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« Mr. Mercedes » de Stephen King

Ça faisait un petit moment que j’étais passée par là pour chronique une de mes lecture… entre la flemme de lire dans le RER en ce moment, les vacances, et quelques partenariats « bof bof » avec des des éditeurs, mon rythme de lecture a beaucoup baissé ces derniers mois.
Heureusement je peux compter sur Stephen King, cet amour littéraire depuis plus de 25 ans ! C’est pourquoi j’ai (encore) choisi un de ses roman au format audio pour avancer sur mon challenge ABC cette année. Mr. Mercedes avait de bonnes critiques sur les sites de partages littéraires ou mêmes sur Audible… ça se tente !

Dans une ville des États-Unis, Bill Hodges vient de prendre sa retraite après de bons et loyaux services dans la Police… Sa femme est partie il y a longtemps, sa fille lui donne peu de nouvelles, ses seuls amis sont des policiers encore en service. Bref, il s’ennuie, fait du gras et se questionne sur le sens de ce qu’il lui reste de vie.
Un beau jour, un grain de sable vient gripper les rouages de ses journées junk-food / TV : il reçoit une lettre, soi-disant envoyée par un des seuls criminel qu’il n’a pas arrêté : Mr. Mercedes ! Ce tordu qui quelques années auparavant a volé une Mercedes pour foncer dans une file d’attente de demandeurs d’emploi, faisant plusieurs dizaines de morts et de blessés.
Dans sa lettre Mr. Mercedes cherche à provoquer Bill et semble même bien le connaître. Il n’en faut pas plus pour donner à Bill l’envie de de reprendre du service « à son compte » et d’aller lui même arrêter cet assassin !

Une fois de plus je m’attaque à un roman de Stephen King qui est loin de l’horreur et du fantastique pour lequel on le connaît. Mais il n’y a pas à dire, quelque soit le genre, j’aime beaucoup sa plume et j’ai pris plaisir à suivre cette enquête policière qui a tout d’un bon thriller !
Le personnage de Mr. Mercedes est peut être une chouille caricatural, surtout dans ses relations avec sa mère, mais ça passe bien quand même… Et surtout quelles scènes gores de mort par moment ! Je n’en dirait pas plus, mais si vous lisez ce livre, je pense que vous serez aussi estomaqué que moi par la précision avec laquelle l’auteur décrit une scène d’empoisonnement. Promis, je n’utiliserai plus de mort au rat pour me débarrasser de rongeurs…

Bref une très bonne lecture ! Il ne me reste plus qu’à m’attaquer à la suite de cette saga Bill Hoges, Carnets noirs.

« Dans l’ombre » d’Arnaldur Indridason

Nouvelle lecture en livre audio pour mon avant-dernière lecture du Challenge ABC. J’ai choisi un petit Indridason paru il n’y a pas si longtemps et qui fait partie d’une trilogie dite « des ombres ».
Voici mon avis sur ce nouvel opus islandais

Au début de la Seconde Guerre Mondiale, en 1941, l’Islande a un statut particulier. Véritable base pour les Alliés, elle grouille de soldats britanniques et américains… et autour d’eux se pressent les habitants de l’île, souvent réduit à la pauvreté.
C’est dans cette ambiance qu’un représentant de commerce est retrouvé mort dans un petit appartement de Reykjavik… Tué par balle dans le dos, son assassin a marqué son front du signe « SS » en lettre de sang. Et c’est sans compter sur la pilule au cyanure retrouvée dans sa valise. Qui est cet homme, et pourquoi cette mise en scène ? Y-a-t-il un réseau de nazi en Islande ?
C’est ce que l’enquêteur islandais Flovent, accompagné de l’enquêteur militaire canadien Thorson vont essayer de découvrir.

Autant le dire tout de suite, ce roman ne m’a pas emballé… pourtant il y avait quelques ingrédients qui auraient pu le rendre passionnant : l’Islande des années de guerre, les va-et-vient entre différents couches sociale de l’île, la place des femmes dans une société en déliquescence, le retour de Thorson sur la terre de ses ancêtres, les nazis qui tendent toujours vers les pires monstruosités, et surtout les multiples rebondissements
Mais non, ce récit m’a semblé très plat. Les deux enquêteurs manquent de charisme, et il faut attendre la toute fin du roman pour légèrement se sentir en empathie avec la situation de l’homme qui a été tué (ou même celle du tueur).
Je trouve qu’on passe trop d’un interrogatoire à un autre, et que le roman est une succession de dialogue entre un enquêteur et un témoin à interroger. Ok, les romans policiers sont souvent construits comme cela, mais j’ai trouvé ça trop visible ici.

