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« La Panse » de Léo Henry

La PansePour le partenariat de janvier Folio, j’ai choisi La Panse… Un titre énigmatique, dans la collection SF, par auteur français… et une édition directement au format poche. Habituellement, ce détail me ferait peur. Il faut dire que dans le domaine de l’audiovisuel les sortie directement en DVD sans passer par la case cinéma laisse présager le pire. En va-t-il  aussi ainsi dans le domaine littéraire ?

Bastien Regnault, au chômage et vivant à Paris en 2016 n’a pas de nouvelles de sa sœur Diane depuis plusieurs mois. Militaire, elle a habitué sa famille à ne pas donner de nouvelles régulièrement, mais refait toujours surface au bout de quelques mois. Elle ne va plus travailler, son numéro de téléphone est désactivé… elle a disparu. En fouillant auprès de son dernier employeur et en piratant sa boite mail, Bastien retrace les dernières activités de Diane, et découvre par hasard l’existence de la Panse.
Il s’invite à un de leur événement à La Défense. La Panse de premier abord à tout d’une société secrète… mais alors, qu’y fait sa sœur ? Pour le découvrir, Bastien va devoir se fondre dans ce groupe

Voici une enquête contemporaine bien ficelée et assez réaliste. Je ne suis pas du tout habituée à lire des roman français et contemporain, du coup c’était amusant de revoir des lieux de mon quotidien parisien : La Défense, la Place des Fêtes…
La première moitié du roman est assez intéressante, lorsque Bastien enquête sur la disparition de sa soeur, et rentre dans le système de la Panse, pour découvrir ce qui ressemble à une secte. Vie en communauté, travail harassant, séances de méditation de groupe, usage de drogues…
La seconde partie rentre un peu plus en profondeur dans les rouages de cette institution, et c’est malheureusement là que ça dérapeLe final m’a assez déçu, à la fois attendu et à la fois « what the fuck? ». Mais je ne vais pas en dire plus !

Bref, un livre qui se lit très vite, assez prenant, vite avalé en un gros voyage en train. Pas exceptionnel, mais correct pour nous tenir en haleine quelques heures.

Un roman pour le challenge ABC !

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« Mes vrais enfants » de Jo Walton

Mes vrais enfantsNouvelle plongé dans le monde fantastique de Jo Walton avec ce partenariat Denoël de janvier (oui je suis un peu à la bourre…). J’avais découvert cette auteur l’an dernier avec Morwenna que j’avais beaucoup aimé. Je crois que j’ai encore plus apprécié Mes vrais enfants, moins ancré dans la fantasy mais qui flirte lui aussi avec les univers parallèles, le vrai et le faux qui se mélangent et brouillent les pistes et le champs des possibles…

Patricia est très âgée maintenant et vit depuis une dizaines d’années dans une maison de retraite en Angleterre . Sa mémoire lui fait défaut ainsi que sa vue… et elle n’a rien d’autre à faire que se souvenir de son passé. Mais si elle se rappelle bien de son enfance, de son adolescence au lycée pendant la Seconde Guerre Mondiale, de ses études pour devenir institutrice à l’université, et de son fiancé Mark… il en va autrement pour sa vie d’adulte. Elle ne sait plus si elle a accepté de se marier avec Mark, si au moment fatidique elle lui a dit « oui » ou « jamais ».
De cette réponse, sa vie et ses souvenirs en seront complètement bouleversés.
Si elle a accepté d’épouser Mark, son existence sera teinté de morosité, de manque d’amour et de considération, à s’occuper du logis et à être continuellement enceinte… Alors que si elle a refusé ce mariage, elle deviendra spécialiste de la ville de Florence, continuera à enseigner et rencontrera le grand amour dans les bras de Bee, une jeune scientifique. Dans l’univers de sa vie d’épouse, le monde vit dans la paix et fait de grands progrès sociaux et scientifiques, alors que dans la vie où elle est libre, le monde connaît plusieurs guerres nucléaires… Dans ces deux vies, elle aura des enfants, mais pas les mêmes ! Quels sont les bons souvenirs ?

