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« Mars la Rouge » de Kim Stanley Robinson

Mars la rougeGros morceau, ce premier tome de la trilogie martienne, Mars la Rouge. Mais je ne pouvais pas passer à côté de ce classique, dans ma PAL depuis un moment, et ressorti fort justement pour le challenge ABC des littératures de l’imaginaire !

Au 21ème siècle, des hommes et femmes américain, russes, français, japonais… partent coloniser Mars. Cent explorateurs, colons et scientifiques, dont l’objectif est de poser les premières pierres de bases martiennes, qui serviront à de plus large vagues migratoires. En effet, la Terre est noyée dans les guerres et la surpopulation. Mars est donc le nouveau territoire sauvage à apprivoiser, plein de promesses tant pour une existence sur place, que pour en exploiter les richesses : métaux précieux et rares, hydrocarbures…
Entre conflits politiques et amoureux, révolutions contre les multinationales et la création d’empires économiques, établissement de bases et prise du maquis pour certains… la vie sur Mars dans ces premières années n’est pas de tout repos. Surtout quand se pose la véritable question : doit-on terraformer Mars, en faire un monde vraiment vivable pour l’être humain, ou la laisser sauvage ?

Comme toujours avec Robinson, la précision de ses descriptions de paysages, l’imagination qu’il met dans les innovations qui permettent de poser le pied sur Mars et d’y survivre, nous permettent de complétement nous y voir. Un peu trop parfois : les tribulations politiques et économiques, les descriptions de paysages sans fin prennent largement le pas sur l’action… Mais cela donne un réel aperçu de ce que pourrait être la conquête martienne !

Moi qui regarde pas mal de documentaires sur le cosmos, les planètes habitables… Je me suis bien repérée dans ce livre. Nul doute que l’auteur a largement étudié les méthodes actuellement mise en place pour évoluer sur cette planète : entrainement dans des bases polaire, ergonomie des vêtements, types de transport, matériaux à utiliser sous de tels cieux… Tout y est ! Et quand on se dit que se roman date du début des années 90, on se dit que 25 ans ans plus tard, on y est presque, sur Mars !

Bref, un roman intéressant, mais avec quelques longueurs… C’est un peu dommage.
Mais il n’empêche : je vais tout de même mettre sur ma liste la suite de la saga, Mars la Verte, en espérant avoir des réponses aux questions restées en suspend à la fin de ce roman !

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« Elric, tome 2 : La Forteresse de la Perle » de Michael Moorcock

Elric 2Suite de ma découverte de cette saga classique de la fantasy, après un tome 1 lu l’an dernier, qui ne m’avait pas déplu. Et pour ne pas déroger à la règle, une entre pour le challenge des littératures de l’imaginaire !
Seul hic, je ne me souviens absolument pas de la fin du premier opus, Elric des Dragons… mais à priori, ça n’est pas handicapant.

Elric a quitté son Royaume de Melniboné et son trône, et se retrouve maintenant sur un nouveau continent, au milieu d’un désert. Alors qu’il était prêt à mourir d’inanition, il est sauvé et emmené dans la cité voisine Quarzhasaat. Mal au point et confondu avec un Voleur de Songes, il ne doit son salut qu’à une drogue mortelle qui lui permet de retrouver ses forces. Pour obtenir l’antidote a ce poison qui le dévore lentement, il doit aller à la recherche de la Perle au Cœur du Monde et la voler.

Voilà comment Elric l’albinos va se retrouver à sillonner le désert à la recherche de l’Oasis Fleur d’Argent. Monstre démoniaques, hordes d’assassins et de magiciens corrompus sont bien entendu de mise… sans oublier la jeune femme sexy qui en veut à son corps. Bref, de la fantasy très classique, voir trop !
Au milieu de tout cela un voyage dans les univers oniriques, où il est question de multiversTout ce que je n’aime pas en fantasy 🙁
J’ai fini par lire ce roman en diagonale. Trop de clichés, bien que je sois bon public habituellement…

Un gros bof pour cette suite ! Pour le moment je vais laisser tomber cette saga…

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« Un bébé pour Rosemary » d’Ira Levin

Un bébé pour RosemaryVoilà bien le genre de roman qu’on ne lit plus l’intrigue et son final, mais plutôt pour se remettre dans l’ambiance du célèbre film de Polanski, Rosemary’s Baby. J’avais mis cette lecture dans ma PAL il y a un petit moment, et le challenge ABC des littératures de l’imaginaire m’a enfin permis de me plonger dans la maternité satanique de Rosemary.

