Mots-clé : manga

« Tomié » de Junji Ito

Un nouveau manga de Junji Ito, le maître de l’horreur japonais, dans ma liste de livres lus !
Enfin nouveau, façon de parler, car cette série de 3 manga est sortie en France en 2004… Mais j’ai eu du mal à les trouver en occasion à un prix correct, car ils ne sont plus disponible en neuf !
Le premier chapitre de  Tomié est sortie initialement en 1987 au Japon, dans Gekkan Haloween, et la série durera jusqu’en 2000. En France l’histoire est sorti dans un recueil de 3 tomes. En 2012 une parution intégrale est prévue… avis aux amateurs !

Ce manga nous conte l’histoire d’une lycéenne, Tomié, belle et égocentrique, qui est assassinée par son professeur lors d’une sortie scolaire. Toute la classe sera témoin et complice de ce crime, chacun ayant la tâche de cacher un morceau de son corps.
Mais Tomié va revenir les hanter, chacun d’eux, mais aussi par la suite n’importe quel homme ou femme tombant sous sont emprise. En effet, Tomié renait de chacun des morceaux de son corps, et se multiplie à parti de ces « boutures »… Seul le feu peut venir à bout de son incroyable pouvoir !
Elle peut séduire n’importe qui et de lui faire faire ce qu’elle désire, jusqu’à ce que cette personne soit prise d’une irrépréhensible envie de la tuer et de la découper… Dur d’être autant aimé, et de s’aimer autant pour Tomié !
Au fur et à mesure des chapitres et de l’évolution du récit, on ne se focalise pas seulement sur Tomié et ses victimes, mais aussi sur les combats entre les multiples Tomié : jalouse et ne supportant pas la concurrence, même de ses doubles, chacune des Tomié tente de tuer les autres pour en devenir l’unique représentante !

Un manga assez sombre et gore, on est dans l’horreur « classique » je trouve, avec ces histoires de revenants au féminin, cruelle et mangeuse d’homme ! On est en plein mythe des yokai !
Je retrouve ici du Junji Ito comme j’aime, du type de Spirale, de beaux dessins, une histoire bien menée, de la cohérence.

Bref, j’aime et je conseille aux accrocs de l’horreur !
De mon côté il va falloir que je mette la main sur les animes et films adaptés du manga dans les années 2000 !

« L’île Panorama » de Suehiro Maruo

L’île Panorama est un manga paru au Japon entre 2007 et 2008 et édité en France en 2010. Comme pour La chenille, le scénario est tiré d’un roman de Edogawa Ranpo du même nom, paru en 1926.

L’histoire se déroule dans le Japon du début du XXème siècle. Hirosuke Hitomi est un écrivain sans le sou, fan d’Edgar Alan Poe (comme l’est son créateur Ranpo), qui a quelques difficulté à publier son roman, L’histoire de Ra… Ce récit expose le monde idéal dont rêve l’auteur, un paradis sur Terre, un vrai jardin des délices… C’est alors qu’il apprend que son ami d’université, Genzaburô Komoda, qu’il n’a pas vu depuis 20 ans, est mort. Celui-ci lui ressemblait comme un frère jumeau, mais était l’héritier d’une immense fortune.
Un plan insensé prend forme dans l’esprit d’Hirosuke : faire croire à tous que Komoda n’est pas mort et a été enterré vivant, usurper son identité et profiter de sa fortune pour créer son île paradisiaque…et vivre pleinement son rêve !

Un petit bijou empreint d’Art Nouveau que ce manga… je suis déjà fan du trait et de l’univers de Suehiro Maruo, mais ces références directe à ce style me rendent cet ouvrage particulièrement sympathique !
Certaines de ses cases sont comme des fenêtres ouvertes sur un monde onirique autant grâce à la forme qu’au fond, mais on va dire que c’est habituel chez lui. Cette fois c’est très visible je trouve car on est assez loin des univers glauques et de l’aspect eroguro de Vampyre ou de La chenille
Un monde en apparence plus positif, même si l’Ile-Panorama imaginé par Hosuke peut aussi être une malédiction caché sous une forme attrayante…

On comprend à cette lecture pourquoi il a remporté le Prix Tezuka de 2009 avec ce manga 🙂
Bref, je ne peux que conseiller, même si Vampyre reste mon petit préféré 😉

« The innocent » de Avi Arad, Junichi Fujisaku et Ko Yasung

Un manga assez spécial que The innocent, puisqu’il s’agit d’une coproduction americano-japonaise, qui se veut à la frontière du manga et du comics (Avi Arad est le producteur de Spiderman, The Fantastic 4… et il signe ici le scénario). L’avantage, c’est qu’il s’agit d’un one-shot (BD en un  volume) : rapide à lire, et pas besoins d’attendre une suite pendant de nombreux mois !

