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« La Cité des Jarres » d’Arnaldur Indridason

La Cité des JarresLe challenge ABC m’a une fois de plus permis d’écouler un peu ma PAL, et surtout un livre qu’on m’avait offert lors d’un SWAP très sympa : Voyage en Terre Inconnue, où Comicboy m’avait offert un super colis autour de l’Islande ! Ça date je l’avoue (avril 2012), mais parfois il faut savoir prendre son temps !
Je ne suis pas encore partie découvrir cette île qu’il a tant apprécié, mais j’ai enfin lu La Cité des Jarres d’Arnaldur Indridason, édité en 2000 en Islande, qu’il a lui même critiqué sur son blog 🙂
Il s’agit en fait du troisième opus de la saga du commissaire Erlendur Sveinsson, qui se déroule à Reykjavík et ses environs. Bizarrement  les deux premiers romans de la série ne sont pas sortis en France… en revanche on peut tous les trouver du troisième au neuvième.

Sale temps à Reykjavík, où un vieil homme est retrouvé mort, le crâne fracassé, dans son appartement. Le commissaire Erlendur est sur le coup, accompagné de Sigurdur Oli et Elinborg. Rien ne semble distinguer ce crime d’un meurtre islandais classique, basique et violent, si ce n’est un mot écrit sur un morceau de papier retrouvé sur le corps : « Je suis lui ».
Poussé par son instinct, Erlendur va mener une enquête minutieuse, et faire resurgir bien des secrets autour du personnage du mort, Holberg, qui était loin d’être un enfant de chœur

Ambiance sombre et glaciale dans ce roman policier… Entre l’Islande pluvieuse et la rudesse de l’histoire, il faut avoir le cœur bien accroché !
On voyage dans le temps jusqu’aux années 60, où on découvre des secrets de familles pas très heureux, où il est questions de maladie, de viol, de mort… Et quand on revient dans les années 2000 auprès d’Erlendur et de sa fille Eva Lind les choses ne sont pas plus roses : drogue, violence, règlements de compte, pédophilie, collectionneurs d’organes… L’Islande, c’est loin d’être uniquement un pays de bains chauds !

J’ai bien aimé le style sombre, lapidaire, brut, et très rythmé du roman…. on rentre vite dans l’histoire, les chapitres courts nous emmènent toujours plus en avant.
Le plus difficile pour moi aura été de me mettre à l’islandais ! Les prénoms exotiques, l’absence de noms de familles obligent à se concentrer un peu quand même 😉

Je n’ai maintenant qu’une envie, lire la suite (puisque je ne pourrai pas encore lire les premiers), et voir comment Erlendur va s’en sortir entre sa fille qui essaye de sortir de la drogue, et ses enquêtes dans les nuits glacées islandaises !
Je vous le conseille donc, ce roman… et je ne dois pas être la seule à l’apprécier puisqu’il a reçu de nombreuses récompenses !

 challenge ABC

« L’hôtel New Hampshire » de John Irving (Etat du New Hampshire)

Il a fallut que je prenne mon courage à deux mains pour me réattaquer à ce roman que j’avais très rapidement abandonné il y a 4 ans, lorsqu’on me l’avait offert. Mais challenge « 50 états, 50 billets » et New Hampshire oblige, il a bien fallu que je me lance… Surtout qu’il ne me restait plus rien à me mettre sous la dent pour le challenge !!! Bref, ce livre je l’ai vraiment gardé pour la fin, ou presque 😀
Avant de le lire, je ne sais pas pourquoi, je pensais que j’aurai à faire à un livre assez drôle et cynique, « un conte de fée loufoque » (dixit la quatrième de couv’), un peu comme La conjuration des imbéciles de John Kennedy Toole. Autant vous le dire tout de suite, ça n’est pas le cas. On est bien face à un conte de fée, mais qui tient moins du rêve que d’une analyse freudienne de celui-ci… et là…

Ambiance familiale dans ce roman ! Le narrateur, John, nous raconte sa vie et celle de sa famille depuis la rencontre de ses parents dans un hôtel du Maine. C’est ici que ces jeunes adultes Winslow Berry et Mary Bates tombent amoureux l’un de l’autre, et rencontrent Freud, un dresseur d’ours itinérant. Il va vendre son vieil ours à Winslow… et c’est là que les aventures commencent pour la famille Berry ! Tour à tour montreur d’ours, militaire, étudiant, professeur, propriétaire d’hôtel… Winslow va avoir 5 enfants avec Mary : Frank, Franny, John, Lilly et Eggs. Et comme on peut le soupçonner, leur vie sera pleine de fantaisies, mais aussi de parts plus sombres.

Difficile de résumer ce livre, car il part un peu dans tous les sens, comme tout bon conte de fée qui se mérite ! Mais en gros on est entre l’univers de Big Fish (en moins poétique) et celui du roman de Gunter Grass Le Tambour (en moins cynique). 
Autant le dire tout de suite, je n’ai vraiment pas apprécié cette lecture… On n’arrête pas de me dire du bien de cet auteur, mais franchement je n’accroche pas du tout.
Le côté onirique ne m’a pas trop gêné. Que ce soit dans la structure du récit ou dans les thèmes traité, on a vraiment l’impression d’être dans le rêve du narrateur… d’ailleurs il en est toujours question, du rêve. Ce qui m’a plus gêné, c’est le côté analyse freudienne des rêves. Je ne suis pas une freudienne… sans être une spécialiste, je suis du genre à penser que ce monsieur, pape de la psychanalyse, a raconté plus d’ânerie en projetant ses propres névroses et fantasmes sur ses patients que vraiment décrypter le fond de leurs problèmes… Bref… Donc le symbolisme à tout va qui transpire ligne après ligne, quel calvaire ! L’ours qui est un symbole sexuel non dissimulé, le labrador empaillé qui représente la douleur et la mort… Au bout de 571 pages, pitié !

