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Nouvelles choisies de Nathaniel Hawthorne et d’Edgar Allan Poe

Hawthorne en haut et Poe en bas
Hawthorne (en haut) et Poe (en bas)

Suite de mes cours de littérature Fantasy et SF avec Coursera… Cette semaine il a fallut nous attaquer à quelques nouvelles et poèmes de ces deux écrivains américains du milieu du 19ème siècle : Nathaniel Hawthorne et d’Edgar Allan Poe.
Hawthorne est très connu pour un roman en particulier : La lettre écarlate. Poe, il n’y a plus besoin de le présenter, tant il a accédé à la notoriété grâce aux traductions de ses œuvres par notre très estimé Charles Baudelaire. D’ailleurs en relisant ces nouvelles (que j’avais dévoré il y a une quinzaine d’année) je dois avouer que l’univers de Baudelaire et de Poe m’ont semblé vraiment proches…

Les nouvelles d’Hawthorne que j’ai lu tournent beaucoup autour de l’idée de la science utilisée à mauvais escient, et de l’obsession des hommes pour leurs passion. Les effets se retournent souvent contre leurs créateurs ou leurs proches… Dans The Birthmark un scientifique veut absolument retirer un névus sur la joue de sa jolie femme, ce qui va bien entendu avoir des conséquences désastreuses… La jeune femme de Rappaccini’s Daughter vit au milieu des plantes toxiques de la serre paternelle depuis sa naissance et est devenu elle même une créature mortelle pour qui l’approche. Peut être moins dramatiques, Dr. Heiddegger’s Experiment raconte ce qui se passerait si un groupe de vieillards usaient et abusaient d’eau tirée de la Fontaine de Jouvence, et The Artist of the Beautiful étudie les déboire d’un créateur. C’est d’ailleurs sur ce dernier texte que j’ai décidé de rédiger mon essai… Wait and see pour les résultats 😉

Pour Poe, j’ai redécouvert mes classiques : La chute de la maison Usher, Le coeur révélateur, Le chat noir, Le portrait ovale, La vérité sur le cas de M. Valdemar, Le corbeau… Atmosphère sombre, tension palpable… c’est toujours un plaisir de lire du Poe ! Mais ce qui m’a surtout plu, c’est de découvrir deux de ces poèmes dans leur version originale : The Bell et Annabel Lee. Je ne suis vraiment pas une fervente lectrice de poésie, mais j’ai vraiment apprécié la lecture de ces deux là… Les sonorité de la langue anglaise me rappellent peut être des chansons pop 😉

De bonnes lecture de grands classique une fois de plus… même si je dois avouer que je ne connaissais pas Hawthorne avant cette session (même si je connaissais La lettre écarlate). Comme quoi, il n’est jamais trop tard pour se cultiver 😉

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« Au prix du papyrus » d’Isaac Asimov

Au prix du papyrusLe gros avantage du challenge ABC, c’est de pouvoir écrémer ma PAL spéciale SF que je n’aurai peut être pas avancé sans cela.
Typiquement ce recueil de nouvelles de 1985 d’Asimov, Au prix du papyrus, aurait pu rester des années dans ma liste de livres à lire… ce qui aurait été dommage car ces histoires ne sont pas désagréables à lire !
On y retrouve des nouvelles tournant autour de différents thèmes… loin de l’Egypte Antique contrairement à ce qu’on pourrait le croire à la vue de la couverture ou à la lecture du titre !

Chaque nouvelle est préfacée par Asimov lui même, ce qui nous permet de savoir ce qu’il pense de son récit, dans quelle condition il l’a rédigé… un éclairage intéressant sur le travail d’écrivain du pape de la science-fiction !

Les nouvelles, neuf en tout, sont organisées dans le livre par ordre alphabétique, ce qui n’est pas plus bête finalement !                      

Au prix du papyrus donne son nom au livre, car il s’agit de la première nouvelle du recueil… si ce n’est pas la plus intéressante, ce très court texte donne le ton avec son humour, et fait un peu office de blague sur l’origine de la Bible !
Je retiens particulièrement Bon goût qui tourne autour de la création de nourriture artificielle sur des planète lointaine, et dont la thématique entre « Top chef » et les phobies alimentaires de société ultra-civilisées m’a assez intéressée.
Crédible est un récit que j’ai apprécié aussi, où un homme s’aperçoit qu’il flotte dans les airs… Loin de trouver cela fantastique, il hésite entre la peur et la volonté de savoir ce qu’il lui arrive. Comment va réagir son entourage ? Est-il fou,  ou est ce les autres qui le deviennent ?
Autre nouvelle où la folie peut pointer le bout de son nez : Les idées ont la vie dure. On découvre comment deux hommes envoyés en mission spatiale autour de la Lune vont sombrer dans la paranoïa… Le texte prend plus d’ampleur encore quand on sait qu’il a été écrit avant le lancement des premiers satellites et fusées lunaires… et avant les premières théories du complot autour des images de la NASA !

Un livre très sympa, qui se lit bien du fait du format de nouvelles… Si ça n’est pas le meilleurs d’Asimov selon moi, j’ai passé un bon moment tout de même !

challenge ABC

« Histoires parapsychiques » – Collectif

Histoires parapsychiquesEn attendant le début des challenge de 2013, je passe le temps avec des petites histoires, pour de ne pas m’embarquer dans une saga ou un roman énorme.
Quoi de mieux qu’un recueil de nouvelles de SF alors ? 🙂
Je me suis plongée dans Histoires parapsychiques, sorti en 1983, qui regroupe une dizaine  de nouvelles d’auteurs de SF plus ou moins connus (ou du moins, que je connais plus ou moins moi même). Il fait partie de la grande série de La Grande Anthologie de la science-fiction éditée dans les années 70-80. On retrouve donc un bon nombre d’auteurs de l’Age d’or de la SF !
Le fil conducteur entre ces nouvelles, c’est le parapsychisme… les pouvoirs qui vont au-delà de la connaissance du cerveau humain, comme la télékynésie, la télépathie… Ces « compétences » étaient considérés comme des sciences à part entière à la fin du 19ème, et souvent objet d’étude au 20ème siècle. Bref, on est bien dans le domaine de la science-fiction, et pas uniquement du fantastique.

