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« Morwenna » de Jo Walton

MorwennaPour le partenariat Folio du mois de mai, j’ai une fois de plus fais confiance à mon instinct en choisissant Morwenna, d’une auteure qui m’était inconnue, Jo Walton. Ce roman paru en 2011 étant bardé de prix (Hugo, Nebula, British fantasy…), je me suis dit que je ne devais pas trop me tromper en le choisissant…

En Angleterre, en 1979, Morwenna, dite Mori, écrit son journal. A 15 ans elle vient de quitter le Pays de Galles, pour échapper à sa mère qui est une sorcière. A cause d’elle, sa sœur jumelle Morganna a été tuée dans un accident de voiture, et elle-même se retrouve handicapée par une jambe boiteuse.
Au terme de sa fugue, elle fini chez son père, Daniel, qui les avait abandonnées à leur naissance. Celui-ci vit avec ses trois sœurs, dans un manoir anglais… Mais Mori n’y restera pas longtemps : afin de parfaire son éducation, ils l’envoient dans un pensionnat de jeune filles. Dans cette campagne anglaise où la nature a peu de place, elle ne peut pas voir autant de fées qu’au Pays de Galles… Sa seule consolation sera pour elle la lecture de roman de fantasy et de science-fiction, et la possibilité de faire de la magie pour améliorer son quotidien et se protéger de sa mère.

Je suis assez pensive face à ce roman. J’ai beaucoup aimé le style de l’auteure, et c’est avec bonheur que j’ai plongé dans le journal de Morwenna et dans l’ambiance qui s’en dégage, so british. S’immiscer dans l’intimité et les questionnements d’une adolescente fans de SF est un vrai plaisir… Mais la présence d’éléments fantastiques comme la magie et les fées dans un quotidien aussi basique est assez déroutante.

La difficulté avec ce livre, c’est de le classer… Il est mis dans la catégorie science-fiction chez l’éditeur, mais pour moi on est plutôt dans le fantastique, voir la fantasy…. Si ce n’est dans les contes de fée.
C’est très certainement là que se trouve la clé de sa lecture : au fil des notes dans le journal de Mori, la typologie du roman évolue. Elle grandit au fur et à mesure que la nature des êtres qu’elle perçoit se transforme. Les fées passent d’elfes au nom empruntés au Seigneur des Anneaux, à des fantômes ou à des êtres indeterminés. En passant de la fantasy à la science-fiction, elle se détourne du passé douloureux à un avenir plein d’espoirs.
Les références aux classiques de la fantasy et de la SF sont nombreuses. Il n’y a pas une entrée de journal où Mori n’indique pas le roman qu’elle est en train de lire, et ce qu’elle en pense. Mais cela va plus loin je pense, bien que je manque de références pour étayer ma thèse. Les situations que vit Mori semblent emprunter à des romans qu’elle apprécie ou qui la marquent… Ce qui laisse à penser que toutes les situations qu’elle vit sont des fantasmes. Voit-elle réellement des fées ? Sa mère est-elle une vilaine sorcière ? Son père est-il sous le charme de ses trois sœurs qui l’enchainent au manoir ? Est-elle une adolescente rêveuse ou carrément atteinte de schizophrénie ? Et si en tant que lectrice je ne crois pas qu’elle voit vraiment des fées, c’est que j’ai perdu la capacité de croire à la magie dans ce monde… Ce roman est presque comme un test pour nous, lecteurs.

Bref, j’ai vraiment aimé ce roman. Au point où je projette de lister les romans qui y sont cité pour essayer d’en dévoiler sa réelle nature…
C’est une lecture qui peut sembler simple au premier abord, mais qui laisse la possibilité de creuser un maximum de piste pour le comprendre. Il va me rester un moment en mémoire je pense.

Au passage, j’utilise ce roman pour la lettre W du challenge ABC des littératures de l’imaginaire.

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« La musique du sang » de Greg Bear

La musique du sangVoici une lecture typique de challenge : pour la lettre B du challenge des littératures de l’imaginaire, je me suis décidée à piocher dans ma PAL à rallonge en science-fiction. Avis mitigé, sur ce roman de hard SF… mais au moins, je peux rayer un livre de ma liste de livre à lire !

