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« Inconnu à cette adresse » de Kressmann Taylor

Tant de points communs entre mes deux dernières lectures ! Comme pour L’ami retrouvé, j’ai choisi ce livre pour sa concision… une centaine de pages, à la veille de la fin du challenge ABC, c’était parfait. Choisis tous les deux dans une librairie de Bayeux en Normandie, ils traitent tous des débuts du nazisme en Allemagne, d’amitié et de culpabilité… Mais Inconnu à cette adresse utilisent d’autres leviers pour nous plonger dans cette période de l’histoire.

Dans les années 30, Martin Eisenstein et Max Schulse ont Tenu ensemble une galerie d’art à San Francisco, jusqu’au jour où Max décide de repartir en Allemagne avec sa femme et ses enfants. Dans un pays ravagé par la pauvreté suite à la Première Guerre Mondiale, il peut avoir une vraie vie de nantis avec l’argent récolté aux Etats-Unis. Correspondant par courrier, Martin donne à Max des nouvelles de la galerie, mais aussi de sa sœur qui est une actrice à Vienne, elle qui a été la maîtresse de Max… Mais au fur et à mesure de leurs échanges, Max commence à parler de leur nouveau représentant politique qui redonne de l’espoir aux allemands, Adolph Hitler… emballé par le Parti Nazi, il fini par renier son amitié avec Martin, qui est juif.

C’est étonnant de comparer deux nouvelles qui traitent de la même thématique, a deux jours de lecture d’écart… Je n’aurais pas réussi à faire mieux en timing si j’avais voulu le faire exprès !

Inconnu à cette adresse est construit d’une manière qui laisse place à l’ellipse et à l’imagination, puisqu’il s’agit d’un récit épistolaire. On suit les échanges de Martin et Max l’évolution de leur relation via quelques courriers. Je regrette juste la rapidité avec laquelle le comportement de Max change, agrémenté d’une froideur et d’une perversion qui me paraît peu crédible. Mais c’est une nouvelle… il faut aller vite.

Là où dans L’ami retrouvé, on était sur une réunion de deux personnages autour d’une amitié réciproque, dans Inconnu à cette adresse on est en pleine séparation de corps et de cœur de deux amis ! Une version adulte et cynique de la nouvelle lue hier, aux premières heures de l’Allemagne d’Hitler… Dans les deux histoires il est question de culpabilité, et ici elle est beaucoup moins subtile.

Côté récit, j’ai été assez enchantée par la tournure des choses sur la fin de la nouvelle… un petit retournement inattendu donne toute sa saveur à cette histoire.

Petit truc intéressant, cette nouvelle est parue en 1938 dans un magazine américain, avant que la guerre commence et bien avant que soit dévoilés au grand jour les horreurs de la déportation, des camps de concentration… Pourtant à lire cette histoire on a l’impression que l’auteure a prédit ce qu’allait être le régime Nazi. Un sacré flair, si je peux dire…

Une lecture rapide et intéressante… et surtout la fin du Challenge ABC pour 2019 🙂

« Rip l’endormi – La légende du Val Dormant » de Washington Irving

Histoire d’accélérer un peu mon rythme de lecture, j’ai un peu revu ma liste de livre à lire pour le Challenge ABC. A moi les nouvelles et autres histoires courtes !

Voilà comment je me retrouve à lire ce petit ouvrage de Washington Irving, premier homme de lettre des Etats-Unis, qui a vécu de près les mutations du pays entre la fin du 18ème et le début du 19ème siècle.

Rip l’endormi pourrait presque être considéré comme une histoire de science-fiction. Notre homme, Rip, vis sa vie comme il l’entend, débonnaire et un peu feignant… Mais les critiques acerbes de sa femme l’empêchent de vraiment profiter de l’existence tranquillement. Il part donc prendre l’air avec son chien et son fusil dans les bois pour échapper à son quotidien. Jusqu’au jour où il tombe sur un groupe de Hollandais vêtus à l’ancienne mode qui lui offrent une chope à boire… Lorsqu’il se réveille de cette fête improvisée, le monde a bien changé !