Petit tour des différents récits du recueil :

  • Sandy et son tigre d’Alex Apostolides est une nouvelle qui pose cette question : est-ce que les enfants n’auraient-pas des pouvoir parapsychiques qu’il perdent en grandissant, comme celui de créer et voir des amis dit « imaginaires », mais qui en fait ont une certaine réalité ? Un texte très sympa à lire, et qui finalement reste bien à l’esprit.
  • L’univers est à eux de Fritz Lieber nous présente le monde vu au travers les yeux d’un chaton : la famille humaine qui l’ont adopté, les autres chats du foyers, les objets de tous les jours… Mais ce chaton est spécial : il est persuadé d’être un être humain en devenir ! Voici une nouvelle assez étrange, mais fascinante… Je l’ai beaucoup aimée ! Les chats sont définitivement une source d’inspiration mystique pour beaucoup d’auteurs !
  •  Ylla de Ray Bradbury, que j’avais déjà lu dans ses Chroniques martiennes il y a quelques années. Dans un couple de martiens bien installé, l’épouse commence à avoir des visions d’une fusée terrienne atterrissant sur Mars, et d’homme en combinaisons blanches venir se présenter à elle… Une prémonition ou juste un rêve ? Une histoire poétique et émouvante… comme souvent avec Bradbury.
  • Dans Le dernier homme seul de John Brunner, une technologie révolutionnaire à permis à l’homme de devenir immortel, en copiant ses souvenirs et son être dans le cerveau d’un autre… le Contact. Mais ce don qui permet de braver la mort a malheureusement une facette inattendue. Un schéma assez classique de récit, mais qui reste très efficace !
  • J’ai retrouvé avec délice Richard Matheson (Je suis une légende, L’Homme qui rétrécit, Le jeune homme, la mort et le temps…) dans La fille de mes rêves, cynique et cruel à souhait. Un homme utilise les dons de rêves prémonitoires de sa femme pour extorquer de l’argent aux gens dont elles rêves, grâce à une information qu’elle possède alors : le lieu, la date et la manière dont ils mourront…
  • Rêves sous contrôle de Bernard Wolfe traite de la télépathie entre dormeurs, via leurs rêves… On nage ici en plein surréalisme et croisement oniriques. Le texte est très bizarre et difficile à suivre par moment (je me serai crue dans les dernières scènes du roman de Hesse, Le loup des steppes), je dois avouer que j’ai moyennement accroché…
  • L’Âme sœur de Lee Sutton évoque de quelle manière un homme assez psychorigide pourrait vivre de fait de rencontrer et absorber les pensée de son « âme soeur » exubérante, contre son gré. Si l’idée est intéressante, je n’ai pas trop accroché à cette nouvelle non plus.
  • Dans le monde post-apocalyptique de Margaret Saint-Clair, dans Le temps des prophètes, l’homme vit dans la peur de la science qui lui doit son déclin, et suit des prophètes, leader doué de « pouvoirs » réels ou factice. On suit ici Benjamin, prophète en herbe aux dons de super vision et super ouïe… Un univers intéressant, qui m’a rappelé le tout frais dans ma tête A comme Alone ! Très sympa donc !
  • Un enfant pleure de John J. MacDonald nous présente une nouvelle génération d’humain, sous les traits d’un enfant doué de dons et d’intelligence hors du commun… dont celui de prédire l’avenir grâce à des calculs et hypothèses qui ne sont pas sans rappeler la psychohistoire du Cycle de Fondation d’Asimov.
  • L’Homme qui n’avait jamais existé de R.A. Lafferty se déroule dans une petite ville de la campagne américaine, où dans une communauté de fermier l’un d’eux à le don de rendre n’importe lequel de ses boniments réel. Un cadre atypique qui m’a bien plu pour un pouvoir parapsychique tel que le sien… et gare à la chute !
  • La sangsue de Robert Silverberg est assez classique dans sa construction, mais reste très agréable à lire : un homme possédant un don d’empathie hors du commun arrive dans une banlieue résidentielle… peu à peu, il fait office de confident à toute la communauté. Mais pour quoi ?
  • La courte nouvelle de Cliford D. Simak, Promenons-nous dans les rues, présente les pouvoir de guérison d’un individu lambda, mis au service, un peu de force, du gouvernement… Mais une fois n’est pas coutume, chaque don à une contrepartie…
  • Neuf vies d’Ursula K. Le Guin traite dans un contexte d’exploration spatiale de la problématique bien connue de la gémellité  via un groupe de 10 clones… Outre la communication parapsychique, l’autarcie sociale de ce groupe est ici mise en concurrence face à l’amitié entre deux autres explorateurs.
  • Superstition de Poul Anderson mélange science-fictions, voyage spatiaux, sorcellerie et religions… Un univers où les tabous et les superstitions sont les fondement même de la société, alors que les nouvelles technologies et sciences permettent à l’homme d’aller encore plus loin qu’aujourd’hui. Une réflexion intéressante sur l’équilibre intellectuel et spirituel !
  • À malin, malin et demi de John Novotny est une courte histoire un brin coquine, où un homme découvre son pouvoir magique et espère bien en user et abuser pour séduire celle qu’il convoite. Pas très fin mais amusant 😉
  • Situation inhabituelle à Summit City de R.A. Lafferty n’est pas vraiment une nouvelle que je retiendrai, même si son postulat peut s’avérer intéressant : l’homme communique déjà par télépathie… et lui retirer ce pouvoir plongerai l’humanité dans le chaos.

Ce recueil est dirigé par Demètre Ioakimidis, antologiste de SF, qui à donc préfacé le livre ainsi que chacune des nouvelles. Il apporte un éclairage érudit et très riche sur les différents textes… c’est d’ailleurs un peu pointu pour moi parfois !

