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« Méthode 15-33 » de Shannon Kirk

Méthode 15-33Rarement avant de lire un roman je n’avais eu une mise en bouche pareille ! Durant trois semaines, j’ai reçu dans ma boite au lettres des courriers étranges, provenant du FBI ou signés par une jeune fille captive… Une lecture plus attentionnée m’a mise sur la piste des Éditions Denoël, et de la parution à venir d’un thriller américain, Method 15-33. Ça c’est du teaser ! Je n’en pouvais plus d’attendre, et la semaine dernière j’ai enfin reçu le dernier courrier… ainsi que le roman tant attendu ! Je me suis jetée dessus. L’attente valait le coup, ce livre est un vrai page-turner !

Une jeune fille de 16 ans enceinte est kidnappée et se retrouve séquestrée. Ses ravisseurs veulent lui voler son bébé à naître pour le vendre. Loin d’être terrifiée, Lisa met au point un plan d’évasion. Elle a du temps et des nerfs d’acier… Plus quelques items glanés au cours de sa détention. Et elle compte bien mettre son plan à exécution pour se sauver elle et son bébé, mais aussi se venger !

Un fille sans empathie, voire sociopathe, doublée d’une génie des sciences, qui décide non seulement de prendre sa libération en main mais en plus de se venger, voilà un personnage qui me plait ! On se demande comment Lisa va se sauver avec le peu d’objets qu’elle récupère… Surtout lorsque, cerise sur la gâteau de la communication de Denoël, j’ai reçu le jour où j’ai commencé ma lecture une trousse remplies des items qui vont servir à Lisa : des punaises, de la laine, un taille crayon… Difficile de deviner comment elle les utilisera !

Cette petite catharsis est agréable il faut bien l’avouer. On regrette presque qu’elle n’aille pas encore plus loin ! En tout cas on est vite pris dans le récit, qui alterne les points de vue de Lisa et de Roger Liu, un agent du FBI qui enquête sur la disparition de filles enceintes. Son coéquipier Lola m’a assez plue : elle mange comme cinq, est assez « nature » et est douée d’un flair -au sens littéral- exceptionnel. Apres ça reste un thriller assez simple dans la psychologie des personnages et dans la structure du récit, mais il est tout de même efficace.

Bref, un récit dynamique, une histoire pas désagréable, des personnages intéressants, et surtout l’attente de savoir ce qui se passe dans les dernières pages ! Une réussite dans le genre, que je ne serais pas étonnée de voir sortir en film dans pas longtemps.

Méthode 15-33 de Shannon Kirk
Traduit par Laurent Barucq
Éditions Denoël Sueurs Froides – 304
A paraître le 11 février 2016

« Mauvaise étoile » de R. J. Ellory

Mauvaise etoileVoici le second roman que je lis de R. J. Ellory, la star du roman noir. J’avais beaucoup aimé Seul le silence, et  j’attendais le bon moment pour retenter l’aventure. Le hasard à bien fait les choses puisqu’on m’a donné Mauvaise étoile, écrit en 2011Un petit challenge ABC pour me mettre le pied à l’étrier, et c’est parti ! Mais si on voyage bien avec ce roman, je ne promet pas que celui-ci soit toujours très agréable et bucolique en revanche…

Clay Luckman ne mérite pas vraiment son nom « d’homme chanceux »… À 17 ans il n’a connu que les orphelinats et les maisons de correction, après avoir assisté à l’assassinat de sa propre mère. Son demi-frère à peine plus âgé que lui, Digger Danziger, le protège pendant toute cette période… Jusqu’au jour où ils se retrouvent tous les deux kidnappés par Earl Sheridan, un condamné à mort en fuite.
Si Clay est terrorisé par la violence et le sadisme d’Earl, qui n’hésite pas à violer et assassiner dès que l’occasion se présente, Digger est quant à lui fasciné. Le destin va vouloir que Clay puisse fuir de son côté avec une jeune fille, Bailey, échappée d’un des massacre du nouveau duo de tueurs : Earl et Digger. Combien de temps ce couple d’assassin va-t-il sévir ? Est-ce que Clay va pouvoir leur échapper ? Et que fait la police dans tout ça ?