Rosemary et Guy Woodhouse emménagent dans l’immeuble de leurs rêves à New-York, le Bramford. La réputation sulfureuse du bâtiment, qui a un taux élevé de suicides, d’accidents mortels, et qui a hébergés des sorciers et des cannibales, ne les effrait pas. Pendant que Guy fait le tour des auditions pour trouver un rôle à la hauteur de son talent d’acteur, Rosemary redécore l’appartement, en rêvant d’enfants.
Le couple commence a côtoyer leurs voisins âgés et un peu bizarres, les Castevet, qui deviennent de plus en plus envahissants. C’est alors que la carrière d’acteur de Guy commence enfin à décoller, après que son concurrent le plus farouche devienne aveugle soudainement… ils vont enfin pouvoir mettre en route un bébé !
Rosemary tombe enceinte, et les Castevet et tous leurs amis deviennent un peu pressants, et sont toujours dans les parages, prêts à rendre service… Elle en est certaine, ça cache quelque chose ! Que lui veulent-ils, à elle et son enfant ?

La lecture de ce roman a été très agréable, malgré le fait que je connaissais déjà l’histoire. L’écriture d’Ira Levin, que j’avais déjà aimée dans Les femmes de Stepford et Un bonheur insoutenable, m’a encore enchantée. Les sensations, doutes, et craintes de Rosemary sont bien entendu plus détaillés que dans le film. On se plonge aussi plus dans la psychologie du personnage, tiraillé entre son rejet de sa famille religieuse, et son envie de revoir certains de ces membres, à l’approche de son accouchement… Et sans vouloir spoiler, la question de l’acceptation de sa maternité monstrueuse est aussi un point central dans l’intérêt de cette lecture.

Un bon classique à découvrir ou redécouvrir, qui a un petit côté suranné des années 60 (femmes au foyer, déco pop…), mais qui passe encore très bien aujourd’hui.

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« Les clans de la lune alphane » de Philip K. Dick

Ples clans de lune alphaneour la lettre D du challenge ABC des Littératures de l’imaginaire, la lecture d’un roman de Philip K. Dick s’imposait. Problème, avec cet auteur, j’oscille souvent entre l’intérêt (Le maître du Haut Château ) et l’ennui (Ubik). C’est donc avec attention que j’ai choisi Les clans de la lune alphane… de bonnes notes sur les sites littéraires, de quoi présager un bon moment de lecture.
Chuck Rittersdorf, programmateur pour la CIA, se sépare de sa femme Mary, psychologue. Celle-ci le harcèle depuis des années pour qu’il trouve un métier plus rémunérateur. Fatiguée et déçue, elle demande le divorce et compte bien le laisser sur la paille. Chuck va se retrouver à vivre dans un appartement voisin de parias de l’humanité, et surtout d’extra-terrestres. Après une tentative de suicide avortée, Chuck  va devenir ami avec un fongus de Ganymède, un alien qui lit dans les pensées. Ce dernier veut l’aider, et va le conduire sans le vouloir à changer sa vie si bien réglée.
Ainsi, Chuck va se retrouver au centre d’un conflit géo-politique entre une lune alphane et la Terre.
Il y a 25 ans, les habitants de cette lune étaient des malades mentaux exilés pour être traité loin de la Terre. Mais depuis, l’hôpital a fermé, et les malades se sont organisés en clans et en cités : les Mans (les maniaques), les Heebs (les hébéphrènes), les Pares (les paranoïaques), les Deps (les dépressifs)…
Aujourd’hui, la Terre veut récupérer cette lune… quitte à obliger ses habitants à se soigner. Pour auditer sur le bienfondé de laisser le contrôle de la lune à ses habitants, la CIA y envoit l’ex-femme de Chuck… Mary.

