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« Irezumi » d’Akimitsu Takagi

IrezumiUn nouveau roman paru chez Denoël pour cette chronique : Irezumi d’Akimitsu Takagi. Ce roman policier m’a fait voyager dans le Tokyo d’après guerre, et m’a permis de découvrir l’univers du tatouage dit « Irezumi ».

Kenzo, 29 ans, est étudiant en médecine légale. Un peu par hasard, il assiste à un concours de tatouages, où il rencontre la magnifique Kinué, qui remporte le premier prix grâce à son Orochimaru, le tatouage du serpent…
Quelques jours plus tard, Kenzo et son ancien professeur le Dr Hayakawa, un collectionneur de tatouages, se rendent chez Kinué… Ils retrouveront les membres  de la jeune femme dans sa salle de bain, fermée de l’intérieur.
Commence alors une enquête sur ce meurtre de l’impossible : où est passé le buste de Kinué ? Comment le reste de son corps a pu se retrouver enfermé dans une pièce sans autres issue ? Que faisait le collectionneur de tatouage à ce rendez-vous ? Kenzo va prêter main forte à son frère, l’inspecteur Eiichirô, pour venger la mort de celle qu’il n’a aimé qu’une nuit…

À lire ce livre, on a l’impression d’être devant l’ancêtre de mangas de type thriller psychologique (Death Note, Monster…). L’enquête ressemble à une grande partie d’échec, comme on le voit dans pas mal de fiction contemporaine. Et oui, ce livre date tout de même de 1951, et n’a pas tant vieilli que ça.
Autre truc intéressant, d’un point de vu culturel, la manière dont est perçu les tatouage chez le japonais. Dans ce roman, tout comme aujourd’hui, c’est le signe qu’arborent les yakuzas (les mafiosos locaux) ou les femmes de mauvaise vie. D’ailleurs dans les années 40-50 les tatoueurs étaient recherchés par la police… Un roman de cette période qui tourne autour des tatouage à finalement quelque chose de déviant !

La première moitié du roman est sympa mais sans plus… il faut attendre l’arrivée du petit génie Kyosuke Kamizu pour que la machine s’emballe un peu. C’est ce personnage, qui ressemble à L de Death Note je trouve, qui va comprendre les tenants et aboutissants du crime. Il mettra ensuite en place des pièges pour mettre l’assassin devant ses méfaits. 

Une lecture sympathique pour mes vacances, qui m’a donné envie de retourner au Japon ! Pas de me faire tatouer encore… mais qui sait 😉

Irezumi d’Akimitsu Takagi
Traduit par Mathilde Tamae-Bouhon
Editions Denoël, collection Sueurs Froides – 304 pages
Paru le 3 octobre 2016

« Piste noire » d’Antonio Manzini

piste noirePour le partenariat Folio du mois dernier, j’ai choisi un roman que j’avais hésité à prendre chez Denoël lors de sa parution en 2015 : Piste noire.
Ce roman policier, dans le plus pur sens du terme, nous emmène mener l’enquête dans les paysages enneigés italiens… Ça change des thrillers américain, et ça a même tendance à me réconcilier avec le genre !

C’est la saison des sports d’hiver à Champoluc… et c’est juste à ce moment qu’un cadavre est retrouvé sous une dameuse, dans un sale état. Est-ce un accident ? Ou alors une tentative pour dissimuler un meurtre ?
C’est le sous-préfet Rocco Schiavone, muté depuis peu dans la région d’Aoste, qui va devoir répondre à cette question. Avec un style romain détestable au possible, il va analyser chaque indice et cuisiner le moindre témoin… dans un petit village où tout le monde se connait.

Ce roman policier m’a donné un peu de fraicheur dans les transports en ce mois d’avril. Il se lit très bien, et on se prend vite au jeu de l’enquête. Le personnage de Rocco, odieux, dragueur, violent… et tout simplement con par moment, est un véritable atout dans le récit. Au fil des pages, on se prend non seulement à le trouver sympathique, mais aussi à avoir de l’empathie pour lui.
Pour ce qui est de l’enquête, le dénouement n’est pas révolutionnaire, mais a le mérite d’être spectaculaire !
J’ai aussi beaucoup apprécié l’ambiance montagnarde, les images de paysages alpins italiens, et l’odeur des bons petits plats de risotto… Y-a-t-il un seul roman italien ou l’évocation de la nourriture ne fait pas rêver ?