Un livre intéressant, qui permet d’approfondir ses classiques, et que j’ai apprécié globalement malgré quelques nouvelles qui m’ont moins plu. Comme quoi, les vieilles histoires de SF ont encore de quoi faire rêver 🙂

« 7 nouvelles » de Mark Twain

Je me suis plongée dans ce très court recueil de nouvelles (45 pages !) histoire de passer un peu le temps, et découvrir un peu mieux Mark Twain, après ma lecture de son célèbre roman Les aventures d’Huckleberry Finn.
Paru en 1907, ces 7 nouvelles font parti initialement du recueil  Plus fort que Sherlock Holmes, qui comprenait en fait ces 7 récits, plus justement la nouvelle Plus fort que Sherlock Holmes, beaucoup plus longue que les autres.

7 nouvelles, courtes, racontées sur le mode de la confession, et qui donne une petite idée de ce qu’était les Etats-Unis à la fin du 19ème siècle ! Entre la Nouvelle-Angleterre, la Californie, l’Indiana… on voyage 🙂
Le style est simple mais efficace : Mark Twain est un vrai conteur, qui sait rendre intéressante des histoires relativement banales. J’aime aussi la manière dont rajoute des petites pointes d’humours pour rendre le récit encore plus réaliste.

 Cannibalisme en voyage est une anecdote raconté par un vieil homme, où les voyageurs d’un train coincé en pleine neige dans les plaines des Etats-Unis débattent pour élire celui qu’ils mangeront pour survivre… une parodie du système démocratique assez amusante et surréaliste.

– L’homme au message pour le directeur général est une discussion entre deux hommes à propos de courriers envoyés à qui de droit pour promouvoir des souliers militaires révolutionnaires, se perdant dans les méandres de l’administration, et prouvant l’ineptie de celle-ci… Elle est mise en parallèle avec un conte sur le même thème où deux jeunes garçons tentent de sauver l’Empereur d’une maladie en lui proposant un remède très simple, mais que ses médecins ignorent intentionnellement. Un bel exemple de communication bottom-up finalement !

– C’est un hommage aux oiseaux et à la nature qu’on retrouve dans Les geais bleusoù l’auteur humanise l’animal et rend truculentes les aventures d’un geai bleu essayant de remplir de glands un trou bien trop gros pour lui…

– Comment j’ai tué un ours raconte une séance de cueillette de mûres qui tourne au tête à tête avec un ours dans les montagnes… De quoi décourager plus d’un gourmand !

– On retrouve le fameux Tom Sawyer dans la nouvelle Un chien à l’église, qui pour tromper son ennui pendant le sermon du pasteur durant la messe joue avec un scarabée, qui va vite intriguer un caniche. Une nouvelle pas très palpitant… Mais il faut dire que les facéties de Tom Sawyer ne m’ont jamais beaucoup amusée.

– Une victime de l’hospitalité narre de manière assez amusante l’expérience d’un hôte et de son invité, qu’il fait trimer dans la maison contrairement à l’usage, et s’en amuse beaucoup. De quoi décourager son ami pour la prochaine fois !

– Les droits de la femme est un pamphlet anti-féministe… sans vraiment d’intérêt si ce n’est nous éclairer sur les mentalités de l’époque.

Bref, une série de nouvelles qui se veulent amusantes… On passe un bon moment à les lire, elles passent le temps, sans plus. En même temps, c’est déjà pas mal 😉

« La rivière du sixième jour » de Norman Maclean (Etat du Montana)

On reste dans le nord des Etats-Unis pour découvrir ce nouvel état pour le challenge « 50 états, 50 billets », le Montana, via la nouvelle de 1976 de Norman MacleanLa rivière du sixième jour. C’est de cette histoire semi-autobiographique qu’est tirée le film Et au milieu coule une rivière, réalisé par Robert Redford.

Norman est le fils aîné de la famille Maclean, dont le père est pasteur dans le Montana. Lui et son petit frère Paul sont très vite initiés à la pêche à la mouche par leur père, qui élève cette activité au rang d’art.
Devenu adultes, dans les années 1930, Norman et Paul sont toujours passionnés par la pêche dans les rivières de leur enfance comme la Big Blackfoot, même si Paul est un pêcheur d’un autre acabit que son frère.
Nous suivons les dernières journées de pêche que les deux frères vont passer ensemble, rares moment où la vie les réunis, entre compétition, amour de la nature, mais aussi problèmes familiaux et leur relation fraternelle…

Le résumé du livre ne m’avait pas du tout emballé : un livre axé sur les relations humaine et la pêche à la mouche… C’est bien parce que cette nouvelle était courte, et avait donné le jour à un film à succès (que je n’ai pas vu) que je me suis décidée à le lire.
Et bien je n’ai pas du tout été déçue de revoir mes à priori !

Raconté à la première personne par Norman, cette fiction sent immédiatement le vécu : les sensations et impressions ne peuvent qu’avoir été rédigée par quelqu’un sui connait réellement la pêche en rivière, le Montana, et qui a vécu des relations pareilles avec sa famille. D’ailleurs vers la fin de la nouvelle, le personnage du père invite son fils à écrire des fictions pour mieux comprendre la réalité qui l’entoure…
C’est cette relation à l’autobiographie qui a fait manquer à l’auteur le prix Pulitzer de littérature en 1977, car il ne récompense que des fictions.

Les descriptions des parties de pêches ne sont pas ennuyeuses, et loin de là ! Il fallait quand même du talent pour me faire apprécier ces passages, où les personnages préparent leurs mouches en fonction du poisson et de la rivière, où Norman explique les mouvements en 4 temps du lancer, où encore la description des différents types de truites… Mais finalement c’est passionnant, et on comprend en quoi pour l’auteur la pêche à la mouche, avec des leurres artificiels faits mains, est bien supérieure à la pêche aux vers.

