Mots-clé : US

« Escarmouche » de Clifford D. Simak

J’avais presque oublié que mon beau-frère, amateur de science-fiction classique, m’avait prêté ce recueil de nouvelles il y a fort fort longtemps (il y a bien 5 ou 6 ans… désolée…).

Lors de ma recherche des livres courts dont le nom de l’auteur correspond à mes lettres manquantes pour le challenge ABC, j’ai exhumé cette relique d’un des rois de la SF. Un vieux bouquin comme on en trouve plus, aux pages jaunies, la tranche orange foncée et surtout à la couverture ornée d’une magnifique illustration représentant une femme à moitié dénudée (qui bien sûre n’a rien à voir avec le contenu de l’ouvrage). Bref, le bon vieux temps de la SF !
Nous sommes ici devant un recueil de nouvelles classique comme on en faisait dans le temps : quelques nouvelles du maître, préfacée par celui-ci. Pas du grand Simak à mon humble avis, mais quelques nouvelles m’ont tout de même interpellées ou amusées. 
Car c’est là le style de l’âge d’or de la SF : faire rêver, réfléchir mais aussi amuser son lecteur.

La thématique centrale tourne autour des premières rencontres entre humains et extra-terrestres, et ce pour les trois quarts des nouvelles. Il y a de quoi faire ! Surtout quand les aliens viennent tenter de conquérir notre planète…

La plus sympa en prend le contre-pied, Gros Coup. Ici c’est une bande de baroudeurs de l’espace, sans foi ni lois, qui cherchent à se faire de l’argent avec tout ce qu’ils trouvent sur les planètes sur lesquelles ils accostent. Sur l’une d’elle, ils découvrent une machine qui permet de lire des enregistrements qui vous propulsent littéralement dans une réalité virtuelle. L’idéal pour apprendre des choses… mais aussi pour faire voyager de riches clients terriens ! Ici les extra-terrestres font preuve de finesse pour éviter une mauvaise utilisation de leur université ambulante…

Un recueil pas vraiment nécessaire pour votre connaissance du maître, mais pas désagréable à lire… 

« Autonome » d’Annalee Newitz

Une fois n’est pas coutume mon choix pour le partenariat Denoël s’est porté sur de la science-fiction ! Mais là je m’éloigne un peu de mes univers de prédilection, car il est beaucoup question de robots pour une fois… mais pas dans un univers asimovien, mais une réalité aussi cruelle et cynique que la nôtre. Bienvenue au 22ème siècle !

2144, Jack est une pirate dans tous les sens dans lesquels on pourrait l’entendre : elle vit dans un sous-marin pour échapper aux autorités, car elle gagne sa vie en copiant des médicaments brevetés qu’elle revend au marché noir.
Mais un jour, un de ses médicament piraté -du Zacuity- mène à la folie et à la mort des personnes qui l’ont pris. Est-ce sa recette qui pose problème ? Non, c’est bien la version du labo pharmaceutique qui est létale !
Elle doit trouver un moyen de le faire savoir au monde avant que le Zacuity soit répandu, et trouver un remède pour sauver les consommateurs de ces pilules enfermés dans leur folie.
Au même moment, le bureau des brevets, sur les ordre du laboratoire pharmaceutique, lance deux agents à la recherche de Jack pour la faire taire définitivement : Eliasz et le biobot Paladin, dont c’est la première mission.

L’intérêt de ce roman est qu’il rend accessible la réflexion sur les brevets dans le secteur de la biologie, la pharmaceutique etc… et nous met en garde contre le fait de donner le plein pouvoir sur la santé de l’humanité à quelques entreprises.
En parallèle les histoires croisée de Troized l’esclave libéré par Jack et Paladin la biobot de combat sont aussi intéressante.
La création des robots a posé des questions sur la possibilité d’asservir ou non des humains, et la grosse différence entre les deux reste que les humains ne peuvent être esclaves à la naissance… mais peuvent le devenir. Les réflexions de Paladin sur le monde, les humains, la liberté sont assez amusantes parfois… comme toute intelligence artificielle elle tente de mieux comprendre son monde pour s’améliorer, et surtout Eliasz.
Là où j’ai moins adhéré c’est sur l’histoire d’amour entre Paladin et Eliasz… mais bon, pourquoi pas…

Bref, une lecture pas désagréable mais pas exceptionnelle non plus…
Merci Denoël pour le partenariat, qui me permet d’avancer dans mon challenge ABC !

