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« Comme un conte » de Graham Joyce

Comme un conteNouvelle confrontation avec Graham Joyce pour ce roman du Club Folio SF. J’avais lu il y a quelques temps Ligne se vie, que je n’avais pas vraiment apprécié.
Un peu sceptique avant d’ouvrir ce livre, j’ai finalement découvert un récit qui oscille entre fantasy et fantastique, qui commence à me réconcilier avec l’auteur 😉

Noël, dans une région rurale anglaise près de la forêt des Outwoods… Tara vient frapper a la porte de chez ses parents : ils n’en reviennent pas. Tara avait disparu depuis 20 ans, sans laisser de trace, alors qu’elle avait 16 ans. Beaucoup pensaient qu’elle avait été kidnappée, tuée et cachée quelque part par un pervers… par son petit ami de l’époque Richie par exemple ? Peter son frère est furieux de sa fugue… Toute la famille hésite en la joie et le bouleversement. Mais quand ils apprennent où elle était durant toute ces années, c’est le choc : Tara aurait passé tout ce temps dans une région inconnue où le temps ne suit pas le même rythme que chez nous… Elle était au « pays des fées ».
Folie, mensonge pour cacher une réalité plus violente, ou la vérité vraie ?

Ce que j’ai beaucoup apprécié dans ce roman, c’est son rythme et son changement de narrateur à chaque chapitre. Tour à tour des personnages clés prennent la parole ou se voient être le centre d’intérêt d’un narrateur extérieur. Ainsi le lecteur va pouvoir voir l’histoire sous plusieurs angles et essayer de se faire son opinion.
L’histoire de Tara est pleine de magie, et ressemble bien à un conte : elle tombe amoureuse d’un cavalier dans la forêt, décide de suivre ce prince charmant, mais se retrouve bientôt enfermée dans un monde magique. Son erreur va lui couter cher, puisqu’elle va en 7 mois dans cet univers féérique perdre 20 ans dans le nôtre. A son retour, tout a changé, que ce soit la société, ou sa famille qui a bien vieilli. Et que dire d’elle ? Est-elle toujours Tara au final ?
On reprend ici aussi un schéma classique de la science contre la croyance. Afin de prouver à Tara qu’elle est folle, son frère la pousse à aller voir un psychologue, à passer des examens pour lui prouver qu’elle n’a pas 16 ans mais 20 ans de plus… bref, faire appel à la science pour prouver que le monde surnaturel n’existe pas.
Autour de cela, le monde magique apparait de temps en temps, nous mettant le doute sur l’expérience de Tara. Et si elle avait bien été dans un monde en dehors de notre monde ? Les preuves s’accumulent, les indices semble clairs…. Mais nous lecteurs, qu’allons-nous croire ?
L’auteur balise subtilement le chemin, mais ne donne pas de réponses sur l’existence ou non du pays des fées, est c’est là pour moi tout l’intêret du livre.

Une lecture qui m’a enchanté et que je conseille vivement ! Merci Folio !

« En attendant Bojangles » d’Olivier Bourdeaut

Surprise dans ma boite au lettre la semaine dernière : une enveloppe de Folio contenant le roman dont il est ici question, et une invitation pour sa soirée de lancement. 

Sous la forme d’une autobiographie délirante et poétique, contenant pour preuve le journal intime de son père, l’auteur nous délivre un petit bijou.

en attendant borjangles

Enfant, le narrateur est sa mère, une femme pétillante dotée d’un grain de folie, changeant chaque jour de prénom au gré de humeur de son époux et vouvoyant tout le monde.
Cette petite famille et leur grue d’Afrique Melle Superfétatoire vive dans un monde de fête perpétuelle, de plaisir, d’amour et d’humour. Une vie de rêve ! Une vie fantasmée peut-être ?

Poétique et décalé, difficile de définir ce roman, qui semble se situer ente l’épopée lyrique et le journal intime…la folie douce glisse doucement du surréalisme au véritable drame.
En effet, difficile de ne voir que la lumière et l’évasion dans ce roman… La joie cache une tristesse infinie si on sait lire entre ligne, et retirer le masque de carnaval dont est affublé ce récit. La réalité est magnifiée, comme pourrait le faire un enfant regardant par le prisme d’un kaléïdoscope… mais on a envie d’y croire de toute nos forces !

