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« Les bébés de la consigne automatique » de Ryû Murakami

Voici un livre qui traînait depuis quelques mois dans ma PAL, depuis que je l’avait choisi pour 2 challenges : le challenge année de naissance (1980) et mon second tour au challenge Petit BAC (catégorie objet).

On suit l’histoire de deux jeunes hommes, depuis leur plus « tendre » enfance : Kikku et Haschi. Abandonnés par leurs mères respectives quelques heures après leurs naissances, ils sont retrouvés chacun enfermé dans une consigne à pièces en plein été. Comme beaucoup de bébés à cette époque là, ils ont été laissés dans ces consignes automatiques de grandes gare japonaises, et sont les seuls enfants survivant. Recueillis dans un orphelinat, ils deviennent amis, puis sont adoptés et élevés comme des frères par un couple vivant sur une petite île japonaise. Ils y sont heureux, mais le bonheur de cette vie n’est qu’une illusion, la cicatrice laissé par le mystère de leur naissance s’ouvre régulièrement, et chacun de deux personnage va essayer de trouver un exutoire pour la refermer. Alors qu’ils grandissent, leurs propres caractères s’affirment de plus en plus : Kikku se montre de plus en plus courageux et sportif, prenant l’ascendant sur Haschi qui est plutôt craintif, faible et timoré… Jusqu’au moment de rupture, quand Haschi va fuguer pour tenter sa chance à Tokyo

Un roman coup de poing, qui n’a pas pris une ride depuis plus de 30 ans ! Le style est peu conventionnel et l’écriture très contemporaine : dialogue se mêlant aux pensées, aux actions ou aux descriptions, changement de pronoms personnels un peu sauvages… cela donne une impression assez spéciale, comme d’être dans une rêve. Les propos sont parfois violent, souvent poétique, toujours très juste… certaines phrases, images ou idées trottent longtemps dans la tête.

La problématique centrale est quasi prémonitoire : comment les enfants de la société de l’hyper consommation du début des 90’s vont bien pouvoir vivre, sans avoir connu réellement « la faim », l’envie, le désir… Au centre de l’histoire, l’idée du chaos et de la destruction des villes et de la société au profit d’une nature sauvage ! Bref, on est en plein dans les réflexions apocalypto-écologique de ces dernières années !
Mais c’est tout de même un récit bien dans son temps, les 80’s : l’ambiance est très punk… en mode no future : une génération qui n’a pas envie d’être patiente, veut tout, tout de suite, et qui veut détruire les fondations d’une société qui les a enfantés et voudrait les soumettre à une vie rigide et sans fenêtre de liberté. Un roman très « génération x » !

D’ailleurs en parlant d’ambiance post-apocalyptique, cette lecture m’a fait penser par moment à Mad Max (79), Akira (88)… surtout dans la première moitié. Mais contrairement à ces récits de SF, Les bébés de la consigne automatique à un côté très réaliste, on y croit vraiment ! En même temps, il y a un soupçon de je ne sais quoi de bizarre qui nous plonge dans un autre monde. C’est assez troublant, cette impression de voir la société à travers ce miroir à peine déformant

Une excellente lecture, et un classique à découvrir : je ne regrette pas d’avoir étoffé ma PAL avec ce roman 😉
Et suite à cela, je pense lire à l’occasion le premier roman de Ryü Murakami : Bleu presque transparent.


« Orgueil et préjugés » de Jane Austen

Attention, coup de coeur en vu !

A voir tous les gens qui encensent Jane Austen sur les forum ou blog, j’ai eu envie de voir tout de même par moi-même ce qu’ils trouvaient à ses romans. Surtout que ses ouvrages semblent être de grands classiques, puisqu’une part non négligeable de lectrice autour de moi connaissent Jane Austen, et plus particulièrement Orgueil et préjugés, qui me semble être un de ses romans les plus célèbres.
Je m’attendais donc à un livre pour jeune fille un peu midinette, bien sous tout rapport et tout… rempli de personnages en costume du début du 19ème, des voitures à cheval, des lectures au coin du feu dans des cottages verdoyants…
Je n’en était pas très loin, mais c’était oublier l’humour typiquement anglais et la sensibilité que j’ai pu y découvrir.