Une chose est certaine, ce roman noir est palpitant comme un thriller… On a pas le temps de s’ennuyer malgré la densité de ce livre. Par contre il est tellement sombre que j’appréhendais de l’ouvrir, jour après jour… Je crois que c’est la première fois qu’un livre me fait ça, et je ne sais pas trop si on peut dire que c’est agréable comme sensation. En tout cas je pense que c’est un signe de qualité pour ce genre de roman. Des meurtres gratuits en pagaille, qui ne sont à la fois violents et un peu gore… Le pire, c’est que l’auteur arrive à nous rendre sympathique en 3 pages un parfait inconnu, qui sera dezingué en quelques lignes… Triste. Que dire donc du suspense durant ces 535 pages : nos héros Clay et Bailey se feront-ils torturer et massacrer ? Une tension de chaque instant ! On sait que la mauvaise étoile de Clay, si souvent citée, va forcément le remettre sur la route de son psychopathe de demi-frère…

Un très bon roman, que je recommande de lire quand tout va bien dans votre vie ! Il y a quoi devenir sacrément pessimiste quand on resort de ces séances de lecture… Mais je le conseille pour les fans du genre, et je sais qu’ils sont nombreux 😉

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« Le fossoyeur » d’Adam Sternbergh

Le fossoyeurPour continuer à profiter du printemps sur une touche fraîche et ensanglantée, je me suis laissée tenter ce mois de mai par Le fossoyeur, proposé dans le cadre du partenariat Denoël. Ce roman est en fait le premier volume d’une saga débutée en 2014 aux États-Unis, qui se trouve aussi être le premier roman de son auteur Adam Sternbergh.
Si vous aimez les ambiance post-apocalyptiques urbaines matinée de violence à la « Bourbon Kid », dans la veine des roman d’anticipation, ce livre est peut être fait pour vous… Mais pour moi ?

Dans un futur pas si lointain, New-York est à peine le reflet de sa grandeur passée. Suite à une vague d’attentats et d’attaques chimiques par des groupes extrémistes, la plupart des habitants ont fuit la ville. Ne reste que quelques paumés, des bourgeois enfermé dans leurs appartements grand luxe et des citoyens encore attachés à de leur ville. Spademan n’est rien de tout cela. Contre rémunération il peut tuer qui vous voulez sur simple coup de fil. Sauf les enfants ! Il n’est pas un psychopathe quand même…
Quand un riche prêcheurs du sud des États-Unis lui demande de retrouver sa fille fugueuse et de l’assassiner, il accepte la mission. Mais la fuyarde Perséphone n’est pas si facile à coincer. Et une fois retrouvée une surprise va retenir la lame de Spademan… Mais s’il décide de la laisser en vie, il devient de fait son protecteur, contre son père et toute son armée !

Si je n’ai rien contre les ambiance de ville détruite et de population en errance, j’ai eu du mal tout de même à apprécier la première partie de ce roman… Un style très laconique, écrit à la premières personne, où Spademan le tueur à gage est le narrateur. Il y avait trop de similitudes avec Le livre sans nom et ses suites, sans son second degré et son côté fantastique qui me plait tant !
Ici le côté un peu fantasy est donné par le nouveau réseau de connexion dans un monde virtuel, un peu comme dans Les Extrêmes de Christopher Priest (ou le film Existenz). Allongé dans un lit, l’utilisateur est relié au réseau, où il peut virtuellement vivre les expériences de son choix pour la durée qu’il souhaite. D’abord un loisir, cette activité est devenue pour les plus riches un mode de vie, permettant d’échapper à la ville déliquescente. L’idée est bonne, quoique peut être pas assez exploitée.

Le problème dans ce récit c’est qu’on voit arriver les choses : on se doute bien pendant toute la période où l’assassin traque sa victime qu’il ne l’a tuera pas. On sait que quelque chose va arrêter le geste de Spademan, et que Perséphone va vivre. Et là, j’ai croisé les doigts pour que l’auteur nous fasse pas le coup du tueur amoureux de sa cible. Mais non, ouf !