Chercheur en biologie dans une firme pharmaceutique de pointe en Californie, Vergil Ulam ne peut pas se résoudre à ne travailler que sur les projets de son entreprise. Pour lui, l’avenir n’est pas dans les nano-puces qui pourront soigner le corps humain, mais dans les cellules humaines transformées en micro-ordinateurs. Et ses expériences interdites marchent tellement bien qu’il arrive à créer des cellules intelligentes, des supers leucocytes, qu’il se voit contraint de s’auto-injecter pour ne pas les voir détruites lorsqu’il est licencié.
Contrairement à ce qu’il pensait, les leucocytes manipulés par ses soins survivent dans son organisme, et commencent à modifier son corps, ses goûts et envies… jusqu’à lui parler ! Devient-il fou ? Ces cellules vont-elles agir comme des virus, et tenter de se reproduire pour explorer l’univers hors de son corps ? Qu’est ce qui pourrait arrêter ces cellules intelligentes, capable d’agir de concert et de s’adapter à toutes les situations ?

Si ce pitch de départ est très alléchant, un brin branché sciences dures, mais tout de même compréhensible… il m’a semblé beaucoup moins attrayant au bout d’un moment. Un quart du livre est dédié à la découverte des cellules intelligentes, à comment Vergil va appréhender la chose, essayer d’en parler à des collègues… Ensuite, on perd de vue cet aspect mystérieux pour attaquer vraiment des concepts de hard SF qui m’ont un peu laissé de côté, tout en évoluant dans un univers très fantastiques, difficilement concevable. Seul le concept de cellule comme porteuse de mémoire de nos aieux m’a un peu fait rêver, mais n’est pas assez exploité à mon goût.
Bref, je n’ai pas vraiment apprécié les trois quart du livre
Sans être détestable, ou ennuyeux, il a manqué quelque chose pour m’emballer. Sous certains aspects, ce roman m’a rappelé L’œuf du dragon de Robert L. Forward : une plongé dans le monde de l’incroyablement petit, la découverte de civilisations là où on ne les attend pas, les tentatives de communication avec elles… Sauf que ce dernier était plus axé story-telling, accessible, et avait une touche d’humour qui manque totalement à La musique de sang.

Un roman que j’aurai du mal à conseiller, sauf aux amateurs du genre. Un avis mi-figue, mi-raisin… typique des roman qui partent super bien, et s’essouflent avant la fin. Dommage !

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« La Stratégie Ender » d’Orson Scott Card

La stratégie EnderS’il y a bien un classique de la science-fiction qu’il manquait à mon palmarès, c’était bien celui-ci ! Un petit coup de challenge ABC des littératures de l’imaginaire, et voilà qui est réparé.
Je dois dire que je n’ai pas été déçue par ce roman, paru en 1985, et premier d’un cycle de 6 romans… de quoi continuer à me faire plaisir dans cet univers si particulier, mêlant réel et virtuel.

Il y a 50 ans l’humanité a vaincu pour la seconde fois les armées de Doryphores, une espèce extra-terrestre très puissante. Mais pourront-ils les repousser une troisième fois ?
C’est dans ce but que l’armée recherche parmi les enfants les plus intelligents celui qui pourrait être leur sauveur, le futur commandant de la flotte humaine de défense contre cette horde alien.
Andrew dit Ender, troisième enfant de la famille Wiggin, est décelé par le colonel Graff alors qu’il n’a que 6 ans… Il est très talentueux, mais pourra-t-il faire preuve de l’aggressivité nécessaire pour exterminer l’ennemi quand le moment viendra ? C’est ce que sa formation militaire dans une base spatiale va tenter de déterminer… Et celle-ci ne se passera pas sur les bancs de l’école, ni sur un terrain d’entrainement, mais dans le monde des jeux de simulation.

