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« Retour à Cold Mountain » de Charles Frazier (Etat de la Caroline du Nord)

Afin de continuer vaillamment le challenge « 50 états, 50 pays », je me suis lancée dans la lecture d’un livre que d’un premier abord, je n’aurai pas ouvert : Retour à Cold Mountain de Charles Frazier, dont a été tiré un film que je n’ai pas vu, mais qui ne m’attire pas plus que ça. Et bien j’aurai raté quelque chose en m’arrêtant à cela ! Ce roman n’est pas juste une histoire d’amour ou se mélange le drame de l’histoire, mais un vrai petit bijou de poésie et d’aventure !

Nous sommes en 1864 en Caroline du Nord. La guerre de Sécession qui oppose soldats Confédérés au sud à ceux de l’Union au nord dure depuis 4 ans et a tué bien des hommes des deux côté. Inman, soldat Confédéré originaire de la région de Cold Mountain a été gravement blessé lors d’un combat et se retrouve à l’hôpital, loin de chez lui…  en repensant aux tenants et aboutissant de cette guerre, il décide de déserter et de retourner à Cold Mountain, revoir ce pays qui est le sien, et la femme qu’il aime, Ada. Une longue route l’attend, un vrai voyage initiatique !
De son côté Ada est restée dans la maison de son père à Cold Mountain, pasteur récemment décédé. Il n’y a plus d’homme dans les villes et villages pour travailler. Ceux qui n’ont pas fui ont tous été envoyés au front, sans trop d’espoir de retour ! Elle va devoir apprendre à cultiver la terre, s’occuper des bêtes… si elle souhaite survivre à l’hiver. Et sa rencontre avec la jeune Ruby va bien l’aider !

Ce roman est comparé à l’Odyssée, et je dois avouer qu’on y pense immédiatement lorsqu’on lit les pérégrinations d’Inman, qui tente de revenir chez lui. Il va faire de nombreuses rencontres durant son voyage, bonnes et mauvaises. Tout cela va au fur et à mesure le réintégrer dans la société humaine (dans ce qu’elle a de meilleur et de pire), qu’il a presque oublié après 4 années de combats, de violence et d’horreur ! Ça sera à lui de choisir la conduite à tenir face à telle ou telle personne ou situation : continuer à avancer vers son objectif, ou s’arrêter… Tout s’enchaîne à partir de décisions prises plus ou moins longtemps avant, un peu comme un effet papillon…Cela est parfois assez ironique : le destin ne manque parfois pas d’humour !
Mais outre ce personnage masculin, il y a Ada qui n’est pas une simple Pénélope… Déjà ils ne vivent pas un amour fou, mais hésitant… Et la plus grande partie de son temps est désormais orientée vers la manière dont elle pourra survivre, maintenant qu’elle est seule. Il y a un contraste assez prononcé entre Ada et celle qui deviendra son amie, Ruby. Ada vient d’une famille de la petite bourgeoisie, son père était un pasteur, avait de l’argent, et a acheté une ferme pour son plaisir… et surtout l’a protégée comme une petite enfant de tous les problèmes de la vie. Mais aujourd’hui l’argent de son père ne vaut plus rien à cause de la guerre ! L’inflation est galopante dans les états du sud, et seul le troc va lui permettre de pouvoir manger. Ruby n’a jamais eu d’argent, et a été laissée à elle même par son père dès son plus jeune âge : elle a appris à chasser, cueillir, cultiver, troquer… et va aider Ada à grandir !
Je me suis assez attachée à ces personnages, qui sont profonds et intéressants dans leurs forces et leurs faiblesse…

L‘écriture en elle même a un rythme très lent et posé, ce qui me change des thriller ou romans de SF que je lis habituellement : on est dans un roman assez contemplatif, un hymne à la nature. Habituellement je me lasse vite de ce type de livre, mais là j’ai été transportée !
Le fond du récit m’a aussi beaucoup plu, et je l’interprète comme cela : la créativité et le bon sens priment sur l’éducation classique. Le savoir et l’art deviennent alors authentique… On a l’impression que ces habitants des tous jeunes Etats-Unis larguent peu à peu les amarres de la culture européenne (et surtout Ada qui a été élevée dans ce sens, avec les règles de bienséance et tout) pour créer leur propres repères et valeur : ont voit émerger une culture américaine !

La guerre et son côté inhumain m’ont rappelé Johnny s’en va-t-en guerre, et la grande question : pourquoi un homme doit il quitter sa terre et les siens pour se battre pour des généraux et des politiciens ?
Surtout que la guerre de Sécession parait être une introduction aux futures grandes guerres du 20ème siècle à lire ce roman, dans ce qu’elle ont eu d’horrible : premiers obus, armes à feu, vagues d’hommes utilisés comme pure chair à canon, guerres de tranchées… Les descriptions des grands combats narrés par Inman ou d’autres soldats rivalisent d’horreur ! Et ça n’est rien face aux déserteurs fusillés par les soldats de leurs propres camps, pour l’exemple, ou le plaisir…

Un roman que j’ai beaucoup aimé, et que je conseille donc, l’alternance chapitre après chapitre de l’histoire d’Inman et d’Ada est un vrai plaisir, et vous fera surement autant voyager que moi !

 

Je n’aurais jamais pu soupçonner que la Caroline du nord contenait tant de beauté, comme décrites dans ce roman ! Si certaines régions semblent grises et austères à Inman, les montagnes de cet état semblent fantastiques ! J’ai bien fait de commencer ce roman en revenant de mes vacances dans le Vercors, qui m’ont donné des images de paysages un peu plus vallonnés que la région parisienne… Bref, de quoi nourrir mon imaginaire 🙂

La Caroline du Nord est donc une région entre l’Océan Atlantique et les Appalache, cette grande chaîne de montagne à l’Est des USA, qui forme sa frontière à l’ouest avec le Tennessee.
Cold Mountain qui culmine à 1800m environs, est située dans la partie orientale des Appalaches, les Blue Ridge Mountain, et plus particulièrement les Great Balsam Mountain… Contrairement à ce qu’on pourrait penser, ça n’est pas le point le plus haut de l’état, qui est le Mont Mitchell avec ses 2037m !
Plus bas, au pied de ces montagnes, les collines du Piedmont américain où est cultivé le coton, le soja, le melon et le tabac. L’industrie du tabac est assez importante aujourd’hui encore dans l’économie de la région.

Contrairement à ce que je croyais, cet état ne doit pas son nom à une jeune femme, reine ou princesse, mais au roi Charles Ier d’Angleterre… Et son histoire remonte presque aux origines de la colonisation du territoire américain : la Caroline est la seconde colonie britannique, bien que découverte par les Espagnols en 1512. La région va changer de main lorsque la reine Elisabeth Ière concède ce morceau de terre à Walter Raleigh, explorateur et courtisan anglais. Mais il échouera dans sa tâche d’établir une colonie durable dans cette région.
A noter qu’on doit à Raleigh le nom de la capitale de la Caroline du Nord et l’introduction du tabac en Angleterre… Et oui, il n’a pas fait que des bonne choses :s
Bref, les amérindiens ont pu pendant quelques années encore vivre tranquillement sur leurs terres (même si les Cherokee ont du prendre la route de la piste des larmes vers les années 1830)… Mais en 1663 le roi Charles II d’Angleterre envoi plusieurs émissaires hauts placés peupler et civiliser ces régions, avec l’aide d’esclaves. Ainsi, la Caroline devient une région où la culture du tabac permet l’essor de grandes plantations… et peut-être les précipiter plus facilement dans la guerre de Sécession de par leur dépendance à l’esclavagisme.
En 1729 la Caroline est divisée en deux : Caroline du Nord, et Caroline du Sud. A partir de cette période, une forte immigration écossaise va permettre de peupler les riches terres de Caroline du Nord.
En 1775, la Caroline du Nord est la 13ème des Treize colonies a se révolter contre l’Empire Britannique, et a rentrer dans la guerre d’Indépendance !
Pendant la guerre de Sécession, la Caroline du Nord est du côté des états Confédérés, à partir de 1861. Et à lire ce roman, on se dit qu’elle a payé un très lourd tribu en hommes pour cette guerre…

Aujourd’hui la ville la plus grande avec plus de 750 000 habitants est Charlotte, belle proportion de ses 9,5 millions d’habitant qui font de cet état le 10ème état des USA.

Bref, un état tentant du point de vu touristique, si ses montagnes sont à la hauteur du roman de Frazier !