Bref, pas une réussite pour moi, je passe mon tour pour la suite de la trilogie !

« Hamlet au paradis » de Jo Walton

Hamlet au paradisDernière lecture de l’année pour le club SF de Folio ! Une occasion supplémentaire de lire un roman de Joe Walton… Je ne connaissais pas cet auteur il y a encore 2 ans, et rien qu’en 2017 j’aurais lu 3 de ses ouvrages ! J’ai choisi Hamlet au paradis car il se trouve que c’est le second tome de la trilogie du Subtil Changement,  venant après Le Cercle de Farthing, que j’avais apprécié sans plus…

Nous retrouvons l’inspecteur Carmichael dans une nouvelle enquête londonnienne, en 1949. Une actrice de théâtre célèbre est retrouvée morte, tuée dans l’explosion d’une bombe… la guerre entre le Royaume-Unis et l’Allemagne est pourtant terminée ! Comment est-ce possible en ce temps de paix porté par Hitler et le ministre anglais Normanby?
Et si elle n’était pas la victime innocente d’une bombe mal désamorcée du Blitz, mais une terroriste s’étant faite exploser en fabriquant une bombe artisanale ?
En parallèle, Viola Lark, une actrice issue de l’aristocratie, se prépare pour un grand rôle : celui de Hamlet, où le sexe des personnages est inversé. Elle a à peine le temps de se réjouir que sa sœur communiste la contacte, ce qui va conduire la pauvre Viola à devenir à son tour une révolutionnaire.

Comme la fois précédente, nous gravitons autour du domaine de l’aristocratie britannique, avec quelques intrigues politiques comme décors. Il faut bien justifier une mort violente non ? 😉
Le gros atout de ce roman est pour moi l’incursion dans les coulisses d’une pièce de théâtre : comment elle est produite, montée, scénarisée, répétée… jusqu’à la grande première ! Très instructif…
Comme avec Le Cercle de Farthing, l’univers ne m’a pas déplu, on rentre bien dans l’uchronie où l’Allemagne d’Hitler et l’Angleterre sont en paix. Mais il me manque quelque chose… L’histoire d’amour est sans saveur, on ne croit pas une seconde à la manipulation de Viola qui l’amène à devenir une terroriste, et on retrouve encore quelques schémas dont Joe Walton est friande (mari violent, aristocrates reniant leurs origines…). Enfin j’ai tout de même préféré les personnages de cet opus, un peu plus charismatiques à mon goût.
Reste à voir ce que le dernier tome nous réserve… car même si je ne suis pas plus emballée que ça par la saga, j’ai quand même envie de savoir comment elle va se terminer !
Merci Folio pour ce partenariat ! 🙂

« Le cercle de Farthing » de Jo Walton

Le cercle de farthingDécidément j’aurai lu du Jo Walton ces douze derniers mois !
Lorsque Folio m’a proposé ce titre, Le cercle de Farthing, dans le Club des lecteurs SF, j’ai sauté sur l’occasion de découvrir « son » grand classique. Entre les critiques dithyrambiques des uns, et les revues plutôt dubitatives d’autres, il fallait que je me fasse mon propre avis.

Nous sommes dans une uchronie où la Grande-Bretagne a choisi de ne pas poursuivre la guerre contre le IIIème Reich, sous l’impulsion d’une alliance de politiciens anglais : le cercle de Farthing. En cette fin des années 40, l’Europe continentale appartient à Hitler et seuls les russes se battent encore contre son armée.
Dans une famille d’aristocrates, Lucy a décidé de faire fi des conventions et a épousé un banquier juif, David Kahn. Son père le vicomte d’Eversley, sa famille et ses amis lui reproche de ne pas s’être mariée avec quelqu’un de son rang et de sa religion.
Pourtant, le couple est invité à une réception chez les parents de Lucy. Le lendemain des festivités, un des invités est retrouvé poignardé, une étoile jaune ensanglantée transpercée par la lame du couteau.
Pour l’enquêteur Carmichael de Scotland Yard, même si David Kahn semble être un coupable tout désigné, dans un contexte social porté sur l’antisémitisme, les choses ne doivent pas être si simples. Où l’enquête va-t-elle le mener ?

