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« Sans parler du chien » de Connie Willis

Sans parler du chienS’il y a un roman de science-fiction contemporain qui fait office de classique, c’est bien Sans parler du chien, écrit en 1997 par Connie Willis. Prix Hugo et Locus, des commentaires dytirembiques sur les forums et sites de lecture… Je ne pouvais pas passer à côté plus longtemps !
Voilà pourquoi il était dans ma liste du challenge ABC cette année. Au passage La chèvre grise qui en avait aussi entendu que du bien avait envie de le lire et m’a proposé une lecture commune.
Si bien que ça alors ? Et bien peut être pas 🙁

Ned Henry est historien à Oxford dans un futur proche. Dorénavant les historien ne font pas qu’étudier les traces du passé : ils voyagent dans le temps pour les constater de visu !  Pour le compte de Lady Shrapnel, Ned va parcourir le passé, afin de réaliser le rêve de celle-ci :   reconstruire à l’identique la cathédrale de Coventry, détruite par un bombardement lors de la Seconde Guerre Mondiale. Pour que le bâtiment soit parfait pour son inauguration, il ne manque que la potiche de l’évêque, disparue sous les bombes. Cette mission va conduire Ned a voyager dans l’Angleterre de la fin du 19eme siècle. Il devra faire tout son possible pour mettre la main sur la potiche, et essayer de réparer le futur en jouant les marieurs auprès de jeunes gens de la bonne société victorienne.

Ce roman fait parti d’une saga autour de l’université d’Oxford et de ses historiens voyageurs temporels, et en est le deuxième tome. C’est peut être pour cela que j’ai eu du mal à tout caler lors du premier quart du roman… Mais comme j’ai aussi trouvé le dernier quart assez brouillon, je me dis que c’est peut être tout simplement le livre qui est un peu brumeux.
Pourtant une fois dans le coeur de l’intrigue, dans la partie au 19eme siècle, j’ai vraiment bien accroché à l’histoire et ses personnages, que j’ai trouvé très amusants. Il faut dire qu’avec comme adjuvants un bouledogue et une chatte, je ne pouvais qu’aimer 😉
Mais tous le récit qui tourne autour de la réfection de la cathédrale de Coventry m’a beaucoup ennuyée. Les discours scientifiques autour des voyages dans le temps et leurs les décallages temporels m’ont été difficile à appréhender. D’où ce sentiment de chaos au début et à la fin du roman…

Bref, j’ai du mal comprendre l’engouement pour ce roman. Il n’est pas désagréable mais c’est pas un chef d’œuvre ultime non plus… Le mélange des genres, les références à la littérature anglaise à tout bout de champ doit jouer à son succès. Mais je suis tout de même déçue.

ABC-2015

« Le livre de la mort » d’Anonyme

Le livre de la mortOpération lecture commune avec La chèvre grise, histoire de finir la quadrilogie du Bourbon Kid, avant que le cinquième volume de ses aventures sorte à l’automne prochain !

Suite à la tuerie d’Halloween qui a eu lieu dans L’œil de la lune, les vampires ont été annihilés par le Bourbon Kid. Tous ? Non ! Le roi des vampire Ramsès Gaïus, sa fille Jessica et bien d’autres ont survécu, et projettent de prendre le contrôle de Santa Mondega, puis du monde entier ! Est-ce que le Bourbon Kid va revenir pour les détruire définitivement ? Rien n’est mois sûr… JD, le côté humain du Kid a repris le contrôle du personnage… Sera-t-il assez puissant pour mener à bien sa mission, et sauver du même coup sa petite amie Beth ?

Pas d’inquiétudes, on retrouve avec plaisir l’univers et les personnages habituels de la série. Sanchez est égal à lui même… c’est tout ce qui compte ! Et dans ce tome il devient même flic ! Tout un programme… Le côté décalé du récit, voir surréaliste, est aussi au rendez vous. Mention spéciale pour le Père Noël maléfique et le gang de petites scouts voulant étriper Sanchez.