Un bon moment de lecture court et rafraîchissant pour ce premier roman d’Olivier Bourdeaut !

« Ceux qui désirent acquérir la grâce d’un prince » de Machiavel

Ceux qui désirent acquérir la grâce d'un princeChoix atypique pour le partenariat Folio du mois de février (et oui je tarde dans mes lectures) : un classique doublé d’une lecture philosophique et politique signé par l’illustre Machiavel.

Cette édition est en fait un extrait du Prince, le best-seller de l’auteur, si je peux me permettre. Véritable guide à l’usage des princes et dirigeants accédant au pouvoir, ce texte est une petite perle de bon sens et de stratégie politique.
Je ne pouvait m’empêcher de penser au contexte électoral actuel en lisant ces lignes, mais aussi à la grosse boîboîte dans laquelle je travaille depuis quelques années.

Bref, je me suis demandé comment utiliser ces bons conseils de Machiavel au prince Laurent de Médicis au boulot, ou au moins les mettre en perspective dans mon contexte professionnel… et il y a de quoi faire !
En ce temps de travail collaboratif, d’happy at work, de casser les silos et compagnie… le machiavélisme est souvent confondu avec du cynisme et peut sembler désuet. Mais dans les faits, Machiavel peut s’avérer utile au bureau : le monde du travail demande de l’efficacité, pas vraiment de la morale, surtout au niveau managérial.
Pour Machiavel la politique est dominée par le changement, les conflits internes ou externes… L’homme de pouvoir doit pouvoir surfer sur cela en s’adaptant au contexte, en restant agile et souple ! Si à haut niveau les élites maîtrises le concept (il suffit de voir le nombre de retournage de vestes en politique à la TV ces derniers temps), à mon petit niveau je vais essayer d’adapter ces préceptes 🙂

Une bonne lecture à mettre entre toutes les mains… et surtout terriblement actuel et inspirante malgré ses 500 et quelques années !

Et une fois n’est pas coutume, une lecture por le challenge ABC 2017.

abclogoshadow

« Les Geôliers » de Serge Brussolo

ILes Geoliersl y a quelques semaines, Folio m’a proposé de faire partie du Club des lecteurs SF… les statistiques ne mentent pas, je demande majoritairement des romans de science-fiction, d’horreur ou de fantasy lors des partenariats. Bref, pas facile de faire un choix sur le programme 2017 proposé par Folio… Mais s’il y a un Brussolo, je fonce !
J’avais bien aimé la série de l’Agence 13 (Les yeux jaunes du chat, Ceux d’en bas, Dortoir Interdit…), ainsi que ses nouvelles de SF comme Trajets et itinéraires de la mémoire. Les Geôliers est complétement dans cette veine, mi thriller, mi fantastique, un peu SF.

Il y a 15 dans la petite ville de Dipton, Debbie Fevertown commettait un crime qui défraya la chronique : elle assassinait son mari et ses deux fils, les coupait en morceaux et prenait la fuite pour disparaitre. Aujourd’hui, Jillian, scénariste, est embauchée par un enfant terrible du cinéma underground, Dieter Jürgen. Celui-ci veut réaliser un film sur le meurtre, sur le lieu même du crime à Dipton. Jillian va enquêter sur le carnage, et rapidement s’apercevoir que tout n’est pas si clair. Réputée folle et ayant un penchant pour la chasse aux extra-terrestre,  Debbie aurait été la tête de turc de la ville entière. Dipton serait en fait une ville-secte, ou le mari de Debbie y avait un rôle de leader… Aurait-elle agit pour se protéger ?

Cette petite mise en bouche ne représente en fait qu’un quart du roman. L’enquête est vite bouclée, pour laisser place à l’action : tournage à Dipton, relations tendues avec la population… et très rapidement, le fantastique prend toute la place. L’univers me rappelle beaucoup le concept de l’Agence 13 et de ses paradis inhabitables.
Dipton est une petite ville américaine coupée de tout, au milieu d’une grande forêt. La tradition veut que les habitants ne possèdent pas de technologie postérieure au début du 20ème siècle. Pas de télé, pas d’internet ni de réseau mobile… De plus à Dipton, les arbres sont vénérés, un peu comme dans la religion wikka. Et que penser du bucher érigé au milieu de la ville ? Bref, on sent que les habitants ne sont pas nets. Mais finalement, les choses ne seront pas si simples. Les diptonniens, vrais méchants ou des gentils incompris ?