Cette lecture a été assez plaisante, car les univers construits par Philip K. Dick sont riches et accessibles. Voir les clans de la lune alphane évoluer est assez amusant. Chacun de ses représentants est un archétype de la maladie dont il est atteint. On se croirait parfois dans un seul et même esprit dérangé !
Au-dessus de cela, le volet thriller avec les aventures de Chuck Ritttersdorf, qui hésite entre se suicider et tuer sa femme… cette dernière pulsion va l’amener à se plonger dans les ennuis, pour notre plus grand bonheur !

Un roman de SF très dickien: une vision de la femme comme un castratrice, voir même un danger mortel. Cela sur fond de maladies mentales, dont l’écrivain n’était pas exempt : paranoïa, dépression… Justement, l’année où sort Les clans de la lune alphane, Philip K. Dick divorce pour la seconde fois, plonge dans une dépression, après avoir mal vécu sa vie de couple où il se sentait déconsidéré… Doit-on voir le roman comme une autobiographie déguisée, ou comme une catharsis ?

Une bonne lecture pour qui veut découvrir l’univers de l’auteur, et qui me réconcilie un peu avec lui !

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« Des rapports étranges » de Philip José Farmer

des rapports étrangesEt je continue mon tour dans ma PAL de science-fiction et fantastique, pour le challenge ABC des littératures fantastiques. Je m’attaque a un classique méconnu pour moi, Philip José Farmer, pur produit de l’âge d’or de la SF américaine. Ce recueil de 5 nouvelles écrites entre 1953 et 1960 tournent autour des rapports familiaux… mais à la sauce alien !

5 nouvelles et 4 univers distincts.
Les 2 premières, La mère et La fille, qui m’ont beaucoup plu se passent sur une planète inconnue. Une mère et son fils adulte sont les seuls survivants d’un crash de navette spatiale. Alors qu’ils explorent les environs, ils sont chacun de leur côté happé par une sorte d’énorme rocher. Il s’avère que cet amas minéral est la coquille d’une énorme créature extra-terrestre, qui utilise une cavité interne pour élever et nourrir ses petits à l’abri des risques extérieurs. Nous suivons la vie du fils humain dans un de ces aliens, et de la manière dont il va rentrer en communication avec la créature mères, et ses filles.
Dans la seconde nouvelle, on suit une de ces créatures filles, qui raconte à sa propre progéniture comment son père humain lui a appris des trucs et astuces pour survivre.
La nouvelle Le Père, ne m’a pas laissé un souvenir impérissable. Elle tourne beaucoup autour de la religion… et pour cause, une équipe de voyageurs voient leur navette s’écraser (encore !) sur une planète inconnue (pour changer), qui ressemble fort à l’Eden… et ou un humanoïde gigantesque avec des pouvoir mystérieux semble bien être un dieu. Est-ce « le » Dieu ? Ou un imposteur ?
La quatrième histoire Le fils narre la détention d’un marin dans les soutes d’un sous-marin d’attaque ennemi, doué d’une intelligence artificielle. Un petit côté oppressant dans ce récit qui n’est pas sans rappeler HAL de 2001, l’Odyssée de l’espace… Dans la dernière nouvelle, Le frère de ma sœur, le climat est un peu différent, dans le sens ou l’être humain en relation avec l’extra-terrestre n’a pas vraiment le beau rôle. Sur Mars, un homme part à la recherche de son équipe, qui a disparu lors d’une mission. Il se retrouve piégé dans une zone marécageuse, et est sauvé par une extra-terrestre humanoïde. Si leurs relations sont étranges, mais plutôt amicale, notre héros va finir par hésiter entre douter sur les bonnes intentions de son hôtesse ou se laisser aller à cette amitié inter-espèce. Quel penchant va-il suivre ? Un récit un peu trop en mode « découvrons les bestioles aliens » au début… mais qui s’avère être un conte sur la nature des hommes. Classique mais efficace.