Accusé de meurtre, Ash passe sur la chaise électrique alors qu’il est innocent… Il renait sous forme d’un esprit de cendres, aidé par un ange, Angel, pour sauver les personnes qui comme lui sont innocentes, emprisonnées, et passibles de la peine de mort.
Rapidement on se rend compte qu’une mafia est derrière toutes ces accusations, et Ash n’aura de cesse de les poursuivre et hanter pour assouvir son désir de vengeance

Une idée de base assez séduisante, celle de l’esprit vengeur… mais finalement on reste sur sa faim. Le fait que cette histoire soit en un seul volume le dessert : les personnage n’ont pas de profondeur et sont parfois caricaturaux, l’intrigue est très simplifiéepas de suspens haletant donc.
C’est dommage, les dessins sont pas mal du tout… Mais on aurait aimé des dialogues et situations plus recherchées, plus de mise en perspectives des droits et devoirs des esprits et de leurs anges

Pas mauvais, mais pas génial non plus

« Hallucinations » de Junji Ito

Voici la seconde BD que j’ai choisi et reçu lors de la dernière Masse Critique de Babelio… Choix assez peu difficile dans la liste, car je suis fan de Junji Ito, et je n’avais pas encore acheté le dernier volume édité par Tonkam, Hallucinations.

Après La ville sans rue ou La maison de poupées, on retrouve ici plusieurs récits qui finissent par former une mini série de 6 chapitres. En effet, contrairement à ses manga cité ci-dessus, Hallucinations met en scène un personnage central récurrent, Oshikiri.
Ce lycéen vit seul dans une grande demeure au Japon, ses parents étant parti à l’étranger pour le travail. Il est assez solitaire, sans être associable, à quelques camarades… Mais il souffre d’un gros complexe : il est assez petit pour son âge, ce qui ne facilite pas ses rapports avec la gente féminine, ou lui attire des railleries de certains garçons de sa classe. Bref, le portrait classique de l’ado des histoires d’horreur !
Pour ne rien arranger, il se sent de plus en plus mal dans sa maison : il est en proie à ce qu’il pense être des hallucinations : des cadavres cachés dans le jardin, ses proches qui se transforment en monstres, des bruits étranges dans la maison,… Les gens à qui il en parle pensent que le fait de vivre seul lui monte à la tête et que son cerveau lui joue de tours… mais il semble bien que quelque chose de surnaturel gravite autour de sa maison

En regardant un peu où ont été publiées les histoires de Junji Ito, le Gekkan Halloween, magazine spécialisé dans l’horreur destiné aux filles, je comprends mieux la manière dont l’auteur tourne ses histoires et la manière dont il dessine.
Les traits des personnages sont fins, aussi bien les hommes que les femmes… Beaucoup de détails dans les décors, dans le côté sombre, comme toujours avec lui. Bref, j’aime toujours son dessin, assez classique dans le traitement des personnages, ce qui renforce les effets paranormaux du récit.
Le lecteur peut assez facilement s’identifier aux situations, car ils prennent racine dans le quotidien : l’école, le foyer… Le profil d’Oshikiri se brosse au fur et à mesure des chapitres, on s’attache en quelque sorte à lui et à ses problèmes. Comme ceux qui l’entourent, on se demande s’il n’est pas psychotique, avant de se dire qu’il se passe effectivement des choses étranges autour de lui.

Un manga sympa à lire si on aime le genre (et c’est mon cas :)), même si ça n’est pas le meilleur Junji Ito pour moi, qui reste encore et toujours Spirale (toujours pas mis la main sur Tomie…).
Je me demande s’il y aura une suite permettant de conclure l’histoire d’Oshikiri, maintenant j’ai envie d’en savoir plus 🙂 (mais je crains que ça fasse comme Gyo qui se termine un peu de manière abrupte…)

Encore merci à Babelio et aux éditions Tonkam !

« Pluto » de Naoki Urasawa

Après les géniaux Monster et 20th Century Boys, je me suis lancée en toute confiance dans la dernière série publiée en France de Naoki UrasawaPluto.