De manière assez classique, mais efficace, un peu comme dans La part de l’autre d’Eric-Emmanuel Schmitt, on alterne un chapitre présentant la vie de Tricia / Trish, la femme de Mark qui a eu 4 enfants, puis un à la même période s’intéressant à celle de Pat, en couple lesbien avec 3 enfants.
Un roman génial qui m’a tour à tour attendri, ou plongé dans la déprime. En lisant les chapitres ayant trait à la vie de Tricia, j’ai revu ce que ma grand-mère à finalement vécu à la même époque : se marier, en baver à la maison, faire des enfants dont on a pas le temps de s’occuper ente deux fausses couches, avec un mari absent.
La vie de Pat est mille fois plus palpitante, entre voyages, grand amour, un super boulot, les enfants aussi… mais elle doit évoluer dans un monde ravagé par la guerre.
Justement, ces difficultés de mémoire sont une excuse pour l’auteur pour toucher un peu à la dystopie : ce récit n’est pas seulement un roman de mœurs, mais aussi une SF ! En mode « battement d’aile d’un papillon qui provoque un ouragan », le choix de Patricia semble influencer l’avenir de notre planète. Il est juste dommage qu’on ait pas plus de détails sur ce qui provoque cette rupture d’un univers à l’autre, mais bon, tout ne doit pas être expliqué… surtout quand on se dit que la vérité doit être quelque part entre les deux.

coup de coeurJ’ai tellement apprécié ma lecture que j’ai été en acheter un exemplaire… j’ai un cadeau d’anniversaire à faire ce week-end, et ce roman coup de coeur sera un présent parfait !

 

Et au passage, il rempli ma case W du challenge ABC 2017 !

Mes vrais enfants de Jo Walton
Traduit par Florence Dolisi
Editions Denoël, collection Lunes d’Encre – 352 pages
Paru le 19 janvier 2017

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« Troupe 52 » de Nick Cutter

Troupe 52 de Nick CutterUne virée au Canada, ça vous branche ? En temps normal ça pourrait être sympa, mais avec ce roman d’horreur digne d’un Stephen King, on y réfléchira à deux fois. Âmes sensibles et délicates s’abstenir, avec ce livre découvert avec le partenariat Denoël de novembre.

Tous les ans, le chef scout Tim emmène sa troupe en camping au milieu de la nature sauvage. C’est sur la petite île de Falstaff qu’ils vont passer le week-end, un des derniers pour lui et ses cinq scouts. Les garçons sont devenus des adolescents, et bientôt ils abandonneront le scoutisme au profit d’autres activités plus dans l’air du temps… Du coup il faut en profiter et faire une vraie virée en mode survie !  Malheureusement, le séjour va tourner court : un homme débarque sur l’île en canot, et va solliciter leur aide. Il est affamé, et semble très malade… et malgré la nourriture que Tim lui offre, il ne peut pas se rassasier. Sa faim ne semble pas normale du tout, et sa maladie est inconnue au chef Tim qui est pourtant médecin… Pour échapper à la chose qui cause tant de souffrances au malade, la troupe de scouts va devoir faire preuve d’un instinct de survie à toute épreuve.

Après quelques pages d’adaptations, je suis bien rentrée dans ce roman qui se veut en toute conscience « Kingien » : une thématique bien trash, celle d’une maladie très létale qui ronge de l’intérieur le corps ; un délire survivaliste ; un découpage de chapitre qui mêle le point de vue de la troupe de scouts, celui de la presse, des rapports d’enquêtes ; des détails bien crades qui laisse tout de même de la place à l’imagination (pour le pire !). Et il n’a pas le côté négatif des romans des récits de son maître : Troupe 52 est relativement court, et sans longueurs inutiles. Bref, une belle réussite du genre.
Les personnages sont plutôt bien vus, quoique stéréotypés chez les pré-ados : le leader, le violent, le psychopathe, le geek rondouillard et le mec normal… A partir de cette donne, on essaye d’imaginer qui sera le seul à survivre (ou pas !)…
Je ne serai pas étonnée de voir ce roman adapté pour le grand écran un de ces jours… il a tous les ingrédients pour plaire aux amateurs du genre !

Merci Denoël pour ce partenariat.

Troupe 52 de Nick Cutter
Traduit par Eric Fontaine
Editions Denoël, collection Effroi  – 448 pages
Paru le 14 novembre 2016

« Sept secondes pour devenir un aigle » de Thomas Day

sept secondes pour devenir un aigleRetour sur Thomas Day, que j’avais découvert il y a quelques années lors de ma lecture de La voie du sabre. J’en avais un pas trop mauvais souvenir, c’est pourquoi je l’ai choisi lors du partenariat Folio du mois dernier. Voici donc un recueil de nouvelles de science-fiction, qui comme la postface l’indique, place l’homme sur une Terre qu’il a lui-même façonné : c’est l’ère de l’Anthropocène, pour le meilleur mais surtout pour le pire.

