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« La dernière fugitive » de Tracy Chevalier

La dernière fugitiveDifficile de ne pas succomber à l’appel du dernier roman de Tracy Chevalier lors du partenariat de mars de Folio ! J’avais beaucoup aimé Prodigieuses créatures il y a quelques années, et j’avais envie de découvrir un autre roman de cette auteure… Voilà qui est chose faite ! Maintenant je n’ai qu’une envie, lire ses premiers romans 😉

1850, Honor Bright quitte l’Angleterre avec sa sœur Grace pour rejoindre l’Amerique. Grace doit retrouver son fiancé Adam, un quaker comme elles, pour l’épouser et vivre avec lui en Ohio.
Mais à peine arrivé sur les côtes américaines, Grace tombe malade et succombe d’une mauvaise fièvre… Laissant Honor seule et sans relations ! Heureusement, elle va rencontrer Belle, une modiste dans la petite ville de Wellington. Celle-ci va l’héberger, la nourrir et l’aider à contacter son ex-futur-beau-frère Adam. Mais même s’ils font partis de la même congrégation religieuse, Honor sent bien qu’elle n’est pas à sa place entre Adam et la veuve de son frère… Elle va devoir trouver un échappatoire pour pouvoir vivre et s’épanouir en Ohio. Et si cela prenait la forme du « chemin de fer clandestin« , la route des esclaves en fuite vers le Canada ?

Voilà un roman sur fond historique très intéressant ! Je ne connaissais pas du tout cette partie de l’histoire des Etats-Unis, celle des esclaves en fuite, tentant de rallier le Canada via les les états où l’esclavagisme est banni, tels  ceux du nord du pays. A travers des lois aidant les chasseurs d’esclaves, on se rend compte de toute l’hypocrisie d’un système à cette période : si ces états refusent l’esclavagisme, ils ne sont pas activement impliqués dans son éradication… bien au contraire !
Même les quakers, farouches émissaires de l’égalité entre les hommes, reconnaissent le bénéfice économique de cet état de fait : les esclaves permettent de produire du coton peu cher, que les grossistes d’Ohio peuvent vendre à des prix modiques dans le monde entier… Et l’argent est ce qui permet aux Etats-Unis d’être indépendants.
Les personnes qui aident les esclaves, que se soit dans les états du Sud comme dans ceux du Nord peuvent réellement été considéré comme des héros, vu ce qu’ils encouraient pour un simple geste de compassion !

Outre cet aspect historique, j’ai apprécié l’histoire d’Honor, qui quitte l’Angleterre, sa famille et son amie Biddy pour fuir des fiançailles rompues.
Tout au long de cette histoire, qui mêle récit à la troisième personne et roman épistolaire, Honor cherche sa place… et ne la trouve que quand elle a une aiguille dans la main. En effet, l’art du quilt à une place centrale dans ce roman ! On apprend les différences entre les quilts classiques britanniques, très géométriques et travaillés, et ceux d’Amerique, simples et très colorés. Les passages important de la vie d’Honor sont représentés par les morceaux de tissus qu’elle glane dans l’optique de créer un jour un quilt américain. C’est assez bien vu et touchant ! Ça donne aussi une autre dimension à ces travaux de couture, que j’aurais décris comme kitsch il y a encore une semaine !

Bref, je suis emballée, et je vais conseiller ce livre à mes proches ! Il y a plein de bonnes choses à prendre dans ce livre.
Merci Folio pour ce partenariat ! 🙂

« Lignes de vie » de Graham Joyce

Lignes de viePour le partenariat Folio de janvier, je n’ai pas fait de folies : un roman de la collection Folio SF, histoire de me plonger dans un monde un peu plus fantaisiste que celui dans lequel nous nous ébattons chaque jour.

Conventry, en Angleterre, juste après la Seconde Guerre Mondiale. Cassie, jeune mère célibataire d’un tout petit bébé doit le faire adopter par une parfaite inconnue… Mais elle ne veut pas l’abandonner ! C’est donc elle, et sa famille composée de sa mère Martha et de ses six sœurs, qui élèveront le jeune Frank ! En effet, Cassie a des absences, ce qui la rend très imprévisible. Durant ces périodes de folies, elle voit entre autres les esprits des morts
Élevé tour à tour par ses différentes tantes et leurs maris, Frank va grandir dans une ferme, au milieu d’un cercle spirite, dans une maison communautaire, chez un embaumeur…
Mais la question que Martha se pose, c’est de savoir si Frank a hérité du don de Cassie… qu’elle a elle-même ! Les fantômes lui feront ils du mal ? Ou lui révèleront-ils l’avenir à l’aide de signes sibyllins, comme ils le font avec elle ?

