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« L’Ours et le Rossignol » de Katherine Arden

J’ai pris un grand retard sur mes lectures ces derniers temps, et surtout sur mes chroniques dans ce blog… Si grâces aux temps de transport en commun j’arrive à lire un peu, et écouter beaucoup d’audiolivres, concernant l’écriture d’articles, je ne trouve pas assez de temps pour m’y mettre.

Toutes mes excuses à Denoël, car je traite ici du partenariat de janvier… Je vais essayer de me rattraper en cours d’année 😉

Une fois de plus, j’ai choisi ce livre pour de basses raisons : il tombait bien pour le challenge ABC, pour la lettre A donc. Parfois il n’en faut pas plus pour tomber sur une perle !

Dans les temps ancien de la Rus’ (Russie), Vassia est la dernière fille d’un seigneur. Comme sa mère est morte à sa naissance, c’est la vieille servante Dounia qui a élevé les enfants… Pour passer les longues soirées d’hiver, dans cet endroit isolé près de la forêt, elle leur raconte d’anciens contes où les légendes sur les aïeux de la famille côtoient celle sur les dieux des temps reculé. Le plus notable est le dieu du froid et de la mort, Morozko.
En grandissant tout le monde peut constater que Vassia n’est pas vraiment comme toutes les autres petites filles… Eprise de liberté, elle a le don qu’avait sa grand-mère maternelle : elle peut voir les esprits familiers qui protège les maisons et les bois, et interagir avec eux.
Mais le pays connait de grands changements et la vie de la famille de Vassia aussi : son père doit se remarier avec la fille du roi, une femme folle et méchante… qui ramène avec elle une interprétation de la religion catholique assez extrême, en la personne d’un prêtre moscovite.
Que va devenir Vassia et les esprits du domaine, maintenant qu’ils sont perçus comme des démons tout droit sorti des enfers ?

Ce roman à été un vraie découverte, je ne connaissais pas du tout l’univers des contes russes, et j’ai passé un excellent moment avec ce livre.
Le monde fantastique est très bien décrit, poétique et sombre à la fois, il y a de l’action, des rebondissements… tout en utilisant une trame classique du conte.
Bref, une très bonne expérience ! Et la bonne nouvelle, c’est qu’en fait ce roman est le premier d’une trilogie 😀

Merci Denoël pour ce roman !

L’Ours et le Rossignol de Katherine Arden
Traduit par Jacques Collin
Editions Denoël – Collection Lune d’Encre – 368 pages
Paru le 17 janvier 2019

« Au revoir là-haut » de Pierre Lemaitre

Pffiou, ce n’est pas cette année que je serai plus régulière dans mes publications sur ce blog… Mais heureusement mon système de parallélisation des lecture audio / papier me permet de tenir mes challenges annuels (au détriment de mon écoute de Deezer, je suis mal barrée pour apprendre tout le répertoire d’Alice Cooper pour septembre prochain…) !

Mais revenons à nos moutons… Au revoir là-haut. Au moment de chercher des auteurs pour le challenge ABC dans la bibliothèque Audible, je suis retombée dessus… la couverture me disait quelques chose (c’est en fait l’affiche du film sorti il y a un an et demi) et en cherchant un peu plus je vois que c’est un prix Goncourt. Méfiance… Je ne suis pas une lectrice si facile ! Une collègue bercée dans les romans historiques me promet que c’est vraiment bien. Aller, pourquoi pas !

Derniers jours de la Première Guerre Mondiale, côté français, dans les tranchées. Albert et ses camarades espèrent ne pas avoir à monter au front… ça serait trop bête de mourir sous les balles allemandes à quelques heures de la fin du conflit ! Et pourtant ils y retournent pour venger la mort de leurs éclaireurs, sous les ordres du Lieutenant Pradel.
Au final, Albert se retrouve enterré vivant dans un trou d’obus avec une tête de cheval et Edouard en le sauvant se fait arracher la moitié du visage par un éclat d’obus. Une amitié étrange va naitre entre les deux hommes, avec en toile de fond le perfide Pradel, à l’origine de tous leurs maux.