Voilà qui me parle : comment les jeux de simulations, dans le monde réel ou virtuel, vont conduire Ender à devenir ou non, le héros du monde terrien libre ! Jamais le jeu n’aura été pris autant au sérieux, et c’est très bien.
Ender qui commence sa formation enfant n’en a que l’âge : il est loin d’être immature, et a une intelligence stratégique hors du commun. L’écriture d’Orson Scott Card m’a complétement fait adhérer à ce personnage, à ses craintes de devenir violent comme son frère Peter, à ses accès de fureur devant les injustices du monde des adultes, à son amour réciproque pour sa sœur Valentine… Bref, ça a été un vrai plaisir de retrouver ce personnage au fil des pages. Enfant à part, il ne cesse d’être le pion de l’armée, manipulé par l’école et par Graff, mais pour la bonne cause… celle de la survie de l’humanité. La survie du plus grand nombre mérite-t-il de mettre sous pression ainsi un individu ? Voilà bien un des axes de réflexion qu’on retrouve souvent en science-fiction, et il est ici traité avec brio en mon sens, là où d’autres le font de manière moins souple et sans émotion.
Difficile sinon de résumer et d’expliquer ce qui fait l’attrait de ce roman… peut être son humanité, pour le meilleur et pour le pire !

Une superbe découverte. J’espère avoir bientôt l’occasion de lire sa suite, La voix des morts… La fin de ce premier tome m’a laissé sur ma faim justement 😉

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« Vostok » de Laurent Kloetzer

VostokTrois ans après le très bon roman écris à quatre mains sous le nom L. L. Kloetzer, Anamnèse de Lady Star, voici Vostok, dont l’histoire se déroule dans le même univers. Monde dystopique, extra-terrestres, nouvelles technologies, et une Terre au bord du précipice… De bons ingrédients pour un roman de SF français !

Le chef d’un gang chilien, Juan, va pour se racheter face au chef du cartel local lui promettre l’accès au Vault, le réseau informatique des Andins,ceux qui contrôle le climat, l’économie, la société entière…et fait régner la terreur avec ses drones armés. Pour ce faire, il va embarquer sa jeune sœur Leo et une partie de son gang à Vostok, une base en Antartique abandonnée des russes voilà plus de 20 ans. Leur objectif : forer la glace sur plus de 2000 mètres pour atteindre un lac souterrain, où se trouverait la clé du Vault. Arriveront-ils à leur fin, dans un univers stérile et glacé ? Leo qui a été embarquée dans cette histoire de force pourra-t-elle supporter la vie à Vostok ? Comment le ghost de Leo, un extra-terrestre éthéré va vivre cette aventure ?

J’ai beaucoup aimé ce roman, qui m’a semblé un peu plus accessible que son prédécesseur. On suit principalement Leo dans cette histoire, une jeune femme de 16 ans à peine, plongée dans l’enfer des guerre de cartels puis dans un huis clos plein de tension en Antartique. Le contraste entre les deux univers est évident, mais la souffrance et la rage de vivre est la même dans ces deux endroits ! Heureusement, elle a pour elle d’être très intelligente, et d’avoir à ses côté son ghost Araucan. Ce garçon apparaît et disparaît sans raison, a besoin de se nourrir de choses et de situations nouvelles, et ne peux pas contre-dire les humains auprès de qui il vit, jusqu’à en souffrir.

Le côté science-fiction est bien amené, et nous fait dire que le monde présenté ici n’est pas si différent du notre. Les moyens de communication sont plus évolués, le contrôle du climat existe vraiment, les drones font partie intégrante du paysage militaire… Le monde de demain en somme… Mais un monde proche de l’apocalypse : cyclones, pluies torrentielles, clivages sociaux, guerre informatique …

Une très bonne lecture, que j’ai dégusté à mon rythme, tout comme le premier tome. C’est un livre qui demande un peu de temps pour se plonger dedans, mais qui est fin et passionnant. Je le conseille, même si vous n’avez pas lu Anamnèse de Lady Star.

Merci aux éditions Denoël pour ce partenariat, qui me permet d’avance en plus dans mon challenge ABC des littératures de l’imaginaire.

Vostok de Laurent Kloetzer
Éditions Denoël, collection Lunes d’encre – 432 pages
Paru le 17 mars 2016

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« Les Brillants » de Marcus Sakey

Les brillantsPour la sélection Folio du mois dernier, je me suis laissé tenter par Les Brillants, de Marcus Sakey, présenté comme le croisement entre la série Heroes et des X-Men. Chouette, j’adore les super-héros ! Il n’en fallait pas plus pour me donner envie de lire ce livre ! Je suis passé outre le fait qu’il soit édité dans la catégorie Policier chez Folio… et non en Science-Fiction. Pour tout dire, ce livre me laisse un peu un goût amer… un peu dystopique, un peu policier, beaucoup thriller

