Mots-clé : roman noir

« Irezumi » d’Akimitsu Takagi

IrezumiUn nouveau roman paru chez Denoël pour cette chronique : Irezumi d’Akimitsu Takagi. Ce roman policier m’a fait voyager dans le Tokyo d’après guerre, et m’a permis de découvrir l’univers du tatouage dit « Irezumi ».

Kenzo, 29 ans, est étudiant en médecine légale. Un peu par hasard, il assiste à un concours de tatouages, où il rencontre la magnifique Kinué, qui remporte le premier prix grâce à son Orochimaru, le tatouage du serpent…
Quelques jours plus tard, Kenzo et son ancien professeur le Dr Hayakawa, un collectionneur de tatouages, se rendent chez Kinué… Ils retrouveront les membres  de la jeune femme dans sa salle de bain, fermée de l’intérieur.
Commence alors une enquête sur ce meurtre de l’impossible : où est passé le buste de Kinué ? Comment le reste de son corps a pu se retrouver enfermé dans une pièce sans autres issue ? Que faisait le collectionneur de tatouage à ce rendez-vous ? Kenzo va prêter main forte à son frère, l’inspecteur Eiichirô, pour venger la mort de celle qu’il n’a aimé qu’une nuit…

À lire ce livre, on a l’impression d’être devant l’ancêtre de mangas de type thriller psychologique (Death Note, Monster…). L’enquête ressemble à une grande partie d’échec, comme on le voit dans pas mal de fiction contemporaine. Et oui, ce livre date tout de même de 1951, et n’a pas tant vieilli que ça.
Autre truc intéressant, d’un point de vu culturel, la manière dont est perçu les tatouage chez le japonais. Dans ce roman, tout comme aujourd’hui, c’est le signe qu’arborent les yakuzas (les mafiosos locaux) ou les femmes de mauvaise vie. D’ailleurs dans les années 40-50 les tatoueurs étaient recherchés par la police… Un roman de cette période qui tourne autour des tatouage à finalement quelque chose de déviant !

La première moitié du roman est sympa mais sans plus… il faut attendre l’arrivée du petit génie Kyosuke Kamizu pour que la machine s’emballe un peu. C’est ce personnage, qui ressemble à L de Death Note je trouve, qui va comprendre les tenants et aboutissants du crime. Il mettra ensuite en place des pièges pour mettre l’assassin devant ses méfaits. 

Une lecture sympathique pour mes vacances, qui m’a donné envie de retourner au Japon ! Pas de me faire tatouer encore… mais qui sait 😉

Irezumi d’Akimitsu Takagi
Traduit par Mathilde Tamae-Bouhon
Editions Denoël, collection Sueurs Froides – 304 pages
Paru le 3 octobre 2016

« La fille en rouge » de Kate Hamer

la-fille-en-rougePetite incursion hors du domaine du fantastique pour le partenariat Denoël du mois de septembre : avec « La fille en rouge », premier roman de l’écrivaine anglaise Kate Hamer, on est dans la triste réalité… le kidnapping d’un enfant.

Dans une ville du Norfolk, Beth élève seule sa fille de 8 ans, Carmel, après un divorce mal vécu avec Paul.
Alors qu’elles se promènent dans un festival, Beth perd Carmel dans la foule… Panique ! Après des heures de recherche avec les organisateurs, la police… Ils ne retrouvent pas la petite fille, qui semble s’être évaporée.
Carmel a été kidnappé par un vieil homme, qui lui annonce qu’il est son grand-père, et que sa mère a été hospitalisée. Bouleversée, Carmel le suit sans faire d’histoire…
Que lui veut cet homme, qui la considère comme un ange tombé du ciel ?
Combien de temps va-t-il la détenir ?

J’avais assez peur en débutant cette lecture, surtout en m’apercevant que le récit était traité en mode « regards croisés ». L’histoire est racontée par la mère Beth, et la fille Carmel. Je craignais que le roman soit violent, glauque et sale… Mais fort heureusement il ne l’est pas.
On se prend vite dans cette lecture, et on espère que la mère et la fille seront vite réunies.  A chaque indice dévoilé du côté de la mère, on a envie de lui hurler de creuser dans ce sens… Mais c’est surtout du côté de Carmel qu’on a envie de secouer les choses, de lui intimer l’ordre de s’enfuir, de cherche de l’aide, même si on comprend bien que de son point de vu, son ravisseur semble être la seule famille qu’il lui reste.
Le roman décrit bien comment un enfant peut être manipulé, juste pour qu’il n’ait pas l’impression de se retrouver seul et abandonné…

Bref, un bon moment de lecture, même si je n’ai pas totalement accroché à la plume de l’auteure quand elle fait parler la mère. Enfin, c’est un détail, car ce roman est vraiment pas mal, et je vois déjà à qui je vais pouvoir le conseiller 😉
Et bien entendu, merci à Denoël !