Bref, bonne pioche avec ce partenariat ! Je le conseille aux amateurs de roman policier, sans hésitation !

Merci Folio !

« Les Brillants » de Marcus Sakey

Les brillantsPour la sélection Folio du mois dernier, je me suis laissé tenter par Les Brillants, de Marcus Sakey, présenté comme le croisement entre la série Heroes et des X-Men. Chouette, j’adore les super-héros ! Il n’en fallait pas plus pour me donner envie de lire ce livre ! Je suis passé outre le fait qu’il soit édité dans la catégorie Policier chez Folio… et non en Science-Fiction. Pour tout dire, ce livre me laisse un peu un goût amer… un peu dystopique, un peu policier, beaucoup thriller

Dans un monde qui pourrait être le nôtre, les brillants, ou « anormaux », sont des êtres-humains ayant le potentiel d’Albert Einstein, dans des disciplines variées : stratégie, lecture de schémas corporels, anticipation de trajectoires… Ces génies peuvent donc facilement devenir des maîtres de guerre, de fins psychologue lisant dans les pensées, ou des passes-murailles. Depuis les années 80, 1% de la population qui naît est composée d’anormaux.
L’agent fédéral Nick Cooper, lui-même anormal, travaille dans un service qui a pour objectif de contrôler cette minorité. En effet, des terroristes anormaux, menés par John Smith, sèment le chaos, liguant normaux et anormaux les uns contre les autres. Mais c’est quand celui-ci fait sauter la place du marché mondial, et 1000 civils innocents, que l’affaire va prendre une autre tournure pour Cooper.
Pour arrêter ce monstre, Cooper doit abandonner son statut d’agent fédéral, et infiltrer le réseau terroriste en se faisant passer pour l’un d’eux…
Mais quelle vérité découvrira-t-il lors de sa traque ?

Bon, il faut l’avouer, je ne suis pas une grande fan de roman de ce genre : action, pseudo-enquête, infiltration et espionnage… je pensais que le côté science-fiction prendrait le pas, mais non, pas vraiment. Les pouvoirs des « anormaux » sont un peu trop réalistes : finalement ce ne sont que des génies (ok, c’est déjà ça…). Pas de mecs qui tirent des lasers avec ses yeux ou qui arrête le temps ici.
On voit un peu comment a tournée la société grâce (ou à cause) des anormaux : des avancées technologiques incroyables, un monde sans guerre de religions mais en pleine guerre de castes… Intéressant, mais trop léger pour vraiment m’accrocher.

En ce qui concerne le style, je n’ai vraiment pas été conquise. Pas d’humour ni de second degré… C’est du sérieux ! Entre action et drame, peu de place pour la légèreté ! Mais malgré ça je n’ai pas ressenti l’excitation ou le suspense entre les lignes.

A vouloir faire trop réaliste, sans tomber dans le sordide des romans noirs, l’auteur a créé des personnages sans saveur… Son héros, Cooper, est vraiment trop lisse : bon père de famille divorcé, mais encore proche de son ex-femme, qui est loyal à sa hiérarchie, prêt à se sacrifier pour une cause, un super combattant, intelligent, sensible… Tout pour plaire… ou exaspérer !

Bref, je ne lirais pas le tome 2 de cette série… et oui, un seul roman ne suffisait pas !
Je me suis ennuyée ferme… Après il faut avouer que je ne suis vraiment pas une adepte des roman policier / action… D’autres trouveront peut-être leur compte ? A priori oui vu les commentaires élogieux sur d’autres sites 😉

Enfin cette lecture me permet tout de même d’avancer dans le challenge ABC des Littératures de l’imaginaire !

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« Gorilla Man » de Robert Graysmith

Gorilla manVoilà un petit moment que je n’ai pas publié de post, vacances obligent ! Avant de partir j’ai reçu pour le partenariat Denoël Gorilla Man, de Robert Graysmith… Celui là même qui a écrit Zodiac. Comme j’aime bien les histoires de serial-killer, je ne me suis pas posée de questions en choisissant ce livre, qUi m’a donc accompagné en vacances au Japon !