Autonome d’Annalee Newitz
Traduit de l’anglais par Gilles Goullet
Éditions Denoël, collection Lunes d’encre – 336 pages
Paru le 7 juin 2018

« Jésus Vidéo » d’Andreas Eschbach

Voilà un livre qui était dans ma PAL depuis un sacré moment… Pensez ! Un récit qui traite de voyage dans le temps et décryptage de mystère autour de Jésus… Tout ce que j’aime !
J’ai donc assez peu hésité en voyant ce titre disponible en livre audio sur Audible.

Fin des années 90, sur un site de fouille dans le désert israélien… Une découverte sensationnelle est faite par un jeune homme, Stephen Foxx : près d’un squelette antique, il retrouve une pochette en plastique dans laquelle se trouve la notice d’un caméscope Sony qui n’est pas encore sorti sur le marché.
Bientôt le directeur des fouille et un magnat de l’information, aidés d’un écrivain en science-fiction, montent une hypothèse incroyable : les ossements retrouvés seraient ceux d’un voyageur temporel qui aurait remonté le temps jusqu’au 1er siècle pour filmer Jésus Christ !
Mais de son côté Stephen n’a pas dit son dernier mot et aidé de Judith et Joshua, deux jeunes archéologues, il va chercher lui aussi la caméra… si elle existe réellement !

Voilà début prometteur pour un roman de science-fiction teinté d’analyses historiques… Mais ici le voyage dans le temps est finalement un prétexte pour un roman d’aventure teinté de thriller. Mais tout de même, l’auteur ne reste pas sur une seule théorie expliquant cette bizarrerie dans l’espace temps, et on peut s’amuser avec les personnages à déterminer pourquoi et comment ce voyageur en est arrivé la….
Ce qui est assez dommage, c’est que les personnages sont assez peu attachants. Nous suivons la chasse au trésors de deux loups au dents longues : Stephen Foxx le jeune cabot américain qui ressemble comme deux gouttes d’eau à Marc Zuckerberg (10 ans avant, bravo), et John Kaun, le même mais en beaucoup plus vieux et beaucoup plus riche, dont la ressemblance avec Trump est à peine déguisée à travers les lignes du roman.
Bref, un roman trop lié à son époque : des vrais winners à l’américaine, des technologies très présente mais désuètes aujourd’hui, des ficelles de théories du complots avec au centre le Vatican… ça a un côté grosses ficelles 20 ans après sa parution.

J’ai trouvé l’histoire assez moyenne malgré le concept de base… heureusement les multiples rebondissements à la fin du roman donneraient presque envie de lire la suite, L’affaire Jésus. Dommage, j’avais adoré Des milliards de tapis de cheveux du même auteur…

Bref, un roman pas désagréable à lire mais pas essentiel, qui me permet de cocher une case dans le Challenge ABC.

 

« 22/11/63 » de Stephen King

Mes rendez-vous avec Stephen King deviennent rares, même si j’apprécie son univers depuis mon adolescence.
Avec mon crédit Audible de Mai, je me suis laissée séduire par les commentaires dithyrambiques autour de 22/22/63, paru en 2011, autant dire il y a un sacré moment. Aux premières secondes d’écoute, je me suis même aperçue que j’avais regardé une série TV il y a quelques années tiré de ce roman !
Bref, 22/11/63 est-il bien le monument du maître King de ces dernières années ?

Dans le Maine des années 2000, Jake Epping est un professeur de lettres travaillant dans un lycée de Lisbon Fall. En plus d’enseigner l’anglais à des adolescents, il s’occupe d’une classe pour adulte souhaitant passer leur diplôme de fin de secondaire. C’est en lisant la rédaction d’un de ses élève âgé de plus de 50 ans, Harry, qu’il découvre son histoire : dans les années 50, le père de celui-ci a assassiné toute sa famille et l’a blessé et handicapé à vie. Si ce drame n’avait pas eu lieu, Harry ne serait certainement pas si « lent », ne boiterait pas, et ferait surement un autre métier qu’homme à tout faire du lycée…
C’est alors que le propriétaire du restaurant à burger local contacte Jake. Très malade, il doit avant de ne plus pouvoir le faire lui montrer sa grande découverte : dans son arrière-boutique se trouve un « trou » lui permettant de retourner dans le passé… en 1958 uniquement. Et il a un grand projet pour Jake, celui d’empêcher l’assassinat de Kennedy !