La fille en rouge de Kate Hamer
Traduit par Pierre Ménard
Editions Denoël, collection Suspense – 432 pages
Paru le 8 septembre 2016

« Mauvaise étoile » de R. J. Ellory

Mauvaise etoileVoici le second roman que je lis de R. J. Ellory, la star du roman noir. J’avais beaucoup aimé Seul le silence, et  j’attendais le bon moment pour retenter l’aventure. Le hasard à bien fait les choses puisqu’on m’a donné Mauvaise étoile, écrit en 2011Un petit challenge ABC pour me mettre le pied à l’étrier, et c’est parti ! Mais si on voyage bien avec ce roman, je ne promet pas que celui-ci soit toujours très agréable et bucolique en revanche…

Clay Luckman ne mérite pas vraiment son nom « d’homme chanceux »… À 17 ans il n’a connu que les orphelinats et les maisons de correction, après avoir assisté à l’assassinat de sa propre mère. Son demi-frère à peine plus âgé que lui, Digger Danziger, le protège pendant toute cette période… Jusqu’au jour où ils se retrouvent tous les deux kidnappés par Earl Sheridan, un condamné à mort en fuite.
Si Clay est terrorisé par la violence et le sadisme d’Earl, qui n’hésite pas à violer et assassiner dès que l’occasion se présente, Digger est quant à lui fasciné. Le destin va vouloir que Clay puisse fuir de son côté avec une jeune fille, Bailey, échappée d’un des massacre du nouveau duo de tueurs : Earl et Digger. Combien de temps ce couple d’assassin va-t-il sévir ? Est-ce que Clay va pouvoir leur échapper ? Et que fait la police dans tout ça ?

Une chose est certaine, ce roman noir est palpitant comme un thriller… On a pas le temps de s’ennuyer malgré la densité de ce livre. Par contre il est tellement sombre que j’appréhendais de l’ouvrir, jour après jour… Je crois que c’est la première fois qu’un livre me fait ça, et je ne sais pas trop si on peut dire que c’est agréable comme sensation. En tout cas je pense que c’est un signe de qualité pour ce genre de roman. Des meurtres gratuits en pagaille, qui ne sont à la fois violents et un peu gore… Le pire, c’est que l’auteur arrive à nous rendre sympathique en 3 pages un parfait inconnu, qui sera dezingué en quelques lignes… Triste. Que dire donc du suspense durant ces 535 pages : nos héros Clay et Bailey se feront-ils torturer et massacrer ? Une tension de chaque instant ! On sait que la mauvaise étoile de Clay, si souvent citée, va forcément le remettre sur la route de son psychopathe de demi-frère…

Un très bon roman, que je recommande de lire quand tout va bien dans votre vie ! Il y a quoi devenir sacrément pessimiste quand on resort de ces séances de lecture… Mais je le conseille pour les fans du genre, et je sais qu’ils sont nombreux 😉

ABC-2015

« Petit joueur » de Jason Starr

Petit joueurPour le partenariat Denoël de février, pour une fois, je me suis laissée tenter par un roman noir. Je lis rarement ce type d’histoire, et c’est peut être bien dommage finalement ! Ce roman sorti aux États-Unis en 2003 m’a fais passer un bon moment en ce début de week-end.