Je m’attendais un peu au pire à voir les commentaires de certains sur les forums et blogs, mais finalement, ce livre n’est pas si désagréable. La vie de Frank est surréaliste, surtout à la vue de sa famille très hétéroclite ! A la limite un peu trop « Garpesque »… Après j’avoue, il y a pas mal de longueurs, et assez peu de rebondissement ou de suspense. Et le personnage de Cassie la mère nymphomane complètement hallucinée  m’a un peu laissée dubitative… Bref, une histoire de famille un peu pimenté par la présence de fantôme et d’épisodes maniaques.
Enfin l’avantage de ce roman, c’est aussi pour moi de me plonger dans un lieu et une période de l’histoire que je connaissais mal : la Guerre 39-45 en Angleterre, où les villes ont été bombardées sans relâche par les Allemands… J’avais plutôt une vision Franco-Française du drame, venant moi-même de Normandie, et de m’apercevoir des dommages sur cette île donne une autre ampleur à ce conflit…

Bon, c’est sûr, ce n’est pas le genre de lecture que je conseillerais à des fans du genre, mais franchement, ce livre m’a parfois fais passer de bons moments dans le métro !
Merci à Folio tout de même 🙂

 

« Le Chaos en marche tome 1 : La voix du couteau » de Patrick Ness

La voix du couteauCette fin d’automne aura été riche en bonne lecture grâce aux partenariats ! Aujourd’hui, c’est à Folio et au premier opus de la trilogie Le Chaos en marche, La voix du couteau, de Patrick Ness, que je dédie un coup de cœur ! Littérature jeunesse certes, mais pas que ! Et pour mon plus grand plaisir, un univers de science-fiction dystopique de qualité 😀

Sur une planète lointaine, dans la petite colonie de Prentissville, le jeune Todd attend de fêter ses 14 ans pour enfin devenir un homme, un vrai ! Il est le dernier garçon de la ville, et pour cause : avant sa naissance, une maladie a anéantie toutes les femmes… Une arme bactériologique lancée par les Spackle les premiers habitants de la planète Effet secondaire de la maladie : les hommes ont commencé à générer du Bruit. Leurs pensées sont audibles a tout un chacun ! Le silence n’existe plus sur cette planète, car même les animaux parlent maintenant… de quoi devenir fou !
Un mois avant son anniversaire, Todd va faire une découverte en se promenant dans les marais avec son chien Manchee… Une bulle de silence, comme un grand vide. Est-ce un Spackle, l’ennemi numéro un des humain ? Non ! Plus improbable encore… une fille ! D’où sort-elle, et que veut-elle, elle dont on ne peut pas lire les pensées et qui en plus ne parle pas ?

Cette histoire va amener Todd, son chien et sa nouvelle amie, Viola, dans un voyage forcément initiatique… et surtout pleine d’aventures, de doutes, de découverte sur la réalité de Prentissville et de cette planète. Elle a été colonisée vingt ans auparavant par des groupes religieux à la recherche d’un Eden où la vie serait plus simple et saine que sur Terre. Mais comme souvent, les utopies tournent mal quand la soif du pouvoir et la peur pointent le bout de leurs nez… et on se doute bien que l’Histoire de la guerre contre les Spackle cache une réalité beaucoup plus sombre !
Pour de la littérature jeunesse, j’ai trouvé l’écriture assez recherchée. D’abord la syntaxe et l’orthographe de Todd l’analphabète (pas facile de le comprendre parfois), qui est le narrateur de ce récit. Les jeux de typos aussi sont assez bien fichus, les usages de nuages de mots pour symboliser le Bruit, ou les changements de polices de caractères pour représenter le langage parlé et celui des pensées, les apartés humanisant les situations… Une belle édition je trouve !