L’histoire, je pense que tous le monde la connaissait sauf moi…
Le récit prend place à Longbourn où nous suivons la famille Bennet. Mrs Bennet cherche à marier ses 5 filles, et plus particulièrement ses deux aînées, Jane et Elisabeth. Ses espoirs commencent à prendre forme lorsqu’une propriété proche du bourg est louée par un gentilhomme célibataire, riche et libéré de toute contrainte s’y installe, Mr Bingley. Entre bals et invitation à dîner entre les différentes familles, ce dernier tombe rapidement amoureux de Jane…  Si Bingley est enjoué et amical avec le voisinage, il n’en va pas de même pour son ami Mr Darcy, qu’Elisabeth va bientôt prendre en grippe…

Je préfère ne pas en dire plus pour ne pas faire une synthèse du roman… mais l’essentiel de l’histoire tourne autour du mariage, qui, pour des jeunes filles élevé dans l’objectif de devenir des épouses heureuses, est définitivement un accomplissement ! Il faut dire qu’elles n’avaient pas grand chose à faire, ces pauvres filles de bonnes familles, au début du 19ème siècle. Pas d’école, des cercles restreints de connaissances, des moyens de communication limité au courrier et de transport au cheval… L’amour et le mariage sont donc une échappatoire.
Certaines cherche un mariage d’amour, d’autre se font une raison et épousent un bon parti possédant quelques biens.  Pour des filles comme celle des Bennet, un bon mariage est l’assurance d’un toit et subsistance, les biens de Mr Bennet étant soumis à la loi de l’entail, il doivent revenir à un héritier mâle, ici son cousin.  Sa femme et ses filles pourraient donc être chassée de leur logis, et se retrouver avec une maigre rente.
Le mariage est donc aussi le moyen d’asseoir une position sociale… Mais pour faire un bon mariage, les jeunes filles et leur famille doivent avoir une réputation sans faille.  Pas évident lorsque des chasseurs de dots ou folles adolescente se mêlent à ce jeu…
En tous cas Jane Austen traîte ce sujet avec intelligence, humour et impertinence, c’est un vrai plaisir de se plonger dans le quotidien de ces personnages ! On a du mal a croire que ce livre a été édité en 1813 tant il est moderne dans son style et ses propos.

Je ne suis pas spécialement fan des histoires d’amour, mais celle-ci m’a totalement emballée ! J’étais en plein bovarysme, à vibrer au rythme des émotions d’Elisabeth et Darcy… car si elle le déteste au début du récit, je ne suis pas sans savoir (en femme d’expérience), que la haine est souvent bien proche de l’amour 😀
Il faut dire que Darcy a tout de l’homme idéal, loin de l’image de « Prince Charmant », mais qui dégage un je ne sais quoi qui en fait un amant intemporel… on a beaucoup disserté sur la question avec Petite Fleur qui m’a prêté ce livre. Il incarnerait l’image de l’homme solide en qui on peu faire confiance, protecteur, qui ne se lie pas d’amitié facilement mais qui donne beaucoup à ses proches, intelligent, cultivé, et pour ne rien retirer à ses charmes, beau et riche ! Il a bien sûrs quelques défauts, comme son orgueil, mais c’est un détail dans l’ensemble de son portrait, et ça ne le rend que plus humain.
Autant vous dire que les discussions vont bon train à son propos au bureau, et qu’on est plusieurs prêtes à se battre si un Darcy se présentait ici 😀

Ce livre a été un vrai vent de fraîcheur qui a réveillé mon coeur de midinette ! J’ai adoré ! Je n’ai qu’une envie maintenant : regarder les films et séries TV tirés de ce roman, mais aussi et surtout découvrir d’autres oeuvres de Jane Austen !