Il n’y a pas à dire, nous sommes ici devant du grand Stephen King ! Entre fantastique, science-fiction et roman historique, nous suivons les aventures de Jake dans le passé. Après quelques tâtonnements, il apprend à utiliser le portail temporel pour améliorer le futur… sachant que le trou ne peut l’envoyer qu’en 1958, et que chaque nouvelle arrivée dans le passé remet tous les compteurs à zéro. Il va donc essayer de changer la petite histoire en sauvant la vie de la famille d’Harry, avant de s’attaquer à la filature de Lee Harvey Oswald… Mais en 5 ans on imagine bien qu’il va faire des rencontres !
Toute une partie du roman tourne autour de la vie de Jake au Texas, où il travaille dans un lycée et rencontre une jeune femme… et finalement il leur arrive plus d’aventures dans la campagne texanne que lors de ses enquêtes autour de la famille de l’assassin du président.

Bref, une très  belle découverte… Le roman est un peu long tout de même (36 heures d’écoute !), mais ça passe pas trop mal pour nous mettre dans l’ambiance des années 50. On voit les Etats-Unis autrement après ça 😉

Et au passage, une lecture pour le challenge ABC !

« Silo, tome 1 » de Hugh Howey

Ce qui est sympa avec Audible, c’est de pouvoir envoyer son premier livre à un ami lorsque vous vous créez un compte. C’est comme cela que j’ai reçu de la part de Mickael le premier tome de Silo, dont je n’avais jamais entendu parler (et rétrospectivement, honte à moi).

Dans un monde post-apocalyptique qui ressemble beaucoup au notre, une communauté d’humains vit dans un  silo sous terre.
Le sherif Holston attend dans sa cellule d’être envoyé « au nettoyage », c’est à dire banni du silo, pour avoir dit des mots interdits. Sortir du silo, alors que l’air est pollué de toxines, c’est signer son arrêt de mort. Heureusement, grâce à une combinaison spéciale, il pourra vivre assez longtemps pour nettoyer les caméras qui permettent de surveiller les alentours.
Désormais privée de shérif, Marie Jahn, la mairesse du silo, va aller nommer un candidat choisi avec l’adjoint au shérif Marnes : Juliette Nichols. La route pour lui faire passer un entretien d’embauche va être longue, 144 étages à descendre pour atteindre celui où vit Juliette, l’étage le plus profond, celui des machines… Là où l’électricité est fabriquée…

Difficile de résumer ce long ouvrage de SF contre-utopique et post-apocalyptique.
Le monde du silo est très bien détaillé. Chaque étage à sa fonction : l’administration et les services dans le tiers supérieur, l’agriculture au milieu, et tout en bas l’industrie. Chaque habitant du silo à une place définie, de la naissance -réglementée- jusqu’à sa mort.
Malgré la modernité des machineries et de certains outils informatiques, certaines fonctions sont archaïques. Par exemple les messages électroniques sont tellement chers à envoyer que les habitants passent plutôt par des porteurs à pied, dont la tache est de transiter les produits d’un étage à un autre…

Côté récit, on est pris par cette histoire complexe et riche. On déteste les méchants et on a de la sympathie pour les gentils… mais de manière nuancé. On comprend bien les motivations qui poussent les antagonistes à agir comme ils le font et de la même manière, les bons ont parfois des comportement qui mènent au désastre.
En échangeant avec Mickael, celui-ci me disait trouver dans ce livre des longueurs dues à la foule de détails. C’est peut être là la force et la faiblesse de ce récit !

Dans la lignée du chef d’oeuvre de Robert Silverberg, Les Monades Urbaines, avec une teinte de survivalisme… je le conseille !

Cette lecture est parfaite pour remplir une case du challenge ABC, pour la lettre H 😉

« Le violon du diable » de Douglas Preston et Lincoln Child

Ça faisait un bon moment que je n’avais pas lu un roman de la série des Pendergast… et je l’avais quasiment oublié pour tout dire. Alors que je cherche mon premier roman Audible dans la bibliothèque de l’appli, je tombe presque directement sur Le violon du Diable, le 5 tome de la saga ! C’est un signe : il sera mon premier livre audio !