 

« La vie secrète de E. Robert Pendleton » de Michael Collins (Etat de l’Indiana)

Après une très courte pause, me revoilà à l’assaut des USA avec le challenge « 50 états, 50 billets«  ! Cette fois nous partons en Indiana, avec le roman policier de Michael Collins paru en  2006, La vie secrète de E. Robert Pendleton. Tout un programme 🙂

Au milieu des années 1980, E. Robert Pendleton est enseignant de lettres dans une université de l’Indiana. Il se considère comme un écrivain raté, contrairement à son ancien camarade de fac, devenu son rival, qui débarque pour une conférence dans l’université où il travaille afin de parler de son best-seller.
Ne supportant plus la comparaison avec lui, et pour en finir avec le harcèlement de ses pairs et sa solitude, il décide de se suicider. Mais c’était sans compter sur la jeune doctorante Adi qui le retrouve avant qu’il trépasse. Sérieusement handicapé, Robert est devenu une sorte de légume… C’est alors qu’Adi découvre dans sa cave un livre qu’il n’a jamais diffusé, Le Cri. Un vrai chef d’oeuvre littéraire quasi autobiographique… si ce n’est cette scène de meurtre d’une jeune fille de 13 ans, qui ressemble étrangement à une affaire non élucidé s’étant déroulé à la période où il l’a écrit…
Robert a t-il vraiment tué cette jeune fille, ou s’est-il inspiré de ce crime pour écrire son roman ? D’autres personnes se poseront-elles la même question à la lecture de ce livre ?

C’est une enquête assez intéressante devant laquelle on se retrouve, qui pose des questions sur l’art et l’écriture : où se situe la limite entre la fiction et la réalité. Au fur et à mesure des interprétations du roman de Pendleton, les experts littéraires y voient un récit génial, quasi-nietzschéen qui nie l’existence de Dieu… puis les policiers y trouvent les indices d’un meurtre, où la superbe fiction devient une autobiographie. Toute l’analyse artistique devient de plus en plus fumeuse, que ce soit du côté des universitaires, des critiques littéraire, ou du péquin moyen : l’auteur semble vouloir nous démontrer que ce domaine est une grande branlette intellectuelle ! Bref, j’ai eu l’impression d’être devant une critique du monde universitaire et littéraire, qui ont le « grand » pouvoir d’attribuer des prix, sortes de bons-points pour les grands…

Enfin si le concept est intéressant, je n’ai pas pris plus de plaisir que ça à le lire : le style est mou et rebutant ! Je ne sais pas de quoi ça vient, mais il y a un truc qui m’a gêné… Dans le rythme peut être, ou le découpage… De plus si je me suis questionnée au début du roman, j’ai rapidement découvert le coupable, vers le milieu du livre… Il suffit de faire attention aux recoupements et indices.
Pour ne rien arranger les personnages sont antipathiques… Enfin ça n’est peut être pas un mal 😀 Ils ont tous un truc à se reprocher, un trait de caractère ou des actions passées qui en font des personnages auxquels j’ai eu du mal à m’identifier.

Bref, ça n’est pas un grand roman policierPas désagréable à lire objectivement, mais vraiment pas un livre que je conseillerais spontanément !

Pas évident de trouve un roman se passant dans l‘Indiana… Et pourtant cet état du Midwest n’a rien qui pourrait faire peur à un écrivain je pense ! Preuve en est, un des musicien les plus connu de ces 50 dernières années est né là bas : Michael Jackson (et ses frères) 😉

Mais bien avant ces illustres habitants, cet état était peuplé d’Amérindiens (Potawatomis, Shawnees, Iroquois, Huran, Delaware, Mohican, …), comme son nom nous le rappelle : Indiana, terre des Indiens. C’est au 17ème siècle que les Français vont explorer la région, en passant par le Canada et le Saint-Laurent. Les Canadiens y fondent « Le pays de l’Ohio« , qui fait la jonction entre le Canada et la Louisiane Française. Les Britanniques en 1763, au terme de la Guerre de Sept ans, récupèrent ce territoire, mais le cède la même année aux États-Unis. L’Indiana et l’Ohio sont alors encore réunis, en il faudra attendre 1816 pour que l’Indiana devienne un état des USA à part entière.

Indianapolis est la capitale de l’état depuis 1825, choisie non pas pour son importance mais sa position centrale… Aujourd’hui c’est la première ville de l’Indiana, avec 1,7 millions d’habitants dans son agglomération, ce qui correspond à un joli pourcentage sur les 6,5 millions d’habitants de l’état.
Historiquement, l’état à été peuplé par des Anglais, des Allemand, des Irlandais… Ces habitants sont appelés les « Hoosiers » (1830), terme qui devient peu à peu péjoratif. Le Hoosier devient un synonyme de « bouseux », ou « redneck »… à moins qu’il puise finalement son origine dans cette dénomination ?
Quoiqu’il en soit, ce terme officiellement adopté par l’Indiana fait penser à un état agricole, ce qui est assez vrai : situé au sud des Grands Lacs, la terre est très riche en limon et un climat subtropical humide permet de faire pousser du soja, du maïs, du blé, mais aussi des fruits et légumes, et des fleurs…
Le gros de l’économie de l’état ne provient pourtant pas de l’agriculture, mais de l‘industrie : l’acier, les produits pharmaceutiques, automobiles… C’est un état industrialisé, assez urbain. Bref, peu de chemins de randonnées au milieu de la nature sauvage susceptibles de m’intéresser 😉

« Johnny s’en va-t-en guerre » de Dalton Trumbo (Etat du Colorado)

Lecture coup de poing et coup de coeur : Johnny s’en va-t-en guerre de Dalton Trumbo est une histoire que j’avais très envie de découvrir depuis quelques mois, sous la forme du livre ou du film qui en est tiré… Inclinaison personnelle oblige, j’ai préféré m’attaquer d’abord le livre, avant d’essayer de le trouver peut être en DVD, ou autre.

Mais pourquoi cette volonté de le lire, me demanderez-vous ? C’est parfois difficile de retracer ce qui vous ammène à une lecture… Mais cette fois je sais parfaitement comment ça c’est passé.
Comme certain le savent, j’aime beaucoup le métal. En faisant un petit tour des clips sur Youtube, alors que je lisais Fargo Rock City, un titre m’a interpellé : One de Metallica, le clip original de 1988 sorti sur l’album And justice for all. Je connaissais la version studio, mais ce clip m’a fait l’effet d’une gifle, en samplant la musique géniale de Metallica à des extraits d’un film que je ne connaissais pas : Johnny got his gun. Les paroles de la chanson prennent alors une dimension autres, la vidéo étant ponctuée par les images noir et blanc montrant Joe sur sont lit, des images de guerre… avec les dialogues du film, comme sortis d’outre-tombe…  J’en ai les poils qui se hérissent sur tout le corps rien que d’y repenser !
Je me suis donc dit que si j’aimais tant son traitement dans le clip, je risquais aussi d’apprécier le livre. Et en cherchant bien, j’ai aussi découvert qu’une partie de l’histoire se passe au Colorado, état qui je n’avais pas encore traité pour le challenge « 50 états, 50 billets ».

C’est donc avec beaucoup d’appréhension que je voulais me lancer dans cette lecture. Il y a des livres comme ça qu’on attend, et qu’on ouvre un jour avec un recueillement quasi religieux… en espérant ne pas être déçu par la barre qu’on a mise si haute de l’avoir tant fantasmé.

Johnny s’en va-t-en guerre raconte histoire de Joe Bonham, soldat américain envoyé au Front durant la Première Guerre Mondiale. Il se réveille dans un lit d’hopital, et au fur et a mesure de sa sortie de l’inconscience, il réalise avec horreur qu’il est non seulement blessé, mais aussi amputé des 4 membres, sourd, aveugle, muet, sous respirateur artificiel… Et surtout seul au monde, coupé du reste de l’humanité. Il se remémore sa jeunesse, les instants avant son départ pour la Grande Guerre, et se pose des questions sur le sens à donner à tout ça… et surtout comment essayer de redevenir un être humain.

Son auteur, Donal Trumbo, est un pacifiste reconnu, un des « Dix d’Hollywood » dans les années 40-50 qui n’a pas voulu se soumettre au pouvoir durant la fameuse période de la « chasse aux sorcières » de McCarthy aux USA. Il faisait figure de traître gauchiste, et fut incarcéré pour avoir refusé de témoigner devant une commission du Congrès des activités anti-américaines, à une époque où les citoyens se vendaient les uns les autres par peur d’être accusés d’être communistes. Il est aussi connu pour être le scénariste de films, comme Spartacus de Kubrick, après son exil. Il va porter à l’écran lui-même son roman Johnny s’en va-t-en guerre en 1971.
Ce récit a été écrit en 1938 et est paru en 1939, à l’aube de la Seconde Guerre Mondiale. Mais c’est pendant la guerre du Viet-Nam qu’il va connaitre un second souffle, le texte ayant été lu à plusieurs regroupement pour la paix. C’est comme cela que l’auteur de la préface de l’édition française, Ron Kovic, va découvrir ce roman. Si son nom vous est inconnu, je pense que comme moi vous le connaissez déjà, ce Ron Kovic : c’est le héros et auteur du film et roman Né un 4 juillet : Johnny s’en va-t-en guerre a changé sa vie, et lui a donné la force de s’engager dans l’activisme politique après des années d’errance.
Si après ça on doute encore d’être face à un grand livre

La Première Guerre Mondiale, ça parait très très loin, mais grêce à cette histoire on se rend compte de ce qu’était cette époque : l’aube du millénaire, où les gens nourissaient plein d’espoirs sur les technologies comme l’aviation pour apporter la paix… Mais en même temps c’est le temps de la dernière guerre où on partait la fleur au fusil, une « guerre romantique » comme dit Trumbo… mais qui avec le recul s’avère la guerre la plus atroce jamais menée.