Durant ces parties de pêche, on découvre les magnifiques paysages du Montana : les torrents, les rapides, les plans d’eau, au milieu des montagnes, des plaines ou des forêts… On croirait entendre le bruit de l’eau ! On imagine bien la lumière dans les canyons, la réverbération de l’eau… Cela devient une vraie poésie, où comme l’auteur nous le fait comprendre, la rivière est composée de paroles… Et chacun, pour peu qu’il prenne le temps de le faire, peut lire dans celle-ci comme dans un livre ouvert.
De nombreux passage vont au delà de la métaphore de la rivière de la vie, car Norman nous explique aussi l’histoire de la région via les signes laissés près de ces rivières : les grand glaciers de la préhistoire, la formation des montagnes, les traces laissés par de grands lacs… L’histoire de la terre est inscrite dans les roches du Montana, et ont des échos aujourd’hui encore !

Bref, j’ai vraiment bien aimé cette histoire, qui m’a fait voyager dans un monde hors du temps… Si vous avez l’occasion de le lire, n’hésitez pas, c’est un petit moment de fraîcheur, qui de plus fait réflechir sur les relations familiales !

Comme on le voit dans le récit, le Montana est une région sauvage et naturelle, même si depuis l’époque où se déroule cette histoire (début du 20ème siècle), le tourisme et l’urbanisation ont un peu fait du chemin !

Et des beaux paysages de montagne où coulent des rivières sauvages, il peut y en avoir à foison là bas si on en croit l’origine du nom Montana, signifiant en espagnol « Montagne« . Mais le Montana n’est pas composé que de roche : si l’ouest est marqué par les montagnes Rocheuses, l’est est composé de grandes plaines… Avec le fleuve Missouri coulant d’est en ouest et coupant l’état en deux.

Les régions du Montana ont elle aussi fait partie de la grande Louisiane française, mais rejoint en 1803 les USA lors de la vente de toutes les terres françaises. Bien qu’habité par quelques colons et trappeurs, le territoire est alors plutôt sauvage, et se sont les amérindiens qui peuplent principalement ces terres.
Au milieu du 19ème siècle, la découverte de gisements d’or provoque une ruée vers l’or, et l’immigration massive vers le Montana lui permet de devenir un territoire en 1864. C’est à cette période qu’un des camps de mineurs deviendra la ville d’Helena, qui sera la capitale du futur état. Mais les heurts entre indiens et colons sont nombreux, au point de provoquer la bataille de Little Big Horn, où les Sioux de Sitting Bull gagneront face au général Custer.
En 1889, le Montana est intégré à l’Union et aux Etats-Unis, et devient un état à part entière.
Afin d’encourager le peuplement des grandes provinces inhabitées, la loi du Homestead Act est raccourcis de 5 à 3 ans : ainsi, une famille qui prouve avoir vécu et travaillé une terre plus de 3 ans peut en devenir officiellement propriétaire, sous une certaine limite de taille de terrain… De quoi motiver les colons européens à investir les lieux : allemands, suédois, anglais, irlandais, écossais (comme les protagoniste du roman),… ! Avec le chemin de fer, la région devient plus accessible. Le Montana est pris d’assaut par les immigrants, avec comme conséquence une réduction de la taille des terre offerte, ce qui rend alors l’élevage et l’agriculture plus difficile.

 

Malgré cet engouement pour la région au 19ème siècle, le Montana reste très rural (75%), et fait parti des régions ayant une des densités de population les plus faibles de Etats-Unis… Il y a peu d’habitants, au total, à peine un million ! Naturellement, l’agriculture et les industries du bois sont dominantes dans l’état. Mais ses richesses proviennent aussi  des sols, et des mines d’or, argent, cuivre… et des gisements de gaz, pétrole, charbon…
Même si le climat à l’air plutôt propice aux cultures dans les plaines, il aime jouer avec les extrêmes dans certains coins de l’état : -57°C enregistrés, ce qui est la température la plus froide de tous les Etats-Unis.

Le tourisme comme on peut l’imaginer face à ces paysages naturels est aussi très présents :  Glacier National Park en est son fleuron, avec sa faune et flore variée : grizzly, chèvre des montagnes Rocheuses, loups, orignaux, … et bien entendu toutes sortes de poissons et plus particulièrement de truites 😉
A noter qu’une petite partie de Yellowstone borde le sud de l’état… Mais d’autres sites sont aussi des pôles d’intérêt, comme le lieu de la bataille de Little Big Horn, ou encore des stations de skis très prisées.

En bref, un territoire qui forcément m’attire pour son aspect sauvage et naturel. Le parc de Glacier à la frontière canadienne fait rêver avec ses paysages de rêve et ses glaciers, dont il faut rapidement profiter car ils fondent à vu d’oeil avec le réchauffement climatique…

 

« Rituels tribaux du samedi soir » de Nik Cohn

Grâce à Babelio, une fois de plus, j’ai pu recevoir un livre à lire et critiquer via sa Masse Critique ! Cette fois-ci, nous allons aux Etats-Unis pour découvrir le recueil de nouvelles Rituels tribaux du samedi soir et autres histoires américaines de Nik Cohn.

Le titre et la dénomination de « tribu » est assez justifiée : on est presque devant une analyse sociologique de communautés, que l’auteur décortique, un peu comme un chasseur d’image ou un journaliste d’investigation… mais avec dans le style du langage parlé.
On découvre les habitudes des ces quelques échantillons de la population de grandes ville américaines, la Nouvelle-Orléans et New-York, leurs double vie lorsque la nuit arrive, et que le masque de la journée tombe.

La première nouvelle, La Nouvelle-Orléans : la ville frappée par la Maladie se passe donc à la Nouvelle-Orléans, atteinte par « la Maladie », une sorte de malédiction. Laissée pour compte du progrès, la ville est empêtrée : les sportifs de tout type ne gagnent jamais rien dans cette ville, que ce soit au football américain ou en boxe, ou bien d’autres sports. Portraits de supporters, parieurs, fans, qui même s’ils se voient perdre continue à soutenir leurs joueurs, imperturbables… On voit une mise en opposition des richesses véhiculées par les paris autour du sport et la pauvreté de la ville, incarnée par Tombstone Louis qui vit dans un cimetière.
Note 5/10, pas super convaincue.

