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« Jésus Vidéo » d’Andreas Eschbach

Voilà un livre qui était dans ma PAL depuis un sacré moment… Pensez ! Un récit qui traite de voyage dans le temps et décryptage de mystère autour de Jésus… Tout ce que j’aime !
J’ai donc assez peu hésité en voyant ce titre disponible en livre audio sur Audible.

Fin des années 90, sur un site de fouille dans le désert israélien… Une découverte sensationnelle est faite par un jeune homme, Stephen Foxx : près d’un squelette antique, il retrouve une pochette en plastique dans laquelle se trouve la notice d’un caméscope Sony qui n’est pas encore sorti sur le marché.
Bientôt le directeur des fouille et un magnat de l’information, aidés d’un écrivain en science-fiction, montent une hypothèse incroyable : les ossements retrouvés seraient ceux d’un voyageur temporel qui aurait remonté le temps jusqu’au 1er siècle pour filmer Jésus Christ !
Mais de son côté Stephen n’a pas dit son dernier mot et aidé de Judith et Joshua, deux jeunes archéologues, il va chercher lui aussi la caméra… si elle existe réellement !

Voilà début prometteur pour un roman de science-fiction teinté d’analyses historiques… Mais ici le voyage dans le temps est finalement un prétexte pour un roman d’aventure teinté de thriller. Mais tout de même, l’auteur ne reste pas sur une seule théorie expliquant cette bizarrerie dans l’espace temps, et on peut s’amuser avec les personnages à déterminer pourquoi et comment ce voyageur en est arrivé la….
Ce qui est assez dommage, c’est que les personnages sont assez peu attachants. Nous suivons la chasse au trésors de deux loups au dents longues : Stephen Foxx le jeune cabot américain qui ressemble comme deux gouttes d’eau à Marc Zuckerberg (10 ans avant, bravo), et John Kaun, le même mais en beaucoup plus vieux et beaucoup plus riche, dont la ressemblance avec Trump est à peine déguisée à travers les lignes du roman.
Bref, un roman trop lié à son époque : des vrais winners à l’américaine, des technologies très présente mais désuètes aujourd’hui, des ficelles de théories du complots avec au centre le Vatican… ça a un côté grosses ficelles 20 ans après sa parution.

J’ai trouvé l’histoire assez moyenne malgré le concept de base… heureusement les multiples rebondissements à la fin du roman donneraient presque envie de lire la suite, L’affaire Jésus. Dommage, j’avais adoré Des milliards de tapis de cheveux du même auteur…

Bref, un roman pas désagréable à lire mais pas essentiel, qui me permet de cocher une case dans le Challenge ABC.

 

« Le violon du diable » de Douglas Preston et Lincoln Child

Ça faisait un bon moment que je n’avais pas lu un roman de la série des Pendergast… et je l’avais quasiment oublié pour tout dire. Alors que je cherche mon premier roman Audible dans la bibliothèque de l’appli, je tombe presque directement sur Le violon du Diable, le 5 tome de la saga ! C’est un signe : il sera mon premier livre audio !

Southampton, état de New-York, au début des années 2000. Le corps sans vie d’un critique d’art, Jeremy Grove, est retrouvé dans sa luxueuse maison. Tout cela pourrait paraître anodin, si le corps de l’homme n’avait pas été retrouvé brulé, alors que le reste de la pièce est intact et qu’elle est fermée de l’intérieur. Au sol, une empreinte de pied fourchu semble avoir marqué de parquet… et c’est sans compter l’odeur de souffre qui empeste la pièce.
Lorsqu’un second corps assassiné selon le même procédé est découvert à New-York, le doute commence à s’insinuer dans l’esprit de la population. Est-ce que le Diable est à l’œuvre dans cette histoire ?
Qui peut-être l’assassin, et surtout comment a-t-il procédé ? C’est ce que Pendergast et le sergent D’Agosta vont essayer de découvrir, dans un voyage qui les mènera de New-York jusqu’à la région de Florence en Italie, où les légendes et les superstitions prennent corps devant leurs yeux…

C’est le sergent D’Agosta de retour du Canada que nous retrouvons sur cette enquête, lui que nous avions déjà croisé sur les deux premières enquête new-yorkaise de Pendergast, Relic et Le grenier des enfers.
Pendergast est égal à lui-même : en tant qu’électron libre du FBI, il mène son enquête comme bon lui chante, enfreignant parfois les lois, mais toute en souplesse et avec le meilleur des goût.