Pour être honnête, j’étais très emballée par le début de ma lecture… mais le passage dans un monde totalement fantastique, limite psychadélique, m’a un peu laissée perplexe. Pourtant les personnages sont plutôt pas mal, et l’univers m’a assez plu. Mais la complexité du monde, qui ressemble par moment à une superposition d’élément SF et de fantasy, manque un peu de cohérence.

Un avis assez mitigé, mais j’ai globalement aimé ma lecture. Les fans de Serge Brussolo passeront un bon moment, j’en suis persuadée !

Au passage, une lecture pour le challenge ABC 2017 🙂

abclogoshadow

« La Panse » de Léo Henry

La PansePour le partenariat de janvier Folio, j’ai choisi La Panse… Un titre énigmatique, dans la collection SF, par auteur français… et une édition directement au format poche. Habituellement, ce détail me ferait peur. Il faut dire que dans le domaine de l’audiovisuel les sortie directement en DVD sans passer par la case cinéma laisse présager le pire. En va-t-il  aussi ainsi dans le domaine littéraire ?

Bastien Regnault, au chômage et vivant à Paris en 2016 n’a pas de nouvelles de sa sœur Diane depuis plusieurs mois. Militaire, elle a habitué sa famille à ne pas donner de nouvelles régulièrement, mais refait toujours surface au bout de quelques mois. Elle ne va plus travailler, son numéro de téléphone est désactivé… elle a disparu. En fouillant auprès de son dernier employeur et en piratant sa boite mail, Bastien retrace les dernières activités de Diane, et découvre par hasard l’existence de la Panse.
Il s’invite à un de leur événement à La Défense. La Panse de premier abord à tout d’une société secrète… mais alors, qu’y fait sa sœur ? Pour le découvrir, Bastien va devoir se fondre dans ce groupe

Voici une enquête contemporaine bien ficelée et assez réaliste. Je ne suis pas du tout habituée à lire des roman français et contemporain, du coup c’était amusant de revoir des lieux de mon quotidien parisien : La Défense, la Place des Fêtes…
La première moitié du roman est assez intéressante, lorsque Bastien enquête sur la disparition de sa soeur, et rentre dans le système de la Panse, pour découvrir ce qui ressemble à une secte. Vie en communauté, travail harassant, séances de méditation de groupe, usage de drogues…
La seconde partie rentre un peu plus en profondeur dans les rouages de cette institution, et c’est malheureusement là que ça dérapeLe final m’a assez déçu, à la fois attendu et à la fois « what the fuck? ». Mais je ne vais pas en dire plus !

Bref, un livre qui se lit très vite, assez prenant, vite avalé en un gros voyage en train. Pas exceptionnel, mais correct pour nous tenir en haleine quelques heures.

Un roman pour le challenge ABC !

abclogoshadow

 

« Les Luminaires » d’Eleanor Catton

Les LuminairesCela faisait un bon moment que je n’avais pas posté ici… il faut dire que j’ai été happée par le pavé Les Luminaires. Et quel pavé ! Plus de 1200 pages d’intrigues et de mystères, en pleine Nouvelle-Zélande du 19ème siècle, lors de la ruée vers l’or.

En 1866, Walter Moody arrive dans la ville côtière d’Hokitika en Nouvelle-Zélande. Il a abandonné l’Angleterre pour y faire fortune en cherchant de l’or, comme des milliers d’autres avant lui. Alors qu’il compte se reposer après un voyage en mer exténuant, il se retrouve au milieu d’un conseil secret tenu par douze hommes. Leur objectif est découvrir ce qu’il est advenu d’Emery Staine, un riche chercheur d’or porté disparu, et à partir de là dénouer les fils de mystères survenus dans la ville : pourquoi la prostitué Anna a été retrouvée inconsciente au milieu de la route une nuit, comment Crosbie Wells l’ermite a trouvé la mort, est-ce que le capitaine Carver à quelque chose à voir dans les malheurs qui les frappent tous un par un… D’oreille attentive, Moody va devenir un acteur de ces intrigues.

