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« Autonome » d’Annalee Newitz

Une fois n’est pas coutume mon choix pour le partenariat Denoël s’est porté sur de la science-fiction ! Mais là je m’éloigne un peu de mes univers de prédilection, car il est beaucoup question de robots pour une fois… mais pas dans un univers asimovien, mais une réalité aussi cruelle et cynique que la nôtre. Bienvenue au 22ème siècle !

2144, Jack est une pirate dans tous les sens dans lesquels on pourrait l’entendre : elle vit dans un sous-marin pour échapper aux autorités, car elle gagne sa vie en copiant des médicaments brevetés qu’elle revend au marché noir.
Mais un jour, un de ses médicament piraté -du Zacuity- mène à la folie et à la mort des personnes qui l’ont pris. Est-ce sa recette qui pose problème ? Non, c’est bien la version du labo pharmaceutique qui est létale !
Elle doit trouver un moyen de le faire savoir au monde avant que le Zacuity soit répandu, et trouver un remède pour sauver les consommateurs de ces pilules enfermés dans leur folie.
Au même moment, le bureau des brevets, sur les ordre du laboratoire pharmaceutique, lance deux agents à la recherche de Jack pour la faire taire définitivement : Eliasz et le biobot Paladin, dont c’est la première mission.

L’intérêt de ce roman est qu’il rend accessible la réflexion sur les brevets dans le secteur de la biologie, la pharmaceutique etc… et nous met en garde contre le fait de donner le plein pouvoir sur la santé de l’humanité à quelques entreprises.
En parallèle les histoires croisée de Troized l’esclave libéré par Jack et Paladin la biobot de combat sont aussi intéressante.
La création des robots a posé des questions sur la possibilité d’asservir ou non des humains, et la grosse différence entre les deux reste que les humains ne peuvent être esclaves à la naissance… mais peuvent le devenir. Les réflexions de Paladin sur le monde, les humains, la liberté sont assez amusantes parfois… comme toute intelligence artificielle elle tente de mieux comprendre son monde pour s’améliorer, et surtout Eliasz.
Là où j’ai moins adhéré c’est sur l’histoire d’amour entre Paladin et Eliasz… mais bon, pourquoi pas…

Bref, une lecture pas désagréable mais pas exceptionnelle non plus…
Merci Denoël pour le partenariat, qui me permet d’avancer dans mon challenge ABC !

Autonome d’Annalee Newitz
Traduit de l’anglais par Gilles Goullet
Éditions Denoël, collection Lunes d’encre – 336 pages
Paru le 7 juin 2018

« Que le diable soit avec nous » d’Ania Ahlborn

Que le diable soit avec nousPetite virée en enfer, loin des chaudrons du Diable et des souterrains enflammés, mais dans un coin paumé des Etats-Unis au milieu de bois… Un décors parfait pour une histoire d’horreur, n’est-ce pas ? Voilà mon choix pour le partenariat Denoël du mois de février, un voyage dans le monde de la terreur, remplis de coins sombres et de monstres dans les placards.

Steve vit avec sa famille dans une petite ville d’Oregon, Deer Valley. Steve n’a pas la côte auprès des autres enfants d’une dizaine d’années : il bégaye, il a les idées confuses, et pour ne rien arranger il lui arrive d’avoir des hallucinations et a deux doigts en moins à une de ses main. Et côté familial ça n’est pas la joie : son père les a abandonnés, son beau-père, Le Tyran, lui mène la vie dure, son ado de frère l’évite comme la peste et sa mère fait ce qu’elle peut pour le considérer comme un enfant normal… Heureusement, il a un meilleur ami, qui se trouve être son cousin et voisin, Jude ! Ensemble ils passent des heures à construire une cabane dans les bois, pendant les vacances d’été.
Mais un jour, le malheur frappe tante Mandy et le reste de la famille : Jude a disparu ! Fan d’enquêtes policières et ne pouvant pas vivre sans son ami, Steve va tout faire pour le retrouver… mais les pistes qu’il découvre laissent présager le pire. Est-ce que Jude aurait été dans les bois travailler sur la cabane sans lui ? A moins qu’il ne se soit trop approché de cette maison abandonnée près de la route des bucherons ?
Mais le plus étrange, c’est lorsque quelques jours plus tard, Jude réapparait, l’air de rien… Mais Stevie n’est pas dupe, quelque chose en Jude a changé. Que lui est-il arrivé pendant son absence ?