Les thèmes traité font bien référence au domaine du conte de fée, loin des versions édulcorées de Disney : la mort, le viol, la différence, la violence, le sexe… On retrouve schémas récurrents des contes, dont le plus percutant pour moi est celui du Petit Chaperon Rouge, ses bois obscurs et le grand méchant loup, qui prennent l’aspect d’un viol collectif derrière le lycée pour Franny… C’est d’ailleurs là le centre du drame familial qui va se jouer ! Mais là encore, tout est fantasmes misogynes ou freudiens (j’hésite ;)), comme son histoire d’amour incestueuse avec son frère John… Encore un truc qui m’a laissée pantoise…

Bref, je l’ai trouvé très très moyen ce roman… Même s’il y a de réelles pépites de réflexion cachées dans quelques pages, sur des thématiques comme celle du viol et de son traitement subjectif, ou encore sur le terrorisme qui s’attache en réalité plus au moyen qu’à la finalité de ses actes. Pour ces quelques pistes de réflexion, ce livre a trouvé quelques grâces à mes yeux

Pour le meilleur ou pour le pire, j’ai promis à Petite Fleur une lecture commune du premier roman de John Irving, Le monde selon Garp (L’hôtel New Hampshire est le second, écrit en 1981). Donc oui, je vais m’y recoller, mais pas vraiment par plaisir…

 

Dans ce roman, vaste sujet que le New Hampshire, puisque c’est l’état où les parents du narrateur naissent et fondent une famille, puis le nom de leurs trois hôtels successifs aux Etats-Unis puis à Vienne en Autriche.

Le New Hampshire est situé en Nouvelle-Angleterre, entre le Maine et le Vermont, et sous le Québec. C’est comme la plupart des états de cette région un tout petit état (tout est relatif bien entendu, aux Etats Unis rien n’est vraiment petit !).

C’est en 1623 que les britanniques posent le pied dans ce futur état et y fonde une première colonie… D’autres les suivront en 1638 pour fonder Exeter, dont les colons donneront naissance à l' »Exeter Compact« , charte qui leur donne une constitution indépendante de celle de la Grande-Bretagne… La première du genre dans le Nouveau Monde ! En 1679 le New Hampshire quitte le giron du Massachusetts pour devenir une province royale, puis devient le premier état à se déclarer indépendant de la Grande-Bretagne en 1774 ! Par conséquent il fait parti des Treize états fondateurs des USA !
Vers les années 1850, l’industrialisation attire de nombreux migrants pour travailler dans les usines de textiles : Canadiens francophones, Irlandais… Après les années 1960, se sont les services et les nouvelles technologies qui permettent à l’état de rester compétitif.

Malgré sa longue histoire avec l’Empire Britannique, se sont des descendants de français que l’ont trouve majoritairement au New Hampshire ! En effet, le Québec n’est pas loin, et les habitants ayant une origine française ou québécoise représentent plus de 25% de la population. 16% de la population parle encore français, ce qui fait de la langue de Molière la seconde langue du New Hampshire !
Peut-être est-ce pour cela que des sondages désignaient cet état comme endroit où il faisait le plus bon vivre ? 🙂
Peut-être aussi parce que cet état est assez modéré au niveau religieux, ou alors parce qu’il n’y a pas de taxes et d’impôt ?!
Ou alors est-ce le climat et le paysage qui rend ses habitants si heureux ? Entre l’océan Atlantique, les montagnes et leurs stations de ski, les forêts, ses nombreux spots de randonnée ou d’escalade…  D’ailleurs les touristes ne s’y trompent pas depuis des années : Cette activité est une des plus importantes de l’état.

La ville de Dairy où se trouve le premier Hôtel New Hampshire dans le roman est une ancienne ville industrielle, en désuétude. Située dans la région de Squamscott, elle n’est pas proche de la mer comme Hampton, ni proche des montagnes et de ses pistes de ski. Bref, un endroit plutôt terne qui semble un peu ennuyeux pour les ados qu’étais ceux de la famille Berry !

« De si jolis chevaux » de Cormac McCarthy (Etat du Texas)

Je profite du challenge « 50 états, 50 billets » pour découvrir un peu mieux McCarthy, dont je n’ai lu que le célèbre et excellent La route… Et pour le coup je comprend un peu mieux son style et son univers en ayant lu ce premier roman de sa Trilogie des confins. Et grâce à lui, nous allons voyager et découvrir le Texas et le Mexique !

John Grady Cole a à peine 17 ans, mais il sait déjà que le Texas où il habite n’est plus fait pour lui : à la fin des années 1940, il perd son ranch, sa mère à mis les voiles et son père n’est plus que le reflet de lui-même… Avec son ami Lacey Rawlins, ils décident de quitter leur pays natal pour mettre le cap sur le Mexique, à cheval. Ils rêvent d’espaces sauvages, de pays de cocagne, où galoper jusqu’à plus soif. Mais leur route va vite se trouver semée d’embûches, qui prendront des proportions infernales chemin faisant, au gré des rencontres…

Un véritable voyage initiatique que ce roman, où on suit John Grady prendre en main son destin. Alors que les Mexicains viennent vivre aux Etats-Unis, lui et son ami décident de partir dans le pays qui fait office de grande soeur du Texas : le Mexique. Un pays si proche et si lointain, au pas de leurs porte…
Leur voyage est à la fois fou et anachronique : à dos de cheval avec de maigres bagages et économies, ils prennent la route comme les cow-boys du siècle précédent, alors que les années 50 et la beat-generation est sur le point d’émerger.
Si John Grady veut contrôler sa vie, les aléas du destin vont vite l’orienter… Quelques bonnes et mauvaises rencontres, quelques évènements fortuits vont rapidement transformer le road-trip des adolescents en sac de noeuds ! Amours, haine, mort, bonheurs simples… et toujours derrière cela l’immensité des déserts mexicains, ou les vallées luxuriantes, et bien entendu, les chevaux ! Si beaucoup d’histoires tournent court à cause de femmes, ici c’est la passion du cheval qui semble rythmer les pas de notre héros, et le fait grandir.