La sexualité au service de l’exo-ethnologie ! Il est question de reproduction dans chacune des nouvelles, bien que le sexe soit quasi absent. La religion est en revanche assez présente… un signe de l’époque à laquelle ont été écrites ces nouvelles ? Le gros intérêt de ces nouvelles, par rapport à d’autres auteurs de  la même période, c’est le soucis du détail de Farmer sur la description biologique de ses aliens, leur mode de vie, de reproduction,  de communication, leur structure sociales…
Ses personnages sont assez curieux et intelligent, et analysent plutôt bien les situations, ce qui rend les échanges humain – extra-terrestres assez enrichissants. De plus, j’ai apprécié le style de l’auteur. Des descriptions, mais qui mettent dans l’ambiance plutôt que de nous assommer.

Bref, une bonne découverte. Je pense réitérer et placer dans ma PAL d’autre roman de Philip José Farmer !
Et mention spéciale pour la couverture érotique dans la pure tradition des années 70, qui n’a rien à voir avec le contenu du livre, bien entendu ! 😀

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« La Stratégie Ender » d’Orson Scott Card

La stratégie EnderS’il y a bien un classique de la science-fiction qu’il manquait à mon palmarès, c’était bien celui-ci ! Un petit coup de challenge ABC des littératures de l’imaginaire, et voilà qui est réparé.
Je dois dire que je n’ai pas été déçue par ce roman, paru en 1985, et premier d’un cycle de 6 romans… de quoi continuer à me faire plaisir dans cet univers si particulier, mêlant réel et virtuel.

Il y a 50 ans l’humanité a vaincu pour la seconde fois les armées de Doryphores, une espèce extra-terrestre très puissante. Mais pourront-ils les repousser une troisième fois ?
C’est dans ce but que l’armée recherche parmi les enfants les plus intelligents celui qui pourrait être leur sauveur, le futur commandant de la flotte humaine de défense contre cette horde alien.
Andrew dit Ender, troisième enfant de la famille Wiggin, est décelé par le colonel Graff alors qu’il n’a que 6 ans… Il est très talentueux, mais pourra-t-il faire preuve de l’aggressivité nécessaire pour exterminer l’ennemi quand le moment viendra ? C’est ce que sa formation militaire dans une base spatiale va tenter de déterminer… Et celle-ci ne se passera pas sur les bancs de l’école, ni sur un terrain d’entrainement, mais dans le monde des jeux de simulation.

Voilà qui me parle : comment les jeux de simulations, dans le monde réel ou virtuel, vont conduire Ender à devenir ou non, le héros du monde terrien libre ! Jamais le jeu n’aura été pris autant au sérieux, et c’est très bien.
Ender qui commence sa formation enfant n’en a que l’âge : il est loin d’être immature, et a une intelligence stratégique hors du commun. L’écriture d’Orson Scott Card m’a complétement fait adhérer à ce personnage, à ses craintes de devenir violent comme son frère Peter, à ses accès de fureur devant les injustices du monde des adultes, à son amour réciproque pour sa sœur Valentine… Bref, ça a été un vrai plaisir de retrouver ce personnage au fil des pages. Enfant à part, il ne cesse d’être le pion de l’armée, manipulé par l’école et par Graff, mais pour la bonne cause… celle de la survie de l’humanité. La survie du plus grand nombre mérite-t-il de mettre sous pression ainsi un individu ? Voilà bien un des axes de réflexion qu’on retrouve souvent en science-fiction, et il est ici traité avec brio en mon sens, là où d’autres le font de manière moins souple et sans émotion.
Difficile sinon de résumer et d’expliquer ce qui fait l’attrait de ce roman… peut être son humanité, pour le meilleur et pour le pire !