Cette série en 8 volumes est un hommage au maître de la profession, Osamu Tezuka, et de son célèbre manga Astroboy (Astro, le petit robot) créé entre 1952 et 1968. Le scénario de Pluto se base sur celui d’un cycle d’AstroboyLe robot le plus fort du monde.

Nous sommes dans le futur, où les robots et les humains vivent ensemble. Les robots sont contraints par les lois de la robotiques (ne connaissent pas la haine, ne peuvent pas tuer un humain…). Certains robots très perfectionnés possèdent une intelligence artificielle qui dépasse l’entendement. D’autres ressemblent comme deux gouttes d’eau à des êtres humains. C’est notamment le cas d’Astro et de sa soeur Uran, qui ressemblent à des enfants humains.

Mais quelque chose ne va pas : les robots les plus puissants du monde sont tour à tour détruits par une entité d’une force dévastatrice qui semble les avoir encornés… Le dénominateur commun de ces victimes : ils ont tous participé aux combats lors d’une guerre en Asie.
L’inspecteur Gesicht, robot ressemblant à un humain, mène l’enquête, et va tenter de découvrir ce qui c’est passé… lui même ayant le profil d’une future victime !

Si on croise bien Astro dans la série, il n’est pas à proprement parler le super-héros qu’on s’attendrait à voir dans l’histoire, même s’il est un personnage central.
Pas mal de questions se posent dans ce manga, que ce soit celle des lois robotiques, de la capacité que peut avoir une IA à fabriquer des sentiments comme l’amour ou la haine… Mais aussi une critique de la guerre et de la violence. On n’est pas dans un manga de baston de robots, même si la planète est en danger, mais plus dans une réflexion sur la place qu’ils pourraient avoir dans une société comme la notre…

Côté dessin et scénario, rien à dire, Urasawa est un génie ans les deux domaines je trouve ! Je retrouve là la touche graphique déjà vue dans Monster, le trait fin et le sens du détail de ce mangaka.
Comme cette série est courte, elle mérite une seconde lecture en entier : 2-3 mois entre chacun des volumes, c’est suffisant pour oublier des détails de l’histoire… est chez Urasawa les détails comptent pour construire sa trame narrative.

Bref, un manga agréable à lire, dans un style un peu enquête / thriller, où il est sympa de cotoyer des personnages déjà aperçu dans les animes d’Astro 🙂

« Death Note » d’Oba et Obata

Ouf, j’ai enfin terminée le dernier volume de Death Note, cette série de manga entamée il y a bien un an et demi dans la version « Black Edition » !
La première édition (2007) en France est composée de 13 volumes, et cette réédition en 6 tomes permet aux gens qui comme moi arrivent sur le tard de les collectionner dans un format très dark et très chic ! C’est toujours agréable d’avoir de beaux bouquins dans sa bibliothèque. Petit bémol sur la qualité des couvertures, jolies, mais très fragiles…. dans un sac à main ou dans le métro, vous devriez prévoir de quoi les protéger :s

Mais revenons au contenu du manga… comme je l’expliquais déjà à la lecture du volume 3, nous suivons Light Yagami au cours de ses 6 années en tant que possesseur d’un Death Note, période durant laquelle il endosse l’identité secrète d’un justicier et se fait surnommer « Kira« . Il ne joue pas les super-héros, mais plutôt le rôle de juge suprême, ayant grâce au carnet du dieu de la Mort (qui le suit partout) le pouvoir de tuer n’importe qui en inscrivant son nom dans celui-ci. Light voit donc une superbe occasion de se servir de ce carnet non pas pour servir ses propres intérêts, mais pour le rendre le monde plus juste.
Il est bien entendu poursuivi par toutes les polices du  monde, ainsi que par une unité d’agents très spéciaux dirigés par l’énigmatique et étrange L.