Bien que j’avais envie de connaître la fin du roman et la manière dont les Kahn allaient se sortir de ce guêpier et dont Carmichael allait résoudre l’affaire, je n’ai pas vraiment été emballée par le roman.
Difficile de mettre le doigt sur ce qui gêne, dans ce mélange de roman policier et de science-fiction… peut-être la simplicité de l’enquête et le récit cousu de fil blanc ? L’intrigue est assez tirée par les cheveux, je n’ai pas accroché.
De plus, cette focalisation sur l’image de la mère marâtre me rappelle beaucoup Morwenna et est lassante à la longue.

Une lecture pas désagréable, mais je reste sur ma faim. J’avais préféré Morwenna ou Mes vrais enfants du même auteur. J’espère d’ailleurs que je ne me lasserai pas de sa plume, car je vois des schémas se répéter dans ses romans : univers de la bourgeoisie ou de l’aristocratie anglaise avec ses conventions désuètes, l’image de la mère acariâtre et maléfique, l’homosexualité et la bisexualité au centre des récits… A la longue ça risque d’être lassant.

« Irezumi » d’Akimitsu Takagi

IrezumiUn nouveau roman paru chez Denoël pour cette chronique : Irezumi d’Akimitsu Takagi. Ce roman policier m’a fait voyager dans le Tokyo d’après guerre, et m’a permis de découvrir l’univers du tatouage dit « Irezumi ».

Kenzo, 29 ans, est étudiant en médecine légale. Un peu par hasard, il assiste à un concours de tatouages, où il rencontre la magnifique Kinué, qui remporte le premier prix grâce à son Orochimaru, le tatouage du serpent…
Quelques jours plus tard, Kenzo et son ancien professeur le Dr Hayakawa, un collectionneur de tatouages, se rendent chez Kinué… Ils retrouveront les membres  de la jeune femme dans sa salle de bain, fermée de l’intérieur.
Commence alors une enquête sur ce meurtre de l’impossible : où est passé le buste de Kinué ? Comment le reste de son corps a pu se retrouver enfermé dans une pièce sans autres issue ? Que faisait le collectionneur de tatouage à ce rendez-vous ? Kenzo va prêter main forte à son frère, l’inspecteur Eiichirô, pour venger la mort de celle qu’il n’a aimé qu’une nuit…

À lire ce livre, on a l’impression d’être devant l’ancêtre de mangas de type thriller psychologique (Death Note, Monster…). L’enquête ressemble à une grande partie d’échec, comme on le voit dans pas mal de fiction contemporaine. Et oui, ce livre date tout de même de 1951, et n’a pas tant vieilli que ça.
Autre truc intéressant, d’un point de vu culturel, la manière dont est perçu les tatouage chez le japonais. Dans ce roman, tout comme aujourd’hui, c’est le signe qu’arborent les yakuzas (les mafiosos locaux) ou les femmes de mauvaise vie. D’ailleurs dans les années 40-50 les tatoueurs étaient recherchés par la police… Un roman de cette période qui tourne autour des tatouage à finalement quelque chose de déviant !

La première moitié du roman est sympa mais sans plus… il faut attendre l’arrivée du petit génie Kyosuke Kamizu pour que la machine s’emballe un peu. C’est ce personnage, qui ressemble à L de Death Note je trouve, qui va comprendre les tenants et aboutissants du crime. Il mettra ensuite en place des pièges pour mettre l’assassin devant ses méfaits. 

Une lecture sympathique pour mes vacances, qui m’a donné envie de retourner au Japon ! Pas de me faire tatouer encore… mais qui sait 😉

Irezumi d’Akimitsu Takagi
Traduit par Mathilde Tamae-Bouhon
Editions Denoël, collection Sueurs Froides – 304 pages
Paru le 3 octobre 2016

« Piste noire » d’Antonio Manzini

piste noirePour le partenariat Folio du mois dernier, j’ai choisi un roman que j’avais hésité à prendre chez Denoël lors de sa parution en 2015 : Piste noire.
Ce roman policier, dans le plus pur sens du terme, nous emmène mener l’enquête dans les paysages enneigés italiens… Ça change des thrillers américain, et ça a même tendance à me réconcilier avec le genre !