Une belle histoire, assez poignante et révoltante, écrite dans un style le style particulier de McCarthy. J’ai retrouvé l’ambiance de La route, la même poésie, mais aussi la même difficulté à raccrocher les wagons par moment : discours sans signes de ponctuations, longs chapitres… Ce livre n’est pas un page-turner comme je suis habituée à en lire en ce moment (faut que j’arrête la littérature jeunesse ;)), mais on est néanmoins dans l’attente de la suite, de savoir comment va évoluer l’intrigue. Les descriptions nous emmènent dans un autre monde, que ce soit les paysages grandioses, ou les chevaux dépeint avec tant de précision et sensibilité. Un vrai voyage, pour nous, lecteurs !

Bref, une lecture intéressante, que j’ai assez apprécié, mais qui surtout je pense va me rester en mémoire . Et je compte bien découvrir les autres opus de la Trilogie des confins pour mes prochains billets pour le challenge 😉

Gros morceau que le Texas ! Cet état central du sud des Etats-Unis est le plus grand, après l’Alaska ! Et qui dit grand état, dit diversité… J’avais l’image de plaine désertiques dans cette région, mais en fait une variété de paysages se dégagent : prairies d’élevage, forêts, littoral marin, montagnes, zones semi-arides, bayou…
Bref, un rêve de fan de films de cow-boy ! Etat très conservateur et religeux, le Texas a gardé un certain folklore : rodéos, ranchs, musique country… malgré la forte urbanisation de ses habitants, que ce soit dans la capitale Austin, ou Houston et San Antonio, les villes les plus peuplées.
Mais on a aussi en mémoire le fait que l’état fait frontière avec le Mexique, via le Rio Grande, avec sa cohortes d’immigrants illégaux en quête d’une vie meilleure.

On comprend mieux le roman de McCarty et les relations du Texas au Mexique quand on connait un peu son histoire…
Le Texas (de l’améridien tejas : « alliés ») est découvert très tôt au début du 16ème siècle par les espagnols, mais se sont les français, avec La Salle en 1685 (celui qui avait descendu le Mississippi quelques années plus tôt) qui vont y construire la première colonie… C’est sans compter sur les amérindiens, plutôt belliqueux, et les espagnols qui voient d’un mauvais oeil la présence des français si près de la Nouvelle-Espagne qui comprend alors le Mexique, les îles des Antilles… : ils vont donc annexer le Texas, nommé alors Nouvelles-Philippines, pour se protéger des leurs voisins français.
Au 18ème siècle, les relations entre espagnols et amérindiens connaissent des hauts et des bas. D’abord alliés, les indiens bénéficient des échanges avec les européens : chevaux, objets en métal… mais aussi des épidémie. Ils deviendront aussi vite leurs ennemis, ce qui valu alors à l’Espagne de nombreuses guerres contre les Comanches et Apaches.
Le Texas devient indépendant en même temps que le Mexique, en 1821… Mais ses immenses terres attirent la convoitise des tous jeunes Etats-Unis. Après plusieurs tentatives d’achats de la part des USA, c’est finalement une guerre civile menée par des rebelles texans qui permettra au Texas de se détacher du Mexique en 1836, devenant la République du Texas. En 1845, l’état demande son ralliement aux USA, avant de repartir en guerre contre le Mexique.
Etat esclavagiste, rattaché au Dixie comme ses voisins de Louisiane, Mississippi… le Texas rentre logiquement dans la Guerre de Sécession du côté des Confédérés. Bien après la fin de la guerre, sera un état où la ségrégation raciale sera très marquée.

Etat à l’origine agricole, le  Texas est marqué au début du 20ème siècle par la découverte de ses premiers puits de pétrole, qui vont modifier son économie, jusqu’à aujourd’hui encore ! Elevage, coton, hydrocarbures… mais aussi des industries axées sur les matières première, ou dans le domaine des hautes technologies qui forment une part très importante de la « Sun Belt » texanne. Le secteur tertiaire est évidement très développé : studio de tournage (effet Dallas !), centres fiancier, tourisme et tout ses à côté… ! Un état ultra dynamique par ses ressources, mais aussi sa population nombreuse, et donc consommatrice : plus de 25 millions d’habitants, ce qui en fait le second état du pays !

Mais cela n’empêche pas le Texas d’être un état relativement pauvre… et au niveau social c’est loin d’être rose : éducation en queue de pelotondu reste des états américains, plus fort taux d’habitants sans assurance maladie, lois anti-mariage gay, peine de mort avec le plus fort taux d’execution, contrainte sur les femmes voulant se faire avorter… Inutile de dire que c’est l’état ayant le plus de pratiquants religieux, et presque par conséquent, très conservateur ! On ne pouvait pas s’attendre à mieux dans le fief de la famille Bush !

Enfin la mixité est tout de même de mise : un fort pourcentage d’hispanique, des afro-américains…De quoi donner un peu de couleur à la culture et à la cuisine locale déjà influencée par la cuisine de ranch : le barbecue est au Texas une religion, et le tex-mex (influences mexicaines) et la soul food (influence des états du Dixie, à l’Est) viennent l’agrémenter.

Bref, un état bien tentant pour son côté touristique ! La vraie patrie des cow-boy qui a su garder son folklore, et qui reste riche en histoire malgré son dynamisme économique !
Et Cormac McCarthy l’a bien compris en déroulant un partie de son roman dans cet état des Etats-Unis, où on devine cette relation quasi-fraternelle entre le Texas et le Mexique, régions d’un même état à l’origine, divisés en deux par de mêmes envies de rebellions et de guerres intestines…

« Hunger Games, tome 3 : La révolte » de Suzanne Collins

Suite et fin de la superbe série des Hunger Games ! Après avoir été voir le film retraçant le premier épisodes il y a quelques semaines, j’ai été prise d’un appétit de connaître la fin de l’histoire ! Et quelle fin !
C’est assez rare les séries qui se bonifient avec le temps, et Suzanne Collins a réussi ce tour de maître. J’étais assez dubitative quand je voyais sur les forums et blogs les gens dire que le troisème opus était le meilleurs, et finalement je dois bien avouer qu’il est très très bon… et peut être bien le plus intéressant de la série.

