annonce qu’il est son grand-père, et que sa mère a été hospitalisée. Bouleversée, Carmel le suit sans faire d’histoire…
Que lui veut cet homme, qui la considère comme un ange tombé du ciel ?
Combien de temps va-t-il la détenir ?

J’avais assez peur en débutant cette lecture, surtout en m’apercevant que le récit était traité en mode « regards croisés ». L’histoire est racontée par la mère Beth, et la fille Carmel. Je craignais que le roman soit violent, glauque et sale… Mais fort heureusement il ne l’est pas.
On se prend vite dans cette lecture, et on espère que la mère et la fille seront vite réunies.  A chaque indice dévoilé du côté de la mère, on a envie de lui hurler de creuser dans ce sens… Mais c’est surtout du côté de Carmel qu’on a envie de secouer les choses, de lui intimer l’ordre de s’enfuir, de cherche de l’aide, même si on comprend bien que de son point de vu, son ravisseur semble être la seule famille qu’il lui reste.
Le roman décrit bien comment un enfant peut être manipulé, juste pour qu’il n’ait pas l’impression de se retrouver seul et abandonné…

Bref, un bon moment de lecture, même si je n’ai pas totalement accroché à la plume de l’auteure quand elle fait parler la mère. Enfin, c’est un détail, car ce roman est vraiment pas mal, et je vois déjà à qui je vais pouvoir le conseiller 😉
Et bien entendu, merci à Denoël !

La fille en rouge de Kate Hamer
Traduit par Pierre Ménard
Editions Denoël, collection Suspense – 432 pages
Paru le 8 septembre 2016

« Mars la Rouge » de Kim Stanley Robinson

Mars la rougeGros morceau, ce premier tome de la trilogie martienne, Mars la Rouge. Mais je ne pouvais pas passer à côté de ce classique, dans ma PAL depuis un moment, et ressorti fort justement pour le challenge ABC des littératures de l’imaginaire !

Au 21ème siècle, des hommes et femmes américain, russes, français, japonais… partent coloniser Mars. Cent explorateurs, colons et scientifiques, dont l’objectif est de poser les premières pierres de bases martiennes, qui serviront à de plus large vagues migratoires. En effet, la Terre est noyée dans les guerres et la surpopulation. Mars est donc le nouveau territoire sauvage à apprivoiser, plein de promesses tant pour une existence sur place, que pour en exploiter les richesses : métaux précieux et rares, hydrocarbures…
Entre conflits politiques et amoureux, révolutions contre les multinationales et la création d’empires économiques, établissement de bases et prise du maquis pour certains… la vie sur Mars dans ces premières années n’est pas de tout repos. Surtout quand se pose la véritable question : doit-on terraformer Mars, en faire un monde vraiment vivable pour l’être humain, ou la laisser sauvage ?

Comme toujours avec Robinson, la précision de ses descriptions de paysages, l’imagination qu’il met dans les innovations qui permettent de poser le pied sur Mars et d’y survivre, nous permettent de complétement nous y voir. Un peu trop parfois : les tribulations politiques et économiques, les descriptions de paysages sans fin prennent largement le pas sur l’action… Mais cela donne un réel aperçu de ce que pourrait être la conquête martienne !

Moi qui regarde pas mal de documentaires sur le cosmos, les planètes habitables… Je me suis bien repérée dans ce livre. Nul doute que l’auteur a largement étudié les méthodes actuellement mise en place pour évoluer sur cette planète : entrainement dans des bases polaire, ergonomie des vêtements, types de transport, matériaux à utiliser sous de tels cieux… Tout y est ! Et quand on se dit que se roman date du début des années 90, on se dit que 25 ans ans plus tard, on y est presque, sur Mars !

Bref, un roman intéressant, mais avec quelques longueurs… C’est un peu dommage.
Mais il n’empêche : je vais tout de même mettre sur ma liste la suite de la saga, Mars la Verte, en espérant avoir des réponses aux questions restées en suspend à la fin de ce roman !

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« Un bébé pour Rosemary » d’Ira Levin

Un bébé pour RosemaryVoilà bien le genre de roman qu’on ne lit plus l’intrigue et son final, mais plutôt pour se remettre dans l’ambiance du célèbre film de Polanski, Rosemary’s Baby. J’avais mis cette lecture dans ma PAL il y a un petit moment, et le challenge ABC des littératures de l’imaginaire m’a enfin permis de me plonger dans la maternité satanique de Rosemary.