En 1984 à Brooklyn, New-York, Mickey Prada travaille dur comme poissonnier pour se payer son entrée à l’Université, afin de réaliser son rêve, devenir comptable et gagner de l’argent. Il doit aussi aider son père qui est atteint par la maladie d’Alzheimer.
Son quotidien et ses plans vont changer quand il va rencontrer au magasin Angelo et accepter de d’avancer pour lui un pari chez son bookmaker. Mais comment refuser ce pari à 50 dollars à cet homme, qui semble faire parti de la mafia ?
A partir de cet instant, la vie de ce jeune homme sans histoires va basculer. Et les semaines qui vont suivre seront une longue descente en enfer : conflits, trahisons, délits… et même des morts…

La spirale infernale de l’échec, illustrée dans ce roman, m’a emballée : j’ai lu ce livre quasiment d’une traite hier. Il faut dire que le malheur à toujours un côté fascinant ! Et celui de Mickey Prada en est un bon exemple. Un mauvais choix, quelques mauvaises fréquentations, une chance qu’il ne saisit pas… Et voilà son avenir qui semble lui glisser ente les doigts !
Le personnage de Mickey ne m’a pas été particulièrement sympathique, je me suis donc demandé jusqu’où il allait bien pouvoir s’enfoncer. Comme le souligne la quatrième de couverture, le récit dresse le « portrait d’un jeune homme qui se noie ». On est tout à fait la dedans ! Quoi que Mickey fasse pour essayer de sortir du problème initial (le prêt de 50 dollars) et de ses conséquences,  il retombe un peu plus profond, inexorablement.
Et ce n’est pas sa rencontre avec la femme de ses rêves qui va arranger les choses… Son obsession pour elle va au final le conduire à sa perte. Mais bon, comme on dit, quand on touche le fond, on ne peut que remonter à la surface !

Une lecture sympa, rapide, bien écrite… Bref, une expérience à renouveler !
Je regrette juste de ne pas avoir eu par moment des notes du traducteur ou de l’éditeur sur certains jeux de mots (genre Mickey qui montre ses biceps quand une cliente lui demande des moules… Je pense qu’il joue sur les homophones « muscle » et « mussel » en anglais). Mais bon, je chipote !

Merci Denoël pour cette découverte !

Petit joueur de Jason Starr
Editions Denoël collection Sueurs Froides
2015 – 256 pages

 

« Un enfant de Dieu » de Cormac McCarthy (Etat du Tennessee)

Pour parler du Tennessee dans le cadre du challenge « 50 états, 50 billets », on a l’embarras du choix dans la bibliographie de Cormac McCarthy, qui a vécu toute son enfance dans cet état. J’ai choisi Un enfant de Dieu un peu pour le titre, un peu parce qu’il est relativement court, et aussi parce qu’il a une sale note (4/10) sur Livraddict… Je me demandais ce qui déplaisait autant dans ce livre, et je me pose encore cette question après sa lecture !

Le récit se déroule dans le comté de Sevier au Tennessee, dans les années 60. Lester Ballard est marginal, squattant des granges ou fermes abandonnées, des grottes… Il vit en parallèle de la société et de la ville la plus proche. S’il a quelques « amis », la police locale le tient à l’oeil… et il y a de quoi, il a une mauvaise réputation, qu’il tient autant de légendes sur ses aïeux, que de ses fréquentations, ses actes répréhensibles, ou son côté bizarre. C’est un être sombre, dont on ne sait pas trop s’il sait différencier le bien du mal… et ce livre-portrait de cet « enfant de Dieu » va peut être nous amener à douter du bon sens de son Créateur, lorsque Ballard se trouve confronté à son premier cadavre

Si on a bien une histoire, ce livre dresse le portrait de Ballard, sombre et glauque, une sorte d’image de certains « monstres » sortis de films d’horreurs se déroulant dans les coins les plus pommés des USA. Ce livre, écrit en 1973, n’est pas sans me rappeler Le démon de Hubert Selby paru en 1976 : deux récit qui parlent de la manière dont deux hommes deviennent des assassins, juste pour leur plaisir, laissant émerger la Bête en eux. Si Ballard est un bouseux, le héros de Selby est un business-man new-yorkais… mais leur passion est la même. Entre Dieu et le Démon, les titres des romans se répondent même, comme des miroirs déformants.

Bref, j’ai du mal à voir en quoi ce roman serait si mauvais d’après les critiques de lecteurs : on retrouve vraiment le style d’écriture de La route, pessimiste, dans un monde en noir et blanc où juste des nuances de rouge viennent étoffer le tableau, comme des coups de couteau. Une histoire dure, une écriture lapidaire… Perso j’aime 🙂