Difficile de décrire ce roman… Le tableau d’une époque ravagée par la guerre, l’ironie du destin, une galerie de personnages impeccables, et aussi de l’humour et de la poésie… j’ai été complétement happée par cette histoire !
J’ai adoré le personnage d’Edouard, que je ne peux pas séparer dans mon esprit du personnage principal de Johnny s’en va-t’en guerre de Dalton Trumbo (certainement un de mes livres favoris). Le sort que notre bonne mère Fortuna lui réserve est assez renversante : jeune artiste bourgeois, défiguré et handicapé pour avoir sauvé la vie d’un camarade de combat, on pense qu’il touche le fond en devenant opiomane avant de réaliser l’œuvre de sa vie : une escroquerie aux monuments aux morts !
Voilà je n’en dirais pas plus… mais ce personnage associé à un Albert prolo et couard donne une dynamique assez explosive !

Un point très positif, le livre est lu par l’auteur. Et ce n’est pas loin d’être la meilleure prestation en livre audio que j’ai pu écouter ! On vit vraiment les scènes, on imagine les personnages et leurs attitudes grâce à sa performance… Les dialogues, les souffles, les silences… Y’a pas à dire, il n’y a surement pas mieux que l’auteur pour interpréter son oeuvre.

Encore un coup de cœur pour un livre qui sort de mes lectures habituelles… Je n’ai qu’un seul regret, de ne l’avoir qu’au format audio et ne pas pouvoir prêter une version papier à mes amis !

 

«La femme brouillon» d’Amandine Dhée

Première lecture de l’année, première lecture aussi pour le challenge ABC… grâce à ce court roman reçu lors du partenariat Folio de Décembre. Oui, j’ai un peu tardé à m’y attaquer, mais j’avais beaucoup de livre en retard à lire en fin d’année…
Il n’y avait pas grand chose d’inspirant dans la liste de Folio le mois dernier, j’ai donc choisi ce roman… au nombre de pages ! Le plus court possible. Et oui, c’est moche.

Récit autobiographique, Amandine Dhée nous livre ici son expérience de grossesse et de maternité. Elle qui ne se voyait pas mère passe de surprise en découvertes, bonnes et mauvaises tout au long de ces mois.

Moi qui ne suis vraiment pas fans de ce genre de témoignage, j’ai été agréablement surprise. Loin d’être un étalage mielleux du bonheur de la maternité, l’auteur nous raconte ses doutes, ses angoisses, ses victoires aussi… elle ne juge pas les autres mères ni celles qui ne veulent pas l’être, ne parle pas au nom de toutes les femmes, et lorsqu’elle est tentée de le faire, le met sur le dos de la « femme-lézard » qui sommeille en elle, la mère primitive tout droit sortie du cerveau reptilien.
Un récit poétique et drôle, plein de bonne réflexion sur la vie et sur les modèles qu’on nous construit pour définir nos identités… que ce soit de genre que de fonction dans la société.

Vue la brièveté de l’ouvrage, je le mettrai sans hésitation entre toutes les mains !

« Delirium tome 2 : Pandemonium » de Lauren Oliver

Voilà enfin le moment où je peux franchir la ligne d’arrivée du marathon qu’est le Challenge ABC ! C’était vraiment sur le fil cette année, j’ai fini cette dernière lecture pas plus tard que ce matin…
Pour bien finir ce challenge et plus globalement l’année, j’ai choisi cet auteur que j’avais apprécié il y a trois ans avec son Delirium : Lauren Oliver. Pandemonium est la suite directe de celui-ci, dans la pure veine des univers dystopiques de la littérature jeunesse.

Pour rappel, nous avions dans Delirium le portrait d’un monde où l’amour est banni. Afin de contrôler la population et d’organiser la société, l’amour a été déclarée comme étant une maladie. Afin de ne pas tomber malade, les jeunes adultes doivent subir une opération qui leur retirera la faculté d’aimer. Quelques semaines avant son opération qui fera d’elle une vraie citoyenne, Lena rencontre Alex, qui se trouve être un Invalide, c’est-à-dire quelqu’un qui n’a pas subi l’opération… il vit dans la nature, caché, afin de rester libre avec d’autres résistants…

