Mots-clé : partenariat Folio

« L’amie prodigieuse » d’Elena Ferrante

L'amie prodigieuse« Le roman que Daniel Pennac offre à tous ses amis« . Voilà ce que clame la sur-jaquette sur cette édition, reçue lors du partenariat Folio du mois. Avec une annonce comme celle-ci, je ne pouvais pas passer à côté de ce roman… De loin, j’y voyais une saga familiale classique autour de deux amies d’enfance, dans l’Italie d’après guerre. C’est bien de cela qu’il s’agit, mais de bien plus encore ! Pennac ne se trompait pas, l’écriture d’Elena Ferrante est vraiment jubilatoire !

Elena et Lila se connaissent depuis les bancs de l’école, dans un quartier pauvre de Naples. Dans cette Italie des années 50, la vie n’est pas tendre. La plupart des adultes font des métiers difficiles, les femmes travaillent dans leur foyer, et les enfants font ce qu’ils peuvent entre eux et leurs professeurs. Lila s’avère rapidement être un petit génie, doublé d’un sale caractère qui flirte avec la méchanceté. Elena quant à elle est subjuguée par son amie, et fait tout pour être à son niveau… Cette émulation va permettre à cette dernière d’accéder à des études, au collège… Lila elle devra rester travailler avec ses parents à la cordonnerie familiale. Cette séparation va-t-elle signifier la fin de leur amitié ? Lila continuera-t-elle a étudier malgré l’interdit familiale ? Elena pourra-t-elle se sortir du quartier ?

Voici donc une superbe histoire, passionnante, pleine d’émotion et super bien écrite… Je deviens fan de saga familiale avec des livres comme ça ! On peut très facilement s’identifier à Elena, l’éternelle seconde, durant ses années d’enfance et d’adolescence que nous suivons ici. Son amitié avec Lila est un petit mélange d’adulation et de jalousie, qui va la guider durant toutes ses jeunes années, que ce soit pendant ses études que pour ses affaires de coeur. Cette histoire s’inscrit dans celle du quartier, où les rivalités et les conflits entre les familles ont la part belle… Eux même au coeur de la grande histoire d’Europe de l’après-guerre, où le fascisme, le marché noir, l’essor du communisme… ont laissé des traces.

Un seul regret : il va falloir que j’attende le second volume de la saga pour savoir comment se termine cette histoire ! Si L’amie prodigieuse raconte la jeunesse des deux filles, la suite, Le nouveau nom, se focaliserait sur leurs vies d’adultes. Et vu les rebondissements au fil des pages, je veux absolument savoir ce qui va se passer.

Un roman vraiment très bon, que je conseille vivement et que je vais certainement prêter… Voir offrir à mon tour 😉

« Les chats des écrivains » de Bérangère Bienfait, Brigitte Bulard-Cordeau et Valérie Parent

Les chats des écrivainsPause féline grâce au partenariat Folio du mois dernier, qui comme promis nous présente les relations  passionnées entre des écrivains et leurs chats.

D’abord il y a forcément les écrivains qu’on associe immédiatement aux chats, comme Colette. Et ceux dont on avait oublié qu’ils avaient écrit sur ces petites boules de poils, comme Edgar Poe, ou George Brassens. Il y a les écrivains qui ne peuvent vivre qu’au milieu de centaines de félans, comme Hemingway. Il y a aussi des chats célèbres, comme celui qui gardait le bibliothèque de Spencer en Iowa et qui a eu le droit à sa mort aux hommages de journaux du monde entier. Ou encore les lignées de chats comme les Jock, qui ont survécus à Churchill et sont encore maîtres de sa maison de Chartwell. Bref, des chats de toutes les tailles, de toutes les couleurs, et forcément adorés par leurs humains !

On apprend quelques anecdotes sympathiques sur les chats et leurs maîtres, qui sont souvent drôles ou touchantes. Quand on est fan comme moi de félins, on a un petit sourire aux lèvres en imaginant les bestioles et leur propriétaires. Après, les anecdotes sont courtes, et on a parfois envie d’en savoir plus… Mais charge à nous d’approfondir !

Une lecture rafraîchissante et courte, parfaite pour le métro et les matins d’hiver maussades. Avec l’image d’un chat, on est jamais vraiment déprimé d’aller au travail dans ces conditions 😉

« La fractale des raviolis » de Pierre Raufast

La fractale des raviolisJ’étais passée à côté de La fractale des raviolis, premier roman de l’écrivain français Pierre Raufast, lors de sa parution l’an dernier. Grâce à la sortie format poche et au partenariat Folio de septembre, voilà ce manquement à ma culture générale réparé.