Ce qui est agréable et assez surprenant, c’est la manière dont est écrit le livre : l’unique narrateur est Johnny, nous n’avons que son point de vue… il raconte son histoire et ses pensées avec des mots simples (c’est un gars « normal », un ouvrier californien). Le rythme des phrases, le découpage des chapitres, est très moderne… Il permet de s’identifier à Joe, de comprendre sa frustration, sa colère, sa tristesse, son incompréhension, mais aussi sa volonté de faire quelques chose de ce qu’il lui reste de vie, de ne pas s’apitoyer sur lui même ! Tout cela en fait un livre assez dur quand on y réflechi, mais pas du tout glauque ou trash… on relève même des pointe d’humour par moment !

Cette histoire me fait forcément penser à La chenille de Suehiro Maruo, manga extrait du roman de Ranpo… paru 10 ans avant le roman de Trumbo : on y traite des mêmes problématiques, arrivées à des milliers de kilomètres des USA. Mais outre le rapport aux gueules-cassées, la ressemblance s’arrête là tant leur traitement est différent.
Dans La chenille on est dans « l’eroguro » pur et dur, sexuel, violent, chaotique, surréaliste et grotesque (dans le sens grand guignolesque du terme, attention), et surtout vécu en couple et par de là bien par un homme bien vivant… Le rapport aux sens et au sensuel est bien différent dans ce roman où  Joe est seul, entre deux mondes, dans les limbes de sa pensée. Le discours est plus intérieur, plus solitaire : son sort est véritable annihilation de l’être humain, comme une déchirure, provoqué par une guerre qui a balayé tout ce qu’a été Joe, tout ce qu’il est et pourrait être.

Comme vous l’avez compris, je suis emballée par ce livre… au point où je pense qu’on devrait le faire lire à l’école ! Ça serait utile pour le sens de la critique sociale des futures générations ! Même si une oeuvre à la portée de celle-ci devrait faire serrer les fesses de tous nos dirigeants, tant la critique de Johnny envers le pouvoir est dur et plutôt bien vu…
Par exemple, sa réflexion sur l’intêret d’aller se battre pour des principes et des idées (liberté, démocratie…) mal définies, sur les gouvernements qui en envoient leurs citoyens à la mort en ce nom alors qu’eux même ne mettent pas leurs propres vies en jeu, et quand bien même, qu’en étant mort ces principes ne permettront pas à d’autres de les faire fructifier… Il remet en cause l’absence de contrat social et idéologique entre les ceux qui partent se battre et ceux qui veulent qu’ils se battent : quel intérêt, pour qui, à quel prix ? Il dénonce le mensonge  de la mort « noble », qui de toute façon ne l’est pas, car quand on est mort on n’est plus rien… Même si aujourd’hui ce discours n’a rien de provoquant, ça fait toujours du bien de l’entendre, et de le dire (surtout quand on voit les guerres « de principes » qui ont encore et toujours lieu) !

Un coup de coeur donc : c’est le genre de livre que j’aimerai distribuer dans le métro, dans la rue… tant il est bien écrit et que son message est important. Mais plutôt que de dévaliser les librairies, je vais me contenter de le prêter autour de moi !

Comme beaucoup d’état, le Colorado a initialement fait parti de la Louisiane française, du moins sa partie orientale… L’occident appartenant alors à la Nouvelle-Espagne, à qui il doit son nom d’origine hispanique signifiant « de couleur rouge », du fait de la couleur de la Rivière Colorado. Il faudra attendre 1803 pour que la partie française soit vendu aux Etats-Unis. Après l’indépendance du Mexique, le Colorado appartient a ce nouvel état. Le Colorado fera parti de Etats-Unis qu’en 1848 après le traité de Guadalupe Hidalgo qui fait céder au Mexique ses territoire du nord au profit des USA. Il faudra tout de même attendre 1876 pour que le Colorado devienne le 38ème état des Etats-Unis.
Avant et pendant les période de colonisation des Européens, les Amérindiens vivaient nombreux sur ce territoire : Apaches, Cheyennes, Shoshones… mais furent chassés les uns après les autres, et il reste très peu de descendants de ceux-ci aujourd’hui.

Le Colorado doit son expansion démographique en premier lieu au commerce des fourrures, mais aussi et surtout à la ruée vers l’or et l’argent à partir de la moitié du 19ème siècle… C’est ainsi que Denver c’est agrandi et est devenu la capitale de l’état. Aujourd’hui encore, la moitié de ses 5 millions d’habitants vit à Denver et dans son agglomération.

Etat de montagnes, haut plateaux, terres arides… le Colorado est l’état le plus haut des USA : son point le plus bas est situé à 1000 mètres d’altitudes ! En plein sur le sud des Montagnes Rocheuses, il possède plusieurs 10aines de pics et monts, dont le plus haut de la chaîne, le Mont Elbert qui culmine à 4401 mètres. Une manne pour le tourisme et les stations de ski en hiver !
C’est donc un paysage rêvé pour les amoureux des grands espaces sauvages et les parcs naturels : Mesa Verde, Black Canyon, Dinosaur Monument (riche en fossiles),  Great Sand Dunes, Rocky Mountain… qui jouissent de climats très différent, et ont donc des physionomies très différentes climat sec ou aride, humide, où passent des tornades (le Colorado est en parti situé sur la Tornado Alley) ou des orages violents…
Mais ces espaces sont aussi problématiques, comme on l’a vu en juin avec le grand incendie qui a ravagé des 10aines de milliers d’hectares de végétations, mais aussi d’habitations !

Mais le Colorado n’est pas composé que d’espaces naturels : l’agriculture et l’élevage sont les secteurs clés de l’état, ainsi que les mines d’or, d’argent, et d’uranium. Les secteurs secondaires et tertiaires ne sont pas en reste : administrations, armée, énergies, produits agro-alimentaires… Un des 3 états leader pour mettre en place une entreprise, bien placé dans la richesse moyenne des habitants
La population, composée de descendant de Mexicains, Espagnols, Allemands, Anglais… mais aussi d’Afro-Américains, est une de celle en plus bonne santé aux USA ! C’est au Colorado qu’est la plus basse proportion d’obèses aux USA… Un pays de sportifs, proches de leurs grands espaces ? A moins que cela vienne de leur cuisine du Sud Ouest et des Rocky Mountains : des ingrédients locaux comme le boeuf et le bison, des viandes saisies, des légumes, ainsi que des inspirations mexicaines avec les épices, le maïs…

Un état que j’aimerai beaucoup visiter, pour ses grands parc et sa cuisine… Même si la récente fusillade d’Aurora durant la projection du dernier film de la série des Dark Knight à valu la vie de 58 personnes, et rend un peu moins sympathique la région…
Un jour peut être ?

« Un dernier verre avant la guerre » de Dennis Lehane (Etat du Massachusetts)

Une fois de plus, une jolie découverte grâce au challenge « 50 états, 50 billet » : pour traiter du Massachusetts, je me suis attaquée à la saga de thriller « Kenzie et Gennaro » de Dennis Lehane en lisant leur premier volet de la série Un dernier verre avant la guerre, paru en 1994.
J’ai été tentée par ce roman noir car j’avais adoré le film Gone, baby gone, de Ben Affleck, qui est en fait une adaptation du 4ème épisode de cette série ! Et je n’ai pas été déçue 🙂

Nous somme dans les banlieues sud de Boston, au début des années 1990. Patrick Kenzie et Angela Gennaro, amis depuis l’enfance, ont fondé leur cabinet de détectives privés, et les choses roulent plutôt pas mal pour eux. Ils se voient proposer un contrat assez simple par deux politiciens : retrouver la femme de ménage de l’un d’eux, qui a disparu en emportant des documents officiels très importants… Juste la retrouver.
Mais les évènements vont se précipiter : ils vont vite s’apercevoir que cette femme de ménage Noire, Joanna, n’est pas une simple voleuse, et que les document en sa possession pourraient faire tomber bien des têtes hautes placées. Et pour ne rien arranger, ils vont aussi s’apercevoir qu’ils ont mis les pieds au plein milieu d’une lutte  entre des gangs rivaux

Un thriller assez dur, qui oscille entre violence ordinaire et combats urbain : femmes battues, racisme ordinaire, enfants maltraités… jusqu’à l’apogée où chacun veut faire sa lois et que les querelles finissent en véritable bataille de rues. Il y a donc beaucoup de baston, de coup de flingue, de morts et de blessés… mais aussi un certain sens de l’humour, mais on rit jaune.
La plume de l’auteur, cinglante, précise, prend de l’ampleur en faisant de Kenzie son narrateur : un excellent enquêteur qui cache un gamin traumatisé par son père « le Héros » qui en avait fait son puching-ball. Angie, au caractère bien trempé, n’a pas une vie rose non plus : marié a un homme violent qu’elle se répugne à quitter, elle est régulièrement battue, au grand désespoir de Kenzie qui craque pour elle. J’ai vraiment appréciés ces personnages, pour leur faiblesses qui les rends plus humains, mais aussi leurs forces qui rend leurs aventures palpitantes ! Et autour d’eux, le monde parait bien sombre aussi, ce qui donne une sacrée impression de réalisme à ce récit.
Le focus est mis sur les problèmes raciaux : Noirs contre Blanc, les pourquoi et comment du racisme dans les rues des banlieues de Boston, qui a beaucoup à voir avec la colère et la peur, avant de comprendre qui tire profits de ces batailles rangées.
On a vraiment l’impression d’être plongé dans les bas fonds d’une grande ville américaine, à grand renfort de détails sur la ville et les gens qui y habitent : la musique, l’architecture, les magasins, les looks de l’époque, … Un vrai voyage, glauque, mais passionnant !