Difficile de résumer ce roman complexe, qui est presque cousu à la main. L’auteur part sur une construction en forme de thème astral, où chaque personnage récurrent est assimilé à un signe astrologique. Je n’ai pas totalement saisi les tenants et aboutissants de cette structure, mais ce qui est certain, c’est que la destinée et sa roue ont fort à faire dans ce récit. Si le destin se joue de beaucoup des personnages et est parfois cruel en créant des interactions complexes, des effets de chaînes… il peut aussi être bénéfique pour d’autres : fortune, amour, renommée… En cela, on a l’impression que les personnages sont les proies de dieux funestes, nichés au milieu des constellations et des astres.
Bref, les histoires de tous les acteurs de cette histoire se trouvent liées, et nous allons découvrir comment au fur et à mesure que nous tournons les pages. 

Je dois avouer que les 300 premières pages m’ont laissées un peu perplexe. Je me demandais où tout cela aller mener. Mais finalement on se laisse rapidement prendre par la magie de l’écriture, des personnages, et aussi de la Nouvelle-Zélande encore sauvage, la dernière frontière ! On est plongé dans un univers qui rappelle le Far-West, mais au bord de la mer, avec ses castes et clans en fonctions de leurs origines, leurs niveaux social, leur professions…

Une belle découverte en somme. Je ne regrette pas d’avoir passé un mois à le lire tranquillement, à mon rythme…
Merci à Folio pour ce partenariat !

« Sept secondes pour devenir un aigle » de Thomas Day

sept secondes pour devenir un aigleRetour sur Thomas Day, que j’avais découvert il y a quelques années lors de ma lecture de La voie du sabre. J’en avais un pas trop mauvais souvenir, c’est pourquoi je l’ai choisi lors du partenariat Folio du mois dernier. Voici donc un recueil de nouvelles de science-fiction, qui comme la postface l’indique, place l’homme sur une Terre qu’il a lui-même façonné : c’est l’ère de l’Anthropocène, pour le meilleur mais surtout pour le pire.

Six nouvelles au menu, chacune nous plongeant dans un univers et une époque différente.
Mariposa est peut être celle que j’ai préféré, bien que la manière dont elle est menée me laisse dubitative. Un peu de suspense, mais sa chute est assez attendue… En tous cas, elle nous amène dans les îles du Pacifique, entre la période des voyages de Magellan, la Seconde Guerre Mondiale et l’époque moderne… Une île où la forêt luxuriante laisse place à des arbres à papillons aux étranges propriétés.
J’ai aussi apprécié Sept secondes pour devenir un aigle, mini voyage initiatique d’un jeune indien d’Amérique à notre époque, avec son père qui renie tout de la civilisation occidentale.
Petite déception pour le gros morceau Ethologie du tigre, déjà lu dans L’odyssée Folio SF en 10 nouvelles. Si j’apprécie cette nouvelle, bien que rétrospectivement il y en ait des mieux dans ce receuil, je n’aime pas relire deux fois la même chose !
Shikata ga nai nous projette dans les décennies post-Fukushima au Japon. Il y a quelque chose là de vraiment sympa, mais de trop court, dans le style survivalisme cyberpunk !
Les deux dernière nouvelles m’ont moins plu… Tjukurpa nous plonge dans le monde de la réalité virtuelle en Australie aborigène, à la recherche du paradis perdu. Lumière Noire prend racine dans le mythe moderne de la Terre contrôlée par les machines. Pas mal, mais un peu longuet, j’ai eu du mal à me plonger dedans vraiment.

Une lecture sympa pendant mes vacances d’octobre, qui a l’avantage de questionner sur l’empreinte de l’homme sur sa planète. En ces temps, il est toujours bon de se projeter un peu dans ce type de fiction, qui fleure parfois la réalité !