Six nouvelles au menu, chacune nous plongeant dans un univers et une époque différente.
Mariposa est peut être celle que j’ai préféré, bien que la manière dont elle est menée me laisse dubitative. Un peu de suspense, mais sa chute est assez attendue… En tous cas, elle nous amène dans les îles du Pacifique, entre la période des voyages de Magellan, la Seconde Guerre Mondiale et l’époque moderne… Une île où la forêt luxuriante laisse place à des arbres à papillons aux étranges propriétés.
J’ai aussi apprécié Sept secondes pour devenir un aigle, mini voyage initiatique d’un jeune indien d’Amérique à notre époque, avec son père qui renie tout de la civilisation occidentale.
Petite déception pour le gros morceau Ethologie du tigre, déjà lu dans L’odyssée Folio SF en 10 nouvelles. Si j’apprécie cette nouvelle, bien que rétrospectivement il y en ait des mieux dans ce receuil, je n’aime pas relire deux fois la même chose !
Shikata ga nai nous projette dans les décennies post-Fukushima au Japon. Il y a quelque chose là de vraiment sympa, mais de trop court, dans le style survivalisme cyberpunk !
Les deux dernière nouvelles m’ont moins plu… Tjukurpa nous plonge dans le monde de la réalité virtuelle en Australie aborigène, à la recherche du paradis perdu. Lumière Noire prend racine dans le mythe moderne de la Terre contrôlée par les machines. Pas mal, mais un peu longuet, j’ai eu du mal à me plonger dedans vraiment.

Une lecture sympa pendant mes vacances d’octobre, qui a l’avantage de questionner sur l’empreinte de l’homme sur sa planète. En ces temps, il est toujours bon de se projeter un peu dans ce type de fiction, qui fleure parfois la réalité !

« Mars la Rouge » de Kim Stanley Robinson

Mars la rougeGros morceau, ce premier tome de la trilogie martienne, Mars la Rouge. Mais je ne pouvais pas passer à côté de ce classique, dans ma PAL depuis un moment, et ressorti fort justement pour le challenge ABC des littératures de l’imaginaire !

Au 21ème siècle, des hommes et femmes américain, russes, français, japonais… partent coloniser Mars. Cent explorateurs, colons et scientifiques, dont l’objectif est de poser les premières pierres de bases martiennes, qui serviront à de plus large vagues migratoires. En effet, la Terre est noyée dans les guerres et la surpopulation. Mars est donc le nouveau territoire sauvage à apprivoiser, plein de promesses tant pour une existence sur place, que pour en exploiter les richesses : métaux précieux et rares, hydrocarbures…
Entre conflits politiques et amoureux, révolutions contre les multinationales et la création d’empires économiques, établissement de bases et prise du maquis pour certains… la vie sur Mars dans ces premières années n’est pas de tout repos. Surtout quand se pose la véritable question : doit-on terraformer Mars, en faire un monde vraiment vivable pour l’être humain, ou la laisser sauvage ?

Comme toujours avec Robinson, la précision de ses descriptions de paysages, l’imagination qu’il met dans les innovations qui permettent de poser le pied sur Mars et d’y survivre, nous permettent de complétement nous y voir. Un peu trop parfois : les tribulations politiques et économiques, les descriptions de paysages sans fin prennent largement le pas sur l’action… Mais cela donne un réel aperçu de ce que pourrait être la conquête martienne !

Moi qui regarde pas mal de documentaires sur le cosmos, les planètes habitables… Je me suis bien repérée dans ce livre. Nul doute que l’auteur a largement étudié les méthodes actuellement mise en place pour évoluer sur cette planète : entrainement dans des bases polaire, ergonomie des vêtements, types de transport, matériaux à utiliser sous de tels cieux… Tout y est ! Et quand on se dit que se roman date du début des années 90, on se dit que 25 ans ans plus tard, on y est presque, sur Mars !

Bref, un roman intéressant, mais avec quelques longueurs… C’est un peu dommage.
Mais il n’empêche : je vais tout de même mettre sur ma liste la suite de la saga, Mars la Verte, en espérant avoir des réponses aux questions restées en suspend à la fin de ce roman !