« Le clan des Otori » tomes 1 et 2 de Lian Hearn

Grâce à mon cadeau d’anniv’ de Mickael (qui remonte à quelques mois), j’ai pu découvrir cette série qui m’a l’air assez célèbre : Le clan des Otori.
Composée de 5 roman écrits entre 2002 et 2007, on plonge dans l’univers du Japon féodal, sous la plume de Lian Hearn, pseudonyme pour Gillian Rubinstein. Pour la petite histoire, elle a choisie d’utiliser un pseudo et non son véritable nom, pour que Le clan des Otori ne bénéficie pas de préjugés dus à ses précédentes oeuvres, plutôt dans le domaine du fantastique ou destinées à la littérature jeunesse.

Nous suivons dans ces deux premiers tomes un jeune homme, Tomasu, dont le village est victime des hommes d’un grand seigneur local. Mis a sac, brûlé, tous les habitants dont ses parents sont tués, … Lui seul arrive à survivre en s’échappant et en croisant la route d’un vaillant guerrier et seigneur, Shigeru Otori.
Ce dernier va se prendre d’affection pour Tomasu, le rebaptiser Takeo pour mieux le cacher, et l’adopter. Ainsi il va lui apprendre à se comporter en seigneur, à se battre, à lire…
Mais la vie de Takeo va se trouver changer le jour où il découvre qu’il est doué d’un don exceptionnel : celui d’une ouïe d’une finesse incroyable. Mais le sort n’en a pas fini avec lui, mettant sur sa route la jeune et belle Kaede Shirakawa, fille d’un seigneur, qui n’a pas eu une vie très simple non plus… Détenues en otage depuis son enfance, elle est maintenant promise en mariage à Shigeru.
Entre trahison, jeu de pouvoir, combats… mais aussi poésie, religion, culture, amour, amitié… on découvre dans ces deux romans un Japon qui fait frémir ou rêver au travers des aventures de Takeo et Kaede.

A la lecture du premier opus Le Silence du rossignol, j’étais assez mitigée : je trouvais le roman un peu trop dans l’esprit d’un conte : pas beaucoup d’action, trop séquentiel et énormément de répétitions. Le côté écrit à la première personne, où Takeo raconte sa vision de l’histoire donnait une certaine monotonie, heureusement contrebalancé et dynamisé par quelques chapitres à la troisième personne…
A réfléchir, je me demande si on ne trouve pas la un travers de l’écriture de romans jeunesses, qui sont les types d’ouvrages habituellement réalisés par Lian Hearn / Gillian Rubinstein ? (Bon, je m’avance un peu, je n’ai pas lu d’autres de ses oeuvres).

Les Neiges de l’exil, le second tome, est meilleurs je trouve, j’ai été plus emballée. Les personnages sont beaucoup plus affirmés, et il y a plus d’action. Je suis plus entrée dans l’histoire, notamment via le personnage de Kaede, qui se pose comme femme de pouvoir assez rapidement, et est un peu le moteur du roman pour moi. Le thème de la femme qui veut devenir l’égal des hommes dans une société archaïque misogyne, ça me parle 🙂
En revanche j’ai un peu moins accroché au début sur les crises identitaires de Takeo, toujours raconté à la première personne… Mais bon, par la suite, ça bouge un peu 😉

C’était plutôt dommage que je n’accroche pas au style, car l’histoire est passionante : par moment je rentrait bien dedans ! Après ce problème vient peut être de la traduction ?
Enfin ce souci me semblait moins présent dans le second tome, à voir si ce phénomène de bonification s’amplifie dans le troisième roman !

Bref, j’ai envie de savoir la suite tout de même maintenant !

« Le Voyage d’hiver » d’Amélie Nothomb

Je continue ma lecture de l’intégralité de la bibliographie d’Amélie Nothomb, avec une fiction à la 1ère personne paru en 2009 : Le Voyage d’hiver.