Une superbe découverte. J’espère avoir bientôt l’occasion de lire sa suite, La voix des morts… La fin de ce premier tome m’a laissé sur ma faim justement 😉

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« Sans parler du chien » de Connie Willis

Sans parler du chienS’il y a un roman de science-fiction contemporain qui fait office de classique, c’est bien Sans parler du chien, écrit en 1997 par Connie Willis. Prix Hugo et Locus, des commentaires dytirembiques sur les forums et sites de lecture… Je ne pouvais pas passer à côté plus longtemps !
Voilà pourquoi il était dans ma liste du challenge ABC cette année. Au passage La chèvre grise qui en avait aussi entendu que du bien avait envie de le lire et m’a proposé une lecture commune.
Si bien que ça alors ? Et bien peut être pas 🙁

Ned Henry est historien à Oxford dans un futur proche. Dorénavant les historien ne font pas qu’étudier les traces du passé : ils voyagent dans le temps pour les constater de visu !  Pour le compte de Lady Shrapnel, Ned va parcourir le passé, afin de réaliser le rêve de celle-ci :   reconstruire à l’identique la cathédrale de Coventry, détruite par un bombardement lors de la Seconde Guerre Mondiale. Pour que le bâtiment soit parfait pour son inauguration, il ne manque que la potiche de l’évêque, disparue sous les bombes. Cette mission va conduire Ned a voyager dans l’Angleterre de la fin du 19eme siècle. Il devra faire tout son possible pour mettre la main sur la potiche, et essayer de réparer le futur en jouant les marieurs auprès de jeunes gens de la bonne société victorienne.

Ce roman fait parti d’une saga autour de l’université d’Oxford et de ses historiens voyageurs temporels, et en est le deuxième tome. C’est peut être pour cela que j’ai eu du mal à tout caler lors du premier quart du roman… Mais comme j’ai aussi trouvé le dernier quart assez brouillon, je me dis que c’est peut être tout simplement le livre qui est un peu brumeux.
Pourtant une fois dans le coeur de l’intrigue, dans la partie au 19eme siècle, j’ai vraiment bien accroché à l’histoire et ses personnages, que j’ai trouvé très amusants. Il faut dire qu’avec comme adjuvants un bouledogue et une chatte, je ne pouvais qu’aimer 😉
Mais tous le récit qui tourne autour de la réfection de la cathédrale de Coventry m’a beaucoup ennuyée. Les discours scientifiques autour des voyages dans le temps et leurs les décallages temporels m’ont été difficile à appréhender. D’où ce sentiment de chaos au début et à la fin du roman…

Bref, j’ai du mal comprendre l’engouement pour ce roman. Il n’est pas désagréable mais c’est pas un chef d’œuvre ultime non plus… Le mélange des genres, les références à la littérature anglaise à tout bout de champ doit jouer à son succès. Mais je suis tout de même déçue.

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« L’Oeuf du Dragon » de Robert L. Forward 

L'œuf du dragonIl y a décidément des trésors de science-fiction dissimulés et peu connus… L’Oeuf de Dragon, écrit en 1980 par l’astronome américain Robert L. Forward en fait parti, et je suis bien contente d’être tombée dessus (je ne sais pas trop comment, une fois de plus). Très hard-SF, j’ai eu un peu peur au tout début d’être larguée, mais je me suis très vite laissée happer par cette épopée contant la naissance et la croissance d’une civilisation extra-terrestre.

Plusieurs centaines de milliers d’années avant notre ère, une étoile à neutron se retrouve propulsée en direction du Soleil. Alors que ce pulsar quitte notre système solaire en 2020, une scientifique le repère dans la constellation du dragon… et le voilà nommé « l’Oeuf de Dragon« . En 2049, une expédition est envoyée pour étudier le corps céleste, avant qu’il ne quitte définitivement notre système solaire. Mais ce que ne savent pas les scientifiques dans leur vaisseau au dessus de l’Oeuf de Dragon, c’est que la vie a éclos sur cet astre de 20km de diamètre ! D’abord des sortes de plantes, puis des animaux… Et certains sont même devenus intelligents : les cheelas ! Ces minuscules amibes aux douze yeux vont connaître en accéléré une évolution assez comparable à la notre, et pour cause : sur leur planète cinq secondes équivalent à une journée terrienne ! Malgré tout ce qui les séparent, de la taille au système temporel, humains et cheelas pourront-ils avoir conscience les uns des autres, et pourquoi pas communiquer ?