Une suite de la saga agréable, même si ça n’est pas le meilleur opus selon moi. En revanche il donne une ouverture vers de nouvelles aventures que j’espère palpitantes, ce qui me donne très envie de lire la suite. Je pense pouvoir vous dire sans spoiler que Pendergast a un frère maléfique, qui va sûrement faire parler de lui bientôt. Chouette 🙂

Et cette première expérience de livre audio, me direz vous. C’est en échangeant avec Mickael sur le sujet que je me dit que je ratais peut-être quelque chose en n’ayant pas encore tenté d’écouter des livre, plutôt que de les lire. Les avantages sont multiples : possibilité de « lire » dans les transports en commun bondés, sur le chemin du boulot, ou encore pour s’endormir le soir, en mode « raconte moi une histoire »… Quelques inconvénient aussi forcément : il faut être concentré, ce qui n’est pas toujours facile dans la rue quand on essaye d’éviter les voitures. Du coup, la fonction de retour en arrière est bien pratique… mais impossible de scanner visuellement le livre pour retrouver le passage où on a lâché, ce qui rend la tâche parfois fastidieuse. Mais j’ai quand même bien accroché, et je vais continuer mon test avec mon nouvel abonnement Audible. Du coup j’ai le droit à un livre par mois… ce qui est suffisant avec les partenariats à côté !

A noter que cette lecture compte pour le challenge ABC, Nanet dans sa grande bonté autorise les livre audio 🙂

« Que le diable soit avec nous » d’Ania Ahlborn

Que le diable soit avec nousPetite virée en enfer, loin des chaudrons du Diable et des souterrains enflammés, mais dans un coin paumé des Etats-Unis au milieu de bois… Un décors parfait pour une histoire d’horreur, n’est-ce pas ? Voilà mon choix pour le partenariat Denoël du mois de février, un voyage dans le monde de la terreur, remplis de coins sombres et de monstres dans les placards.

Steve vit avec sa famille dans une petite ville d’Oregon, Deer Valley. Steve n’a pas la côte auprès des autres enfants d’une dizaine d’années : il bégaye, il a les idées confuses, et pour ne rien arranger il lui arrive d’avoir des hallucinations et a deux doigts en moins à une de ses main. Et côté familial ça n’est pas la joie : son père les a abandonnés, son beau-père, Le Tyran, lui mène la vie dure, son ado de frère l’évite comme la peste et sa mère fait ce qu’elle peut pour le considérer comme un enfant normal… Heureusement, il a un meilleur ami, qui se trouve être son cousin et voisin, Jude ! Ensemble ils passent des heures à construire une cabane dans les bois, pendant les vacances d’été.
Mais un jour, le malheur frappe tante Mandy et le reste de la famille : Jude a disparu ! Fan d’enquêtes policières et ne pouvant pas vivre sans son ami, Steve va tout faire pour le retrouver… mais les pistes qu’il découvre laissent présager le pire. Est-ce que Jude aurait été dans les bois travailler sur la cabane sans lui ? A moins qu’il ne se soit trop approché de cette maison abandonnée près de la route des bucherons ?
Mais le plus étrange, c’est lorsque quelques jours plus tard, Jude réapparait, l’air de rien… Mais Stevie n’est pas dupe, quelque chose en Jude a changé. Que lui est-il arrivé pendant son absence ?