Dans un monde qui pourrait être le nôtre, les brillants, ou « anormaux », sont des êtres-humains ayant le potentiel d’Albert Einstein, dans des disciplines variées : stratégie, lecture de schémas corporels, anticipation de trajectoires… Ces génies peuvent donc facilement devenir des maîtres de guerre, de fins psychologue lisant dans les pensées, ou des passes-murailles. Depuis les années 80, 1% de la population qui naît est composée d’anormaux.
L’agent fédéral Nick Cooper, lui-même anormal, travaille dans un service qui a pour objectif de contrôler cette minorité. En effet, des terroristes anormaux, menés par John Smith, sèment le chaos, liguant normaux et anormaux les uns contre les autres. Mais c’est quand celui-ci fait sauter la place du marché mondial, et 1000 civils innocents, que l’affaire va prendre une autre tournure pour Cooper.
Pour arrêter ce monstre, Cooper doit abandonner son statut d’agent fédéral, et infiltrer le réseau terroriste en se faisant passer pour l’un d’eux…
Mais quelle vérité découvrira-t-il lors de sa traque ?

Bon, il faut l’avouer, je ne suis pas une grande fan de roman de ce genre : action, pseudo-enquête, infiltration et espionnage… je pensais que le côté science-fiction prendrait le pas, mais non, pas vraiment. Les pouvoirs des « anormaux » sont un peu trop réalistes : finalement ce ne sont que des génies (ok, c’est déjà ça…). Pas de mecs qui tirent des lasers avec ses yeux ou qui arrête le temps ici.
On voit un peu comment a tournée la société grâce (ou à cause) des anormaux : des avancées technologiques incroyables, un monde sans guerre de religions mais en pleine guerre de castes… Intéressant, mais trop léger pour vraiment m’accrocher.

En ce qui concerne le style, je n’ai vraiment pas été conquise. Pas d’humour ni de second degré… C’est du sérieux ! Entre action et drame, peu de place pour la légèreté ! Mais malgré ça je n’ai pas ressenti l’excitation ou le suspense entre les lignes.

A vouloir faire trop réaliste, sans tomber dans le sordide des romans noirs, l’auteur a créé des personnages sans saveur… Son héros, Cooper, est vraiment trop lisse : bon père de famille divorcé, mais encore proche de son ex-femme, qui est loyal à sa hiérarchie, prêt à se sacrifier pour une cause, un super combattant, intelligent, sensible… Tout pour plaire… ou exaspérer !

Bref, je ne lirais pas le tome 2 de cette série… et oui, un seul roman ne suffisait pas !
Je me suis ennuyée ferme… Après il faut avouer que je ne suis vraiment pas une adepte des roman policier / action… D’autres trouveront peut-être leur compte ? A priori oui vu les commentaires élogieux sur d’autres sites 😉

Enfin cette lecture me permet tout de même d’avancer dans le challenge ABC des Littératures de l’imaginaire !

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« Delirium, tome 1 » de Lauren Oliver

DeliriumLes joies de la recherche d’auteurs à lettre exotique pour les challenges ABC… Voilà comment je me suis retrouvée à ajouter Lauren Oliver à ma liste de lecture pour le challenge des littératures de l’imaginaire. Je n’attendais pas grand chose de ce livre, dont j’avais trouvé la référence sur Livraddict. Littérature pour ado, un fond de dystopie… Et bien finalement grand bien m’a pris de suivre les conseils des autres lecteurs, car j’ai passé un agréable moment durant cette lecture !

A 17 ans, Lena n’attend qu’un seule chose : fêter enfin ses 18 ans pour pouvoir subir son Protocole. A partir de ce jour là, elle ne sera plus vulnérable à la terrible maladie qui a fait des ravages des siècles durant : l’amor deliria nervosa, en d’autre terme, l’amour. En effet, dans les Etats-Unis post blitz, l’amour est interdit… Pire, c’est un fléau reconnu qui conduit à toutes les dérives. Grâce au Protocole, les citoyens sont libérés de toutes passions, et deviennent de parfaits habitants : un mariage arrangé par statistiques, une vie tracée par la réussites à des examens… Bref, le bonheur. Sauf que la route de Lena va croiser celle d’Alex, qui fait naître en elle un sentiment étrange…