Dans les années 20 et 30, un homme à l’allure de gorille, sème la mort à San Francisco. Ses bras longs, ses mains immenses, son dos voûté, et son rire nerveux inoubliable vont hanter la cité californienne, puis le reste des Etats-Unis. Malgrè les meilleurs policiers et technologies pour le traquer, il va rester de longues années en liberté pour commettre ses crimes. Les choses deviennent plus difficile quand on s’aperçoit que le Gorille a fait des petits : plusieurs hommes correspondants à la description physique du Gorille surgissent et laissent derrière eux des victimes, toutes tuées de manière effroyable. Dans une ville rongée par la corruption de la Police, les forces de l’ordre arriveront-elles à résoudre l’énigme de l’identité du Gorille ?

Pas de doute, on est bien dans une enquête ultra documentée, comme Zodiac (que je n’ai pas lu). Histoire de me remette l’histoire en tête, je l’ai regardé dans l’avion à mon retour de vacances : malgré un fond passionnant, je lui trouve les mêmes défauts que Gorilla Man et j’ai un peu mieux compris ce qui me gênais dans ce livre.

Le problème majeur est que même s’il est en parti construit et traité comme tel,  cet ouvrage n’est définitivement pas un roman. Par exemple les personnages sont un peu travaillés pour nous les rendre sympathiques, comme l’enquêteur principal Dullea, mais ils ne sont pas spécialement des protagonistes centraux. Ils vont en viennent. Par moment on commence à accrocher sur l’histoire et les traits d’un tueur… mais c’est fugace, car ils défilent à une vitesse écoeurante. Bref, dans le récit on tarde à avoir l’apogée, le climax. On croit que ça arrive… mais non. Et puis sans vouloir trop en dévoiler, j’ai aussi été assez déçue de la fin, qui tombe un peu comme ça.

L’auteur est exigeant avec ses lecteurs, il faut rester concentrer sur les dates, les recoupements… Pas évident quand on a pas des heures devant nous pour lire d’une traite. Il nous brosse un tableau du San Franciscso des années 20 avec les meurtres qui ont fait les gros titres de l’époque, les systèmes de corruption mis en place dans la police, le plan du quartier du port quand la ville n’était pas reliée au continent… C’est bien pour se mettre dans le bain, mais très long, surtout au début de la lecture du livre. Ca m’a donné comme un effet de trame décousue.  J’ai donc eu beaucoup de mal à avancer, et il m’a fallut la perspectives de dizaines d’heures de voyage pour enfin terminer ce livre.

Bref, je suis pas hyper emballée même si je reconnais à l’ouvrages des qualités d’écriture, de documentation, d’enquête… Mais je pense que ce genre n’est pas fait pour moi ! Merci tout de même à Denoël pour le partenariat !

Gorilla Man de Robert Graysmith
Traduit par Emmanuel Scavée
Collection True Crime – 464 pages
Paru le 15 octobre 2015

« Le chat qui lisait à l’envers » de Lilian Jackson Braun

Le chat qui lisait à l'enversCa faisait un petit moment que je voulais découvrir la série de romans policiers de « Le chat qui… », débutée en 1966 avec ce livre, plus pour la référence aux félins que tout autres choses. Et enfin, j’ai réussi à le caser dans un challenge ABC, histoire de me mettre un peu de pression pour me lancer dans l’aventure !

Jim Qwilleran est un journaliste plus très jeune qui vient de prendre un nouveau poste au Daily Fluxion… pour chroniquer la rubrique des arts. Lui qui n’y connaît absolument rien se retrouve en milieu inconnu ! Il faut avouer que les artistes, galeristes, amateurs d’arts et critiques ne lui rendent pas la tâche facile. Impossible pour lui de savoir ce qui est bon et ce qui est beau, dans ce fouilli d’œuvres sur d’art contemporaines !
Et ce n’est pas le critique vedette George Bonifield Mountclemens qui va réellement l’aider à savoir que penser de la scène artistique de la ville, celui-ci ruinant la réputation des artistes les uns après les autres. Cet homme au caractère lunatique a un grand ami : un chat siamois nommé Kao K’O Kung – dit Koko – qui sait lire les titres de journaux en les déchiffrant à l’envers et qui semble être doué de pouvoirs de prémonition. Est-ce que ce félin va pouvoir aider Qwilleran à comprendre pourquoi un galeriste a été assassiné ?

