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« Prophecy, tome 1  » de Tetsuya Tsutsui

Prophecy tome 1Suite de mes lectures sponsorisées par La chèvre grise, avec un manga seinen que je voulais lire depuis très longtemps, Prophecy ! En 2012 on ne pouvait pas rater la sortie de ce titre à Paris : des affiches gigantesques dans les stations de métro, des extraits offerts dans les librairies… Mais bon, je n’avais pas pris le temps de l’acheter. Peur d’être déçue par cette sortie en fanfare, comme je l’ai été un peu par Doubt par exemple ?
Finalement j’ai découvert une histoire bien menée, à mi-chemin entre la SF et le thriller… De quoi m’inciter à courir dans la librairie la plus proche pour m’offrir les deux autres volumes de la série 😀

A Tokyo, pour lutter contre la cybercriminalité une section spéciale de la Police a été mise en place. Son rôle ? Traquer les criminels du Net, tels les super-téléchargeurs de logiciels et de vidéos… De vrais dangers pour les industries du loisir, mais représentant peu de risques pour la population…
Mais un jour sur un site de diffusion de vidéo, un homme au visage camouflé sous un masque en papier journal commence à faire de drôles de prédictions : il annonce les tabassages, viols, incendies… à l’encontre de citoyens qui ont fautés d’une manière ou une autre. Et le pire, c’est que le lendemain, ces prophéties se réalisent !
Qui est ce vengeur masqué à la morale plus ou moins douteuse ? Agit-il seul ? Pourquoi fait-il cela ? La section anti-cybercriminalité mettra-t-elle la main sur lui ?

Prophecy

On est plongé dans une enquête haletante, où on découvre tour à tour les avancées de la Police, puis la stratégie de Paperboy, l’homme masqué… Pour finalement découvrir les origines de son combat !
J’ai tout de suite accroché à cette histoire, qui commence par l’intervention musclée chez un geek qui télécharge illégalement des jeux vidéo. Moi qui suis farouchement contre la manière dont sont condamnés les pirates numériques de basse envergure, les lois à la Hadopi… Ça m’a tout de suite captée !
Les dessins sont vraiment pas mal et collent bien à l’histoire… Un très bon point donc.
Reste à voir comment cela va évoluer ensuite… et c’est souvent là que je commence à avoir peur :s
Mais comme je le disais plus haut, je n’ai qu’une hâte, me procurer les deux derniers tomes… Car bonne surprise, Prophecy est une série courte ! Trois épisodes, de quoi espérer que le scénario ne s’écroule pas sur lui-même en route !
Une bonne entrée pour le challenge Geek au passage, non ? 😉

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« Magical girl of the end, tome 1  » de Kentarô Satô

Magical girl of the end tome 1Pour mon anniversaire plus un mois (je déteste les fêtes à date fixe), La chèvre grise – qui me connait bien – m’a dégotée une histoire de zombies un peu décalée au format manga ! Un shonen plein d’action et trash comme tout, qui m’a fait passer un bon moment dans le métro !

Au lycée, Kii Kogami à l’impression que toutes ses journées se ressemblent. Toujours les mêmes blagues entre amis, toujours les mêmes cours, … Cette monotonie l’ennui. Mais pour son plus grand malheur, sa routine quotidienne va être perturbée par une étrange petite fille en cosplay kawaii, qui répète sans cesse « Magicaaal… ». Grâce à son arme qui ressemble à une masse futuriste, elle tue, pulvérise, atomise toute sa classe, ses amis, ses profs, bref, presque tous les élèves de son lycée ! Et pour ne rien arranger, toutes les personnes mortes par la main de la Magicaal-girl deviennent des mort-vivant en jupette, aussi dangereux et assoiffés de sang que  leur créatrice !
Une poignée de survivants arrivent à se calfeutrer dans une pièce et montent un plan pour sortir … mais est-ce qu’à l’extérieur, ils trouveront de l’aide ?