Je me suis au fur et à mesure attachée aux personnages… Celui de Todd est assez réaliste. Au début il a un côté très pré-ados qui horripile, mais avec un bon fond tout de même. Mauvaise foi, orgueilleux, flemmard, un brin violent par moment. Mais son voyage forcé loin de Prentissville va lui apprendre à devenir meilleur… à devenir un homme ! (c’est beau, hein :)) Du coup on évolue avec lui, et on apprend la vraie Histoire des colonies de la planète au même rythme que lui et Viola.
Ce que j’apprécie aussi dans ce roman, c’est que l’auteur ne nous présente pas son héros comme un meurtrier. Malgré les difficultés, et même devant un ennemi, Todd se pose toujours la question de tuer ou pas… Pour un livre où le couteau est si omniprésent que ce soit dans le titre ou au travers les pages, c’est une rupture intéressante qui vire quasi à l’obsession, et donne du sens à l’histoire !

coup de coeurUn coup de cœur donc, j’espère que les tomes suivants seront à la hauteur ! En attendant de le découvrir, je rajoute le tome 2, Le Cercle et la Flèche, dans ma wish-list (hey, les gens, c’est bientôt Noël :D) !
Merci à Folio pour cette super lecture 🙂

Au passage, cette lecture me permet de remplir la case « objet » du challenge Petit BAC 2014, youpi ! J’avance un peu ! 😀

Challenge petit bac 2014

« Comment j’ai cuisiné mon père, ma mère et retrouvé l’amour » de S.G. Browne

omment j'ai cuisiné mon père, ma mère et retrouvé l'amourÇa faisait un moment que je n’avais pas lu un roman de zombies… Depuis Vivants je crois bien ! Grâce au partenariat Folio de la rentrée, j’ai pu découvrir Comment j’ai cuisiné mon père, ma mère et retrouvé l’amour de S.G. Browne, paru en 2013, une histoire très sympathique, un brin gore, mais qui surtout nous montre les zombies sous un autre angle que celui que les films d’horreur nous servent habituellement.

Deux jours après sa mort dans un accident de la route, Andy, 34 ans, s’est réveillé… Il est devenu un mort-vivant, un zombie, comme une infime minorité de ceux qui trépassent depuis des siècles.
Mais aujourd’hui aux États-Unis comme ailleurs, les zombies ne peuvent plus se cacher. Comme tous ceux de son espèce il n’a plus aucun droits, juste celui d’exister, pour peu qu’il ne fasse pas de vagues.
Obligé de vivre dans la cave de chez ses parents, son odeur putride et son aspect peu ragoûtant n’aident pas aux bonne relations familiales… pourtant il souhaiterait pouvoir s’intégrer et vivre comme avant ! La nourriture n’a plus de saveur pour lui, il a perdu ses cordes vocales, ses amis l’ont abandonné, sa fille croit qu’il est mort… Ses seuls loisirs : regarder la télé et assister aux réunions de son groupe de soutien zombie. Ici il peut se faire des amis comme lui, qui se décomposent lentement et passivement à l’abri des regards de la société.
Mais leur quotidien va changer le jour où ils rencontreront le zombie Ray, et sa viande de chevreuil en bocaux…

Malgré ce que j’ai pu croire un peu au début, on n’est pas dans de la bit-lit zombiesque à la Twilight et ses vampires végétariens… Mais plutôt dans un roman qui emprunterait à la série True Blood.
Les zombies existent depuis toujours et sont une minorité visible de la société, dénuée de droits. Ils pourrissent lentement dans leurs familles si celle-ci veut encore d’eux, ou servent de mannequins de tests pour la sécurité routière, de cobaye dans les fermes des cadavres… s’ils ne sont pas démembrés par des étudiants bourrés. La violence envers les zombies est à la limite du soutenable !
Pour éviter de se décomposer trop vite, ils mangent des produits de beauté remplis de formol, mais bizarrement ils ne dévorent pas d’humains… très « veggie » non ? 😉
Mais le jour où ils découvrent les vertus curatives de la viande humaine, de « respirants », leur point de vu sur leur existence va changer peu à peu… Fini de se laisser faire, il vont prendre leur non-vie en main !
Mais c’est bien le combat pour leur reconnaissance et leur droit d’exister que nous suivons ici, entre les groupes de soutien, les pétitions, manifestions pour les droits civiques…
Forcément le parallèle avec le combat de Rosa Parks et des afro-américains dans les années 50 est évident… la référence est même déclarées ouvertement et sert de fil conducteur à toute l’histoire. Peut-être trop systématique, mais dans un roman d’anticipation comme celui-ci, l’enfonçage du clou passe pas si mal.