Voici une lecture sympathique, au charme légèrement désuet, mais qui ne manque pas de scènes amusantes pour qui aime les chats ! L’enquête quant à elle commence assez tardivement, le temps de poser le décors et les personnages. Il faut attendre pas loin de la page 100 pour que le premier meurtre soit commis… Ce qui n’est pas si grave si on se dit que c’est l’ambiance plus que l’investigation du journaliste qui prime !
Le milieu de l’art est assez bien vu. Jalousies entre artistes, questionnements sur ce qu’est l’art moderne… Qwilleran et sa naïveté apportent une touche de fraîcheur dans ce monde.
Le chat est très bien croqué sous la plume de l’auteur, et l’originalité vient du fait qu’il prend part à l’enquête, en aiguillant le journaliste… ou en l’inspirant tout simplement.

Bref, pas le roman policier du siècle, mais j’ai tout de même apprécié le récit. Le livre est agréable à lire, court… Une expérience à renouveler !

ABC-2015

« Petit joueur » de Jason Starr

Petit joueurPour le partenariat Denoël de février, pour une fois, je me suis laissée tenter par un roman noir. Je lis rarement ce type d’histoire, et c’est peut être bien dommage finalement ! Ce roman sorti aux États-Unis en 2003 m’a fais passer un bon moment en ce début de week-end.

En 1984 à Brooklyn, New-York, Mickey Prada travaille dur comme poissonnier pour se payer son entrée à l’Université, afin de réaliser son rêve, devenir comptable et gagner de l’argent. Il doit aussi aider son père qui est atteint par la maladie d’Alzheimer.
Son quotidien et ses plans vont changer quand il va rencontrer au magasin Angelo et accepter de d’avancer pour lui un pari chez son bookmaker. Mais comment refuser ce pari à 50 dollars à cet homme, qui semble faire parti de la mafia ?
A partir de cet instant, la vie de ce jeune homme sans histoires va basculer. Et les semaines qui vont suivre seront une longue descente en enfer : conflits, trahisons, délits… et même des morts…

La spirale infernale de l’échec, illustrée dans ce roman, m’a emballée : j’ai lu ce livre quasiment d’une traite hier. Il faut dire que le malheur à toujours un côté fascinant ! Et celui de Mickey Prada en est un bon exemple. Un mauvais choix, quelques mauvaises fréquentations, une chance qu’il ne saisit pas… Et voilà son avenir qui semble lui glisser ente les doigts !
Le personnage de Mickey ne m’a pas été particulièrement sympathique, je me suis donc demandé jusqu’où il allait bien pouvoir s’enfoncer. Comme le souligne la quatrième de couverture, le récit dresse le « portrait d’un jeune homme qui se noie ». On est tout à fait la dedans ! Quoi que Mickey fasse pour essayer de sortir du problème initial (le prêt de 50 dollars) et de ses conséquences,  il retombe un peu plus profond, inexorablement.
Et ce n’est pas sa rencontre avec la femme de ses rêves qui va arranger les choses… Son obsession pour elle va au final le conduire à sa perte. Mais bon, comme on dit, quand on touche le fond, on ne peut que remonter à la surface !

Une lecture sympa, rapide, bien écrite… Bref, une expérience à renouveler !
Je regrette juste de ne pas avoir eu par moment des notes du traducteur ou de l’éditeur sur certains jeux de mots (genre Mickey qui montre ses biceps quand une cliente lui demande des moules… Je pense qu’il joue sur les homophones « muscle » et « mussel » en anglais). Mais bon, je chipote !

Merci Denoël pour cette découverte !