Encore une série à continuer donc, j’ai adoré ce roman et l’ai dévoré ! Rendez-vous donc bientôt avec le second volume de la saga Ténèbres, prenez-moi la main !

Avec le Massachusetts, qui tiens son nom d’un tribus amérindienne éponyme signifiant « lieu de la grande colline », nous refaisons une incursions dans les états du nord est des USA, dans la région de la Nouvelle Angleterre.

De la Grande-Bretagne, le territoire a hérité de ses premiers habitants : des colons puritains, les Pères pèlerins, arrivé dans le fameux Mayflower en 1620, et considéré comme les pères fondateurs des futurs Etats-Unis ! Un sacré morceau d’histoire des USA c’est donc déroulé dans le Massachusetts.
Et ce n’est pas tout : la tradition veut que la Thanksgiving ait été fêtée pour la première fois aux USA dans cette toute jeune colonie ! Perdus dans un territoire inconnus, affamés, les Père pèlerins n’ont du leur salut qu’à l’aide d’une tribus locale, les Wampanoag, qui leur ont offert à manger, et appris à se débrouiller tout seul en pêche et chasse. La Thanksgiving, l’Action de grâce, est une fêtes plus importante que Noël dans pas mal de familles américaine aujourd’hui encore : c’est à ce moment là qu’on mange la fameuse dinde en famille. Outre sa valeur religieuse, elle symbolise le bonheur d’avoir trouvé des terres accueillantes. Bien entendu pour les Amérindiens, cette fête est plutôt un symbole de la destructions de leurs coutumes et traditions…
Repus, les Père pèlerins fondent Plymouth, et d’autres immigrés suivront rapidement pour coloniser la baie du Massachusetts.
Si les pasteurs fraîchement arrivés tentent d’alphabétiser et d’évangéliser les Amérindiens vivants sur ce terres, ce geste restera sans conséquences : les guerres entre Blancs et Indiens font rage malgré des débuts encourageant, ce qui laissera peu de représentant des tribus de natifs américains vivants…
Très religieux et « un peu » superstitieux, les habitants du jeune Massachusetts lancent la célèbre chasse au sorcières de Salem en 1692 : une vingtaine de personnes sont alors exécutées pour sorcellerie.
En 1763, le Massachusetts fait parti des 13 états se révoltant contre la Grande-Bretagne, devenant alors les premiers états des USA.
Les vagues d’immigrations suivante amèneront bien entendu des Anglais, mais aussi beaucoup d’Irlandais (25% des origines ethniques actuelles), des Italiens, Afro-américains…

Si l’état a pour lui d’être à cheval entre montagnes, forêts, fleuves, océan Atlantique… qui offrent de jolis paysages, le Massachusetts est surtout connu pour sa capitale, Boston, la plus européenne des villes des Etats-Unis. Sur ses 6,5 millions d’habitants, 4,5 vivent dans la ville et sa métropole.
Malgré ce fort taux d’urbanisation, l’agriculture est un secteur économique important, avec notamment la culture de canneberges et leur transformation (jus, conserves…).
L’état jouit aussi d’un très haut revenu moyen par habitant, le second des USA, bien que le taux de pauvreté flirte avec les 10%…
Malgré son passé puritain le Massachusetts est assez progressiste : bien que la peine de mort soit encore en vigueur, elle n’est plus appliquée.

A Cambridge, on retrouve la très connue Université d’Harvard, la plus ancienne et riche des universités des USA. Fondé en 1636, l’université est aussi aujourd’hui reconnu pour la qualité de son éducation. Pas moins de 45 Prix Nobel sont sortis de Harvard, et 8 Présidents américains ! Outre les salles de cours, résidences universitaires… Harvard possède une des bibliothèques les plus importante du monde, et des musées d’art dont certains possèdent des oeuvres de Poussin, Monet, Rodin… Un vrai centre culturel orienté vers l’élite !

Voici donc un état qui à l’air agréable à vivre, même si le roman donne de Boston et de sa région une vision un peu moins rose 😉

« 50° au-dessous de zéro » de Kim Stanley Robinson (District de Columbia)

50° au-dessous de zéro, second volume de la saga « Capital Code » écrit en 2005, après Les 40 signes de la pluie, me paraît bien de saison en ces périodes de réchauffement climatique, fonte de la calotte glacière au Groenland et été biens pourris un peu partout dans le monde, entre pluie et sécheresses… Scénario catastrophe climatique avec ce roman qui me permet une fois de plus de remplir une mission pour mon challenge « 50 états, 50 billets », avec le District de Columbia aujourd’hui !

On retrouve donc les personnages du premier volume, après les scènes d’inondation de Washington et de ses banlieues : le couple Quibler et Frank, ainsi que la délégation Kembalaise. Sauf qu’après le grand déluge, la capitale des USA n’a plus vraiment la même physionomie… Si les Quibler suivent leur train-train quotidien, Frank a connu un choc spirituel en écoutant le chaman Kembalais Rudra lors d’une conférence, puis en ayant le coup de foudre pour Caroline dans un ascenseur bloqué. Il décide de changer de vie, tout en obtenant une promotion à la NSF : vivre dans le parc de Rock Creek au coeur de Washington, dans les arbres, auprès des animaux échappé du Zoo national lors de l’inondation, et les marginaux au ban de la société.
Et il lui faudra s’accrocher, car  l’hiver s’annonce difficile : le réchauffement climatique fait fondre les glaces au Pôle Nord, et les pluies diluviennes ont réduit la salinité de l’Océan Atlantique… Le Gulf Stream va ralentir, lui qui permet d’avoir un climat tempéré en Europe et à l’Est des USA… Une nouvelle ère glaciaire s’annonce, à commencer par un hiver des plus rigoureux !

Ce roman m’a paru moins ennuyeux que le précédent, car on se focalise plus sur Frank et moins sur les Quibler et leur vie de famille. Il devient un héros auquel j’ai pu m’identifier : son attrait pour l’anthropologie et la sociologie, son désir de changer sa vie, d’aider les autres avec ses moyens, ses doutes, son combat pour l’écologie sans être un militant… Il décide de vivre en mode survivaliste dans un arbre alors qu’il a de quoi louer un apart’ : ce côté freegan, qui choisi le minimum par plaisir d’être libre et non par contrainte m’a emballé ! Sa relation aux animaux du zoo qu’il cherche à pister, aux autres groupes d’individus comme les joueurs de freesbee, ou les clochards du parc… en font un humain qui gagne à être connu. Il est l’homme qui change, l’homme qui marche !
En ce qui concerne le couple Quibler, on les voit heureusement moins, leur rôle est presque cantonné à être le lien social de Frank avec le reste de ses concitoyens. Leurs apparitions me paraissent toujours aussi ineptes… Anna est là pour mettre en avant le côté d' »homme qui change » de Frank, elle qui vit dans les habitude de la famille installée.

Il y a quand même quelques scène bizarres, comme le coup du voyage des Quibler et de Frank et de la délégation Kembalaise sur l’ile de Khembalung : je ne vois pas trop l’utilité de celle-ci, si ce n’est pour montrer rapidement une île qui se fait engloutir, et se servir des habitants comme excuse pour faire de Joe (le gamin hyperactif des Quibler) une sorte de réincarnation divine Bof bof… Décidément j’ai vraiment beaucoup de mal avec les personnages de la famille Quibler, tant ils sont artificiels. Charlie en père mou, Anna trop flegmatique et « positive » à l’américaine, le fils Nick qui n’a que 6 ou 7 ans mais qui a des répliques d’un jeune homme, et Joe qui me fait décidément dire que les enfants en bas âges, c’est vraiment pas pour moi 🙂
D’autres trucs sont assez obscurs pour moi, comme les débats scientifiques ou administratifs, même s’il y en a beaucoup moins que dans le premier roman de la série. Dans la même veine, le coup des agences « hyper-secrètes » pour qui Caroline, la muse de Frank, travaille, fait un peu gros… Mais bon, cela pimente un peu l’histoire, avec des histoires de puces dans les vêtements, poursuites par ondes radios interposées, traçage des personnes grâce à leurs achats par cartes de paiement… Amis paranos, bienvenue ! 😀

Bref, un gros mieux par rapport au premier roman, même si je ne me suis pas plongé entièrement dans ce roman. Le côté catastrophique n’est pas poussé à l’extrême, et semble finalement assez réaliste. Et en plus, par rapport au premier volume, on a de l’action ! Entre les dégâts dus à l’inondation, l’hiver glacial, les courses poursuites… On a de quoi frémir ! La réflexion de Frank sur la situation est aussi assez enrichissante… Bref, j’ai hâte de connaître la fin de l’histoire, avec 60 jours et après !