Rosemary et Guy Woodhouse emménagent dans l’immeuble de leurs rêves à New-York, le Bramford. La réputation sulfureuse du bâtiment, qui a un taux élevé de suicides, d’accidents mortels, et qui a hébergés des sorciers et des cannibales, ne les effrait pas. Pendant que Guy fait le tour des auditions pour trouver un rôle à la hauteur de son talent d’acteur, Rosemary redécore l’appartement, en rêvant d’enfants.
Le couple commence a côtoyer leurs voisins âgés et un peu bizarres, les Castevet, qui deviennent de plus en plus envahissants. C’est alors que la carrière d’acteur de Guy commence enfin à décoller, après que son concurrent le plus farouche devienne aveugle soudainement… ils vont enfin pouvoir mettre en route un bébé !
Rosemary tombe enceinte, et les Castevet et tous leurs amis deviennent un peu pressants, et sont toujours dans les parages, prêts à rendre service… Elle en est certaine, ça cache quelque chose ! Que lui veulent-ils, à elle et son enfant ?

La lecture de ce roman a été très agréable, malgré le fait que je connaissais déjà l’histoire. L’écriture d’Ira Levin, que j’avais déjà aimée dans Les femmes de Stepford et Un bonheur insoutenable, m’a encore enchantée. Les sensations, doutes, et craintes de Rosemary sont bien entendu plus détaillés que dans le film. On se plonge aussi plus dans la psychologie du personnage, tiraillé entre son rejet de sa famille religieuse, et son envie de revoir certains de ces membres, à l’approche de son accouchement… Et sans vouloir spoiler, la question de l’acceptation de sa maternité monstrueuse est aussi un point central dans l’intérêt de cette lecture.

Un bon classique à découvrir ou redécouvrir, qui a un petit côté suranné des années 60 (femmes au foyer, déco pop…), mais qui passe encore très bien aujourd’hui.

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« Les clans de la lune alphane » de Philip K. Dick

Ples clans de lune alphaneour la lettre D du challenge ABC des Littératures de l’imaginaire, la lecture d’un roman de Philip K. Dick s’imposait. Problème, avec cet auteur, j’oscille souvent entre l’intérêt (Le maître du Haut Château ) et l’ennui (Ubik). C’est donc avec attention que j’ai choisi Les clans de la lune alphane… de bonnes notes sur les sites littéraires, de quoi présager un bon moment de lecture.
Chuck Rittersdorf, programmateur pour la CIA, se sépare de sa femme Mary, psychologue. Celle-ci le harcèle depuis des années pour qu’il trouve un métier plus rémunérateur. Fatiguée et déçue, elle demande le divorce et compte bien le laisser sur la paille. Chuck va se retrouver à vivre dans un appartement voisin de parias de l’humanité, et surtout d’extra-terrestres. Après une tentative de suicide avortée, Chuck  va devenir ami avec un fongus de Ganymède, un alien qui lit dans les pensées. Ce dernier veut l’aider, et va le conduire sans le vouloir à changer sa vie si bien réglée.
Ainsi, Chuck va se retrouver au centre d’un conflit géo-politique entre une lune alphane et la Terre.
Il y a 25 ans, les habitants de cette lune étaient des malades mentaux exilés pour être traité loin de la Terre. Mais depuis, l’hôpital a fermé, et les malades se sont organisés en clans et en cités : les Mans (les maniaques), les Heebs (les hébéphrènes), les Pares (les paranoïaques), les Deps (les dépressifs)…
Aujourd’hui, la Terre veut récupérer cette lune… quitte à obliger ses habitants à se soigner. Pour auditer sur le bienfondé de laisser le contrôle de la lune à ses habitants, la CIA y envoit l’ex-femme de Chuck… Mary.

Cette lecture a été assez plaisante, car les univers construits par Philip K. Dick sont riches et accessibles. Voir les clans de la lune alphane évoluer est assez amusant. Chacun de ses représentants est un archétype de la maladie dont il est atteint. On se croirait parfois dans un seul et même esprit dérangé !
Au-dessus de cela, le volet thriller avec les aventures de Chuck Ritttersdorf, qui hésite entre se suicider et tuer sa femme… cette dernière pulsion va l’amener à se plonger dans les ennuis, pour notre plus grand bonheur !