Si la lecture de ce roman est facile et agréable, il faut avouer que sa construction et les thèmes traités ne sont pas très originaux. Les fans de Hunger Games et de classiques de la science-fiction verront venir les évènements de très loin. Mais n’empêche, ça fonctionne ! Faire de l’amour une maladie est plutôt bien vu, et j’ai trouvé le traitement du récit autour de cette dictature de l’indifférence assez bien faite. J’ai été captée par l’histoire de Lena, d’Alex et de leur amie Hana… et je n’avais qu’une envie : savoir comment ils allaient s’en sortir ! Même si je me doutais un peu de la fin, je n’ai pas pu m’empêcher de me passionner pour cette histoire d’amour

Une réussite, ce roman ! Je ne sais pas si je lirai les tomes suivants, car je trouve que ce volume se termine correctement et proprement… Et puis on se doute un peu de ce que pourrait être la suite : révolution, destruction du régime totalitaire, les futures générations pouvant vivre comme de bon sauvages sans Protocole… Je préfère en attendant reste sur cette bonne impression 🙂

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« Le Chaos en marche tome 3 : La guerre du bruit » de Patrick Ness

La guerre du bruitJe profite de ce début d’année et du challenge des littératures de l’imaginaire pour terminer la trilogie du Chaos en marche. J’avais un peu peur de la manière dont l’auteur mettrait fin à cette série que j’ai beaucoup appréciée… Je n’ai pas été déçue ! Toujours autant d’action, d’émotion, et surtout une construction très dynamique. Un must read dans le domaine de la science-fiction et de la littérature fantastique !

Viola et Todd ne sont pas prêts de se reposer après leur combat contre le Maire Prentiss. La ville de New Prentissville est attaquée… non pas par l’armée de femmes de Maîtresse Coyle, mais par des milliers de Spackles ! Ces créatures autochtones, réduites à l’esclavage par les humains, se rebellent et sont déterminées à anéantir l’humanité. Mais c’est sans compter l’arrivée de nouveaux colons sur la planète…

Si nous étions plutôt focalisés sur les luttes hommes – femmes dans les deux premiers tomes, un troisième protagoniste apparaît ici. Les Spackles étaient tout de même visibles dans le début de la série, mais en demi-teinte. Là on en apprend plus sur eux… car l’histoire n’est plus seulement vue par Viola et Todd, mais aussi par 1017, le Spackle que Todd avait épargné dans le tome 2. La créature indigène à soif de vengeance, et est bien décidé à faire souffrir Todd autant qu’il a lui-même souffert.

Le Maire Prentiss, toujours debout, et Maîtresse Coyle, ne sont pas en reste. Contre l’ennemi Spackle, arriveront-ils à s’allier ? Surtout avec l’arrivée d’un vaisseau éclaireur humain, détenant une puissance de feu létale… Ces nouveaux colons pourront-ils faire la part des choses et éviter un génocide, d’un côté ou de l’autre ?

Une belle découverte quand même que cette trilogie !  Je la conseille aux fans du genre. La lecture est aisée, et surtout, on a toujours envie de tourner la page suivante. En refermant cet ultime tome, je n’avais qu’une envie : que la série continue !

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« Sans parler du chien » de Connie Willis

Sans parler du chienS’il y a un roman de science-fiction contemporain qui fait office de classique, c’est bien Sans parler du chien, écrit en 1997 par Connie Willis. Prix Hugo et Locus, des commentaires dytirembiques sur les forums et sites de lecture… Je ne pouvais pas passer à côté plus longtemps !
Voilà pourquoi il était dans ma liste du challenge ABC cette année. Au passage La chèvre grise qui en avait aussi entendu que du bien avait envie de le lire et m’a proposé une lecture commune.
Si bien que ça alors ? Et bien peut être pas 🙁

Ned Henry est historien à Oxford dans un futur proche. Dorénavant les historien ne font pas qu’étudier les traces du passé : ils voyagent dans le temps pour les constater de visu !  Pour le compte de Lady Shrapnel, Ned va parcourir le passé, afin de réaliser le rêve de celle-ci :   reconstruire à l’identique la cathédrale de Coventry, détruite par un bombardement lors de la Seconde Guerre Mondiale. Pour que le bâtiment soit parfait pour son inauguration, il ne manque que la potiche de l’évêque, disparue sous les bombes. Cette mission va conduire Ned a voyager dans l’Angleterre de la fin du 19eme siècle. Il devra faire tout son possible pour mettre la main sur la potiche, et essayer de réparer le futur en jouant les marieurs auprès de jeunes gens de la bonne société victorienne.