Une lecture pas prise de tête donc, très accessible, et finalement assez moral malgré le cannibalisme ambiant… En tout cas j’ai apprécié cette histoire et ces personnages.
Merci à Folio pour ce partenariat !
Et au passage, une lecture pour mon challenge Petit BAC 2014, section « Sphère familiale ».

Challenge petit bac 2014

« Ainsi naissent les fantômes » de Lisa Tuttle

Ainsi naissent les fantomesComme souvent ces derniers temps, mon partenariat avec Folio m’a surpris et m’a permis de faire une chouette découverte… Une auteure américaine que je ne connaissais absolument pas, Lisa Tuttle.
Ce recueil de nouvelles, datant des années 80 jusqu’au début des années 2000, m’ont donné un aperçu du style de cette écrivain… Et j’ai été emballée ! Une plume légère, des cadres poétiques, et la vie quotidienne des protagonistes qui basculent dans le fantastique. Tout ce qu’il faut pour m’accrocher et me donner envie d’en lire encore plus !

J’ai été happée dès la première nouvelle, Rêves captifs, si noire… L’histoire d’une petite fille kidnappée et enfermée dans un placard, qui va un jour réussir sortir de sa geôle telle Alice en ouvrant une trappe habituellement impraticable.
Le Remède est assez conceptuel, un virus qui annihile la possibilité de parler… Qui n’est pas sans me rappeler la bombe iconique de l’Anamnèse de Lady Star ! Décidément, je n’ai pas fini d’en parler, de ce roman !
Ma pathologie mêle ésotérisme, sciences et fantastique avec brio… et met en scène des situation de prégnation assez perturbantes.
Mine de rien, Le vieux Mr. Boudreaux m’a touché, pas tant pour la situation que pour sa principale protagoniste avec lequel je me suis senti en phase… C’est bizarre comme sensation, que de lire ligne après ligne la description et les pensées d’un personnage et de se dire « Tiens, j’aurais pu dire ça, ou être ça… ».

Certaine m’ont moins plu forcément, comme La fiancé du dragon, peut-être un peu trop symbolique. Le récit tourne autour des craintes d’une jeune femme de se voir retourner chez sa tante en Angleterre, car elle a eu un trou noir lors de sa dernière visite là bas quand elle était enfant… Forcément, il a du se passer des choses bizarres… mais peut-être trop étranges du coup !

J’aime beaucoup les différents personnages de ces nouvelles, qui devraient avoir peur de ce qu’ils voient et vivent, mais l’acceptent presque naturellement. En effet, les situations quotidiennes se trouvent mise en décalage à un moment… un truc bizarre arrive, et nous fait tout de suite rentrer dans un univers fantastique. Le format court est pas mal finalement, même si j’aurais parfois aimer en savoir plus ! La concision de nouvelle permet de moins tourner autour du pot, de vraiment voir quand se passe la cassure entre le monde « normal » et « irréel ».
J’ai noté une grande importance de la maison dans cette anthologie, ainsi que des rêves… et on ne voit pas de fantômes comme on peut l’imaginer (ces machins phosphorescents qui viennent embêter les vivants). Quand on y pense, c’est peut être effectivement l’addition de ces deux choses, le lieu de vie structuré pétri d’habitudes et notre imagination débridée, qui donne naissance à ces fameux fantômes que le titre nous livre, et que nous créons…

Bref, un excellent recueil de nouvelles fantastiques, qui me donnent envie d’en connaître plus de cette auteure… Et si je vous dit qu’elle a écrit avec George R. R. Martin Elle qui chevauche les tempêtes, ça ne peut présager que du bon 😀

En plus bonne nouvelle pour mon challenge ABC – Littératures de l’Imaginaire, je peux cocher la lettre T ! 🙂

Merci Folio pour cet excellent ouvrage !

challenge de l'imaginaire ABC 2014

« Armageddon Rag » de George R.R. Martin

Armageddon RagFan de la série TV Game of Thrones, je suis affligée de ce sombre secret : je n’ai jamais lu un seul livre de George R.R. Martin, surnommé le Tolkien américain… Quelle honte !
Mais grâce à Folio et son partenariat je peux maintenant avancer fièrement dans la vie ! Oui, j’ai lu un des premier roman de Martin ! Oui, j’ai aimé me plonger dans cet univers rock ! Oui, j’aime les histoires fantastiques ! Oui, j’ai adoré Armageddon Rag !