C’est la saison des sports d’hiver à Champoluc… et c’est juste à ce moment qu’un cadavre est retrouvé sous une dameuse, dans un sale état. Est-ce un accident ? Ou alors une tentative pour dissimuler un meurtre ?
C’est le sous-préfet Rocco Schiavone, muté depuis peu dans la région d’Aoste, qui va devoir répondre à cette question. Avec un style romain détestable au possible, il va analyser chaque indice et cuisiner le moindre témoin… dans un petit village où tout le monde se connait.

Ce roman policier m’a donné un peu de fraicheur dans les transports en ce mois d’avril. Il se lit très bien, et on se prend vite au jeu de l’enquête. Le personnage de Rocco, odieux, dragueur, violent… et tout simplement con par moment, est un véritable atout dans le récit. Au fil des pages, on se prend non seulement à le trouver sympathique, mais aussi à avoir de l’empathie pour lui.
Pour ce qui est de l’enquête, le dénouement n’est pas révolutionnaire, mais a le mérite d’être spectaculaire !
J’ai aussi beaucoup apprécié l’ambiance montagnarde, les images de paysages alpins italiens, et l’odeur des bons petits plats de risotto… Y-a-t-il un seul roman italien ou l’évocation de la nourriture ne fait pas rêver ?

Bref, bonne pioche avec ce partenariat ! Je le conseille aux amateurs de roman policier, sans hésitation !

Merci Folio !

« Les Brillants » de Marcus Sakey

Les brillantsPour la sélection Folio du mois dernier, je me suis laissé tenter par Les Brillants, de Marcus Sakey, présenté comme le croisement entre la série Heroes et des X-Men. Chouette, j’adore les super-héros ! Il n’en fallait pas plus pour me donner envie de lire ce livre ! Je suis passé outre le fait qu’il soit édité dans la catégorie Policier chez Folio… et non en Science-Fiction. Pour tout dire, ce livre me laisse un peu un goût amer… un peu dystopique, un peu policier, beaucoup thriller

Dans un monde qui pourrait être le nôtre, les brillants, ou « anormaux », sont des êtres-humains ayant le potentiel d’Albert Einstein, dans des disciplines variées : stratégie, lecture de schémas corporels, anticipation de trajectoires… Ces génies peuvent donc facilement devenir des maîtres de guerre, de fins psychologue lisant dans les pensées, ou des passes-murailles. Depuis les années 80, 1% de la population qui naît est composée d’anormaux.
L’agent fédéral Nick Cooper, lui-même anormal, travaille dans un service qui a pour objectif de contrôler cette minorité. En effet, des terroristes anormaux, menés par John Smith, sèment le chaos, liguant normaux et anormaux les uns contre les autres. Mais c’est quand celui-ci fait sauter la place du marché mondial, et 1000 civils innocents, que l’affaire va prendre une autre tournure pour Cooper.
Pour arrêter ce monstre, Cooper doit abandonner son statut d’agent fédéral, et infiltrer le réseau terroriste en se faisant passer pour l’un d’eux…
Mais quelle vérité découvrira-t-il lors de sa traque ?

Bon, il faut l’avouer, je ne suis pas une grande fan de roman de ce genre : action, pseudo-enquête, infiltration et espionnage… je pensais que le côté science-fiction prendrait le pas, mais non, pas vraiment. Les pouvoirs des « anormaux » sont un peu trop réalistes : finalement ce ne sont que des génies (ok, c’est déjà ça…). Pas de mecs qui tirent des lasers avec ses yeux ou qui arrête le temps ici.
On voit un peu comment a tournée la société grâce (ou à cause) des anormaux : des avancées technologiques incroyables, un monde sans guerre de religions mais en pleine guerre de castes… Intéressant, mais trop léger pour vraiment m’accrocher.

En ce qui concerne le style, je n’ai vraiment pas été conquise. Pas d’humour ni de second degré… C’est du sérieux ! Entre action et drame, peu de place pour la légèreté ! Mais malgré ça je n’ai pas ressenti l’excitation ou le suspense entre les lignes.

A vouloir faire trop réaliste, sans tomber dans le sordide des romans noirs, l’auteur a créé des personnages sans saveur… Son héros, Cooper, est vraiment trop lisse : bon père de famille divorcé, mais encore proche de son ex-femme, qui est loyal à sa hiérarchie, prêt à se sacrifier pour une cause, un super combattant, intelligent, sensible… Tout pour plaire… ou exaspérer !