 

Finalement le District de Columbia n’est pas un  « simple » état : c’est Washington, la capitale des Etats-Unis, un territoire supplémentaire aux 50 états existants. On l’appelle donc Washington DC en référence au District de Columbia.
En tant que capitale, il regroupe les grandes administrations du pays : la Maison Blanche (bureau et résidence du Président), le Capitole (siège du Congrès, pouvoir législatif du pays), la Cour Suprême (pouvoir judiciaire)… Bref, c’est bel et bien le coeur des USA !
Du fait de sa spécificité, c’est un tout petit territoire de 177km² qui abbrite un peu plus de 600 000 habitants.

Du point de vu architecturale et géographique, le District de Columbia est assez original : un territoire carré posé près de la rivière Potomac, entre les états de Virginie et du Maryland. C’est à Pierre Charles L’Enfant, architecte français, que l’on doit la réalisation des plans de la ville.
La structure générale des rues est en forme de damier, orienté Nord/Sud et Est/Ouest, d’où peuvent partir des avenues en diagonales. Le centre « fonctionnel » de la ville, Le Capitole, permet de diviser en 4 quartiers Washigton DC en secteurs NW, NE, SE et SW. Cet agencement très cartesien lui donne un air très néo-classique, surtout avec ses bâtiments historiques de couleur blanche, qui inspirent la beauté et le calme. Contrairement aux autres grandes villes américaines, point de buiding et hautes tours : la hauteur des batiments est limitée à 6m, ce qui donne une cohérence à l’ensemble architectural. Il faut aussi noter de nombreux parcs et espaces verts qui jalonnent la ville, et dont il est beaucoup question dans le roman.
Tout cela a aussi pour conséquence d’alléger la densité de population dans la ville. De fait, les banlieues de la ville font réellement office de zones résidentielles ! Avec les habitants de banlieues qui viennent travailler à Washington, sa population croit de 72% chaque matin !

Avec toutes les images de la ville qui nous ont bercé à la TV ou au cinéma, on pense tout de suite aux grandes allées herbeuses du parc du National Mall, qui regroupe des dizaines de monuments célèbres comme l’obélisque Washington Monument (construit en l’honneur de George Washington le premier Président des Etats-Unis), Le Capitole, le Lincoln Memorial (où on voit la célèbre sculpture de ce Président assis), des musées d’arts et d’histoire naturelle…

Mais la nature n’est pas que civilisée et raisonnée dans les jardins de Washington DC : le parc de Rock Creek par exemple est un vrai parc national, avec une rivières et des rapides, des zones d’escalade, des forêts où vivent des animaux…

Cette urbanisation particulière, les divers ingénieurs qui se sont penché sur l’architecture de la ville ont eu le temps de la penser… La ville étant créée par une volonté du tout jeune pays des Etats-Unis, par le biais de sa nouvelle Constitution (en 1787). Washington a été créée de toute pièce sur un ancien marais, territoire cédé après plusieurs tractations par le Maryland et la Virginie. Bien que le terrain soit peu confortable et ait demandé des travaux d’assainissement, Washington présente l’intéret d’être au bord d’un grand fleuve qui débouche sur l’Océan Atlantique, le Potomac ! En partant de zéro sur un espace tout neuf, les architecte ont pu bien raisonner sur la manière donc fonctionnerait la ville. Au tout début du 19ème siècle, Washington et ses premiers batiments administratif voient le jour. Mais la guerre contre les anglais va avoir des conséquence : les britanniques détruisent une grande partie de la ville en 1814, mais en 1815, les américains la reconstruisent !
Dans les faits, la capitale n’est pas vraiment un pôle d’attraction à cette époque… Mais quand commence la guerre de Sécession, où l’esclavage était une question centrale dans le conflit, les esclaves Noirs échappés se tournèrent naturellement vers Washington, capitale-symbole de la liberté des états de l’Union !

Mais malgrès ce cadre qui peut sembler idyllique, il y a tout de même de la délinquance à Washington, et plus particulièrement dans les quartiers pauvres : il faut dire que le taux de pauvreté est supérieur au reste des USA dans cette ville, bien que le revenu moyen soit plus élevéDes très riche et des très pauvres on dirait bien… et les très riches préfèrent s’exiler dans les banlieues aisées comme Bethesda. A noter une très forte population Noire dans la ville : s’ils représente une moyenne de 13% aux USA, ils sont 57% à Washington !
En tant que centre administratif, la ville accueille aussi bien évidement beaucoup d’étrangers, pour le tourisme ou le travail.

Bref, une ville à visiter sans aucun doutes, pour sa portée culturelle : des espaces architecturaux uniques, et surtout, beaucoup de musées ! 🙂

« Les 40 signes de la pluie » de Kim Stanley Robinson (Etat du Maryland)

Et on continue notre découverte des Etats-Unis avec mon challenge favoris de l’année : « 50 billets, 50 états » ! Aujourd’hui le Maryland grâce au roman de Kim Stanley RobinsonLes 40 signes de la pluie, écrit en 2004, premier opus de sa saga « Capital Code », qui m’avait l’air d’être de la bonne SF

Entre Washington DC, le Maryland, la Virginie, et même la Californie… nous suivons sur plusieurs semaines la vie quotidienne de plusieurs personnages qui travaillent dans le domaine de sciences et de la politique autour de la capitale américaine, Washington DC. Et il va y avoir du boulot : le réchauffement climatique est une réalité et ses effets se font ressentir au fur et à mesure. Les politiciens et les lobbyistes vont-ils pouvoir (ou vouloir) faire passer des lois vitales pour l’environnement et l’avenir de l’humanité ? Le climat va t-il continuer à se dégrader ? Que fera la population le jour du grand bouleversement climatique ?

L’avantage de ce roman, c’est qu’il est très bien documenté que ce soit pour ses aspects scientifiques, géographiques, historiques… Un vrai documentaire sur les changements climatiques et ce qui pourrait nous attendre dans les prochaines années ! On se sent rapidement dans un vrai roman d’anticipation !
Le fait de remettre dans le contexte des USA hyper modernes, contemporain, des catastrophes climatiques qui aujourd’hui même se produisent dans des pays loin de chez nous, et très intéressant.
Un peu trop bien documenté peut-être, et pas assez dans l’action…  Je me suis ennuyée ferme pendant les deux tiers du livres : trop de stratégie politique, trop de théories scientifiques détaillées… On est loin du feuilleton catastrophe ! Le côté ultra-scientifique rentre trop dans les détails, supposant que les lecteurs comme moi sont plus calés qu’ils ne le sont véritablement ?
C’est dommage car sans vraiment m’emballer, l’histoire est tout de même assez intrigante ! On se doute bien qu’il va se passer un truc, un bouleversement (en rapport avec la pluie puisqu’on a bien lu le titre du livre :)), mais ça tarde

Pour contrecarrer ce côté trop technique, je pense que l’auteur essaye de nous attacher à ses personnages, comme le couple Quibler, Anna et Charlie et leurs deux enfants : détails de la vie de famille de tous les jours, scène où maman utilise un tire-lait (mon dieu…) pendant que papa va au parc en se posant des question sur sa place d’homme dans la cellule familiale… Chiant.
Globalement le volet humain ne m’a pas du tout plongé dans l’empathie, ni émue, ni faite rêver. Mais peut-être cela était voulu, de ne pas nous attacher aux personnages, pour nous montrer en quoi les rapports naturels entre humains sont maintenant corrompus ?

Bref, vous aurez compris que ce qui m’a intéressé dans ce roman, c’est qu’il me permet de faire avancer mon challenge américain… Je vais tout de même lire le deuxième volume de la saga50° au-dessous de zéro, qui me semble un peu plus prometteur. Vu que la catastrophe à lieu à la fin du premier volet, il y a peut-être de bonne chance d’avoir un peu plus d’action dans le second ? 😀

 

Nous découvrons donc le Maryland dans ce roman, et plus particulièrement Bethesda, banlieue aisée à la main d’œuvre hautement qualifiée de Washington DC, ce qui laisse aisément penser qu’une bonne partie du Maryland fait office de zones résidentielles pour la capitale des USA.
Cela peut s’expliquer par l’histoire même de la ville de Washington, qui a en croire l’auteur est une portion de territoire inexploité, des marécages, donné par le Maryland et la Virginie aux tout jeunes Etats-Unis à la fin du 18ème siècle.

A l’origine, le Maryland est une province anglaise, colonisé par eux au profit des persécutés catholiques en 1632. Elle fut nommée « Maryland » en l’honneur de la fille d’Henry IV, Henriette-Marie de France. Mais colonie anglaise oblige, la région devient vite protestante !
La colonie prospère grâce au tabac, et accueille plus de 200 000 habitants en 1775. Après la guerre d’Indépendance, le Maryland devient un des états fondateur des USA, le 8ème.