La légende du Val Dormant est quant à elle une nouvelle qui va parler à tous : il s’agit de l’histoire qui a inspiré Sleepy Hollow. On y retrouve Ichabod Crane sous les traits d’un instituteur de campagne, un cavalier sans tête… et une disparition étrange. Attaque de fantômes, de démons… ou simple vengeance toute humaine ?

Washington Irving est une référence dans ce qu’on pourrait appeler de l’art primitif américain, puisqu’il est le premier auteur natif américain un peu renommé. Il a une vraie fascination pour la vie des Hollandais qui ont colonisé les terres proches de l’Hudson, ainsi que pour les histoires de fantômes, les légendes indiennes… Mais ces deux histoires ont été éditées à titre posthume ! Et oui, sa passion pour l’histoire et la fiction ne lui ont pas permis d’en vivre.

Autant l’avouer, l’intrigue de ces deux récits n’est pas bouleversante et le suspense n’est pas au rendez-vous. Il est tout de même amusant de voir à quoi ressemblaient les villages et les campagnes au début du 18ème siècle, et les personnages sont plutôt bien brossés.

Bref, à lire à l’occasion, d’autant que ce petit fascicule est rapide à lire.

« Escarmouche » de Clifford D. Simak

J’avais presque oublié que mon beau-frère, amateur de science-fiction classique, m’avait prêté ce recueil de nouvelles il y a fort fort longtemps (il y a bien 5 ou 6 ans… désolée…).

Lors de ma recherche des livres courts dont le nom de l’auteur correspond à mes lettres manquantes pour le challenge ABC, j’ai exhumé cette relique d’un des rois de la SF. Un vieux bouquin comme on en trouve plus, aux pages jaunies, la tranche orange foncée et surtout à la couverture ornée d’une magnifique illustration représentant une femme à moitié dénudée (qui bien sûre n’a rien à voir avec le contenu de l’ouvrage). Bref, le bon vieux temps de la SF !
Nous sommes ici devant un recueil de nouvelles classique comme on en faisait dans le temps : quelques nouvelles du maître, préfacée par celui-ci. Pas du grand Simak à mon humble avis, mais quelques nouvelles m’ont tout de même interpellées ou amusées. 
Car c’est là le style de l’âge d’or de la SF : faire rêver, réfléchir mais aussi amuser son lecteur.

La thématique centrale tourne autour des premières rencontres entre humains et extra-terrestres, et ce pour les trois quarts des nouvelles. Il y a de quoi faire ! Surtout quand les aliens viennent tenter de conquérir notre planète…

La plus sympa en prend le contre-pied, Gros Coup. Ici c’est une bande de baroudeurs de l’espace, sans foi ni lois, qui cherchent à se faire de l’argent avec tout ce qu’ils trouvent sur les planètes sur lesquelles ils accostent. Sur l’une d’elle, ils découvrent une machine qui permet de lire des enregistrements qui vous propulsent littéralement dans une réalité virtuelle. L’idéal pour apprendre des choses… mais aussi pour faire voyager de riches clients terriens ! Ici les extra-terrestres font preuve de finesse pour éviter une mauvaise utilisation de leur université ambulante…

Un recueil pas vraiment nécessaire pour votre connaissance du maître, mais pas désagréable à lire… 

« Quatre chemins de pardon » d’Ursula K. Le Guin

Quatre chemins de pardonL’an dernier j’avais découvert Ursula K. Le Guin avec un roman de SF en anglais, The left hand of darkness. Son propos sur la différentiation des sexes et la monstruosité m’avait assez intéressé… même si je n’avais pas pu apprécier la plume l’auteure à sa juste valeur, maîtrisant personnellement peu l’anglais.
Quatre chemins de pardon, paru en 1995, semblait être un must-read de l’auteure, ayant gagné le Prix Locus du meilleur recueil de nouvelles… Je ne me suis donc pas trop posée de questions sur la lecture qui me permettrait de continuer ma découverte du cycle de l’Ekumen !