Petit joueur de Jason Starr
Editions Denoël collection Sueurs Froides
2015 – 256 pages

 

« Citoyens au-dessus de tout soupçon… » de Raphaël Confiant

Citoyens au dessus de tous soupçon...Opération roman policier pour le partenariat Folio d’avril… Et pas n’importe quel roman policier ! Ici l’enquête se déroule en Martinique ! On est loin de l’ambiance sombre de nos villes… Mais rassurez-vous, l’atmosphère n’en est pas moins sordide, même sous le soleil des Antilles !

Jack Teddyson est détective privé à Fort-de-France, profession peu lucrative sur une île où tout le monde connaît tout le monde…  Ambiance insulaire oblige ! Mais une enquête peu commune va arriver sur son bureau : Irmine Ferdinand, veuve de Sésostris Ferdinand, lui demande de rechercher qui a tué son mari. Ce dernier a été retrouvé castré et assassiné chez une prostitué dominicaine… Et la police a fermé le dossier, faute de preuves. Crime crapuleux ? Vengeance du mac de la belle ? A moins que Sésostris ait baigné dans des affaires louches de jeux ? Et les symboles vaudou peint sur le mur de sa dernière chambre ont-ils un sens ?
Aidé par son ami l’inspecteur Maxence, Jack va devoir mener son enquête dans les milieux peu recommandables de la Martinique : ceux des jeux clandestins, de la prostitution, de la drogue, et de la politique !

Malgré l’utilisation de la langue créole, on est loin de l’image d’Épinal de la Martinique touristique !
Jack Teddyson parle le français assez alambiqué, qui m’a rappelé le terroir martiniquais que j’ai approché en décembre dernier lors de mes vacances dans la campagne de l’île… C’était assez sympa pour ça. L’utilisation du créole, toujours traduit, permet de faire encore plus « couleur locale ». On découvre aussi Fort-de-France d’une autre manière, même si la ville laisse rapidement percevoir « en vrai » tout ses travers quand on la visite.
Jack est un vrai cliché vivant du mâle antillais, qui ne veut pas se mettre en couple et qui tire à droite à gauche… A cause de ça peut être, j’ai eu assez peu de sympathie pour ce personnage et ses conquêtes, telle Francelise, qui semble avoir un popotin plus gros que son cerveau.
L’enquête en elle même rebondit un peu trop à mon goût, pour finir par atterrir là où on l’escomptait… Ça n’est donc pas le côté « policier » qui fait l’intérêt du roman pour moi.

Une lecture sympathique, mais pas inoubliable
Malgré tout, merci à Folio pour m’avoir permis de découvrir cet auteur !

« Un Automne à River Falls » d’Alexis Aubenque

Un automne à River FallsPour commencer en beauté le challenge Petit BAC 2014, catégorie Moment / Temps, j’ai continué la série River Falls commencée il y a déjà 2 ans ! Un Automne à River Falls est le second roman de cette saga de romans policier /thriller, que je viens de terminer après le premier opus 7 jours à River Falls et le troisième Un Noël à River Falls.
Pour être tout à fait honnête je ne me souvenais pas de l’histoire des deux autres livres… Et même si j’ai passé un bon moment dans l’état de Washington avec le shérif Logan et la profileuse Hurley, je ne suis pas sûre que ce roman me laisse un souvenir impérissable !

A River Falls, en septembre, le corps d’un riche avocat est retrouvé sans vie dans sa baignoire, un sèche-cheveux à ses côtés. Un banal accident ou un suicide ? A moins qu’il s’agisse d’un meurtre comme le supposent très vite le shérif de la ville Logan, sa petite amie et profileuse du FBI Hurley et leurs équipes. Au même moment, un autres cadavre est retrouvé dans la rivière cette fois : un inconnu, roué de coup… Y aurait-il un rapport entre ces deux morts ?
Loin de tout cela, deux frères jumeaux débutent leurs études à l’université de River Falls, tout droit venus de Seattle : Kyle le beau gosse sportif, et Stuart le petit gros timide… Mais personne ne sait qu’ils sont de la même famille. Quel secret cachent-ils ?