Zoïle travaille pour EDF et grâce à son métier va chez les gens et rencontre beaucoup de monde… Jusqu’au jour où il frappe à la porte d’Astrolabe et en tombe amoureux. Petit problème, celle-ci vit avec une autiste « neuneu », Aliénor. Il se trouve qu’Aliénor est une écrivain géniale, et qu’Astrolabe s’est elle-même confiée la mission de l’aider à créer et produire ses livres, de vivre avec elle, de ne jamais la laisser seule.
Pour vivre son histoire d’amour, Zoïle va devoir prendre sur lui…
Mais alors, qu’est ce qui a conduit Zoïle éperdument amoureux à devenir un terroriste, prêt à détourner un avion à l’aéroport de Roissy ?

Je suis un peu déçue par ce roman… Si le style est toujours aussi agréable, et le parallélisme entre Aliénor l’écrivain neuneu et l’image qu’Amélie Nothomb en tant qu’auteur peut avoir d’elle-même est amusant, je suis restée sur ma faim.
J’ai eu l’impression de lire un mélange de plusieurs de ses récits précédents : Les Catilinaires (la débile dont il faut s’occuper mise au milieu d’un couple), Les Combustible ou Ni d’Eve ni d’Adam (l’omniprésence du froid), Cosmétique de l’ennemi (qui a lieu dans un aéroport et est raconté à la 1ère personne), Attentat (l’idée de terrorisme anti-beau)…
Bref, l’impression de déjà lu et que l’auteur utilise une grille qui lui permet de construire ses intrigues et personnages…

Voilà, je suis assez peu convaincue… Peut-être ai-je trop lu de ses romans ses dernier temps ? Un par an, au rythme de la rentrée littéraire, c’est peut être une prescription à suivre ?

« Le soleil des Scorta » de Laurent Gaudé

Lecture découverte, avec ce roman qu’on m’a offert pour Noël dernier… J’ai été un peu longue à m’y mettre, ma PAL ne désemplissant pas.
Et puis je me suis dit qu’il était tant que je lise ce roman affublé du ruban du prix Goncourt 2004… De plus Laurent Gaudé a l’air d’être un auteur assez apprécié quand je parcours les forums littéraires !
Après La Horde du Contrevent, c’était finalement un choix de roman idéal,  tant il est opposé à celui-ci. Pas de vent amis une chaleur écrasante, pas d’univers épique et fantastique mais une saga familiale au milieu de la Grande Histoire…

On suit sur un siècle, la lignée des Scorta à Montepuccio dans la région de Pouille, au Sud de l’Italie, à partir de la fin du 19ème siècle.
On commence par la naissance du grand-père, issus des amours fugaces d’un bandit et d’une vieille fille, la manière dont il va devenir un criminel et amasser des fortunes… Mais c’est surtout autour de ses 3 enfants que le récit prend forme : poussés par leur extrême pauvreté, ils partent pour New-York à l’époque des grandes vagues d’immigration vers les Etats-Unis, puis reviennent au village un peu plus riche pour essayer d’y vivre,  d’y trouver leur place, de construire quelque chose de durable et à leur tour aussi avoir des enfants, petits-enfants… qui perpétueront le nom des Scorta.

Un livre qui se lit très vite, se dévore même, tant l’image de l’Italie que l’histoire emporte avec elle est magnifique : malgré la rudesse de cette terre asséchée par le soleil, où les pierres sont plus nombreuse que les brins d’herbes, on a envie d’aller dans cette région, toucher les oliviers, s’asseoir à l’ombre sur la place du village et de vivre à son rythme. Bref, un tableau d’une grande beauté qui invite au voyage et à la découverte, même si le grand malheur des Scorta est finalement dans ce récit de rester enraciner dans ce village !
On n’est pas dans un roman sur la naissance d’un empire  mafiosi comme j’aurai pu le croire au départ. Chaque personnage, se pose un jour ou l’autre la question de sa place dans la famille Scorta, sur son individualité, son destin, et tente de faire au mieux avec les cartes que la vie lui a donné. Une jolie leçon de vie, sur les valeurs familiales et le prix de l’héritage sous toutes ses formes.