Bref, je ne lirais pas le tome 2 de cette série… et oui, un seul roman ne suffisait pas !
Je me suis ennuyée ferme… Après il faut avouer que je ne suis vraiment pas une adepte des roman policier / action… D’autres trouveront peut-être leur compte ? A priori oui vu les commentaires élogieux sur d’autres sites 😉

Enfin cette lecture me permet tout de même d’avancer dans le challenge ABC des Littératures de l’imaginaire !

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« Gorilla Man » de Robert Graysmith

Gorilla manVoilà un petit moment que je n’ai pas publié de post, vacances obligent ! Avant de partir j’ai reçu pour le partenariat Denoël Gorilla Man, de Robert Graysmith… Celui là même qui a écrit Zodiac. Comme j’aime bien les histoires de serial-killer, je ne me suis pas posée de questions en choisissant ce livre, qUi m’a donc accompagné en vacances au Japon !

Dans les années 20 et 30, un homme à l’allure de gorille, sème la mort à San Francisco. Ses bras longs, ses mains immenses, son dos voûté, et son rire nerveux inoubliable vont hanter la cité californienne, puis le reste des Etats-Unis. Malgrè les meilleurs policiers et technologies pour le traquer, il va rester de longues années en liberté pour commettre ses crimes. Les choses deviennent plus difficile quand on s’aperçoit que le Gorille a fait des petits : plusieurs hommes correspondants à la description physique du Gorille surgissent et laissent derrière eux des victimes, toutes tuées de manière effroyable. Dans une ville rongée par la corruption de la Police, les forces de l’ordre arriveront-elles à résoudre l’énigme de l’identité du Gorille ?

Pas de doute, on est bien dans une enquête ultra documentée, comme Zodiac (que je n’ai pas lu). Histoire de me remette l’histoire en tête, je l’ai regardé dans l’avion à mon retour de vacances : malgré un fond passionnant, je lui trouve les mêmes défauts que Gorilla Man et j’ai un peu mieux compris ce qui me gênais dans ce livre.

Le problème majeur est que même s’il est en parti construit et traité comme tel,  cet ouvrage n’est définitivement pas un roman. Par exemple les personnages sont un peu travaillés pour nous les rendre sympathiques, comme l’enquêteur principal Dullea, mais ils ne sont pas spécialement des protagonistes centraux. Ils vont en viennent. Par moment on commence à accrocher sur l’histoire et les traits d’un tueur… mais c’est fugace, car ils défilent à une vitesse écoeurante. Bref, dans le récit on tarde à avoir l’apogée, le climax. On croit que ça arrive… mais non. Et puis sans vouloir trop en dévoiler, j’ai aussi été assez déçue de la fin, qui tombe un peu comme ça.

L’auteur est exigeant avec ses lecteurs, il faut rester concentrer sur les dates, les recoupements… Pas évident quand on a pas des heures devant nous pour lire d’une traite. Il nous brosse un tableau du San Franciscso des années 20 avec les meurtres qui ont fait les gros titres de l’époque, les systèmes de corruption mis en place dans la police, le plan du quartier du port quand la ville n’était pas reliée au continent… C’est bien pour se mettre dans le bain, mais très long, surtout au début de la lecture du livre. Ca m’a donné comme un effet de trame décousue.  J’ai donc eu beaucoup de mal à avancer, et il m’a fallut la perspectives de dizaines d’heures de voyage pour enfin terminer ce livre.

Bref, je suis pas hyper emballée même si je reconnais à l’ouvrages des qualités d’écriture, de documentation, d’enquête… Mais je pense que ce genre n’est pas fait pour moi ! Merci tout de même à Denoël pour le partenariat !

Gorilla Man de Robert Graysmith
Traduit par Emmanuel Scavée
Collection True Crime – 464 pages
Paru le 15 octobre 2015

« Le chat qui lisait à l’envers » de Lilian Jackson Braun

Le chat qui lisait à l'enversCa faisait un petit moment que je voulais découvrir la série de romans policiers de « Le chat qui… », débutée en 1966 avec ce livre, plus pour la référence aux félins que tout autres choses. Et enfin, j’ai réussi à le caser dans un challenge ABC, histoire de me mettre un peu de pression pour me lancer dans l’aventure !