Seconde nouvelle, 24 heures sur la 42e est beaucoup mieux selon moi. Elle me fait penser à Las Vegas Parano (paru en 1972), mais dans le quartier glauque de NY, la 42e, spécialisée dans les 70’s dans les cinémas pornos et sex-shop. Sexe, drogue, bar louches, snacks à hot-dogs… une vision réaliste et un brin déjanté de l’Amérique et de son fameux rêve, où tout se consomme, où tout se regarde avec distance, comme dans un peep-show… Le narrateur a fait le pari de pouvoir « survivre » 24h dans ce lieu de perdition, et fera tout pour y arriver ! Ce qui lui permettra de rencontrer la faune de jour et celle de la nuit, paumé comme il est au milieu de cet univers.
Note 8/10.

La troisième nouvelle, La dernière course,  nous emmène dans le monde des courses de dragster dans les rues de NY, où on suit Oeil de Faucon, petit génie de l’automobile, passionné de voitures et de vitesse, osciller pendant quelques années entre le firmament et l’ennui… sans jamais baisser les bras. Une image des  années 70 assombries par les crises pétrolières, la récession… après les folles années 60 où la voiture était reine.
Note 7/10.

La dernière nouvelle est celle qui fait l’intérêt du recueil, du moins celle qui est mise en avant par l’éditeur  : La fièvre du samedi soir, dont les grandes lignes serviront au film éponyme. Vincent a 18 ans et passe ses semaines à travailler comme vendeur de peinture dans une boutique New-Yorkaise. Quand vient le samedi, il change de visage, et va danser avec sa bande, les « Faces » dans les discothèques branchées de la ville. Entre violence, sexe, mode, danse… On voit apparaître la superficialité d’une génération d’ados, teint par l’amour du beau et du bon au travers la danse.
Note : 7/10.

Quatre histoires, et quatre manière de revisiter le rêve américain : le sport, le sexe, les voitures et la danse en somme… Mais ce n’est pas si simple que cela, chaque facette est diluée par différents sentiments : la passion, la haine, la peur, l’indifférence, le plaisir… Le tout incarné par de petites communautés, qui finalement comme un puzzle construisent notre vision de l’Amérique.

Les textes sont écrits avec paragraphes courts, directs, énoncé comme des faits… Ce style vient peut-être du fait que ces nouvelles étaient publiées dans le NY Magazine, au milieu des 70’s ? En tous cas c’est dans ce journal qu’il rédigera l’article (le voir ici en anglais) qui donnera naissance un peu plus tard au scénario de La fièvre du samedi soir… film référence d’une génération !
Pour la petite histoire, Nik Cohn est à l’origine un critique rock… et il paraitrait même que la chanson Pinball Wizzard des Who lui est dédiée, sur l’album Tommy ! Voilà de quoi en faire une référence de la pop-culture 😀

Pour conclure : un recueil très court qui permet de voyager dans cette époque, est que j’ai trouvé agréable à lire (même si je n’ai pas accroché à la première nouvelle ;)).

Merci à Folio et Babelio pour cette découverte !

« Le mythe de Cthulhu » de H. P. Lovecraft (Etat de Rhode Island)

Avec un logo come celui de mon site, je ne pouvais pas ne pas lire un jour les mythes tournant autour de Cthulhu ! Bien entendu je connaissais un peu l’histoire avant de me plonger dans ces nouvelles de Lovecraft, mais rien ne vaut l’original, n’est-ce pas ?

En fait, ce livre est un receuil de nouvelles, compilant des récits écrits entre 1919 et 1931.  On commence avec la plus connue de ses créatures dans L’appel de Cthulhu, qui se déroule en parti dans le Rhode Island, à Providence, ville chère au coeur de l’auteur, puisqu’il y naquit en 1890, et y mourut en 1937 (et hop, une entrée de plus pour le challenge « 50 états, 50 billets » au passage).
La plupart des autres nouvelles ne tournent pas autour du mythe de Cthulhu, mais font parti de son cycle d’histoires macabres…  Et toutes prennent place dans la région de Nouvelle-Angleterre, bien connue de Lovecraft.

L’appel de Cthulhu présente pour la première fois les dieux venus de l’espace, dont le « Grand Ancien« , Cthulhu, humanoïde ailé gigantesque  à la tête de pieuvre. Celui-ci vit au fond de l’océan Pacifique, enfermé dans sa cité sous-marine de R’lyeh, et attend d’être réveillé pour plonger l’humanité dans le chaos et la folie…
Dans la nouvelle, le narrateur enquête sur cette créature, d’abord circonspect sur son existence, puis effrayé par la véracité des faits ! Cthulhu communique auprès de certains humains au travers de leurs rêves. Ainsi, un artiste du Rhode Island se retrouve à le représenter dans des bas-reliefs, des parias du sud des USA l’adorent au travers une statuette ancienne, et des Eskimo chantent en son honneur la litanie bien connue : « Ph’nglui mglw’nafh Cthulhu R’lyeh wgah’nagl fhtagn » (« Dans sa demeure de R’lyeh la morte, Cthulhu rêve et attend »)… Un culte disséminé au travers le monde, dont les signes de vigueur sont bien inquiétants
Une lecture nécessaire pour comprendre l’engouement geek envers Cthulhu : outre les quelques nouvelles rédigées par Lovecraft, son éditeur August Derleth à reprit les récits, les a organisés, et continués, pour créer une véritable mythologie ! D’autres auteurs ont pris la suite, ainsi que des illustrateurs pour figurer ce monde… et dans les années 1980, un jeu de rôle basé sur cet univers a accéléré la diffusion du mythe. Depuis quelques œuvres de fictions s’en inspirant ont vu le jour, comme le film Dagon (qui malgré ses mauvaises critique m’a beaucoup plu !), Cloverfield (même si le doute demeure sur l’identité du monstre), quelques chansons dès débuts de Metallica dont Call of Ktulu

Les autres nouvelles sont aussi basée sur l’apparition de forces cosmiques, ou la puissance du rêve,… qui oscillent entre SF, fantastique et horreur. En tous cas elles tournent toujours autour de ce qu’on ne peut ni voir, ni comprendre, mais qui ont une influence souvent néfaste sur les humains qui y sont confrontés.