Bon, concrètement on n’est pas dans du Walking Dead… Ce n’est pas l’histoire de survie du siècle, mais le bouquin est efficace : ça bouge tout le temps, des têtes qui sautent, des giclées de sang, des scènes bien gores par moment… quelques petites culottes et décolletés plongeants pour les fans aussi…  Bref, classique, mais avec une touche d’originalité.
Les dessins sont pas mal, on a un vrai mélange de genre entre les personnages shonen ordinaires, les magical-girl kawaii, et les scènes gores lacérées sur le papier… Ça fonctionne bien !

magical_girl_planche

Ce que je me demande toujours avec ce genre d’histoire, c’est si l’auteur à une volonté de dénoncer quelque chose ou pas… Une gamine kawaii en cosplay qui butte tout ce qui passe autour d’elle : doit-on y voir une critique de la société de consommation de pop-culture au Japon où le petit et mignon est omniprésent, au risque de décérébrer sa jeunesse ?
Ou alors on ne doit rien y voir de plus qu’une histoire de zombies ! 😀

Maintenant, je n’ai plus qu’à aller m’acheter le second volume, histoire de voir ce qui vaarriver au petit groupe de survivants 😉

« New National Kid » de Suehiro Maruo

New national kidNew National Kid paru cette année est un recueil de courts mangas édités dans les années 80 dans diverses revues et magazines japonais (certains pornographiques, d’autres pas…). Mais comme toujours, Maruo n’est pas qu’un auteur d’ero-guro, mais aussi un maître du gore, du bizarre et de l’irrévérence, avec un style plus que jamais expressionniste !

On ressent bien la mixité des magazines dans lesquels ces mangas ont été publié à leurs lectures : des formats de une à trente pages, et des thématiques variées tournant autour des univers du cauchemar et de la folie, de la Seconde Guerre Mondiale et du nationalisme, de la grossesse et de la monstruosité
Ce recueil fait plus que jamais penser à un défouloir où se mêlent humour noir et angoisses surréalistes. Comme nous somme face à des formats courts, on s’éloigne la plupart du temps de narrations compliquées pour se concentrer sur des impressions, comme la manière dont un personnage se rend compte qu’il est mort… Ou bien encore on est dans le quasi comic-strip sur une ou deux pages, où un Michael Jackson explose en plein « Bad » ! Le niveau est assez inégal je dois l’avouer… Je me demande parfois où l’auteur a voulu aller. Je met ça sur le compte du fossé culturel entre l’Orient et l’Occident !

Si ces formats courts m’ont un peu moins plu que d’autre mangas de Suehiro Maruo au niveau récit, côté graphismes c’est assez puissant ! On retrouve des travaux de dessin et de typo qui rappellent vraiment l’expressionnisme, que ce soit en art plastiques ou au cinéma. On pourrait citer des dizaines d’artistes auxquels Maruo fait référence (Bacon, Van Gogh, Otto Dix, Ensor, Ernst, Fritz lang…) et on en oublierait les trois quarts !
Ce qui me plait particulièrement dans New National Kid vient peut être du mélange de styles que Maruo met en place : dessins académiques pour certains personnages, qui empruntent au manga classique, au théâtre Nô, aux images populaires guerrières… Mêlés à l’énergie de certains traits et cadrages, à des scènes crues où on se surprend à tourner les yeux, à des déformations qui font plus penser à un travail de peinture qu’à du dessin…

New National Kid

Un bon manga à lire pour les fans de Suehiro Maruo… Pour ceux qui ne le connaissent pas, je ne pense pas que ce soit par contre la meilleurs porte pour accéder à l’œuvre de cet auteur que j’adore ! Un peu trop fractionné je pense pour un début… et ses histoires ne sont pas les meilleures. Tournez-vous plutôt vers L’enfer en bouteille ou Vampyre pour le découvrir !

« L’enfer en bouteille » de Suehiro Maruo

l-enfer_en_bouteilleJe suis plus que jamais fan de Suehiro Maruo et de son style érotico-grotesque (« ero guro » pour les intimes) qui est toujours sur la brèche de l’horreur pure, sans tomber dans le gore.
Dans ce manga, quatre nouvelles dessinées qui nous présentent des pans différents de son art.