La planète de Yeowe vient juste de se libérer ! Composé d’esclaves originaires de la planète de Werel, le peuple asservi de Yeowe a fait la guerre aux propriétaires, connu la famine, la maladie, les tensions politiques… Pour aujourd’hui être menée par des hommes libre !
Mais c’est bien là qu’est le problème : des siècles de systèmes tribaux dirigés par des hommes ont généré une discrimination au sein même du peuple libre de Yeowe : les femmes ne sont encore que des objets, des esclaves d’anciens esclaves.
Au travers quatre récits, nous allons apprendre comment la guerre de Yeowe a changé la vision de l’esclavagisme sur la planète-mère Werel, comment l’histoire et le savoir pourront changer le statut des femmes, et surtout comment l’amour et le respect seront la clé d’une société nouvelle !

J’ai adoré cette lecture qui présente de quelles manières une société peut devenir inégalitaire par les jeux de pouvoir, l’ignorance, les coutumes obsolètes… et comment cela peut être contré, tout en sachant que c’est un combat jamais gagné d’avance. Un vrai reflet de notre société !
Loin des propagandes féministes, on prend ici une belle leçon de combat non-violent, axé sur le besoin d’apprentissage des enfants pour les rendre plus ouverts que leurs parents, sur le pardon aux ennemis d’autrefois pour avancer… Placé sous le signe de l’histoire, des mots écrits ou récités, on se rend compte que l’étude du passé est ce qui formera l’avenir de Yeowe. En cela, ce roman m’a rappelé le cycle de Fondation d’Assimov, ou les Chroniques du Pays des Mères d’Elisabeth Vonarburg.
Ursula K. Le Guin a créé une société cohérente, où chaque région d’une même planète peut avoir ses spécificités culturelles… Chaque histoire est locale ! Ainsi on comprend facilement comment et pourquoi des populations ont choisie telle ou telle voie, sans jugement. Par exemple, au début de la colonisation de Yeowe, les seuls esclaves ont été pendant des siècle des mâles, qui ont monté des sociétés tribales pour s’organiser dans les plantations. Lorsque les femmes esclaves ont finie par arriver pour la reproduction, elles ont été reléguée au plus bas rang possible, esclaves d’esclaves. Ecoeurant, mais logique…
Côté ambiance, on pense forcément à la Louisiane du 19ème siècle : quelques maîtres, cinq fois plus d’esclaves, des femmes sans droits… Sauf qu’ici la classe dominante est noire-bleue, et les esclaves blancs ou métissés.

Ce qui est très intéressant, c’est que les personnages principaux des quatre nouvelles ont un vécu différent : l’un est un soldat werelien, un autre ambassadeur Ekumen, l’autre une ancienne esclave en quête de spiritualité, l’autre un ancien chef tribal chassé de la vie politique de Yeowe,… Mais les destins de ces personnages vont s’entrent-croiser sur les terres de Werel et Yeowe !

coup de coeurUn coup de coeur de plus.. Cette fin d’année en est remplie ! Fans de SF ou non, je pense que vous apprécieraient ces fables sur la tolérance et la liberté.

Au passage, mon avant dernière lecture pour le challenge ABC des littératures de l’Imaginaire. J’en vois presque le bout à une semaine de la deadline !

challenge de l'imaginaire ABC 2014

« Janua Vera » de Jean-Philippe Jaworski

Janua VeraOn me l’avait vendu depuis de nombreuses années comme une référence de la fantasy française… Il a donc bien fallut que je découvre Jean-Philippe Jaworski, auteur dont on me ventait tant de mérites. Finalement c’est encore un challenge, l’ABC des littératures de l’Imaginaire qui m’a permis de prendre un peu les choses en main et de me lancer dans cette lecture.
Et comme souvent, je devrais un peu plus écouter mes conseillers en lecture et me jeter sans attendre sur leurs propositions ! Ce recueil de nouvelles medieval fantasy est passionnant et est très bien écrit. Un vrai régal !