Une lecture bien agréable que j’ai appréciée et que je conseille. Un peu de soleil alors que l’automne est là, ça ne peut pas faire de mal 🙂

« La Horde du Contrevent » d’Alain Damasio

Autant le dire tout de suite, il m’a fallut plus d’un an pour me motiver à lire ce livre trônant dans ma PAL… Il faisait parti d’une lecture pour le Challenge Pandora au boulot. A l’époque, à peine avais-je lu les premières pages que je l’avais refermé. Je n’avais pas réussi à me mettre dedans, et à entendre dire par tous mes collègues que c’était un livre « Géniiiiiial », « Qui joue sur les codes même du livre » et d’autre blabla intello, j’avais décider d’abandonner et de ne pas le lire.
J’imaginais une histoire à moitié poétique à base de chant du vent (comme Neige de Fermine qui m’avait ennuyé), basé sur le dépassement de soi, une quête impossible où les personnages s’aperçoivent que c’est le trajet qui compte et non la destination comme dans tout bon voyage initiatique. Je m’attendais à du déjà vu, j’avais plein d’à priori : ça me gonflait avant même de le lire 🙂

Il a fallut plusieurs mois pour que je me fasse à l’idée de réessayer, aidée par le pouvoir de persuasion de Petite Fleur pour qui ce livre a été un coup de coeur.

Donc j’ai enfin décidé de lire La Horde du Contrevent, et je suis bien contente de l’avoir fait : ce livre est captivant !

Impossible de résumer l’histoire sans vous donner des préjugé… Quand je lis la 4ème de couverture, je ne trouve pas le sujet très tentant… et pourtant !
Si je vous dit qu’on va suivre une bande de marcheurs pendant des années, qui avance contre le vent qui ne faiblit jamais dans cet univers fantastique, ça ne vous avancera pas beaucoup plus ! Vous dire qu’ils recherche l’origine du vent, pour pouvoir l’apprivoiser, le dompter, le dominer. Ou encore que depuis des siècles des Hordes sont envoyé dans cette quête impossible ? Qu’on va suivre la 34ème Horde dirigée par le 9ème Golgoth, et avec elle découvrir les 9 formes de vents ?

Pas évident de l’expliquer, je vais donc juste vous dire que cet univers fantastique est assez steampunk selon moi… ou windpunk plutôt 🙂
Un petit côté heroic fantasy (qu’on retrouve autant dans des aventures de Conan que dans l’Incal), avec sa brochette de personnages typiques composant tous groupes menant des quêtes : le gros bourrin taillé comme un rugbyman, le Prince qui porte sur lui la droiture, le troubadour locace et plein d’humour, le spécialiste des plantes aux allures de druides, la soigneuse toujours prête à aider, le scribe, les combattants, les porteurs… et plein d’autres spécialité dans ce « Pack » qui va leur permettre de survivre pendant des années aux conditions les plus extrêmes. Mais ce groupe d’une vingtaine de personnes forme aussi une mini-société, une famille soudé depuis leurs 11 ans, qui vont ensemble « contrer » et avancer en aval du flux du vent pendant plus de 30 ans !
Le mysticisme est omniprésent, proche du chamanisme, ou le vent à une place centrale, énergie mais aussi parfois une sorte de divinité difficilement compréhensible. Pas mal de réflexions philosophiques aussi, qui vont je pense me trotter dans la tête pas mal de temps…

Au niveau style, rien à redire, on est plongé dedans une fois les premiers chapitres passés. Chaque paragraphe est conté par un des personnage de la Horde (un peu comme dans Qu’a-t-elle vu, la femme de Loth ? de Ioànna Bourazopoùlou…). Un symbole propre à chaque hordier au début du paragraphe permet de discriminer le narrateur. Enfin vu que chacun a son style de langage, on les reconnait facilement : Golgoth parle comme un charretier, Larco a beaucoup de passage entre parenthèse, Caracole le troubadour part toujours dans des délires du langage, Erg a un phrasé très court… Ce procédé donne une grand dynamisme à l’histoire !
Autre trouvaille intéressante, la pagination inversée : on commence à la page 700 pour arriver à la page 0 : un bon moyen de rendre plus haletante l’histoire, que de voir le nombre de pages dégresser !
Il y aurait beaucoup d’autres choses à dire, comme la manière dont le vent est suggéré par des signes de ponctuation, des espaces, des souffles, démontrant une volonté de faire du texte une poésie, une musique, omniprésente dans la narration.
Au niveau stylistique, rien n’est laissé au hasard, ce qui en fait un livre d’une grande précision technique si je puis dire, toujours au service de l’histoire !