Le Tennessee est à l’origine un territoire amérindien où vivaient des Creeks et Cherokee. Ce territoire leur doit son nom tirée du village Cherokee de Tanasi.
Au 16ème siècle les Espagnols explorent la région, puis les Français au 17ème siècle… Mais se sont les Anglais qui coloniseront le Tennessee après l’avoir gagné lors du Traité de Paris en 1763. Après la guerre d’Indépendance, les tous jeunes Etats-Unis offrent une partie des terres du Tennessee à la Caroline du Nord, afin de combler ses dettes suite à la guerre.
La partie restante du territoire deviendra indépendant en 1784 : l’état de Franklin. Dans la mouvance des révolutions américaines, cet état subsistera 4 ans, avec à sa tête John Sevier. En 1785, l’état de Franklin demande même à faire parti de l’Union des Etats-Unis… chose qui échouera de très peu de voix ! Sans l’aide de l’armée fédérale, ni une économie suffisamment stable, la Caroline du Nord eu très peu de difficulté à reprendre ces terres, et n’eu presque pas eu à se battre. Les tribus indiennes en revanche profitèrent de l’instabilité pour attaquer quelques fermes et colons de Franklin ! En 1788, la Caroline du Nord récupère donc les terres de l’état de Franklin.
En 1796, la Caroline du Nord rend ses terres au Tennessee, qui deviendra alors le 16ème état des Etats-Unis  !
En 1843 Nashville devient la capitale de l’état, et rassemble autour d’elle de grandes zones dédiées à la culture du coton et du tabac… des plantations qui demandent beaucoup de main d’oeuvre d’esclaves. Par conséquent, le Tennessee se tourne du côté des états du sud Confédérés lors de la guerre de Sécession. De violents combats auront alors lieu sur ces terres. Dernier état à rejoindre les Confédérés, il sera le premier à réintégrer l’Union en 1866. Mais malgré cela, c’est au Tennessee que le Ku Klux Klan, tristement célèbre, verra le jour en 1865.

Quand on entend parler du Tennessee plusieurs images me viennent en tête, petite française élevée au sein de la culture populaire : David Crockett le fameux trappeur né dans cet état selon la chanson ; Elvis Presley qui à vécu et est mort à Memphis, et a enregistré dans les studios de Nashville comme bien d’autres : de Bob Dylan aux White Stripes ; la musique country qui à vu le jour dans ces contrées ; la fabrication du whiskey Jack Daniel’s… Bref, l’image de l’Amérique rêvée !

De quoi rendre fiers ces 6 millions d’habitants qui vivent certes de l‘industrie musicale, mais aussi et surtout de ses ressources minières : charbon, fer… Le Tennessee est ainsi dans la moyenne économique du pays.

De plus, comme on le soupçonne dans le roman, l’état bénéficie de territoires sauvages : montagnes, parcs, forêts…  dont la région de Big Frog Mountain, dont il est question dans le livre, et qui se situe dans le sud du Tennessee.

« Un dernier verre avant la guerre » de Dennis Lehane (Etat du Massachusetts)

Une fois de plus, une jolie découverte grâce au challenge « 50 états, 50 billet » : pour traiter du Massachusetts, je me suis attaquée à la saga de thriller « Kenzie et Gennaro » de Dennis Lehane en lisant leur premier volet de la série Un dernier verre avant la guerre, paru en 1994.
J’ai été tentée par ce roman noir car j’avais adoré le film Gone, baby gone, de Ben Affleck, qui est en fait une adaptation du 4ème épisode de cette série ! Et je n’ai pas été déçue 🙂

Nous somme dans les banlieues sud de Boston, au début des années 1990. Patrick Kenzie et Angela Gennaro, amis depuis l’enfance, ont fondé leur cabinet de détectives privés, et les choses roulent plutôt pas mal pour eux. Ils se voient proposer un contrat assez simple par deux politiciens : retrouver la femme de ménage de l’un d’eux, qui a disparu en emportant des documents officiels très importants… Juste la retrouver.
Mais les évènements vont se précipiter : ils vont vite s’apercevoir que cette femme de ménage Noire, Joanna, n’est pas une simple voleuse, et que les document en sa possession pourraient faire tomber bien des têtes hautes placées. Et pour ne rien arranger, ils vont aussi s’apercevoir qu’ils ont mis les pieds au plein milieu d’une lutte  entre des gangs rivaux

