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« Harry Potter and the Philosopher’s Stone » de J. K. Rowling

Harry Potter T1S’il y a bien un phénomène de société à côté duquel je suis passée, c’est bien celui des Harry Potter ! Un peu trop âgée pour être dans le lectorat cible, mais pas encore assez pour avoir envie de me plonger dans un univers pré-ado fantastique.
Les années ont passées (déjà 20 !), et je décide enfin de m’atteler à la lecture de cette série, en commençant fort justement par le premier opus, Harry Potter and the Philosopher’s Stone. Et oui, je m’ajoute une couche d’attrait et de difficulté peut être en lisant cet ouvrage dans sa langue originale, histoire de joindre l’utile à l’agréable et de parfaire un peu mes compétences en anglais.

Est-ce nécessaire de rappeler cette histoire que tout le monde connait soit grâce au livre, soit grâce au film (Harry Potter à l’école des sorciers chez nous). A noter que le film est une très bonne adaptation, bien que le livre apporte plus de détails je pense, et surtout d’ambiance.
Bref, pour ceux qui ont vécu ces 20 dernières années sur la Lune, Harry est un garçon de 11 ans, orphelin, qui est gardé par son oncle et sa tante qui le déteste. Le jour de son anniversaire il apprend qu’il est en fait le fils d’un couple de sorciers, et qu’il possède aussi des pouvoirs magiques… Il est alors invité à suivre ses études à la « Hogwarts School of Witchcraft and Wizardry » (Poudlard en France), où il va découvrir ce qu’il est vraiment, se faire des amis… et quelques ennemis. Harry va surtout vivre des aventures palpitantes, malgré l’ombre qui plane sur la mort de ses parents et qui semble ressurgir du passé, celle de celui qu’on ne nomme jamais : Voldemort.

Super découverte, je regrette de ne pas m’être plongée plus tôt dans ce livre ! Je suis tellement emballée que j’ai directement acheté les deux tomes suivants… Le niveau d’anglais est très accessible, du coup aucun soucis pour plonger dans ce récit plein de fantaisie (et de fantasy !), d’humour, mais aussi d’horreur par moment… pas si rose l’univers de la littérature jeunesse 😉

Et au passage, une lecture pour le challenge ABC !

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« Little Brother » de Cory Doctorow

little_brotherDernière lecture pour mes cours Coursera sur la littérature Fantasy et SF, cours qui ont été une super expérience : j’ai découvert plein d ‘auteurs, pu échanger avec d’autres élèves, lu et écrit en anglais, et ai eu le droit à des analyses très intéressantes des œuvres… J’attends mes notes maintenant 😉 !

On termine avec un roman américain assez récent dont je n’avais jamais entendu parler : Little Brother de Cory Doctorow. Ce roman est notifié partout comme littérature jeunesse / ado, mais son propos est suffisamment riche pour être lu par des adultes (un peu comme Hunger Games)
Gros avantage pour sa diffusion, il est paru sous licence Creative Common et est disponible gratuitement au format eBook (en anglais du moins). Pour la version française , il faudra se rabattre sur la version papier, et donc payante…

L’histoire se déroule dans un futur très proche, à San Francisco. Marcus et ses amis sont des ados de 17 ans, un peu geeks, comme beaucoup d’autres : ils aiment se retrouver pour boire un café, jouer à des jeux vidéos, surfer sur le Net… Mais leur vie va changer le jour où des terroristes font sauter le Bay Bridge : immédiatement après l’explosion ils sont raflés avec des centaines d’autres jeunes gens, et amenés dans une prison proche de la ville. Et quelle n’est pas leur surprise de voir que les personnes qui les ont kidnappés ne sont pas des terroristes, mais des membres de la DHS (Department Homeland Security). Après plusieurs jours d’emprisonnement, de torture et d’interrogatoire, ils relâchent la petite troupe… tous sauf Darryl le meilleur ami de Marcus.
Peu à peu, San Francisco se retrouve sous la coupe d’un état policier, mis en place pour contrer les actes terroristes. Mais est-ce bien les terroristes qui font maintenant régner la terreur ?
Malgré la peur et la pression, Marcus va peu à peu mettre en place un réseau Web alternatif, le XNet, qui permettra à ses amis d’échanger en toute sécurité. Mais peu à peu, à vouloir conserver sa liberté, il devient un ennemi de la nation