Un vrai roman coup de cœur pour moi ! Comme beaucoup de personne, j’ai adoré… Les personnage sont géniaux… mention spéciale à Goth, le gros bourrin, et Caracole l’Arlequin-troubadour !
Il parait que c’est le genre de livre qu’on aime ou qu’on déteste (bien que je n’ai pas encore beaucoup vu de critiques négatives de ce roman). En tous cas, on en ressort en se sentant différent, et c’est l’essentiel pour une très bonne lecture je pense.
Je pense relire à l’occasion du Damasio, plus tard… ou essayer de trouver le CD qui était vendu avec certaines éditions du roman, histoire de faire durer un peu la magie !

« La colère des aubergines » de Bulbul Sharma

Coup double avec cette lecture : je rempli une case de plus pour ma seconde session du challenge Petit BAC (catégorie « végétal »), et je valide un légume supplémentaire pour le challenge des fruits et légumes littéraires !

La colère des aubergines est un incontournable quand on veut parler végétaux, c’est pour cela que j’ai tout de suite eu l’idée de ce livre pour remplir cette mission, sachant qu’il avait rencontrée son petit succès lors de sa sortie en 2002.
Il faut dire que beaucoup de choses sont réunies pour inviter au voyage et au rêve : des histoires courtes et amusantes, dont l’axe central est la cuisine indienne… et cerise sur le gâteau, des recettes proposées par l’auteur à la fin de chaque chapitre. Tout cela donne l’eau à la bouche 🙂

Les nouvelles traite tour à tour d’histoire à la première ou troisième personne, comme ceux relatant des souvenirs d’enfance de celliers remplis de victuailles interdits à tous les membres de la famille sauf à la grand-mère qui détenait la seule clé, ou encore la recherche d’un prêtre brahmane à empiffrer pour fêter les morts…
D’autres récits nous présentent les joutes culinaires d’une épouse et de sa belle-mère pour contenter un homme, l’appel d’un vieil homme sur son lit de mort qui revoit les meilleurs mets préparé par ses épouses qui l’ont quitté, le voyage et échanges de nourriture de familles au bord d’un train, ou les délires d’une femme au régime qui ne pensent qu’aux sucreries et pâtisseries…
La structure sociale se dessine au travers ces plats et repas, et rend réelles et très attrayantes toutes ces histoires !

On s’aperçoit que dans la culture indienne, comme dans beaucoup d’autres, la cuisine à une place centrale dans la vie des gens : rites religieux, fêtes, hiérarchie familiale, cuisine-plaisir, démonstration d’amour… Via ces petites histoires j’ai découvert une Inde que je ne connaissais pas, beaucoup plus riche et fastueuse que les images que j’avais en tête. On est loin des clichés des bidonvilles ou des ascètes végétaliens, ou des mauvais resto-buffet parisien…  Bref, le bonheur passe par le goût on dirait bien !

Un livre sympa à lire, qui fait passer un agréable moment, et m’a en plus donné envie de découvrir « la vraie » cuisine indienne !

« The Walking Dead » de Robert Kirkman et Charlie Adlard

Attention, comic légendaire en vue !
Cette série est une des meilleures réponse à la question « Mais pourquoi les zombies ont autant la cote ces dernières années ?« … et cela depuis sa date de première parution en 2003 aux États-Unis.