Voilà donc un excellent roman de science-fiction, construit sur des bases scientifiques ultra solides…de la hard-SF pure et dure. Manquant de références, je n’ai pas encore tout saisi, mais ce n’est pas très grave, car le récit de la vie des cheelas est suffisamment passionnant pour passer outre ces petits inconvénients. Les cheelas se suivent et ne se ressemblent pas : des chefs tribaux de l’ancien temps aux génies dignes de Léonard de Vinci, en passant par les prêcheurs dans le désert, ces créatures sont fascinantes.

J’ai apprécié les jeux d’échos entre la vie de cheelas et l’histoire humaine, comme leur création d’un dieu et d’une religion lorsqu’ils découvre notre Soleil au sud de leur « planète ». Il est aussi amusant de se représenter le monde quasi plat qui est le leur (magnétisme et gravité énormes oblige), ce qui n’était pas sans me rappeller Flatland !

Voilà en tous cas de quoi laisser songeur sur les études sur la vie extra-terrestre. Je ne m’était pas imaginé que le temps pouvait être aussi relatif ! La vie d’un cheela, c’est 30 minutes de temps dans le vaisseau humain. Grâce à cet exercice romancé de Forward, j’ai enfin compris un début de théorie de la relativité !

J’ai donc été emballée par le style et l’histoire, le tout sans baigner dans le moralisme ou le romantisme. On se dit que l’espèce humaine a beaucoup à apprendre encore en lisant ces pages… Et c’est tant mieux 🙂

Je le conseille donc à tous les fans de SF. Seule déception, le roman n’est plus édité ! Il faudra donc se tourner vers d’anciennes éditions chez des bouquinistes ou à la bibliothèque…

A noter que ce roman me permet de remplir une ligne pour le challenge ABC… Doucement mais sûrement !

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« La chambre des curiosités » de Douglas Preston & Lincoln Child

La chambre des curiositesC’est avec bonheur que j’ai enfin pu retrouver l’inspecteur Pendergast dans le troisième tome de sa saga, La chambre des curiosités, édité en 2002. Je lis ces roman à dose homéopathique, challenges aidant (le challenge ABC en l’occurrence ici), mais toujours avec plaisir ! Entre thriller, enquête policière et univers fantastiques qui frise toujours avec l’horreur, je me régale ! En plus ce tome tourne autour d’un concept que j’aime beaucoup, les cabinets de curiosités… tout pour me plaire !

Alors qu’une équipe d’ouvriers sur un chantier  détruit un vieux bâtiment à New-York, une cave secrète est mise à nue… Et dans ce souterrain l’horreur surgit : emmurés et mutilés au niveau du bas du dos, des dizaines de cadavres d’enfants et d’adolescents ont reposé là plus d’un siècle. Mais quel serial-killer de l’ère victorienne a bien pu commettre ces abominables crimes ? On ne le saura peut-être jamais : d’aussi anciens meurtres ne nécessitent pas d’enquêtes… pas plus que de fouilles archéologiques. Et un building flambant neuf recouvrira bientôt toutes les preuves.
Mais c’est sans compter avec l’inspecteur du FBI Pendergast, en mission personnelle spéciale ! Accompagné de sa nouvelle recrue débauchée au Museum d’Histoire Naturelle de New-York, l’archéologue Nora Kelly, il va mener sa propre enquête.
Mais bientôt le mystère va commencer à se dévoiler : un certain professeur Leng aurait commis ces crimes au 19ème siècle… Mais le plus étrange, c’est que de nos jours les mêmes crimes recommencent ! Serait-ce un copycat, un assassin qui copierait Leng ? Ou alors le professeur aurait survécu toutes ces années ?

Une fois de plus, notre héros enquête sur une série de meurtres en lien direct avec le Museum d’Histoire Naturelle de New-York (décidément !), et se remet en relation avec des membres de la profession des sciences et de l’histoire ! C’est ce mélange des genres qui me plait bien justement. On retrouve aussi le journaliste Smithback, toujours prêt à tout pour un scoop ! Le côté police et politique est peut-être moins présent que dans les tomes précédents, mais on les retrouve tout de même, toujours aussi mauvais… Bref, un schéma relativement classique, mais efficace !