C’est très sympa de retrouver les quartiers San Francisco et l’ambiance de la ville. La cité hippie et trendy devient peu à peu un vrai enfer de biens pensants : pourquoi avoir peur des contrôle des communications et des déplacements, si on a rien à se reprocher ? Ces questions peuvent paraître un peu faciles, mais on voit qu’un pays peut vite glisser du côté de la dictature si on y prend pas garde.
Le côté révolte numérique prend un sens prémonitoire, surtout après les révolutions arabes, qui ont eu lieu 2 ans après la sortie du roman.
Par son côté très didactique (parfois trop), Cory Doctorow décrypte toutes les tendances politico-digitales actuelles pour les rendre accessibles au moins geeks d’entre nous : le réseau TOR, l’utilisation des puces RFID, le Partie Pirate, la vie d’Alan Turing (mon idole !)… Une sorte de guide du hacker pour les nuls 🙂

Une lecture sympa dans la ligne de 1984 et autres (Big Brother vs. Little Brother !), qui va vous apprendre beaucoup de choses je pense… Et qui en plus est très accessible en anglais !
Et j’en profite pour remplir une case de ma carte du Challenge Geek… le badge « geek » justement 🙂

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« The Left Hand of Darkness » d’Ursula K. Le Guin

The left hand of darknessJe touche à la fin de mes cours Coursera sur la littérature SF et fantasy… Voici mon avant dernière lecture !
Une fois de plus, je découvre un auteur, Ursula K. Le Guin, qui est le premier auteur à se voir décerner pour un roman le prix Hugo (prix des fans de SF) et le prix Nebula (prix de professionnels de la littérature SF) en 1969. Bref, un grand classique que j’ignorais totalement. A noter que ce roman est le sixième du « Cycle de l’Ekumen« .

Genly Aï, habitant de la Terre est envoyé comme représentant de l’Ekumen sur la planète Gethen, glacée et quasi déserte. L’Ekumen est une sorte d’association culturelle et mystique de sociétés humanoïdes basées sur différentes planètes, et leur objectif est de s’associer à de plus en plus de mondes pour former une intelligence collective.
Les habitants de Gethen ont une particularité par rapports aux autres races d’humains : ils sont hermaphrodites… ou plutôt neutre sexuellement. Ils sont androgynes physiquement, mais une fois par mois pendant quelques jours deviennent indifféremment mâle ou femelle.
Genly va devoir se fondre dans cette société, parlementer pour faire accepter son statut d’alien et leur proposer une alliance avec l’Ekumen. Mais si les guerres ouvertes n’existent pas sur cette planète, les batailles politiques et les intérêts personnels risquent de faire des dégâts…

Les différentes idées de l’auteur font de ce roman une fiction très étonnante et qui à mon avis va me rester en mémoire. D’abord le statut asexué des Getheniens, qui peuvent devenir homme ou femme en fonction de leur excitation hormonale tous les 26 jours. Une personne peut porter un enfant un jour, mais être plus tard père d’autres… Pour eux Genly est un pervers, toujours mâle et donc toujours en rut, alors qu’eux n’ont possibilité et désir de rapports sexuel qu’une fois par mois. Qui est vraiment le monstre ?
Le monde glacé est aussi intéressant : on se croirait en Sibérie ! Peu d’agriculture, peu d’animaux sauvages, pas d’insectes ou d’oiseaux volant dans le ciel, des repas frugaux avec peu de viande… Les habitants sont emmitouflés dans des fourrures, ont appris rapidement à ne pas à être exclus du groupe sous peine de mort, sont assez renfermés… Et même leurs mythes sont emprunt de cette imagerie glacée : tout est en noir et blanc, vie et mort, lumière et ombre…

Je l’ai lu en anglais pour une raison que j’ignore encore (j’ai de ces idées des fois :)) : La main gauche de la nuit existe en version française pour ceux que ça peut intéresser. En anglais j’ai un peu galéré… les champs lexicaux utilisés et l’univers fantastique ont rendu cette lecture un peu plus ardue que des précédentes, comme Les Chroniques Martiennes que j’ai trouvé plutôt simples à lire (bon, en même temps je le connais déjà bien en français ce livre).
Du coup j’ai peut être raté des subtilité dans ce roman… Les histoires de querelles politique par exemple me sont un peu passé par dessus la tête par exemple (mais il faut dire que ces thèmes là ne sont pas ma tasse de thé). Mais il m’a tout de même bien plu, tant l’univers est original.

Je le conseille donc aux fans de SF et fantasy, autant de prix pour un roman n’est pas anodin 😉
Je pense que je continuerai par curiosité, à l’occasion et en français, cette série.

