Mots-clé : seinen

« L’histoire des 3 Adolf » d’Osamu Tezuka

L'histoire des 3 adolf tome 1Voilà plusieurs années que j’avais dans ma liste à lire ce manga en quatre tomes. L’histoire des 3 Adolf fait figure de grand classique de la BD nippone parue en 1985. J’ai profité qu’un collègue me les prête pour les lire… non sans mal…

En 1936, Sohei Toge, journaliste sportif, est envoyé à Berlin pour suivre les Jeux Olympiques. Son frère qui vit sur place depuis plusieurs mois semble avoir des ennuis… au point d’être retrouvé assassiné ! Lors de son enquête personnelle, Sohei met la main sur des documents que son frère voulait lui transmettre : l’acte de naissance d’Adolf Hitler, qui met en lumière des origines juives ! A partir de ce moment, les services secrets allemands et japonais n’auront de cesse de vouloir mettre la main sur Sohei et ses précieux documents. En parallèle, trois Adolf vont rythmer en fond de toile les mésaventures de Sohei : Adolf Hitler, Adolf Kaufman, le fils d’un diplomate nazi et d’une japonaise, et Adolf Kamil, un juif expatrié au Japon.

Sur ce fond de Seconde Guerre mondiale, je me suis surtout intéressée à l’histoire des deux Adolf japonais. Les deux adolescents que tout oppose, Adolf Kaufman le fils de nazi et Adolf Kamil le juif deviennent amis, envers et contre tous. Le père Kaufman refuse de voir son fils se lier d’amitié avec un juif, et fait tout pour les séparer… jusqu’à l’envoyer dans une école allemande pour ensuite intégrer les Jeunesses Hitlériennes. A partir de là, on le suit une spirale d’horreur, où le jeune Kaufman va apprendre à devenir de plus en plus cruel et extrême… Déroutant et terrifiant.
J’ai moins accroché sur l’histoire de Sohei Toge, qui n’aura de cesse de retrouver puis conserver hors des mains de l’Allemagne les documents compromettants sur les origines juives d’Hitler. Le côté « polar » m’a moins intéressé somme toute que le côté historique.

Côté scénario, je suis assez divisée… je me suis ennuyée par moment, j’ai buté sur la lecture plusieurs soirs. Beaucoup de textes, et des dessins pas vraiment au goût du jour.
En revanche j’ai apprécié de voir cette partie de l’histoire que l’on connait tant passée sous la plume d’un japonais… Ça change un peu notre point de vue !
Plongés au cœur des racines du mal et de la haine, on a un aperçu des méthodes employées pour transformer un individu lambda en tueur sans remords.
Avec la fin du récit qui nous mène bien au-delà de la période de la Seconde Guerre mondiale, en pleine guerre israelo-palestinnienne, on se rend aussi compte de l’effet ricochet des évènements historiques et des liens qui se créent entre eux.

Une lecture intéressante, mais je n’ai pas été hyper emballée quand même… Manque de rythme, dessins très moyens. Bref, je suis un peu déçue même si je comprend en quoi cette oeuvre est un monument !

« Jin, tome 4  » de Motoka Murakami

Jin tome 4J’ai rencontré il y a peu un collègue de travail fan du Japon et des mangas… Une occasion en or pour échanger sur le sujet, et surtout de s’emprunter mutuellement quelques titres.
Sur ses conseils, je me suis plongée dans la série Jin, débutée en 2001. Voilà une histoire qui a tous les ingrédients pour me tenir en haleine ! Je n’ai pour le moment parcouru que les 4 premiers tomes, mais je me sens d’attaque pour lire la saga jusqu’à la fin !

Jin Minakata est un chirurgien opérant dans un CHU de Tokyo. Après une intervention très étrange sur un patient, il se retrouve propulsé dans le passé en 1862, en plein ère Edo, dans la capitale du pays. Grâce à ses compétences en médecine hors du commun pour l’époque, il va pouvoir aider les personnes qu’il croise, et soigner des maladies jusque là mortelles, comme la rougeole ou le choléra. Aidé par la jeune Saki, fille de la famille Tachibana qui l’a accueillie, il va faire d’elle une infirmière. Tant de connaissances et de compétences vont à la fois lui permettre de nouer des amitiés, mais aussi et surtout s’attirer des ennuis : les médecins suivant les préceptes des écoles chinoises ou occidentales voient d’un mauvais œil l’arrivée d’un tel concurrent !

