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« Ceux qui désirent acquérir la grâce d’un prince » de Machiavel

Ceux qui désirent acquérir la grâce d'un princeChoix atypique pour le partenariat Folio du mois de février (et oui je tarde dans mes lectures) : un classique doublé d’une lecture philosophique et politique signé par l’illustre Machiavel.

Cette édition est en fait un extrait du Prince, le best-seller de l’auteur, si je peux me permettre. Véritable guide à l’usage des princes et dirigeants accédant au pouvoir, ce texte est une petite perle de bon sens et de stratégie politique.
Je ne pouvait m’empêcher de penser au contexte électoral actuel en lisant ces lignes, mais aussi à la grosse boîboîte dans laquelle je travaille depuis quelques années.

Bref, je me suis demandé comment utiliser ces bons conseils de Machiavel au prince Laurent de Médicis au boulot, ou au moins les mettre en perspective dans mon contexte professionnel… et il y a de quoi faire !
En ce temps de travail collaboratif, d’happy at work, de casser les silos et compagnie… le machiavélisme est souvent confondu avec du cynisme et peut sembler désuet. Mais dans les faits, Machiavel peut s’avérer utile au bureau : le monde du travail demande de l’efficacité, pas vraiment de la morale, surtout au niveau managérial.
Pour Machiavel la politique est dominée par le changement, les conflits internes ou externes… L’homme de pouvoir doit pouvoir surfer sur cela en s’adaptant au contexte, en restant agile et souple ! Si à haut niveau les élites maîtrises le concept (il suffit de voir le nombre de retournage de vestes en politique à la TV ces derniers temps), à mon petit niveau je vais essayer d’adapter ces préceptes 🙂

Une bonne lecture à mettre entre toutes les mains… et surtout terriblement actuel et inspirante malgré ses 500 et quelques années !

Et une fois n’est pas coutume, une lecture por le challenge ABC 2017.

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« Les animaux dénaturés » de Vercors

Les animaux dénaturés Petite incursion dans la littérature française moderne pour le challenge ABC avec ce livre paru en 1952, de Vercors. Un classique si on peut dire, qui se situe entre l’ouvrage philosophique et le roman judiciaire… Interessant, mais un poil longuet malgré son faible volume.

En Grande-Bretagne, le journaliste Douglas Templemore se retrouve au coeur d’une des aventure anthropologique du siècle : des scientifiques ont découvert en Asie la mâchoire d’un hominidés qui semble être le chaînon manquant entre le singe et l’homme… Et il s’avère que ces êtres foulent encore le sol des forêts sauvages ! Nommés Parenthropus, et surnommés « Tropis« , il deviennent rapidement le centre d’intérêt des anthropologues, hommes de foi, et aussi d’industriels en mal de mains d’oeuvre. Car ces Tropis semblent avoir un semblant d’intelligence, et surtout une dextérité manuelle indéniable, derrière leur air animal. Sont-ils des hommes ou des singes ? Qui pourra répondre à cette question, et comment ? Surtout quand l’équipe d’étude des Tropis découvre que les croisements entre ces créatures et l’être humain sont possibles

Un roman sympathique dans le sens où il nous questionne sur notre humanité. Difficile en effet de dire nous-même ce qui est humain, et où cela s’arrête, au vu des arguments amenés dans le livre. On retrouve beaucoup d’idées énoncés par Freud, Levis Strauss,… dans la réflexion de Vercors. L’homme est-il déterminé par son âme, son amour de l’art, ses passions pour se hisser au dessus de la nature… ?

Bref, une lecture humaniste intéressante mais sans plus. Courte, fort heureusement !

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« Le Juste Milieu » d’Annabel Lyon

Le juste milieuMon premier partenariat avec Folio m’a permis de faire une vraie découverte : je pense que je ne serais jamais allée spontanément vers Le Juste Milieu, de l’auteure canadienne Annabel Lyon paru en 2009, sans la proposition de l’éditeur.
Et pourtant, j’aime assez ce qui traite de la Grèce Antique, des grands philosophes, de la mythologie… J’ai donc été enchantée par cette lecture, qui retrace une période de la vie d’Aristote en Macédoine auprès de son illustre élève, Alexandre le Grand.

En route pour Athènes, Aristote et les siens passent par la capitale de Macédoine, Pella, afin de rencontrer son vieil ami, le roi Philippe. Une visite qui devait durer quelques jours va finalement durer plusieurs années : le roi désire qu’Aristote, élève de Platon, devienne le professeur de son fils Alexandre. Si son père lui apprend à devenir un roi, si les généraux le forment à devenir un guerrier… Aristote va se faire un devoir d’éduquer l’adolescent, de développer son intelligence et d’en faire un homme qui tend vers le bien.

Aristote raconte Alexandre le Grand, éblouissant et charismatique, depuis ses jeunes années jusqu’à ses grands succès militaires. On plonge dans l’intimité du Prince qui deviendra un des grands rois de l’Antiquité, tant ses conquêtes sont impressionnantes : il a vaincu non seulement grâce à ses compétences militaires, mais aussi et surtout par l’absorption des cultures Perses, Grecques… pour les fusionner à sa façon. Une leçon d’Aristote à en croire ce récit 😉
On en apprend beaucoup sur l’histoire de la Macédoine et de la Grèce, les secrets de la cours, les stratégies politiques et militaires… Mais aussi sur la vie d’Aristote, philosophe mais aussi médecin, artistes, professeur… prisonnier de la cage dorée qu’est le palais du roi de Macédoine, dans cette région rude qui est loin d’avoir les attraits d’Athènes.

Ce qui m’a surprise par moment, c’est le petit côté « la vie avant la psychanalyse » du roman. Je l’ai appris après, mais Aristote c’est posé beaucoup de question sur l’âme, les passions, l’intellect… dans ses écrits. Bref, ce qu’on pourrait appeler plus tard la psychologie.
Quoiqu’il en soit, on a souvent l’impression d’avoir un Aristote dépressif, quand ce n’est pas un Alexandre bipolaire,… Tous les personnages sont tourmentés par leurs passions : une vraie tragédie grecque !
Bref, Aristote souffre de maux qu’il ne peut nommer, les connaissances en médecine de l’époque se résumant à des jeux de fluides, d’équilibres d’humeurs… quand on ne met pas tout simplement cela sur le compte de la volonté des dieux.

L’écriture donne vraiment l’impression de voir les faits via le regard d’Aristote, de suivre le fil de ses pensées, dans un style sensible, intelligent, et passionnant !
D’un point de vue philosophique, on prend une belle leçon de mesure et d’ouverture (dans la limite du raisonnable de l’époque). J’aurais au moins appris des choses concernant l’équilibre entre les extrêmes, que ce soit au niveau des comportements, des personnes ou des choses !

Merci à Folio pour ce partenariat très enrichissant ! Je conseiller franchement ce livre : je pense que chacun peut y trouver des choses à apprendre, que ce soit en histoire, en philosophie .. ou alors prendre tout simplement plaisir à lire cette belle écriture !