Voilà un bon roman d’horreur classique, mais bien construit et efficace. Nous voyons l’histoire se dérouler via le regard de Steve, jeune garçon schizophrène… ce qui laisse parfois planer un doute sur la véracité de ce qu’il dit et ce qu’il voit. Est-ce que Jude a vraiment changé ? A-t-il vraiment vu un monstre près de la maison abandonnée, se déplacer dans l’ombre et le poursuivre jusqu’à la ville ?
La seconde partie du roman introduit Rosie, qui justement a vécu dans cette maison… Et l’imbrication des deux histoires laisse apparaitre ce qui est arrivé à Jude.
Le gros intérêt de cette histoire, c’est le flirte entre le thriller psychologique et le fantastique. La frontière entre la folie et le paranormal est ici suffisamment floue pour laisser libre cours à notre imagination et notre interprétation de l’histoire.

Je vois aussi dans ce roman une sorte d’hommage aux lectures d’horreur et fantastiques classiques… On n’est pas loin de Stephen King avec ses personnages assez archétypaux : le beau-père violent et odieux, les gamins à la sortie de l’enfance, le vieil homme sympa et mystérieux comme Ras, le propriétaire de la maison d’hôte où Rosie vient se ressourcer dans sa jeunesse, avant de s’apercevoir qu’elle est enceinte. D’ailleurs le personnage de Rosie me fait naturellement penser à un autre personnage féminin : Rosemary, du roman quasi-éponyme d’Ira Levin. Et quand on sait comment se termine sa maternité… Je ne dirais rien de plus !
Il pose aussi la question de la monstruosité et de la normalité… Jusqu’où une mère est prête à fermer les yeux par amour pour sa progéniture ?

Bref, un bon roman pour les amateurs du genre, qui me permet au passage de valider la lettre A du challenge ABC 2018 !

abc2018

Que le diable soit avec nous  d’Ania Ahlborn
Traduit de l’anglais par Samuel Sfez
Editions Denoël  Sueurs Froides – 352 pages
Paru le 8 février 2018

« Les garcons de l’été » de Rebecca Lighieri

Les garçons de l'étéPour le partenariat Folio, je me suis laissée tentée par une épreuve non corrigée… Lire un roman bien avant sa sortie officielle, c’est un petit plaisir non négligeable 😉
Comme cela m’arrive parfois, je choisi ce livre sans trop savoir de quoi il en retourne. Et bien, je pense qu’on se trouve ici devant un roman qui ne laissera personne indifférent…

Thadée et Zachée sont deux frères beaux comme des dieux, jeunes, grands, blonds et fans de surf. Alors qu’ils sont à La Réunion à pratiquer leur sport favori, Thadée se fait mordre par un requin à la jambe. Désormais amputé, il sombre dans la déprime la plus profonde, embarquant dans son désespoir toute sa famille. En effet, son accident devient le révélateur de toute l’horreur qui se cache sous les traits d’une famille modèle.

Et bien voilà une lecture ardue pour moi… à plusieurs moment, surtout dans le premier tiers, je me suis demandée si je n’allais pas arrêter. Ca n’était peut-être pas le moment pour moi… je ne sais pas.
Le fait est que j’ai trouvé que les personnages majoritairement antipathiques, et comme l’histoire se déroule sous forme de chapitres où chacun des protagonistes devient le narrateur, on a leur point de vu tour à tour à tour. Et vu le fiel qui se déverse entre les lignes, on a l’impression que l’auteur a des comptes à régler avec les familles bourgeoises des Pays Basques…
Du coup avec certains personnages c’était assez insupportable à lire… La mère par exemple, à qui on a envie de mettre de claque à la fin de chaque paragraphe… Ou encore la petite amie de Zachée, Cyndie, qui ne peut pas s’empêcher de partir dans des « chéris d’amour » au début de chaque phrase sur certains chapitres. Et je ne parle pas des références au monde du surf, qui sont très loin de me faire rêver…
Si l’histoire en elle même est tout de même interessante et digne d’un roman noir, le traitement peut fatiguer : comme on est dans la tête des différents narrateurs, on a énormément se digressions. Soit, elles permettent de dresser un tableau psychologique des personnages… mais cela devient parfois lassant.

Sur la fin on flirte presque avec le conte… dont la moralité m’a laissée perplexe. D’ailleurs je pense que l’intention de l’auteur est à peine voilé de se réapproprier le recette des mythes pour en créer un aux saveurs plus moderne.