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« The Country of the Blind » et « The Star » de H.G. Wells

H. G. Wells
H. G. Wells

Suite et fin des lectures de Herbert George Wells pour les cours Coursera de littérature fantasy… Pfffffiou ! La semaine a été bien chargée et j’ai terminé sur le fil ces deux nouvelles en anglais : The Country of the Blind et The Star. Un peu « blonde » (et peut être blind *humour*), je n’avais pas vu que la version française existait au moins pour l’un de ces texte : Le pays des aveugles. Mais bon, qu’est ce que je ne ferai pas pour bosser mon anglais moi ! 😉

The Country of the Blind
Dans une région de la Cordillère des Andes, Nuñez est en pleine ascension d’un sommet… Mais il tombe  dans une crevasse, dévale des falaises et se retrouve au milieu d’un pays légendaire, perdu et protégé par les massifs depuis des générations : « Le pays des aveugles« . Depuis des siècles ses habitants vivent reclus et sont tous devenus aveugles depuis des siècle. Voir est tout bonnement pour eux un mythe ! Nuñez, qui connait parfaitement ses citations et poncifs, sait qu' »au pays des aveugles les borgnes sont rois« , et décide donc de conquérir à lui seul cette contrée. Mais les choses ne vont pas se passer comme il l’entend…

The Country of the Blind m’a vraiment beaucoup plu. Au début je me suis dit : « Tiens, la version inversée de L’homme invisible« . Mais en fait c’est plus fort que ça, et beaucoup plus intéressant en mon sens que les aventures de Griffin l’homme invisible.
Dans un pays où ne vivent que des aveugles, et cela depuis des générations, le fait de ne pas voir n’est pas un handicap. Ils vont d’ailleurs prendre Nuñez pour un fou quand il leur expliquera ce que c’est, de voir ! Les rôles s’inversent entre la normalité et le handicap, ou aucun des protagonistes ne peut se mettre à la place de l’autre de fait : ils sont tellement différents à cause de leur perception du monde, qu’ils ne peuvent pas se comprendre.
Une très belle histoire sur la discrimination et les préjudices que je vous conseille de lire dès que vous avez quelques heures devant vous !

The Star
A l’orée de la nouvelle année, une étoile apparait dans le ciel nocturne… jour après jour, heure après heure, elle grossit, grossit… Certain sur Terre sont heureux et voient cela comme un bon présage, d’autres en revanche son effrayés et se demande déjà si les Cavaliers de l’Apocalypse ne sont pas en route pour faucher l’humanité.
Mais qu’est ce que cette étoile qui approche, devient de plus en plus chaude, et risque de ravager la Terre ?

The Star ressemblerait presque une nouvelle écologique, presque prophétique quand on voit noter situation actuelle… Il nous montre comment un événement de portée mondiale est interprétée par les terriens et surtout les impacts que cela peut avoir sur la planète. Un petit changement vu de loin, mais une catastrophe majeure si on y regarde de plus près (fonte des neige, tsunamis…).
Une histoire amusante et intéressante qui vaut le coup d’œil, et qui n’est pas sans faire penser à La guerre des Mondes.

Voilà deux courts récits très sympa… et plus particulièrement The Country of the Blind qui m’a vraiment emballé ! Un bon point pour H. G. Wells, dont je lirai les autres nouvelles dès que j’aurai un peu de temps ! 😉

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« Adventures in Wonderland » and « Through the Looking-Glass » de Lewis Carroll

Alice in wonderlandOpération Alice au Pays des Merveilles pour mes cours Coursera… et je m’en serait bien passé hihi 😉
J’ai l’impression que l’univers d’Alice ne laisse personne indifférent : on aime ou on déteste… Serais-ce là le signe des grandes oeuvres ? A priori oui, puisque notre prof de littérature de fantasy et SF nous l’a donné à lire et à analyser…
De plus il faut avouer que mon niveau d’anglais est vraiment juste pour lire, comprendre et apprécier ces deux livres. Tout est construit autour des mots et du rapport des personnages à ceux ci…
Tout ça pour dire que je suis mal barrée pour mon essai hebdomadaire 😡

Dans ces deux livres pour enfants (ils sont considérés comme tel, même si les adultes peuvent le lire bien entendu ;)), nous suivons Alice dans un monde onirique.
Dans Adventures in Wonderland elle poursuit un lapin blanc pressé dans son terrier, tombe et se retrouve aux porte d’un univers enchanté et totalement loufoque. L’utilisation de potions ou de nourritures vont lui permettre de grandir ou rétrécir à volonté… ou presque !
Dans Through the Looking-Glass le principe est un peu le même, sauf qu’elle passe au travers le miroir de son salon pour visiter un monde surréaliste, ou tout est inversé. Va se jouer au fur et à mesure de son exploration une partie d’échec géante, où elle passera du statut de pion à celui de Reine.