C’est avec plaisir que je suis les aventures de Jin et des personnages qui finissent par se regrouper à ses côtés ! Saki l’infirmière avec qui il a une relation amoureuse naissante, mais aussi Nokazé la courtisane de luxe au grand coeur, son ami le ronin Ryoma, le personnage sans gêne et marrant de l’histoire. Les situations et les personnages s’étoffent au fur et à mesure que le récit avance. Et comme souvent avec ce type de manga, la qualité du contenu est au rendez-vous : l’auteur est très documenté, et a été aidé par des centres de recherche, écoles… pour décrire des opérations, des soins, le fonctionnement d’objets médicaux… et la toile de fond historique semble être assez solide aussi.

Jin planche

Côté dessins, rien a redire : des paysages travaillés, des personnages expressifs, des détails techniques maîtrisés… Du bon boulot, ce qui en fait un manga très agréable à lire ! Si vous avez l’occasion, foncez ! L’édition française vient juste de se terminer : les 20 tomes sont disponibles chez nous !

« Prophecy, tome 1  » de Tetsuya Tsutsui

Prophecy tome 1Suite de mes lectures sponsorisées par La chèvre grise, avec un manga seinen que je voulais lire depuis très longtemps, Prophecy ! En 2012 on ne pouvait pas rater la sortie de ce titre à Paris : des affiches gigantesques dans les stations de métro, des extraits offerts dans les librairies… Mais bon, je n’avais pas pris le temps de l’acheter. Peur d’être déçue par cette sortie en fanfare, comme je l’ai été un peu par Doubt par exemple ?
Finalement j’ai découvert une histoire bien menée, à mi-chemin entre la SF et le thriller… De quoi m’inciter à courir dans la librairie la plus proche pour m’offrir les deux autres volumes de la série 😀

A Tokyo, pour lutter contre la cybercriminalité une section spéciale de la Police a été mise en place. Son rôle ? Traquer les criminels du Net, tels les super-téléchargeurs de logiciels et de vidéos… De vrais dangers pour les industries du loisir, mais représentant peu de risques pour la population…
Mais un jour sur un site de diffusion de vidéo, un homme au visage camouflé sous un masque en papier journal commence à faire de drôles de prédictions : il annonce les tabassages, viols, incendies… à l’encontre de citoyens qui ont fautés d’une manière ou une autre. Et le pire, c’est que le lendemain, ces prophéties se réalisent !
Qui est ce vengeur masqué à la morale plus ou moins douteuse ? Agit-il seul ? Pourquoi fait-il cela ? La section anti-cybercriminalité mettra-t-elle la main sur lui ?

Prophecy

On est plongé dans une enquête haletante, où on découvre tour à tour les avancées de la Police, puis la stratégie de Paperboy, l’homme masqué… Pour finalement découvrir les origines de son combat !
J’ai tout de suite accroché à cette histoire, qui commence par l’intervention musclée chez un geek qui télécharge illégalement des jeux vidéo. Moi qui suis farouchement contre la manière dont sont condamnés les pirates numériques de basse envergure, les lois à la Hadopi… Ça m’a tout de suite captée !
Les dessins sont vraiment pas mal et collent bien à l’histoire… Un très bon point donc.
Reste à voir comment cela va évoluer ensuite… et c’est souvent là que je commence à avoir peur :s
Mais comme je le disais plus haut, je n’ai qu’une hâte, me procurer les deux derniers tomes… Car bonne surprise, Prophecy est une série courte ! Trois épisodes, de quoi espérer que le scénario ne s’écroule pas sur lui-même en route !
Une bonne entrée pour le challenge Geek au passage, non ? 😉

challenge_geek2014

« Bride Stories tome 4  » de Kaoru Mori

Bride Stories 4 Ca fait bien longtemps que je n’avais pas lu un manga de la série des Bride Stories, qui pourtant m’avait bien plus à l’époque… Et c’est bien dommage, car cette BD et particulièrement ce tome, ont tout pour plaire : maîtrise du dessin et de l’univers dans lequel se déroule l’histoire, des personnages attachants, beaucoup d’humour… Bref, un bon bol d’air frais !