Un roman de SF très dickien: une vision de la femme comme un castratrice, voir même un danger mortel. Cela sur fond de maladies mentales, dont l’écrivain n’était pas exempt : paranoïa, dépression… Justement, l’année où sort Les clans de la lune alphane, Philip K. Dick divorce pour la seconde fois, plonge dans une dépression, après avoir mal vécu sa vie de couple où il se sentait déconsidéré… Doit-on voir le roman comme une autobiographie déguisée, ou comme une catharsis ?

Une bonne lecture pour qui veut découvrir l’univers de l’auteur, et qui me réconcilie un peu avec lui !

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« La musique du sang » de Greg Bear

La musique du sangVoici une lecture typique de challenge : pour la lettre B du challenge des littératures de l’imaginaire, je me suis décidée à piocher dans ma PAL à rallonge en science-fiction. Avis mitigé, sur ce roman de hard SF… mais au moins, je peux rayer un livre de ma liste de livre à lire !

Chercheur en biologie dans une firme pharmaceutique de pointe en Californie, Vergil Ulam ne peut pas se résoudre à ne travailler que sur les projets de son entreprise. Pour lui, l’avenir n’est pas dans les nano-puces qui pourront soigner le corps humain, mais dans les cellules humaines transformées en micro-ordinateurs. Et ses expériences interdites marchent tellement bien qu’il arrive à créer des cellules intelligentes, des supers leucocytes, qu’il se voit contraint de s’auto-injecter pour ne pas les voir détruites lorsqu’il est licencié.
Contrairement à ce qu’il pensait, les leucocytes manipulés par ses soins survivent dans son organisme, et commencent à modifier son corps, ses goûts et envies… jusqu’à lui parler ! Devient-il fou ? Ces cellules vont-elles agir comme des virus, et tenter de se reproduire pour explorer l’univers hors de son corps ? Qu’est ce qui pourrait arrêter ces cellules intelligentes, capable d’agir de concert et de s’adapter à toutes les situations ?

Si ce pitch de départ est très alléchant, un brin branché sciences dures, mais tout de même compréhensible… il m’a semblé beaucoup moins attrayant au bout d’un moment. Un quart du livre est dédié à la découverte des cellules intelligentes, à comment Vergil va appréhender la chose, essayer d’en parler à des collègues… Ensuite, on perd de vue cet aspect mystérieux pour attaquer vraiment des concepts de hard SF qui m’ont un peu laissé de côté, tout en évoluant dans un univers très fantastiques, difficilement concevable. Seul le concept de cellule comme porteuse de mémoire de nos aieux m’a un peu fait rêver, mais n’est pas assez exploité à mon goût.
Bref, je n’ai pas vraiment apprécié les trois quart du livre
Sans être détestable, ou ennuyeux, il a manqué quelque chose pour m’emballer. Sous certains aspects, ce roman m’a rappelé L’œuf du dragon de Robert L. Forward : une plongé dans le monde de l’incroyablement petit, la découverte de civilisations là où on ne les attend pas, les tentatives de communication avec elles… Sauf que ce dernier était plus axé story-telling, accessible, et avait une touche d’humour qui manque totalement à La musique de sang.

Un roman que j’aurai du mal à conseiller, sauf aux amateurs du genre. Un avis mi-figue, mi-raisin… typique des roman qui partent super bien, et s’essouflent avant la fin. Dommage !

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« La Stratégie Ender » d’Orson Scott Card

La stratégie EnderS’il y a bien un classique de la science-fiction qu’il manquait à mon palmarès, c’était bien celui-ci ! Un petit coup de challenge ABC des littératures de l’imaginaire, et voilà qui est réparé.
Je dois dire que je n’ai pas été déçue par ce roman, paru en 1985, et premier d’un cycle de 6 romans… de quoi continuer à me faire plaisir dans cet univers si particulier, mêlant réel et virtuel.

Il y a 50 ans l’humanité a vaincu pour la seconde fois les armées de Doryphores, une espèce extra-terrestre très puissante. Mais pourront-ils les repousser une troisième fois ?
C’est dans ce but que l’armée recherche parmi les enfants les plus intelligents celui qui pourrait être leur sauveur, le futur commandant de la flotte humaine de défense contre cette horde alien.
Andrew dit Ender, troisième enfant de la famille Wiggin, est décelé par le colonel Graff alors qu’il n’a que 6 ans… Il est très talentueux, mais pourra-t-il faire preuve de l’aggressivité nécessaire pour exterminer l’ennemi quand le moment viendra ? C’est ce que sa formation militaire dans une base spatiale va tenter de déterminer… Et celle-ci ne se passera pas sur les bancs de l’école, ni sur un terrain d’entrainement, mais dans le monde des jeux de simulation.