Voilà un bon roman d’horreur classique, mais bien construit et efficace. Nous voyons l’histoire se dérouler via le regard de Steve, jeune garçon schizophrène… ce qui laisse parfois planer un doute sur la véracité de ce qu’il dit et ce qu’il voit. Est-ce que Jude a vraiment changé ? A-t-il vraiment vu un monstre près de la maison abandonnée, se déplacer dans l’ombre et le poursuivre jusqu’à la ville ?
La seconde partie du roman introduit Rosie, qui justement a vécu dans cette maison… Et l’imbrication des deux histoires laisse apparaitre ce qui est arrivé à Jude.
Le gros intérêt de cette histoire, c’est le flirte entre le thriller psychologique et le fantastique. La frontière entre la folie et le paranormal est ici suffisamment floue pour laisser libre cours à notre imagination et notre interprétation de l’histoire.

Je vois aussi dans ce roman une sorte d’hommage aux lectures d’horreur et fantastiques classiques… On n’est pas loin de Stephen King avec ses personnages assez archétypaux : le beau-père violent et odieux, les gamins à la sortie de l’enfance, le vieil homme sympa et mystérieux comme Ras, le propriétaire de la maison d’hôte où Rosie vient se ressourcer dans sa jeunesse, avant de s’apercevoir qu’elle est enceinte. D’ailleurs le personnage de Rosie me fait naturellement penser à un autre personnage féminin : Rosemary, du roman quasi-éponyme d’Ira Levin. Et quand on sait comment se termine sa maternité… Je ne dirais rien de plus !
Il pose aussi la question de la monstruosité et de la normalité… Jusqu’où une mère est prête à fermer les yeux par amour pour sa progéniture ?

Bref, un bon roman pour les amateurs du genre, qui me permet au passage de valider la lettre A du challenge ABC 2018 !

abc2018

Que le diable soit avec nous  d’Ania Ahlborn
Traduit de l’anglais par Samuel Sfez
Editions Denoël  Sueurs Froides – 352 pages
Paru le 8 février 2018

« Konbini » de Sayaka Murata

KonbiniPetit passage par le Japon pour le premier partenariat Denoël de l’année !
Sayaka Murata nous offre ici un visage urbain et dépersonnalisé de la société nipponne… mais ceux qui ont déjà voyagé la bas retrouverons l’ambiance particulière des supérettes ouvertes 24/24 h, les konbinis, une vraie institution locale !

Loin de se déplaire dans son rôle d’employée de konbini depuis 18 ans, Keiko Furukara s’en délecte. Elle est à sa place ici, en uniforme, à réciter ses phrases d’accueil aux clients, à remettre en place les rayons du magasin, à nettoyer le sol… Grâce à ce métier, elle se sent enfin intégrée. En effet, Keiko est bizarre… pour ne pas dire légèrement sociopathe. En s’appuyant sur une analyse de ses collègues et avec l’aide de sa sœur, elle a réussi à se bâtir une personnalité à l’apparence normale… Si ce n’est qu’à 36 ans, elle n’est toujours pas mariée, ce qui inquiète tout ses proches. Mais lorsque Shiraha vient occuper un poste dans le konbini, sa vie bien réglée se retrouve chamboulée.

Bien que mon petit résumé le laisse à penser, on est très très loin d’un roman d’amour ! La collision de deux personnalités asociales que sont Keiko et Shiraha nous livre une critique bien amère de la société japonaise… voire de beaucoup d’autre : qu’est ce que la normalité, la place du travail dans le rang social, celle du mariage et des enfants… ? Dans une société où le groupe prime encore sur l’individu (ce qui est encore plus vrai au Japon) que faire des personnes qui ne rentrent pas dans le cadre ?

Une lecture rapide au charme décalé que je conseille : elle permet non seulement de se poser des questions, mais aussi de voyager au milieu des bento et onigiri, un moment toujours agréable pour les fans du Japon comme moi 😉

Merci Denoël pour ce partenariat… et une nouvelle lettre dans le challenge ABC 2018 !

Konbini de Sayaka Murata
Traduit du japonais par Mathilde Tamae-Bouhon
Édition Denoël & d’Ailleurs – 128 pages
Paru le 11 janvier 2018

abc2018

« C’est ainsi que cela s’est passé » de Natalia Ginzburg

C'est ainsi que cela s'est passéPour le partenariat Denoël du mois de novembre, j’ai posé mon dévolu sur un court roman où le drame peint en gris le paysage italien… Un très bon choix qui me sort de mes lectures habituelles.