L’enfer en bouteille est mon histoire favorite du recueil : érotisme et tension, dans un récit tiré d’une nouvelle de Kyusaku Yumeno.
Trois pages manuscrites sont retrouvées dans des bouteilles de bières jetées à la mer. On suit à la lecture de ces lignes les aventures d’enfants – un frère et une sœur – échoués sur une île déserte… Enfants qui deviendront bientôt des adolescents en pleine pubertés, tiraillés entre le désir et le tabou de l’inceste, qui se transforment alors en pulsion de mort. Le vert Eden de l’île se transforme bientôt en enfer pour ce couple…

Dans ce manga, on retrouve l’attrait de Maruo pour les récits traditionnels japonais, comme dans Les dix gâteaux de la fortune, qui reprend une histoire classique du théâtre japonais : un masseur aveugle a amassé une fortune qu’il cache et que tout le monde lui envie… son voisin va tenter de découvrir où, a ses risques et périls.
L’auteur s’intéresse aussi aux contes occidentaux, comme sa version de La tentation de Saint Antoine le prouve ! Les pérégrinations délirantes du moine sont pour lui l’occasion de revisiter ce mythe, dans un style que Dali ou Bruegel n’auraient pas renié !

L'enfer en bouteille

Surréalisme et art déco sont au rendez-vous, avec une touche de noirceur extrêmement esthétique dans ces quatre récits… Et son attrait pour le sordide, les monstres et les personnages en marge de la société se retrouve dans la dernière nouvelle illustrée : Pauvre grande sœur. Ici une jeune fille tente de survivre en se prostituant, accompagnée de son petit frère attardé… Elle fuit un père violent qui voulait la vendre et qui souhaitait couper les membres de son frère pour en faire un monstre de foire… Tout un programme !

Voici donc une très belle édition parue cette année, et préfacée d’un texte de Moebius datant des années 90, époque ou Maruo n’avait pas encore connu le succès en France. Cet incipit du pape de la BD française m’a ouvert les yeux sur ma passion pour cet auteur de manga ! Maruo tel un enfant en pleine crise de rage n’a pas peur de se faire mal, et par conséquent de faire mal au autres… et c’est cette authenticité, cette plaie qu’il nous force à regarder qui est si fascinante. Un petit texte court et très intéressants pour mieux comprendre l’œuvre transgressive de Maruo !

Comme d’habitude, je vous invite à découvrir Maruo, au delà des clichés ero-guro… Pour ma part il me reste encore quelques uns de ses mangas à étrenner… Youpi ! 😀

« Bride Stories tome 4  » de Kaoru Mori

Bride Stories 4 Ca fait bien longtemps que je n’avais pas lu un manga de la série des Bride Stories, qui pourtant m’avait bien plus à l’époque… Et c’est bien dommage, car cette BD et particulièrement ce tome, ont tout pour plaire : maîtrise du dessin et de l’univers dans lequel se déroule l’histoire, des personnages attachants, beaucoup d’humour… Bref, un bon bol d’air frais !

Nous avions laissé au dernier épisode l’ethnologue Smith seul avec son guide, Ali, sur la route d’Ankara.
Ils vont traverser un village de pêcheurs au bord de la mer d’Aral, où Smith va être pris pour un médecin, et se retrouver des jours durant à soigner les habitants du village… et bientôt tout ceux de la campagne aux alentours !
Ici vivent Layla et Leyli, deux jeunes jumelles qui débordent d’énergie ! Elles n’ont qu’une idée en tête : se trouver deux maris (un pour chacune), idéalement des frères pour pouvoir vivre ensemble… Et bien entendu, ces futurs époux devront être beaux, riches, posséder des centaines de têtes de bétail, proposer une belle dot à leur père, et surtout, supporter ces deux turbulentes jeunes femmes ! Leur père leur trouvera-t-il un parti à leur hauteur ?