On est donc content au début du livre, et pas mécontents à la fin… Mais il faut avouer que la série s’essouffle un peu avec ce quatrième tome. L’effet de surprise n’est plus vraiment présent, ce qui rend ce roman moins jubilatoire que d’habitude. Et pourtant il y a tous les ingrédients qui me plaisent : du sang, des vampires, de la baston, des zombies, de l’humour… Mais les schémas vu et revus dans les trois premiers tomes sont un peu plus visible et donc attendus ici. Et puis le fait que le Bourbon Kid ait dorénavant un nom et un visage retire aussi un peu du mystère de l’histoire, forcément… surtout maintenant qu’il a une petite copine.

Bref, une lecture à faire pour les fans du Bourbon Kid et pas désagréable, mais n’empêche… je m’inquiète un peu pour le cinquième volume… Ca va être très difficile de se renouveler !

Pour avoir l’avis de La chèvre grise sur ce livre, rendez-vous ici !

Ce livre me permet en outre de remplir mon objectif pour le X du challenge ABC !

ABC-2015

« Le monde selon Garp » de John Irving

Le monde selon GarpIl fallait vraiment que j’apprécie La Chèvre Grise pour accepter cette lecture commune avec elle : Le monde selon Garp de John Irving, un livre qu’on a plus besoin de présenter à en croire son nombre de fans ! Je ne peux pas parler de ce livre sur Twitter ou au bureau sans que quelqu’un rapplique pour lancer « C’est mon roman favori ! », « J’adore cet auteur »… Et moi de répliquer que j’ai été traumatisée par  les ours de L’hôtel New Hampshire l’année dernière…

Dans ce roman nous suivons les pérégrinations et réflexions de S. T. Garp, depuis sa procréation… Sa mère Jenny Fields, infirmière célibataire endurcie, était déjà un personnage assez atypiques dans les années 40. Mais son fils Garp va avoir lui aussi une vie peu ordinaire !
Pour plaire à la fille de son entraineur de lutte au lycée, Helen, qui est une dévoreuse de livres, il décide de devenir écrivain. Et il y arrive ! Entre épopée familiale, drames, moment beaucoup plus légers, les affres de la création, le tout sur fond de luttes féministes et de problèmes de couples… et de bien d’autres choses encore. Garp va croiser toute une panoplie de personnages sympathiques ou antipathiques, qui vont rendre sa vie riche et pleine de rebondissements… et surtout lui inspirer ses romans.

Bonne nouvelle, j’ai apprécié les aventures de Garp, même si le personnage en lui-même m’exaspère. Grosse avancée par rapport à mon dégout de la famille de L’hôtel New Hampshire ! Mais un ou deux trucs me gênent tout de même…
D’abord le côté auto-fiction ou autobiographique de Garp par rapport à Irving… Je ne savait pas si Garp était son « avatar » dans ce récit, mais le choix d’utiliser des motifs déjà vus dans L’hôtel New Hampshire m’ont fortement laissé penser cela : Vienne, les ours, les prostituées, les relations hommes / femmes, le viol, les morts accidentelles… En plus Garp est écrivain, si ça n’est pas une projection 😉
Dans les faits ce récit semble effectivement mêler la réalité de la vie d’Irving et fiction. Comme Garp, Irving romance son quotidien, et se sert peut-être de cette histoire pour exorciser ses craintes et ses doutes.
Finalement j’ai souvent eu l’impression de lire un livre avec pour thème l’égocentrisme, que ce soit celui de Garp ou en poussant plus loin celui de John Irving…

Autre point qui m’a gêné, c’est que j’ai trouvé certains passages longs, voir trèèèès longs. Certes ce roman ne se lit pas vite, et la plume et l’humour de l’auteur s’apprécient lentement… 2 semaines et demie pour le lire, pour moi c’est rare ! Mais ce qui me dérange c’est d’avoir eu l’impression de buter et d’être embourbée dans des pans énorme du livre. En fait j’ai eu l’impression de vraiment commencer à l’apprécier à la moitié.

