Mots-clé : space opera

« Braises de guerre » de Gareth L. Powell

Il y a peu de livre que j’ai mis autant de temps à lire… pas loin de 5 mois ! Et oui, ce roman était mon choix pour le partenariat d’avril de Denoël. Désolée du coup, Denoël…
Et pourtant ce récit de science-fiction n’est pas difficile d’accès en soi et m’a bien plu finalement ! Mais bon, parfois ça ne veut pas… Fatigue, transports en communs bondés, vacances qui s’intercalent. Braises de guerre n’a pas eu de chance avec moi, mais ça serait injuste de se dire qu’il est de piètre qualité à cause de conditions non bénéfiques à la lecture !

Dans l’espace intersidérale un équipage de récupération se fait un devoir de sauver tous les bâtiments naufragés afin de sauver un maximum de vies humaines ou extra-terrestres, quelque soient leurs factions. Cet équipage est commandé par la capitaine Sal Konstanz… mais le vrai catalyseur qui lie ces quelques membres est le vaisseau même, Le Chien à Problème. Ancien croiseur militaire doté d’une intelligence artificielle et d’un avatar féminin, Le Chien est écœuré par la violence de la guerre et cherche comme Sal Konstanz et le reste de l’équipe à racheter des fautes passées en sauvant des vies.
Leur prochaine mission consiste à porter secours a un vaisseau écrasé sur un objet spatial et à récupérer coûte que coûte Ona Sudak, une poétesse qui voyageait à son bord.
Bizarre, tous ces vaisseaux qui ont des avaries en ce moment… Et surtout, pourquoi le commandement veut spécialement récupérer une poétesse ?

Donc malgré des débuts laborieux, l’abandon de la lecture pendant plusieurs semaines, je me suis replongée dans cette histoire et je l’ai terminée avec plaisir. Le côté space opéra passe pas mal, la politique de l’univers est simple à comprendre – deux factions qui se sont affrontées et vivent maintenant une paix précaire – et les motivations des personnages sont simples mais efficaces.
Le personnage le plus sympa est bien entendu le vaisseau, Le Chien à Problème. Initialement elle faisait partie d’une « meute » de croiseurs de guerre, dont les intelligences artificielles ont été conçues à partir de racines canines et humaines. Contrairement aux autres vaisseaux de la meute, Le Chien a mal vécu un épisode sanglant de la guerre et souhaite avant tout se racheter. Si ce personnage est très sympa par son côté spontané et un peu bourrin, je trouve dommage qu’il ait fallut la doter d’un avatar humain pour communiquer avec les membres de l’équipage… même si je vois bien tous les avantages que cela procure pour scénariser le récit.

Une très bonne lecture donc, qui je viens de le constater, est la première partie d’une saga à venir. A voir ce que ça donnera sur la longueur, mais ce début est plutôt prometteur !

Bien entendu ce livre fait parti de ma liste pour le Challenge ABC !

Braises de guerre de Gareth L. Powell
Traduit de l’anglais par Mathieu Prioux
Editions Denoël – Collection Lune d’Encre – 400 pages
Paru le 1er mars 2019


« Les opéras de l’espace » de Laurent Genefort

Les opéras de l'espaceJe n’ai jamais lu autant d’auteurs de SF / fantastique français que depuis que je suis inscrite aux partenariats Folio !
Je ne connaissais pas du tout Laurent Genefort avant d’avoir choisi ce livre lors du partenariat du mois de mars… encore une fois par hasard ou par défaut, parce que c’était le seul dans la catégorie Folio SF. J’aime découvrir les romans que je lis sans avoir d’aprioris. Je m’en félicite une fois de plus ! 🙂