Un thriller assez dur, qui oscille entre violence ordinaire et combats urbain : femmes battues, racisme ordinaire, enfants maltraités… jusqu’à l’apogée où chacun veut faire sa lois et que les querelles finissent en véritable bataille de rues. Il y a donc beaucoup de baston, de coup de flingue, de morts et de blessés… mais aussi un certain sens de l’humour, mais on rit jaune.
La plume de l’auteur, cinglante, précise, prend de l’ampleur en faisant de Kenzie son narrateur : un excellent enquêteur qui cache un gamin traumatisé par son père « le Héros » qui en avait fait son puching-ball. Angie, au caractère bien trempé, n’a pas une vie rose non plus : marié a un homme violent qu’elle se répugne à quitter, elle est régulièrement battue, au grand désespoir de Kenzie qui craque pour elle. J’ai vraiment appréciés ces personnages, pour leur faiblesses qui les rends plus humains, mais aussi leurs forces qui rend leurs aventures palpitantes ! Et autour d’eux, le monde parait bien sombre aussi, ce qui donne une sacrée impression de réalisme à ce récit.
Le focus est mis sur les problèmes raciaux : Noirs contre Blanc, les pourquoi et comment du racisme dans les rues des banlieues de Boston, qui a beaucoup à voir avec la colère et la peur, avant de comprendre qui tire profits de ces batailles rangées.
On a vraiment l’impression d’être plongé dans les bas fonds d’une grande ville américaine, à grand renfort de détails sur la ville et les gens qui y habitent : la musique, l’architecture, les magasins, les looks de l’époque, … Un vrai voyage, glauque, mais passionnant !

Encore une série à continuer donc, j’ai adoré ce roman et l’ai dévoré ! Rendez-vous donc bientôt avec le second volume de la saga Ténèbres, prenez-moi la main !

Avec le Massachusetts, qui tiens son nom d’un tribus amérindienne éponyme signifiant « lieu de la grande colline », nous refaisons une incursions dans les états du nord est des USA, dans la région de la Nouvelle Angleterre.

De la Grande-Bretagne, le territoire a hérité de ses premiers habitants : des colons puritains, les Pères pèlerins, arrivé dans le fameux Mayflower en 1620, et considéré comme les pères fondateurs des futurs Etats-Unis ! Un sacré morceau d’histoire des USA c’est donc déroulé dans le Massachusetts.
Et ce n’est pas tout : la tradition veut que la Thanksgiving ait été fêtée pour la première fois aux USA dans cette toute jeune colonie ! Perdus dans un territoire inconnus, affamés, les Père pèlerins n’ont du leur salut qu’à l’aide d’une tribus locale, les Wampanoag, qui leur ont offert à manger, et appris à se débrouiller tout seul en pêche et chasse. La Thanksgiving, l’Action de grâce, est une fêtes plus importante que Noël dans pas mal de familles américaine aujourd’hui encore : c’est à ce moment là qu’on mange la fameuse dinde en famille. Outre sa valeur religieuse, elle symbolise le bonheur d’avoir trouvé des terres accueillantes. Bien entendu pour les Amérindiens, cette fête est plutôt un symbole de la destructions de leurs coutumes et traditions…
Repus, les Père pèlerins fondent Plymouth, et d’autres immigrés suivront rapidement pour coloniser la baie du Massachusetts.
Si les pasteurs fraîchement arrivés tentent d’alphabétiser et d’évangéliser les Amérindiens vivants sur ce terres, ce geste restera sans conséquences : les guerres entre Blancs et Indiens font rage malgré des débuts encourageant, ce qui laissera peu de représentant des tribus de natifs américains vivants…
Très religieux et « un peu » superstitieux, les habitants du jeune Massachusetts lancent la célèbre chasse au sorcières de Salem en 1692 : une vingtaine de personnes sont alors exécutées pour sorcellerie.
En 1763, le Massachusetts fait parti des 13 états se révoltant contre la Grande-Bretagne, devenant alors les premiers états des USA.
Les vagues d’immigrations suivante amèneront bien entendu des Anglais, mais aussi beaucoup d’Irlandais (25% des origines ethniques actuelles), des Italiens, Afro-américains…

Si l’état a pour lui d’être à cheval entre montagnes, forêts, fleuves, océan Atlantique… qui offrent de jolis paysages, le Massachusetts est surtout connu pour sa capitale, Boston, la plus européenne des villes des Etats-Unis. Sur ses 6,5 millions d’habitants, 4,5 vivent dans la ville et sa métropole.
Malgré ce fort taux d’urbanisation, l’agriculture est un secteur économique important, avec notamment la culture de canneberges et leur transformation (jus, conserves…).
L’état jouit aussi d’un très haut revenu moyen par habitant, le second des USA, bien que le taux de pauvreté flirte avec les 10%…
Malgré son passé puritain le Massachusetts est assez progressiste : bien que la peine de mort soit encore en vigueur, elle n’est plus appliquée.