« Morwenna » de Jo Walton

MorwennaPour le partenariat Folio du mois de mai, j’ai une fois de plus fais confiance à mon instinct en choisissant Morwenna, d’une auteure qui m’était inconnue, Jo Walton. Ce roman paru en 2011 étant bardé de prix (Hugo, Nebula, British fantasy…), je me suis dit que je ne devais pas trop me tromper en le choisissant…

En Angleterre, en 1979, Morwenna, dite Mori, écrit son journal. A 15 ans elle vient de quitter le Pays de Galles, pour échapper à sa mère qui est une sorcière. A cause d’elle, sa sœur jumelle Morganna a été tuée dans un accident de voiture, et elle-même se retrouve handicapée par une jambe boiteuse.
Au terme de sa fugue, elle fini chez son père, Daniel, qui les avait abandonnées à leur naissance. Celui-ci vit avec ses trois sœurs, dans un manoir anglais… Mais Mori n’y restera pas longtemps : afin de parfaire son éducation, ils l’envoient dans un pensionnat de jeune filles. Dans cette campagne anglaise où la nature a peu de place, elle ne peut pas voir autant de fées qu’au Pays de Galles… Sa seule consolation sera pour elle la lecture de roman de fantasy et de science-fiction, et la possibilité de faire de la magie pour améliorer son quotidien et se protéger de sa mère.

Je suis assez pensive face à ce roman. J’ai beaucoup aimé le style de l’auteure, et c’est avec bonheur que j’ai plongé dans le journal de Morwenna et dans l’ambiance qui s’en dégage, so british. S’immiscer dans l’intimité et les questionnements d’une adolescente fans de SF est un vrai plaisir… Mais la présence d’éléments fantastiques comme la magie et les fées dans un quotidien aussi basique est assez déroutante.

La difficulté avec ce livre, c’est de le classer… Il est mis dans la catégorie science-fiction chez l’éditeur, mais pour moi on est plutôt dans le fantastique, voir la fantasy…. Si ce n’est dans les contes de fée.
C’est très certainement là que se trouve la clé de sa lecture : au fil des notes dans le journal de Mori, la typologie du roman évolue. Elle grandit au fur et à mesure que la nature des êtres qu’elle perçoit se transforme. Les fées passent d’elfes au nom empruntés au Seigneur des Anneaux, à des fantômes ou à des êtres indeterminés. En passant de la fantasy à la science-fiction, elle se détourne du passé douloureux à un avenir plein d’espoirs.
Les références aux classiques de la fantasy et de la SF sont nombreuses. Il n’y a pas une entrée de journal où Mori n’indique pas le roman qu’elle est en train de lire, et ce qu’elle en pense. Mais cela va plus loin je pense, bien que je manque de références pour étayer ma thèse. Les situations que vit Mori semblent emprunter à des romans qu’elle apprécie ou qui la marquent… Ce qui laisse à penser que toutes les situations qu’elle vit sont des fantasmes. Voit-elle réellement des fées ? Sa mère est-elle une vilaine sorcière ? Son père est-il sous le charme de ses trois sœurs qui l’enchainent au manoir ? Est-elle une adolescente rêveuse ou carrément atteinte de schizophrénie ? Et si en tant que lectrice je ne crois pas qu’elle voit vraiment des fées, c’est que j’ai perdu la capacité de croire à la magie dans ce monde… Ce roman est presque comme un test pour nous, lecteurs.

Bref, j’ai vraiment aimé ce roman. Au point où je projette de lister les romans qui y sont cité pour essayer d’en dévoiler sa réelle nature…
C’est une lecture qui peut sembler simple au premier abord, mais qui laisse la possibilité de creuser un maximum de piste pour le comprendre. Il va me rester un moment en mémoire je pense.

Au passage, j’utilise ce roman pour la lettre W du challenge ABC des littératures de l’imaginaire.

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« Piste noire » d’Antonio Manzini

piste noirePour le partenariat Folio du mois dernier, j’ai choisi un roman que j’avais hésité à prendre chez Denoël lors de sa parution en 2015 : Piste noire.
Ce roman policier, dans le plus pur sens du terme, nous emmène mener l’enquête dans les paysages enneigés italiens… Ça change des thrillers américain, et ça a même tendance à me réconcilier avec le genre !

C’est la saison des sports d’hiver à Champoluc… et c’est juste à ce moment qu’un cadavre est retrouvé sous une dameuse, dans un sale état. Est-ce un accident ? Ou alors une tentative pour dissimuler un meurtre ?
C’est le sous-préfet Rocco Schiavone, muté depuis peu dans la région d’Aoste, qui va devoir répondre à cette question. Avec un style romain détestable au possible, il va analyser chaque indice et cuisiner le moindre témoin… dans un petit village où tout le monde se connait.