Voilà qui me parle : comment les jeux de simulations, dans le monde réel ou virtuel, vont conduire Ender à devenir ou non, le héros du monde terrien libre ! Jamais le jeu n’aura été pris autant au sérieux, et c’est très bien.
Ender qui commence sa formation enfant n’en a que l’âge : il est loin d’être immature, et a une intelligence stratégique hors du commun. L’écriture d’Orson Scott Card m’a complétement fait adhérer à ce personnage, à ses craintes de devenir violent comme son frère Peter, à ses accès de fureur devant les injustices du monde des adultes, à son amour réciproque pour sa sœur Valentine… Bref, ça a été un vrai plaisir de retrouver ce personnage au fil des pages. Enfant à part, il ne cesse d’être le pion de l’armée, manipulé par l’école et par Graff, mais pour la bonne cause… celle de la survie de l’humanité. La survie du plus grand nombre mérite-t-il de mettre sous pression ainsi un individu ? Voilà bien un des axes de réflexion qu’on retrouve souvent en science-fiction, et il est ici traité avec brio en mon sens, là où d’autres le font de manière moins souple et sans émotion.
Difficile sinon de résumer et d’expliquer ce qui fait l’attrait de ce roman… peut être son humanité, pour le meilleur et pour le pire !

Une superbe découverte. J’espère avoir bientôt l’occasion de lire sa suite, La voix des morts… La fin de ce premier tome m’a laissé sur ma faim justement 😉

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« Les Brillants » de Marcus Sakey

Les brillantsPour la sélection Folio du mois dernier, je me suis laissé tenter par Les Brillants, de Marcus Sakey, présenté comme le croisement entre la série Heroes et des X-Men. Chouette, j’adore les super-héros ! Il n’en fallait pas plus pour me donner envie de lire ce livre ! Je suis passé outre le fait qu’il soit édité dans la catégorie Policier chez Folio… et non en Science-Fiction. Pour tout dire, ce livre me laisse un peu un goût amer… un peu dystopique, un peu policier, beaucoup thriller

Dans un monde qui pourrait être le nôtre, les brillants, ou « anormaux », sont des êtres-humains ayant le potentiel d’Albert Einstein, dans des disciplines variées : stratégie, lecture de schémas corporels, anticipation de trajectoires… Ces génies peuvent donc facilement devenir des maîtres de guerre, de fins psychologue lisant dans les pensées, ou des passes-murailles. Depuis les années 80, 1% de la population qui naît est composée d’anormaux.
L’agent fédéral Nick Cooper, lui-même anormal, travaille dans un service qui a pour objectif de contrôler cette minorité. En effet, des terroristes anormaux, menés par John Smith, sèment le chaos, liguant normaux et anormaux les uns contre les autres. Mais c’est quand celui-ci fait sauter la place du marché mondial, et 1000 civils innocents, que l’affaire va prendre une autre tournure pour Cooper.
Pour arrêter ce monstre, Cooper doit abandonner son statut d’agent fédéral, et infiltrer le réseau terroriste en se faisant passer pour l’un d’eux…
Mais quelle vérité découvrira-t-il lors de sa traque ?

Bon, il faut l’avouer, je ne suis pas une grande fan de roman de ce genre : action, pseudo-enquête, infiltration et espionnage… je pensais que le côté science-fiction prendrait le pas, mais non, pas vraiment. Les pouvoirs des « anormaux » sont un peu trop réalistes : finalement ce ne sont que des génies (ok, c’est déjà ça…). Pas de mecs qui tirent des lasers avec ses yeux ou qui arrête le temps ici.
On voit un peu comment a tournée la société grâce (ou à cause) des anormaux : des avancées technologiques incroyables, un monde sans guerre de religions mais en pleine guerre de castes… Intéressant, mais trop léger pour vraiment m’accrocher.

En ce qui concerne le style, je n’ai vraiment pas été conquise. Pas d’humour ni de second degré… C’est du sérieux ! Entre action et drame, peu de place pour la légèreté ! Mais malgré ça je n’ai pas ressenti l’excitation ou le suspense entre les lignes.

A vouloir faire trop réaliste, sans tomber dans le sordide des romans noirs, l’auteur a créé des personnages sans saveur… Son héros, Cooper, est vraiment trop lisse : bon père de famille divorcé, mais encore proche de son ex-femme, qui est loyal à sa hiérarchie, prêt à se sacrifier pour une cause, un super combattant, intelligent, sensible… Tout pour plaire… ou exaspérer !