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« Les clans de la lune alphane » de Philip K. Dick

Ples clans de lune alphaneour la lettre D du challenge ABC des Littératures de l’imaginaire, la lecture d’un roman de Philip K. Dick s’imposait. Problème, avec cet auteur, j’oscille souvent entre l’intérêt (Le maître du Haut Château ) et l’ennui (Ubik). C’est donc avec attention que j’ai choisi Les clans de la lune alphane… de bonnes notes sur les sites littéraires, de quoi présager un bon moment de lecture.
Chuck Rittersdorf, programmateur pour la CIA, se sépare de sa femme Mary, psychologue. Celle-ci le harcèle depuis des années pour qu’il trouve un métier plus rémunérateur. Fatiguée et déçue, elle demande le divorce et compte bien le laisser sur la paille. Chuck va se retrouver à vivre dans un appartement voisin de parias de l’humanité, et surtout d’extra-terrestres. Après une tentative de suicide avortée, Chuck  va devenir ami avec un fongus de Ganymède, un alien qui lit dans les pensées. Ce dernier veut l’aider, et va le conduire sans le vouloir à changer sa vie si bien réglée.
Ainsi, Chuck va se retrouver au centre d’un conflit géo-politique entre une lune alphane et la Terre.
Il y a 25 ans, les habitants de cette lune étaient des malades mentaux exilés pour être traité loin de la Terre. Mais depuis, l’hôpital a fermé, et les malades se sont organisés en clans et en cités : les Mans (les maniaques), les Heebs (les hébéphrènes), les Pares (les paranoïaques), les Deps (les dépressifs)…
Aujourd’hui, la Terre veut récupérer cette lune… quitte à obliger ses habitants à se soigner. Pour auditer sur le bienfondé de laisser le contrôle de la lune à ses habitants, la CIA y envoit l’ex-femme de Chuck… Mary.

Cette lecture a été assez plaisante, car les univers construits par Philip K. Dick sont riches et accessibles. Voir les clans de la lune alphane évoluer est assez amusant. Chacun de ses représentants est un archétype de la maladie dont il est atteint. On se croirait parfois dans un seul et même esprit dérangé !
Au-dessus de cela, le volet thriller avec les aventures de Chuck Ritttersdorf, qui hésite entre se suicider et tuer sa femme… cette dernière pulsion va l’amener à se plonger dans les ennuis, pour notre plus grand bonheur !

Un roman de SF très dickien: une vision de la femme comme un castratrice, voir même un danger mortel. Cela sur fond de maladies mentales, dont l’écrivain n’était pas exempt : paranoïa, dépression… Justement, l’année où sort Les clans de la lune alphane, Philip K. Dick divorce pour la seconde fois, plonge dans une dépression, après avoir mal vécu sa vie de couple où il se sentait déconsidéré… Doit-on voir le roman comme une autobiographie déguisée, ou comme une catharsis ?

Une bonne lecture pour qui veut découvrir l’univers de l’auteur, et qui me réconcilie un peu avec lui !

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« Des rapports étranges » de Philip José Farmer

des rapports étrangesEt je continue mon tour dans ma PAL de science-fiction et fantastique, pour le challenge ABC des littératures fantastiques. Je m’attaque a un classique méconnu pour moi, Philip José Farmer, pur produit de l’âge d’or de la SF américaine. Ce recueil de 5 nouvelles écrites entre 1953 et 1960 tournent autour des rapports familiaux… mais à la sauce alien !