Bon, je vais m’arrêter là pour le scénario… Le côté thriller est souvent bien mené, pas mal de rebondissements, de personnages qui disparaissent ou de nouveaux qui apparaissent… L’histoire n’est plutôt pas trop mal ficelée au début.
Par contre à partir de la seconde moitié de la série, j’ai pris un peu moins de plaisir dans ma lecture. Les éléments qui mettaient un peu de piquant dans l’histoire (va t’il se faire attraper ou non ?), ou un peu rigolo (le dieu de la Mort et son addiction aux pommes, L. et ses manies), sont moins présents.
A la place, la narration se concentre un peu plus sur l’action, ou sur les combats psychologiques qui deviennent vite très long et ennuyeux (10 pages de face à face entre deux personnages qui élaborent leurs stratégie intérieurement pour piéger l’autre, ça devient vite rasoir). L’arrivée de nouveaux personnages permet de redonner un peu d’attrait, mais je ne les trouve pas toujours convainquant (le duo Mello / Near par exemple).
Il était temps que la série se termine, et je pense que les auteurs ont tiré au maximum sur le concept de la peine de mort, de la Justice, de la morale…
Arrivée au tome 6, j’étais pressée de voir clore tout cela… et heureusement, la fin de cet opus est un véritable feu d’artifice, un point final agréable et libérateur de cette histoire !

Malgré ma critique peut être un peu sévère, Death Note est une bonne série tout de même, assez shõnen finalement (combat psychologique et stratégique entre deux entités, Kira et L.). D’ores et déjà un classique à lire pour les fans de BD en tous genre !

« Wanted ! » de Eiichirô Oda

Bonne surprise avec ce manga reçu lors de la Masse Critique spéciale BD de Babelio !
A la base j’avais choisi ce livre pour mon copain qui est fan de l’anime One Piece, tirée du célèbre manga de Eiichirô Oda. Connaissant aussi un peu la série, et l’appréciant à petite doses (503 épisodes, ça commence à faire) , j’avais un peu peur avant de lire…
Mes craintes venaient du genre shõnen dans lequel s’inscrit One Piece, dont je ne suis pas particulièrement fan : c’est plutôt un genre pour garçons, rempli de baston et de compétitions de toutes sortes. C »est donc avec ces à priori que je me suis lancée dans la lecture de Wanted !.

Et bien en fait c’était super sympa ! Dans ce recueil d’histoires courtes, on retrouve les premières planches et histoires écrites et dessinées par Eiichirô Oda, quand il était collégien, étudiant, ou assistant de mangaka… entre 1993 et 1996. Et même si je ne suis pas une spécialiste, j’ai le sentiment qu’il est un petit génie du genre : toutes ses histoires tiennent bien la route et pourraient souvent donner lieu à une série, on a envie de tourner les pages pour connaître la fin, on est bien dedans. La mise en case est dynamique, ce qui est important pour les nombreuses scènes d’action… Et surtout son style de dessin est vraiment intéressant, épuré, simple, mais très expressif. Ce qui est amusant de voir au court des ces récits réalisées à des périodes différentes de sa vie, c’est l’évolution du trait et du dessin. Si il reste toujours plus ou moins attiré par les même personnages ou thèmes, sa technique évoque bien son évolution en tant que dessinateur.
Petites cerise sur le gâteau, Eiichirô Oda clôt chaque histoire par une petite explication sur la manière dont il a été amené à réaliser ces planche… instructif et sympathique !

La narration tourne tout à tour autour des cow-boys, de Dieu, d’un bonze et d’un démon, d’un escrimeur, et pour finir, de pirates. A chaque fois on sent une petite touche d’originalité et de délire, qui fera le succès de One Piece… et pour les fans de la série, on peut s’amuser à discerner les ancêtres de tel ou tel personnage (genre Zoro / l’escrimeur).
La dernière histoire est une sorte  de prototype de One Piece, avec Luffy et Nami dans les rôles principaux… mais la trame n’a presque rien à voir avec celle du premier épisode de One Piece. Mais rassurez-vous, il est quand même question de Fruits du Démon 😉

A lire pour les fans ou ceux qui veulent découvrir le manga One Piece… surtout qu’une édition Wanted ! + 1er volume de la série est commercialisée en ce moment 😉
Un bon moment pour moi en tous cas !

Merci à Babelio et aux éditions Glénat 🙂

« La chenille » de Suehiro Maruo

Je n’ai pas pu résister à l’envie d’approfondir un peu ma découverte de l’oeuvre de Suehiro Maruo, après la lecture deVampyre et La jeune fille aux camélias… J’ai opté cette fois pour La chenille, qui semblait très très bizarre et dérangeant à en lire les critiques sur le Web. De l’eroguro (style érotique grotesque) dans toute sa splendeur en somme !