Sur la seconde partie j’ai un peu mieux accroché. Peut être grâces aux personnages de Spademan qu’on apprend à mieux connaître, ou celui de son ami Mark. Et surtout parce qu’on se centre moins Perséphone qui est un personnage que je n’arrive pas à apprécier.

Bref, je suis pas franchement convaincue… Par moment je me disait « chouette il se passe des choses », à d’autre je trouvais ça plat… Bof bof.

Merci tout de même Denoël pour cette occasion de lire ce roman 🙂

Le fossoyeur d’Adam Sternbergh
Éditions Denoël – Collection Lunes d’encre
Traduction : Florence Dolisi
2015 – 272 pages

« Le maître des insectes » de Stuart Prebble

Le maitre des insectesVoici une nouveauté Denoël, acquise grâce au partenariat mensuel avec l’éditeur, qui ravira à coup sûr les amateurs de thriller !

Dans la banlieue de Londres, dans les années 60 – 70, Jonathan et Roger Maguire forment une fratrie inséparable, malgré le retard mental de Roger, le plus âgé des deux. Pour leurs parents, l’avenir de leur ainé est un vrai soucis… et son obsession pour les insectes et son insectarium n’arrangent pas les choses en grandissant.
Alors qu’il est parti étudier à l’université de Newcastle avec sa petite amie Harriet, Jonathan apprend brutalement la nouvelle : ses parents son morts dans l’incendie de la maison familiale… un malheureux accident… Et Roger s’en est sorti en se cachant dans son insectarium !
Dorénavant, la vie de Jonathan ne sera plus la même : comme promis à ses parents, il va s’occuper de son frère, au dépend des ses études, mais aussi de son couple. Si Harriet et lui sont amoureux, vivre à 20 ans un tel éloignement n’est pas chose aisée !
Jusqu’au jour où, un beau matin, il se réveille un tesson de bouteille à la main et le corps d’Harriet à ses côtés sans vie

J’ai apprécié dans ce roman l’écriture à la première personne, avec un ton qui laisse entendre un retour sur tous les évènements de toute une vie. On perçoit bien les sentiments du narrateur, Jonathan, on comprend la psychologie du personnage, son amour pour son frère, sa passion pour Harriet, sa jalousie envers les hommes qu’elle côtoie à la fac… le cocktail idéal pour un crime passionnel en somme !
En même temps on sent bien quelles questions l’auteur veut nous amener à nous poser. Il nous oriente vers des suppositions quant à la manière dont les parents sont morts (accident ou meurtre ?)… et à partir de là sur la réelle déficience mentale de Roger. Est-il si innocent qu’on veut bien le croire ? Est-ce un manipulateur pervers ?

Même si une de mes hypothèses c’est avérée juste quant à la résolution d’une des énigmes du livre, il y en a deux ou trois qui m’ont surprises et qui ont été bien amenées. La dernière page du livre notamment en écho avec le prologue est bien vu, et donne une explication de dernière minute assez élégante !

Une lecture très sympa, pas le thriller du siècle, dans le sens ou ça n’est pas un page-turner au suspense haletant.  Mais c’est un roman qui change de ce que j’ai pu lire ces derniers temps, et ça fait du bien.
Et au passage une lecture pour l’animal du challenge Petit BAC 2015 !
Merci Denoël pour cette découverte !

Le Maître des insectes de Stuart Prebble
Éditions Denoël collection Suspense
2015 – 352 pages

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« La chambre des curiosités » de Douglas Preston & Lincoln Child

La chambre des curiositesC’est avec bonheur que j’ai enfin pu retrouver l’inspecteur Pendergast dans le troisième tome de sa saga, La chambre des curiosités, édité en 2002. Je lis ces roman à dose homéopathique, challenges aidant (le challenge ABC en l’occurrence ici), mais toujours avec plaisir ! Entre thriller, enquête policière et univers fantastiques qui frise toujours avec l’horreur, je me régale ! En plus ce tome tourne autour d’un concept que j’aime beaucoup, les cabinets de curiosités… tout pour me plaire !