Quand une femme veut se venger de son mari volage, ça peut aller loin… Très loin même. D’une casserole de raviolis empoisonnés à la digitaline jusqu’au champ dévasté de rats-taupes d’un écrivain, nous allons suivre un fil très ténu, qui rassemble les anecdotes les plus fondatrices de la vie d’une dizaine de personnages. Et si tout cela formait une sorte de destiné ? Une toile géante où chaque détails des événements prenait la même forme que le tout auquel il appartenait ?

On décrit souvent ce livre comme roman gigogne… Je ne peux vraiment pas trouver de meilleur qualificatif. Pour mon plus grand bonheur de lectrice, les courtes histoires qui composent ce récit s’emboîtent parfaitement, pour retomber sur leurs pieds à la fin. Il est beaucoup question de meurtriers ou de pervers, ou encore de personnages affublés de dons ou d’handicap particuliers. Bref, le tableau est haut en couleur, on a pas le temps de s’ennuyer une seconde. Un livre vite avalé tant il est entraînant (et court… Certes). Le rythme est soutenu, les fin des chapitres qui annoncent un changement de cadre agissent comme de vrais cliffhanger, le style est fluide…

Un petit plaisir qu’il serait dommage de ne pas s’offrir ! Je n’ai pas grand chose à lui reprocher, j’ai passé un bon moment avec ce livre dans le métro… C’est tout ce qui compte lors des matins difficiles 😉

« Le collier rouge » de Jean-Christophe Rufin

Le collier rougeEn voyant le mois dernier dans le métro sur de grandes affiches la couverture de ce livre, je me disais « Mais c’est quoi ce clébard avec sa tête qui ne me revient pas ? ». Il faut avouer qu’il a le même regard névrosé que feu l’épagneul de mes parents, et c’est vraiment pas entraînant voir de ça avant d’aller bosser.
Quand Folio lors du partenariat d’avril m’a proposé ce roman, j’ai du me rendre à l’évidence que c’était le destin qui me conduisait vers ce livre… Un heureux destin, même !

Été 1919, alors que la Première Guerre Mondiale vient de se terminer, le juge militaire Lantier se rend dans un petit village pour instruire le dossier de Morlac, héros de guerre. Depuis que celui ci est enfermé, son chien aboie sans discontinuer dans la rue.
Durant toute l’enquête, nous allons découvrir avec Lantier le profil du prisonnier, ses faits de guerre… ainsi que ses relations avec ce chien, qui revêt une importance essentielle dans toute son histoire.
Par l’entremise du récit de Morlac et des témoignages de ses proches et voisins, c’est tout le principe de la guerre qui est remis en cause. Mais cela sera-t-il suffisant pour le sauver ?

J’ai été vraiment emballée par ce court roman, dont je ne connaissais pas l’auteur. Bon, je viens de m’apercevoir qu’il est à l’Académie Française, et qu’il a reçu un prix Goncourt… Ce qui prouve mon total manque de culture dans le domaine de la littérature française 😀
J’ai aimé la progression du récit, avec comme question centrale : qu’est-ce que Morlac et son chien on fait de si horrible pour être emprisonné ? L’ancien soldat devra faire un travail de mémoire et d’analyse pour mettre à jour les racines de l’affaire qui l’a mené là. Le juge Lantier, aristocrate à la veille de revenir à sa vie civile, va aussi remettre en cause ses principes durant cette enquête. Ce qui est troublant, c’est que si Lantier fait tout son possible pour faire sortir le héros de guerre de sa cellule, celui-ci ne semble pas vouloir être libéré… Pourquoi ?

Pour information et pour me faire pardonner, le chien sur la photo est un vrai chien de guerre, Jacquot, décoré deux fois de la Croix de Guerre. A priori c’était un chien de liaison dont la charge était de transmettre des messages (comme un pigeon voyageur en somme). La médaille sur l’image de la couverture n’est donc pas un montage… Du coup j’ai appris un truc, j’ignorais que les chiens étaient décorés comme le hommes pour faits de guerre au début du 20ème siècle !