Aujourd’hui le Maryland compte plus de 5 millions d’habitants. Sa ville la plus connue est Baltimore, mais comme souvent, ce n’est pas la plus célèbre qui fait office de capitale, qui pour le coup est Annapolis, sur les bords de la baie de Chesapeake. Cette baie donne sur l’Océan Atlantique, ainsi que sur l’embouchure de la rivière Potomac qui sépare le Maryland de la Virginie.
Malheureusement, cet accès à la mer n’est pas des plus sain, et si les crab cake et autres clam chowders sont les plats typiques de la région, j’hésiterai à y goûter là bas… La pollution est très importante dans la baie, même si les espèces de poissons et oiseaux y vivent : c’est notamment dans le Maryland qu’on a retrouvé des cas de poissons hermaphrodites due aux engrais et autres perturbateurs endocriniens (un peu comme dans la baie de Seine chez nous…).

Malgré ça, il faut avouer que le Maryland est autre chose qu’une énorme banlieue un peu polluée. Les zones urbaines sont surtout à la périphérie de Washington et des côtes, le reste de l’état offre de larges zone champêtres : une grande partie de son économie repose sur l’agriculture, et le climat subtropical humide et océanique permet de cultiver des légumes qu’on voit plutôt dans le sud de l’Europe : concombres, melons, tomates…
Elle est tout de même appelée « America in miniature », pour signifier la variété de ses sites : forêts, montagnes, collines, rivière, dunes… Et si son côté sauvage vous échappe, sachez que Le projet Blair Witch se déroule dans le Maryland 😉

« Le chat aux yeux jaunes » de Serge Brussolo (Etat de Californie)

C’est avec une certaine impatience que j’attendais de lire le nouvel opus de la série de l’Agence 13, dont j’avais déjà lu les 2 premiers tomes (Dortoir interdit et Ceux d’en bas). Petite Fleur m’a donc prêté Le chat aux yeux jaunes, qui me permet en plus de remplir deux challenges ! L’état de Californie pour le challenge « 50 états, 50 billets » et la couleur pour le challenge Petit BAC ! Du bon boulot 🙂

On retrouve une fois de plus Mickie Katz, « décoratrice » pour l’Agence 13, spécialisée dans les paradis inhabitables. Cette fois, elle va devoir s’occuper d’une cliente riche et célèbre : Peggy McFloyd, actrice de comédies romantiques qui a connu son heure de gloire dans les années 60. Afin de faire durer le rêve, elle a créé une sorte de maison de retraite où l’on vit dans les années 60 : la décoration, la cuisine, les émissions TV ou radio… rien ne date de plus loins que cette décennie dans cette demeure.
Mickie va devoir travailler pour cette vieille dame un peu excentrique, qui vitriolée dans sa jeunesse, elle a réussi à retrouver un visage de déesse et faire exploser sa carrière.  Mais en fouillant un peu, Micki se rend compte qu’elle cache bien des secrets

C’est assez sympa de retrouver Mickie dans un contexte un peu plus urbain et civilisé que les deux premières fois (où elle officiait dans le désert du Nevada et dans les forêt du Montana) : Venice, Santa Monica, le soleil de Californie, les hauteurs de Mullholand Road… Mais l’ambiance n’en reste pas moins tordue et un peu glauque ! 🙂

J’avais été assez dubitative sur la fin du second roman, et je me demandais comment l’auteur allait se dépêtrer avec une Mickie vivant en couple avec une autre femme et son jeune fils sociopathe, et en l’ayant fait tomber enceinte d’un habitant des souterrains du Montana… Et bien Brussolo règle le problème en 2 pages, ce qui me prouve bien que ça n’était pas l’idée du siècle 😉
Pour le coup pas d’énorme surprise sur la vie perso de Mickie cette fois-ci, on est plus concentré sur l’histoire qui comporte pas mal de rebondissements… Mais il y a néanmoins quelques trucs qui m’ont semblés incohérents (et là on ne peut pas dire que ça vient de la traduction).
Mais globalement j’ai apprécié l’univers : le monde des stars des Trente Glorieuses, avec la mise en situation des habitudes des années 60 (ou fumer n’était pas tabou, bien au contraire par exemple).

Bref, une enquête sympa dans la lignée de l’Agence 13, à lire forcément si on est fan de la série 😀

La Californie… Rien que ce nom évoque le rêve américain pour moi ! Toujours plus à l’Ouest, c’est le dernière territoire avant l’Océan Pacifique pour les colons qui ont traversé les États-Unis depuis les ports de la côté Est. C’est dans cet optique que j’avais fait un voyage dans l’Ouest américain avec mon copain il y a deux ans : de l’Arizona à la Californie, avec comme point de chute San Francisco !

Si la Californie est si connue dans le monde c’est aujourd’hui principalement à cause, ou grâce, au cinéma, dont il est aussi question dans ce roman : Hollywood est le centre névralgique du cinéma américain, et brasse des dizaines de milliards de dollars chaque année !
A côté de ça l’industrie du loisirs est aussi dominante dans cet état : les plages, les musées, mais aussi les parcs d’attraction comme Disneyland et Sea World aux abords de la mégapole de Los Angeles… Mais aussi de nombreux sports nautique, des stations de ski…

Mais la Californie à aussi d’autres spécificité qui rende cet état si célèbre dans le monde entier, et en fait la face inverse de New-York.
D’abord l’agriculture, et plus particulièrement la viniculture : pour des français un vin qui ne vient pas de chez nous est une hérésie, mais il faut avouer que les côte ensoleillées des vignobles californiens donne un très bon vin. Je l’ai testé personnellement dans un bar à vin de San Francisco, il est très bon… seul problème leurs accompagnements de charcuteries et fromages qui ne sont vraiment pas à la hauteur 😉
La Silicon Valley, au sud de San Francisco est le cœur du secteur des nouvelles technologies, avec des centaines de start-up, entreprises de l’informatique et d’Internet, brevets dans les secteurs de pointe… L’eldorado des geek !
La politique très progressiste de la Californie fait aussi beaucoup parler d’elle : en terme d’écologie les éoliennes borde la moindre colline, au niveau social la court suprême à autorisé le mariage gay (annulé par un référendum, certe…). On n’est pas dans un état où vivent des artistes, ancien hippie, manifestants pour diverses cause (droits des homosexuels, des droits des Noirs, …) pour rien !

Les parcs nationaux comme Yosemite, Joshua Tree et Death Valley, les côte Pacifique de Big Sur… prouvent que la Californie malgré ses mégapoles monstrueuses et sa place d’état le plus peuplé avec ses 37 millions d’habitants, a su conserver un patrimoine naturel.
C’est un des états les plus riches au niveau naturel, du fait de sa géographie et son climat ! Il y a énormément d’écosystèmes différents : les déserts arides à l’Est des Montagnes Rocheuse, les très hautes montagnes (dont les neiges ne fondent pas en juin.. testé et froidement approuvé !), les plaines, les forêts plus ou moins humides, les bords de mers composé de falaises abruptes ou de plages, les rivières, les climats tempérés de la côte… Normal qu’une faune et une flore très diversifiée vive dans cette région !


Au niveau économique, la Californie est l’état le plus riche des États-Unis, à une croissance record, et attire autant les investisseurs américains qu’étrangers ! Aucun secteurs ne lui résiste : exploitation des ressources naturelles, énergies, industries de pointes ou classique, agriculture, tourisme, exportations… Avec certaines des meilleurs universités du pays (voir du monde, comme Stanford), l’état possède une main d’œuvre nombreuse et qualifiée, ce qui semble lui apporter un succès incontestable !
Du fait de son histoire et de ses nombreuses vagues d’immigration, la Californie bénéficie du mélange des cultures et d’une ouverture d’esprit peut-être un peu plus grande que d’autres états : d’abord les espagnols dont la langue est parlé par 25%  de la population, les chinois, les vietnamiens, les mexicains actuellement… Un vrai melting-pot 🙂

Si l’espagnol est si important en Californie à l’heure actuelles, on peut en chercher l’origine dans son histoire. D’abord habités par les amérindiens, l’Espagne annexe le territoire au milieu du 16ème siècle après un vague d’explorations. Le territoire sera rattaché à la Nouvelle-Espagne, qui englobe plusieurs états du Sud-Ouest des USA. Mais la Californie attire bien des convoitises : français, russes, britannique… lorgnent dessus.
Mais à partir de la guerre d’indépendance du Mexique en 1821 la Californie est une région du Mexique, tout comme le Texas qui sera l’objet du conflit américano-mexicain. Après la défaite du Mexique et une révolte des colons californiens, celui-ci cède la Californie aux USA avec d’autres territoires.
En 1848, débute la ruée vers l’or, qui à tant fait rêver : une vague d’immigration permet de peupler des villes comme Los Angeles, sa capitale Sacramento… L’année suivante la Californie abolie l’esclavage, puis rejoint les USA en devenant un état à part entière en 1850. Il fera naturellement parti des états de l’Union durant la guerre de Sécession.
L’arrivée du chemin de fer à cette époque va faciliter les échanges avec les états du Nord-Est, et accélérer l’immigration. Le 20ème siècle est son siècle : économie flamboyante, les villes qui prospèrent… mais la crise de 29 va mettre un coup de frein à cela comme partout ailleurs. La Seconde Guerre Mondiale va relancer son économie et son essor, la Californie se spécialise dans les secteurs de pointe militaire.
Dans les années 1960 la Californie devient l’état le plus peuplé des USA, mais connait aussi une vague de manifestation du fait de sa population jeune et mixte : manifestation contre la guerre du Viêt Nam, émeutes raciales…

Bref, un état riche en histoire, culture, environnement… où j’aimerai bien retourner ! Il faudrait des mois pour en faire le tour ! Si Los Angeles ne me branche pas plus que ça (je n’y suis même pas allée durant mon périple américain), San Francisco m’avait bien plu.