Ce livre nous plonge dans l’histoire, ou plutôt les histoires, du Vieux Royaume. Au travers 8 nouvelles, nous allons en savoir un peu plus sur cette contrée à différentes périodes et en différents lieux : Ciudalia la capitale animée et sa population hétéroclite, les campagnes de Bromael, les régions barbares d’Ouromagne… et aussi l’évocation des Cinq Vallées où vivent les très discrets elfes…
Des personnages aux motivations et caractères biens différents vont être nos laisser-passer pour découvrir ce monde.
Personnellement je garde un bon souvenir de la nouvelle Le conte de Suzelle, une histoire triste comme il faut : on suit la petite paysanne Suzelle de son enfance à son déclin. Une vie de villageoise troublée par sa rencontre à l’adolescence avec un elfe badin et charmeur, dont elle tombe amoureuse, lui valant une existence d’attente de retrouvailles…
D’autres récits empruntent aux classiques du roman courtois, comme Le services des dames, où le chevalier Ædan va devoir aller venger une dame pour pouvoir traverser ses terres… Une quête qui ne va pas s’annoncer sans périls !
On rencontre aussi quelques fantômes qui hantent les bois dans Un amour dévorant. Cette enquête devra déterminer si les habitants de Noant-le-Vieux voient réellement les « appeleurs« , des esprits maléfiques qui apparaissent à la nuit tombée et plongent ceux qui les voient dans la terreur ou la folie…
Dans la même veine, Le confident nous raconte à la première personne l’histoire d’un prêtre du Desséché, le dieu de la mort, qui a fait vœu d’obscurité et s’est fait enfermer dans une crypte souterraine, où il se remémore son existence… Entre mysticisme et folie la frontière est mince !

Une très belle découverte qui me donne envie d’en lire plus de cet auteur… J’en avais eu un avant goût quand j’étais tombée sur sa nouvelle dans L’O10ssée Folio SF en 10 nouvelles. La bonne surprise s’est donc confirmée.
C’est vraiment sa plume et la manière dont il m’a amené dans son univers qui m’ont séduit… L’univers du Vieux Royaume est très riche et cohérent, mais il sait se faire oublier pour mettre au devant de la scène les différents personnages de ces histoires. On s’attache rapidement à eux, on comprend vite leurs motivations…
Cerise sur le gâteau, le sens de l’humour qu’on ressent entre ces lignes, que ce soit dans les renversements de situation, les fins pleines d’ironie, ou les blagues plus potaches… un régal je vous dit !

Aller, dès que j’ai du temps je m’attaque à la suite des récits du Vieux Royaume : Gagner la guerre !
En attendant, je ne peux que vous conseiller de découvrir cet auteur et ce roman 🙂

challenge de l'imaginaire ABC 2014

« L’o10ssée : l’odysée Folio SF en 10 nouvelles »

L'o10sée Folio SF en 10 nouvellesDe temps en temps je tombe sur des bons plans en livres de seconde main chez Book-Off, comme ce recueil de nouvelles édité en 2010 pour fêter les 10 ans de la collection Folio SF… Un livre cadeau des libraire qui « ne peux être vendu ». Du coup à part en occasion, je ne pense pas que vous puissiez le trouver !
Pour fêter cet anniversaire, Folio a réuni ses auteurs phares, pour des nouvelles souvent inédites en France. Point positif, l’éventail des auteurs et des époques est large : l’âge d’Or de la SF avec Robert Silverberg et Ray Bradbury, des « petits jeunes » comme Robert Charles Wilson, des monuments comme Philip K. Dick…

Pour entrecouper ces nouvelles, des interventions d’auteurs de Gallimard qui publient des livres dans d’autres genres. Leurs commentaires sur un ou plusieurs titres de la collection Folio SF nous éclairent sur leurs goût pour la science-fiction et nous donnent des axes de lectures de classiques tels Je suis une légende de Richard Matheson.