Nous avions laissé au dernier épisode l’ethnologue Smith seul avec son guide, Ali, sur la route d’Ankara.
Ils vont traverser un village de pêcheurs au bord de la mer d’Aral, où Smith va être pris pour un médecin, et se retrouver des jours durant à soigner les habitants du village… et bientôt tout ceux de la campagne aux alentours !
Ici vivent Layla et Leyli, deux jeunes jumelles qui débordent d’énergie ! Elles n’ont qu’une idée en tête : se trouver deux maris (un pour chacune), idéalement des frères pour pouvoir vivre ensemble… Et bien entendu, ces futurs époux devront être beaux, riches, posséder des centaines de têtes de bétail, proposer une belle dot à leur père, et surtout, supporter ces deux turbulentes jeunes femmes ! Leur père leur trouvera-t-il un parti à leur hauteur ?

Layla et Leyli

Ca fait du bien de quitter un peu le clan de Karluk et d’Amir pour voir un peu ce qui se passe dans d’autres contrée d’Asie Centrale ! Ici on est servi, on est dans un tout autre univers : un village de pêcheur, où le bétail à moins d’importance, avec de nouveaux modes de vie (vêtements, cuisine…). Mais comme partout, le mariage et donc les alliances entre familles sont essentiels !
Les deux jumelles, Layla et Leyli sont deux personnages très comiques, à leur insu : deux petites pestes montées sur ressorts qui ne pensent qu’à leur futur mariage. Elles montent plans sur plans pour essayer de se trouver des maris riches en les piégeant, au grand dam de leur parents. Cela donne des situations cocasses, comme la scène où elles essayent d’assommer un riche chef de tribu avec un poisson, au moment où il traverse la rivière, afin de le sauver et de peut-être se voir proposer ses fils en noce !
Heureusement, leur père va mettre fin à leurs stratégies délirantes pour se trouver un mari en leur choisissant des époux… Gare à la déception !

Je n’ai plus qu’une envie : courir m’acheter le tome 5 !!!

« Le nouvel Angyo Onshi » de In-Wan Youn & Kyung-il Yang

Le nouvel Angyo OnshiJ’ai profité de la dernière Masse Critique de Babelio pour me faire un petit plaisir et relire un manga que j’ai découvert et dévoré il y a 2 ou 3 ans : Le nouvel Angyo Onshi du duo sud-coréen In-Wan Youn et Kyung-il Yang. Et bien qu’il soit créé par des coréens, il ne s’agit pas d’un manhwa, mais bien d’un manga seinen : cette série de BD à été d’abord publiée au Japon dans un magazine spécialisé, Sunday GX.
Un ami me les avaient prêté dans leur édition française originale… épuisée depuis un petit moment. Heureusement Pika Edition les réédite en version « 2 tomes en 1 ». L’idéal pour commencer cette collection perso, moi qui ai toujours hésité à me les acheter d’un bloc sur le marché d’occasion.

Le nouvel Angyo Onshi nous emmène dans un monde en proie au chaos : l’empire Jushin a sombré avec la mort de son Empereur. Mun-Su, un homme seul et déterminé à faire respecter la justice parcourt ces contrées à la recherche de gouverneur corrompus.
Grâce à ses pouvoirs d’Angyo Onshi et son mahai à trois chevaux (une sorte de médaille enchantée), il peut invoquer une armée composée des soldats morts de Jushin, qui l’aident à combattre ses ennemis.
Au cour d’une de ses aventures, il rencontre son Sando (son garde du corps) en la personne de la jeune, jolie et très dangereuse Chun-Hyang… Qui va apprendre en même temps que nous à connaître et faire confiance à Mun-Su.

Le pouvoir du mahai

Les thèmes de ce manga oscillent entre légendes coréenne dont les auteurs se sont inspirés pour leurs personnages et situations, les mondes fantastiques orientaux et occidentaux, teinté d’un brin de steam-punk… Le tout dans un univers assez sombre et oppressant, où vivent esprits, démons, maîtres de illusions… mais aussi des chauves-souris velues kawaii comme celle qui s’entiche du héros 😉
Ce mélange donne un cocktail assez original finalement, et on se plonge très rapidement dans l’histoire… Et le dessin sert parfaitement le récit par son dynamisme et sa finesse !
Dans ce premier volume Mun-Su vit différentes aventures, qui vont poser les bases du récit : comment il récupère son fameux serre-tête et du même coup les services de Chun-Hyang ; la présentation de son gros point faible : ses problèmes respiratoires qui le rendent peu endurant ; mais aussi celle de son super pouvoir donnés par son mahai ! En le brandissant et en criant « Voici venir l’Angyo Onshi », c’est une véritable armé des morts qui vient le servir !