Rick Grimes est policier dans une ville de la région d’Atlanta. Alors qu’il est en service, il reçoit une balle lors d’une course poursuite et se retrouve dans le coma.
A son réveil à l’hôpital, il est seul : plus de médecins, d’infirmières, d’autres patients… En visitant les locaux à la recherche d’aide, il tombe sur une pièce remplie de zombies !
Il réussi à s’échapper et se retrouve dans les rues de la ville, vidées de présence humaine. Il rencontre un duo de survivants, Morgan et son fils, qui lui apprennent tout ce qui c’est passé pendant qu’il était dans le coma : les morts ont commencé à se réveiller et à attaquer les vivants. Un humain mordu se transforme rapidement en zombie, et la seule chose qui achève vraiment un zombie, c’est de détruire son cerveau. Affolée, la population à suivi les conseils du gouvernement : se rassembler dans les grandes villes en attendant l’armée. C’est donc à Atlanta que Rick va se diriger, afin de retrouver sa femme et son fils, qui selon lui ont dû suivre les conseils dictés par les médias.

On va suivre pendant les 13 tomes déjà parus en France les aventures de Rick et de groupes de survivants qu’il rencontre. Chacun trouve sa solution de survie, souvent en groupe reproduisant de micro-sociétés. Mais pour tous, le monde est devenu une jungle, entre les zombie imperturbables qui viennent dévorer les vivants à la moindre occasion, et les groupes d’humains sans scrupules qui viennent pour voler nourritures, femmes, armes, véhicules… Bref, les longs mois passés sur la route à bivouaquer, ou dans des structures plus structurée qui leur permettent de se sédentarisée, auront vite raison de la santé mentale des survivants…

Tout y est : ambiance tendue, images gore, humour noir, baston, survivalisme… Côté ambiance, on est entre Romero et La route de Cormac McCarthy : du fantastique, de la critique sociale, et une bonne dose d’insanité… Ça ne pouvait que me plaire 🙂
Les grandes réflexions sur la fin du monde ont aussi leurs places : qu’est-on prêt à faire pour sa survie et celle de ses proches ?  Est ce que la compassion et la moralité ont encore leurs places après l’apocalypse ? Est ce que la mort et la violence doivent être banalisés dans un univers où la société est en ruine ?
Les personnages sont loin d’être de super héros, même si Rick fait figure de leader charismatique : ils ont tous une part d’ombre.

Côté dessin, je ne dirais pas qu’au début j’étais emballée à 100%, je trouvais le trais un peu grossier (surtout sur les enfants, le trait doit être trop tranché pour faire des visages d’enfants convaincants ?)… Mais en fait il colle tout à fait avec le style de la BD : énergique et sombre, très pictural. Ça change des mangas en tout cas ! Le découpage des cases est bien foutu aussi, c’est un plaisir à lire ! Heureusement, le comic est en noir et blanc : pas d’avalanche de couleurs moches comme on y a souvent le droit avec les BD américaines ! Ouf !

Le seul problème, c’est que j’ai fini les 13 volumes… Tome 14 prévu en septembre… et après, il faudra attendre… Snif :'(

Pour patienter, une série TV commencé en 2010 aux USA a vu le jour. La première saison est composée de 6 épisodes de 45 minutes. Pas mal pour patienter un peu, en attendant la suite de la BD, et la saison 2 prévue pour octobre 2011 !

Un coup de cœur pour moi, j’attends la suite avec impatience et espère surtout qu’elle va rester à cet excellent niveau encore longtemps ! Et aussi qu’au passage que ses auteurs nous offres une fin correcte (oui, faut avouer, les fins de séries longues c’est jamais trop ça :-/)

« Les Catilinaires » d’Amélie Nothomb

J’avance doucement mais surement dans ma PAL Amélie Nothomb… Je me réserve son dernier roman, Tuer le père, pour plus tard, et ai préféré m’attaquer à ces Catilinaires pour finir la semaine. C’est un de ses premier roman, édité en 1995.
Un roman rapide à lire comme souvent, parfait pour la vie parisienne et ses transports en commun… et je l’ai trouvé tellement passionnant que je n’ai fait qu’une bouchée de la fin du livre en rentrant chez moi 🙂