Alors qu’une équipe d’ouvriers sur un chantier  détruit un vieux bâtiment à New-York, une cave secrète est mise à nue… Et dans ce souterrain l’horreur surgit : emmurés et mutilés au niveau du bas du dos, des dizaines de cadavres d’enfants et d’adolescents ont reposé là plus d’un siècle. Mais quel serial-killer de l’ère victorienne a bien pu commettre ces abominables crimes ? On ne le saura peut-être jamais : d’aussi anciens meurtres ne nécessitent pas d’enquêtes… pas plus que de fouilles archéologiques. Et un building flambant neuf recouvrira bientôt toutes les preuves.
Mais c’est sans compter avec l’inspecteur du FBI Pendergast, en mission personnelle spéciale ! Accompagné de sa nouvelle recrue débauchée au Museum d’Histoire Naturelle de New-York, l’archéologue Nora Kelly, il va mener sa propre enquête.
Mais bientôt le mystère va commencer à se dévoiler : un certain professeur Leng aurait commis ces crimes au 19ème siècle… Mais le plus étrange, c’est que de nos jours les mêmes crimes recommencent ! Serait-ce un copycat, un assassin qui copierait Leng ? Ou alors le professeur aurait survécu toutes ces années ?

Une fois de plus, notre héros enquête sur une série de meurtres en lien direct avec le Museum d’Histoire Naturelle de New-York (décidément !), et se remet en relation avec des membres de la profession des sciences et de l’histoire ! C’est ce mélange des genres qui me plait bien justement. On retrouve aussi le journaliste Smithback, toujours prêt à tout pour un scoop ! Le côté police et politique est peut-être moins présent que dans les tomes précédents, mais on les retrouve tout de même, toujours aussi mauvais… Bref, un schéma relativement classique, mais efficace !

Après un génial Relic et Le grenier des Enfers qui était un peu moins bon, je retrouve un roman comme j’aime, sympa à lire, un brin glauque, avec des surprises au fur et à mesure de l’enquête. Pas le roman du siècle en terme de suspense (peut-être dû à sa longueur, 700 pages), mais agréable.
Et là je remets les wagons dans l’ordre puisque j’avais déjà lu le quatrième volume, Les croassements de la nuit.
Donc je n’ai plus qu’une hâte, lire le cinquième tome, Le violon du Diable !

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« Raclée de Verts » de Caryl Férey

Raclée de vertsUn challenge qui se termine, le petit BAC 2014, et une dernière lecture choisie complètement au hasard… En effet, je ne suis vraiment pas dans les clous cette année en ce qui concerne les lecture de challenges… un peu à la bourre même.
Du coup, pour finir à l’heure, je me suis offert une virée chez Book Off afin de trouver un bouquin très court qui contiendrait dans son titre une couleur. Et peu importe le genre, l’auteur, les critiques… D’où Raclée de Verts !
Pour le coup, je crois que ça n’était pas une si bonne stratégie que ça :s

Michel est de l’espèce des supporters de foot… Mais pas de n’importe quelle équipe : de Saint-Etienne, sa ville, qui a fait vibrer des générations de fans de ballon rond ! Avec son chien Janvion, il suit les matchs à la télé. Et après le match, c’est l’heure de la troisième mi-temps ! Et là il s’adonne à son sport favori : le meurtre de femmes choisies dans la rue le matin même.
Mais les semaines et les crimes passants, Michel va perdre peu à peu les sens du goût, de l’odorat, du toucher… Où cela va-t-il le mener ?

Pas grand chose à dire sur ce livre décevant et chiant à lire. Je n’ai rien contre les histoires de serial-killer, mais là je n’ai pas aimé. L’histoire est sordide, pas réaliste du tout (que fait la police vu les traces que le tueur laisse ?).
Le pire je crois, c’est la métaphore filée autour du domaine du foot sur fond de lutte des classes et racisme ordinaire. Crasseux, comme le personnage… du coup on peut certainement dire que ce texte est une réussite. Mais ou est le plaisir, le suspense, l’humour… ? Zéro plaisir pour moi.

Aller, vite lu, vite fermé, vite chroniqué, vite oublié…
C’est dommage, car Caryl Férey a de l’avis général écrit quelques roman intéressants, comme Zulu, que je lirais bien à l’occasion.