Axelkahn est un ténor connu sur les centaines de planètes des galaxies où il se produit… Sa voix égale celles des dieux si on en crois ses fans. Mais ce talent, comme chacun sait, il le doit aux biotechnologies des Yuhew, une race mystérieuse spécialisée dans les technologies de pointe et la philosophie. Donc Axelkahn a des biocapteurs dans la gorge, qui subliment son chant à un niveau encore jamais atteint… Et surtout, il est le seul a avoir eu ce cadeau !
Mais un jour, le rêve va prendre fin : ses capteurs tombent en panne et il perd son don en même temps que sa célébrité. Fini les villas, les richesses, les caprices… et surtout la gloire ! Mais Axelkahn ne va pas se laisser faire : il se met en tête de retrouver un de ces Yuweh, pourtant inaccessibles, pour lui demander de lui rendre « sa » voix.
C’est sur les Bulbes Griffith, une étrange planète en forme de grappe creuse, qu’il va se mettre en quête de son sauveur… Mais comment faire pour voyager sur cette planète peu hospitalière où les pirates feraient des ravages, sans un sou ? En faisant ce qu’il sait le mieux faire : divertir la population ! Et pour cela il va monter une troupe de théâtre !
Axelkahn arrivera-t-il jusqu’au Yuhew ? Ce dernier existe-t-il vraiment ? Comment la population des Bulbes va réagir devant les pièces de théâtre de la compagnie ?

J’ai passé un très bon moment à la lecture de ce roman de ce space opera, qui est un véritable voyage initiatique pour Axelkahn… Car vous vous en doutez, son voyage va le transformer plus qu’il ne le pense ! Et c’est pas plus mal pour lui, et pour nous, lecteurs !
A la lecture des premières pages, quand j’ai compris qu’Axelkahn allait être le héros de cette histoire, je me suis dit « Mince, comment vais-je supporter cette tête de con durant 400 pages !? ». Avant sa déchéance, le portrait du ténor est peu reluisant, une vraie diva, obèse, riche, cynique, égoïste, bref, peu sympathique… Mais après quelques déconvenues, où notre principal protagoniste en prend plein la poire, on se sent mieux, et on fini par ne plus trop le détester ! Ce personnage est pour beaucoup dans le plaisir que j’ai pris à lire cette histoire : il n’a rien du gentil chevalier et n’est pas dénué d’humour ou d’autodérision.
Sur sa route, pour former sa troupe, il va rencontrer et engager une ribambelle de parias dans les stations où il va produire ses spectacles : débiles mentaux, handicapés, asociaux, exclus… On comprend mieux pourquoi sa troupe s’appelle la Compagnie des Fous ! Surtout quand on sait que les villes qu’il traverse vivent dans l’économie la plus simple : on ne nourri pas de bouche inutiles… Les artistes et les réprouvés vont avoir fort à faire avec les coutumes arbitraire des stations !

La trame peut paraître assez classique : le voyage qui permet de monter un groupe de « loosers » où chacun aura un petit truc en plus pour aider la Compagnie, les épreuves à surmonter à chaque étapes de leur chemin, l’enquête sur le Yuhew qui a valeur de légende ou de tabou selon les stations traversées… Mais je trouve que ça fonctionne plutôt pas mal pour un récit qui se veut épique. J’ai juste eu des doutes sur la fin, car on devine assez facilement la chute je trouve… mais bon, je suis passée outre !
Le monde des Bulbes est suffisamment original et bien expliqué pour avoir une impression d’exotisme et de se projeter aisément dans cet univers fantastique.

J’ai donc passé un très bon moment grâce à Laurent Genefort et ses personnages. En regardant de plus près je vois qu’il a signé pas mal de romans dans les même genre d’univers, comme Omale qui semble être sa saga la plus connue… Je la rajoute de ce pas dans ma wish-list 😉

Merci à Folio pour ce roman !
Et puisque je n’ai pas encore lu l’auteur de la lettre G pour le Challenge ABC – Littératures de l’Imaginaire, je crois que ce roman fera une parfaite entrée !

challenge de l'imaginaire ABC 2014