A Cambridge, on retrouve la très connue Université d’Harvard, la plus ancienne et riche des universités des USA. Fondé en 1636, l’université est aussi aujourd’hui reconnu pour la qualité de son éducation. Pas moins de 45 Prix Nobel sont sortis de Harvard, et 8 Présidents américains ! Outre les salles de cours, résidences universitaires… Harvard possède une des bibliothèques les plus importante du monde, et des musées d’art dont certains possèdent des oeuvres de Poussin, Monet, Rodin… Un vrai centre culturel orienté vers l’élite !

Voici donc un état qui à l’air agréable à vivre, même si le roman donne de Boston et de sa région une vision un peu moins rose 😉

« Seul le silence » de R. J. Ellory (Etat de Géorgie)

Ouf, j’ai réussi a trouver autre chose que Autant en emporte le vent de Margaret Mitchell pour remplir mon objectif du challenge « 50 états, 50 billets », la Géorgie.

Dans le cadre de notre tirage au sort sporadique  de livres au boulot (le Circle Challenge Pandora), nous sommes tombé dernièrement sur le livre proposé par Petite Fleur : Seul le silence, de R. J. Ellory, paru en 2007, et qui est si je ne m’abuse un de ses coups de cœur intemporels (voir sur son blog).

En 1939, Joseph Vaughan, alors âgé de 12 ans, perd son père et se retrouve élevé seul par sa mère dans une petite ville américaine de Géorgie, Augusta Falls.
Peu de temps après une fillette est retrouvé tuée, violée et mutilée aux abords de la ville… et plusieurs suivront, au rythme d’une par an environ, au point ou Joseph en retrouvera une près de chez lui. Traumatisé par ces meurtres horribles, il cherchera à découvrir qui pourrait être le coupable, sans succès. Et ni lui, ni le shérif de la ville, ni ceux qui seront appelés de tout l’état par la suite ne trouveront l’homme qui  perpétue ces atrocités.
Entre rumeurs de culpabilité sur fond de 2nd Guerre Mondiale, les crimes semblent s’arrêter après le départ de son voisin Gunther Kruger, pour reprendre de plus belle dans d’autres comtés de Géorgie.
Marqué durement par la vie et dépassé par ces souvenirs qui le poursuivent comme des fantômes, Joseph part à 18 ans pour New-York afin de devenir écrivain… Mais rien n’est vraiment terminé, et bientôt son passé va le rattraper à grand renfort d’ombre et de sang.

Un roman difficile à décrire, extrêmement bien écrit, dense dans sa composition et son vocabulaire… Tout transpire la rage, la douleur, la crispation. Bref, un roman lourd, que j’ai bien pris le temps de lire… Malgré l’aspect thriller, je ne me suis pas retrouvée à lire jusqu’à plus soif et à tourner frénétiquement les pages… et pourtant ce roman m’a beaucoup plu ! Chaque mot semble avoir son importance, chaque phrase résonne avec un autre… bref, on reconnait là une belle plume même sans être un spécialiste de l’écriture ! Un roman noir et lourd, que j’ai décidé de digérer lentement.

Il faut dire que le parcours du narrateur, Joseph, fait froid dans le dos… Sa vie semble marquée au fer rouge par l’empreinte de la mort, à se demander si ce n’est pas lui qui est consciemment ou non à l’origine de ces morts et autres malheurs qui jalonnent sa route… un peu comme s’il porterait la poisse !
Augusta Falls, qui lui revient sans cesse en mémoire, par les actes qui sont à l’origine du « mal », devient un personnage à part entière. On ressent presque son atmosphère lourde de ville de Géorgie, où ont a l’impression que l’orage va bientôt éclater sans jamais libérer ses habitants de la moiteur et la lourdeur… Une ville où les gens sont pou beaucoup des migrants, ou des descendants d’esclaves, tous attachés à la terre, et où les rumeurs s’infiltrent dans les vies comme du poison…
Sans révéler des éléments de l’intrigue, l’auteur m’a bien eue, et cela jusqu’aux dernières pages. Forcément on cherche nous aussi à savoir qui est le tueur, alors on élabore des théories… J’en avais une dès le début du bouquin, j’ai aussi envisage d’autres pistes… et ma belle théorie à laquelle je me raccrochais est partie en fumée ! Rien que ça, ça me fait monter encore plus ce roman dans mon estime ! Je trouve qu’il n’y a rien de pire qu’un roman policier où on devine la fin…