Dans Par-delà le mur du sommeil, le narrateur, un médecin d’asile d’aliéné, nous raconte comment un de ses patient habité par un esprit cosmique devient fou.
La tourbière hantée nous raconte comment un village entier à disparu dans une région de tourbière, hypnotisé par des créatures féériques.
La Peur qui rôde est très sombre, et a une construction qui rend le récit palpitant : le narrateur enquête sur des massacres perpétrés dans une région montagneuse de l’état de New-York. Les victimes sont retrouvées lacérées, défigurées… Au fur et a mesure, dans les régions reculées abandonnées par les villageois effrayés, le héros découvre les racines du mal. Ce récit m’a beaucoup plus, et m’a rappelé pas mal d’histoire d’horreur plus récente : les films La colline à des yeuxThe Descent, le manga Berserck, ou les romans du cycle d’Elm Heaven de Dan Simmons …
La Couleur tombée du ciel est encore plus troublant. Après la chute d’une météorite dans sa propriété, un fermier voit progressivement toutes ses plantes, arbres, animaux… se corrompre en des créatures indescriptibles, grises et friables. Un petit côté La guerre des mondes, mais en plus glauque et intimiste.
Celui qui chuchotait dans les ténèbres clos le recueil en reprenant le thème du mythe de Cthulhu, qui comme la première nouvelle tourne autour d’une enquête autour de ces anciens dieux venu de l’espace… Sauf que cette fois, le culte prend place dans le Vermont ! Le Necronomicon, ouvrage fictif souvent créé par Lovecraft est souvent cité pour donner crédit à cette mythologie. Un récit sombre, beaucoup plus SF que les autres.

Si le mythe de Cthulhu m’intrigue énormément pour plein de raisons, la nouvelle originale ne m’a pas plus emballée que ça : je trouve les autres récits du livre beaucoup plus captivants finalement ! Il y a quelque chose d’Edgar Poe, mais avec une poésie bien particulière que j’ai beaucoup aimé.
Pour le coup je vais partir à la recherche d’autres nouvelles de Lovecraft dans mes bouquineries d’occasion favorite…

 

L’état du Rhode Island est situé dans la région de la Nouvelle-Angleterre, région des yankee, composée entre autre du Maine, du Massachusset, de l’état de New-York…
Comme dans ces autres états, le Rhode Island est colonisé à l’origine par des anglais, relativement puritains…
Mais son nom ne nous vient pas d’Angleterre : c’est une référence à l’île de Rhodes, à cause de la ressemblance des côtes argileuse de ce territoire du Nouveau-Monde avec cet île grecque. Sa découverte n’est pas non plus le fait des anglais : ce sont des français qui ont exploré la région.
Quoiqu’il en soit la colonie de Rhode Island, anglaise, fera sécession avec la Grande-Bretagne en 1776 : ça sera la première des 13 colonies à le faire, et à devenir un état Américain !

Tournée vers l’océan et la vieille Europe, la région devient un fleuron de l’industrie au 19ème siècle, et attire rapidement des immigrés du Québec, d’Irlande, d’Italie, Suède, Allemagne… Ce côté très européen se ressent dans l’architecture, comme on peut le voir dans des monuments tels la synagogue Touro (premier bâtiment juif construit aux USA) ou les manoirs de Newport, d’inspiration néo-classique anglais. C’est le genre d’endroit aux Etats-Unis où on récent le poids de l’histoire, par ces référence commune avec notre propre passé.

Sa capitale, et ville la plus peuplée est Providence : lieu de naissance et de mort de Lovecraft. Si à l’époque de l’auteur c’était une ville prospère, profitant de l’ère Industrielle pour s’enrichir et grossir, elle souffre de la crise de 1929 et du déclin des industries textiles des années 20, puis devient un centre du crime organisé des années 1950 à 1980 ! Aujourd’hui la vie n’est pas particulièrement rose… 30% de sa population vit sous le seuil de pauvreté !

Voilà donc un tout petit état riche en histoire, qui mérite tout de même d’être connu, mais surtout englobé dans la grande province de la Nouvelle-Angleterre, sur laquelle je reviendrai certainement dans ce challenge 😉

« L’étoile » d’Arthur C. Clarke

Voici le dernier livre de la série « les chefs d’œuvres de la SF prêté par mon beau-frère ». La couverture ultra vintage qui fleure bon les années 70 m’a un peu fait peur sur le coup, mais il s’agit en fait de bonne SF classique, et non des fantastiques aventures de Xena la guerrière dans l’espace 😀

Petit aparté pour dire que les artistes comme Boris Vallejo (à qui on doit cette illustration), Luis Royo,  Frank Frazetta… donnaient un petit côté sexy ultra décalé aux roman qu’ils illustraient, mais les rendaient en même temps si attrayants ! Il a autant à imaginer en les regardant qu’en lisant le livre 🙂
Force est de constater que la mode des illustrations des couvertures de roman est moins dans le narratif maintenant, leur esthétique est digne des préceptes du Bauhaus dorénavant… enfin bref, passons…

Il s’agit d’un recueil de nouvelles, dont les intrigues tournent essentiellement autour de l’espace, des voyages spatiaux, les extra-terrestres, les voyages dans le temps, la colonisation de planètes… Et comme souvent avec Arthur C. Clarke, on s’aperçoit qu’il a posé les bases de la SF, avec des thématiques qui peuvent sembler classiques mais qui fonctionne diablement bien !
Ce recueil édité initialement en 1958, mais il contient des textes écrits pendant toutes les années 50. Donc bien avant le premier pas de l’homme sur la Lune, ce qui donne à ces nouvelles une dimension un peu prophétique : il touche du doigt certaines technologies qui seront utilisées bien des années plus tard (comme les capsules habitées, les stations lunaires, bases spatiales et satellites permettant d’élargir les communications sur Terre…), tout en rêvant aux possibilités offertes par celle-ci.
Il s’interroge aussi sur ce que ces découvertes impliquent dans la vie de l’homme : changement de la structure de la société, religion, notion d’héritage, amour…