Layla et Leyli

Ca fait du bien de quitter un peu le clan de Karluk et d’Amir pour voir un peu ce qui se passe dans d’autres contrée d’Asie Centrale ! Ici on est servi, on est dans un tout autre univers : un village de pêcheur, où le bétail à moins d’importance, avec de nouveaux modes de vie (vêtements, cuisine…). Mais comme partout, le mariage et donc les alliances entre familles sont essentiels !
Les deux jumelles, Layla et Leyli sont deux personnages très comiques, à leur insu : deux petites pestes montées sur ressorts qui ne pensent qu’à leur futur mariage. Elles montent plans sur plans pour essayer de se trouver des maris riches en les piégeant, au grand dam de leur parents. Cela donne des situations cocasses, comme la scène où elles essayent d’assommer un riche chef de tribu avec un poisson, au moment où il traverse la rivière, afin de le sauver et de peut-être se voir proposer ses fils en noce !
Heureusement, leur père va mettre fin à leurs stratégies délirantes pour se trouver un mari en leur choisissant des époux… Gare à la déception !

Je n’ai plus qu’une envie : courir m’acheter le tome 5 !!!

« Kitchen » de Banana Yoshimoto

kitchenPour le Y du challenge ABC je m’étais creusé la tête, mais je n’avais pas d’auteur dans ma PAL dont le nom commençait par cette lettre… Un petit tour sur Internet et je suis tombée je ne sais comment sur cette auteur, décrite comme une référence pour la génération des 80’s japonaise… Il fallait que je vois ça ! Kitchen est le premier roman publié de Banana Yoshimoto, sorti en 1988 au Japon. Dans mon édition, cette histoire est accompagnée de la nouvelle Moonlight Shadow.

Kichen raconte l’histoire de Mikage Sakurai, jeune étudiante qui vient de perdre sa grand-mère, la dernière famille qui lui restait. Alors qu’elle sombre peu à peu, ne pouvant plus dormir que dans sa cuisine(son lieu fétiche), elle est recueillie par Yuichi. Ce dernier est aussi étudiant et travaille comme aide-fleuriste. Il propose à Mikage de venir loger chez lui et sa mère, Eriko… qui est en fait son père, qui a choisi de changer de sexe.
Les semaines passant, au milieu de cette famille peu conventionnelle, elle va se reconstruire et choisir sa voie : la cuisine.

L’histoire de Moonlight Shadow tourne aussi autour de la mort, du deuil et de la reconstruction après la perte d’un être cher : Satsuki perd son petit ami Hitoshi dans un accident de voiture. Plutôt que de se laisser totalement aller à la dépression, elle décide de se mettre au jogging et va courir tous les matin jusqu’au pont où elle l’a vu pour la dernière fois… C’est ici qu’elle va rencontrer une jeune femme étrange, Urara, qui à sa manière va l’aider à remonter la pente.

Voici deux histoires très bien écrites, sensibles sans tomber dans la sensiblerie, poétiques sans m’être ennuyeuses, avec une pointe d’humour et de fantaisie… Et on sent bien la touche japonaise ! L’extrême modernité avec Eriko le père-mère qui travaille dans un bar de nuit, les traditions quand on voyage dans les monastères et auberges avec Yuichi et Mikage, les légendes qui semblent prendre corps dans Moonlight Shadow où les morts reviennent faire leurs adieux aux vivants… Et surtout l’omniprésence de la cuisine et de la nourriture ! Tempura, sashimi, katsu-don, ten-don, bouilli de riz et tofu, thés de toutes sortes… et des équivalents plus junk-food comme les sandwichs KFC ! Kitchen le bien nommé en somme, où amour et cuisine s’entremêlent !

Une découverte sympathique assez loin de mes lectures SF du moment, qui a en plus l’avantage d’être court ! Pas le temps de se lasser en somme ! Je ne dis pas que j’en lirai des tonnes mais là ça m’a été 🙂
Les amateurs de littérature japonaise devraient se régaler en tous cas, la version française me parait bien traduite et est un vrai plaisir à parcourir !

challenge ABC

« Ikigami » de Motorô Mase

La série de manga Ikigami de Motorô Mase, c’est pour moi la sortie numéro 1 de ces dernières années en France : on a commencé à le découvrir en 2009, bien que sa parution ait débutée au Japon en 2005. Seinen choc, le 10ème et dernier volume est enfin sorti il y a quelques semaines, et clôt parfaitement cette dystopie qui m’a tenu en haleine ces dernières années !