Bref, je ne suis pas certaine de l’apprécier, même si j’admet que sa construction est intéressante et fonctionne bien : la famille bourgeoise modèle cache finalement une face monstrueuse… ou pire, « normale ».

Merci Folio… et une lecture de plus pour le challenge ABC !

abc2018

« Psycho Killer » d’Anonyme

Psycho Killer Retour dans l’univers du Bourbon Kid… mais sans le Bourbon Kid, pour une lecture plus que jamais emprunte de films de Série B. Un moment jubilatoire et sans prise de tête, comme le fait si bien l’auteur mystérieux de cette série de roman.

Dans la petite ville de B Movie Hell, un tueur portant un masque de tête de mort ornée d’une crête sème la terreur. Ses meurtres sont aussi violents qu’inattendus… La police locale le traque, et le magnat de la ville offre une belle récompense pour sa capture, mort ou vif.
Côté FBI, Milena Fonseca et Jack Munson sont mandatés en mission secrète pour enquêter sur cette affaire, qui aurait un lien avec des expériences menées pour créer une armée de soldats parfaits… Jack, alcoolique et désabusé n’a pas travaillé depuis longtemps, mais il est le seul qui puisse arrêter le tueur, grâce à ses méthodes peu conventionnelles…

Du sang, de la violence, des têtes coupées sur fond scato et sexy. Une vraie bouffée d’air frais pleine d’humour et de références des années 80 et 90, autant dans le monde des slasher movies que des films d’action ou des comédies romantiques.
J’ai retrouvé le style de l’auteur de la série des Bourbon Kid avec bonheur… et finalement c’est pas mal de lire quelques chose du même genre dans un autre univers, en changeant un peu de personnages.
Le Psycho Killer malgré ses travers est un personnage plutôt sympathique, comme le Bourbon Kid avant lui.

J’ai hâte de lire la suite qui à priori est un croisement du Bourbon Kid et de Psycho Killer : Le pape, le kid et l’iroquois !

Au passage, cette lecture me permet de valider la lettre X du challenge ABC 2017.

abclogoshadow

 

« Irezumi » d’Akimitsu Takagi

IrezumiUn nouveau roman paru chez Denoël pour cette chronique : Irezumi d’Akimitsu Takagi. Ce roman policier m’a fait voyager dans le Tokyo d’après guerre, et m’a permis de découvrir l’univers du tatouage dit « Irezumi ».

Kenzo, 29 ans, est étudiant en médecine légale. Un peu par hasard, il assiste à un concours de tatouages, où il rencontre la magnifique Kinué, qui remporte le premier prix grâce à son Orochimaru, le tatouage du serpent…
Quelques jours plus tard, Kenzo et son ancien professeur le Dr Hayakawa, un collectionneur de tatouages, se rendent chez Kinué… Ils retrouveront les membres  de la jeune femme dans sa salle de bain, fermée de l’intérieur.
Commence alors une enquête sur ce meurtre de l’impossible : où est passé le buste de Kinué ? Comment le reste de son corps a pu se retrouver enfermé dans une pièce sans autres issue ? Que faisait le collectionneur de tatouage à ce rendez-vous ? Kenzo va prêter main forte à son frère, l’inspecteur Eiichirô, pour venger la mort de celle qu’il n’a aimé qu’une nuit…

À lire ce livre, on a l’impression d’être devant l’ancêtre de mangas de type thriller psychologique (Death Note, Monster…). L’enquête ressemble à une grande partie d’échec, comme on le voit dans pas mal de fiction contemporaine. Et oui, ce livre date tout de même de 1951, et n’a pas tant vieilli que ça.
Autre truc intéressant, d’un point de vu culturel, la manière dont est perçu les tatouage chez le japonais. Dans ce roman, tout comme aujourd’hui, c’est le signe qu’arborent les yakuzas (les mafiosos locaux) ou les femmes de mauvaise vie. D’ailleurs dans les années 40-50 les tatoueurs étaient recherchés par la police… Un roman de cette période qui tourne autour des tatouage à finalement quelque chose de déviant !