Bilan en demi-teinte pour moi… Je ne peux pas dire que je n’ai pas aimé ce roman, qui est très bien écrit, parfois drôle, parfois dramatique… et l’auteur saute de l’un à l’autre en un clin d’oeil ! Je comprends que beaucoup de lecteurs aiment cet auteur aussi, qui a une imagination débordante et fascinante… un rien baroque et excessif ! Mais le temps m’a parfois semblé long tout de même en compagnie de ces personnages… Bref, John Irving n’est peut être pas fait pour moi !

Au passage, je vais utiliser ce titre pour valider l’entrée « Prénom » du challenge Petit BAC 2014 ! 😉

Challenge petit bac 2014

« Le Cimetière du diable » d’Anonyme

Le cimetière du DiableLa chèvre grise (ex Petite Fleur) m’a embarqué dans la suite de la saga du Bourbon Kid pour une lecture commune pleine d’action, de baston, de créatures méphitiques et de rock ‘n roll ! Sans sa proposition de lecture commune, je crois que je n’aurais pas ouvert ce troisième volume, au titre qui sonne comme un présage ! Mais finalement, un tome par an, c’est un bon rythme… et après Le livre sans nom et L’œil de la Lune, c’est avec plaisir que j’ai découvert Le cimetière du Diable.

L’histoire se situe 10 ans après la première nuit d’Halloween sanglante du Bourbon Kid, celle où il a du tuer sa mère vampirisée… et donc 7 ou 8 ans avant les épisodes du Livre sans nom
Sanchez, le fameux gérant du Tapioca Bar, a gagné un voyage exceptionnel : un week-end de rêve au milieu du désert, dans l’hôtel de luxe « Le Pasadena », pour assister à un concours de chant annuel « Back from the dead » ! Comme son nom l’indique, la seule règle à ce concours est de d’imiter et de reprendre des titres d’artistes morts… On va donc voir s’affronter Michael Jackson, Freddie Mercury, Judie Garland…  et même Elvis, incarné par un tueur à gage très cool… !
Des dizaines de chanteurs amateurs vont tenter leur chance pour accéder à la finale, et obtenir un contrat et un gain d’un million de dollars auprès du propriétaire de l’hôtel, Nigel Powell !
Mais gagner à ce concours est-il vraiment un cadeau ? Les rumeurs les plus folles courent sur Powell et son hôtel… Il l’aurait obtenu en signant un pacte avec le Diable… Et de plus, il parait que des centaines de personnes disparaissent dans le désert chaque année, à Halloween… Quels dangers vont devoir affronter les concurrents et les spectateurs ? Et qu’est-ce que le Bourbon Kid vient faire dans ce coin paumé du désert la veille d’Halloween ?

On ne peut donc par vraiment parler de suite, plutôt d’un prequel, voir d’un midquel… Mais on n’apprend pas grands choses de plus sur nos personnages favoris, même si le fait de les voir dans une autre aventure m’en a rendu certain plus sympathiques.
Par exemple Sanchez, le gros balourd du Tapioca bar… Le mec un peu gauche et dégoutant, tordu et peu courageux, qui propose de la pisse plutôt que du bourbon aux clients qu’il n’aime pas. Et bien dans Le cimetière du Diable il est exactement pareil, sauf qu’il a gagné en potentiel comique je trouve. Et il est parfois presque touchant, voir gentil !
Elvis qu’on avait un peu vu dans le premier épisode, mais qui était malheureusement mort bien trop vite… et bien là on a tout le temps d’en profiter ! Il est vraiment trop cool 🙂
A côté d’eux toute une brochette de personnage hauts en couleurs…  Avec le concours de chant où des musiciens doivent camper des artistes morts, on a de beaux cas ! Certains d’entre eux m’ont  vraiment fait sourire, à la lecture de leur show 🙂
Finalement le Bourbon Kid est assez anecdotique dans ce récit ! On va juste s’apercevoir qu’il n’est pas juste un gros psychopathe buté… mais ça on s’en doutait un peu (ou du moins on l’espérait !).