Côté nouvelles, car c’est bien là le plus intéressant, il y a du bon et du moins bon
Le premier texte du livre La route de Jérusalem de Mary Gentle m’a fait un peu peur… dans le sens où je ne l’ai pas aimé. Peut-être à cause du contraste après Anamnèse de Lady Star de L. L. Kloetzer ?
Par la suite ça va mieux je vous rassure ! J’ai particulièrement aimé Ethologie du tigre de Thomas Day, un texte très bien fait sur la mise en parallèle de légende d’animaux fabuleux voués à l’extinction, et la psychologie du héros en mode « décroissance globale »… Il faut absolument que je relise un de ses romans, puisque j’avais aussi apprécié La voie du sabre.
J’ai beaucoup aimé l’univers de Kenningar, de Jean-Philippe Jaworski : un seigneur viking abreuvé de sang et de violence mais aussi amateur de poésie, qui va poursuivre toute sa vie son « double » artiste… Maintenant j‘ai hâte de lire Janua Vera que j’avais mis sur ma liste de lecture !
Les autres nouvelles de Philip K. Dick, Maïa Mazaurette, Christopher Priest, Robert Silverberg, Ray Bradbury, Stéphane Beauverger et Robert Charles Wilson sont aussi correctes, mais ne vont pas me rester longtemps en mémoire je le crains !

Un petit recueil sympa donc, qui m’aura au moins permis de découvrir ou redécouvrir deux ou trois auteurs… Et qui surtout me permet de remplir mon contrat pour la lettre X (collectif) pour le challenge ABC – Littératures de l’imaginaire.

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« New National Kid » de Suehiro Maruo

New national kidNew National Kid paru cette année est un recueil de courts mangas édités dans les années 80 dans diverses revues et magazines japonais (certains pornographiques, d’autres pas…). Mais comme toujours, Maruo n’est pas qu’un auteur d’ero-guro, mais aussi un maître du gore, du bizarre et de l’irrévérence, avec un style plus que jamais expressionniste !

On ressent bien la mixité des magazines dans lesquels ces mangas ont été publié à leurs lectures : des formats de une à trente pages, et des thématiques variées tournant autour des univers du cauchemar et de la folie, de la Seconde Guerre Mondiale et du nationalisme, de la grossesse et de la monstruosité
Ce recueil fait plus que jamais penser à un défouloir où se mêlent humour noir et angoisses surréalistes. Comme nous somme face à des formats courts, on s’éloigne la plupart du temps de narrations compliquées pour se concentrer sur des impressions, comme la manière dont un personnage se rend compte qu’il est mort… Ou bien encore on est dans le quasi comic-strip sur une ou deux pages, où un Michael Jackson explose en plein « Bad » ! Le niveau est assez inégal je dois l’avouer… Je me demande parfois où l’auteur a voulu aller. Je met ça sur le compte du fossé culturel entre l’Orient et l’Occident !

Si ces formats courts m’ont un peu moins plu que d’autre mangas de Suehiro Maruo au niveau récit, côté graphismes c’est assez puissant ! On retrouve des travaux de dessin et de typo qui rappellent vraiment l’expressionnisme, que ce soit en art plastiques ou au cinéma. On pourrait citer des dizaines d’artistes auxquels Maruo fait référence (Bacon, Van Gogh, Otto Dix, Ensor, Ernst, Fritz lang…) et on en oublierait les trois quarts !
Ce qui me plait particulièrement dans New National Kid vient peut être du mélange de styles que Maruo met en place : dessins académiques pour certains personnages, qui empruntent au manga classique, au théâtre Nô, aux images populaires guerrières… Mêlés à l’énergie de certains traits et cadrages, à des scènes crues où on se surprend à tourner les yeux, à des déformations qui font plus penser à un travail de peinture qu’à du dessin…

New National Kid

Un bon manga à lire pour les fans de Suehiro Maruo… Pour ceux qui ne le connaissent pas, je ne pense pas que ce soit par contre la meilleurs porte pour accéder à l’œuvre de cet auteur que j’adore ! Un peu trop fractionné je pense pour un début… et ses histoires ne sont pas les meilleures. Tournez-vous plutôt vers L’enfer en bouteille ou Vampyre pour le découvrir !