Ce roman fait parti d’une saga autour de l’université d’Oxford et de ses historiens voyageurs temporels, et en est le deuxième tome. C’est peut être pour cela que j’ai eu du mal à tout caler lors du premier quart du roman… Mais comme j’ai aussi trouvé le dernier quart assez brouillon, je me dis que c’est peut être tout simplement le livre qui est un peu brumeux.
Pourtant une fois dans le coeur de l’intrigue, dans la partie au 19eme siècle, j’ai vraiment bien accroché à l’histoire et ses personnages, que j’ai trouvé très amusants. Il faut dire qu’avec comme adjuvants un bouledogue et une chatte, je ne pouvais qu’aimer 😉
Mais tous le récit qui tourne autour de la réfection de la cathédrale de Coventry m’a beaucoup ennuyée. Les discours scientifiques autour des voyages dans le temps et leurs les décallages temporels m’ont été difficile à appréhender. D’où ce sentiment de chaos au début et à la fin du roman…

Bref, j’ai du mal comprendre l’engouement pour ce roman. Il n’est pas désagréable mais c’est pas un chef d’œuvre ultime non plus… Le mélange des genres, les références à la littérature anglaise à tout bout de champ doit jouer à son succès. Mais je suis tout de même déçue.

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« Battle Royale » de Koushun Takami

Battle RoyaleAyant adoré Hunger Games de Suzanne Collins et apprécié Sa majesté des mouches de William Golding, il fallait que je lise ce que certains considèrent comme le chaînon entre ces deux œuvres : le roman japonais Battle Royale de Koushun Takami, écrit en 1999. Et bien, je regrette de ne pas avoir découvert plus tôt ce roman ! Même si la découverte précoce de ce livre aurait peut-être mis en sourdine mon adulation pour Hunger Games

Dans un Japon moderne sous le joug d’une dictature, des classes entières de 3ème sont envoyées chaque années sur des aires de combat, pour suivre le Programme organisé par le gouvernement. Ces adolescents doivent se battre sur une île, avec en leur possession une arme choisie au hasard par le superviseur du jeu. Et leurs ennemis ne sont autres qu’eux mêmes : un seul survivant sortira de l’île… Ils devront donc s’entre-tuer !
Cette année, c’est la classe de Shûya Nanahara qui se retrouve choisie pour le Programme. Mais comment des amis et camarades de classes pourront en arriver à se tuer les uns les autres, eux qui sont tellement soudés habituellement ? C’est ce que nous allons découvrir à grands renforts de combats et de sang !

Avec Battle Royale, on ne chipote pas ! Quarante-deux élèves à éliminer, de quoi laisser libre cours à l’imagination macabre de l’auteur… Et j’adore ça ! Pas mal de scènes trash et gore, mais ce n’est là que la surface du roman. En effet, son créateur cherche plutôt à nous questionner sur l’humanité de ses personnages et la notre. Jusqu’où serait- on prêt à aller pour notre propre survie ? Jusqu’au meurtre ? Serait-on capable de faire confiance réellement à un ami ? Et a une simple connaissance, voir un inconnu ? Devant chaque dilemne, chaque situation, on se demande ce qu’on aurait fait, dans ce grand jeu de la survie.

Comme je le disais plus haut, ce qui m’a un peu perturbé au début, c’est la ressemblance de ce roman avec Hunger Games : des ados qui doivent s’entre-tuer dans un état dictatorial, chacun possédant une arme reçue un peu au hasard, les dilemnes sur les alliances à créer ou non, les noms des morts diffusés par l’organisateur à heures régulières, des zones qui deviennent interdites ou dangereuses pour concentrer sur une zone les concurrents… Et j’en passe ! Tout cela finalement ne retire pas de la qualité à la trilogie americaine, qui surfe plus sur le créneau contemporain de l’hypermediatisation. Mais quand même… Je vais avoir du mal à ne pas comparer les deux encore quelques temps, et par conséquent revoir mon engouement pour la série de Suzanne Collins.