Écrivain new-yorkais tentant d’écrire son troisième roman, Sandy Blair a tout de l’ancien hippie reconverti dans les années 80 : un super apart, une petite amie jolie et intelligente, un métier qu’il aime, une collection de disque hallucinante…
Mais le passé le rattrappe ! Le rédacteur en chef du « Hedgehog », son ancien journal, lui demande d’enquêter et d’écrire un article sur l’assassinat du célèbre impresario Jamie Lynch… Qui était le manager du plus grand groupe de rock de la fin des années 60, les Nazgûls ! Une aubaine pour Sandy qui va pouvoir sillonner les Etats-Unis à la recherche des membres encore vivants du groupe… l’occasion de rencontrer au passage d’anciens amis révolutionnaires et se remémorer cette époque du flower-power.
Mais la mort de Jamie Lynch est loin d’être un simple meurtre : il a été retrouvé le coeur arraché de sa poitrine ! Et est-ce un hasard si son enquête sur la mort de celui-ci et ses conversation avec ses anciens camarades le ramènent toujours vers ce nom : Edan Morse ? Y-a t’il un rapport entre lui, la mort de Lynch, et celle du chanteur des Nazgûls, abattu sur scène à West Mesa ?

Le voyage d’Est en Ouest de Sandy rappelle les grandes épopées américaines ou plus récemment la migration de la jeunesse américaine vers la Californie… Sauf que là, on est dans les années 80 : le cynisme et la noirceur sont de mise. Ses rencontres chapitre après chapitre avec les protagonistes de sa jeunesse – rockeurs, ennemis ou amis – on souvent un goût de nostalgie et d’amertume. Mais on n’est pas juste devant un roman biographique, mais bien dans un univers où des forces ténébreuses s’affrontent : le fantastiques imprègnent chacun de ces chapitre, et on se demande jusqu’à la fin ce qui va se passer, afin d’enfin lever le voile sur qui est l’assassin du chanteur des Nazgûls, de Jamie Lynch… et de bien d’autres !
J’ai eu l’impression de vivre un vrai voyage au travers les États-Unis et son histoire avec ces personnages : l’été de l’Amour, les révolutions inéluctables suite à l’immobilisme de l’Etat face à la guerre du Viêt-Nam, les manifestations et les heurts parfois sanglants… Et surtout beaucoup, beaucoup de musique ! L’ambiance des concerts est superbement retranscrite… Je n’avais qu’une envie à la lecture de ces lignes : que les Nazgûls existent pour écouter leur disques !

Ce roman n’est pas nouveau nouveau : il a été édité aux USA en 1983, 13 ans avant le premier opus du Trône de fer ! Un roman de jeunesse, en somme ? :p
Je me suis donc amusée à chercher des parallèle avec l’univers fantasy du Trône de fer, mais à part des prénom je n’en vois pas… Il y a forcément pas mal de liens avec l’univers de Tolkien avec le nom du groupe « Les Nazgûls », celui du chanteur Hobbins le Hobbit, et de leur impresario Jamie « Sauron » Lynch… mais ça s’arrête là.
C’est peut être plus dans la Bible et dans le livre de l’Apocalypse qu’il faut chercher des références… Mais à la lecture du titre vous aviez du vous en douter 😉

coup de coeurMaintenant je comprend mieux le culte que certains vouent à George R.R. Martin : ce livre est vraiment bien écrit ! On est tout de suite plongé dans l’histoire, l’univers est très prenant, on apprend des choses sur l’histoire des contres-cultures des années 60-70 et à partir de là sur notre histoire contemporaine… J’ai vraiment adoré !
Que pourrais-je dire de plus ? C’est un vrai coup de cœur ! Lisez le de toute urgence si vous avez envie de sentir vos cheveux pousser et vos oreilles saigner ! 😀

Merci à Folio une fois de plus pour ce partenariat !

Et pour finir, je note ce roman dans le challenge ABC – Littératures de l’imaginaire.

challenge de l'imaginaire ABC 2014

 

« Citoyens au-dessus de tout soupçon… » de Raphaël Confiant

Citoyens au dessus de tous soupçon...Opération roman policier pour le partenariat Folio d’avril… Et pas n’importe quel roman policier ! Ici l’enquête se déroule en Martinique ! On est loin de l’ambiance sombre de nos villes… Mais rassurez-vous, l’atmosphère n’en est pas moins sordide, même sous le soleil des Antilles !