On rencontre forcément une foule de personnages que l’on connait au travers les dessins animés de Disney ou d’autres films, comme celui de Tim Burton. Le lapin, la reine de coeur, le Chapelier fou, le chat du Cheshire, les jumeaux Tweedledum et Tweedledee…
Mais n’étant pas une fan de cet univers, je n’ai pas vraiment pris de plaisir à les voir évoluer dans leur contexte initial…

Ce qui m’intéresse plus, c’est de savoir comment un homme comme Lewis Carroll en est arrivé à créer une histoire qui peut sembler sans queue ni tête (même si c’est faux), en pleine époque Victorienne, lui qui était professeur de sciences et avait fait le séminaire (bref, pas très fun)… et ses relations à la vraie Alice, 10 ans à l’époque, sont assez ambiguës, puisqu’elle est en quelque sorte la muse de l’auteur : il lui a raconté la première version de l’histoire Adventures in Wonderland lors d’une promenade en barque et lui a offert ensuite l’histoire écrite ; puis elle a été son jeune modèle pour ses photographies.

Bref, une lecture de classiques qu’il me fallait bien faire un jour ou l’autre… et bien c’est fait 🙂

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« Household Stories » des frères Grimm

grimmJe révise mes vieux classiques et mon anglais avec ce recueil de contes des frères Grimm, premier livre à lire pour mes cours en ligne sur Coursera : « Fantasy and Science Fiction: The Human Mind, Our Modern World« . Tout un programme n’est-ce pas ?
Ce cours pourrait être une balade de santé s’il ne fallait pas que je rédige chaque semaine un essai sur la lecture demandée… en anglais en plus ! Bref, je vais voir si je tiens le rythme 😉

En attendant j’ai relu avec amusement des versions des contes classiques de notre enfance : Cendrillon (Aschenputtel), La Belle au Bois Dormant (The Sleeping Beauty), Blanche-Neige (Snow-White)… Versions forcément moins édulcorées que celle de Disney, mais au dénouements parfois plus heureux que ceux de notre Charles Perrault national, qui lui par exemple laisse Le Petit Chaperon Rouge (Little Red-Cap) dans le ventre du Loup contrairement aux frères Grimm qui le fait ressortir de la bête par un coup de ciseaux du chasseur.

Ça a aussi été l’occasion pour moi de découvrir des contes que je connaissais pas du tout, mais qui semblent assez connus dans d’autres pays comme Rumpelstiltskin ou Rapunzel  (merci la série Once upon a time ;)).
J’ai aussi pu redécouvrir des histoires que j’avais entendu à l’école, comme le très théâtral The Fisherman and is Wife (j’avais joué le rôle de l’épouse lors d’un spectacle en CM2 :)).

Une lecture qui n’est pas désagréable, même si certains contes ne m’ont pas vraiment fait rêver… Les objets dotés de vie, les histoires d’animaux qui ressemblent à des fables m’ont moins intéressées que les grandes quêtes. Bref, je suis plutôt branchée légendes épiques qu’historiettes domestiques.
En revanche pour ce qui est des mythes des Princes et Princesses de contes de fées, je suis plutôt dubitative… j’ai l’impression que les couples princiers dépendent plus du destin ou de la magie que de « l’amour véritable ».
Par contre les valeurs familiales sont souvent mise en avant et encouragées : amour filial, celui de la fratrie… Mais comme dans les films de notre jeunesse, les belle-mère et demi-soeurs sont toujours de véritables plaies ! Bravo les familles recomposées !

Mais l’élément très libérateur dans ces contes par rapport aux versions en dessins animés : la punition des méchants ! Les contes regorgent d’inventivité, que ce soit les oiseaux qui picorent les yeux de la méchante belle-mère et des demi-soeurs de Cendrillon à son mariage, ou encore la belle-mère qui se retrouve nue dans un tonneaux rempli de clou, tiré par des chevaux jusqu’à ce que mort s’en suive (The Goose Girl, The three little men in the wood), la demi-soeur enduite de poix (Mother Hulda)…
Les animaux aussi sont martyrisés, principalement le Loup se fait une paire de fois découper le ventre et déposer une pierre dans l’estomac à la place de ses victimes (Little Red-Cap, The Wolf and the Seven Little Goats).

Un classique donc, que je n’aurai jamais lu intégralement sans Coursera… Pas la lecture de l’année, mais je suis tout de même contente de l’avoir faite.
Si cette lecture vous intéresse, le livre est disponible gratuitement et légalement sur le site du projet Gutemberg, ici. Cette édition anglaise est assez sympa, dans le sens où elle est illustrée par le mari de la traductrice… Joli travail d’équipe !

Cerise sur la gâteau, car il faut que j’avance un peu mes challenges : ce recueil de contes de fée me permet de remplir une case dans mon challenge Geek, catégorie magie, bien entendu !