Katniss est sauvée par le District Treize après la fin quelque peu explosive des derniers Hunger Games… et les choses sont loin d’être roses : elle est blessée et hospitalisée, Peeta n’a pas pu être sauvée et est pris comme otage par le Président Snow… Heureusement, Gale est a ses côté, ainsi que sa mère et sa soeur Prim, et d’autres alliés de l’arène comme Finnick. Mais le District Treize est loin d’être un l’espace de liberté qu’on pouvait imaginer, tout le monde se prépare depuis de nombreuses années à la guerre contre le Capitole : restrictions, régime quasi-militaire, et surtout une vie souterraine rythmée au gré des obligations au profit de cette société Rebelle dirigée par Coin. Celle dernière fait tout pour protéger sa population, mais aussi pousser les autres Districts à la révolte.
Là, Katniss va pouvoir une fois de plus devenir un symbole de la révolution, « le geai moqueur« , que les Rebelles espèrent bien utiliser pour leur guerre, aussi bien sur les ondes que sur le terrain.

Voici un bref résumé du début du livre, et c’est difficile d’en dire plus sans révéler des clés de l’intrigue qui rendent ce récit passionnant et surprenant !
Comme dans les autres romans de la série, le style est direct, dynamique… on ne s’ennuie pas une seconde. Mais il est beaucoup plus sombre que les précédent. Beaucoup d’action, mais aussi énormément de réflexion : plus politisé, et pas mal d’idée autour de  la notion de régimes oppresseurs… Pendant toute la lecture du roman, on se demande où sont vraiment les gentils et où sont les vrais méchants… Donc pas aussi manichéen que les deux premiers volumes en fait.
Et cette finaucune déception sur la manière dont est conclue l’histoire, même si elle laisse pas mal de pistes pour la réflexion personnelle 🙂

Bref, je suis enchantée par cette série, et plus particulièrement ce dernier volume… Franchement je le conseille à tous ceux qui ne sont pas rebutés par la littérature jeunesse, et ont envie de découvrir un best-seller du style SF dystopique ! Pour le coup, un coup de coeur pour l’ensemble de la série ! 😀

« Duma Key » de Stephen King (Etat de Floride)

Et je continue mon exploration des Etats-Unis avec le challenge « 50 états, 50 billets », avec un des derniers roman de Stephen King, Duma Key, paru en 2008… Et chose exceptionnelle pour cet auteur, l’histoire ne se passe pas dans le Maine, mais en Floride !

A peine arrivée dans la cinquantaine, Edgar Freemantle, chef d’une entreprise de construction de bâtiment dans le Minnesota, est victime d’un atroce accident : une grue tombe sur la voiture qu’il est en train de conduire. Il passe près de la mort, mais n’est plus que l’ombre de lui mêmeamputé du bras droit, le bassin fracturé, et le cerveau bien abîmé, lui occasionnant une perte partielle des fonction du langage… et de plus, il est envahit par un sentiment de colère qui le dévore tout entier…
Après un divorce avec sa compagne depuis 25 ans, Pam, et plusieurs mois de rééducation, il peut de nouveau parler et marcher. Et pour commencer une nouvelle vie, il choisi une petite île peu habitée sur la côté ouest de Floride, dans le Golfe du Mexique, au large de Sarasota : Duma Key !
Il loue une maison rose sur la plage, et se lance dans une activité inédite pour lui : l’art. Entre dessin et peinture, il se révèle particulièrement doué… Mais ses oeuvres surréalistes ont quelque chose de gênant, de bizarre… un truc qui fait peur.
C’est après sa rencontre avec la propriétaire de l’île, Elisabeth, et de son homme à tout faire et avocat, Wireman, qu’il va prendre toute la mesure de ce qui est en train de lui arriver au travers de son activité créatrice, et ce que ce don sous-entend

Par sa thématique, celle d’un homme « normal » qui devient un artiste, ce roman m’a assez emballé… On navigue entre son atelier et les galeries d’art, mais surtout, on ressent parfaitement ses impressions en tant que créateur : ses doutes, sa soif de faire, sa félicité, son incrédulité face à son succès… Le tout sur fond de Floride sauvage qui me fait un peu rêver… La dessus rien à dire, la toile de fond est plutôt bien réussie !
De plus, les aller retour entre le Duma Key des années 2000 et celui des années 1920, au travers le regard d’Elisabeth donne une touche sympathique à l’ouvrage.

En revanche le côté « fantastique » m’a moins plu… Premièrement parce que je trouve ce roman beaucoup trop long. Arrivée à la moitié, je me demandais comment il allait faire traîner en longueur son histoire : mauvais signe… et j’ai commencé à m’ennuyer ferme. De plus, l’univers « monstrueux » (on est dans un King, vous vous doutez bien qu’il va y avoir des créatures étranges à un moment) m’a semblé très peu crédible. Donc, bof

Bref, il faut plus voir ce livre comme un roman où King s’est fait plaisir, à parler d’un pays de Cocagne, qui bien entendu n’est pas si paradisiaque qu’il n’y parait (ça serait trop facile pour lui ;))… Et à nous raconter une histoire d’amitié entre 3 hommes : Edgar, Wireman et Jack.
C’est peut être une fois de plus une manière aussi d’exprimer sa douleur, ayant été victime d’un accident de la route en 1999, qui l’a laissé bien abîmé et bien affaibli… et qui l’a presque poussé à abandonner l’écriture. Au travers Edgar, il nous raconte avec un autre medium (la peinture pour Edgar, l’écriture pour lui), en quoi l’activité de création donne vie à un monde imaginaire, et permet de réinterpréter le monde, autant pour le regardeur que le faiseur. Bref, en quoi l’écriture est si importante pour lui !