Nous avions donc laissé Lena juste derrière les grilles de la ville qu’elle venait de fuir avec l’aide d’Alex, devenu son amant. Elle le voit mourir sous le feu des Régulateurs… Après des jours de fuite dans la nature, sans rien à manger ni boire, elle finit par être recueillie par un groupe d’Invalides. Elle s’intègre au fil des mois dans cette communauté, où la vie est dure à cause du manque de médicaments, de nourriture et de confort… En souvenir d’Alex et raliée à la cause de ces dernier humains libre, elle décide de rejoindre la résistance et d’aider ses nouveaux amis à saboter le système mis en place par les Régulateurs. Va-t-elle trouver dans cette action le soulagement d’avoir perdu l’homme qu’elle aimait ?

Une fois de plus, j’ai bien accroché à ce récit. Il est simple et efficace, se lit vite… Les personnages et les situations sont assez classiques, et on se doute un peu de la direction que prendra l’histoire, mais ça n’est pas très grave dans ce genre de roman je trouve.
Bref, un roman qui questionne entre autre sur ce qu’on est prêt à accepter pour vivre dans une société ordonné et confortable,  ou au contraire ce qu’on est prêt à faire et renier pour vivre selon ses aspirations. Et surtout, qui nous dicte ces modèles de vie ? Où se situe la frontière entre la dictature et la liberté ?

Une lecture très sympathique pour finir l’année en beauté… et maintenant sus au challenge 2019 ! Et rendez-vous l’an prochain pour, en principe, la chronique du 3ème opus de la série Delirium 😉

« Le coup de grâce » de Marguerite Yourcenar

Ca y est, la ligne d’arrivée du challenge ABC est visible, là, tout au fond !
Pour le Y j’ai été faire une petite balade dans une vraie librairie, ce qui ne m’arrive pour ainsi dire jamais… et c’est bien dommage ! Je suis allée à Mille pages, à Vincennes. Beaucoup de choix, des livres sur deux étages… à retester en 2019 !
Donc en regardant leurs auteurs en Y je suis tombée sur Yourcenar… je l’avais pour ainsi dire oubliée depuis ma lecture des Mémoires d’Hadrien. Là avec Le coup de Grâce je ne prend pas trop de risque, s’agissant d’une nouvelle d’une petite centaine de pages.
C’est donc en débutant ma lecture que j’ai découvert l’histoire de ce récit.

Eric se remémore les derniers mois du combat entre l’Allemagne et la Russie à la fin de la Première Guerre Mondiale, dans sa région natale situé à la frontière des deux belligérants, dans les Pays Baltes. Eric est un soldat allemand, et son objectif est de sécuriser une base stratégique, qui se trouve être le manoir de son ami Conrad, lui aussi soldat dans l’armée germanique. Au milieu de se détachement militaire la soeur de Conrad, Sophie, se retrouve bonne à tout faire pour la troupe de soldats. Les jours passant, la jeune femme tombe amoureuse d’Eric.

Le récit à la première personne donne tout son intérêt à cette histoire d’amour unilatérale. Sophie aime Eric d’un amour naïf et pur, mais elle ne s’est pas rendu compte qu’il n’aime que lui. La dureté des pensée et propos de cet homme, sa mauvaise foi, et tout simplement sa méchanceté pimente cette amourette en temps de guerre. Cela pourrait fort ressembler à une sorte de marivaudage si la guerre et l’attrocité des combats des bolchéviques contre les allemands ne ravageait pas le pays et ses hommes.

J’ai beaucoup aimé la plume de Marguerite Yourcenar, mais peut-être un peu moins le récit… Et forcément, vu le tableau que je vous en ai dressé, j’ai détesté tous les personnages, ce qui est certainement l’objectif de l’auteur (enfi du moins pour Eric…).

Une belle découverte, que je ne conseillerais peut-être pas, mais qui m’a enrichie.