Chun-HyangIl faudra attendre le prochain volume pour découvrir mon personnage préféré dans l’histoire, L’Écuyer  qui par son humour dédramatisera un peu les situations, qui dans ce premier volumes peuvent paraître assez dramatiques.
Il faut avouer que Mun-Su à un sacré caractère… On se demande souvent de quel côté il est : celui du Bien ou du Mal ? Dans tous les cas, il est du côté de la justice… ou du moins la sienne ! Il n’hésite pas à menacer de mort les paysans qu’il vient « sauver », les exhortant à se défendre seul contre les persécuteurs, et de ne rien attendre de personne. Bref, un personnage de héros assez atypique, nuancé et assez qui promet des moments intéressants.
Ce caractère d’anti-héros crée quelques hésitations du côté de Chun-Hyang qui elle semble plus manichéenne dans sa perception du bien et du mal… Je ne dirai pas qu’elle parait niaise par moment, mais presque 🙂 (il faut dire que dans le délire « je me bat au trois quart à poil » n’est pas là pour aider à la rendre plus profonde…).

Une série à découvrir d’urgence si vous ne l’avez pas encore lue !
De mon côté je vais continuer tranquillement cette nouvelle collection… c’est du bon du début à la fin ! Et finalement, j’avais oublié pas mal de détails de l’histoire, c’est donc un plaisir de le relire !
Et merci à Babelio et à Pika Edition pour cette lecture !

Babelio Masse Critique

 

« Ikigami » de Motorô Mase

La série de manga Ikigami de Motorô Mase, c’est pour moi la sortie numéro 1 de ces dernières années en France : on a commencé à le découvrir en 2009, bien que sa parution ait débutée au Japon en 2005. Seinen choc, le 10ème et dernier volume est enfin sorti il y a quelques semaines, et clôt parfaitement cette dystopie qui m’a tenu en haleine ces dernières années !

Dans un pays d’Asie, de nos jours, l’état a mis en place la « loi de prospérité nationale ». Encore enfants, les citoyens reçoivent une injection. 1 sur 1000 contient une capsule qui provoquera la mort de celui qui la reçoit entre ses 18 et 24 ans : cette procédure permet au peuple de se rendre compte de la valeur de la vie au travers d’une « mort honorable » pour le bien de la société. 24 heures avant sa mort programmée, celui qui décédera a la visite d’un membre de l’administration qui lui délivre son préavis de mort, l‘ikigami.
On suit l’histoire de Kengo Fujimoto, fonctionnaire chargé de délivrer les ikigamis, et celle des personnes à qui il apporte cette funeste nouvelle. A force de les côtoyer, Fujimoto va peu à peu avoir des doutes dans le système et la loi de prospérité nationale… ce qui va faire de lui insidieusement un traître à la nation.

Durant ces 10 tomes et 20 chapitres, on apprend à connaitre l’univers où évoluent ces personnages : une dictature certes, mais loin des clichés du type ex-URSS ou Corée du Nord. On pourrait être au Japon, dans un pays démilitarisé, très moderne… La population est maintenue par des lois comme celle de la prospérité nationale, mais aussi une propagande et manipulation médiatique, et une surveillance discrète par diverses administration des « dégénérés », ceux qui critiquent le système, et leurs remise en service après une rééducation.

L’intérêt de l’histoire est double, et est plutôt bien rendue par la structure narrative. A chaque épisode, on découvre le coeur de l’histoire : comment réagiriez-vous si on vous apprenez qu’il ne vous reste que 24 heures à vivre ? La plupart des personnages cherchent à revoir leurs famille, faire le bien autour d’eux… alors que d’autres craquent, cherchent à se venger d’injustice en tuant, commettant des attentats… au risques de jette la honte et le discrédit sur leur famille à leur mort. De beaux moment d’émotion, qui permet effectivement de se questionner sur la valeur de la vie, d’un point du vu personnel et global.
L’autre axe, c’est de voir comment le héros de l’histoire va prendre ses fonctions dans l’administration chargée de délivrer les préavis de mort, comment il va gérer ses premières livraisons, et au fur et a mesure que le temps passe et que les rencontres se font, les questions qu’il se pose sur l’intérêt de tuer 1 jeune sur 1000.