Je suis donc assez mitigée concernant mon avis sur ce livre… je ne dirai pas qu’il est mauvais, mais franchement, je n’ai pas été emballée malgré les points positifs cités ci-dessus. Enfin vu l’accueil du public (un best-seller aux USA) et de la presse (prix Bram Stocker en 2008), tout le monde ne doit pas le trouver si mauvais par contre 😉

Cet article sur la Floride m’a apporté un peu de soleil dans le froid glacial et humide de notre « printemps » parisien ! Que d’image me viennent en tête quand je pense à la Floride : les palmiers, sable blanc, le parc des Everglades, les plages où se pressent des milliers de personnes pour bronzer, les agrumes, les fleurs multicolores, les grandes villes comme Miami… Et pour une fois, ces clichés de sont pas si faux 🙂

Je parle de Miami, mais celle-ci n’est pas la capitale de l’état : c’est Tallahassee, nom que je découvre avec cet article ! Côté chiffre, la Floride est le 4ème état le plus peuplé des Etats-Unis, mais aussi le 4ème par son économie.

La Floride est vraiment un état à part aux Etats-Unis : à cheval entre le Golfe du Mexique et l’Océan Atlantique, cette péninsule au sud est des USA bénéficie d’un climat assez exceptionnel. Quasi plate, la région est soumise aux aléas du climat marin et des courants du continent au nord.

Ainsi, la Floride bénéficie d’un climat subtropical et d’un temps ensoleillé, et humide, quasiment toute l’année : c’est l’endroit idéal pour partir en vacances en hiver ;). C’est bien pour cela qu’on le nomme « Sunshine State » !
En été, le temps est plus morose : pluies tropicales et ouragans, quand ça n’est pas un cyclone qui vient frôler ses côte… Et parfois de manière désastreuse, comme avec Katrina ou Cherley… En été, les orages sont quotidiens : la Floride est avec certaines zones d’Afrique l’endroit où il y a le plus d’orages au monde !

Outre sa situation au milieu des océans, la Floride jouit aussi d’une alimentation en eau douce naturelle : eau de pluie bien entendu, mais aussi source ! C’est l’endroit où il y a la plus grande concentration de source au monde ! On comprend donc aisément la présence de marais, particulièrement au sud de l’état, et la végétation luxuriante sur la totalité de celui-ci !
La flore et la faune bénéficie de tout cela, ce qui explique la variété de l’un comme de l’autre : mangrove, forêts, marais, zones herbeuses… mais aussi plage et océan, et îles au sud (les Keys… dont Duma Keys ne fait pas parti, étant à l’ouest de la péninsule, près de la côte de Sarasota). C’est le royaume rêvé des insectes (et des moustiques au printemps…. Brrrr !), mais aussi des oiseaux (pélicans, hérons… qu’on « aperçoit » dans le roman), et de grands mammifères (puma, cerfs, lamantins…)… mais aussi  de reptiles et amphibiens, et plus particulièrement du symbole de la Floride : l’alligator !

Cette luxuriance et ce climat est bien sur bénéfique aux activités humaine ! Il n’y a pas que le tourisme qui profite de ce cadre paradisiaque, mais aussi les agriculteurs.
L’agriculture est un secteur dynamique, de grande propriétés permettent de produire des fruits et légumes (dont le fameux pamplemousse, et les oranges), de la canne à sucre, mais aussi des plantes destinés au marché de l’horticulture. L’aspect maritime n’est pas négligé non plus : ferme aquacoles, pêche, …
Tout cela laisse toute de même un petit peu de place à l’industrie et l’extraction de minerais, mais aussi la production d’énergie (nucléaire, solaire).
En Floride, on trouve la fameuse aire de lancement de Cap Canaveral d’où sont lancées les navettes spatiales américaines.

Comme je l’évoquais plus haut, le tourisme en Floride est une affaire qui marche… et pas qu’un peu ! 86 millions de visiteurs ont été attiré par cette région en 2006, et ses diverses attraction et centres d’intérêts : centre spatial, parc Disney d’Orlando, mais aussi des dizaines d’autres parcs à thèmes, parc nationaux tels les Everglades, zoos, hôtels, restaurants…
La dessus il faut rajouter le business du 3ème âge (et plus) : maisons de retraite et cité dédiées (retirement communities), secteur de la santé, … Il n’y a pas a douté sur le dynamisme du secteur tertiaire en Floride !

Je vais passer rapidement sur son histoire, étant plus ou moins la même que ses voisines sudistes (Alabama, Géorgie, Louisiane…) : convoitée par la France, l’Espagne, les Anglais, elle passera d’une main à l’autre du 16ème siècle jusqu’en 1847 où elle devient le 27ème état des Etats-Unis d’Amérique. Durant la guerre de Sécession, elle rejoindra en toute logique les états Confédérés : sa population est l’une des moins élevé des USA en 1865, et est composée à 44% d’esclaves…
Plusieurs années plus tard, au début 20ème siècle, la ségrégation sera très forte dans cet état : crise de 29, maladie du coton, et racisme ambiant… tout cela va motiver une grande partie des Noirs à partir de Floride pour les grandes villes du nord des USA.
La lutte pour les droits civiques aura encore plus d’écho en Floride qu’ailleurs : attaque du Ku Klux Klan contre les Noirs, conservatisme des populations blanches, ségrégation dans les écoles, bus, plages… au détriment de la loi américaine. Mêmes durant les années 80, des émeutes raciales vont avoir lieu à Miami.

Aujourd’hui, la Floride est habité par une forte majorité de Blancs, mais a une proportion non négligeable d’Hispaniques, majoritairement d’origine cubaine (20%) et de Noirs (18%)…
Et grâce à cela, un joli melting pot de culture musicale, de cuisine

La Floride est pour moi une destination vacance de rêve, surtout pour les Everglades, les Keys,  mais aussi Orlando est ses parcs à thème. Bon, en revanche, Miami, qui craint pas mal d’après les quelques personnes que je connais qui y sont allé, je m’en passerait…
Enfin rien que de penser à la Floride, je me dis que j’ai vraiment besoin de vacance et de soleil 😀

« Tuer le père » d’Amélie Nothomb (Etat du Nevada)

Même si j’avais dit que je n’y reviendrais pas de si tôt, je n’ai pas pu m’empêcher de lire cet après-midi Tuer le père d’Amélie Nothomb. Motivée par le challenge « 50 états, 50 billets », j’ai avalé ce roman qui se passe quasi-exclusivement dans le Nevada !