Le style est agréable, on a envie de tourner les pages… et beaucoup d’humanité ! Que demander de plus ?  Essai gagnant avec cet auteur… J’avais déjà repéré son livre Immortelle randonnée sur le thème du chemin de Compostelle (on aime la marche à pied à la maison ;)).

En plus ce livre me permet d’avancer un peu dans mes challenges : ça sera donc l’entrée « couleur » du Petit BAC.

petit-bac-2015

« La dernière fugitive » de Tracy Chevalier

La dernière fugitiveDifficile de ne pas succomber à l’appel du dernier roman de Tracy Chevalier lors du partenariat de mars de Folio ! J’avais beaucoup aimé Prodigieuses créatures il y a quelques années, et j’avais envie de découvrir un autre roman de cette auteure… Voilà qui est chose faite ! Maintenant je n’ai qu’une envie, lire ses premiers romans 😉

1850, Honor Bright quitte l’Angleterre avec sa sœur Grace pour rejoindre l’Amerique. Grace doit retrouver son fiancé Adam, un quaker comme elles, pour l’épouser et vivre avec lui en Ohio.
Mais à peine arrivé sur les côtes américaines, Grace tombe malade et succombe d’une mauvaise fièvre… Laissant Honor seule et sans relations ! Heureusement, elle va rencontrer Belle, une modiste dans la petite ville de Wellington. Celle-ci va l’héberger, la nourrir et l’aider à contacter son ex-futur-beau-frère Adam. Mais même s’ils font partis de la même congrégation religieuse, Honor sent bien qu’elle n’est pas à sa place entre Adam et la veuve de son frère… Elle va devoir trouver un échappatoire pour pouvoir vivre et s’épanouir en Ohio. Et si cela prenait la forme du « chemin de fer clandestin« , la route des esclaves en fuite vers le Canada ?

Voilà un roman sur fond historique très intéressant ! Je ne connaissais pas du tout cette partie de l’histoire des Etats-Unis, celle des esclaves en fuite, tentant de rallier le Canada via les les états où l’esclavagisme est banni, tels  ceux du nord du pays. A travers des lois aidant les chasseurs d’esclaves, on se rend compte de toute l’hypocrisie d’un système à cette période : si ces états refusent l’esclavagisme, ils ne sont pas activement impliqués dans son éradication… bien au contraire !
Même les quakers, farouches émissaires de l’égalité entre les hommes, reconnaissent le bénéfice économique de cet état de fait : les esclaves permettent de produire du coton peu cher, que les grossistes d’Ohio peuvent vendre à des prix modiques dans le monde entier… Et l’argent est ce qui permet aux Etats-Unis d’être indépendants.
Les personnes qui aident les esclaves, que se soit dans les états du Sud comme dans ceux du Nord peuvent réellement été considéré comme des héros, vu ce qu’ils encouraient pour un simple geste de compassion !

Outre cet aspect historique, j’ai apprécié l’histoire d’Honor, qui quitte l’Angleterre, sa famille et son amie Biddy pour fuir des fiançailles rompues.
Tout au long de cette histoire, qui mêle récit à la troisième personne et roman épistolaire, Honor cherche sa place… et ne la trouve que quand elle a une aiguille dans la main. En effet, l’art du quilt à une place centrale dans ce roman ! On apprend les différences entre les quilts classiques britanniques, très géométriques et travaillés, et ceux d’Amerique, simples et très colorés. Les passages important de la vie d’Honor sont représentés par les morceaux de tissus qu’elle glane dans l’optique de créer un jour un quilt américain. C’est assez bien vu et touchant ! Ça donne aussi une autre dimension à ces travaux de couture, que j’aurais décris comme kitsch il y a encore une semaine !

Bref, je suis emballée, et je vais conseiller ce livre à mes proches ! Il y a plein de bonnes choses à prendre dans ce livre.
Merci Folio pour ce partenariat ! 🙂

« Lignes de vie » de Graham Joyce

Lignes de viePour le partenariat Folio de janvier, je n’ai pas fait de folies : un roman de la collection Folio SF, histoire de me plonger dans un monde un peu plus fantaisiste que celui dans lequel nous nous ébattons chaque jour.