Bref, je ne lirais pas le tome 2 de cette série… et oui, un seul roman ne suffisait pas !
Je me suis ennuyée ferme… Après il faut avouer que je ne suis vraiment pas une adepte des roman policier / action… D’autres trouveront peut-être leur compte ? A priori oui vu les commentaires élogieux sur d’autres sites 😉

Enfin cette lecture me permet tout de même d’avancer dans le challenge ABC des Littératures de l’imaginaire !

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« Delirium, tome 1 » de Lauren Oliver

DeliriumLes joies de la recherche d’auteurs à lettre exotique pour les challenges ABC… Voilà comment je me suis retrouvée à ajouter Lauren Oliver à ma liste de lecture pour le challenge des littératures de l’imaginaire. Je n’attendais pas grand chose de ce livre, dont j’avais trouvé la référence sur Livraddict. Littérature pour ado, un fond de dystopie… Et bien finalement grand bien m’a pris de suivre les conseils des autres lecteurs, car j’ai passé un agréable moment durant cette lecture !

A 17 ans, Lena n’attend qu’un seule chose : fêter enfin ses 18 ans pour pouvoir subir son Protocole. A partir de ce jour là, elle ne sera plus vulnérable à la terrible maladie qui a fait des ravages des siècles durant : l’amor deliria nervosa, en d’autre terme, l’amour. En effet, dans les Etats-Unis post blitz, l’amour est interdit… Pire, c’est un fléau reconnu qui conduit à toutes les dérives. Grâce au Protocole, les citoyens sont libérés de toutes passions, et deviennent de parfaits habitants : un mariage arrangé par statistiques, une vie tracée par la réussites à des examens… Bref, le bonheur. Sauf que la route de Lena va croiser celle d’Alex, qui fait naître en elle un sentiment étrange…

Si la lecture de ce roman est facile et agréable, il faut avouer que sa construction et les thèmes traités ne sont pas très originaux. Les fans de Hunger Games et de classiques de la science-fiction verront venir les évènements de très loin. Mais n’empêche, ça fonctionne ! Faire de l’amour une maladie est plutôt bien vu, et j’ai trouvé le traitement du récit autour de cette dictature de l’indifférence assez bien faite. J’ai été captée par l’histoire de Lena, d’Alex et de leur amie Hana… et je n’avais qu’une envie : savoir comment ils allaient s’en sortir ! Même si je me doutais un peu de la fin, je n’ai pas pu m’empêcher de me passionner pour cette histoire d’amour

Une réussite, ce roman ! Je ne sais pas si je lirai les tomes suivants, car je trouve que ce volume se termine correctement et proprement… Et puis on se doute un peu de ce que pourrait être la suite : révolution, destruction du régime totalitaire, les futures générations pouvant vivre comme de bon sauvages sans Protocole… Je préfère en attendant reste sur cette bonne impression 🙂

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« Méthode 15-33 » de Shannon Kirk

Méthode 15-33Rarement avant de lire un roman je n’avais eu une mise en bouche pareille ! Durant trois semaines, j’ai reçu dans ma boite au lettres des courriers étranges, provenant du FBI ou signés par une jeune fille captive… Une lecture plus attentionnée m’a mise sur la piste des Éditions Denoël, et de la parution à venir d’un thriller américain, Method 15-33. Ça c’est du teaser ! Je n’en pouvais plus d’attendre, et la semaine dernière j’ai enfin reçu le dernier courrier… ainsi que le roman tant attendu ! Je me suis jetée dessus. L’attente valait le coup, ce livre est un vrai page-turner !

Une jeune fille de 16 ans enceinte est kidnappée et se retrouve séquestrée. Ses ravisseurs veulent lui voler son bébé à naître pour le vendre. Loin d’être terrifiée, Lisa met au point un plan d’évasion. Elle a du temps et des nerfs d’acier… Plus quelques items glanés au cours de sa détention. Et elle compte bien mettre son plan à exécution pour se sauver elle et son bébé, mais aussi se venger !

Un fille sans empathie, voire sociopathe, doublée d’une génie des sciences, qui décide non seulement de prendre sa libération en main mais en plus de se venger, voilà un personnage qui me plait ! On se demande comment Lisa va se sauver avec le peu d’objets qu’elle récupère… Surtout lorsque, cerise sur la gâteau de la communication de Denoël, j’ai reçu le jour où j’ai commencé ma lecture une trousse remplies des items qui vont servir à Lisa : des punaises, de la laine, un taille crayon… Difficile de deviner comment elle les utilisera !