Southampton, état de New-York, au début des années 2000. Le corps sans vie d’un critique d’art, Jeremy Grove, est retrouvé dans sa luxueuse maison. Tout cela pourrait paraître anodin, si le corps de l’homme n’avait pas été retrouvé brulé, alors que le reste de la pièce est intact et qu’elle est fermée de l’intérieur. Au sol, une empreinte de pied fourchu semble avoir marqué de parquet… et c’est sans compter l’odeur de souffre qui empeste la pièce.
Lorsqu’un second corps assassiné selon le même procédé est découvert à New-York, le doute commence à s’insinuer dans l’esprit de la population. Est-ce que le Diable est à l’œuvre dans cette histoire ?
Qui peut-être l’assassin, et surtout comment a-t-il procédé ? C’est ce que Pendergast et le sergent D’Agosta vont essayer de découvrir, dans un voyage qui les mènera de New-York jusqu’à la région de Florence en Italie, où les légendes et les superstitions prennent corps devant leurs yeux…

C’est le sergent D’Agosta de retour du Canada que nous retrouvons sur cette enquête, lui que nous avions déjà croisé sur les deux premières enquête new-yorkaise de Pendergast, Relic et Le grenier des enfers.
Pendergast est égal à lui-même : en tant qu’électron libre du FBI, il mène son enquête comme bon lui chante, enfreignant parfois les lois, mais toute en souplesse et avec le meilleur des goût.

Une suite de la saga agréable, même si ça n’est pas le meilleur opus selon moi. En revanche il donne une ouverture vers de nouvelles aventures que j’espère palpitantes, ce qui me donne très envie de lire la suite. Je pense pouvoir vous dire sans spoiler que Pendergast a un frère maléfique, qui va sûrement faire parler de lui bientôt. Chouette 🙂

Et cette première expérience de livre audio, me direz vous. C’est en échangeant avec Mickael sur le sujet que je me dit que je ratais peut-être quelque chose en n’ayant pas encore tenté d’écouter des livre, plutôt que de les lire. Les avantages sont multiples : possibilité de « lire » dans les transports en commun bondés, sur le chemin du boulot, ou encore pour s’endormir le soir, en mode « raconte moi une histoire »… Quelques inconvénient aussi forcément : il faut être concentré, ce qui n’est pas toujours facile dans la rue quand on essaye d’éviter les voitures. Du coup, la fonction de retour en arrière est bien pratique… mais impossible de scanner visuellement le livre pour retrouver le passage où on a lâché, ce qui rend la tâche parfois fastidieuse. Mais j’ai quand même bien accroché, et je vais continuer mon test avec mon nouvel abonnement Audible. Du coup j’ai le droit à un livre par mois… ce qui est suffisant avec les partenariats à côté !

A noter que cette lecture compte pour le challenge ABC, Nanet dans sa grande bonté autorise les livre audio 🙂

« Que le diable soit avec nous » d’Ania Ahlborn

Que le diable soit avec nousPetite virée en enfer, loin des chaudrons du Diable et des souterrains enflammés, mais dans un coin paumé des Etats-Unis au milieu de bois… Un décors parfait pour une histoire d’horreur, n’est-ce pas ? Voilà mon choix pour le partenariat Denoël du mois de février, un voyage dans le monde de la terreur, remplis de coins sombres et de monstres dans les placards.

Steve vit avec sa famille dans une petite ville d’Oregon, Deer Valley. Steve n’a pas la côte auprès des autres enfants d’une dizaine d’années : il bégaye, il a les idées confuses, et pour ne rien arranger il lui arrive d’avoir des hallucinations et a deux doigts en moins à une de ses main. Et côté familial ça n’est pas la joie : son père les a abandonnés, son beau-père, Le Tyran, lui mène la vie dure, son ado de frère l’évite comme la peste et sa mère fait ce qu’elle peut pour le considérer comme un enfant normal… Heureusement, il a un meilleur ami, qui se trouve être son cousin et voisin, Jude ! Ensemble ils passent des heures à construire une cabane dans les bois, pendant les vacances d’été.
Mais un jour, le malheur frappe tante Mandy et le reste de la famille : Jude a disparu ! Fan d’enquêtes policières et ne pouvant pas vivre sans son ami, Steve va tout faire pour le retrouver… mais les pistes qu’il découvre laissent présager le pire. Est-ce que Jude aurait été dans les bois travailler sur la cabane sans lui ? A moins qu’il ne se soit trop approché de cette maison abandonnée près de la route des bucherons ?
Mais le plus étrange, c’est lorsque quelques jours plus tard, Jude réapparait, l’air de rien… Mais Stevie n’est pas dupe, quelque chose en Jude a changé. Que lui est-il arrivé pendant son absence ?