Challenge petit bac 2014

« Blast, tome 4 : Pourvu que les bouddhistes se trompent » de Manu Larcenet

blast4Il n’y a pas à dire, Manu Larcenet est vraiment  un auteur phare de la BD française… peut-être mon préféré.
Le quatrième et dernier tome de sa série Blast clos parfaitement une histoire, qui n’a pas du être toujours simple à écrire et dessiner ! Mais pour la lectrice que je suis, ça a été un plaisir du début à la fin (voir mes avis sur les tomes précédents ici et ) !

Polza est toujours interrogé par les deux enquêteurs, suite à ce qu’il aurait fait à Carole.
Il leur raconte l’hiver qu’il a passé auprès de Carole et de son père Rolland, dans une ferme éloignée de tout.
Rolland est en conditionnelle et passe ses journées à faire des découpages et dessins pornographiques… il est donc tout à fait disposé à cacher son nouvel ami Polza, marginal tout juste évadé de l’hôpital ! Mais cette amitié va conduire ce gentil hurluberlu à arrêter son traitement… et devenir de plus en plus instable. Polza et Carole vont rapidement basculer dans la folie à vouloir protéger Rolland… et se protéger de ses crises !

L’avantage de ce dernier tome, c’est que Larcenet ne nous laisse pas en plan… Après la fin du récit de son voyage raconté par Polza, il arrive à amener intelligemment le point de vu des deux enquêteurs sur cette affaire, avec d’autres preuves à l’appui.
Comme il le dit si bien dans cette bande-dessinée, il faut se méfier des choses écrites, car elles ne donnent que le point de vu de celui qui tient le crayon. Un double avertissement pour nous, lecteur ? Si la vérité ne vient pas de Polza, ni des policiers… Elle doit peut être se trouver quelque part entre les deux ?

planche blast 4

Un dernier tome très réussi je trouve, tant au niveau scénario que dessins, et surtout toujours aussi puissant. J’adore le traitement expressionniste, de certaines cases, comme par exemple celle des collage de Rolland (voir ci-dessus), qui oscillent entre le trash et le ridicule. Inséré dans une planche en noir et blanc tout en ombres et lumières, c’est très surprenant !
L’histoire se clos comme il se doit, pas de déception comme c’est souvent le cas à la fin d’une saga… Mon objectif l’an prochain, relire les quatre à la suite pour voir ce que ça fait, si on voit plus de choses !

Au passage, je profite de cette lecture pour remplir l’objectif « verbe » pour le challenge Petit BAC 2014 !

Challenge petit bac 2014

« Prophecy, tome 1  » de Tetsuya Tsutsui

Prophecy tome 1Suite de mes lectures sponsorisées par La chèvre grise, avec un manga seinen que je voulais lire depuis très longtemps, Prophecy ! En 2012 on ne pouvait pas rater la sortie de ce titre à Paris : des affiches gigantesques dans les stations de métro, des extraits offerts dans les librairies… Mais bon, je n’avais pas pris le temps de l’acheter. Peur d’être déçue par cette sortie en fanfare, comme je l’ai été un peu par Doubt par exemple ?
Finalement j’ai découvert une histoire bien menée, à mi-chemin entre la SF et le thriller… De quoi m’inciter à courir dans la librairie la plus proche pour m’offrir les deux autres volumes de la série 😀

A Tokyo, pour lutter contre la cybercriminalité une section spéciale de la Police a été mise en place. Son rôle ? Traquer les criminels du Net, tels les super-téléchargeurs de logiciels et de vidéos… De vrais dangers pour les industries du loisir, mais représentant peu de risques pour la population…
Mais un jour sur un site de diffusion de vidéo, un homme au visage camouflé sous un masque en papier journal commence à faire de drôles de prédictions : il annonce les tabassages, viols, incendies… à l’encontre de citoyens qui ont fautés d’une manière ou une autre. Et le pire, c’est que le lendemain, ces prophéties se réalisent !
Qui est ce vengeur masqué à la morale plus ou moins douteuse ? Agit-il seul ? Pourquoi fait-il cela ? La section anti-cybercriminalité mettra-t-elle la main sur lui ?