Pour ce qui est de la baston, après les vampires, on a le droit à un nouveau type de créatures que j’aime beaucoup… mais je ne vous en dirais pas plus 😉

En bref, une lecture sympa, qui souffre de petites longueurs au milieu, car on se demande parfois où l’auteur veut aller. Mais on est vite remis en selle pour un final explosif !
Si vous avez aimé les deux premiers tomes, vous aller aussi adhérer à celui-là !

Au passage, ce livre me permet de valider le lieu dans le challenge Petit BAC 2014.

Challenge petit bac 2014

« Le Faiseur d’histoire » de Stephen Fry

Le faiseur d'histoireL’année commence de la meilleure des manières avec cette lecture commune avec Petite Fleur, qui me permet de valider la lettre « F » du Challenge ABC – Littératures de l’Imaginaire.
Ce roman de Stephen Fry nous plonge dans une aventure qui mélange humour, science-fiction et uchronie d’une main de maître, avec une touche de délire à l’anglaise qui n’est pas pour me déplaire.
Bref, je n’ai plus qu’une envie, découvrir d’autres livres de Fry, ce touche à tout britannique connu Outre-Manche en tant qu’acteur, humoriste, réalisateur, scénariste, présentateur TV, voix de livres audios,… et aussi écrivain ! Un vrai monument national là bas !

Michael Young est étudiant en histoire à Cambridge, à la veille de remettre sa thèse à son professeur. Après tant d’années de travail et de recherche, il est persuadé de réussir haut la main cette dernière étape de ses études… et il se voit déjà lui même professeur, sa thèse éditée, avec un avenir radieux pavé de gloire.
Mais cette journée où il doit rendre sa thèse se passe mal : sa petite amie Jane le quitte en emportant la voiture, il reçoit du courrier qui ne lui est pas destiné, il fait tomber sa thèse non reliée dans le jardin du campus… Une occasion pour lui de rencontrer le vieux professeur Leo Zuckermann, spécialisé dans la physique. Celui-ci l’aide à ramasser les feuillets et semble très intéressé par le sujet de la thèse de Michael : les jeunes années d’Adolf Hitler. Leo est lui même obsédé par le génocide des Juifs et la Seconde Guerre Mondiale. Quel secret cache-t-il ?

Nous voilà donc devant un sujet sérieux, traité d’un point de vu original avec un ton très fun et décalé.
Que serait le monde si Hitler n’étais jamais venu au monde ? Voici bien une question qu’on a tous du se poser au moins une fois dans sa vie… Notre société serait-elle meilleure ou pire ? La technologie serait-elle plus en avance ? Quelle chemin aurait pris l’humanité sans la présence de ce « monstre » pour pervertir l’histoire ?
Ou alors, un être encore plus intelligent, ou plus malin, ou plus stratège, ou plus fort… aurait-il pu émerger ? Et si ce leader qui n’a jamais vu son sacre avait été moralement pire que Hitler ?
Et si, finalement, un seul homme ne change pas profondément le cours de l’histoire ? Si la volonté d’un peuple et d’une société à un temps T créait son destin pour les années à venir ? Et si les passions des hommes mettaient  l’histoire d’une nation sur des rails,  tel un train en marche, et peut importe qui en est le conducteur ? En gros, que dans une Allemagne antisémite et humiliée par la défaite de 1918, n’importe qui ou presque aurait pu remplir le vide…
En revisitant l’histoire comme il l’a fait, Fry nous offre sa réponse, mais comme dans toute bonne histoire de SF, nous permet de nous poser des tonnes de questions !