Joe est chassé à 14 ans de chez sa mère et n’a pas de père. Il se retrouve à exercé dans les bar et hôtel de Reno ce pourquoi il a toujours été doué : des tours de magie. Repéré par un connaisseur, il est envoyé apprendre tout son art chez Norman, et son épouse Christina, qui le considèrent rapidement tous les deux comme leur fils. A 15 ans, Joe a trouvé une place au sein d’une nouvelle famille, et en plus apprend son métier avec assiduité et succès !
Mais il tombe rapidement amoureux de Christina, et échafaude un plan pour pouvoir enfin consommer cet amour impossible…

On est face une fois de plus à un schéma classique chez Nothomb : un triangle amoureux, une relation biaisée, une situation étrange qui le devient de plus en plus…
La référence freudienne est rapidement évidente (outre le titre…) : en tant que fils, Joe veut coucher avec sa mère de substitution Christina (au sens propre ici)… et par conséquent, « tuer » son père Norman. On devine rapidement que le destin du couple Christina /  Norman est scellé dès l’arrivé du jeune homme chez eux ! La paternité voue Norman à un amour indestructible envers Joe, qui lui permet de tout accepter, de tout pardonner, de tout donner sans arrière pensée… Jusqu’à son apogée ! Un voyage initiatique pour Joe autant que pour Norman.

Un roman d’Amélie Nothomb classique certes, mais que j’ai pris plaisir à lire… surtout qu’il est assez court 😉

Le Nevada et ses paysages désertiques font rêver autant que les lumières de Las Vegas ! Si cette dernière est la ville la plus peuplée de l’état, c’est Carlson City qui en est la capitale…
Elle doit son climat aride à la grande chaîne de montagne à l’ouest : la Sierra Nevada, qui crée dans cette région une enclave qui reçoit peu de précipitations, et qui se trouve à une altitude assez élevé (entre 1000 et plus de 4000m).

Malgré une densité de population faible à part dans les grandes villes, le Nevada voit sa démographie exploser : proche de la Californie et situé dans la Sun Belt , elle attire beaucoup d’immigrants… Blancs, hispaniques, noirs, asiatiques… un joyeux melting-pot ! Cela permet à l’état d’être assez riche par rapport aux autres états des USA : en pleine expansion, la consommation et la construction ont le vent en poupe !
Comme on peut le deviner, peu d’agriculture à cause du manque d’eau, mais beaucoup de ressources en minerais… assez peu exploité. C’est réellement les secteur tertiaire qui font vivre ses 2,7 millions d’habitants, avec le tourisme et les loisirs comme fers de lances.

Quelques bases militaires y sont implantées, dont la célèbre Zone 51, près de Roswell, connu pour son folklore autour des extra-terrestres et OVNIs !
C’est aussi dans les déserts du Nevada qu’on été réalisés toute une série d’essais nucléaires dans les années 50.

L’action se déroule à Reno, au festival de Burning Man à Black Rock City, et Las Vegas… 3 références au Nevada et à ses lieux de perdition !
Si Reno est une ville où les casinos fleurissent, la ville peut paraître ridicule face à la ville de tous les pêchés : Las Vegas. Argent, alcool, sexe, excès en tous genres… Pour y avoir passé deux jours en vacances, c’est globalement ce qui saute au yeux dès qu’on met le nez dehors. Les casinos, le jeu, le plaisir s’affichent sur le Strip ou dans Downtown… De nombreux films et séries TV nous ont appris à reconnaître les célèbres casinos comme le Bellagio, le Caesar Palace, le Flamingo, le Treasure Island… En revanche le tableau est un peu moins réjouissant à l’arrière du décors, à quelques rues de là : misère, terrains vagues, pollution… Une ville à prendre pour ce quelle est : un grand parc d’attraction pour adultes ! Le symbole du rêve américain, comme l’a soupçonné Hunter S. Thompson dans Las Vegas Parano.
Burning Man est aussi un lieu de fête, mais d’un autre genre : artistes, hippies, fêtards de l’extrême… C’est plutôt les psychotropes et hallucinogènes qui se font la part belle dans ce rassemblement qui dure une semaine, et réuni dans une ville éphémère plus de 50000 personnes, où tout engin motorisé est prohibé.

Un état qui me plait par ses ambiances diamétralement opposées : le désert et le bourdonnement de la ville !

« L’étoile » d’Arthur C. Clarke

Voici le dernier livre de la série « les chefs d’œuvres de la SF prêté par mon beau-frère ». La couverture ultra vintage qui fleure bon les années 70 m’a un peu fait peur sur le coup, mais il s’agit en fait de bonne SF classique, et non des fantastiques aventures de Xena la guerrière dans l’espace 😀

Petit aparté pour dire que les artistes comme Boris Vallejo (à qui on doit cette illustration), Luis Royo,  Frank Frazetta… donnaient un petit côté sexy ultra décalé aux roman qu’ils illustraient, mais les rendaient en même temps si attrayants ! Il a autant à imaginer en les regardant qu’en lisant le livre 🙂
Force est de constater que la mode des illustrations des couvertures de roman est moins dans le narratif maintenant, leur esthétique est digne des préceptes du Bauhaus dorénavant… enfin bref, passons…

Il s’agit d’un recueil de nouvelles, dont les intrigues tournent essentiellement autour de l’espace, des voyages spatiaux, les extra-terrestres, les voyages dans le temps, la colonisation de planètes… Et comme souvent avec Arthur C. Clarke, on s’aperçoit qu’il a posé les bases de la SF, avec des thématiques qui peuvent sembler classiques mais qui fonctionne diablement bien !
Ce recueil édité initialement en 1958, mais il contient des textes écrits pendant toutes les années 50. Donc bien avant le premier pas de l’homme sur la Lune, ce qui donne à ces nouvelles une dimension un peu prophétique : il touche du doigt certaines technologies qui seront utilisées bien des années plus tard (comme les capsules habitées, les stations lunaires, bases spatiales et satellites permettant d’élargir les communications sur Terre…), tout en rêvant aux possibilités offertes par celle-ci.
Il s’interroge aussi sur ce que ces découvertes impliquent dans la vie de l’homme : changement de la structure de la société, religion, notion d’héritage, amour…