Prophecy

On est plongé dans une enquête haletante, où on découvre tour à tour les avancées de la Police, puis la stratégie de Paperboy, l’homme masqué… Pour finalement découvrir les origines de son combat !
J’ai tout de suite accroché à cette histoire, qui commence par l’intervention musclée chez un geek qui télécharge illégalement des jeux vidéo. Moi qui suis farouchement contre la manière dont sont condamnés les pirates numériques de basse envergure, les lois à la Hadopi… Ça m’a tout de suite captée !
Les dessins sont vraiment pas mal et collent bien à l’histoire… Un très bon point donc.
Reste à voir comment cela va évoluer ensuite… et c’est souvent là que je commence à avoir peur :s
Mais comme je le disais plus haut, je n’ai qu’une hâte, me procurer les deux derniers tomes… Car bonne surprise, Prophecy est une série courte ! Trois épisodes, de quoi espérer que le scénario ne s’écroule pas sur lui-même en route !
Une bonne entrée pour le challenge Geek au passage, non ? 😉

challenge_geek2014

« Un Automne à River Falls » d’Alexis Aubenque

Un automne à River FallsPour commencer en beauté le challenge Petit BAC 2014, catégorie Moment / Temps, j’ai continué la série River Falls commencée il y a déjà 2 ans ! Un Automne à River Falls est le second roman de cette saga de romans policier /thriller, que je viens de terminer après le premier opus 7 jours à River Falls et le troisième Un Noël à River Falls.
Pour être tout à fait honnête je ne me souvenais pas de l’histoire des deux autres livres… Et même si j’ai passé un bon moment dans l’état de Washington avec le shérif Logan et la profileuse Hurley, je ne suis pas sûre que ce roman me laisse un souvenir impérissable !

A River Falls, en septembre, le corps d’un riche avocat est retrouvé sans vie dans sa baignoire, un sèche-cheveux à ses côtés. Un banal accident ou un suicide ? A moins qu’il s’agisse d’un meurtre comme le supposent très vite le shérif de la ville Logan, sa petite amie et profileuse du FBI Hurley et leurs équipes. Au même moment, un autres cadavre est retrouvé dans la rivière cette fois : un inconnu, roué de coup… Y aurait-il un rapport entre ces deux morts ?
Loin de tout cela, deux frères jumeaux débutent leurs études à l’université de River Falls, tout droit venus de Seattle : Kyle le beau gosse sportif, et Stuart le petit gros timide… Mais personne ne sait qu’ils sont de la même famille. Quel secret cachent-ils ?

Si le début du roman est assez classique avec son enchaînement de cadavre et une enquête semée de fausses pistes et d’embûches, le dernier quart est assez palpitant.
Le gros intérêt de ce roman est l’imbrication des deux histoires : l’enquête de Logan et de son équipe, et la vie de Kyle et de Stuart sur le campus. On se doute bien que les deux récits vont finir par se croiser, mais comment, voilà toute la question !
Les personnages principaux Logan et Hurley sont extrêmement stéréotypés, de vraies caricatures de série TV américaines ! Logan en bon shérif à la mode US est impulsif et colérique, mais est courageux et a un grand sens de la justice. Hurley est plus posée, plus maline, et voit toujours les choses sous un angle plus empathique que son conjoint… Leur histoire d’amour n’apporte pas grand chose à l’histoire de moins point de vu, si ce n’est rajouter un peu de tension dans leurs oppositions professionnelles.
Les personnages secondaires comme Kyle et Stuart m’ont bien plu… Un peu clichés aussi, mais plus sympathiques que les flics ! Stuart, le vilain petit canard est handicapé par son embonpoint et manque d’assurance. On va découvrir comment il va s’en sortir à la fac, en ralliant une fraternité, en faisant ami-ami avec la plus belle fille de l’université, en prenant ses premières cuites, … Assez mignon 😉

Un roman sympathique et pas désagréable, sans être le roman du siècle… J’ai passé un bon moment, c’est bien là le principal !

Challenge petit bac 2014

« American psycho » de Bret Easton Ellis

American PsychoJe me suis fait vraiment violence pour me replonger dans ce roman acheté à l’époque du franc (l’étiquette indiquant le prix dur la quatrième de couverture le prouve… 49,40F) et abandonné au bout de 30 pages… Presque 15 ans plus tard, après des années à me dire régulièrement qu’il faudrait bien que je lise ce monument de la littérature américaine, j’ai décidé de profiter du challenge ABC pour enfin le lire !