5 nouvelles et 4 univers distincts.
Les 2 premières, La mère et La fille, qui m’ont beaucoup plu se passent sur une planète inconnue. Une mère et son fils adulte sont les seuls survivants d’un crash de navette spatiale. Alors qu’ils explorent les environs, ils sont chacun de leur côté happé par une sorte d’énorme rocher. Il s’avère que cet amas minéral est la coquille d’une énorme créature extra-terrestre, qui utilise une cavité interne pour élever et nourrir ses petits à l’abri des risques extérieurs. Nous suivons la vie du fils humain dans un de ces aliens, et de la manière dont il va rentrer en communication avec la créature mères, et ses filles.
Dans la seconde nouvelle, on suit une de ces créatures filles, qui raconte à sa propre progéniture comment son père humain lui a appris des trucs et astuces pour survivre.
La nouvelle Le Père, ne m’a pas laissé un souvenir impérissable. Elle tourne beaucoup autour de la religion… et pour cause, une équipe de voyageurs voient leur navette s’écraser (encore !) sur une planète inconnue (pour changer), qui ressemble fort à l’Eden… et ou un humanoïde gigantesque avec des pouvoir mystérieux semble bien être un dieu. Est-ce « le » Dieu ? Ou un imposteur ?
La quatrième histoire Le fils narre la détention d’un marin dans les soutes d’un sous-marin d’attaque ennemi, doué d’une intelligence artificielle. Un petit côté oppressant dans ce récit qui n’est pas sans rappeler HAL de 2001, l’Odyssée de l’espace… Dans la dernière nouvelle, Le frère de ma sœur, le climat est un peu différent, dans le sens ou l’être humain en relation avec l’extra-terrestre n’a pas vraiment le beau rôle. Sur Mars, un homme part à la recherche de son équipe, qui a disparu lors d’une mission. Il se retrouve piégé dans une zone marécageuse, et est sauvé par une extra-terrestre humanoïde. Si leurs relations sont étranges, mais plutôt amicale, notre héros va finir par hésiter entre douter sur les bonnes intentions de son hôtesse ou se laisser aller à cette amitié inter-espèce. Quel penchant va-il suivre ? Un récit un peu trop en mode « découvrons les bestioles aliens » au début… mais qui s’avère être un conte sur la nature des hommes. Classique mais efficace.

La sexualité au service de l’exo-ethnologie ! Il est question de reproduction dans chacune des nouvelles, bien que le sexe soit quasi absent. La religion est en revanche assez présente… un signe de l’époque à laquelle ont été écrites ces nouvelles ? Le gros intérêt de ces nouvelles, par rapport à d’autres auteurs de  la même période, c’est le soucis du détail de Farmer sur la description biologique de ses aliens, leur mode de vie, de reproduction,  de communication, leur structure sociales…
Ses personnages sont assez curieux et intelligent, et analysent plutôt bien les situations, ce qui rend les échanges humain – extra-terrestres assez enrichissants. De plus, j’ai apprécié le style de l’auteur. Des descriptions, mais qui mettent dans l’ambiance plutôt que de nous assommer.

Bref, une bonne découverte. Je pense réitérer et placer dans ma PAL d’autre roman de Philip José Farmer !
Et mention spéciale pour la couverture érotique dans la pure tradition des années 70, qui n’a rien à voir avec le contenu du livre, bien entendu ! 😀

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« Arslan » de M. J. Engh

ArslanLe hasard fait parfois bien les choses. Alors que je venais de finir Morwenna, où il est pas mal question d’ouvrage de SF « classiques », je me suis penchée immédiatement sur mon partenariat Denoël tout juste reçu, Arslan. Il se trouve que c’est un des livres abondamment cité par Morwenna dans le roman de Jo Walton ! Je vais tout de suite pouvoir découvrir cette dystopie qui a tant fait cogiter l’héroïne de ma précédente lecture.

Kraftsville, Illinois. Franklin L. Bond, proviseur du collège de la ville voit débarquer les troupes armées d’un dictateur Turkmène, Arslan. Ce jeune général vient prendre possession du secteur : il a conquis l’Amérique du Nord, l’a découpée en comtés autonomes occupées par ses forces, et compte faire de Kraftsville son quartier général. Les habitants de la paisible bourgade américaine vont alors connaître ce que vivent beaucoup de populations dans les zones de guerre : viols, occupation ennemie, couvre-feu, bordels institutionnalisés, justice expéditive, interdiction de la libre circulation… En mode un peu survivaliste au début, les habitants vont devoir se passer d’essence, d’électricité, de machines, de nourriture industrielle… et revenir à la culture de plantes qui demande peu d’entretien, et à la chasse. Jour après jour, l’ombre d’Arslan plane sur la ville, et sur le monde. Quel est son plan ? Asservir ou détruire l’humanité ?