La chenille est l’adaptation graphique du roman d’Edogawa Ranpo édité en 1929… Pour l’anecdote, si je vous dit que son nom est l’anagramme d’Edgar Allan Poe, ça vous donne quelques informations quant à ses goût littéraires 😉

Autant dans le roman que dans la manga, qu’ensuite dans son adaptation cinématographique de Hisayasu Satõ (Rampo Noir : The Caterpillard), La chenille raconte l’histoire du lieutenant Sunaga revenant de la guerre totalement mutilé : amputé des bras et des jambes, il est de plus devenu muet et sourd. Sa femme Tokiko va devoir s’occuper de lui, autant pour sa survie que son plaisir…

Ce manga est très dérangeant, et marque l’esprit… Il y a bien entendu son côté obscène, à la surface du récit,  dans la sexualité de Tokiko avec son mari devenu un homme-tronc, qu’elle voit comme un insecte, une chenille, juste capable de ramper et dévorer. Il peut à peine communiquer avec un petit crayon tenu dans la bouche, et griffonner des mots sur un cahier.
Tokiko prend peu à peu l’apparence d’une femme cherchant la satisfaction dans cette domination de son amant, devenant un objet de plaisirs et fantasmes, et tombe dans une sorte de perversion.
Mais au final, quand on y regarde de plus prêt, elle la seule à considérer encore son mari comme un être « encore » humain, que ce soit par ses soins (le laver, le torcher, le nourrir…), ou ses attentions (chercher à lui faire plaisir en lui montrant ses médailles, ou en lui faisant l’amour…), mais aussi dans ses colères.
Tous ceux qui admiraient et soutenait avant la guerre le lieutenant Sunaga maintenant le fuient et ont peur de ce que la guerre à fait de lui : sa famille et ses amis ne viennet pas le voir, l’armée lui verse une pension dérisoire pour ses bons services, … Seule son épouse est son lien vers le monde. Bref, La chenille nous met en face de l’homme et de sa solitude… et de se qu’on est prêt à accepter par amour ou par honneur.

Une lecture intéressante, dont le thème m’a pas mal trotté dans la tête… De plus c’est un véritable plaisir de retrouver les dessins et l’univers de Maruo ! C’est pas bon pour ma PAL, mais ça me donne envie de découvrir Ranpo en tant qu’auteur pour le coup… 😉

« Bakuman » de Ōba et Obata

Un petit post pour vous parler d’un manga dont la série est encore en cours en France (tome 6 sorti le 1er avril) et au Japon (12 volumes sortis), scénarisé et dessiné par Oba et Obata, les créateur du célèbre Death Note !

Bakuman nous plonge dans la vie de deux adolescents qui rêvent de devenir mangaka professionnels. Mashiro est plutôt très doué pour le dessins, et Takagi écrit des histoires très convaincante… il s’allient rapidement pour créer les premiers « nemus » (draft du manga) et planches pour les présenter aux concours du célèbre magazine  Jump.
Outre cette aventure auprès de l’éditeur, on suit la vie de lycéens des deux amis : premiers amours, comment concilier les cours et leur passion, petites histoires familiales… Enfin tout cela est assez anecdotique face au monde du manga !

On découvre, accompagné des deux personnages principaux et secondaires, le monde de l’édition de manga vu par des mangaka, les contraintes et joies de cette vie entre art et orientations commerciales, les termes techniques, le marketing… On a l’impression d’apprendre plein de choses au fil de chaque tome !
On suit aussi par la suite la vie dans la maison d’édition Jump, les réunions éditoriales, la manière dont fonctionnent les équipes d’éditeurs, comment sont choisis les mangas publiés etc… Le tout faisant largement référence à des mangas existant réellement ! Bref, on s’y retrouve très vite !

Les personnages sont attachants, pas trop ados « neuneu »,  même s’il y a bien des petites histoires sur le lycée, l’amours, les filles, etc…. mais je ne trouve pas ça trop présent finalement.
J’adore les persos secondaires, comme Eiji Nizuma, le petit prodige du manga qui est en fait complètement barré, ou encore Kazuya Hiramaru artiste malgré lui, aux tendances un peu maniaco-depressives… Bref, des situations et personnages bien vus, qui me font bien marrer lors de mes lectures 🙂
Même si on est dans un style shonen (adolescents en compétitions pour être publiés, la valeur du travail et de l’amitié, la réalisation de ses rêves etc etc), ça passe plutôt pas mal, les auteurs arrivent à éviter les ficelles trop grossières qui généralement m’exaspèrent dans ce genre 🙂