« La femme sous l’horizon » de Yann Queffélec

Une fois de plus, le challenge ABC et sa dernière ligne droite m’a engagé vers des lectures que je n’avais pas du tout anticipées. Après des recherches d’auteurs pour la lettre Q, j’ai redécouvert l’auteur Yann Queffélec. Il y a plus de vingt ans au lycée je lisais Les noces barbares, un vrai livre coup de poing qui ne peut que résonner dans l’esprit d’un adolescent…

Dans la Lorraine des années 80, une famille vit en huis clos dans un manoir perdu au milieu des bois. D’origine russe, ce clan est régit par la grand-mère Zinnaïde, et ses fils : l’alcoolique et violent Vladimir et Lev le prêtre défroqué complètement effacé. Vladimir a deux fille, Zenia et Tita, qu’il élève seul, sa femme Carmilla étant morte dans un accident.
Mais le fantôme de Carmilla plane toujours sur la famille. Vladimir ne s’étant jamais remis de la mort de son épouse, il se venge sur la bouteille et sur Tita, qu’il frappe et fait boire dès ses premiers mois. Zinnaïde défend à quiconque de rappeler son souvenir ou de citer son nom… Qu’est-ce que cette femme a fait de si terrible ? Et pour le plus grand malheur de tous, Tita en grandissant ressemble comme deux gouttes d’eau à sa mère défunte… Quel destin peut bien l’attendre ? Pourra-t-elle échapper à sa famille et à l’ambiance étouffante du manoir de Baba Yaga ?

Nous suivons particulièrement Tita dans ce récit tragique, qui est constamment sous le signe du double. Tita et Carmilla se ressemblent comme des jumelles, et la jeune jeune fille va finir par se confondre totalement avec sa propre mère, comme habitée par son âme. Carmilla, la femme sous l’horizon, qui rythme le malheur de tous. Car oui, personne n’est heureux… comme dans un roman russe !
Petit éclair d’espoir, l’amour et la venue d’un enfant pourraient être sauver Tita…  seulement si elle laisse sa haine et son doppleganger maternel derrière elle.
Dès les premières ligne on devine quel sera la fin, mais ce n’est pas grave, car c’est la manière dont la main du Destin va s’abattre sur cette famille dysfonctionnelle qui nous pousse à tourner les pages de ce livre.

Difficile de dire si Les noces barbares est mieux ou moins bien que La femme sous l’horizon… la thématique de l’enfance brisée et abusée est présente dans les deux livres pour les amateurs d’ambiances plombantes. Et aucun des personnages n’est appréciable… même si on comprend à tous leurs motivations ! Bref, une psychologie des personnages complexe et parfois déroutante.

Une très bonne lecture de mon point de vue, dans un univers à la fois dramatique et symbolique qui révolte et met parfois mal à l’aise.

« Passager 23 » de Sebastian Fitzek

Ces deux derniers mois de lecture de l’année ont l’allure d’un sprint, pour finir le challenge ABC avant le 31 décembre. L’optimisation est de mise pour passer la ligne d’arrivée avec toutes les lettres validée : lecture audio, choix de livres courts, changement d’auteurs…

C’est comme cela que j’en suis arrivée à lire Passager 23 : un livre audio court, dont l’auteur correspond à une lettre manquante dans le challenge, et qui n’était pas trop mal noté. Banco !

L’enquêteur Martin Schwartz est un drôle de personnage. Sur la brèche, il n’hésite pas à mettre sa vie en danger pour résoudre des enquêtes et infiltrer les milieux les plus sordides. Mais qu’on ne se trompe pas, ça n’est pas une marque de courage, mais de profonde dépression. Depuis que sa femme s’est suicidée en emportant son jeune fils en se jetant dans l’océan lors d’une croisière, Martin a perdu le goût de la vie.
Quand on l’invite sur le bateau où sa famille est morte pour lui délivrer des informations sur ce drame, il n’hésite pas un instant ! Les preuves retrouvées vont dans le sens de ce qu’il pensait : sa femme ne s’est pas suicidée, et elle n’aurait pas assassiné son fils ! Peut-être est il encore en vie ? Mais pour cela il devra faire entendre raison à l’équipage et au capitaine du bateau. 
Difficile, car cette fois la preuve est la personne d’une petite fille considérée disparue en mer, réapparue comme par enchantement

Ce livre audio a été très plaisant à écouter. Simple, dynamique, et sordide comme il faut… pour un thriller efficace. Un vrai page-turner ! Comme les commentaires le laisser présager, la fin et ses multiples rebondissements n’est pas à la hauteur des 95% du roman, c’est dommage mais pas réellement gênant.