Dans une ville italienne dans les années 50, une jeune femme tue son mari… Est-ce une abominable criminelle ? Ou la réalité est-elle plus complexe que cela ? Dans ce récit, la narratrice-assassine raconte en un souffle les raisons et les événements qui l’ont amené à tirer une balle de revolver dans l’œil de son époux Alberto.

Une vie de couple décevante, la place de la femme dans les années 50, les drames de la vie… Une fois de plus voici un portrait bien glauque de la société italienne du milieu du 20ème siècle, dans la lignée de mes lectures des romans d’Elena Ferrante. Mais ici le contexte est un peu différent, car notre narratrice est une femme éduquée, sans background social compliqué… mais sa solitude est un vrai déchirement. Une femme normale en somme ! Et se pose la question de ce qui peut bien pousser au crime, plutôt que de trouver une autre solutions à ses problèmes.

J’ai beaucoup apprécié ce quasi huis clos tout en nuances de gris… Car même dans ses moments de joie notre héroïne ne semble jamais vraiment goûter au bonheur.  L’écriture qui ressemble plus à un langage parlé, sous forme d’un témoignage lapidaire, m’a un peu gêné sur les premières pages… mais ce style prend tout son sens au fil de la lecture.
Une belle découverte choisie un peu au hasard, pour remplir la lettre G du challenge ABC !

C’est ainsi que cela c’est passé de Natalia Ginzburg
Traduit de l’italien par Georges Piroué
Editions Denoël, collection Empreinte – 128 pages
Paru le 9 décembre 2017

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« Ce que cachait Archie Ferber » de Casey B. Dolan

Ce que cachait Archie FerberUn petit thriller juridique pour cette fin d’automne ça vous dit ?
C’est le choix que j’ai fait lors du partenariat Denoël du mois dernier.

Un procès hors norme s’ouvre en Afrique du Sud. Archie Ferber, citoyen américain, est accusé d’avoir assassiné la mère porteuse de sa fille adoptive, Hannah. Archie est marié avec Matthew, qui est originaire d’Afrique du Sud justement. Ils ont décidé d’avoir recours à cette méthode plutôt qu’à l’adoption, pour se donner plus de chance d’avoir un enfant… Mais une fois la petite fille née, les choses n’ont pas été comme ils l’espéraient : la mère porteuse est retrouvée morte et Hannah a disparu. Est-ce Matthew, plongé dans le coma depuis sa tentative de suicide qui a commis ce crime, ou Archie, un homme très intelligent et au caractère imprévisible ? Et où est passée la petite fille ?
Le psychologue judiciaire Felicity Sloane, experte lors de ce procès, va se retrouver plongée dans cette histoire, qui mêle au passé sombre d’Archie, une enquête sur le crime en lui-même.

J’ai beaucoup aimé ce livre, et cette auteure a été une découverte pour moi. Le style et simple et limpide, et on est vite plongé dans le climat étouffant de l’Afrique du Sud.
Les différents points de vue sur le procès et durant l’enquête, dynamise le récit, et brouillent parfois les pistes. Bref, une bonne lecture pour entamer la saison froide !

Merci Denoël pour cette découverte, qui me permet de valider une nouvelle lettre pour le challenge ABC !

Ce que cachait Archie Ferber de Casey B. Dolan
Traduit par par Arnaud Baignot et Perrine Chambon
Éditions Denoël collection Sueurs Froides – 448 pages
Paru le 19 octobre 2017

abclogoshadow

 

 

« Le pays des hommes blessés » d’Alexander Lester

Les pays des hommes blessésPour bien commencer la rentrée j’ai choisi un roman vraiment hors de ma zone de confort habituelle lors du partenariat Denoël… bonne ou mauvaise idée ? Je vous laisse juger 😉

Wayne Robert est élevé dans une ferme à tabac en Rodhesie dans les années 70, dans la pure tradition colonialiste anglaise. Depuis sa tendre enfance il suit son père dans les champs et se lève tôt pour travailler la terre… sa terre. Il sait que sa vie sera celle de fermier, car son amour pour cette ferme est plus forte que tout. Il n’en va pas de même pour son frère Patrick, qui préfère la lecture, à des idées progressistes sur les relations entre Blancs et Noirs et n’a aucune passion pour l’agriculture.
À peine sorti de l’adolescence, le destin choisira pour eux leur avenir : les nationalistes Noirs de la ZANLA ont déclaré la guerre aux fermiers Blancs, et le père de Wayne eSt torturé et tué, alors que Patrick est kidnappé…
Il n’y plus que le désir de vengeance qui anime Wayne et une haine dévorante contre les terroristes de la ZANLA.