Donc je ne peux que conseiller cette lecture, qui je pense va me rester longtemps en mémoire… Pour le meilleur et pour le pire ? En tous cas je pense me repencher un de ces jours sur cet auteur, qui a sortie quelques romans en anglais, dont une partie a été traduite en français : Vendetta, et dernièrement Les anges de New-York.
Puisque je parle traduction (qui est bonne je trouve globalement), le titre du roman est pour moi très très mal traduit, dans le sens ou le titre original A quiet belief in Angels devrait faire écho à une thématique et un roman cité dans les pages du livre… Mais bon, c’est vrai qu’en France, parler d’anges pour un polar, ça le fait peut être pas pour les ventes ?

La Géorgie est un état du Dixie, un état du sud-est des Etats-Unis comme l’Alabama que j’ai présenté il y a quelques temps. Sa capitale est Atlanta, mais d’autres grandes villes sont au centre de son histoire et de son économie, comme Savannah, ou Augusta

L’état a été au centre de conflits dès 1670 entre les pays européens souhaitant contrôler la région : les espagnols, les britannique déjà installés en Caroline, les huguenots français en Floride… Mais se sont les amérindiens qui s’imposent jusqu’en 1716.
A partir de là, les britanniques établissent des colonies, baptisent l’état en l’honneur du roi Georges II de Grande-Bretagne, créent la ville de Savannah et accueillent comme premiers migrants des prisonniers britanniques. En 1775, la Géorgie fait parti des 13 états qui se soulèvent contre les britanniques. Au terme de plusieurs années de ce qu’on appellera la Guerre d’Indépendance, les britanniques reconnaîtront l‘indépendance de ces 13 provinces dans le Traité de Paris, ce qui en fait les premiers états des Etats-Unis d’Amérique.
En 1788, la Géorgie devient le 4ème état de l’Union. Bien que l’esclavagisme ne soit autorisé que depuis 1749, et qu’une loi de 1793 interdise l’importation d’esclaves, celle-ci est ignoré et de nombreux esclave venus Afrique sont employé dans les plantations
La Géorgie a alors vraiment l’image d’un état du Sud, où le coton est la matière première au centre de l’économie : culture et traitement avec la première machine à trier les fibres. Au fur et à mesure du 19ème siècle, le nombre de plantations va augmenter, des côtes vers l’intérieur des terres… Tout le monde se met au coton, même les indiens Creek sont poussés à en produire, ou à céder leurs terres pour créer de nouveaux champs. Des tirages au sort et loteries ont lieu pour distribuer des terres, des milliers de familles viennent pour se refaire une nouvelle vie dans cet eldorado : c’est la fièvre de l’or blanc ! Les esclaves sont aussi poussé par cet exode dans les terres. En 1790, deux tiers de la population est Noire.
En 1861 la Géorgie passe du côté des Confédérés durant la Guerre de Sécession, et sera le dernier état en 1870 à repasser dans l’Union.

Aujourd’hui, la Géorgie est peuplée par 9,5 millions d’habitants, et sa ville la plus importante est Atlanta avec ses 5,2 millions d’âmes. Cette région fait parti du top 10 des états les plus peuplés des USA, avec une bonne 9ème position !
Côté économie, l’état n’a pas rougir non plus : il est très dynamique. Beaucoup de grosse entreprises ont leur siège en Georgie : UPS, Coca-Cola, Delta Airline… Mais c’est aussi dans l’agriculture qu’elle se fait remarquer : pêches, noix de pécan, coton, tabac… l’industrie, et le tourisme.

Côté géographie, la Géorgie, juste au nord de la Floride, jouit d’un climat sub-tropical… Bien que ne se situant pas au coeur de la Tornado Alley, des tornades se produisent fréquemment dans la région.

Petits « tips » culturel : c’est en Géorgie que le Coca-Cola a vu le jour, c’est aussi ici que Martin Luther King et Ray Charles sont nés ! Malgré la ségrégation qui avait cours dans les années 60, c’est bien la chanson composée par ce dernier Georgia on my mind qui est devenu l’hymne officiel de l’état !