Outre le fond philosophique du roman, j’ai beaucoup aimé le personnage de Michael, plein d’humour, très contemporain… Et le style de Fry est un vrai régal ! Le petit truc sympa dans la structure, c’est la manière dont l’auteur a alterné ses chapitres : l’histoire de Michael, celle de la jeunesse de Hitler… puis ça change un peu 😉

coup de coeurUn vrai coup de coeur, que je vous conseille cette lecture même si vous n’êtes pas branché science-fiction ! Maintenant il va falloir que je me trouve d’autres romans de Fry à mettre dans ma PAL ou ma wish-list !

challenge de l'imaginaire ABC 2014

 

 

« L’Oeil de la Lune » d’Anonyme

L'oeil de la luneOpération lecture commune avec Petit Fleur, histoire de vider nos PAL en mode « équipée sauvage » ! Et avec L’Oeil de la Lune, il y a intérêt à savoir être sauvage 😀
Après Le livre sans nom, nous retrouvons dans ce second volet le Bourbon Kid et une bonne partie des habitants de Santa Mondega dans de nouvelles aventures (du moins ceux qui ne sont pas mort lors du précédent massacre du Kid).
De l’action, de l’humour et des hectolitres d’hémoglobine sont bien entendu au rendez-vous, dans ce très réjouissant roman toujours emprunt du style de Tarantino !

Santa Mondega, un an après la dernière boucherie du Bourbon Kid
Le gang de vampire « Les sales porcs », composé de 3 policiers corrompus, a en sa possession le fameux Saint-Graal, qui permettrait d’obtenir un pouvoir quasi divin : s’ils boivent dans ce calice le sang d’un humain, d’un vampire, et d’un descendant direct d’un immortel, ils obtiendront une puissance inégalable !
Mais cela ne sera pas si facile, car le dernier descendant connu des immortels n’est autre que le Bourbon Kid ! Et il n’est pas prêt de se laisser faire, entendu qu’il sème encore et toujours la mort et la désolation sur son passage…
Vampires et loups-garous sont au rendez-vous, ainsi que toute la faune habituelle de Santa Mondega : bikers, barbus, rockeurs, putes… Le barman Sanchez au mieux de sa forme, avec la reine des vampires Jessica qu’il a encore sauvé et caché. Peto le moine bouddhiste se balade avec l’Oeil de la Lune qui rend invincible, Dante est en mission d’infiltration dans un gang de vampires pour sauver sa copine Kacy… Et tout ce petit monde va finir par se recroiser !
En trame de fond, on en apprend aussi plus sur les origines du Bourbon Kid, son adolescence, son premier amour, et ce qui l’a fait devenir ce qu’il est : un assassin froid et sans pitié, à la recherche perpétuelle de vengeance !

Une lecture sympa, même si l’effet de surprise est réduit cette fois-ci… Il n’en reste pas moins que l’humour et la touche dark de l’auteur est toujours bien présente. De plus le suspense et la tension montent au fur et à mesure de la lecture ! Comment nos héros favoris vont s’en sortir ? Les ennemis du Bourbon Kid vont-ils mourir ou beaucoup souffrir et mourir ? Les nouveaux seigneurs des Enfers vont-ils réussir à obtenir l’Oeil de la Lune et le Graal ?
J’ai retrouvé les anciens personnages avec plaisir, et la plongée dans le passé du Bourbon Kid m’a beaucoup plu.
Pour tout cela, on peut mettre au même niveau le premier et le second volume de la saga du Bourbon Kid !

En parcourant ce roman, je m’aperçoit que l’univers décrit me parle assez : ça me rappelle en vrac des films que j’aime beaucoup comme Une nuit en Enfer,  Vampire Hunter D Bloodlust… Des créatures de la nuit, un background entre far-west et univers rock : c’est velu, et j’aime ça !
Bref, une lecture jubilatoire, parfaite à lire quand on a vraiment pas envie de se prendre la tête !

L’Oeil de la Lune en plus d’être un roman fort sympathique me permet de valider une entrée pour le challenge Petit BAC 2013, pour la catégorie « Partie du corps » ! C’est pas bien foutu ? 😀

Challenge Petit BAC 2013

Et si vous voulez savoir tout le bien que Petite Fleur pense de ce roman, son billet est en ligne par ici !