Jack Teddyson est détective privé à Fort-de-France, profession peu lucrative sur une île où tout le monde connaît tout le monde…  Ambiance insulaire oblige ! Mais une enquête peu commune va arriver sur son bureau : Irmine Ferdinand, veuve de Sésostris Ferdinand, lui demande de rechercher qui a tué son mari. Ce dernier a été retrouvé castré et assassiné chez une prostitué dominicaine… Et la police a fermé le dossier, faute de preuves. Crime crapuleux ? Vengeance du mac de la belle ? A moins que Sésostris ait baigné dans des affaires louches de jeux ? Et les symboles vaudou peint sur le mur de sa dernière chambre ont-ils un sens ?
Aidé par son ami l’inspecteur Maxence, Jack va devoir mener son enquête dans les milieux peu recommandables de la Martinique : ceux des jeux clandestins, de la prostitution, de la drogue, et de la politique !

Malgré l’utilisation de la langue créole, on est loin de l’image d’Épinal de la Martinique touristique !
Jack Teddyson parle le français assez alambiqué, qui m’a rappelé le terroir martiniquais que j’ai approché en décembre dernier lors de mes vacances dans la campagne de l’île… C’était assez sympa pour ça. L’utilisation du créole, toujours traduit, permet de faire encore plus « couleur locale ». On découvre aussi Fort-de-France d’une autre manière, même si la ville laisse rapidement percevoir « en vrai » tout ses travers quand on la visite.
Jack est un vrai cliché vivant du mâle antillais, qui ne veut pas se mettre en couple et qui tire à droite à gauche… A cause de ça peut être, j’ai eu assez peu de sympathie pour ce personnage et ses conquêtes, telle Francelise, qui semble avoir un popotin plus gros que son cerveau.
L’enquête en elle même rebondit un peu trop à mon goût, pour finir par atterrir là où on l’escomptait… Ça n’est donc pas le côté « policier » qui fait l’intérêt du roman pour moi.

Une lecture sympathique, mais pas inoubliable
Malgré tout, merci à Folio pour m’avoir permis de découvrir cet auteur !

« Les opéras de l’espace » de Laurent Genefort

Les opéras de l'espaceJe n’ai jamais lu autant d’auteurs de SF / fantastique français que depuis que je suis inscrite aux partenariats Folio !
Je ne connaissais pas du tout Laurent Genefort avant d’avoir choisi ce livre lors du partenariat du mois de mars… encore une fois par hasard ou par défaut, parce que c’était le seul dans la catégorie Folio SF. J’aime découvrir les romans que je lis sans avoir d’aprioris. Je m’en félicite une fois de plus ! 🙂

Axelkahn est un ténor connu sur les centaines de planètes des galaxies où il se produit… Sa voix égale celles des dieux si on en crois ses fans. Mais ce talent, comme chacun sait, il le doit aux biotechnologies des Yuhew, une race mystérieuse spécialisée dans les technologies de pointe et la philosophie. Donc Axelkahn a des biocapteurs dans la gorge, qui subliment son chant à un niveau encore jamais atteint… Et surtout, il est le seul a avoir eu ce cadeau !
Mais un jour, le rêve va prendre fin : ses capteurs tombent en panne et il perd son don en même temps que sa célébrité. Fini les villas, les richesses, les caprices… et surtout la gloire ! Mais Axelkahn ne va pas se laisser faire : il se met en tête de retrouver un de ces Yuweh, pourtant inaccessibles, pour lui demander de lui rendre « sa » voix.
C’est sur les Bulbes Griffith, une étrange planète en forme de grappe creuse, qu’il va se mettre en quête de son sauveur… Mais comment faire pour voyager sur cette planète peu hospitalière où les pirates feraient des ravages, sans un sou ? En faisant ce qu’il sait le mieux faire : divertir la population ! Et pour cela il va monter une troupe de théâtre !
Axelkahn arrivera-t-il jusqu’au Yuhew ? Ce dernier existe-t-il vraiment ? Comment la population des Bulbes va réagir devant les pièces de théâtre de la compagnie ?