L’histoire est écrite à la première personne par Émile. Émile et Juliette, couple de 65 ans et retraités ont trouvé la maison de leur rêves, cachée dans une clairière : ils s’y installent et pensent y vivre heureux, dans un tête à tête qu’ils attendent depuis plus de 40 ans.
Leur seul voisin, Palamède Bernardin, vient se présenter à leur porte un après-midi. Médecin de 70 ans, il reste alors 2 heures dans leur salon, associable et l’air dégouté, attendant qu’on lui fasse la conversation. Et chaque jour, à la même heure ce mufle revient, ne dit rien et exige les attentions du couple, qui ne peuvent rien lui refuser par soucis de politesse. Puis il repart, imperturbable, toujours à la même heure, 2 heures plus tard.
En bref, l’archétype de l’emmerdeur !
Émile et Juliette essayent de prendre cela d’abord avec humour et philosophie. Émile ancien professeur de latin et de grec se lance alors dans des monologues et discours destinés à tromper son ennui lors de ces visites quotidienne… Mais bientôt la pression exercé par ce voisin envahissant devient trop forte

Un très bon récit d’Amélie Nothomb, qui me rappelle son premier roman Hygiène de l’assassin : un huis clos dans un lieu isolé, des personnages monstrueux tant physiquement que psychologiquement, des envolées philosophiques et littéraires pleines d’éloquence, des références historiques (ici Catilina que Cicéron fustigeait dans ses Catilinaires) … et un sens de l’absurde et du bizarre propre à cet auteur 🙂
Je le conseille donc, que vous soyez fan de l’auteur ou non !

« Loterie solaire » de Philip K. Dick

Une fois de plus un roman de SF prêté par mon beau-frère… Un Philip K. Dick, auteur dont je ne suis pas spécialement fan, car j’ai tendance à trouver ses thèmes trop pessimiste et sa construction de roman un peu trop complexe. Surtout que pour le coup, Loterie solaire est loin d’être son œuvre la plus connue ! Pourtant ce livre publié en 1955 est son premier roman !

Il faut avouer que les thèmes abordés et le concept de base de la société qu’il imagine sont assez bien vue : il s’inspire de la stratégie mixte de la théorie de jeu, c’est à dire que le jeu politique et social est régie par le hasard.
Dans un univers futuriste, le monde est dirigé par un « Meneur de jeu », équivalent d’un super gouverneur ayant quasiment tous les droits. Point d’élection pour nommer celui-ci : il est choisi au hasard par « la bouteille », machine fonctionnant grâce à l’algorithme Minimax inventé par John Von Neumann. La bouteille désigne de manière aléatoire, à des délais eux aussi incertain, le prochain Meneur de jeu parmi tous les habitant de la Terre porteur d’une carte d’identification. Le Meneur de jeu destitué à alors la possibilité de désigner un assassin pour éliminer le nouveau et reprendre sa place. Tout cela est bien entendu largement médiatisé… Le nouveau Meneur de jeu a heureusement à son service une armée de télépathe et autres serviteurs…
Car c’est bien de serviteurs et de serfs que l’on parle lorsqu’on veut désigner les personnes n’ayant pas gagné à ce grand jeu du Minimax : les humains qualifié, une poignée de citoyen, peuvent et doivent prêter serment à des organisations, à la fois entreprise et gestionnaires de vie, à qui ils doivent une fidélité sans faille. En échange d’un travail, d’un logis et de divers plaisirs, ils leurs donnent leur carte d’identification, ce qui leurs retire la possibilité de gagner à la grande loterie du pouvoir.

L’histoire de Ted Benteley, le héros de cette histoire, et le prétexte à nous présenter sur fond de changement de Meneur de jeu cette société ou le jeu est roi.

Un livre pas désagréable à lire, où on reconnait bien la touche de K. Dick : une grande précision dans les thèmes abordés et dans la construction de son univers, des références aux sciences qui lui étaient contemporaines, et une petite dose de complexité… Et pour le coup il n’est pas aussi sombre que ses romans suivants, le livre se termine même vers une vision assez positive de l’ avenir de l’humanité !
Bref, un bon livre de SF, surtout pour les fans de l’auteur, c’est tout de même « son premier » !