Conventry, en Angleterre, juste après la Seconde Guerre Mondiale. Cassie, jeune mère célibataire d’un tout petit bébé doit le faire adopter par une parfaite inconnue… Mais elle ne veut pas l’abandonner ! C’est donc elle, et sa famille composée de sa mère Martha et de ses six sœurs, qui élèveront le jeune Frank ! En effet, Cassie a des absences, ce qui la rend très imprévisible. Durant ces périodes de folies, elle voit entre autres les esprits des morts
Élevé tour à tour par ses différentes tantes et leurs maris, Frank va grandir dans une ferme, au milieu d’un cercle spirite, dans une maison communautaire, chez un embaumeur…
Mais la question que Martha se pose, c’est de savoir si Frank a hérité du don de Cassie… qu’elle a elle-même ! Les fantômes lui feront ils du mal ? Ou lui révèleront-ils l’avenir à l’aide de signes sibyllins, comme ils le font avec elle ?

Je m’attendais un peu au pire à voir les commentaires de certains sur les forums et blogs, mais finalement, ce livre n’est pas si désagréable. La vie de Frank est surréaliste, surtout à la vue de sa famille très hétéroclite ! A la limite un peu trop « Garpesque »… Après j’avoue, il y a pas mal de longueurs, et assez peu de rebondissement ou de suspense. Et le personnage de Cassie la mère nymphomane complètement hallucinée  m’a un peu laissée dubitative… Bref, une histoire de famille un peu pimenté par la présence de fantôme et d’épisodes maniaques.
Enfin l’avantage de ce roman, c’est aussi pour moi de me plonger dans un lieu et une période de l’histoire que je connaissais mal : la Guerre 39-45 en Angleterre, où les villes ont été bombardées sans relâche par les Allemands… J’avais plutôt une vision Franco-Française du drame, venant moi-même de Normandie, et de m’apercevoir des dommages sur cette île donne une autre ampleur à ce conflit…

Bon, c’est sûr, ce n’est pas le genre de lecture que je conseillerais à des fans du genre, mais franchement, ce livre m’a parfois fais passer de bons moments dans le métro !
Merci à Folio tout de même 🙂

 

« Le Chaos en marche tome 1 : La voix du couteau » de Patrick Ness

La voix du couteauCette fin d’automne aura été riche en bonne lecture grâce aux partenariats ! Aujourd’hui, c’est à Folio et au premier opus de la trilogie Le Chaos en marche, La voix du couteau, de Patrick Ness, que je dédie un coup de cœur ! Littérature jeunesse certes, mais pas que ! Et pour mon plus grand plaisir, un univers de science-fiction dystopique de qualité 😀

Sur une planète lointaine, dans la petite colonie de Prentissville, le jeune Todd attend de fêter ses 14 ans pour enfin devenir un homme, un vrai ! Il est le dernier garçon de la ville, et pour cause : avant sa naissance, une maladie a anéantie toutes les femmes… Une arme bactériologique lancée par les Spackle les premiers habitants de la planète Effet secondaire de la maladie : les hommes ont commencé à générer du Bruit. Leurs pensées sont audibles a tout un chacun ! Le silence n’existe plus sur cette planète, car même les animaux parlent maintenant… de quoi devenir fou !
Un mois avant son anniversaire, Todd va faire une découverte en se promenant dans les marais avec son chien Manchee… Une bulle de silence, comme un grand vide. Est-ce un Spackle, l’ennemi numéro un des humain ? Non ! Plus improbable encore… une fille ! D’où sort-elle, et que veut-elle, elle dont on ne peut pas lire les pensées et qui en plus ne parle pas ?

Cette histoire va amener Todd, son chien et sa nouvelle amie, Viola, dans un voyage forcément initiatique… et surtout pleine d’aventures, de doutes, de découverte sur la réalité de Prentissville et de cette planète. Elle a été colonisée vingt ans auparavant par des groupes religieux à la recherche d’un Eden où la vie serait plus simple et saine que sur Terre. Mais comme souvent, les utopies tournent mal quand la soif du pouvoir et la peur pointent le bout de leurs nez… et on se doute bien que l’Histoire de la guerre contre les Spackle cache une réalité beaucoup plus sombre !
Pour de la littérature jeunesse, j’ai trouvé l’écriture assez recherchée. D’abord la syntaxe et l’orthographe de Todd l’analphabète (pas facile de le comprendre parfois), qui est le narrateur de ce récit. Les jeux de typos aussi sont assez bien fichus, les usages de nuages de mots pour symboliser le Bruit, ou les changements de polices de caractères pour représenter le langage parlé et celui des pensées, les apartés humanisant les situations… Une belle édition je trouve !