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« Animal farm » de George Orwell

animal farmVoici encore un classique que je traîne dans ma PAL depuis quelques années… Ça doit bien faire 10 ans qu’on m’a donné ce livre, Animal farm dans sa langue originale, afin de me permettre de travailler un peu mon anglais. Heureusement, le challenge ABC est là pour m’aider à faire le ménage 😉
Ce court roman de George Orwell est surement aussi connue que son chef-d’oeuvre 1984. Il a été écrit en 1945, à la sortie de la Seconde Guerre mondiale, en réaction au régime communiste en URSS. Le mouvement passa selon lui de douce utopie égalitaire après les révolutions de 1917 à celle d’une dictature brutale dirigée par Staline.
Pour nous expliquer la manière dont ce changement de cap s’est effectué, Orwell prend le parti pris de l’allégorie : ses protagonistes sont des animaux, et le territoire des événements une ferme en Angleterre.

Mr Jones est un fermier anglais et possède la Manor Farm, où il fait son travail d’agriculteur : semer, récolter, élever des animaux pour leur viande, leurs œufs… Il a juste un petit problème avec la boisson et est ivre la moitié du temps.
Les animaux travaillent dur au service du fermier, mais profitent de leur soirées pour se réunir et écouter Old Major, un vieux cochon qui a des rêves pour tous les animaux : égalité pour tous, plus d’abattoir, plus de travail exténuant au profit d’un seul maître… Tous l’écoutent avec attention : les verrat Squealer, Snowball et Napoleon, les chevaux Boxer et Clover, l’âne Benjamin, la chèvre Murielle, les poules, les canards, le chat, les oiseaux…
Un jour Mr Joner, trop saoul, oublie de nourrir les animaux : c’en est trop ! Ils se révoltent et chassent le mauvais fermier de ses terres ! Maintenant, la ferme sera auto-gérée par les animaux : ils seront tous égaux, et feront tout pour ne pas ressembler à des humains ! 7 Commandements sont créés pour donner une base à cette société : pas d’alcool, interdiction de tuer ou d’utiliser de l’argent,… Un nouveau monde est en marche, dans la toute récemment renommée Animal Farm !
Mais malheureusement pour ces animaux, si les idées sont toujours bonnes, c’est leur exécution qui pose parfois problème : rapidement, l’utopie d’Animal Farm devient une tyrannie dirigée par les cochons, et leur leader Napoleon

Ce roman va nous permettre de découvrir comment l‘idéal de la révolution animale va se transformer en un asservissement pire (ou du moins pas meilleurs) qui existait au temps des humains.
Il nous explique très bien comment une excellente idées de liberté et de partage peut se transformer en dictature si une minorité prend le pouvoir par la manipulations et la violence, pour son unique profit.
Pour bien symboliser les choses, la ferme est divisée en 3 grands groupes : d’abord les cochons qui sont très intelligents et qui font dès le début office de cadres (ils savent lires et écrire, ils gèrent la fermes…), les moutons qui forment le gros de la force de production, auquel on peut joindre les vaches, chevaux, poules… se sont les suiveurs, le peuple. Et pour finir les chiens, élevés pour être le bras armé des cochons : ils grognent au moindre signe de protestation, mordent et tuent au besoin pour étouffer les envies de rebellions…

Le focus est souvent donné sur des techniques de manipulation , dont ont pu user et abuser les dictateurs dans « la vraie vie ».
Une des manière les plus frappante dans le livre est l’utilisation des masses, comme les moutons, trop bêtes pour apprendre les 7 Commandements. Pour eux on doit simplifier la pensée de base à « Four legs good, two legs bad », qui deviendra leur leitmotiv bêlant,…Cela n’est pas sans rappeler la novlangue de 1984, qui est plus un instrument d’asservissement que de culture.
La propagande est bien entendue utilisée et est dirigée par le cochon Squealer, qui donne de magnifiques exemples de contre-information, révisionnisme… Chaque privilège que les cochons souhaitent s’octroyer est savamment passé à la loupe de ce porte-parole, afin de monter un plan de communication, de manière à faire passer la pilule aux autres animaux.

On pourrait disserter des heures sur ce petit livre, au vue des grandes idées qu’il véhicule… J’ai bien entendu beaucoup apprécié cette lecture, surtout dans sa langue originale : je ne maîtrise pas l’anglais, mais une fois le vocabulaire de la ferme compris, ça va tout seul.
Un livre à lire ou relire en ces temps troublés où on entend des appels à « la guerre civile » et au « sang », qui nous rappelle de garder notre sens critique, et de ne surtout jamais rentrer dans le jeu des moutons, des cochons et des chiens !

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« Fifty Shades of Grey » de E. L. James

J’aurais pu passer à côté de ce best-seller de l’été, qui fait un carton dans les pays anglophone, mais intriguée par les reportage TV et mes copines de lecture (hein Petite Fleur :p), j’ai décidé de tenter l’aventure, dans l’espoir de découvrir en quoi Fifty shade of Grey peu bien défrayer la chronique !