Dans un pays d’Asie, de nos jours, l’état a mis en place la « loi de prospérité nationale ». Encore enfants, les citoyens reçoivent une injection. 1 sur 1000 contient une capsule qui provoquera la mort de celui qui la reçoit entre ses 18 et 24 ans : cette procédure permet au peuple de se rendre compte de la valeur de la vie au travers d’une « mort honorable » pour le bien de la société. 24 heures avant sa mort programmée, celui qui décédera a la visite d’un membre de l’administration qui lui délivre son préavis de mort, l‘ikigami.
On suit l’histoire de Kengo Fujimoto, fonctionnaire chargé de délivrer les ikigamis, et celle des personnes à qui il apporte cette funeste nouvelle. A force de les côtoyer, Fujimoto va peu à peu avoir des doutes dans le système et la loi de prospérité nationale… ce qui va faire de lui insidieusement un traître à la nation.

Durant ces 10 tomes et 20 chapitres, on apprend à connaitre l’univers où évoluent ces personnages : une dictature certes, mais loin des clichés du type ex-URSS ou Corée du Nord. On pourrait être au Japon, dans un pays démilitarisé, très moderne… La population est maintenue par des lois comme celle de la prospérité nationale, mais aussi une propagande et manipulation médiatique, et une surveillance discrète par diverses administration des « dégénérés », ceux qui critiquent le système, et leurs remise en service après une rééducation.

L’intérêt de l’histoire est double, et est plutôt bien rendue par la structure narrative. A chaque épisode, on découvre le coeur de l’histoire : comment réagiriez-vous si on vous apprenez qu’il ne vous reste que 24 heures à vivre ? La plupart des personnages cherchent à revoir leurs famille, faire le bien autour d’eux… alors que d’autres craquent, cherchent à se venger d’injustice en tuant, commettant des attentats… au risques de jette la honte et le discrédit sur leur famille à leur mort. De beaux moment d’émotion, qui permet effectivement de se questionner sur la valeur de la vie, d’un point du vu personnel et global.
L’autre axe, c’est de voir comment le héros de l’histoire va prendre ses fonctions dans l’administration chargée de délivrer les préavis de mort, comment il va gérer ses premières livraisons, et au fur et a mesure que le temps passe et que les rencontres se font, les questions qu’il se pose sur l’intérêt de tuer 1 jeune sur 1000.

Si dans les premiers volumes on s’intéresse au « comment » de la mise en place de la loi de prospérité nationale (vaccination dans les écoles, dossiers matchant injection et ikigami …), on découvre bien le « pourquoi » de la loi dans le 10ème tome, à mon grand bonheur ! Il y a des séries qui se terminent en queue de poisson, ou de manière très molle, faute de puissance narrative ou d’objectifs clairs de fin de l’auteur. On n’est clairement pas dans ce cas, la série est très bien construite… et pour ne rien enlever, bien dessinée ! Le trait de motorô Mase rend bien toute la tension et l’horreur de certaine scène, tout en étant clair et précis.
Forcément on pense à de grands classique de la contre-utopie, comme 1984 de George Orwell (surtout dans ce dernier volume axé sur la rééducation et la guerre), ou des romans plus récent comme la série des Hunger Games (en moins musclé)… Mais Ikigami ne fait pas que copier, il s’en inspire pour créer un univers original, qui nous permet de nous mettre en garde et de réfléchir par nous même sur le monde qui nous entoure.

Une série vraiment géniale, parfaite pour les fans de SF dystopique, qu’on soit branché manga ou pas !