Je me suis au fur et à mesure attachée aux personnages… Celui de Todd est assez réaliste. Au début il a un côté très pré-ados qui horripile, mais avec un bon fond tout de même. Mauvaise foi, orgueilleux, flemmard, un brin violent par moment. Mais son voyage forcé loin de Prentissville va lui apprendre à devenir meilleur… à devenir un homme ! (c’est beau, hein :)) Du coup on évolue avec lui, et on apprend la vraie Histoire des colonies de la planète au même rythme que lui et Viola.
Ce que j’apprécie aussi dans ce roman, c’est que l’auteur ne nous présente pas son héros comme un meurtrier. Malgré les difficultés, et même devant un ennemi, Todd se pose toujours la question de tuer ou pas… Pour un livre où le couteau est si omniprésent que ce soit dans le titre ou au travers les pages, c’est une rupture intéressante qui vire quasi à l’obsession, et donne du sens à l’histoire !

coup de coeurUn coup de cœur donc, j’espère que les tomes suivants seront à la hauteur ! En attendant de le découvrir, je rajoute le tome 2, Le Cercle et la Flèche, dans ma wish-list (hey, les gens, c’est bientôt Noël :D) !
Merci à Folio pour cette super lecture 🙂

Au passage, cette lecture me permet de remplir la case « objet » du challenge Petit BAC 2014, youpi ! J’avance un peu ! 😀

Challenge petit bac 2014

« Comment j’ai cuisiné mon père, ma mère et retrouvé l’amour » de S.G. Browne

omment j'ai cuisiné mon père, ma mère et retrouvé l'amourÇa faisait un moment que je n’avais pas lu un roman de zombies… Depuis Vivants je crois bien ! Grâce au partenariat Folio de la rentrée, j’ai pu découvrir Comment j’ai cuisiné mon père, ma mère et retrouvé l’amour de S.G. Browne, paru en 2013, une histoire très sympathique, un brin gore, mais qui surtout nous montre les zombies sous un autre angle que celui que les films d’horreur nous servent habituellement.

Deux jours après sa mort dans un accident de la route, Andy, 34 ans, s’est réveillé… Il est devenu un mort-vivant, un zombie, comme une infime minorité de ceux qui trépassent depuis des siècles.
Mais aujourd’hui aux États-Unis comme ailleurs, les zombies ne peuvent plus se cacher. Comme tous ceux de son espèce il n’a plus aucun droits, juste celui d’exister, pour peu qu’il ne fasse pas de vagues.
Obligé de vivre dans la cave de chez ses parents, son odeur putride et son aspect peu ragoûtant n’aident pas aux bonne relations familiales… pourtant il souhaiterait pouvoir s’intégrer et vivre comme avant ! La nourriture n’a plus de saveur pour lui, il a perdu ses cordes vocales, ses amis l’ont abandonné, sa fille croit qu’il est mort… Ses seuls loisirs : regarder la télé et assister aux réunions de son groupe de soutien zombie. Ici il peut se faire des amis comme lui, qui se décomposent lentement et passivement à l’abri des regards de la société.
Mais leur quotidien va changer le jour où ils rencontreront le zombie Ray, et sa viande de chevreuil en bocaux…

Malgré ce que j’ai pu croire un peu au début, on n’est pas dans de la bit-lit zombiesque à la Twilight et ses vampires végétariens… Mais plutôt dans un roman qui emprunterait à la série True Blood.
Les zombies existent depuis toujours et sont une minorité visible de la société, dénuée de droits. Ils pourrissent lentement dans leurs familles si celle-ci veut encore d’eux, ou servent de mannequins de tests pour la sécurité routière, de cobaye dans les fermes des cadavres… s’ils ne sont pas démembrés par des étudiants bourrés. La violence envers les zombies est à la limite du soutenable !
Pour éviter de se décomposer trop vite, ils mangent des produits de beauté remplis de formol, mais bizarrement ils ne dévorent pas d’humains… très « veggie » non ? 😉
Mais le jour où ils découvrent les vertus curatives de la viande humaine, de « respirants », leur point de vu sur leur existence va changer peu à peu… Fini de se laisser faire, il vont prendre leur non-vie en main !
Mais c’est bien le combat pour leur reconnaissance et leur droit d’exister que nous suivons ici, entre les groupes de soutien, les pétitions, manifestions pour les droits civiques…
Forcément le parallèle avec le combat de Rosa Parks et des afro-américains dans les années 50 est évident… la référence est même déclarées ouvertement et sert de fil conducteur à toute l’histoire. Peut-être trop systématique, mais dans un roman d’anticipation comme celui-ci, l’enfonçage du clou passe pas si mal.