Difficile de résumer objectivement ce livre… Autant vous le dire tout de suite, c’est presque ce qu’on peut faire de pire en littérature pour moi.
En gros c’est l’histoire d’Ana, timide étudiante de 21 ans, qui rencontre Christian, très riche PDG, jeune et beau comme un dieu. Elle n’a jamais eu de petit copain et tombe amoureuse de lui… Lui de son côté la trouve attirante aussi, et va lui proposer un truc pas commun. Plutôt qu’une bête romance, il lui propose de signer un contrat SM, car monsieur en tant que dominant rêve de la baiser et de lui donner quelques fessées.

Bref, je ne peux le résumer que comme cela : une pauvre fille qui se fait mettre la main dans le cerveau et dans la culotte par un manipulateur doublé d’un psychopathe.

Côté fond je crois qu’on renouvelle ici le roman féministe… !
Je plaisante bien entendu. Sous couvert de découverte des sens, elle est traitée soit comme une gamine de 5 ans, soit comme un chien, et en redemande. J’ai décroché à la moitié du bouquin et fini en diagonale tellement je trouve ça pathétique et révoltant… Pire, on fini par comprendre pourquoi il a envie de la taper, tellement Ana est neuneu et à le don d’énerver !

Pour le style, malgré le fait que je l’ai lu en anglais, je l’ai trouvé très pauvre : peu de vocabulaire, très répétitif dans la structure et les idées (les quoi ?!). Pas de quoi rendre l’histoire très excitante… Si, peut être deux ou trois scènes érotiques (et non porno comme on nous le fait croire parfois). Les personnage ont une psychologie extrêmement superficielle, limite blindés de tocs… Enfin cela donne parfois lieu à de franches rigolades, tellement c’est cliché et ridicule.
Quelques perles, triés sur le volet :

« Well, if you were mine, you wouldn’t be able to sit down for a week after the stunt you pulled yesterday. […] »

« Firstly, I don’t make love. I fuck… hard. « 

Malheureusement ces petits moments de poésie ne suffisent pas à rendre ce livre attrayant jusqu’au bout…

On sent très bien les influence « romance » type bit-lit de l’auteur, qui ne s’en cache pas : c’est un Twilight-like, une petite nana qui rencontre un mec qui a une belle gueule (et une grosse b***), côté dark, qui cache un mystère à découvrir… et elle va s’y cramer les ailes, forcément, mais lui aussi un peu quand même.
On retrouve dans la même mouvance le gros fantasme du fait de faire changer son « amoureux », pour un mec correspondant à ses besoins. Bien entendu il est dominant à cause d’un sombre secret, ce qui laisse présager la possibilité d’un changement. Ca ne serait pas drôle sinon, et ça ne permettrait pas de broder sur 3 tomes 🙂

Côté psychologie (de bas étage), on a des fond de vérité que E. L. James devrait garder en mémoire : les hommes ne réfléchissent pas trop, et les femmes réfléchissent beaucoup trop… et de manière très tordues parfois, ce qui donne naissance à des livres franchement pas géniaux.

Bref, je n’ai pas aimé, je trouve ça mal écrit et la morale plutôt bancale me gène… Sachant que les 2 autres tomes sont bien pires, je ne risque pas de remettre le nez dedans !

« Brokeback Mountain » d’Annie Proulx (Etat du Wyoming)

Une nouvelle pour changer, et lue en anglais faute de l’avoir trouvée en français pour mon Kindle… la lecture a été un peu laborieuse dans cette langue, mais j’ai une étape de plus dans mon challenge « 50 états, 50 billets » : le Wyoming !

Difficile de lire et de parler de cette nouvelle sans penser au film qui a été adapté de celle-ci : Le Secret de Brokeback Mountain, sorti en 2005, qui a raflé une quantité impressionnante de prix.
Brokeback Mountain est initialement une nouvelle d’Annie Proulx, écrivain américaine . Cet nouvelle fait parti du recueil Les Pieds dans la boue, mais est d’abord paru dans le magazine littéraire The New Yorker en 1997… A noter que cette nouvelle a fait recevoir à l’auteure un Prix Pulitzer.