Voilà un bon roman d’horreur classique, mais bien construit et efficace. Nous voyons l’histoire se dérouler via le regard de Steve, jeune garçon schizophrène… ce qui laisse parfois planer un doute sur la véracité de ce qu’il dit et ce qu’il voit. Est-ce que Jude a vraiment changé ? A-t-il vraiment vu un monstre près de la maison abandonnée, se déplacer dans l’ombre et le poursuivre jusqu’à la ville ?
La seconde partie du roman introduit Rosie, qui justement a vécu dans cette maison… Et l’imbrication des deux histoires laisse apparaitre ce qui est arrivé à Jude.
Le gros intérêt de cette histoire, c’est le flirte entre le thriller psychologique et le fantastique. La frontière entre la folie et le paranormal est ici suffisamment floue pour laisser libre cours à notre imagination et notre interprétation de l’histoire.

Je vois aussi dans ce roman une sorte d’hommage aux lectures d’horreur et fantastiques classiques… On n’est pas loin de Stephen King avec ses personnages assez archétypaux : le beau-père violent et odieux, les gamins à la sortie de l’enfance, le vieil homme sympa et mystérieux comme Ras, le propriétaire de la maison d’hôte où Rosie vient se ressourcer dans sa jeunesse, avant de s’apercevoir qu’elle est enceinte. D’ailleurs le personnage de Rosie me fait naturellement penser à un autre personnage féminin : Rosemary, du roman quasi-éponyme d’Ira Levin. Et quand on sait comment se termine sa maternité… Je ne dirais rien de plus !
Il pose aussi la question de la monstruosité et de la normalité… Jusqu’où une mère est prête à fermer les yeux par amour pour sa progéniture ?

Bref, un bon roman pour les amateurs du genre, qui me permet au passage de valider la lettre A du challenge ABC 2018 !

abc2018

Que le diable soit avec nous  d’Ania Ahlborn
Traduit de l’anglais par Samuel Sfez
Editions Denoël  Sueurs Froides – 352 pages
Paru le 8 février 2018

« Guide de survie pour le voyageur du temps amateur » de Charles Yu

Guide de survie pour le voyageur du temps amateurPour le club SF Folio de cette fin d’année je me suis laissée tentée par une thématique on ne peut plus classique de la science-fiction : celle des voyages dans le temps !
Un thème simple… mais si difficile à traiter tant il fait rêver les auteurs et leurs lecteurs ! Alors, pari réussi pour le jeune auteur Charles Yu ?

Le protagoniste de cette histoire, Charles Yu, vit dans un univers réduit à la fusion de deux mégapoles, où n’importe qui peut prendre une une machine à remonter le temps pour partir en promenade… Son rôle est de les dépanner quand ils tombent en panne dans le passé. Il habite dans sa machine à remonter le temps avec le système d’exploitation de la machine, TAMMY et Ed, un chien qui n’existe pas.
Au fur et à mesure de ses voyages, il va se retrouver confronté à des événements liés à la construction de sa vie et à sa jeunesse, et plus particulièrement à la disparition de son père, chercheur amateur qui a œuvré pour la réalisation des voyages dans le temps.

Bonne surprise en lisant le roman, qui se laisse présuer en lisant son titre original (How to Live Safely in a Science Fictional Universe). Charles Yu ne joue pas seulement avec l’idée de voyage dans le temps mais bien celui de la science-fiction dans son ensemble, et je dirais même avec celui de l’univers du roman et de la fiction, dans la manière dont l’écrit se forme… Il nous offre une réflexion sur la construction du « moi » par rapport à ses souvenirs… Se plonger dans le passée dans ses pensée, n’est-ce pas voyager dans le temps, ou du moins une première étape ?

Les débuts du livre sont prenants et parfois humoristique, quand par exemple Charles rencontre Linus Skywalker, le fils de Luke qui essaye d’éliminer son père pour exister un peu. La seconde moitié est plus mélancolique. Le héros se retrouve face à sa mère qui vit dans une boucle infinie d’une heure, dans sa cuisine, à préparer des plats et attendre son fils… et se questionne sur ses relations avec son père depuis son enfance, tout en se demandant où celui ci à bien pu disparaître.
Les concepts des voyages dans le temps son très poussés par moment, et je dois bien avoué que j’ai décroché par moment… Mais globalement le livre est bien construit et offre un voyage intelligent et intriguant.