La première moitié du roman est sympa mais sans plus… il faut attendre l’arrivée du petit génie Kyosuke Kamizu pour que la machine s’emballe un peu. C’est ce personnage, qui ressemble à L de Death Note je trouve, qui va comprendre les tenants et aboutissants du crime. Il mettra ensuite en place des pièges pour mettre l’assassin devant ses méfaits. 

Une lecture sympathique pour mes vacances, qui m’a donné envie de retourner au Japon ! Pas de me faire tatouer encore… mais qui sait 😉

Irezumi d’Akimitsu Takagi
Traduit par Mathilde Tamae-Bouhon
Editions Denoël, collection Sueurs Froides – 304 pages
Paru le 3 octobre 2016

« La fille en rouge » de Kate Hamer

la-fille-en-rougePetite incursion hors du domaine du fantastique pour le partenariat Denoël du mois de septembre : avec « La fille en rouge », premier roman de l’écrivaine anglaise Kate Hamer, on est dans la triste réalité… le kidnapping d’un enfant.

Dans une ville du Norfolk, Beth élève seule sa fille de 8 ans, Carmel, après un divorce mal vécu avec Paul.
Alors qu’elles se promènent dans un festival, Beth perd Carmel dans la foule… Panique ! Après des heures de recherche avec les organisateurs, la police… Ils ne retrouvent pas la petite fille, qui semble s’être évaporée.
Carmel a été kidnappé par un vieil homme, qui lui annonce qu’il est son grand-père, et que sa mère a été hospitalisée. Bouleversée, Carmel le suit sans faire d’histoire…
Que lui veut cet homme, qui la considère comme un ange tombé du ciel ?
Combien de temps va-t-il la détenir ?

J’avais assez peur en débutant cette lecture, surtout en m’apercevant que le récit était traité en mode « regards croisés ». L’histoire est racontée par la mère Beth, et la fille Carmel. Je craignais que le roman soit violent, glauque et sale… Mais fort heureusement il ne l’est pas.
On se prend vite dans cette lecture, et on espère que la mère et la fille seront vite réunies.  A chaque indice dévoilé du côté de la mère, on a envie de lui hurler de creuser dans ce sens… Mais c’est surtout du côté de Carmel qu’on a envie de secouer les choses, de lui intimer l’ordre de s’enfuir, de cherche de l’aide, même si on comprend bien que de son point de vu, son ravisseur semble être la seule famille qu’il lui reste.
Le roman décrit bien comment un enfant peut être manipulé, juste pour qu’il n’ait pas l’impression de se retrouver seul et abandonné…

Bref, un bon moment de lecture, même si je n’ai pas totalement accroché à la plume de l’auteure quand elle fait parler la mère. Enfin, c’est un détail, car ce roman est vraiment pas mal, et je vois déjà à qui je vais pouvoir le conseiller 😉
Et bien entendu, merci à Denoël !

La fille en rouge de Kate Hamer
Traduit par Pierre Ménard
Editions Denoël, collection Suspense – 432 pages
Paru le 8 septembre 2016

« Les Mortes-Eaux » d’Andrew Michael Hurley

mortes-eauxAu hasard des lectures des partenariats, on découvre des petites perlesLes Mortes-Eaux, premier roman d’Andrew Michael Hurley publié en 2014, en fait partie. J’ai adoré l’ambiance sombre de la campagne anglaise qui hante ces pages, totalement intemporelle, où on se doute que tout peut arriver.

En 1973, une petite congrégation de Saint Jude’s à Londres part pour plusieurs jours en pèlerinage pascal. Direction une vieille maison en pleine campagne, sur les côtes anglaises du Lancashire, au Loney.
Ces quelques jours entre eux ont entre autre pour objectif de guérir par la prière Andrew, le fils des Smith handicapé mental et muet… Cette année, contrairement aux précédentes, ils espèrent bien y arriver en l’emmenant au « Lieu Saint ». Mais leur but est aussi de se recueillir autour de la mort du père Wilfried, décédé quelques mois plus tôt dans des conditions obscures. Lui qui les avaient accompagnés dans leurs foi pendant des dizaines d’années aurait certainement aimé les savoir encore ensemble, dans cette demeure fouettée par la pluie et le vent.
Mais cette fois-ci, c’est sans compter sur la présence envahissante des villageois… et de l’ambiance plus que lugubre qui hante les lieux.