Si dans les premiers volumes on s’intéresse au « comment » de la mise en place de la loi de prospérité nationale (vaccination dans les écoles, dossiers matchant injection et ikigami …), on découvre bien le « pourquoi » de la loi dans le 10ème tome, à mon grand bonheur ! Il y a des séries qui se terminent en queue de poisson, ou de manière très molle, faute de puissance narrative ou d’objectifs clairs de fin de l’auteur. On n’est clairement pas dans ce cas, la série est très bien construite… et pour ne rien enlever, bien dessinée ! Le trait de motorô Mase rend bien toute la tension et l’horreur de certaine scène, tout en étant clair et précis.
Forcément on pense à de grands classique de la contre-utopie, comme 1984 de George Orwell (surtout dans ce dernier volume axé sur la rééducation et la guerre), ou des romans plus récent comme la série des Hunger Games (en moins musclé)… Mais Ikigami ne fait pas que copier, il s’en inspire pour créer un univers original, qui nous permet de nous mettre en garde et de réfléchir par nous même sur le monde qui nous entoure.

Une série vraiment géniale, parfaite pour les fans de SF dystopique, qu’on soit branché manga ou pas !

« Bride Stories » tomes 1 à 3 de Kaoru Mori

Un peu de beauté dans ce monde de brutes ne peut pas faire de mal… Et c’est là tout l’intérêt de cette série de manga dont la parution a débuté en 2009 au Japon, et mise sous le feu des projecteurs au Festival d’Angoulême 2012 ! Difficile de passer à côté en ce début d’année !

Bride Stories se passe en Asie Centrale à la fin du 19ème siècle, et concentre sur le personnage d’Amir. Âgée de 20 ans, et venant d’une tribu nomade, elle se retrouve mariée à un jeune homme d’un clan sédentaire, Karluk, alors qu’il a à peine 12 ans…
On suit sa vie quotidienne au sein de sa nouvelle famille : les repas, l’artisanat, la chasse, les relations avec la belle famille… Jusqu’au jour où le clan d’Amir décide de la reprendre pour la marier à une famille plus puissante !

Autant le dire tout de suite, malgré les petites guerres de clans très anecdotiques, l’histoire n’est pas super palpitante. Tout l’intérêt de Bride Stories pour moi se trouve dans le tableau peint de cette culture d’Asie Centrale. Avec une précision d’historienne ou de sociologue, Kaoru Mori rend vivants ses personnages, et nous aide à mieux comprendre leurs motivations, les villes qu’ils ont bâtit, leur art… On à l’impression sous sa plume de voir (re)naître un monde cohérent, et tout simplement beau.
Ils sont rares les mangas qui me touchent graphiquement parlant, et là, j’en tiens un ! 🙂
Les détails de certaines scènes sont époustouflants. En général les paysages, décors, costumes… sont de simples habillages de fonds, réalisé par les assistants du mangaka. Ici, ils sont au centre de l’histoire, et je ne serait pas étonnée que Kaoru les réalisent elle même ! De vrais morceaux de bravoure !

C’est d’autant plus dommage que l’histoire ne soit pas réellement à la hauteur, bien que le sens de la narration soit maîtrisé et qu’on lise les 3 tomes parus avec plaisir !
Enfin je suis peut être un peu dure… Si le premier volume était un peu trop shojo / shonen pour moi (les inévitables enfant trop « kawaii », Amir dans le rôle de la super chasseuse, l’arrivée des « méchants » vraiment trop dark…), le second et surtout le troisième se rattrapent un peu, en axant plus le récit sur le volet socio-historique de la région, les moeurs de ses habitants… Au travers le regard d’un chercheur européen venu dans la famille de Karluk pour étudier ces peuplades.

Bref, j’aime bien ce manga, et je lirai bien entendu la suite si elle reste à la hauteur des précédents (pourvu que la série ne traîne pas en longueur !)… Il fait rêver malgré tout, et reste très agréable à lire, et à contempler !

« Over Bleed » de 28Round

Une petite série de manga de baston pour changer un peu… Il me fallait quelque chose de léger pour me remettre de La Horde du Contrevent ! Pour le coup, j’ai lu le 3ème et dernier tome d’Over Bleed, du collectif 28Round, composé du dessinateur Jungki Park et du scénariste Sang Young Jun.