L’histoire, je pense que tout le monde la connait : en 1963, deux jeunes cow-boys saisonniers, Ennis Del Mar et Jack Twist, vont mener au pâturage pendant  l’été un troupeau de moutons. Ils partent pour Brockeback Mountain où ils resteront en tête à tête plusieurs semaines… Aussi soudainement que rapidement, ils se retrouvent à vivre une idylle assez virile et qui n’a absolument rien de platonique, alors que tous deux clame ne pas être des « pédés ».
A la fin de cet été, chacun retourne dans son ranch, chacun à l’extrémité de l’état… 4 ans plus tard, Jack reprend contact avec Ennis : ils se sont mariés chacun de leur côté et ont des enfants… Mais ils s’aperçoivent rapidement que la flamme allumée à Brockeback Mountain est loin d’être éteinte !
Pendant 20 ans, ils vont donc vivre une relations secrète et discrète…

Ce récit va bien entendu plus loin qu’une simple histoire d’amour interdite… Dans les années 60, il est impossible pour deux hommes de s’avouer homosexuel, surtout à la campagne, et encore plus quand on est des cow-boy. Dans notre imaginaire ils représentent l’archétype même du mâle américain, et aujourd’hui encore les scènes de sexe ou d’amour sont assez troublante, il faut l’avouer !
Ennis et Jack sont dans une impasse : ils découvrent que leur relations entamée l’été de Brockeback Mountain n’est pas un simple « coup » pour rigoler ou s’occuper… leur relation est plus forte et profonde qu’une simple amitié, mais une vie à deux leur ait tout simplement interdite. Chacun va donc vivre une vie de couple terne et misérable, avoir une professions alimentaire pour soutenir leur famille, … bref aucun d’eux ne peut vraiment être heureux, sauf lorsqu’ils se retrouvent pour des « parties de pêche » une ou deux fois par an.
La fin est poignante aussi, je ne vous en dis pas plus, mais la moralité semble être que si on ne peut pas trouver de solutions à ses problèmes de coeur, il vaut mieux vivre avec et les assumer… plutôt que de les nier et cacher pendant toute une vie. Leçon de vie à méditer chaque jourla liberté, ça se choisi !

Une lecture sympa, mais en anglais… ou plutôt en américain : chaud les marrons pour moi ! J’ai déjà lu quelques livres en anglais, mais en général du classique type Death on the Nile d’Agatha Christie : un anglais scolaire, relativement simple à comprendre. Là c’est de l’américain de comptoir (même si ça aurait pu être bien pire !)… les expressions, la grammaire, le vocabulaire.. Il a fallut que je m’accroche ! Heureusement le texte est assez court 😉

En tous cas cette nouvelle est un vrai bol de fraîcheur concernant la description des paysages qu’on peut voir au Wyoming : on sent que l’auteur aime particulièrement cette région du Wyoming : Big Horn Mountain.
Comme pas mal d’état du grand Ouest américain, les endroits où la nature sauvage a gardé ses droits sont omniprésents… D’ailleurs ça n’est pas pour rien que les deux personnages de cette histoire sont payés pour protéger le troupeau des coyotes, qui ont l’air assez agressif (moi qui les voyait comme de simples renards) ! La chasse au wapiti, la pêche en rivière, les champs de fleurs sauvages… tout cela donne une image quasi magique de ce coin des USA.

Dans les faits le Wyoming est l‘état le moins peuplé des Etats-Unis, et qui a aussi la plus faible densité de population ! Un peu plus de 500 000 habitants, quand on compare avec les mégapoles comme New York et ses environs qui compte 20 millions d’habitants, on comprend mieux la mesure des choses…
Pour la petite histoire, Wyoming signifie « lieu de grande prairie« , et on imagine aisément que depuis son baptême les choses n’ont pas trop changé… Mais cela ne signifie pas que l’agriculture y soit très développé : le Wyoming est trop aride pour les cultures intensives. Les agriculteurs se tournent donc vers l’élevage, le ranching, et plus particulièrement dans les régions proche des montagnes Rocheuses.
Outre cela, l’état est un des principaux producteur de charbon et gaz naturel aux USA, mais a aussi du pétrole, sodium, uranium dans ses sous-sol (là ça fait moins envie).

Autre ressource importante, et pas des moindre : le tourisme ! Pour avoir vu ce que représente l’attrait des grands espace dans des parcs comme Yosemite et Grand Canyon, j’imagine bien ce que ça peut être dans ce qui est pour moi le joyau des parcs américain : Yellowstone ! Je rêve de le visiter, car pour moi il regroupe tout ce que j’aimerai voir et vivre : un parc très grand, bordé de montagnes, forêts, prairies ; des animaux en pagaille (loups, bisons, grizzli, puma, mouflons…) ; des sentiers de randonnée à ne plus en finir ; des attractions et points de vue mondialement connu : les geysers et les sources chaudes très colorées de Grand Prismatic Spring… Mes vacances idéale 😀
Mais il n’y a pas que Yellowstone, l’état compte beaucoup de parcs nationaux, et autres zones naturelles protégés… On peut par exemple y admirer The Devil Tower, vous savez, cette montagne bizarre qu’on peut voir dans Rencontre du troisième type de Spielberg…

Pour moi le Wyoming, c’est un passage obligé lors d’un futur voyage aux Etats-Unis !