« Trajets et itinéraires de la mémoire » de Serge Brussolo

Trajets et itinéraires de la mémoireJolie partenariat Folio que celui là : un recueil de nouvelles purement de science-fiction, des débuts de Serge Brussolo… Qui a ce rythme va finir par devenir un de mes auteurs français favori !

Je ne vais pas détailler toutes les nouvelles, mais comme le titre du recueil l’indique leur fil conducteur est celui de la mémoire, de la pensée, de la connaissance, de l’héritage.
Une écriture simple, intelligente mais pas pompeuse… Et surtout le don pour nous plonger dans son univers, nous amener avec lui !
J’ai vraiment bien accroché à plusieurs des mondes dépeints par l’auteur : la ville créé par les ordinateurs souterrain devenus fous (Vue en coupe d’une ville malade), la plate-forme et nécropole échouée où l’humanité tente de survivre (Comme un miroir mort), le musée aux proportion inouïe où une vie humaine n’est pas assez longue pour tout explorer (« Trajets et itinéraires de l’oublie »),…

J’aime la manière dont il s’empare d’un détail dans notre vie, le détourne, le pousse à l’extrême et regarde ce qu’il se passe à partir de là. Par exemple, que se passerait-il si la société pour lutter contre le bruit des industries, comme dans Off, avait mis en place des systèmes d’assourdissements et fait du bruit un tabou ? Faire du bruit serait puni de la peine capitale, la musique serait jamais plus forte ni rythmée qu’un slow, la population se ramollirait…
On retrouve dans ces nouvelles des thèmes récurrents tels ceux de l’emprise de dictatures (avouées ou non), l’ineptie de certain schéma comportementaux, le danger des mouvements de foules, la monstruosité et l’hybridation… Et au centre la recherche de réponses et l’envie de dévoiler les mystères de ces mondes.

La plupart des nouvelles m’ont vraiment plu, je ne peux donc que vous conseiller cette lecture ! Un superbe voyage SF !

Merci à Folio qui m’a une fois de plus permis de passer un bon moment en compagnie d’un de ses auteur 🙂

« Les pommes d’or du soleil » de Ray Bradbury

Les pommes d'or du soleilOpération fin de challenge Petit BAC 2013 avec ce roman du maître de la SF, Ray Bradbury. Les pommes d’or du soleil termine ma liste, pour la catégorie Aliment / Boisson.
On est loin de la science-fiction ou fantasy classique avec ce recueil de nouvelles de 1953. Certes, on retrouve beaucoup de récit de SF, mais aussi des histoires qui nous raconte le vie de personnages qui pourraient être nos voisins.

Ainsi j’ai été assez touchée par le nouvelle Un vaste monde au-delà des montagnes, qui raconte la fascination pour une vieille femme analphabète devant le savoir de son neveu venu chez elle en vacances : l’écriture ! Le voir écrire est déjà un plaisir quasi-mystique pour elle… mais en plus il accepte de rédiger des lettres pour elle. Mais à qui les envoyer quand on vit loin de tous, à la campagne ? Qu’on ne connait personnes d’autres que ses voisins ? Son neveu va donc écrire à des entreprises faisant de la pubs dans les journaux pour recevoir des catalogues et échantillons gratuits. Et là, la magie commence !
Mine de rien cette nouvelle représente bien la fracture technologique qui pouvait exister entre une personne recluse et analphabète hier, face à un simple lettré… Et  cela peut être transposé aujourd’hui  avec quelqu’un qui n’a pas accès au Web face à une personne qui surfe un peu. Tout un monde, tout un réseau s’ouvre à celui qui découvre ces nouveaux savoirs et usages.