« Le pays des cerisiers » de Fumiyo Kono

Une découverte manga pour compléter ma case « végétal » du challenge Petit BAC 2012, un livre prêté par Petite Fleur (qu’elle commente ici). Je ne savais pas du tout à quoi m’attendre, vu que je n’en avais pas du tout entendu parler. Il est pourtant sorti il y a quelque temps au Japon, 2003, et en 2006 en France. Une éternité en somme ! De plus il a reçu le Prix Osamu Tezuka de la meilleur nouveauté en 2005, ce qui laisser présager le meilleurs…

Vu l’histoire, on peut s’attendre à un vrai voyage au coeur de l’histoire japonaise : nous suivons au travers le destin d’une poignée de personnages les évènements d’Hiroshima et de son bombardement en 1945, en nous focalisant sur les survivants, ceux qui ne sont pas morts sous les bombes atomiques, mais des séquelles de celles-ci… On rencontre la première génération des irradiées qui meurent encore de la bombe des dizaines d’années plus tard, et leurs enfants qui souffrent de maux transmis par leurs parent et les sols contaminés. On découvre réellement que le Japon, et surtout ses habitants, ont souffert plus que nécessaire de la Seconde Guerre Mondiale. Des destins brisés, des familles séparées… mais au delà de tout cela l’espoir de se voir encore en vie.

Bref, plein de bons sentiments… Mais ça s’arrête là pour moi !
Si le dessins classiques et délicats passent vraiment bien, je suis moins fan du scénario. J’ai été rapidement perdue entre les aller et retour entre le passé et le présent, je me suis mélangées un peu entre les période, et j’ai eu un mal de chien à reconstituer les liens familiaux entre les différents protagonistes… Pas évident d’être réellement émue quand on essaye de coller les morceaux !

C’est dommage, car le tout premier chapitre se suffisait à lui même : on suit la vie d’une jeune femme, survivante de la bombe d’Hiroshima, qui vit sa vie de tout les jours en 1955, 10 ans après ces sinistres évènements. Elle voit des amis, fait de la couture, a un amoureux… mais est toujours hantée par ce qu’elle a vu lorsque la ville a été bombardée : les cadavres calcinés, les gens blessés… L‘histoire est belle et la fin est très touchante. Et après la force de celle-ci, les autres chapitres sont inutiles je pense !

Bref, un manga sympa à lire, mais que ne m’a pas non plus transcendée… Bien, mais pas top quoi :-/

« Le chien gardien d’étoiles » de Takashi Murakami

Dans la série « les histoires qui sont à deux doigts de me faire tirer une larme », bonne pioche avec Le chien gardien d’étoiles que Petite Fleur m’a prêté (et chroniqué ici).
Je suis passée à côté de ce manga lors de sa sortie française l’an dernier, ce qui est bien dommage vu la qualité de ce « one-shot » (histoire en un seul album) !

L’histoire commence comme ceci : les policiers retrouve dans un champ une voiture en mauvaise état, avec le cadavre d’un homme dedans, mort à priori depuis 12 à 18 mois… A côté de lui, un autre corps, celui d‘un chien, mort depuis 3 mois…
Qu’a t-il bien pu se passer dans cette voiture ?
Dans les deux chapitres qui composent ce livre, on va apprendre de quelle manière un homme et ce chien vont arriver dans ce champ : au travers les souvenirs du chien, et ensuite par l’enquête que va mener un employé  de l’assistance sociale chargé de découvrir l’identité de l’homme décédé.

Durant cette lecture, et plus particulièrement dans le premier chapitre, j’ai sans cesse été touchée par la fausse légèreté qui se dégage de l’histoire vu par le chien, qui va accompagner littéralement son maître jusqu’au bout de la route… On est dans le schéma classique mais toujours efficace du chien fidèle, à l’esprit pur car sans hypocrisie, dévoué à son maître , qui ne demande rien d’autre que l’attention de son « papa », et qui finalement vaut mieux que pas mal d’être humains. Simple, mais beau… et très triste… Le chaos qui va progressivement se créer dans la vie de son maître prend une autre dimension dans le regard du canidé, qui voit au fur et a mesure ses petites habitudes (promenade, gamelle…) changer au gré de l’évolution de la vie familiale. Un vraie critique sociale finalement, sur la société qui change, où quelqu’un peut disparaître sans que qui que ce soit s’en inquiète…
Ce genre d’histoire, à base de chien ou chaton, ça fonctionne du feu de dieu sur moi :'(. Cette partie du récit n’est pas sans me rappeler  Tombouctou de Paul Auster.