Jim Qwilleran est un journaliste plus très jeune qui vient de prendre un nouveau poste au Daily Fluxion… pour chroniquer la rubrique des arts. Lui qui n’y connaît absolument rien se retrouve en milieu inconnu ! Il faut avouer que les artistes, galeristes, amateurs d’arts et critiques ne lui rendent pas la tâche facile. Impossible pour lui de savoir ce qui est bon et ce qui est beau, dans ce fouilli d’œuvres sur d’art contemporaines !
Et ce n’est pas le critique vedette George Bonifield Mountclemens qui va réellement l’aider à savoir que penser de la scène artistique de la ville, celui-ci ruinant la réputation des artistes les uns après les autres. Cet homme au caractère lunatique a un grand ami : un chat siamois nommé Kao K’O Kung – dit Koko – qui sait lire les titres de journaux en les déchiffrant à l’envers et qui semble être doué de pouvoirs de prémonition. Est-ce que ce félin va pouvoir aider Qwilleran à comprendre pourquoi un galeriste a été assassiné ?

Voici une lecture sympathique, au charme légèrement désuet, mais qui ne manque pas de scènes amusantes pour qui aime les chats ! L’enquête quant à elle commence assez tardivement, le temps de poser le décors et les personnages. Il faut attendre pas loin de la page 100 pour que le premier meurtre soit commis… Ce qui n’est pas si grave si on se dit que c’est l’ambiance plus que l’investigation du journaliste qui prime !
Le milieu de l’art est assez bien vu. Jalousies entre artistes, questionnements sur ce qu’est l’art moderne… Qwilleran et sa naïveté apportent une touche de fraîcheur dans ce monde.
Le chat est très bien croqué sous la plume de l’auteur, et l’originalité vient du fait qu’il prend part à l’enquête, en aiguillant le journaliste… ou en l’inspirant tout simplement.

Bref, pas le roman policier du siècle, mais j’ai tout de même apprécié le récit. Le livre est agréable à lire, court… Une expérience à renouveler !

ABC-2015

« Petit joueur » de Jason Starr

Petit joueurPour le partenariat Denoël de février, pour une fois, je me suis laissée tenter par un roman noir. Je lis rarement ce type d’histoire, et c’est peut être bien dommage finalement ! Ce roman sorti aux États-Unis en 2003 m’a fais passer un bon moment en ce début de week-end.

En 1984 à Brooklyn, New-York, Mickey Prada travaille dur comme poissonnier pour se payer son entrée à l’Université, afin de réaliser son rêve, devenir comptable et gagner de l’argent. Il doit aussi aider son père qui est atteint par la maladie d’Alzheimer.
Son quotidien et ses plans vont changer quand il va rencontrer au magasin Angelo et accepter de d’avancer pour lui un pari chez son bookmaker. Mais comment refuser ce pari à 50 dollars à cet homme, qui semble faire parti de la mafia ?
A partir de cet instant, la vie de ce jeune homme sans histoires va basculer. Et les semaines qui vont suivre seront une longue descente en enfer : conflits, trahisons, délits… et même des morts…

La spirale infernale de l’échec, illustrée dans ce roman, m’a emballée : j’ai lu ce livre quasiment d’une traite hier. Il faut dire que le malheur à toujours un côté fascinant ! Et celui de Mickey Prada en est un bon exemple. Un mauvais choix, quelques mauvaises fréquentations, une chance qu’il ne saisit pas… Et voilà son avenir qui semble lui glisser ente les doigts !
Le personnage de Mickey ne m’a pas été particulièrement sympathique, je me suis donc demandé jusqu’où il allait bien pouvoir s’enfoncer. Comme le souligne la quatrième de couverture, le récit dresse le « portrait d’un jeune homme qui se noie ». On est tout à fait la dedans ! Quoi que Mickey fasse pour essayer de sortir du problème initial (le prêt de 50 dollars) et de ses conséquences,  il retombe un peu plus profond, inexorablement.
Et ce n’est pas sa rencontre avec la femme de ses rêves qui va arranger les choses… Son obsession pour elle va au final le conduire à sa perte. Mais bon, comme on dit, quand on touche le fond, on ne peut que remonter à la surface !

Une lecture sympa, rapide, bien écrite… Bref, une expérience à renouveler !
Je regrette juste de ne pas avoir eu par moment des notes du traducteur ou de l’éditeur sur certains jeux de mots (genre Mickey qui montre ses biceps quand une cliente lui demande des moules… Je pense qu’il joue sur les homophones « muscle » et « mussel » en anglais). Mais bon, je chipote !

Merci Denoël pour cette découverte !

Petit joueur de Jason Starr
Editions Denoël collection Sueurs Froides
2015 – 256 pages