« Ubik » de Philip K. Dick

Opération lecture commune avec Petit Fleur, histoire de se motiver à se lancer dans ce classique de la SF.
J’aime bien la SF en général, mais allez savoir pourquoi, Ubik, j’en ai tellement entendu sur son herméticité que j’avais un peu peur de m’y atteler.

Ce roman a été écrit en 1966, et a été publié pour la première fois en 1969… Pour situer, c’est le roman que Philip K. Dick écrira juste après Les androïdes rêvent-ils de moutons électriques ? (roman à la base du scénario de Blade Runner). Philip K. Dick avait déjà derrière lui une bonne douzaine de roman en écrivant Ubik, considéré comme son chef d’œuvre.

Il faut avouer qu’Ubik est assez difficile à résumer.
L’histoire débute en 1992, sur le continent Nord Américain. Dans cette société ultra capitaliste et anxiogène, la guerre de la sécurité se joue sur l’espace de l’intimité. Comme dans Minority Report, des personnes ayant des pouvoirs psioniques peuvent violer l’esprit du citoyen lambda, comme les précogs peuvent prédirent ce que n’importe qui fera demain, les télépathes lire ou influencer les esprits… Pour contrer cela, des entreprises sécuritaires louent des services d’anti-psi, personnes pouvant annihiler les pouvoirs des psis. Se dessine sur ce fond la lutte entre Hollis, à la tête des psi, contre Runciter, patron d’une société anti-psi.
Runciter recrute une grosse équipe d’anti-psi pour contrer les meilleurs éléments d’Hollis : une dizaine de spécialistes dans chaque domaine, dont Joe Chip, testeur de champ de pouvoir psi, et une nouvelle recrue mystérieuse, Pat, qui a des pouvoir d’anti-précog et de modification du passé.
Arrivés sur le lieu de début d’enquête, sur la Lune, une explosion va tuer Runciter… et en revenant sur Terre avec le corps, l’équipe d’anti-psi va découvrir qu’il se passe des choses étranges, quel la réalité ne semble plus être la même, comme si le temps n’avançait plus normalement, mais qu’ils étaient tous en train de remonter le temps !

Nous suivons dans le roman Joe Chip, qui a un peu un profil de looser, toujours à sec (difficile dans ces conditions de payer les automates de la vie de tout les jours), manquant de confiance en lui… Personnage sympathique, quoique peu charismatique.
Beaucoup de thèmes enrichissent l’histoire, créant une trame très serrée, mettant en forme un univers très cohérents. Par exemple le lien à la mort : les personnes décédés sont immédiatement cryogénisées et stockées dans des morarium dans des capsules individuelles. Grâce à un procédé spécial, les vivants peuvent demander à parler avec leurs « semi-morts », mis en état de réveil pour l’occasion, et pour une temps cumulé donné (genre 15 jours). Ainsi nous voyons au début du roman Runciter demander des conseils sur la stratégie de l’entreprise à sa femme morte depuis un demi siècle.
Et il y a bien d’autres axes de réflexion offert par K. Dick dans ce roman : la notion de travail, la robotique, le capitalisme, la morale et l’éthique, les voyages dans le temps, les différentes couches de réalité, …
Mystère courant durant tous le roman ou presque, les incipit en en-tête de chaque chapitre, ventant sous forme de publicité les mérites d’un produit multi-usage : « Ubik ». Il nous faudra patienter un petit moment pour découvrir à quoi cela peut bien faire référence 😉

Personnellement j’ai eu du mal à lire ce livre, à vraiment rentrer dedans… pourtant il n’est pas difficile au niveau stylistique… Mais je ne sais pas, l’univers ne m’a pas vraiment emballé. Je n’ai pas non plus été retournée par l’histoire, le suspense et l’enquête de Joe sur ce qui lui arrive à lui et ses collègues. Je comprend néanmoins en quoi il est considéré comme un monument du genre et le meilleur roman de l’auteur : la variété des genres (voyages dans le temps, pouvoir psi…), la modernité du roman, la trame complexe, et surtout les thème abordé qui peuvent facilement flirter avec la philo (l’éthique, le travail, la mort, la réalité, la pensée…).