Kei et son meilleur ami Akira sont les têtes de turcs de leur lycée, ils se font battre et humilier à longueur de journée… Dépassés, ils décident ensemble de se suicider en se jetant du haut d’un pont dans une rivière. Si Kei s’en réchappe, Akira lui demeure introuvable et est considéré comme mort…
Quelques mois plus tard, Kei tombe sur une site Web sur une vidéo de combat de rue où il croit reconnaitre un Akira métamorphosé, surnommé Bunen, infliger une correction à d’autres combattants ! Il n’a plus qu’une idée en tête : retrouver Akira ! Et pour cela il n’a qu’une seule solution : devenir lui même un combattant urbain

Voilà, rien de bien intellectuel la dedans, mais une bonne histoire de baston qui n’est pas sans rappeler les principes de Fight Club, mais plutôt à base de frustration, vengeance et de dépassement de soi !
Le manga est plutôt bien dessiné, très dynamique dans le trait et dans sa structure de cases. Les dessins semblent lacérés sur les pages, ce qui m’a donné une réelle impression d’énergie et de mouvement… Pour le coup j’ai préféré ce traitement à celui de La Mosca par exemple…
Côté scénario on avance de manière assez classique, crescendo. Kei va d’abord affronter des adversaires « faciles », pour en rencontrer de plus en plus coriaces. Même s’il s’avère être un combattant de génie, il en prend plein la tronche et doit beaucoup à son pote Kôta, boxeur, qui le remet systématiquement en place quand il fait des erreur lors de ses combats.

Bref, pas le manga du siècle mais une série courte (important ces derniers temps), équilibrée, et agréable à lire !

« La Mosca » de Hyung-Kyu Kang

Encore une fin de série de manga !
La Mosca n’est pas à proprement parler un manga, mais son équivalent coréen : manhwa. Très influencé par la culture manga, j’aurai du mal à vous dire où se situe vraiment la différence entre les deux genre… outre le sens de lecture coréen qui est le même qu’en Europe. Un « je ne sais quoi » rend le manhwa plus dynamique, ou sensible, selon certain… vaste sujet à étudier 🙂

Quoiqu’il en soit, je suis cette série depuis maintenant 1 an et demi, qui s’achève sur un 7ème tome  sorti en mars dernier.
Une fin qui était souhaitable, non pas parce que la série avait perdue du souffle, mais justement pour ne pas risquer de perdre son rythme…

La société dans laquelle se déroule l’histoire est totalement accroc à la caféine, au point où elle devient quasiement une drogue…  « La Mosca » est un grand groupe mi agro-alimentaire, mi mafieux, gros producteur de café, dont l’objectif est de livrer de la cafeine de plus en plus puissante, pour rendre les consommateurs de plus en plus dépendants.
Sur une île surmontée d’une forêt vierge dense leur appartenant, ils ont installé leur siège (laboratoire, usine…), et font venir régulièrement du continent des travailleurs pour ramasser le café… En fait de café, il s’agit de chasser des monstres créés par « La Mosca », dont la corne est gorgée de caféine surpuissante !
On va suivre particulièrement Hiken, venu sur l’île pour retrouver sa soeur Hina qui a été emmené là quelques semaines avant lui. Il va rencontrer rapidement Nakaï, qui lui aussi recherche quelque chose sur cette île.

Bastons et action sont donc au rendez-vous ! On est plutôt dans le type seinen, vu les sujets traités : drogue, ultra violence, jeux de pouvoir… Dans un climat digne des pire épisodes survivalistes de Bear Grylls !
Les « récolteurs » de café sont confrontés à des monstres issus de croisement entre une fourmi caféophage et de n’importe quel autre animal, du moment qu’il est énorme et puissant… Nos héros seront donc confrontés à des abominations surexcitées par la caféine, eux même étant rendu accroc au café pour tenir le choc et continuer la chasse. Pas beaucoup de temps mort et de repos pour les personnages, ainsi que pour le lecteur ! 😉
L’histoire tournant autour du café est intéressante, je l’ai trouvé assez justifiée par rapport au marketing autour du café actuellement (surtout en Asie parait-il ?). Le côté action n’est pas désagréable, les méchants sont parfois effrayants, d’autres fois ridicules… Les héros eux, gardent bien leurs places de héros, sans tomber dans l’extrême du « super-gentil ».
Bref, un bon moment de lecture.

Pour ce qui est des dessins, j’étais un peu réservée au départ, trouvant les posture parfois trop statique… mais globalement c’est plutôt pas mal ! Les personnages principaux ont de bonnes têtes… Les monstres sont vraiment réussis je trouve : une espèce de tête de fourmi un rien kawaii, avec un corps d’un autre animal en dessous (éléphant, gorille…). Ca donne un hybride très étrange, surprenant, et finalement assez flippant !

Bref, je conseille si vous n’avez rien à vous mettre sous la dent en manga en ce moment, ça n’est peut être pas la BD du siècle, mais la série assez courte de 7 tome est homogène, tiens un bon rythme, et est plaisante à lire… Du bon quoi ! 🙂