Si le début du roman est assez classique avec son enchaînement de cadavre et une enquête semée de fausses pistes et d’embûches, le dernier quart est assez palpitant.
Le gros intérêt de ce roman est l’imbrication des deux histoires : l’enquête de Logan et de son équipe, et la vie de Kyle et de Stuart sur le campus. On se doute bien que les deux récits vont finir par se croiser, mais comment, voilà toute la question !
Les personnages principaux Logan et Hurley sont extrêmement stéréotypés, de vraies caricatures de série TV américaines ! Logan en bon shérif à la mode US est impulsif et colérique, mais est courageux et a un grand sens de la justice. Hurley est plus posée, plus maline, et voit toujours les choses sous un angle plus empathique que son conjoint… Leur histoire d’amour n’apporte pas grand chose à l’histoire de moins point de vu, si ce n’est rajouter un peu de tension dans leurs oppositions professionnelles.
Les personnages secondaires comme Kyle et Stuart m’ont bien plu… Un peu clichés aussi, mais plus sympathiques que les flics ! Stuart, le vilain petit canard est handicapé par son embonpoint et manque d’assurance. On va découvrir comment il va s’en sortir à la fac, en ralliant une fraternité, en faisant ami-ami avec la plus belle fille de l’université, en prenant ses premières cuites, … Assez mignon 😉

Un roman sympathique et pas désagréable, sans être le roman du siècle… J’ai passé un bon moment, c’est bien là le principal !

Challenge petit bac 2014

« Les courants fourbes du Lac Tai » de Xiaolong Qiu

Les courants fourbes du lac TaiPour ma première rencontre avec l’Inspecteur Chen, je me suis plongée directement dans sa septième enquête ! En effet, Xiaolong Qiu semble avoir été très prolifique avec ses aventures de Chen Cao, son célèbre inspecteur chinois contemporain. Celui-ci résout des mystères dignes de Sherlock Holmes, tout en étant féru de poésie chinoise classique et en ayant en plus une activité de traducteur de roman policiers en anglais. Un super-héros des temps modernes, dans un pays que finalement je connais très mal !

L’inspecteur Chen a mérité des vacances… C’est ce que semble penser son protecteur et supérieur au Parti, le camarade secrétaire Zhao. Justement, ce dernier a ses entrées dans un complexe hôtelier pour cadres dirigeants du Parti, près du Lac Tai, dans la région de Wuxi, pas très loin de Shanghai.
Chen va donc devoir se faire au luxe et surtout au repos ! Une bonne occasion pour flâner, goûter aux spécialités locales et faire une charmante rencontre, telle Shanshan. Cette jolie jeune femme qui milite dans le milieu de l’écologie va lui apprendre le revers à peine dissimulé de la réussite de Wuxi : une production industrielle en perpétuelle croissance mais au détriment de la qualité de vie. Le lac Tai s’avère être dangereusement pollué… sans que cela inquiète les politiques.
Notre génie de la police va vite se retrouver à enquêter sur un meurtre : celui du directeur de la plus grosse industrie de la ville, Liu… Une de ces usines qui déverse des produits chimiques dans le lac, et où justement Shanshan travaille…

Si on se doutait que la croissance débridée de la Chine s’accompagnait de ravages écologiques, avec ce roman, on a un tableau encore plus sinistre que tout ce qu’on pouvait imaginer ! Un lac où les algues vertes finissent par causer des maladies de peau, des poissons impropres à la consommation, des animaux marin qui meurent empoisonnés, des enfants qui naissent malformés… Et on comprend vite que toute la Chine vit au même rythme. Le développement avant tout, pour chasser les souvenirs des famines et de la pauvreté de l’ancien temps.
Il est loin le temps de Mao et de l’égalité des classes : ici l’argent est roi, Parti Communiste ou pas. Voilà donc le paradoxe de la Chine de ce roman, cachée sous des traditions socialistes, mais plus capitaliste qu’aucun autre pays au monde !
Il n’en reste pas moins que cette Chine reste fascinante à mes yeux d’occidentale, ce pays en perpétuelle mutation… Chen en tant que poète arrive à équilibrer la vision des choses, comme un jeu entre le Yin et le Yang, en citant de grands philosophes ou poètes chinois tout au long du récit. Malgré son côté sombre, cette Chine garde son côté traditionnel et mystérieux.