L‘écriture est fluide, simple, mais très riche de détails, et éveil l’imaginaire ! De plus C. Clarke à un réel sens de la chute, ce qui fait que le format de la nouvelle colle complètement aux différentes histoires ! Et cerise sur le gâteau, je découvre ici un auteur de SF qui a un vrai sens de l’humour, qui verse plutôt dans l’ironie, mais qui fait parfois sourire… C’est assez rare dans ce domaine pour être souligné 😉

Une lecture que j’ai bien apprécié, le format est parfait, rapide et facile à lire… Donc je le conseille ! En revanche il n’est plus édité : marché de l’occasion et bouquiniste seront de mise pour le découvrir !

« Profondeurs glacées » de William Wilkie Collins

Vu la météo dehors, en ce neigeux dimanche de février, j’ai eu envie de me plonger dans une histoire courte et se tenant dans un univers glacial… J’aime bien contextualiser mes lecture 😀
Il y a quelques mois, je me suis achetée un livre de William Wilkie Collins, auteur anglais du XIXème siècle, dont on entend beaucoup parler sur les forums littéraires, mais qui semble assez méconnu en France.

J’ai été intrigué par ce livre car il se base sur une histoire vraie qui m’a intéressée à ce moment là : l’expédition Franklin.
Cette expédition débuté en 1845 et commandée par le capitaine anglais John Franklin, avait pour objectif de découvrir un passage Est – Ouest au Nord du continent américain, afin de rejoindre l’océan Pacifique par de nouvelles voies : celle de l’océan Arctique. 128 hommes embarquent sur deux navires de la Royal Navy, le HMS Erebus et le HSM Terror… on ne devra plus jamais les revoir vivants ! Un mystère plane toujours autour de la disparition des vaisseaux et de l’équipage, même si de nombreuses missions de recherche envoyées depuis 1848 jusqu’à nos jours ont fini par retracer le court des évènements : pris dans les glaces, les bateaux ont été coincés au nord du Canada, loin de toute terres habitées. Une parti des hommes sont morts au campement, de froid et de faim, et ceux qui ont essayé de prendre la route pour retrouver la civilisation sont tous décédés et disparus les uns après les autres. Détails sordides, les marins seraient devenus cannibales pour survivre…
Si cette histoire vous intéresse, la Wikipédia a un article assez fourni sur le sujet !

Dans cette version de Wilkie Collins, on se focalise plus sur un groupe de personnages inventés que sur la réalité des faits.
Dans les années 1840, deux bateaux de l’armé anglaise doivent partir en expédition pour découvrir le fameux passage Est-Ouest : le Wanderer et le Sea-Mew.
Clara Burnham vit un véritable dilemme au bal donné la veille du départ de l’expédition : un officier, Richard Wardour, épris d’elle depuis des années, revient d’une expédition en Afrique, et veut demander sa main, alors qu’elle ne l’aime pas… Elle est amoureuse d’un jeune officier, Frank Aldersley, qui doit monter sur un des navire le lendemain, et à qui elle s’est promise. En apprenant qu’elle se refuse à lui sans qu’elle lui dise pour quoi et pour qui, Richard Wardour voit rouge, et promet de découvrir qui est celui qui lui a volé son amour, afin de lui faire payer de sa vie !
Le jour du départ vers le grand Nord, les hommes appareillent… mais une recrue de dernière minute insiste pour prendre part au voyage : Richard Wardour, dépité et le coeur brisé, souhaite reprendre la mer pour oublier son amour perdu…
Dans l’esprit de Clara, dotée d’un don de « seconde vue » qui lui permet de voir l’avenir, tout est clair : Richard va finir par découvrir qu’elle est fiancée à Frank et va essayer de le tuer !

Donc, Wilkie Collins, contemporain de l’expédition Franklin, se base sur cette histoire pour nous livrer une version des faits… assez édulcoré, même si ce récit devait faire frissonner dans les chaumières ! Il est considéré par certain avec ce court roman comme un des père fondateur du roman noir ! Il faut avouer que tous les éléments sont réunis pour créer une certaine tension : une rivalité amoureuse, des hasard malheureux, un drame humain qui pousse tous les protagonistes dans leurs retranchements, un peu de surnaturel… Ici l’accident vécu par l’équipage est présenté comme une trame de fond originale pour cette histoire de vengeance. Dans un milieu aussi extrême, comment Richard va découvrir que Frank est son rival, et comment va t-il le tuer ?

A noter que la première version de Profondeurs glacé a été écrite à 4 mains avec Charles Dickens en 1856, pour devenir une pièce de théatre qui a connu son petit succès… Plusieurs années plus tard, en 1866, alors que Wilkie Collins a pris des distances avec Dickens, il remanie l’histoire et en fait une nouvelle, qui garde tout de même des consonances stylistiques de la pièce originale (didascalies, rythme des dialogues, découpe des chapitres…).

Une nouvelle pas désagréable à lire… Assez courte, on ne tourne pas en rond. Plus long, je pense que cette histoire d’amour et les craintes de Clara m’auraient un peu ennuyées… Là ou je suis un peu déçue, c’est que je m’attendais a ce que l’auteur se concentre plus sur la manière dont l’accident des bateaux c’est produit, le ressenti des marins et des officiers, les détails moins ragoutants aussi : la fin, le froid, la maladie…  De plus la fin très happy-end pleine de moralité est assez déroutante… On en peut pas se tromper, on n’est pas dans un roman noir moderne 😀

Enfin maintenant que j’ai goûté à la version « classique » de l’expédition Franklin, je suis prête pour lire la version « contemporaine », avec Terreur de Dan Simmons !