Après un génial Relic et Le grenier des Enfers qui était un peu moins bon, je retrouve un roman comme j’aime, sympa à lire, un brin glauque, avec des surprises au fur et à mesure de l’enquête. Pas le roman du siècle en terme de suspense (peut-être dû à sa longueur, 700 pages), mais agréable.
Et là je remets les wagons dans l’ordre puisque j’avais déjà lu le quatrième volume, Les croassements de la nuit.
Donc je n’ai plus qu’une hâte, lire le cinquième tome, Le violon du Diable !

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« Les Extrêmes » de Christopher Priest

les-extremesDernière lecture de l’année, et dernière lecture pour le challenge ABC des Littératures de l’imaginaire ! Moi qui voulais vider ma PAL spéciale science-fiction, fantastique et fantasy, j’ai été servie cette année 😀
Je termine donc avec un des auteurs qui m’avait fait aimer la SF il y a quelques années avec Le monde inverti : Christopher Priest.

Après plusieurs dizaines d’années passées loin de l’Angleterre, Teresa Simons revient dans son pays natal. Elle est maintenant agent du FBI aux Etats-Unis, mais profite de son congé longue duré pour passer quelques semaines à Bulverton. Son choix n’a pas été fait au hasard : l’été précédent, un psychopathe, Gerry Grove, a tiré sur des dizaines de personnes dans cette bourgade tranquille. Pourquoi ? Et que ressentent les survivants de ce drame ? En enquêtant sur cette affaire, Teresa espère exorciser ses propres démons : son mari Andy est mort l’année précédente, tué par un preneur d’otage au Texas.
Outre son enquête sur le terrain, elle va tenter de découvrir ce que Gerry Grove a fait durant un laps de temps de deux heures entre deux sessions de fusillade, dans un centre ExEx… Et elle même se plonger dans les univers virtuels !

Les Extrêmes a été publié en 1998, et m’a tout de suite rappelé le film eXistenZ de David Cronenberg, sorti quelques mois plus tard : les explorateurs numériques comme Teresa ont une valve plantée dans la nuque qui leur permet de se connecter directement aux réalités virtuelles. Dans le roman se sont des injections de nanoparticules dans les centres ExEx qui permettent de s’immerger dans l’univers virtuel, qui oscille entre la simulation et le jeu.

L’intrigue met un peu de temps à se mettre en place, le récit étant au début vu de plusieurs point des vus, comme l’est un scénario ExEx, avant de focaliser sur les expériences de Teresa.
Il devient plus en plus difficile au fur et à mesure que la lecture de discerner la réalité et la fiction : est-ce que Teresa navigue dans les scénarios extrêmes de l’ExEx, ou est-elle elle-même un scénario proposé par un développeur ? Pourquoi rentre t-elle en quasi symbiose avec Gerry Grove ? Comment dépasser les limites du jeu, et gagner en liberté dans un univers virtuel programmé et « fini » ?
C’est sur ce jeu des limites entre le scénario, le réel et le virtuel… que Christopher Priest à voulu mettre son projecteur, en rajoutant en plus une dose d’ambiguïté sur le sujet des voyages dans le temps. Bref, des sujet pas simple, même quand on se pose pour y réfléchir !
Du coup je suis un peu dubitative sur cette lecture… L’écriture est fluide et agréable, le livre se lit bien… mais j’ai l’impression d’avoir été flouée sur la fin, avec tout ces mélanges, croisements des scénarios. Du coup j’ai le sentiment d’avoir été perdue et de ne pas avoir de réponses sur l’histoire de Gerry et Teresa !

Bon, je n’ai pas passé un mauvais moment avec ce roman, il aura l’avantage de m’avoir fait cogiter ! Mais tout de même, je ne sais pas si je le conseillerai à quelqu’un qui veut découvrir cet auteur, ou se lancer dans la SF.

challenge de l'imaginaire ABC 2014