Côté dessins, j’avais déjà beaucoup aimé Death Note… là on est dans la même veine : réaliste, avec des tronches kawaii ou bizarre quand il faut,  des planches bien construites, un trait dynamique… Ce qui me plait aussi, c’est la manière dont ils intègrent dans ce manga de « faux manga » dessinés par leurs héros ou d’autres personnages mangaka, le tout avec des styles graphiques bien distinct. Ca donne un effet très riche à la BD !
Truc en plus qui me convainc : chaque volume est assez dense, il y a du texte, pas mal de chose à lire ou regarder… ça n’est pas un manga qu’on termine en 30 minutes de métro 😉 (il me faut 2 aller-retour pour lire un volume… prix bien amorti :D)

Bref, une belle plongé dans l’univers du manga ! C’est une série que je conseille à tous le monde, surtout pour les fans du genre qui apprendront plein de choses en lisants ce manga… Le 1er juillet, le tome 7 sort, ça laisse pas mal de temps pour avaler les 6 premiers 😉
Et je vous assure qu’à la fin de chaque volume, on a envie d’ouvrir le suivant pour connaître la suite 😉

« La Mosca » de Hyung-Kyu Kang

Encore une fin de série de manga !
La Mosca n’est pas à proprement parler un manga, mais son équivalent coréen : manhwa. Très influencé par la culture manga, j’aurai du mal à vous dire où se situe vraiment la différence entre les deux genre… outre le sens de lecture coréen qui est le même qu’en Europe. Un « je ne sais quoi » rend le manhwa plus dynamique, ou sensible, selon certain… vaste sujet à étudier 🙂

Quoiqu’il en soit, je suis cette série depuis maintenant 1 an et demi, qui s’achève sur un 7ème tome  sorti en mars dernier.
Une fin qui était souhaitable, non pas parce que la série avait perdue du souffle, mais justement pour ne pas risquer de perdre son rythme…

La société dans laquelle se déroule l’histoire est totalement accroc à la caféine, au point où elle devient quasiement une drogue…  « La Mosca » est un grand groupe mi agro-alimentaire, mi mafieux, gros producteur de café, dont l’objectif est de livrer de la cafeine de plus en plus puissante, pour rendre les consommateurs de plus en plus dépendants.
Sur une île surmontée d’une forêt vierge dense leur appartenant, ils ont installé leur siège (laboratoire, usine…), et font venir régulièrement du continent des travailleurs pour ramasser le café… En fait de café, il s’agit de chasser des monstres créés par « La Mosca », dont la corne est gorgée de caféine surpuissante !
On va suivre particulièrement Hiken, venu sur l’île pour retrouver sa soeur Hina qui a été emmené là quelques semaines avant lui. Il va rencontrer rapidement Nakaï, qui lui aussi recherche quelque chose sur cette île.

Bastons et action sont donc au rendez-vous ! On est plutôt dans le type seinen, vu les sujets traités : drogue, ultra violence, jeux de pouvoir… Dans un climat digne des pire épisodes survivalistes de Bear Grylls !
Les « récolteurs » de café sont confrontés à des monstres issus de croisement entre une fourmi caféophage et de n’importe quel autre animal, du moment qu’il est énorme et puissant… Nos héros seront donc confrontés à des abominations surexcitées par la caféine, eux même étant rendu accroc au café pour tenir le choc et continuer la chasse. Pas beaucoup de temps mort et de repos pour les personnages, ainsi que pour le lecteur ! 😉
L’histoire tournant autour du café est intéressante, je l’ai trouvé assez justifiée par rapport au marketing autour du café actuellement (surtout en Asie parait-il ?). Le côté action n’est pas désagréable, les méchants sont parfois effrayants, d’autres fois ridicules… Les héros eux, gardent bien leurs places de héros, sans tomber dans l’extrême du « super-gentil ».
Bref, un bon moment de lecture.

Pour ce qui est des dessins, j’étais un peu réservée au départ, trouvant les posture parfois trop statique… mais globalement c’est plutôt pas mal ! Les personnages principaux ont de bonnes têtes… Les monstres sont vraiment réussis je trouve : une espèce de tête de fourmi un rien kawaii, avec un corps d’un autre animal en dessous (éléphant, gorille…). Ca donne un hybride très étrange, surprenant, et finalement assez flippant !

Bref, je conseille si vous n’avez rien à vous mettre sous la dent en manga en ce moment, ça n’est peut être pas la BD du siècle, mais la série assez courte de 7 tome est homogène, tiens un bon rythme, et est plaisante à lire… Du bon quoi ! 🙂