Si l’ambiance et le background sociologiques sont très intéressants, l’enquête quant à elle est assez classique, mais efficace. On se retrouve un peu dans un Cluedo géant, à l’heure des nouvelles technologies.
L’inspecteur Chen est un personnages atypique, devenu policier car le Parti l’a décidé pour lui, même s’il aurait préfère faire carrière en tant que traducteur. Il se questionne beaucoup sur son pays, et tout en suivant les ordres, il essaye de rester intègre et de faire le bien.
Les acolytes de Chen sont aussi plaisants : Huang un policier de Wuxi qui l’admire comme une super star, Yu son collègue de Shanghai, accompagné de sa femme dans ses enquêtes… Bref une belle belle brochette que j’aimerai bien revoir dans d’autres aventures.

Une bonne découverte, divertissante et qui m’a fait voyager en plus de m’éduquer. Il ne me reste plus qu’à trouver le premier tome de la saga, Mort d’une Héroïne Rouge !
En tout cas, le challenge ABC m’aura permis une fois de plus de passer un bon moment !

challenge ABC

« La femme en vert » d’Arnaldur Indridason

La femme en vertAprès avoir lu et beaucoup apprécié l’ambiance glaciale du roman islandais La cité des jarres d’Arnaldur Indridason, j’ai eu envie de suivre une nouvelle fois une enquête du commissaire Erlendur Sveinsson.
C’était une bonne idée, tant ce roman m’a plu ! J’ai frémis et j’ai été happée par le récit… Si La cité des jarres était un roman policier très sympa, La femme en vert est un vrai petit bijou pour moi !

Le commissaire Erlendur et son équipe sont appelé sur le chantier d’une maison en banlieue de Reykjavik : un squelette humain est retrouvé, et il semblerait qu’il appartienne à une personne disparue une cinquantaine d’année auparavant.
Il va donc enquêter dans le voisinage avec ses acolytes Elinborg et Sigurdur Oli, pour essayer de découvrir à qui pourraient appartenir ces ossements… une vraie plongée dans l’histoire de la région et dans les secrets de familles les plus sombres.
On va suivre en parallèle de cette investigation l’histoire d’une famille dont le père Grimur terrorisait les siens en battant et maltraitant sa femme, justement à la période où ce corps aurait été enterré…
A qui appartient ce squelette ? Pourquoi cette personne a été tuée et ensevelie dans ce qui était alors un champ ?

Toujours dans l’esprit « cold-case », Erlendur enquête sur des disparitions très ancienne. On va d’ailleurs découvrir dans ce volume de la saga pourquoi il s’intéresse autant aux disparitions !
Ce que j’apprécie particulièrement, c’est la manière dont l’auteur nous fais découvrir l’histoire du pays et des anecdotes de la « petite histoire » : la peur de la fin du monde lorsque la comète de Halley a survolé la Terre en 1910, les camps militaires d’anglais et d’américain en Islande lors de la Seconde Guerre, les campagnes qui se vident au profit de la capitale…  Et le tout dans les paysages d’Islande, qui même en ville semblent sauvages et inhospitalier ! C’est définitivement un pays rude !

Le tour de force d’Arnaldur Indridason, c’est de nous interroger durant toute notre lecture sur l’identité du cadavre retrouvé sur le chantier, et à partir de là sur le pourquoi de cette inhumation à l’écart de toute terre consacrée… qu’on suppose être un meurtre !
Autre élément qui m’a beaucoup touché, c’est la tension des scènes dans la famille de Grimur, où ce véritable monstre fait régner la peur en torturant physiquement et psychologiquement la mère, et par conséquent ses enfants… Je bouillonnait de rage en lisant ces séquences terribles, et frémissait d’appréhension en me disant que le corps pourrait appartenir à une de ces victimes de la terreur domestique : la mère battue à mort, ou encore à un de ses fils qui aurait voulu la protéger, ou encore à sa fille handicapée…

coup de coeur

Je ne vous en dis pas plus ! L’évolution du récit et sa conclusion son géniaux ! Une histoire émouvante et une enquête palpitante !
Il en faut pas plus pour un coup de coeur non ?
Et cerise sur le gâteau, cette lecture me permet de remplir une mission dans le challenge Petit BAC 2013, catégorie couleur !

Challenge Petit BAC 2013