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« Le problème Spinoza » d’Irvin Yalom

En feuilletant le catalogue Audible cet été j’ai été intriguée par cet auteur, Irving Yalom, dont le nom en « Y » allait forcément m’aider un bon nombre de fois pour le challenge ABC. Je n’ai donc pas hésité en lisant le résumé de ce livre audio et l’ai intégré à ma liste pour l’écouter immédiatement.

A l’orée du 20ème siècle, Alfred Rosenberg, encore lycéen, reçoit une punition pour ses propos antisémites : faire des recherches sur Spinoza… un des plus grands philosophes, celui que Nietzsche lui-même adulait, et qui s’avère être d’origine juive. A partir de là va se créer dans l’esprit d’Alfred une vraie problématique : comment un homme aussi brillant que Spinoza a bien pu être juif ? Il passera une vie entière à tenter de résoudre cette énigme, vie pendant laquelle il deviendra le principal théoricien du nazisme… Il finira même par voler l’ensemble de la bibliothèque de Spinoza à Amsterdam pendant la Seconde Guerre Mondiale afin de découvrir qui le juif Spinoza devait bien copier…
En parallèle, nous découvrons la vie de Spinoza au milieu du 17ème siècle… un homme trop intelligent et éclairé pour suivre les préceptes qu’on lui inculque à la Synagogue. Trop enclin à laisser aller sa liberté de pensée s’exprimer, il finit excommunié et doit quitter sa communauté. Exilé, il vivra en ascète, mettant au loin ses émotions pour rédiger son Ethique, qui ne paraîtra qu’après sa mort… Ce livre même qui inspirera des sentiments mitigés à Alfred Rosenberg.

Deux lignes de destins croisés, voilà un type de récit qui me plait, surtout quand il s’agit de biographie… Enfin d’histoires de vie romancée, car on apprend dans l’épilogue qu’on ne sait quasiment rien de Spinoza, à part ce qui concerne son excommunication. Son portrait est un faux, dans le sens où il a été dessiné sur base d’une description écrite du philosophe… et même sa bibliothèque musée à Amsterdam n’est pas d’origine. Non pas que les Nazis l’auraient volé : elle a toujours été fausse. Il s’agit d’un regroupement d’ouvrages anciens par un passionné de Spinoza, car à la mort de ce dernier tous ses livres auraient été vendus… Autant vous dire que moi-même, j’ai commencé à m’intéresser à ce philosophe, mais comme le jeune Rosenberg, je suis rebutée par l’aspect hermétique de son Ethique, illisible si on n’est pas guidé. Ça m’aura au moins permis de retrouver mes bouquin du Bac 😉
Évidement côté Rosenberg la biographie est moins fascinante, mais pas moins passionnante, dans sa recherche de la reconnaissance de son intelligence auprès du plus grand manipulateur de ce siècle, Adolf Hitler.

Bref, on ne s’ennuie pas une seconde, et j’ai très envie de lire un autre ouvrage de cet auteur. Rendez-vous l’année prochaine !