L‘écriture est fluide, simple, mais très riche de détails, et éveil l’imaginaire ! De plus C. Clarke à un réel sens de la chute, ce qui fait que le format de la nouvelle colle complètement aux différentes histoires ! Et cerise sur le gâteau, je découvre ici un auteur de SF qui a un vrai sens de l’humour, qui verse plutôt dans l’ironie, mais qui fait parfois sourire… C’est assez rare dans ce domaine pour être souligné 😉

Une lecture que j’ai bien apprécié, le format est parfait, rapide et facile à lire… Donc je le conseille ! En revanche il n’est plus édité : marché de l’occasion et bouquiniste seront de mise pour le découvrir !

« Le lièvre de Patagonie » de Claude Lanzmann

C’est assez rare que j’abandonne une lecture… En générale quand un livre m’ennuie je me force, je m’accroche en me disant que c’est un petit calvaire d’une journée ou deux pour le finir en diagonale ! En lecture comme en cuisine, j’aime goûter et tout et finir mon assiette 🙂

Mais pour cette autobiographie de 756 pages, il a fallu que je choisisse entre mon orgueil de lectrice « qui fini tout ses livres » et mon amour de la lecture en général… Un livre qui vous ennui à de quoi vous dégoûter d’ouvrir un livre pendant des mois. En butant sur la 536ème page début décembre, je l’ai refermé, et ouvert beaucoup d’autres romans depuis. Et je n’ai pas du tout eu envie de me remettre dessus, même si j’étais aux trois quart de la délivrance : je déclare donc Le lièvre de Patagonie comme lecture abandonnée !

Claude Lanzmann, né en 1925, nous livre ici son autobiographie. Les plus cultivé (dont je ne faisais pas parti) sauront qu’il est le réalisateur du célèbre film Shoah, sorti en 1985.
Il faut avouer que sa vie lui permet de remplir allègrement les pages de ces mémoires ! Entre la Résistance pendant la Seconde Guerre Mondiale, sa jeunesse auprès de grands auteurs comme Sartre, Michel Tournier, compagnon de longues années de Simone de Beauvoir, son métier de journaliste durant une période très sensible au niveau du climat international (guerre d’Algérie, Corée du Nord qui se referme…)…

Alors peut être ne-suis je pas vraiment férue d’histoire contemporaine… j’avoue que ça n’est pas vraiment ma période favorite. En même temps c’est très bien, j’ai appris pas mal de petites choses en lisant ces lignes.
La vie des grands auteurs en mode intime, c’est sympa aussi, ça humanise les personnages.
La question juives, que ce soit durant la période de déportation ou la création d’Israel est traité avec des pincettes, sans pathos particulier ou prise de position trop marquée (ça change).
En revanche je n’ai pas du tout adhéré au climat de justification du livre, qui apparaît par ici et par là. A priori quelques auteurs ou journalistes ont dénigré des comportements ou propos de Lanzmann, et il s’en explique ici. Bon, je n’ai rien contre les règlements de comptes, mais vu que je me tape un peu de cette affaire à la base… Au passage il tacle un ou deux gars qui n’ont pas eu un comportement très propres pendant la guerre ou après.
Et puis le côté forcément nombriliste de l’autobiographie (j’ai fais ci, j’ai fait ça, et en plus je suis très doué), ça m’a vite gonflé… je me demande si je suis vraiment faite pour ce genre littéraire.

Bon, pour résumer je me suis ennuyée, j’ai lâché le bouquin, et je l’ai bien vite oublié
Dommage c’était un cadeau, je me demande ce que je vais pouvoir raconté à la personne qui me l’a offert 😀

« Profondeurs glacées » de William Wilkie Collins

Vu la météo dehors, en ce neigeux dimanche de février, j’ai eu envie de me plonger dans une histoire courte et se tenant dans un univers glacial… J’aime bien contextualiser mes lecture 😀
Il y a quelques mois, je me suis achetée un livre de William Wilkie Collins, auteur anglais du XIXème siècle, dont on entend beaucoup parler sur les forums littéraires, mais qui semble assez méconnu en France.

J’ai été intrigué par ce livre car il se base sur une histoire vraie qui m’a intéressée à ce moment là : l’expédition Franklin.
Cette expédition débuté en 1845 et commandée par le capitaine anglais John Franklin, avait pour objectif de découvrir un passage Est – Ouest au Nord du continent américain, afin de rejoindre l’océan Pacifique par de nouvelles voies : celle de l’océan Arctique. 128 hommes embarquent sur deux navires de la Royal Navy, le HMS Erebus et le HSM Terror… on ne devra plus jamais les revoir vivants ! Un mystère plane toujours autour de la disparition des vaisseaux et de l’équipage, même si de nombreuses missions de recherche envoyées depuis 1848 jusqu’à nos jours ont fini par retracer le court des évènements : pris dans les glaces, les bateaux ont été coincés au nord du Canada, loin de toute terres habitées. Une parti des hommes sont morts au campement, de froid et de faim, et ceux qui ont essayé de prendre la route pour retrouver la civilisation sont tous décédés et disparus les uns après les autres. Détails sordides, les marins seraient devenus cannibales pour survivre…
Si cette histoire vous intéresse, la Wikipédia a un article assez fourni sur le sujet !