J’ai passé un très bon moment à la lecture de ce roman de ce space opera, qui est un véritable voyage initiatique pour Axelkahn… Car vous vous en doutez, son voyage va le transformer plus qu’il ne le pense ! Et c’est pas plus mal pour lui, et pour nous, lecteurs !
A la lecture des premières pages, quand j’ai compris qu’Axelkahn allait être le héros de cette histoire, je me suis dit « Mince, comment vais-je supporter cette tête de con durant 400 pages !? ». Avant sa déchéance, le portrait du ténor est peu reluisant, une vraie diva, obèse, riche, cynique, égoïste, bref, peu sympathique… Mais après quelques déconvenues, où notre principal protagoniste en prend plein la poire, on se sent mieux, et on fini par ne plus trop le détester ! Ce personnage est pour beaucoup dans le plaisir que j’ai pris à lire cette histoire : il n’a rien du gentil chevalier et n’est pas dénué d’humour ou d’autodérision.
Sur sa route, pour former sa troupe, il va rencontrer et engager une ribambelle de parias dans les stations où il va produire ses spectacles : débiles mentaux, handicapés, asociaux, exclus… On comprend mieux pourquoi sa troupe s’appelle la Compagnie des Fous ! Surtout quand on sait que les villes qu’il traverse vivent dans l’économie la plus simple : on ne nourri pas de bouche inutiles… Les artistes et les réprouvés vont avoir fort à faire avec les coutumes arbitraire des stations !

La trame peut paraître assez classique : le voyage qui permet de monter un groupe de « loosers » où chacun aura un petit truc en plus pour aider la Compagnie, les épreuves à surmonter à chaque étapes de leur chemin, l’enquête sur le Yuhew qui a valeur de légende ou de tabou selon les stations traversées… Mais je trouve que ça fonctionne plutôt pas mal pour un récit qui se veut épique. J’ai juste eu des doutes sur la fin, car on devine assez facilement la chute je trouve… mais bon, je suis passée outre !
Le monde des Bulbes est suffisamment original et bien expliqué pour avoir une impression d’exotisme et de se projeter aisément dans cet univers fantastique.

J’ai donc passé un très bon moment grâce à Laurent Genefort et ses personnages. En regardant de plus près je vois qu’il a signé pas mal de romans dans les même genre d’univers, comme Omale qui semble être sa saga la plus connue… Je la rajoute de ce pas dans ma wish-list 😉

Merci à Folio pour ce roman !
Et puisque je n’ai pas encore lu l’auteur de la lettre G pour le Challenge ABC – Littératures de l’Imaginaire, je crois que ce roman fera une parfaite entrée !

challenge de l'imaginaire ABC 2014

 

« Le Sabre de Sang, tome 1 : Histoire de Tiric Sherna » de Thomas Geha

Le sabre de sang tome 1Je n’ai pas eu à hésiter longtemps pour le partenariat Folio de février : à peine ouvert mon mail d’invitation, j’ai vu le nom de Thomas Geha, et j’ai immédiatement sauté sur le roman qui était proposé !
Il faut dire que cet auteur a su se rendre sympathique à mes yeux suite à son don à la Team Alexandriz de A comme Alone… J’avais d’ailleurs beaucoup aimé ce roman mélangeant univers fantastique et SF d’anticipation, le tout dans les décors d’une France post-apocalyptique.
Bref, un roman de fantasy par Thomas Geha, ça ne pouvait que me plaire 🙂

Tiric Sherna est un guerrier et dignitaire shao, ou plutôt « était »… Il a été capturé par l’armée qivhvienne, un peuple d’hommes – lézards,  à laquelle aucuns peuples ou armée ne peut résister au sein des Sept Royaumes. Il est emmené à la capitale de ces repoussantes créatures, Ferza, où il est rapidement vendu comme esclave à la maléfique et perfide Zua Lazpoa, suivante de l’Impératrice… Loin d’en faire un serviteur, elle va lui prodiguer un entraînement plus que viril pour faire de lui un champion de l’arène, un gladiateur hors pair, prêt à porter son étendard devant les autres pontes de la ville… Mais Tiric n’oublie pas d’où il vient, et il n’oublie surtout pas son désir de vengeance et de liberté ! Et une série d’évènements va lui donner l’occasion de mettre ses projets en place…