« Brokeback Mountain » d’Annie Proulx (Etat du Wyoming)

Une nouvelle pour changer, et lue en anglais faute de l’avoir trouvée en français pour mon Kindle… la lecture a été un peu laborieuse dans cette langue, mais j’ai une étape de plus dans mon challenge « 50 états, 50 billets » : le Wyoming !

Difficile de lire et de parler de cette nouvelle sans penser au film qui a été adapté de celle-ci : Le Secret de Brokeback Mountain, sorti en 2005, qui a raflé une quantité impressionnante de prix.
Brokeback Mountain est initialement une nouvelle d’Annie Proulx, écrivain américaine . Cet nouvelle fait parti du recueil Les Pieds dans la boue, mais est d’abord paru dans le magazine littéraire The New Yorker en 1997… A noter que cette nouvelle a fait recevoir à l’auteure un Prix Pulitzer.

L’histoire, je pense que tout le monde la connait : en 1963, deux jeunes cow-boys saisonniers, Ennis Del Mar et Jack Twist, vont mener au pâturage pendant  l’été un troupeau de moutons. Ils partent pour Brockeback Mountain où ils resteront en tête à tête plusieurs semaines… Aussi soudainement que rapidement, ils se retrouvent à vivre une idylle assez virile et qui n’a absolument rien de platonique, alors que tous deux clame ne pas être des « pédés ».
A la fin de cet été, chacun retourne dans son ranch, chacun à l’extrémité de l’état… 4 ans plus tard, Jack reprend contact avec Ennis : ils se sont mariés chacun de leur côté et ont des enfants… Mais ils s’aperçoivent rapidement que la flamme allumée à Brockeback Mountain est loin d’être éteinte !
Pendant 20 ans, ils vont donc vivre une relations secrète et discrète…

Ce récit va bien entendu plus loin qu’une simple histoire d’amour interdite… Dans les années 60, il est impossible pour deux hommes de s’avouer homosexuel, surtout à la campagne, et encore plus quand on est des cow-boy. Dans notre imaginaire ils représentent l’archétype même du mâle américain, et aujourd’hui encore les scènes de sexe ou d’amour sont assez troublante, il faut l’avouer !
Ennis et Jack sont dans une impasse : ils découvrent que leur relations entamée l’été de Brockeback Mountain n’est pas un simple « coup » pour rigoler ou s’occuper… leur relation est plus forte et profonde qu’une simple amitié, mais une vie à deux leur ait tout simplement interdite. Chacun va donc vivre une vie de couple terne et misérable, avoir une professions alimentaire pour soutenir leur famille, … bref aucun d’eux ne peut vraiment être heureux, sauf lorsqu’ils se retrouvent pour des « parties de pêche » une ou deux fois par an.
La fin est poignante aussi, je ne vous en dis pas plus, mais la moralité semble être que si on ne peut pas trouver de solutions à ses problèmes de coeur, il vaut mieux vivre avec et les assumer… plutôt que de les nier et cacher pendant toute une vie. Leçon de vie à méditer chaque jourla liberté, ça se choisi !

Une lecture sympa, mais en anglais… ou plutôt en américain : chaud les marrons pour moi ! J’ai déjà lu quelques livres en anglais, mais en général du classique type Death on the Nile d’Agatha Christie : un anglais scolaire, relativement simple à comprendre. Là c’est de l’américain de comptoir (même si ça aurait pu être bien pire !)… les expressions, la grammaire, le vocabulaire.. Il a fallut que je m’accroche ! Heureusement le texte est assez court 😉

En tous cas cette nouvelle est un vrai bol de fraîcheur concernant la description des paysages qu’on peut voir au Wyoming : on sent que l’auteur aime particulièrement cette région du Wyoming : Big Horn Mountain.
Comme pas mal d’état du grand Ouest américain, les endroits où la nature sauvage a gardé ses droits sont omniprésents… D’ailleurs ça n’est pas pour rien que les deux personnages de cette histoire sont payés pour protéger le troupeau des coyotes, qui ont l’air assez agressif (moi qui les voyait comme de simples renards) ! La chasse au wapiti, la pêche en rivière, les champs de fleurs sauvages… tout cela donne une image quasi magique de ce coin des USA.

Dans les faits le Wyoming est l‘état le moins peuplé des Etats-Unis, et qui a aussi la plus faible densité de population ! Un peu plus de 500 000 habitants, quand on compare avec les mégapoles comme New York et ses environs qui compte 20 millions d’habitants, on comprend mieux la mesure des choses…
Pour la petite histoire, Wyoming signifie « lieu de grande prairie« , et on imagine aisément que depuis son baptême les choses n’ont pas trop changé… Mais cela ne signifie pas que l’agriculture y soit très développé : le Wyoming est trop aride pour les cultures intensives. Les agriculteurs se tournent donc vers l’élevage, le ranching, et plus particulièrement dans les régions proche des montagnes Rocheuses.
Outre cela, l’état est un des principaux producteur de charbon et gaz naturel aux USA, mais a aussi du pétrole, sodium, uranium dans ses sous-sol (là ça fait moins envie).

Autre ressource importante, et pas des moindre : le tourisme ! Pour avoir vu ce que représente l’attrait des grands espace dans des parcs comme Yosemite et Grand Canyon, j’imagine bien ce que ça peut être dans ce qui est pour moi le joyau des parcs américain : Yellowstone ! Je rêve de le visiter, car pour moi il regroupe tout ce que j’aimerai voir et vivre : un parc très grand, bordé de montagnes, forêts, prairies ; des animaux en pagaille (loups, bisons, grizzli, puma, mouflons…) ; des sentiers de randonnée à ne plus en finir ; des attractions et points de vue mondialement connu : les geysers et les sources chaudes très colorées de Grand Prismatic Spring… Mes vacances idéale 😀
Mais il n’y a pas que Yellowstone, l’état compte beaucoup de parcs nationaux, et autres zones naturelles protégés… On peut par exemple y admirer The Devil Tower, vous savez, cette montagne bizarre qu’on peut voir dans Rencontre du troisième type de Spielberg…

Pour moi le Wyoming, c’est un passage obligé lors d’un futur voyage aux Etats-Unis !