Une lecture pas prise de tête donc, très accessible, et finalement assez moral malgré le cannibalisme ambiant… En tout cas j’ai apprécié cette histoire et ces personnages.
Merci à Folio pour ce partenariat !
Et au passage, une lecture pour mon challenge Petit BAC 2014, section « Sphère familiale ».

Challenge petit bac 2014

« Ainsi naissent les fantômes » de Lisa Tuttle

Ainsi naissent les fantomesComme souvent ces derniers temps, mon partenariat avec Folio m’a surpris et m’a permis de faire une chouette découverte… Une auteure américaine que je ne connaissais absolument pas, Lisa Tuttle.
Ce recueil de nouvelles, datant des années 80 jusqu’au début des années 2000, m’ont donné un aperçu du style de cette écrivain… Et j’ai été emballée ! Une plume légère, des cadres poétiques, et la vie quotidienne des protagonistes qui basculent dans le fantastique. Tout ce qu’il faut pour m’accrocher et me donner envie d’en lire encore plus !

J’ai été happée dès la première nouvelle, Rêves captifs, si noire… L’histoire d’une petite fille kidnappée et enfermée dans un placard, qui va un jour réussir sortir de sa geôle telle Alice en ouvrant une trappe habituellement impraticable.
Le Remède est assez conceptuel, un virus qui annihile la possibilité de parler… Qui n’est pas sans me rappeler la bombe iconique de l’Anamnèse de Lady Star ! Décidément, je n’ai pas fini d’en parler, de ce roman !
Ma pathologie mêle ésotérisme, sciences et fantastique avec brio… et met en scène des situation de prégnation assez perturbantes.
Mine de rien, Le vieux Mr. Boudreaux m’a touché, pas tant pour la situation que pour sa principale protagoniste avec lequel je me suis senti en phase… C’est bizarre comme sensation, que de lire ligne après ligne la description et les pensées d’un personnage et de se dire « Tiens, j’aurais pu dire ça, ou être ça… ».

Certaine m’ont moins plu forcément, comme La fiancé du dragon, peut-être un peu trop symbolique. Le récit tourne autour des craintes d’une jeune femme de se voir retourner chez sa tante en Angleterre, car elle a eu un trou noir lors de sa dernière visite là bas quand elle était enfant… Forcément, il a du se passer des choses bizarres… mais peut-être trop étranges du coup !

J’aime beaucoup les différents personnages de ces nouvelles, qui devraient avoir peur de ce qu’ils voient et vivent, mais l’acceptent presque naturellement. En effet, les situations quotidiennes se trouvent mise en décalage à un moment… un truc bizarre arrive, et nous fait tout de suite rentrer dans un univers fantastique. Le format court est pas mal finalement, même si j’aurais parfois aimer en savoir plus ! La concision de nouvelle permet de moins tourner autour du pot, de vraiment voir quand se passe la cassure entre le monde « normal » et « irréel ».
J’ai noté une grande importance de la maison dans cette anthologie, ainsi que des rêves… et on ne voit pas de fantômes comme on peut l’imaginer (ces machins phosphorescents qui viennent embêter les vivants). Quand on y pense, c’est peut être effectivement l’addition de ces deux choses, le lieu de vie structuré pétri d’habitudes et notre imagination débridée, qui donne naissance à ces fameux fantômes que le titre nous livre, et que nous créons…

Bref, un excellent recueil de nouvelles fantastiques, qui me donnent envie d’en connaître plus de cette auteure… Et si je vous dit qu’elle a écrit avec George R. R. Martin Elle qui chevauche les tempêtes, ça ne peut présager que du bon 😀

En plus bonne nouvelle pour mon challenge ABC – Littératures de l’Imaginaire, je peux cocher la lettre T ! 🙂

Merci Folio pour cet excellent ouvrage !

challenge de l'imaginaire ABC 2014

« Armageddon Rag » de George R.R. Martin

Armageddon RagFan de la série TV Game of Thrones, je suis affligée de ce sombre secret : je n’ai jamais lu un seul livre de George R.R. Martin, surnommé le Tolkien américain… Quelle honte !
Mais grâce à Folio et son partenariat je peux maintenant avancer fièrement dans la vie ! Oui, j’ai lu un des premier roman de Martin ! Oui, j’ai aimé me plonger dans cet univers rock ! Oui, j’aime les histoires fantastiques ! Oui, j’ai adoré Armageddon Rag !