Ce roman m’a fait penser à un mélange du jeu vidéo Elder Scroll III – Morrowind et des aventures de John Carter dans le pulp Une princesse de Mars. Bref, on est entre le medieval fantasy et l’heroic fantasy, et ça fonctionne plutôt pas mal sous la plume de Thomas Geha !
Le récit à la première personne, au travers le regard de Tiric, nous plonge dans l’action. Le rythme est soutenu, on n’a pas le temps de s’ennuyer. Le vocabulaire propre à cet univers est rapidement assimilé, ainsi que les règles qui régissent cette société.
Le schéma narratif assez classique : un héros qui passe du statut de noble à celui d’esclave et va devoir prouver sa valeur en partant de plus bas que terre, un peuple d’oppresseurs n’ayant rien d’humain, mais dont un de ses membres se révèle digne de confiance, un peu de magie pour dénouer des problèmes,… dans une épopée au travers les villes, les déserts, les marais, et même les océans. Si la lecture est agréable dans son ensemble, j’ai été surprise par les dernières pages, qui relancent complément l’intérêt du lecteur et me donne envie de lire le second volume de cette saga !

Une très bonne lecture… il me faut maintenant me procurer la suite ! Je veux savoir ce qui va se passer !
Merci Folio pour ce très bon moment passé dans l’univers de Thomas Geha  🙂
Et au passage, une très bonne entrée pour le challenge Geek !

challenge_geek2014

« Le Cercle celtique » de Björn Larsson

Le Cercle CeltiqueAmbiance grands froids pour ce roman suédois de 1992, estampillé « Polar Culte » ! Au milieu de la mer du Nord, on voyage entre la Scandinavie et l’Ecosse à bord d’un voilier, en plein hiver ! Un roman de saison à n’en point douter, que j’ai reçu dans le cadre des partenariats Folio.
Mais  l’histoire est-elle à la hauteur des décors brossés par l’auteur ?

En plein hiver, sur les côtes danoises… Ulf le suédois a une vie assez marginale sur son voilier, Le Rustica. Il va rencontrer sur un ferry MacDuff, un écossais venu braver la mer du Nord pour retrouver la femme qu’il aime, Mary, enlevée par un marin danois, Pekka. Et comme le monde est finalement petit, Ulf va tomber au port sur Pekka, effrayé, qui lui remet son journal de bord avant de disparaître avec Mary…
A la lecture de ce journal, Ulf voit transparaître un vrai mystère : le Cercle celtique, qui est à l’origine de la fuite de Pekka et du rapt de Mary.
N’y tenant plus, Ulf appelle son ami Torben, et à eux deux ils décident de partir à l’aventure et de suivre la route maritime tracée par Pekka jusqu’en Ecosse ! Mais le voyage sera bien plus dangereux qu’ils le pensent, que ce soit à cause du climat peu engageant de la mer du Nord en hiver, ou devant le mutisme des écossais sur le sujet du Cercle celte…

Le point fort de ce roman, c’est le voyage autour des côtes écossaises… Moi qui rêve de visiter cette région de Grande-Bretagne, j’ai été ravie ! Entre Inverness, les Lochs, les montagnes enneigées, les fjords… avec en arrière-plan la mer puissante et sauvage, j’ai passé de bons moments.
Là où j’ai eu plus de mal, c’est sur la thématique maritime. Il est question de foc, de ris, de bâbord et tribord, … bref, de tout un champ lexical assez technique sur l’art de naviguer…  Et bien que j’aie vécu 15 ans au bord de la mer, je n’y connais absolument rien ! J’ai donc eu du mal à suivre et à me représenter les scènes d’action où nos héros survivent à des courants marin dévastateurs, slaloment entre les rochers pour s’abriter dans des baies, ou s’enfuient entre des portes d’écluses à peine ouvertes… Enfin ça aura au moins eu le mérite de m’apprendre deux ou trois petites choses.

Côté histoire je n’ai pas accroché en revanche… Peut-être à cause du contexte marin, je n’ai pas réussi à m’identifier aux personnages ou à comprendre leurs motivations. Il n’y a pas vraiment un suspense haletant dans ce roman écrit à la première personne par Ulf, qui nous délivre son histoire à la manière d’un témoignage. D’ailleurs on se demande parfois si Ulf n’est pas Björn Larsson,  lui qui a aussi vécu de nombreuse année sur un bateau nommé Le Rustica et à navigué dans toutes les mers du nord !
La position du roman entre hyper-réalisme (situation plausible et bien détaillées) et situations extraordinaires (de la magie ?) rend le tout un peu bancal pour moi…

Cette expédition parfois agréable m’a paru un peu longue par moment. Mais je ne doute pas qu’il pourra ravir les amateurs de nautisme et de voyage 😉

Merci à Folio tout de même pour cette découverte !