Les thèmes apparaissant dans le l’œuvre sont originaux : c’est la première fois que je lis un thriller se déroulant sur un bateau de croisière, qui est pourtant un très bon lieu pour un huis clos de roman noir ! On y traite aussi de la pédophilie des mères sur leurs enfants. Je vous avais dit que c’était glauque !

Voilà donc on livre très sympa pour les transports en commun, bien lu en plus. A découvrir pour les amateurs du genre !

« Rétrograde » de Peter Cawdron

Pour le partenariat Denoël d’octobre j’ai suivi mes inclinations habituelles en choisissant un roman de SF… qui de plus me permet d’avancer sur mon challenge ABC 😉
Est-ce que cette aventure martienne est à la hauteur de ce qui est annoncé, c’est à dire une déclinaison de Seul sur Mars ?

Dans un avenir pas si lointain, une centaine de colons vivent sur Mars afin d’étudier la planète rouge. La base est divisée en 4 modules correspondants aux grandes nations impliquées dans l’exploration spatiale : les Etats-Unis, la Chine, la Russie, et l’Eurasie. Alors que la mission prévue pour durer 10 ans se déroule on ne peut mieux, une nouvelle terrifiante arrive de la Terre : une guerre nucléaire a débuté !
New-York, Chicago, Paris, Moscou… ont été rasées par des bombes atomiques, les moyens de communication et Internet ont été bloqués, peu d’informations fiable circulent… un black-out mondial !
Comment gérer cette information lorsqu’on est sur Mars et qu’on a aucune nouvelle de ses proches ? Quel pays a tiré le premier, et pourquoi ? Est-ce que la guerre terrienne aura des répercussions sur les relations entre les colons de différentes nationalités sur une planète lointaine ?

Nous suivons ce drame au travers les yeux de Liz Anderson, une scientifique du module américain. On rentre très rapidement dans le cœur du sujet, et le côté hard SF qu’on s’attend à voir, avec tous les descriptifs des modules, de la surface martienne, des rovers… est assez bien dilué dans l’action.
J’ai apprécié l’intrigue construite en escalier tout du long du récit, ce qui nous permet de nous identifier à la situation des colons, à coup d’annonces successives qui aident à la recoller les morceaux de l’histoire qui a conduit à la guerre sur Terre. Pendant toute la première partie du livre on cherche à savoir quel pays a pu se lancer dans ce conflit en premier… et la réponse de l’auteur m’a assez surprise. Bien vu 😉
Si la fin est un peu brouillon pour justifier le tout (difficile d’être clair ici pour ne pas spoiler), il a l’avantage de nous questionner sur la nature de l’humanité…

Bref, au final, j’ai tout de même passé un bon moment !
Merci Denoël pour ce partenariat !

Rétrograde de Peter Cawdron
Traduit de l’anglais par Mathieu Prioux
Éditions Denoël, collection Lunes d’encre – 304 pages
Paru le 11 octobre 2018

« Le Pape, le Kid et l’Iroquois » d’Anonyme

Depuis le temps qu’on me vendait ce roman… Que ce soit mon conjoint, petit lecteur et fan des univers sanglants, ou encore La chèvre grise, lectrice aguerrie amatrice de récit déjantés (si si !)… il était temps que je prenne l’excuse du challenge ABC et sa fameuse lettre X pour me replonger dans la saga du Bourbon Kid.
Il faut dire que j’étais un peu frustrée ces derniers temps avec cette série de romans, car mon personnage favori, Elvis, avait disparu. Tristesse sans fin…
Psycho Killer, le spin-off de la saga,  était de très bonne facture avec son univers de série B hallucinant… Sans compter son le tueur dingue, l’Iroquois, qui sait faire pleuvoir l’hémoglobine aussi bien que le Kid. Mais voilà, on était ailleurs.
Il ne restait plus qu’à réunir ces deux univers pour obtenir un cocktail bien sanglant, rehaussé d’une grosse dose de « what the f*ck » !