Écrivain new-yorkais tentant d’écrire son troisième roman, Sandy Blair a tout de l’ancien hippie reconverti dans les années 80 : un super apart, une petite amie jolie et intelligente, un métier qu’il aime, une collection de disque hallucinante…
Mais le passé le rattrappe ! Le rédacteur en chef du « Hedgehog », son ancien journal, lui demande d’enquêter et d’écrire un article sur l’assassinat du célèbre impresario Jamie Lynch… Qui était le manager du plus grand groupe de rock de la fin des années 60, les Nazgûls ! Une aubaine pour Sandy qui va pouvoir sillonner les Etats-Unis à la recherche des membres encore vivants du groupe… l’occasion de rencontrer au passage d’anciens amis révolutionnaires et se remémorer cette époque du flower-power.
Mais la mort de Jamie Lynch est loin d’être un simple meurtre : il a été retrouvé le coeur arraché de sa poitrine ! Et est-ce un hasard si son enquête sur la mort de celui-ci et ses conversation avec ses anciens camarades le ramènent toujours vers ce nom : Edan Morse ? Y-a t’il un rapport entre lui, la mort de Lynch, et celle du chanteur des Nazgûls, abattu sur scène à West Mesa ?

Le voyage d’Est en Ouest de Sandy rappelle les grandes épopées américaines ou plus récemment la migration de la jeunesse américaine vers la Californie… Sauf que là, on est dans les années 80 : le cynisme et la noirceur sont de mise. Ses rencontres chapitre après chapitre avec les protagonistes de sa jeunesse – rockeurs, ennemis ou amis – on souvent un goût de nostalgie et d’amertume. Mais on n’est pas juste devant un roman biographique, mais bien dans un univers où des forces ténébreuses s’affrontent : le fantastiques imprègnent chacun de ces chapitre, et on se demande jusqu’à la fin ce qui va se passer, afin d’enfin lever le voile sur qui est l’assassin du chanteur des Nazgûls, de Jamie Lynch… et de bien d’autres !
J’ai eu l’impression de vivre un vrai voyage au travers les États-Unis et son histoire avec ces personnages : l’été de l’Amour, les révolutions inéluctables suite à l’immobilisme de l’Etat face à la guerre du Viêt-Nam, les manifestations et les heurts parfois sanglants… Et surtout beaucoup, beaucoup de musique ! L’ambiance des concerts est superbement retranscrite… Je n’avais qu’une envie à la lecture de ces lignes : que les Nazgûls existent pour écouter leur disques !

Ce roman n’est pas nouveau nouveau : il a été édité aux USA en 1983, 13 ans avant le premier opus du Trône de fer ! Un roman de jeunesse, en somme ? :p
Je me suis donc amusée à chercher des parallèle avec l’univers fantasy du Trône de fer, mais à part des prénom je n’en vois pas… Il y a forcément pas mal de liens avec l’univers de Tolkien avec le nom du groupe « Les Nazgûls », celui du chanteur Hobbins le Hobbit, et de leur impresario Jamie « Sauron » Lynch… mais ça s’arrête là.
C’est peut être plus dans la Bible et dans le livre de l’Apocalypse qu’il faut chercher des références… Mais à la lecture du titre vous aviez du vous en douter 😉

coup de coeurMaintenant je comprend mieux le culte que certains vouent à George R.R. Martin : ce livre est vraiment bien écrit ! On est tout de suite plongé dans l’histoire, l’univers est très prenant, on apprend des choses sur l’histoire des contres-cultures des années 60-70 et à partir de là sur notre histoire contemporaine… J’ai vraiment adoré !
Que pourrais-je dire de plus ? C’est un vrai coup de cœur ! Lisez le de toute urgence si vous avez envie de sentir vos cheveux pousser et vos oreilles saigner ! 😀

Merci à Folio une fois de plus pour ce partenariat !

Et pour finir, je note ce roman dans le challenge ABC – Littératures de l’imaginaire.

challenge de l'imaginaire ABC 2014