« Linchpin: Are You Indispensable? … » de Seth Godin

Un titre assez racoleur, un peu « à l’américaine » quand on le prend en entier : Linchpin: Are You Indispensable? How to Drive Your Career and Create a Remarkable Future. En gros, comment être  l’élément pivot dans son domaine de travail !

Je suis partie sur cette lecture suite au prêt du livre, en anglais s’il vous plait, de mon ami Mickael qui a commencé à se brancher sur le développement personnel l’an dernier (son article sur le livre est sur son blog). Seth Godin est un des gourou du genre aux Etats-Unis, qui a écrit quelques livres déjà sur le sujet, et entretien aussi un blog. Bref, une référence !
A voir le titre donc, je me suis dit que j’allais avoir à faire à un manuel du winner en entreprise, orienté team leader etc etc… Et bien non, pas du tout !

Ici il est question de trouver le génie en soi pour devenir une référence dans son domaine d’activité. Un peu ambitieux peut être ? Et bien oui et non : Seth Godin nous convainc qu’on a tous un petit génie caché au fond de soi, parfois étouffé par son job et ses tâches quotidiennes, et qu’il suffit de s’arrêter et de réfléchir deux minutes pour prendre confiance en soi et le laisser sortir.
Il commence par expliquer en quoi le monde du travail a changé ces dernières années, en transformant le modèle classique dirigeant / exécutant. Le manager dit quoi faire, l’exécutant réalise les choses qu’il a à faire, ni plus, ni moins,… Mais maintenant certain collaborateur peuvent être des moteurs actifs de la création en entreprise, et c’est eux qui font qu’une boite marche mieux que ses concurrents (il suffit de voir des exemples type Apple et son marketing du design pour s’en persuader).  Ces personnes sont des « artistes« , qui comprennent comment fonctionne leur domaine, connectent les idées, proposent de nouvelles choses… et surtout n’ont pas peur de les mettre en oeuvre !
Ce qui nous empêche de devenir ces pivots, les Linchpins, c’est la peur d’après Seth Godin : cette angoisse issue de la petite école, où ses camarades ou le prof c’est moqué de nous parce qu’on disait une bêtise en classe, qu’on ne se comportait pas comme ses petits camarades, qu’on avait mal suivi une consigne… à partir de là, on comprend bien que l’école, le collège, la fac… sont des machines à formater pour un futur job d’employé, ou de manager… qui fini de nous laver le cerveau et ne nous offre plus que 5 semaines de congé payé et la retraite comme échappatoire.
Donc cette peur de se mettre en avant (a cause du cerveau reptilien qui régit l’instinct de conservation) nous empêche de nous réaliser… sachant cela, on peut travailler sur cette résistance au changement, autant chez nous que chez les autres !
Il explique aussi comment les société tribales du don (Marcel Mauss et compagnie) ont permis de créer  des liens fort entre les individus, où le cadeau est gratuit et spontané… contrairement au notre plus mercantiliste, ou un don sous entend un rendu. Il faut donc aussi apprendre à sortir de ce système action / récompense pour devenir une référence dans son domaine :  faire les choses avec passion sans attendre de primes du patron, être disponible pour les autres, offrir ses créations et idées… et les congratulation finiront par aller de soi ! Bref, un changement dans la logique « je fais mes 8h par jour et basta » !
Au final, pas sur que ça fonctionne dans votre emploi, mais au moins, ça donne envie de changer des choses !

J’ai bien aimé cette lecture, et je me suis souvent sentie concernée au fil des chapitres. J’ai la chance d’avoir fait des études en arts où sortir du cadre était une obligation (quoique… je me dis parfois que c’était pour se mettre dans un autre cadre), de travailler dans un métier de passion, le Web, où être créatif fait parti de mes attributions  (à un petit niveau bien entendu… mais l’essentiel c’est de s’éclater ;)), d’être intégrée à une équipe en conduite du changement, où j’ai un bon labo concernant les freins devant la nouveauté…
La réflexion sur mon métier, ça fait parti de mon lot quotidien (je me pose beaucoup de question, trop peut être)… j’ai donc soufflé et vu une lueur d’espoir en lisant ce livre, où le profil d’influenceur me fait rêver ! Voilà un nouvel objectif pour ma carrière. C’est la RH qui va faire une tête bizarre quand je vais lui annoncer « Je veux être une Linchpin ! »

Bref, je le conseille, même si je ne suis pas sûre de devenir indispensable du jour au lendemain, cette lecture m’a permis d’avoir un nouvel éclaircissement sur mon métier, et d’envisager autrement mon travail en équipe. Pourvu que ça dure ! 😀