Ce qui fait la force d’Arslan, c’est qu’il est terriblement actuel. Rien ne ferait penser qu’il a été écris il y a quarante ans… il aurait pu être édité hier ! La conquête du monde par la puissance du feu et des arrangements politiques, par un dictateur mue par une passion personnelle, n’est pas sans rappeler le monde dans lequel nous vivons… Surtout quand on voit qu’Arslan vient du Moyen-Orient, et qu’il est soutenu par les Russes (communistes à l’époque) et la Chine… Comme un goût de déjà-vu.
Mais cela nous permet de nous questionner sur ce qui anime les hommes… et la guerre. Est-ce que son désir de destruction de l’humanité, pour soi-disant sauver la planète, est juste ? Pour ses fidèle oui, pour ses victimes certainement pas…
Le temps qui passe dans le roman, 16 années, montre aussi que l’homme est prêt à s’adapter à tout, même et surtout au pire.
La question est presque de se demander si on est dans de la science-fiction par moment. Outre la conquête des USA par un général venu de l’Est et la création d’un virus qui rend les femmes stériles, les situations  sont cruellement réelles. On a l’impression d’être dans de un vrai roman d’anticipation sociale par moment.

Le traitement avec deux points de vue permet de dresser un tableau assez véridique, quoique peu objectif, d’Arslan.
La vision de Franklin L. Bond, ancien proviseur, est aigre naturellement, mais assez raisonnée. Son écriture est claire et fluide, dynamique, axées sur l’action et le présent.
Le point de vue de Hunt, le garçon qu’Arslan viole devant Kraftsville et son armée le soir de sa conquête, et plus ambiguë. Pris en otage et violenté pendant des années par son persécuteur, il finit par l’aimer, et cela semble parfois réciproque. Son écriture ressemble à celle de Hesse dans Le loup des steppes (est-ce un compliment ?). Elle est poétique, contemplative, très axées sur le passé… J’ai eu plus de mal avec son style. Bref, un contraste pas désagréable.

Une belle découverte donc, que je vais conseiller à mes amis lecteurs fans du genre.
Merci Denoël pour ce partenariat !

Je vais au passage utiliser ce livre pour le challenge ABC des littératures de l’imaginaire, pour la lettre E.

Arslan de M. J. Engh
Traduit par Jacques Collin
Editions Denoël, collection Lunes d’encre  – 400 pages
Paru le 9 juin 2016

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« Morwenna » de Jo Walton

MorwennaPour le partenariat Folio du mois de mai, j’ai une fois de plus fais confiance à mon instinct en choisissant Morwenna, d’une auteure qui m’était inconnue, Jo Walton. Ce roman paru en 2011 étant bardé de prix (Hugo, Nebula, British fantasy…), je me suis dit que je ne devais pas trop me tromper en le choisissant…

En Angleterre, en 1979, Morwenna, dite Mori, écrit son journal. A 15 ans elle vient de quitter le Pays de Galles, pour échapper à sa mère qui est une sorcière. A cause d’elle, sa sœur jumelle Morganna a été tuée dans un accident de voiture, et elle-même se retrouve handicapée par une jambe boiteuse.
Au terme de sa fugue, elle fini chez son père, Daniel, qui les avait abandonnées à leur naissance. Celui-ci vit avec ses trois sœurs, dans un manoir anglais… Mais Mori n’y restera pas longtemps : afin de parfaire son éducation, ils l’envoient dans un pensionnat de jeune filles. Dans cette campagne anglaise où la nature a peu de place, elle ne peut pas voir autant de fées qu’au Pays de Galles… Sa seule consolation sera pour elle la lecture de roman de fantasy et de science-fiction, et la possibilité de faire de la magie pour améliorer son quotidien et se protéger de sa mère.

Je suis assez pensive face à ce roman. J’ai beaucoup aimé le style de l’auteure, et c’est avec bonheur que j’ai plongé dans le journal de Morwenna et dans l’ambiance qui s’en dégage, so british. S’immiscer dans l’intimité et les questionnements d’une adolescente fans de SF est un vrai plaisir… Mais la présence d’éléments fantastiques comme la magie et les fées dans un quotidien aussi basique est assez déroutante.