Dans cette version de Wilkie Collins, on se focalise plus sur un groupe de personnages inventés que sur la réalité des faits.
Dans les années 1840, deux bateaux de l’armé anglaise doivent partir en expédition pour découvrir le fameux passage Est-Ouest : le Wanderer et le Sea-Mew.
Clara Burnham vit un véritable dilemme au bal donné la veille du départ de l’expédition : un officier, Richard Wardour, épris d’elle depuis des années, revient d’une expédition en Afrique, et veut demander sa main, alors qu’elle ne l’aime pas… Elle est amoureuse d’un jeune officier, Frank Aldersley, qui doit monter sur un des navire le lendemain, et à qui elle s’est promise. En apprenant qu’elle se refuse à lui sans qu’elle lui dise pour quoi et pour qui, Richard Wardour voit rouge, et promet de découvrir qui est celui qui lui a volé son amour, afin de lui faire payer de sa vie !
Le jour du départ vers le grand Nord, les hommes appareillent… mais une recrue de dernière minute insiste pour prendre part au voyage : Richard Wardour, dépité et le coeur brisé, souhaite reprendre la mer pour oublier son amour perdu…
Dans l’esprit de Clara, dotée d’un don de « seconde vue » qui lui permet de voir l’avenir, tout est clair : Richard va finir par découvrir qu’elle est fiancée à Frank et va essayer de le tuer !

Donc, Wilkie Collins, contemporain de l’expédition Franklin, se base sur cette histoire pour nous livrer une version des faits… assez édulcoré, même si ce récit devait faire frissonner dans les chaumières ! Il est considéré par certain avec ce court roman comme un des père fondateur du roman noir ! Il faut avouer que tous les éléments sont réunis pour créer une certaine tension : une rivalité amoureuse, des hasard malheureux, un drame humain qui pousse tous les protagonistes dans leurs retranchements, un peu de surnaturel… Ici l’accident vécu par l’équipage est présenté comme une trame de fond originale pour cette histoire de vengeance. Dans un milieu aussi extrême, comment Richard va découvrir que Frank est son rival, et comment va t-il le tuer ?

A noter que la première version de Profondeurs glacé a été écrite à 4 mains avec Charles Dickens en 1856, pour devenir une pièce de théatre qui a connu son petit succès… Plusieurs années plus tard, en 1866, alors que Wilkie Collins a pris des distances avec Dickens, il remanie l’histoire et en fait une nouvelle, qui garde tout de même des consonances stylistiques de la pièce originale (didascalies, rythme des dialogues, découpe des chapitres…).

Une nouvelle pas désagréable à lire… Assez courte, on ne tourne pas en rond. Plus long, je pense que cette histoire d’amour et les craintes de Clara m’auraient un peu ennuyées… Là ou je suis un peu déçue, c’est que je m’attendais a ce que l’auteur se concentre plus sur la manière dont l’accident des bateaux c’est produit, le ressenti des marins et des officiers, les détails moins ragoutants aussi : la fin, le froid, la maladie…  De plus la fin très happy-end pleine de moralité est assez déroutante… On en peut pas se tromper, on n’est pas dans un roman noir moderne 😀

Enfin maintenant que j’ai goûté à la version « classique » de l’expédition Franklin, je suis prête pour lire la version « contemporaine », avec Terreur de Dan Simmons !

« Les Rois Maudits, tomes 1 à 3 » de Maurice Druon

Après mon coup de coeur pour Les piliers de la Terre de Ken Follett, j’ai fait découvrir l’ouvrage à mon copain qui a adoré, mais avait regretté le caractère de fiction de l’histoire… Sur les conseils de Petite Fleur, je lui ai offert ce premier gros volumes de la célèbre série de Maurice Druon, Les Rois Maudits, qui malgré le caractère romancé du récit nous en apprend beaucoup sur l‘Histoire de notre pays !
A noter que l’édition de Plon, ici présentée, contient les 3 premiers tomes de la série : Le Roi de Fer (1955), La Reine Etranglée (1955), Les poisons de la Couronne (1956).

Je me suis donc plongée dans l’aventure pour clore (en mode turbo pour le finir avant le 31 décembre) mon second contrat du Challenge Petit BAC 2011, catégorie métier…  Roi, c’est un métier comme un autre, non ? Et à lire cette série, il n’est pas forcément des plus reposants

Depuis le règne de Philippe le Bel jusqu’à Louis le Hutin, on suit une foule de personnages historiques : le roi Philippe le Bel lui même, les épouses des Princes, Guccio Baglioni le Lombard, Robert d’Artois, la future Reine Clémence de Hongrie… à travers leurs regards se dessine la trame de l’Histoire de France.
Tout commence avec le jugement et la condamnation à mort des Templiers, et plus particulièrement de leur maître Jacques de Molay, qui sur le bûcher promet la mort à ses bourreaux : le roi Philippe le Bel, son garde des Sceaux et le Pape, et les maudits sur 13 générations… Sur 3 tomes déjà, on peut bien croire que ces mots ont résonné  aux oreilles d’un dieu ou d’un diable, car la honte, la maladie, la mort, l’infamie, la trahison… n’auront de cesse de tourmenter la famille royale et ceux qui sont proches du pouvoir !

Rien que pour sa qualité historique, le livre vaut le détour, car on ne sort de la lecture que plus instruit. Et pour ne rien gâcher, le style est simple et agréable, malgré l’utilisation d’expression ou terme hérités du XIVème siècle ! Je me suis même surprise à m’exclamer des « Holàlà » ou à rire devant certains passage… L’Histoire décrite et romancé par Druon à de quoi réconcilier avec la matière 😉
Pour le coup je m’amuse à aller voir au fur et à mesure des chapitres les portraits d’époque des différents protagonistes sur Google Image, et je me renseigne un peu sur la Wikipédia et d’autres sites d’Histoire sur les faits de l’époque (en essayant de ne pas en apprendre trop pour ne pas dévoiler la suite de l’intrigue, que j’ignore, car pour mon plus grand bonheur aujourd’hui, je suis une buse en histoire médiévale ^^).

Bref, une belle lecture, que je vais continuer, car il y a encore 2 tomes dans cette collection… et j’aimerai bien savoir à quelle sauce seront mangés les descendants de Philippe le Bel :p