« Le Maître des illusions » de Donna Tartt (Etat du Vermont)

Je savais que le challenge « 50 états, 50 billets » me réservait encore beaucoup de bonnes surprises… Mais là, pour traiter du Vermont, c’est encore plus que ça : pour moi c’est un véritable coup de coeur que ce roman !
Donna Tartt n’a écrit que 2 romans, et Le maître des illusions publié en 1992 est son premier chef d’oeuvre. Commencé alors qu’elle était à l’université dans le Vermont, elle le fait lire a son camarade Bret Easton Ellis (excusez du peu !) qui la pousse a continuer à travailler sur ce projet de roman. Il lui faudra 8 ans pour le finir…. mais quel livre !

Nous suivons l’histoire de Richard, californien de 19 ans, qui se retrouve accepté à l’Université de Hampden dans le Vermont. Une chance pour lui, qui a très peu d’argent et ne bénéficie pas de l’aide de ses parents : Hampden est le fief des fils et filles de grandes fortunes, mais il arrive à obtenir une bourse pour y étudier.
Afin de suivre son cursus de grec ancien, il réussis à s’inscrire au cours de Julian, professeur atypique et charismatique, qui n’accepte de suivre qu’une poignée d’élèves triés sur le volet par lui-même. Il rencontre alors une faune loin de ses habituelles fréquentations, de riches érudits de lettres anciennes : Henry, Francis, Bunny et les jumeaux Camilla et Charles.
Mais un drame va bientôt les conduire à commettre l’irréparable : tuer Bunny.
Qu’est ce qui va les conduire à cette situation ? Et comment vont-ils s’en sortir ? C’est ce que l’auteur nous raconte dans ce roman, sous la plume de son narrateur Richard

J’ai été totalement happée par l’histoire… et fort heureusement, les longues heures que j’ai du passer dans le train ces derniers jours m’ont permis de rester bien au chaud dans cet univers qui m’a fasciné.
Si les protagonistes sortent des milieux très aisés, on n’est pas dans le mode yuppie artificiels et puant… On est vite attaché aux différents personnages, on apprend à les apprécier ou les détester via le regard de Richard, et on se projette aisement dans l’histoire.
Le groupe d’amis de la classe de grec sont relié entre eux par d’étranges affinités. L’amour du grec et de sa culture ancienne, mais aussi de l’alcool, des drogues, des fêtes, de l’argent, de l’art et de l’inattendu…

Il y a dans la posture des personnages et dans l’écriture un truc qui m’a fait penser aux romans russes, comme ceux de Dostoïevski… Pourtant je n’en ai pas lu beaucoup, mais j’y ai pensé quand même, peut être à cause du romantisme des situations et des personnages, toujours très théâtraux, excessifs et cyniques.
Mais surtout le roman est fait de sorte de ne pas prendre le lecteur pour un imbécile : références culturelles, expliquée mais pas mâchées, réflexions philosophiques sorties des cours de grecs de Julian… de quoi pouvoir s’enrichir personnellement !
Les paysages du Vermont et de cette université qui semble perdue au milieu des forêts donne le rythme aux sensations de Richard sur cette affaire, et nous invite au voyage autant qu’elle accompagne la narration : des flamboyants et chaleureux bois en automne, il devient glacial et inamical en hiver, jusqu’à se radoucir jusqu’à devenir trop lourd en été, lorsque la verdure revient enfin.

Bref, un roman très bien construit, qui nous met dès le prologue dans le bain : Bunny sera tué, mais comment et pourquoi, ça sera ça une des intrigues de l’histoire… et à partir de là découdre fil à fil les liens qui relient les personnages, leurs objectifs et motivations… On voit dans une première partie ce qui conduit à ce drame, et dans la seconde ce qu’ils feront après sa mort.

Un gros coup de cœur pour moi, il risque de faire parti des romans que je conseillerai pendant un bon moment ! Ca m’a presque donné envie de me replonger dans du Brett Easton Ellis que j’avais abandonné, en commençant à lire sans succès American Psycho il y a 10 ans… S’il a apprécié l’œuvre de Donna Tartt, il ne peut pas être totalement à jeter 😉

Nous retournons en Nouvelle-Angleterre pour découvrir le Vermont, où se situe la fictive Université de Hampden, lieu principal des intrigues de ce roman.

Le Vermont est une région situé au nord des USA, et borde la province de Québec… Donc comme on le voir dans le roman, les hivers sont glacials, et les été chauds et humides, et avec comme le souligne le héros Richard, des automnes très colorés, du fait du changement de couleurs des arbres en rouge et doré…
Et des arbres ce n’est pas ce qui manque, vu l’étendue des domaines forestiers (77% de l’espace total), dont ceux de la région de la Montagne Verte qui courent du nord au sud de l’état. C’est d’ailleur grâce à ses pentes boisées que ces montagnes des Appalaches ont reçu l’adjectif « vert » !

Le Vermont est peu peuplé (625 000 habitants), c’est le second état le moins peuplé des Etats-Unis. Aucune ville ne dépasse les 40 000 habitants, si ce n’est Burlington… Même la capitale Montpelier fait office de village de campagne avec ses 8000 âmes !
Je n’aurais pas pensée qu’un état si proche de celui de New-York puisse abriter si peu de monde !

Côté économique, c’est l’agriculture qui fait vivre l’état : élevages laitiers et transformation en produits alimentaires, mais aussi sirop d’érable ! Et oui, on est bien à côté du Canada 🙂

Bref, tout à l’air de faire du Vermont un état propice aux loisirs centrés autour de la nature, et c’est le cas : outre les chemins de randonnées assez réputés, c’est le spot idéal pour les sports de glisse en hiver… En revanche l’ambiance doit être moins calme, car le Vermont est le lieu de villégiature préféré des grandes villes des états voisins (New-York, Boston…), attirant chaque saison plus de 4 millions de touristes hivernaux !
Autre endroit intéressant pour passer du temps proches de la faune et de la flore : le lac Champlain qui sert d’habitat à diverses espèces de poissons, oiseau, mammifères… malgré la pollution de celui-ci. Il abriterait aussi un cousin du monstre du Loch Ness, Champ !

En parlant du lac Champlain, il est intéressant de noter que celui-ci doit son nom à Samuel de Champlain, explorateur français qui a découvert le Vermont en 1609 ! Bien entendu, la région était déjà habitée par des tribus amérindiennes, Iroquois et Algonquins… Mais cela n’a pas empêché les colons français de s’établir au nord de la région, alors que les britanniques s’implantent au sud. Après le Traité de Paris de 1763 en faveur des anglais, la colonisation britannique s’accélère, et ceux-ci tentent de chasser les français de leurs terres (décidément, on s’est fait virer de partout !).
Mais le Vermont n’est alors pas encore un état à part entière, et son territoire excite la convoitise de ses voisins, l’état de New-York et celui du New Hampshire… Il faudra l’intervention du gouverneur de ce dernier pour que les frontières du Vermont soient enfin délimitées…mais provisoirement : ses limites vont changer à plusieurs reprises au court du 18 ème siècle, ce qui créera des tensions avec ses voisins, mais aussi la Couronne britannique.
Alors qu’en 1775 la Guerre d’Indépendance débute, les rivalités entre les milices des colons du Vermont et les hommes du gouvernement de New-York font rage, même s’ils participent à la révolte.
En 1777 l’état est enfin baptisé « Vermont » (pour Verts Monts… du fait de ses montagnes boisées), et devient  une république indépendante ! Avec ce nouveau statut, la situation n’est pas très simple pour ce jeune état : les Britanniques tentent de les soudoyer mais seront finalement expulsés, il y a des soulèvements de colons venant d’autres états… Finalement après accord avec son ennemi de toujours, l’état de New-York, le Vermont rejoint les Etats-Unis d’Amérique en 1791, et l’Union !

Comme l’histoire du Vermont nous le laisse supposer, la communauté francophone est plutôt pas mal représentée : bien que les britannique ai récupéré le territoire au 17ème siècle, les vagues d’immigration plus tardives ont fait venir beaucoup de quebéquois. 24% de la population aurait des origines françaises ou québequoises… même si seulement 2,5% de celle-ci parlerait français.