Ce roman policier m’a donné un peu de fraicheur dans les transports en ce mois d’avril. Il se lit très bien, et on se prend vite au jeu de l’enquête. Le personnage de Rocco, odieux, dragueur, violent… et tout simplement con par moment, est un véritable atout dans le récit. Au fil des pages, on se prend non seulement à le trouver sympathique, mais aussi à avoir de l’empathie pour lui.
Pour ce qui est de l’enquête, le dénouement n’est pas révolutionnaire, mais a le mérite d’être spectaculaire !
J’ai aussi beaucoup apprécié l’ambiance montagnarde, les images de paysages alpins italiens, et l’odeur des bons petits plats de risotto… Y-a-t-il un seul roman italien ou l’évocation de la nourriture ne fait pas rêver ?

Bref, bonne pioche avec ce partenariat ! Je le conseille aux amateurs de roman policier, sans hésitation !

Merci Folio !

« Les Brillants » de Marcus Sakey

Les brillantsPour la sélection Folio du mois dernier, je me suis laissé tenter par Les Brillants, de Marcus Sakey, présenté comme le croisement entre la série Heroes et des X-Men. Chouette, j’adore les super-héros ! Il n’en fallait pas plus pour me donner envie de lire ce livre ! Je suis passé outre le fait qu’il soit édité dans la catégorie Policier chez Folio… et non en Science-Fiction. Pour tout dire, ce livre me laisse un peu un goût amer… un peu dystopique, un peu policier, beaucoup thriller

Dans un monde qui pourrait être le nôtre, les brillants, ou « anormaux », sont des êtres-humains ayant le potentiel d’Albert Einstein, dans des disciplines variées : stratégie, lecture de schémas corporels, anticipation de trajectoires… Ces génies peuvent donc facilement devenir des maîtres de guerre, de fins psychologue lisant dans les pensées, ou des passes-murailles. Depuis les années 80, 1% de la population qui naît est composée d’anormaux.
L’agent fédéral Nick Cooper, lui-même anormal, travaille dans un service qui a pour objectif de contrôler cette minorité. En effet, des terroristes anormaux, menés par John Smith, sèment le chaos, liguant normaux et anormaux les uns contre les autres. Mais c’est quand celui-ci fait sauter la place du marché mondial, et 1000 civils innocents, que l’affaire va prendre une autre tournure pour Cooper.
Pour arrêter ce monstre, Cooper doit abandonner son statut d’agent fédéral, et infiltrer le réseau terroriste en se faisant passer pour l’un d’eux…
Mais quelle vérité découvrira-t-il lors de sa traque ?

Bon, il faut l’avouer, je ne suis pas une grande fan de roman de ce genre : action, pseudo-enquête, infiltration et espionnage… je pensais que le côté science-fiction prendrait le pas, mais non, pas vraiment. Les pouvoirs des « anormaux » sont un peu trop réalistes : finalement ce ne sont que des génies (ok, c’est déjà ça…). Pas de mecs qui tirent des lasers avec ses yeux ou qui arrête le temps ici.
On voit un peu comment a tournée la société grâce (ou à cause) des anormaux : des avancées technologiques incroyables, un monde sans guerre de religions mais en pleine guerre de castes… Intéressant, mais trop léger pour vraiment m’accrocher.

En ce qui concerne le style, je n’ai vraiment pas été conquise. Pas d’humour ni de second degré… C’est du sérieux ! Entre action et drame, peu de place pour la légèreté ! Mais malgré ça je n’ai pas ressenti l’excitation ou le suspense entre les lignes.

A vouloir faire trop réaliste, sans tomber dans le sordide des romans noirs, l’auteur a créé des personnages sans saveur… Son héros, Cooper, est vraiment trop lisse : bon père de famille divorcé, mais encore proche de son ex-femme, qui est loyal à sa hiérarchie, prêt à se sacrifier pour une cause, un super combattant, intelligent, sensible… Tout pour plaire… ou exaspérer !

Bref, je ne lirais pas le tome 2 de cette série… et oui, un seul roman ne suffisait pas !
Je me suis ennuyée ferme… Après il faut avouer que je ne suis vraiment pas une adepte des roman policier / action… D’autres trouveront peut-être leur compte ? A priori oui vu les commentaires élogieux sur d’autres sites 😉

Enfin cette lecture me permet tout de même d’avancer dans le challenge ABC des Littératures de l’imaginaire !

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