La difficulté avec ce livre, c’est de le classer… Il est mis dans la catégorie science-fiction chez l’éditeur, mais pour moi on est plutôt dans le fantastique, voir la fantasy…. Si ce n’est dans les contes de fée.
C’est très certainement là que se trouve la clé de sa lecture : au fil des notes dans le journal de Mori, la typologie du roman évolue. Elle grandit au fur et à mesure que la nature des êtres qu’elle perçoit se transforme. Les fées passent d’elfes au nom empruntés au Seigneur des Anneaux, à des fantômes ou à des êtres indeterminés. En passant de la fantasy à la science-fiction, elle se détourne du passé douloureux à un avenir plein d’espoirs.
Les références aux classiques de la fantasy et de la SF sont nombreuses. Il n’y a pas une entrée de journal où Mori n’indique pas le roman qu’elle est en train de lire, et ce qu’elle en pense. Mais cela va plus loin je pense, bien que je manque de références pour étayer ma thèse. Les situations que vit Mori semblent emprunter à des romans qu’elle apprécie ou qui la marquent… Ce qui laisse à penser que toutes les situations qu’elle vit sont des fantasmes. Voit-elle réellement des fées ? Sa mère est-elle une vilaine sorcière ? Son père est-il sous le charme de ses trois sœurs qui l’enchainent au manoir ? Est-elle une adolescente rêveuse ou carrément atteinte de schizophrénie ? Et si en tant que lectrice je ne crois pas qu’elle voit vraiment des fées, c’est que j’ai perdu la capacité de croire à la magie dans ce monde… Ce roman est presque comme un test pour nous, lecteurs.

Bref, j’ai vraiment aimé ce roman. Au point où je projette de lister les romans qui y sont cité pour essayer d’en dévoiler sa réelle nature…
C’est une lecture qui peut sembler simple au premier abord, mais qui laisse la possibilité de creuser un maximum de piste pour le comprendre. Il va me rester un moment en mémoire je pense.

Au passage, j’utilise ce roman pour la lettre W du challenge ABC des littératures de l’imaginaire.

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« La musique du sang » de Greg Bear

La musique du sangVoici une lecture typique de challenge : pour la lettre B du challenge des littératures de l’imaginaire, je me suis décidée à piocher dans ma PAL à rallonge en science-fiction. Avis mitigé, sur ce roman de hard SF… mais au moins, je peux rayer un livre de ma liste de livre à lire !

Chercheur en biologie dans une firme pharmaceutique de pointe en Californie, Vergil Ulam ne peut pas se résoudre à ne travailler que sur les projets de son entreprise. Pour lui, l’avenir n’est pas dans les nano-puces qui pourront soigner le corps humain, mais dans les cellules humaines transformées en micro-ordinateurs. Et ses expériences interdites marchent tellement bien qu’il arrive à créer des cellules intelligentes, des supers leucocytes, qu’il se voit contraint de s’auto-injecter pour ne pas les voir détruites lorsqu’il est licencié.
Contrairement à ce qu’il pensait, les leucocytes manipulés par ses soins survivent dans son organisme, et commencent à modifier son corps, ses goûts et envies… jusqu’à lui parler ! Devient-il fou ? Ces cellules vont-elles agir comme des virus, et tenter de se reproduire pour explorer l’univers hors de son corps ? Qu’est ce qui pourrait arrêter ces cellules intelligentes, capable d’agir de concert et de s’adapter à toutes les situations ?

Si ce pitch de départ est très alléchant, un brin branché sciences dures, mais tout de même compréhensible… il m’a semblé beaucoup moins attrayant au bout d’un moment. Un quart du livre est dédié à la découverte des cellules intelligentes, à comment Vergil va appréhender la chose, essayer d’en parler à des collègues… Ensuite, on perd de vue cet aspect mystérieux pour attaquer vraiment des concepts de hard SF qui m’ont un peu laissé de côté, tout en évoluant dans un univers très fantastiques, difficilement concevable. Seul le concept de cellule comme porteuse de mémoire de nos aieux m’a un peu fait rêver, mais n’est pas assez exploité à mon goût.
Bref, je n’ai pas vraiment apprécié les trois quart du livre
Sans être détestable, ou ennuyeux, il a manqué quelque chose pour m’emballer. Sous certains aspects, ce roman m’a rappelé L’œuf du dragon de Robert L. Forward : une plongé dans le monde de l’incroyablement petit, la découverte de civilisations là où on ne les attend pas, les tentatives de communication avec elles… Sauf que ce dernier était plus axé story-telling, accessible, et avait une touche d’humour qui manque totalement à La musique de sang.

Un roman que j’aurai du mal à conseiller, sauf aux amateurs du genre. Un avis mi-figue, mi-raisin… typique des roman qui partent super bien, et s’essouflent avant la fin. Dommage !

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