Un livre à lire pour sa culture personnelle sans aucun doute… même si je reste un peu sur ma faim côté histoire.
Par ici, la note de Petite Fleur !

« L’élégance du hérisson » de Muriel Barbery

Encore un best seller avec ce roman de Muriel Barbery !
Nous avions envie de le lire avec Petite Fleur, elle m’a donc proposé de le lire en ce mois de janvier dans une lecture commune.

En faisant une recherche rapide sur cet auteur, je me suis aperçue qu’elle a travaillé comme prof de philo à la fac de Caen et à vécu à Colleville-sur-mer. Dans le coin de ma jeunesse tiens… Passionnée du Japon, elle est partie y vivre en 2008. On est faites pour s’entendre on dirait 😉
L’élégance du hérisson est son second roman, sorti en 2006, qui à gagné une flopée de prix (prix des libraires, prix littéraire de la ville de Caen…). Voilà pourquoi on en a tellement entendu parler, mais pas que : une adaptation ciné de Mona Achache avec Josiane Balasko, Le hérisson, est sorti en 2009 et a plutôt bien marché.

Pour l’histoire, pour faire simple, il s’agit de la retranscription des journaux intimes et notes d’humeur intérieures de deux habitantes d’un immeuble bourgeois parisien : Renée, concierge de 54 ans veuve,laide et farouche; et Paloma, collégienne de 12 ans,qui se pose beaucoup de questions et à des tendances autodestructrices.
Toutes les deux aiment le calme, contempler la beauté des choses, lire et réfléchir, se poser des questions et tenter d’y répondre. Quoi de plus normal pour Paloma, fille d’un politicien ? Mais cela n’est pas envisageable de faire preuve d’intelligence et de curiosité culturelle pour Renée, qui cache ce petit secret à tous les habitants de l’immeuble…

Pour tous dire, je me suis demandée pendant les 175 premières pages où on allait. On alterne chapitre après chapitre entre les visions de la vie de Paloma et Renée. C’est intéressant, très porté sur la philo et la réflexion sur le monde qui nous entoure… Mais par moment c’est un peu frustrant. Parfois trop intello, j’étais perdue, laissée au bord de la route… D’autres fois, on est plongé dans les réflexion de Paloma qui ne pense qu’à son suicide et à la manière dont elle va foutre le feu à l’apart de ses parents : un peu saoulant. Idem pour le trip lutte des classes de Renée, j’avais vraiment du mal à comprendre pourquoi elle cache depuis son enfance son intelligence…
Une fois cette première partie passée, un nouveau personnage arrive dans l’immuable immeuble : l’intrigue se noue et on démarre enfin le livre avec tout ce que ça suppose de tensions et de moments de détentes… Et là le livre devient vraiment pas mal 🙂
On comprend aussi pourquoi il met tant de pages à décoller. La construction narrative est intéressante, les événement coulent comme il faut…

De la à dire si ce livre mérite tout le battage qui a eu autour, je ne sais pas… C’est peut être la sortie du film qui l’a mis sur un piédestal ?
Ce qui me fait peur, c’est ce qu’ils en ont fait dans cette version cinématographique. Je me demande comment ils ont réussi à passer outre les anecdotes, et à rendre tout ce qu’on apprend en lisant ce roman (j’ai pu ma la péter lors d’une soirée en parlant de Marx et du capitalisme, thème évoqué entre autre par Renée dans une de ses réflexion).

Un bon moment passé, une peu une initiation… Des pages de vie, des petites joie, et beaucoup de mélancolie qui est une sorte de terreau à l’éveil de notre conscience. Un des rare roman qui a faillit me tirer une larme dans le métro aussi (je ne suis pas une geekette sans coeur !). Bref, j’aime 🙂

L’article de Petite Fleur sur ce roman est ici !