Atmosphère gothique et pesante au rendez-vous dans ce roman qui flirte, mine de rien, avec le monde fantastique.
L’approche à la première personne -le roman étant rédigé par le frère d’Andrew- est très bien vue. Dès le début on sait que le dernier pèlerinage à confronté la congrégation à une situation étrange. J’ai imaginé lesquelles, sans trop me tromper… mais c’est tout de même avec délectation que j’ai découvert la vérité !
Ce que j’ai apprécié dans ce roman, c’est que la religion catholique telle qu’elle y est pratiquée oscille entre Dieu et Diable… voir avec des rites païen et légendes locales… Une sorcière aurait vécue pas loin d’ici. Mais un Lieu Saint, où une eau miraculeuse jaillit, se trouve aussi dans les parages.
Cette tension permanente dans la croyance se retrouve dans les dogmes imposés par le père Wilfried, très friand de punition humaine et divine, et par la mère des enfants, Momon, dont la pratique du culte vire à la manie et à la superstition. Bien et Mal se croisent, jusqu’à ne faire plus qu’un.

coup de coeurUne super découverte qui mérite bien un coup de cœur ! Le livre va commencer dès aujourd’hui son petit tour de prêt auprès de mes proches 🙂
Merci Denoël pour ce partenariat !
Au passage, j’inscris ce roman dans le challenge ABC des littératures de l’imaginaire.

Les Mortes-Eaux d’Andrew Michael Hurley
Traduit par Santiago Artozqui
Editions Denoël, collection Gothic – 384 pages
Paru le 2 mai 2016

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« Les Brillants » de Marcus Sakey

Les brillantsPour la sélection Folio du mois dernier, je me suis laissé tenter par Les Brillants, de Marcus Sakey, présenté comme le croisement entre la série Heroes et des X-Men. Chouette, j’adore les super-héros ! Il n’en fallait pas plus pour me donner envie de lire ce livre ! Je suis passé outre le fait qu’il soit édité dans la catégorie Policier chez Folio… et non en Science-Fiction. Pour tout dire, ce livre me laisse un peu un goût amer… un peu dystopique, un peu policier, beaucoup thriller

Dans un monde qui pourrait être le nôtre, les brillants, ou « anormaux », sont des êtres-humains ayant le potentiel d’Albert Einstein, dans des disciplines variées : stratégie, lecture de schémas corporels, anticipation de trajectoires… Ces génies peuvent donc facilement devenir des maîtres de guerre, de fins psychologue lisant dans les pensées, ou des passes-murailles. Depuis les années 80, 1% de la population qui naît est composée d’anormaux.
L’agent fédéral Nick Cooper, lui-même anormal, travaille dans un service qui a pour objectif de contrôler cette minorité. En effet, des terroristes anormaux, menés par John Smith, sèment le chaos, liguant normaux et anormaux les uns contre les autres. Mais c’est quand celui-ci fait sauter la place du marché mondial, et 1000 civils innocents, que l’affaire va prendre une autre tournure pour Cooper.
Pour arrêter ce monstre, Cooper doit abandonner son statut d’agent fédéral, et infiltrer le réseau terroriste en se faisant passer pour l’un d’eux…
Mais quelle vérité découvrira-t-il lors de sa traque ?

Bon, il faut l’avouer, je ne suis pas une grande fan de roman de ce genre : action, pseudo-enquête, infiltration et espionnage… je pensais que le côté science-fiction prendrait le pas, mais non, pas vraiment. Les pouvoirs des « anormaux » sont un peu trop réalistes : finalement ce ne sont que des génies (ok, c’est déjà ça…). Pas de mecs qui tirent des lasers avec ses yeux ou qui arrête le temps ici.
On voit un peu comment a tournée la société grâce (ou à cause) des anormaux : des avancées technologiques incroyables, un monde sans guerre de religions mais en pleine guerre de castes… Intéressant, mais trop léger pour vraiment m’accrocher.