Voici un livre déprimant, car très bien documenté et réaliste. Il ne m’en ressort qu’une idée : tous des pourris… Bon, je vais un peu vite en besogne.
Heureusement l’auteur ne s’en tient pas qu’à la question de la violence, mais pose aussi des questions sur le colonialisme et les mouvements de libération des pays sous joug occidentaux.
Au fil des pages, sans surprise, la répétion de l’histoire est omniprésente, qu’elle soit petite ou grande. Wayne eSt un clone de son père, les fermiers Blancs ont sans cesse les mêmes guerres contre les nationalistes Noirs, les hommes meurent, les femmes se font violer et les village brûlés… Et le seul héritage reste la vengeance.
Bref, après une bonne révolution, les opprimés restent finalement les mêmes, écrasés par des plus riches et plus puissants… la seule évolution est que le pouvoir a changé de main. Donc rien de neuf sous le soleil… Mais cette histoire a le mérite de montrer l’Afrique rurale depuis le regard des Blancs, dont l’Histoire se souvient uniquement comme des monstres colonialistes.
Côté personnage je n’ai aucune empathie pour les uns comme pour les autres. La manière dont le narrateur, Wayne, présente les faits met une vraie distance avec l’émotion, malgré des descriptions parfois glauques.

Pas de happy-end, assez peu de morale dans ce récit… et comme c’est loin d’être une fiction, cette histoire m’a bouffée pendant un certain nombre d’heure, même après avoir refermé le bouquin.

Personnellement , ça n’est pas ma came mais d’autres lecteurs apprécieront peut être ce genre de roman historique au goût acide
Merci Denoël pour ce partenariat.

Le pays des hommes blessés d’Alexander Lester
Traduit de l’anglais par Vincent Raynaud
Édition Denoël & d’ailleurs – 496 pages
Paru le 14 septembre 2017

Et puis au passage, il me permet de faire le challenge ABC pour la lettre L

abclogoshadow

« Les âmes des enfants endormis » de Mia Yun

L'âme de son enfants endormisPour le partenariat d’avril Denoël, il ne me restait plus grands choix… j’ai donc choisi ce roman par dépit. En le recevant, mon copain habitué à me voir avec de la SF, de la Fantasy, ou au pire des romans policiers, me demande « mais c’est quoi ce bouquin » ? Bonne question ! Après sa lecture, je peux affirmer qu’il s’agit d’un voyage plein de poésie et de nostalgie en Corée du Sud… l’Asie mystérieuse des fantômes et des tigres qui fument la pipe, mais surtout l’Asie qui a connue des siècles de guerre et d’occupation.

Kyung-A est une petite fille qui vit près de Séoul avec sa mère, son grand frère et sa grande sœur, dans une petite maison au portail bleu. Elle passe ses journées entre suivre son frère, jouer dans la rue ou dans son jardin, se faire peigner par sa mère ou par son étrange voisine…. En revanche son père est aux abonnés absents. C’est à peine si elle le reconnaît le jour où il revient au foyer, la bouche pleine de belles histoires et de promesses de fortune.
Au fil des années, loin de s’améliorer la situation de la famille va de mal en pis… et en grandissant Kyung-A prend conscience des dysfonctionnements de sa famille, mais aussi de la société. Les mariages arrangés, les femmes considérés comme des objets , le peu de liberté des classes laborieuses,… tout en apprenant le passé de son pays au travers des récits de sa grand-mère, des ses voisins. Des histoires qui peuvent autant tenir de la fable que de la cruelle réalité.

Aussi surprenant que ce soit, j’ai été emballée par ce livre, qui est fin et délicat, et m’a emmené dans un voyage en Corée.
Pas de violence gratuite, ni de situations sordides pour parler des horreurs de la guerre, de la honte d’être pauvre, et des difficultés de la vie. La mère de Kyung-A est une femme fière, qun rêve d’un avenir meilleurs pour ses enfants, et plus particulièrement pour ses filles. Si l’époque semble dure à vivre, il en ressort tout de même une sorte de nostalgie liée aux souvenirs d’enfance, qui finalement n’ont pas de frontières. On se demande chapitre après chapitre quand ce père va revenir, s’il va prendre conscience de ses échecs chroniques… et on est soulagé quand il repart du foyer.