Le second chapitre a un peu plus de mal à se mettre en place (au début je pensais qu’il s’agissait d’une histoire différente), mais a l’intérêt de donner un autre point de vu, celui de l’assistant social, et de raconter l’histoire sous forme d’enquête, et souvenirs personnels à base de petit chien… Et ceux-ci sont presque aussi triste que la première histoire.

Bref, un superbe manga, très beau, aux dessins qui collent bien (surtout les bouilles kawaii des chiot… bouh !). Je comprend mieux pourquoi les lecteurs de Manga News l’ont élu comme meilleurs « one-shot » 2011 ! Enfin « one-shot »… attendez vous à voir un tome 2 paraître un de ces jours, puisqu’il y en a un déjà édité au Japon ! 🙂
Jetez-vous dessus si vous ne l’avez pas encore lu, amateurs de manga ou non !

Ah, et pour le coup, je vais utiliser ce livre pour le challenge « Petit BAC 2012« , catégorie « Métier ou fonction » (oui, gardien… :))

« Bride Stories » tomes 1 à 3 de Kaoru Mori

Un peu de beauté dans ce monde de brutes ne peut pas faire de mal… Et c’est là tout l’intérêt de cette série de manga dont la parution a débuté en 2009 au Japon, et mise sous le feu des projecteurs au Festival d’Angoulême 2012 ! Difficile de passer à côté en ce début d’année !

Bride Stories se passe en Asie Centrale à la fin du 19ème siècle, et concentre sur le personnage d’Amir. Âgée de 20 ans, et venant d’une tribu nomade, elle se retrouve mariée à un jeune homme d’un clan sédentaire, Karluk, alors qu’il a à peine 12 ans…
On suit sa vie quotidienne au sein de sa nouvelle famille : les repas, l’artisanat, la chasse, les relations avec la belle famille… Jusqu’au jour où le clan d’Amir décide de la reprendre pour la marier à une famille plus puissante !

Autant le dire tout de suite, malgré les petites guerres de clans très anecdotiques, l’histoire n’est pas super palpitante. Tout l’intérêt de Bride Stories pour moi se trouve dans le tableau peint de cette culture d’Asie Centrale. Avec une précision d’historienne ou de sociologue, Kaoru Mori rend vivants ses personnages, et nous aide à mieux comprendre leurs motivations, les villes qu’ils ont bâtit, leur art… On à l’impression sous sa plume de voir (re)naître un monde cohérent, et tout simplement beau.
Ils sont rares les mangas qui me touchent graphiquement parlant, et là, j’en tiens un ! 🙂
Les détails de certaines scènes sont époustouflants. En général les paysages, décors, costumes… sont de simples habillages de fonds, réalisé par les assistants du mangaka. Ici, ils sont au centre de l’histoire, et je ne serait pas étonnée que Kaoru les réalisent elle même ! De vrais morceaux de bravoure !

C’est d’autant plus dommage que l’histoire ne soit pas réellement à la hauteur, bien que le sens de la narration soit maîtrisé et qu’on lise les 3 tomes parus avec plaisir !
Enfin je suis peut être un peu dure… Si le premier volume était un peu trop shojo / shonen pour moi (les inévitables enfant trop « kawaii », Amir dans le rôle de la super chasseuse, l’arrivée des « méchants » vraiment trop dark…), le second et surtout le troisième se rattrapent un peu, en axant plus le récit sur le volet socio-historique de la région, les moeurs de ses habitants… Au travers le regard d’un chercheur européen venu dans la famille de Karluk pour étudier ces peuplades.

Bref, j’aime bien ce manga, et je lirai bien entendu la suite si elle reste à la hauteur des précédents (pourvu que la série ne traîne pas en longueur !)… Il fait rêver malgré tout, et reste très agréable à lire, et à contempler !