En ce qui concerne le style, je n’ai vraiment pas été conquise. Pas d’humour ni de second degré… C’est du sérieux ! Entre action et drame, peu de place pour la légèreté ! Mais malgré ça je n’ai pas ressenti l’excitation ou le suspense entre les lignes.

A vouloir faire trop réaliste, sans tomber dans le sordide des romans noirs, l’auteur a créé des personnages sans saveur… Son héros, Cooper, est vraiment trop lisse : bon père de famille divorcé, mais encore proche de son ex-femme, qui est loyal à sa hiérarchie, prêt à se sacrifier pour une cause, un super combattant, intelligent, sensible… Tout pour plaire… ou exaspérer !

Bref, je ne lirais pas le tome 2 de cette série… et oui, un seul roman ne suffisait pas !
Je me suis ennuyée ferme… Après il faut avouer que je ne suis vraiment pas une adepte des roman policier / action… D’autres trouveront peut-être leur compte ? A priori oui vu les commentaires élogieux sur d’autres sites 😉

Enfin cette lecture me permet tout de même d’avancer dans le challenge ABC des Littératures de l’imaginaire !

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« Méthode 15-33 » de Shannon Kirk

Méthode 15-33Rarement avant de lire un roman je n’avais eu une mise en bouche pareille ! Durant trois semaines, j’ai reçu dans ma boite au lettres des courriers étranges, provenant du FBI ou signés par une jeune fille captive… Une lecture plus attentionnée m’a mise sur la piste des Éditions Denoël, et de la parution à venir d’un thriller américain, Method 15-33. Ça c’est du teaser ! Je n’en pouvais plus d’attendre, et la semaine dernière j’ai enfin reçu le dernier courrier… ainsi que le roman tant attendu ! Je me suis jetée dessus. L’attente valait le coup, ce livre est un vrai page-turner !

Une jeune fille de 16 ans enceinte est kidnappée et se retrouve séquestrée. Ses ravisseurs veulent lui voler son bébé à naître pour le vendre. Loin d’être terrifiée, Lisa met au point un plan d’évasion. Elle a du temps et des nerfs d’acier… Plus quelques items glanés au cours de sa détention. Et elle compte bien mettre son plan à exécution pour se sauver elle et son bébé, mais aussi se venger !

Un fille sans empathie, voire sociopathe, doublée d’une génie des sciences, qui décide non seulement de prendre sa libération en main mais en plus de se venger, voilà un personnage qui me plait ! On se demande comment Lisa va se sauver avec le peu d’objets qu’elle récupère… Surtout lorsque, cerise sur la gâteau de la communication de Denoël, j’ai reçu le jour où j’ai commencé ma lecture une trousse remplies des items qui vont servir à Lisa : des punaises, de la laine, un taille crayon… Difficile de deviner comment elle les utilisera !

Cette petite catharsis est agréable il faut bien l’avouer. On regrette presque qu’elle n’aille pas encore plus loin ! En tout cas on est vite pris dans le récit, qui alterne les points de vue de Lisa et de Roger Liu, un agent du FBI qui enquête sur la disparition de filles enceintes. Son coéquipier Lola m’a assez plue : elle mange comme cinq, est assez « nature » et est douée d’un flair -au sens littéral- exceptionnel. Apres ça reste un thriller assez simple dans la psychologie des personnages et dans la structure du récit, mais il est tout de même efficace.

Bref, un récit dynamique, une histoire pas désagréable, des personnages intéressants, et surtout l’attente de savoir ce qui se passe dans les dernières pages ! Une réussite dans le genre, que je ne serais pas étonnée de voir sortir en film dans pas longtemps.

Méthode 15-33 de Shannon Kirk
Traduit par Laurent Barucq
Éditions Denoël Sueurs Froides – 304
A paraître le 11 février 2016