En tout cas je vous conseille ce roman plein d’énergie, qui ne laisse aucune seconde de répit, et ceux jusqu’aux dernières pages. Un grand classique c’est certain ! A l’occasion je me pencherai sur le film et les mangas… Apparement il prennent un angle légèrement différent.

Et voilà au passage une nouvelle lecture pour le challenge ABC, pour la lettre T !

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« Kirinyaga » de Mike Resnick

KirinyagaQuand un livre de science-fiction est présenté comme un chef d’œuvre équivalent à Demain les chiens de Clifford D. Simak ou aux Chroniques martiennes de Ray Bradbury, on est en droit d’être un peu dubitatif… mais curieux ! Je ne pouvais donc pas passer à côté de ce recueil de nouvelles ultra primé (prix Hugo, prix Locus…) lors du partenariat Denoël de juin.

Dans un futur pas si lointain, le Kenya est devenu un pays riche et très industrialisé. Si la population s’en réjoui globalement, certains comme le Koriba ne se sentent pas ici à leur place : avec le progrès et l’occidentalisation des mœurs, le Kenya à perdu son âme. Il part donc pour une planète terraformé accompagné d’autres membres de la tribu des Kikuyu, eux aussi à la recherche de retour aux essentiels. Ici ils vont construire leur monde utopique kikuyu !
Nommé comme leur montagne sacrée sur terre, Kirinyaga, cet astre artificiel est le sosie du Kenya d’avant l’arrivée des blancs.
Ici Koriba va devenir le gardien des traditions kikuyus, le « mundugumu« … Et il ne sera pas toujours simple pour lui de garder son peuple sur le chemin tracé par leur dieu Ngai.

Ce livre est assez simple et rapide à lire, mais est assez complexe et puissant quand on y réfléchit. Si la quête de Kiruba et des créateurs initiaux du monde de Kirinyaga est assez compréhensible et plaisante au début, on voit vite les limites de cette utopie : sans progrès, elle ne reste une utopie que pour une poignée d’habitants.
Les relations hommes et femmes, la santé, l’éducation… sont des domaines dans lesquels les individus ont toujours l’envie de s’améliorer, et c’est tant mieux ! Finalement est-ce que Kiruba avec ses bonnes intentions de figer la société kikuyu dans un instant idéal éternel, ne la conduit pas à sa perte ?

Si ce recueil est sorti en 1998, la première nouvelle, Kirinyaga, a été écrite en 1987 pour un recueil d’un autre auteur Orson Scott Card, Eutopia. Son concept était de présenter la vision de plusieurs mondes utopiques bâtis sur une planète.
Juste après a voir fini cette nouvelle, Mike Resnick a du s’apercevoir du potentiel de son univers, et a commencé à écrire les neuf autres nouvelles de la série, formant un tout cohérent avec un prologue et un épilogue ouvrant et refermant l’histoire. Techniquement et stylistiquement rien à redire, j’ai été emballé par le récit, son rythme, ses personnages…
Si je devais avoir une nouvelle favorite, ça serait je pense Toucher le ciel, l’histoire d’une petite fille kikuyu assoiffée de connaissance… mais malheureusement pour elle, dans la société traditionnelle seul les garçons peuvent un jour espérer apprendre quoique ce soit de leur mundugumu…

Dans cette édition, un second recueil de nouvelle plus petit, Kilimanjaro, reprend la même hypothèse de monde utopique, mais cette fois mis en place par des masaïs. Ils s’appuient sur l’échec de la tentative kikuyu pour réussir leur propre expérience de monde idéal. Dans cette partie j’ai découvert des clés pour mieux comprendre Kirinyaga et les sources du fiasco de cette utopie… un excellent catalyseur donc.

coup de coeurUne belle découverte, que je vais agrémenter d’un coup de cœur ! Je pense lire d’autres livre de cet auteur, car j’ai vraiment apprécié cette expérience. Un livre qui vous fait réfléchir sur la société actuelle, ses extrémismes, les solutions pour évoluer, les écueil à éviter… je ne peux que l’aimer et le conseiller !

Sinon cette lecture me permet de remplir la mission titre en un seul mot du Petit BAC 2015 🙂

Kirinyaga. Une utopie africaine de Mike Resnick
Editions Denoël – Collection Présence
Traduction : Olivier Deparis
1998 – 336 pages

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