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« Detroit Metal City » de Kiminori Wakasugi (Etat du Michigan)

A priori cette série de manga n’aurait rien à voir avec le challenge « 50 états 50 billets«  et l’état du Michigan, si ce n’est son titre, car l’intrigue se déroule au Japon… mais il est pour moi l’occasion de parler un peu d’un genre musical que j’aime, le métal justement, et de la ville de Detroit !

Detroit Metal City est une parodie et un réel hommage à la scène métal et au style shock rock (rock et métal où les paroles, prestations sont conçues pour choquer, comme des scène de pendaison ou masturbation en concert, gobage de chauve-souris…), type Alice Cooper, Kiss, Iggy Pop, Twisted Sisters, Marylin Manson, Rob Zombie… le tout à la sauce japonaise : c’est une série pas sérieuse du tout et totalement absurde! Et c’est tant mieux, on se marre vraiment en suivant les tribulations du groupe DMC…

On suit Sôichi, qui vit un véritable dilemme… Le jour il est un chanteur pop fan de mode qui essaye désespérément de percer avec des chansons mièvres. La nuit il devient Johannes Krauser II,  le leader ultra charismatique du groupe DMC, compose des textes trash et joue un métal brutal, grimés en noir et blanc et habillé en  armure d’opérette, cape et platform boots !
Et bien entendu, une face ou l’autre de son personnage surgissent aux moments les plus inattendues et inopportuns ! Pourtant le gentil Sôichi fait tout son possible pour cacher l’irrévérencieux métalleux qui l’habite, et bien entendu personne ne sait qu’il est le célèbre chanteur de métal… mais quand il est en difficulté, le Krauser en lui vient toujours à son secours ! Tel super-man, il revêt son costume de scèneet devient un autre homme !
Un classique de l’humour, ce côté Dr Jekyll et Mr Hyde, mais ça passe bien et on se prend des fous rires devant certaines situations ou jeu de mots à la con 🙂

Les personnages secondaires sont excellents aussi ! La manageuse de leur label Death Record, les autres du membre du groupe Jagi et Camus, avec une mention spéciale pour ce dernier qui est un véritable pervers. On notera aussi au passage Yuri, avec qui Sôichi essaye de flirter, mais s’en prend toujours plein la poire par Krauser ^^
Autre personnage récurrent terrible, l’homme-porc, un masochiste en sous-vêtements féminin et talon haut qui aime à se faire maltraiter par les membres de DMC sur scène…
Sans oublier les autres groupes de métal, parfois amis ou ennemis, qui ont chacuns leur petit trucs sur scène pour se distinguer de leurs concurrents dans le cœur de fans (le groupe spécialisé dans la coprophilie, le groupe de punkette, les méga brutaux…).

Côté dessin, en revanche, ce n’est pas du grand art, mais finalement ça s’améliore un peu dans le temps, et ça ne colle pas mal avec le côté grand guignol de la série !
Saluont la traduction, qui à réussi a garder le côté comique de certains jeu de mots, sans tomber dans le pur franchouille (garder les anglicisme et tout) 🙂

Je conseille donc cette série aux amateurs de métal : les clins d’œil aux grands groupes font vraiment plaisir 🙂
La série n’est pas trop longue, 10 tomes, de quoi maintenir à peu près le rythme de bout en bout (il y a un petit coup de mou sur les tome 4-5 je dirais, mais rien de grave).

Mais revenons au Michigan ! Le nom du groupe DMC est une directe référence à sa scène métal et rock  de Detroit : elle est inspiré de la chanson de Kiss Detroit Rock City… Il faut dire que cette ville a été un tremplin pour par mal de groupe de métal classiques : Alice Cooper, Iggy & The Stooges, Kiss…

Alice Cooper

Detroit semble être l’endroit idéal pour le shock rock… elle a tout pour mettre la haine :x. Située avantageusement auprès des Grands Lacs du nord des USA, elle devient une grande ville industrielle au court du XXème siècle, et devient la capitale de l’industrie automobile. Sa population explose, mais au détriment de la qualité de vie : création de banlieue pauvres, pollution… Dans les années 70 des émeutes enflamment la ville et son particulièrement meurtrières. Aujourd’hui encore, le seuil de pauvreté est deux fois plus élevé à Detroit que dans les autres villes du pays… Et l’Etat du Michigan ne s’en sort pas mieux : celui-ci est en récession continue depuis 2001, et un des taux de chômage les plus élevé du pays.

Bref, le Michigan et Detroit, c’est pas particulièrement la destination vacances rêvée