Bref, un roman bien fichu, même si je regrette le changement de ton en cours de récit.
Merci Folio pour cette bonne découverte !

« Ce que cachait Archie Ferber » de Casey B. Dolan

Ce que cachait Archie FerberUn petit thriller juridique pour cette fin d’automne ça vous dit ?
C’est le choix que j’ai fait lors du partenariat Denoël du mois dernier.

Un procès hors norme s’ouvre en Afrique du Sud. Archie Ferber, citoyen américain, est accusé d’avoir assassiné la mère porteuse de sa fille adoptive, Hannah. Archie est marié avec Matthew, qui est originaire d’Afrique du Sud justement. Ils ont décidé d’avoir recours à cette méthode plutôt qu’à l’adoption, pour se donner plus de chance d’avoir un enfant… Mais une fois la petite fille née, les choses n’ont pas été comme ils l’espéraient : la mère porteuse est retrouvée morte et Hannah a disparu. Est-ce Matthew, plongé dans le coma depuis sa tentative de suicide qui a commis ce crime, ou Archie, un homme très intelligent et au caractère imprévisible ? Et où est passée la petite fille ?
Le psychologue judiciaire Felicity Sloane, experte lors de ce procès, va se retrouver plongée dans cette histoire, qui mêle au passé sombre d’Archie, une enquête sur le crime en lui-même.

J’ai beaucoup aimé ce livre, et cette auteure a été une découverte pour moi. Le style et simple et limpide, et on est vite plongé dans le climat étouffant de l’Afrique du Sud.
Les différents points de vue sur le procès et durant l’enquête, dynamise le récit, et brouillent parfois les pistes. Bref, une bonne lecture pour entamer la saison froide !

Merci Denoël pour cette découverte, qui me permet de valider une nouvelle lettre pour le challenge ABC !

Ce que cachait Archie Ferber de Casey B. Dolan
Traduit par par Arnaud Baignot et Perrine Chambon
Éditions Denoël collection Sueurs Froides – 448 pages
Paru le 19 octobre 2017

abclogoshadow

 

 

« Quand les ténèbres viendront » d’Isaac Asimov

quand les tenebres viendrontRetour aux grands classiques en ce mois d’octobre pour ma lecture du Club SF Folio. Ça tombe bien, j’avais bien envie de lire un Asimov pour le challenge ABC ! En route sur les chemins de l’âge d’or de la science-fiction 😉

Une fois n’est pas coutume, ce livre est un recueil de nouvelle du maître de la SF. Le clou de l’ouvrage, qui lui donne d’ailleurs son nom, est la nouvelle parue en 1941 Quand les ténèbres viendront qui a eu le mérite de faire découvrir Asimov aux Etats-Unis. Personnellement je n’ai pas vraiment accroché avec ce récit, mais qu’importe… d’autres histoires ont pu exciter mon imagination et parfois même me faire sourire. Et oui, Asimov ne manque pas d’humour !

Le style et l’esprit d’Asimov, c’est un truc qui ne s’explique pas… Sa simplicité d’écriture permet de rentrer directement dans son univers, qui d’ailleurs peut parfois paraitre désuet face à des auteurs plus sombres (K. Dick, Wilson…). Mais force est de constater qu’il a anticipé beaucoup de choses et que même de nos jours, des nouvelles écrites dans les années 50 n’ont pas pris une ride. Sally et ses voitures automatiques m’a non seulement rappelé Christine ou Maximum Overdrive de Stephen King mais aussi les Google Car !
On retrouve des nouvelles s’inscrivant dans notre espace contemporain, mais où un élément fantastique va transformer la vie ou la perception des personnages, comme Et si… Dans cette histoire, un couple lors d’un voyage en train ont la possibilité de voir ce qui aurait pu se passer si madame n’était pas tombé dans le tramway sur les genoux de monsieur, et nous offre une jolie réflexion sur l’amour et la notion d‘âme sœur. Moins romantique, Le sorcier à la page, où l’auteur s’amuse avec un philtre d’amour basé sur des phéromones humaines… Tomber amoureux ne serait qu’une question de chimie ?

Je ne vais pas vous présenter l’intégralité de la vingtaine de nouvelles, mais comme d’habitudes avec Asimov, nous somme devant un bon ouvrage. Merci Folio pour ce partenariat !

abclogoshadow