Une très jolie lecture qui m’a apporté une pause bien méritée après mes journée de travail. De plus, il me permet de plus de valider la lettre Y du challenge ABC, pas la plus évidente il faut l’avouer 😉

abclogoshadow

L’âme des enfants endormis de Mia Yun
Traduit par Lucie Modde
Éditions Denoël & d’ailleurs – 288 pages
Paru le 13 avril 2017

 

« Mes vrais enfants » de Jo Walton

Mes vrais enfantsNouvelle plongé dans le monde fantastique de Jo Walton avec ce partenariat Denoël de janvier (oui je suis un peu à la bourre…). J’avais découvert cette auteur l’an dernier avec Morwenna que j’avais beaucoup aimé. Je crois que j’ai encore plus apprécié Mes vrais enfants, moins ancré dans la fantasy mais qui flirte lui aussi avec les univers parallèles, le vrai et le faux qui se mélangent et brouillent les pistes et le champs des possibles…

Patricia est très âgée maintenant et vit depuis une dizaines d’années dans une maison de retraite en Angleterre . Sa mémoire lui fait défaut ainsi que sa vue… et elle n’a rien d’autre à faire que se souvenir de son passé. Mais si elle se rappelle bien de son enfance, de son adolescence au lycée pendant la Seconde Guerre Mondiale, de ses études pour devenir institutrice à l’université, et de son fiancé Mark… il en va autrement pour sa vie d’adulte. Elle ne sait plus si elle a accepté de se marier avec Mark, si au moment fatidique elle lui a dit « oui » ou « jamais ».
De cette réponse, sa vie et ses souvenirs en seront complètement bouleversés.
Si elle a accepté d’épouser Mark, son existence sera teinté de morosité, de manque d’amour et de considération, à s’occuper du logis et à être continuellement enceinte… Alors que si elle a refusé ce mariage, elle deviendra spécialiste de la ville de Florence, continuera à enseigner et rencontrera le grand amour dans les bras de Bee, une jeune scientifique. Dans l’univers de sa vie d’épouse, le monde vit dans la paix et fait de grands progrès sociaux et scientifiques, alors que dans la vie où elle est libre, le monde connaît plusieurs guerres nucléaires… Dans ces deux vies, elle aura des enfants, mais pas les mêmes ! Quels sont les bons souvenirs ?

De manière assez classique, mais efficace, un peu comme dans La part de l’autre d’Eric-Emmanuel Schmitt, on alterne un chapitre présentant la vie de Tricia / Trish, la femme de Mark qui a eu 4 enfants, puis un à la même période s’intéressant à celle de Pat, en couple lesbien avec 3 enfants.
Un roman génial qui m’a tour à tour attendri, ou plongé dans la déprime. En lisant les chapitres ayant trait à la vie de Tricia, j’ai revu ce que ma grand-mère à finalement vécu à la même époque : se marier, en baver à la maison, faire des enfants dont on a pas le temps de s’occuper ente deux fausses couches, avec un mari absent.
La vie de Pat est mille fois plus palpitante, entre voyages, grand amour, un super boulot, les enfants aussi… mais elle doit évoluer dans un monde ravagé par la guerre.
Justement, ces difficultés de mémoire sont une excuse pour l’auteur pour toucher un peu à la dystopie : ce récit n’est pas seulement un roman de mœurs, mais aussi une SF ! En mode « battement d’aile d’un papillon qui provoque un ouragan », le choix de Patricia semble influencer l’avenir de notre planète. Il est juste dommage qu’on ait pas plus de détails sur ce qui provoque cette rupture d’un univers à l’autre, mais bon, tout ne doit pas être expliqué… surtout quand on se dit que la vérité doit être quelque part entre les deux.

coup de coeurJ’ai tellement apprécié ma lecture que j’ai été en acheter un exemplaire… j’ai un cadeau d’anniversaire à faire ce week-end, et ce roman coup de coeur sera un présent parfait !

 

Et au passage, il rempli ma case W du challenge ABC 2017 !

Mes vrais enfants de Jo Walton
Traduit par Florence Dolisi
Editions Denoël, collection Lunes d’Encre – 352 pages
Paru le 19 janvier 2017

abclogoshadow

 

« Troupe 52 » de Nick Cutter

Troupe 52 de Nick CutterUne virée au Canada, ça vous branche ? En temps normal ça pourrait être sympa, mais avec ce roman d’horreur digne d’un Stephen King, on y réfléchira à deux fois. Âmes sensibles et délicates s’abstenir, avec ce livre découvert avec le partenariat Denoël de novembre.