Cette petite catharsis est agréable il faut bien l’avouer. On regrette presque qu’elle n’aille pas encore plus loin ! En tout cas on est vite pris dans le récit, qui alterne les points de vue de Lisa et de Roger Liu, un agent du FBI qui enquête sur la disparition de filles enceintes. Son coéquipier Lola m’a assez plue : elle mange comme cinq, est assez « nature » et est douée d’un flair -au sens littéral- exceptionnel. Apres ça reste un thriller assez simple dans la psychologie des personnages et dans la structure du récit, mais il est tout de même efficace.

Bref, un récit dynamique, une histoire pas désagréable, des personnages intéressants, et surtout l’attente de savoir ce qui se passe dans les dernières pages ! Une réussite dans le genre, que je ne serais pas étonnée de voir sortir en film dans pas longtemps.

Méthode 15-33 de Shannon Kirk
Traduit par Laurent Barucq
Éditions Denoël Sueurs Froides – 304
A paraître le 11 février 2016

« Le destin miraculeux d’Edgar Mint » de Brady Udall

Le destin miraculeux d'Edgar MintC’est sans grande conviction que j’ai ouvert il y a trois semaine Le destin miraculeux d’Edgar Mint de Brady Udall, l’entrée idéale pour la lettre U du challenge ABC. J’avais déjà lu un recueil de nouvelles de cet auteur, Lâchons les chiens, que j’avais apprécié pour son style direct, son humour et sa référence aux grands espaces américains. Malgré les commentaires positifs lu à droite et à gauche sur le roman dont il est ici question, j’avais un doute… Allais-je découvrir un récit du même type que celle d’un autre Edgar, L’histoire d’Edgar Sawtelle, qui m’avait moyennement emballé ? Trouver un récit larmoyant sur la condition des orphelins natif américains ?

A l’âge de 7 ans, Edgar Mint, un jeune métis Apache se fait rouler sur la tête par un facteur dans sa voiture. Laissé pour mort et abandonné par sa mère alcoolique, il est pourtant ramené à la vie par un médecin zélé. Après quelques mois de coma, l’enfant-miracle ouvre les yeux, mais à tout oublié de sa vie d’avant l’accident. Il va passer son enfance et son adolescence à naviguer entre différents univers, peuplé de figures plus ou moins bienveillantes : l’hôpital où il est couvé par les pensionnaires et les infirmières ; un pensionnat pour indiens où il apprendra la dureté de la vie ; une famille d’adoption mormon pleine de bon sentiments ; … Et pour lier tout cela, une machine à écrire. En effet, si Edgar a survécu à son crâne écrasé, il a eu des séquelles : il peut lire mais ne sais pas écrire autrement qu’avec une machine. Se sont donc des kilos et des kilos de feuillets qui vont jalonner son existence, où il couche ses joies et ses peines.

C’est un véritable voyage initiatique que nous suivons entre ces lignes, condensé en 8 années de la vie du jeune Edgar. Le style du livre est étonnamment plein d’humour, limite garpien par ses situations rocambolesques… Mais aussi parfois très violent. Le mélange d’utilisation de la troisième et de la première personne donne une sensation étrange mais pas désagréable : un recul comme dans un rêve ou un film, mâtiné d’auto-biographie.

On espère toujours qu’Edgar va s’en sortir, car ce héros est réellement attachant. Les autres personnages sont aussi riches et nuancés. J’ai une préférence pour Art, le voisin de lit d’Edgar, alcoolique à ses heures, et un peu bougon… mans plein d’attentions et de bons conseils pour le petit métis. Bizarrement, en pointillé dans la vie d’Edgar, on ne retrouve pas l’image d’un père. Celui-ci est définitivement oublié et parti loin de l’enfant bien avant sa naissance.  On trouve à la place le médecin qui l’a sauvé : Barry. Très protecteur avec Edgar, il devient vite envahissant et de plus en plus malsain. On fini par craindre ses apparitions, bien qu’il soit plein d’amour pour l’enfant… Tous ces personnages ont une part positive et aussi une part sombre… Et Edgar autant que les autres !

C’est donc une très agréable surprise que cette lecture, qui une fois refermé me laisse un sourire sur le visage. Je ne regrette pas de m’être lancée dans l’aventure pour finir l’année. Un roman amusant, beau sans être gnangnan… J’aime et je recommande !

ABC-2015