Bref, le Vermont est dans ma top-list des états à visiter… Je ne le connaissais pas du tout avant de lire ce roman et de rédiger ce billet, et maintenant il est dans ma liste de voyages potentiel, pour un trip rando et nature ! Avec un combo dans la ville de New-York, ça serait pas mal je pense 😀

« La couronne dans les ténèbres » de Paul C.Doherty

Et revoilà Hugh Corbett, le clerc de Londres du 13ème siècle qui revient pour de nouvelles aventures ! Avec ce deuxième tome de la saga de Paul C. Doherty, La couronne dans les ténèbres, je rempli un objectif pour mon challenge Petit BAC 2012 : l’objet.

Hugh Corbett est envoyé avec Ranulf en Ecosse pour enquêter pour le compte du roi d’Angleterre,  sur la mort du roi d’Ecosse, Alexandre III. Celui-ci aurait chuté à cheval du haut d’une falaise, lors d’une cavalcade nocturne pour retrouver sa reine, Yolande… Est-ce réellement un accident ? C’est ce que Hugh Corbett va essayer de découvrir !

Lecture un brin ennuyante, même si j’ai apprécié de m’intéresser une fois de plus à cette période de l’histoire que je connaissais mal. L’enquête suit le même schéma que le même opus, on retrouve les mêmes thématiques… sauf que là on voyage un peu dans les paysages écossais…

Un gros bof, donc… Mais je vais tenir bon, et m’attaquer tout de même au 3ème volet de la saga un de ces jours, vu que je les ai sous la main 😉

« Lumière d’août » de William Faulkner (Etat du Mississippi)

Il m’a fallut quelques mois pour me mettre à l’ouvrage, mais je me suis enfin décidée : lire un des romans du pilier du roman américain et de la littérature contemporain, Willian Faulkner. C’est toujours un peu impressionnant de s’attaquer à un prix Nobel de la littérature (1949 pour lui), surtout pour une lectrice amateur comme moi. Mais en fait ça c’est très bien passé 😉
Bien entendu, c’est le challenge « 50 états, 50 billets » qui m’a motivée à me lancer dans l’aventure afin de découvrir le Mississippi, et comme souvent, je ne l’ai pas regretté !

Dans l’entre-deux guerres dans le sud-est des Etats-Unis, Lena Grove, jeune femme enceinte de 7 mois décide de quitter l’Alabama pour retrouver le père de son enfant, Lucas Burch, dans l’espoir de l’épouser et de s’installer avec lui. Celui-ci est selon elle parti trouver un travail dans le Mississippi… Faisant des centaines de kilomètres à pied ou en « stop », elle fini par arriver à Jefferson, où elle rencontre le quasi homonyme de son amant, Byron Bunch. Par la bouche de ce dernier, elle apprend que Lucas est encore en ville, sous le pseudonyme de Joe Brown
Mais au moment où elle arrive à Jefferson, le destin de Lucas est déjà scellé. Son ami Joe Christmas vient de tuer un femme, Joanna Burden, et fait selon toute probabilité de Lucas son complice…

Encore une histoire bien difficile à résumer, tant sa trame narrative est complexe… où plutôt terriblement bien travaillée ! Le roman est découpé en 3 grandes phases, de plusieurs chapitres.
On commence par suivre Lena dans sa folle quête de son amour d’un soir (bien que le lecteur se dit que celui-ci n’a aucune envie de la revoir…). Mais pour elle, Dieu ou le destin pourvoira à ses besoins. Ainsi elle traverse un état, aidée par de braves gens, et retrouve presque par hasard la trace de Lucas Burch. Alors qu’elle arrive à Jefferson, un drame c’est produit : une grande maison est en flamme, et on découvre bientôt un cadavre, celui de sa propriétaire Joanna, égorgée dedans…
On attaque alors une autre histoire, celle de l’assassin, Joe Christmas. La vie de celui-ci est très intense, orphelin, il est blanc bien que beaucoup décèlent en lui ses origines noires… Lui même s’appelle le nègre dans ses accès de fureur. Entre un passage à l’orphelinat et une éducation très stricte dans une ferme, il apprend la rage et la haine, et prend la route pour sillonner le pays, jusqu’à arriver à Jefferson.
On revient ensuite sur Lena, et Byron, qui est tombé amoureux d’elle… Aidé par son ami, l’ancien pasteur Hightower, il va aider Lena à s’installer provisoirement à Jefferson, avoir son bébé, et ramener Lucas auprès d’elle… Mais tout ne se passe pas exactement comme prévu

Les dénouements des différents destins sont à la fois prévisibles et plein de surprise… Suspense, rebondissements… Emmené par un style riche et passionnant. Contrairement à mes craintes, on n’a pas le temps de s’ennuyer !
Le côté réaliste est donné par le point de vu des différents personnages : on voit parfois les situations analysées par des personnages principaux, d’autres fois par des protagonistes qui ne font que passerChacun apporte sa pierre et son affect au récit, est c’est cela qui le rend si riche, si vrai, si humain… et souvent si cruel ! Les vies des héros sont racontées, décortiquées. Progressivement on apprend tout de leur passé et de leurs motivations. Sauf peut-être de Lena et Lucas, qui semblent glisser sur l’histoire comme des rêveurs.

Bien entendu j’ai aimé ce livre, et je conseille à tous de découvrir Faulkner ! J’aurais préféré commencer par le grand classique de Faulkner, le scandaleux Le bruit et la fureur, mais vu que j’avais sous la main Lumière d’août, je me suis dit que ça ne devait pas être mal pour découvrir l’auteur… surtout qu’il parait que ce roman est le favori des français… Il me tarde de lire le reste de ses ouvrages les plus connus pour découvrir pourquoi !

 

Avec l’état du Mississippi (qui doit son nom au fameux fleuve qui le sépare de la Louisiane, signifiant « grand fleuve » en indien), on continue notre découverte des états ultra conservateur du Dixie. Entre pauvreté et ségrégationnisme, il y a de quoi faire !

Comme ses voisins : la Louisiane, l’Arkansas, le Tennessee, l’Alabama… Le Mississippi a d’abord été annexé au compte de la Nouvelle-France en 1699, avant d’être cédé aux anglais en 1763. En 1817, le Mississippi rejoint les Etats-Unis comme état esclavagiste.
Les colonies peinent à se mettre en place, malgré les riches terres au bord du fleuve. Au début du 19ème siècle la population d’esclave Noirs est aussi importante que la population Blanche… Il faudra compter sur l’essor démographique de l’Alabama voisin et les vagues d’immigrations dues aux guerres pour que l’état voit arriver en 1820 son « Mississippi fever » : une ruée vers l’état, qui lui permettra de multiplier par 10 sa population.
En 1861, l’état fait sécession et passe donc du côté des Confédérés, jusqu’en 1870.  Cette période de l’histoire semble tenir à coeur de la population, car le referendum de 2001 à confirmé leur volonté de garder la « Southern Cross » Confédérée sur leur drapeau

Cet attachement aux anciennes valeurs se ressent dans beaucoup de choses au Mississippi, du côté des droits et des libertés : lois anti-mariages homosexuels (que ce soit pour les célébrer ou les reconnaitre), restrictions des cliniques pour les avortements, ségrégation et agissement du Ku Klux Klan avec une certaine impunité dans les années 60, et surtout, l’interdiction de l’esclavage qui n’a été ratifié qu’en 1995 ! Inutile de préciser que l’état est religieux… voir « très religieux » selon 60% de ses habitants (on imagine donc que les 40% restant sont modérés en allant à la messe que le dimanche).
Côté santé, il se place en queue de peloton : obésité, diabète, … et côté éducation c’est la même punition : les jeunes étudiants du Mississippi ont le niveau le plus bas des USA.
Au niveau économique, c’est l’état le plus pauvre, mais aussi où la vie est la moins chère, ce qui peut paraitre logique pour un état dont l’économie se base majoritairement sur l’agriculture, et plus particulièrement le coton.
Au niveau météorologique, ça n’est pas toujours la joie non plus : climat subtropical oblige, les ouragans tels Katrina viennent ponctuellement dévaster les villes côtières, quand ça ne sont pas des tornades dans le nord de l’état…

Bref, le tableau est peu réjouissant… Mais pour sauver un peu l’état, je dois souligner que c’est à Tupelo qu’est né Elvis Presley, à qui on doit objectivement tellement au rock et à la musique actuelle ! Il faut dire que le Mississippi comme ses état voisin est la patrie du Blues, musique ayant bénéficié des apport Afro-Américain. C’est de là aussi que vient Britney Spears, mais pour le coup je ne sais pas si c’est rendre hommage à cet état 😀

Si le Coca-Cola à vu le jour en Georgie, c’est au Mississippi qu’il a été embouteillé pour la première fois… mais contre-partie, c’est la bas qu’à été inventé la root-beer, l’abomination du soda selon moi 😉
Pour rester dans la cuisine (j’aime bien finir mes articles par une note culinaire), le Mississippi est l’endroit où on trouverait les meilleurs poissons-chats frits, et plus globalement beaucoup de plats à base de poisson, ainsi que quelques douceur type Mud Pie (fondant au chocolat et glaces) ou Hushpuppies (genres de beignets).

Bref, un état tentant côté tourisme, cuisine, paysages… mais au niveau social, j’hésite… 😡