A 26 ans Patrick Bateman a tout du golden boy des années 80 : des costumes de grands couturiers, des cartes de visites très chics, une collections de produits de beauté anti-âges décadente, ses entrées dans tous les bars et restaurants hype de New-York, un métiers dans une entreprise cotée de Wall Street, une admiration sans borne pour Donald Trump… Sa vie n’est que luxe, luxure, entraînements au club de gym, coke, alcool, fête et un peu de travail pour la forme. Que ce soit lui ou ses amis, tout est dans l’apparence : on flambe, on ne discute surtout pas de sujets de fond… Comme pour exorciser cela, Patrick à une passion qui le dévore peu à peu : torturer et tuer.

Mon avis est assez mitigé je dois dire… Je comprend que lors de sa sortie en 1991 ce roman à fait scandale et est devenu de fait un best-seller. Mais aujourd’hui, je trouve qu’il a un peu vieillit malgré la plume élégante de son auteur.

En positif, forcément, l’écriturej’ai aimé le style de Bret Easton Ellis. Même si le concept du livre veut que ce soit répétitif, axé sur la description, parfois lourd… La plume de l’auteur rend tout ça compréhensible, et nous plonge dans la folie de son personnage de manière intelligente. Malheureusement avec la traduction on doit perdre énormément des jeux de mots et allitérations qu’on devine au détour des méandres des pensée de Patrick Bateman… De plus il est a noté de nombreuses coquilles dans cette édition du roman.
La plongé dans l’esprit pervers et complètement dérangé du héros est aussi intéressante, car sa monomanie est assez amusante à la longue. Le coup de la sueur froide devant les cartes de visites de diverses nuances de blanc est une référence en terme de blagues au boulot, une private joke entre « ceux qui connaissent » via le film ou le livre.
Le personnage en lui même, ainsi que son entourage, est encore plus écœurant que les crimes les plus outrageants de Bateman : s’amuser des larmes des clochards en leurs faisant miroiter des billet d’un dollar, traiter les femmes comme des jouets sans cervelles (et de fait, elle n’en on vraiment pas dans le livre), considérer la classe populaire comme de la merde… Une population nombriliste qu’on est bien content d’avoir disparaître ces dernières années (en tout cas on les montre moins comme des exemples de réussite).

Les petit moins… l’ennui et la monotonie, qui est je pense voulue par l’auteur. Des descriptions sans fin de ce que portent tels ou tels personnages, à coup de marques de luxe (que je ne connais pas), ou encore le portrait par le menu des fonctionnalité de la meilleure chaîne Hi-Fi… et pour tout c’est comme ça. Sur le même ton, le rapport détaillé de ses parties de jambes en l’air, suivies de séances de tortures et de meurtres. On comprend bien comme ça que Bateman est un sacré sociopathe, mais à la longue on s’emmerde un peu quand même :-/
Et puis le fait qu’il me semble très surestimé aussi ce roman. Mais cela peut venir à mon avis de plusieurs choses.
D’abord que j’ai vu le film à sa sortie au cinéma… du coup je me souvenais un peu de la fin, beaucoup plus claire que dans le livre, et du coup la chute de cette histoire tombe un peu à plat.
Et aussi parce que beaucoup de gens autour de moi font l’éloge de ce livre en mode intello fans de psycho, bardé de petit commentaires sur les scènes de cul ou les moment gores « trop dégueulasses » dont les images seraient indélébiles… Bof :s
Comme me le disait Petite Fleur, on est peut être plus insensibilisés à ce genre d’images que dans le début des années 90, après des décennies de thriller reprenant cette recette… Mais ces scènes sont assez aseptisées finalement et m’ont assez peu marquées.

Je ne peux pas dire que je n’ai pas aimé, mais j’ai un petit arrière goût amer de déception tout de même… Je n’ai pas eu la « claque » que certains ont reçu en le lisant. Enfin au moins, cette fois, je l’ai ouvert et terminé !

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