Quelque part, quelques mois après les tueries de B Movie Hell, Bébé tente de commencer une vie normale auprès de son père Devon Pincent. Elle passe ses journées à penser à son grand amour, qui l’a sauvé du bordel où elle officiait… Joey Conrad, alias l’Iroquois, ce tueur psychopathe dissimulant son visage sous masque surmonté d’une crête. Elle refuse de croire ce qu’elle entend à son propos : il aurait tué de sang-froid une nonne dans un restaurant de la ville, et voudrait maintenant s’attaquer au pape !C’est cet assassinat que le gang des Dead Hunters souhaite éviter. Rodeo Rex, le Bourbon Kid, et Elvis (!!!) aidés par la magie de la Dame Mystique qui leur indique l’heure de la mort de l’Homme en Blanc, vont tout faire pour sauver le pape. Et justement, celui-ci doit venir tester un nouveau traitement contre le cancer de la peau… L’occasion idéale pour l’Iroquois de commettre son forfait.
Mais est-ce que notre tueur psychopathe favoris a bien programmé de tuer le pape ? Et si ce n’est pas lui, qui serait derrière tout cela ?

Comme toujours, l’univers du Bourbon Kid est un régal… Le mélange des deux séries marche très bien : le côté dark et très rock des Dead Hunter, associé au touches 80’s de Psycho Killer en fait un roman jubilatoire.
Et je l’ai souligné plus haut, je retrouve enfin Elvis, le tueur à gage le plus cool de la planète !

Ce que j’ai beaucoup aimé avec ce livre, c’est de voir à quel point il est scénarisé comme un film. L’enchaînement des scènes et des chapitres, la posture des personnages, les musiques qui apparaissent çà et là… D’ailleurs je me suis amusée à me faire une petite bande son année 80, à base de Prince ou Grease pour coller à certaines scènes 😉

Je ne peux que conseiller aux fans du Bourbon Kid et de l’Iroquois de lire ce cinquième tome de la saga. Reste maintenant à voir ce que donne le dernier en date, Bourbon Kid. Rendez-vous l’an prochain pour ma nouvelle lettre X du challenge ABC !

 

« Magellan » de Stefan Zweig

Si je participe à des challenges de lecture, comme le Challenge ABC, c’est pour découvrir des auteurs et des bijoux comme ce Magellan ! La lecture sous contrainte a cet avantage, nous diriger vers des terres inconnues… Maintenant que j’ai goûté au charme de Stefan Zweig, je n’ai plus qu’un objectif, en faire un lieu de villégiature !

Nous avons tous entendu parler à l’école, de Magellan. On y apprend qu’il a fait le tour du monde… bien bien bien… Mais sait-on réellement quels étaient les enjeux d’un tel périple au 16ème siècle ?
Sous la plume de Stefan Zweig se dresse le portrait de Magellan tout en subtilité : un expert de la navigation portuguais, taciturne mais persévérant, de sang noble mais qui a servi comme combattant en Inde… Nous découvrons comment a émergé l’idée d’un voyage vers l’Ouest pour rejoindre l’Inde, les difficultés pour mettre en place un tel projet, les dangers qui jalonnent une telle odyssée…
Une biographie magnifique où un tableau de l’Europe de la fin du Moyen-Age côtoie l’odeur des épices de l’Inde, un récit de voyage où les passions des hommes se brise sur la rudesse de nature… et de leur propre orgueil.
Si à la sortie de ma lecture de Sapiens je maudissais le moment où les Hommes ont pris le chemin de mers pour asservir un peu plus la planète, l’aventure de ce Magellan contée par Zweig, m’a reconcilié avec l’humanité et ses oeuvres, et pourtant, l’auteur est loin de nous présenter dans cette expédition un idéal d’humanisme et de moralité.
En écoutant ce livre j’ai pensé aux paroles de Hegel, « Rien de grand ne s’est fait sans passion », ce qui est on ne peut plus vrai ici !

J’ai écouté ce livre sous format audio, et j’ajouterai que la voix du narrateur est très bien adaptée au texte, ce qui permet de se sentir transporté véritablement dans cet univers.

Un gros coup de coeur… et c’est sans hésitation que je vais me diriger vers d’autres ouvrages historiques de Zweig dans les mois à venir. Et oui, il faut bien que je prépare ma liste pour le challenge ABC 2019 😉