D’autres nouvelles plus dans le genre SF sont aussi très riches et ont certainement inspirées beaucoup d’auteurs ou réalisateurs de cinéma. Le meilleurs exemple dans ce livre est Un coup de tonnerre : dans un monde futuriste on sait voyager dans le temps. Le nec plus ultra pour les riches citoyens, partir en safari préhistorique pour tuer des tyrannosaure. Mais ces chasses sont très encadrées pour ne pas créer un effet papillon : tuer une créature ou une plante dans ces temps anciens pourrait changer irrémédiablement le futur… ou plutôt le présent. Un film est sorti en 2005, librement tiré ce cette histoire.

Bref, quelques nouvelles très sympas, d’autres plus quelconques… mais ça reste tout de même du Bradbury, donc de la grande qualité ! A réserver aux fan peut être ?

Challenge Petit BAC 2013

« Histoires d’envahisseurs » – Collectif

Histoires d'envahisseursUn bon recueil de nouvelles de SF, vintage comme il faut, c’est bien sympathique tout de même 🙂
Et avec Histoires d’envahisseursde l’antédiluvienne collection Livre de Poche des Grandes anthologies de la Science-Fiction on a de quoi passer de bons moments ! Ce livre édité en 1983 et dirigé par Gérard Klein compte 19 nouvelles, écrites entre 1938 et 1974. Comme son titre l’indique, il y est question d’envahisseurs venus d’univers lointains pour botter les fesses de l’humanité… et bien d’autres choses encore !

Je ne vais résumer toutes les nouvelles, mais plutôt revenir sur quelques histoires « stars ».
Pour servir l’homme de Damon Knight est le grand classique qui m’a à l’origine donné envie de lire ce livre… car cette histoire m’avait traumatisée quand j’étais plus jeune dans un épisode de la Quatrième Dimension ! Ce fameux épisode où les êtres humains voient les extra-terrestres débarquer et leurs offrir des technologies révolutionnaires et un livre, « Pour servir l’homme » pour prouver leur volonté de faire le bien sur Terre. Sauf que ce livre s’avère être un livre de recette de cuisine…
La retranscription de La Guerre des mondes de Howard Koch, Anne Froelick et Orson Welles m’a permis de découvrir la célèbre histoire radiophonique qui a plongé dans la terreur l’Amérique en 1938. En rapportant sur CBS l’invasion martienne sur Terre, Orson Welles a créé un véritable chaos devenu mythique… et même poussé certains au suicide. Mais l’histoire ne s’arrête pas à cela et présente le monde après l’apocalypse extra-terrestre…
La Sentinelle d’Arthur C. Clarke est aussi une nouvelle célèbre, puisque c’est cette petite histoire datant de 1951 qui a inspiré Stanley Kubrick et lui a donné l’idée de 2001, l’Odyssée de l’Espace, co-créé avec le romancier de 1964 à 1968.
Et sa seconde nouvelle présente dans ce recueil, L’Homme et les Dieux en est aussi un prélude. D’ailleurs cette nouvelle est aussi dans le recueil L’étoile sous le titre A l’aube de l’histoire. Bizarre ce changement de nom d’une traduction à l’autre…

Globalement, voici de bonnes nouvelles rapides à lire, avec une fin parfois bonne, parfois mauvaise… Bref, il y en a pour tous les goût !
En général les cadeaux offerts par les extra-terrestres sont loin d’être gratuits… et le prix à payer est différent d’un auteur à l’autre !
J’aime particulièrement les nouvelles qui mélangent histoire et SF, comme La puissance de Murray Leinster, ou encore celle où l’être humain fait une petite culbute pour se sortir d’une situation qui semble perdue, comme dans Les Escargots de Bételgeuse de William Tenn…

Voilà donc une bonne lecture pour continuer mon challenge ABC, pour la lettre X… comme « collectif » 😉 !

challenge ABC