Tous les ans, le chef scout Tim emmène sa troupe en camping au milieu de la nature sauvage. C’est sur la petite île de Falstaff qu’ils vont passer le week-end, un des derniers pour lui et ses cinq scouts. Les garçons sont devenus des adolescents, et bientôt ils abandonneront le scoutisme au profit d’autres activités plus dans l’air du temps… Du coup il faut en profiter et faire une vraie virée en mode survie !  Malheureusement, le séjour va tourner court : un homme débarque sur l’île en canot, et va solliciter leur aide. Il est affamé, et semble très malade… et malgré la nourriture que Tim lui offre, il ne peut pas se rassasier. Sa faim ne semble pas normale du tout, et sa maladie est inconnue au chef Tim qui est pourtant médecin… Pour échapper à la chose qui cause tant de souffrances au malade, la troupe de scouts va devoir faire preuve d’un instinct de survie à toute épreuve.

Après quelques pages d’adaptations, je suis bien rentrée dans ce roman qui se veut en toute conscience « Kingien » : une thématique bien trash, celle d’une maladie très létale qui ronge de l’intérieur le corps ; un délire survivaliste ; un découpage de chapitre qui mêle le point de vue de la troupe de scouts, celui de la presse, des rapports d’enquêtes ; des détails bien crades qui laisse tout de même de la place à l’imagination (pour le pire !). Et il n’a pas le côté négatif des romans des récits de son maître : Troupe 52 est relativement court, et sans longueurs inutiles. Bref, une belle réussite du genre.
Les personnages sont plutôt bien vus, quoique stéréotypés chez les pré-ados : le leader, le violent, le psychopathe, le geek rondouillard et le mec normal… A partir de cette donne, on essaye d’imaginer qui sera le seul à survivre (ou pas !)…
Je ne serai pas étonnée de voir ce roman adapté pour le grand écran un de ces jours… il a tous les ingrédients pour plaire aux amateurs du genre !

Merci Denoël pour ce partenariat.

Troupe 52 de Nick Cutter
Traduit par Eric Fontaine
Editions Denoël, collection Effroi  – 448 pages
Paru le 14 novembre 2016

« La fille en rouge » de Kate Hamer

la-fille-en-rougePetite incursion hors du domaine du fantastique pour le partenariat Denoël du mois de septembre : avec « La fille en rouge », premier roman de l’écrivaine anglaise Kate Hamer, on est dans la triste réalité… le kidnapping d’un enfant.

Dans une ville du Norfolk, Beth élève seule sa fille de 8 ans, Carmel, après un divorce mal vécu avec Paul.
Alors qu’elles se promènent dans un festival, Beth perd Carmel dans la foule… Panique ! Après des heures de recherche avec les organisateurs, la police… Ils ne retrouvent pas la petite fille, qui semble s’être évaporée.
Carmel a été kidnappé par un vieil homme, qui lui annonce qu’il est son grand-père, et que sa mère a été hospitalisée. Bouleversée, Carmel le suit sans faire d’histoire…
Que lui veut cet homme, qui la considère comme un ange tombé du ciel ?
Combien de temps va-t-il la détenir ?

J’avais assez peur en débutant cette lecture, surtout en m’apercevant que le récit était traité en mode « regards croisés ». L’histoire est racontée par la mère Beth, et la fille Carmel. Je craignais que le roman soit violent, glauque et sale… Mais fort heureusement il ne l’est pas.
On se prend vite dans cette lecture, et on espère que la mère et la fille seront vite réunies.  A chaque indice dévoilé du côté de la mère, on a envie de lui hurler de creuser dans ce sens… Mais c’est surtout du côté de Carmel qu’on a envie de secouer les choses, de lui intimer l’ordre de s’enfuir, de cherche de l’aide, même si on comprend bien que de son point de vu, son ravisseur semble être la seule famille qu’il lui reste.
Le roman décrit bien comment un enfant peut être manipulé, juste pour qu’il n’ait pas l’impression de se retrouver seul et abandonné…

Bref, un bon moment de lecture, même si je n’ai pas totalement accroché à la plume de l’auteure quand elle fait parler la mère. Enfin, c’est un détail, car ce roman est vraiment pas mal, et je vois déjà à qui je vais pouvoir le conseiller 😉
Et bien entendu, merci à Denoël !

La fille en rouge de Kate Hamer
Traduit par Pierre Ménard
Editions Denoël, collection Suspense – 432 pages
Paru le 8 septembre 2016