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« C’est ainsi que cela s’est passé » de Natalia Ginzburg

C'est ainsi que cela s'est passéPour le partenariat Denoël du mois de novembre, j’ai posé mon dévolu sur un court roman où le drame peint en gris le paysage italien… Un très bon choix qui me sort de mes lectures habituelles.

Dans une ville italienne dans les années 50, une jeune femme tue son mari… Est-ce une abominable criminelle ? Ou la réalité est-elle plus complexe que cela ? Dans ce récit, la narratrice-assassine raconte en un souffle les raisons et les événements qui l’ont amené à tirer une balle de revolver dans l’œil de son époux Alberto.

Une vie de couple décevante, la place de la femme dans les années 50, les drames de la vie… Une fois de plus voici un portrait bien glauque de la société italienne du milieu du 20ème siècle, dans la lignée de mes lectures des romans d’Elena Ferrante. Mais ici le contexte est un peu différent, car notre narratrice est une femme éduquée, sans background social compliqué… mais sa solitude est un vrai déchirement. Une femme normale en somme ! Et se pose la question de ce qui peut bien pousser au crime, plutôt que de trouver une autre solutions à ses problèmes.

J’ai beaucoup apprécié ce quasi huis clos tout en nuances de gris… Car même dans ses moments de joie notre héroïne ne semble jamais vraiment goûter au bonheur.  L’écriture qui ressemble plus à un langage parlé, sous forme d’un témoignage lapidaire, m’a un peu gêné sur les premières pages… mais ce style prend tout son sens au fil de la lecture.
Une belle découverte choisie un peu au hasard, pour remplir la lettre G du challenge ABC !

C’est ainsi que cela c’est passé de Natalia Ginzburg
Traduit de l’italien par Georges Piroué
Editions Denoël, collection Empreinte – 128 pages
Paru le 9 décembre 2017

abclogoshadow

« Guide de survie pour le voyageur du temps amateur » de Charles Yu

Guide de survie pour le voyageur du temps amateurPour le club SF Folio de cette fin d’année je me suis laissée tentée par une thématique on ne peut plus classique de la science-fiction : celle des voyages dans le temps !
Un thème simple… mais si difficile à traiter tant il fait rêver les auteurs et leurs lecteurs ! Alors, pari réussi pour le jeune auteur Charles Yu ?

Le protagoniste de cette histoire, Charles Yu, vit dans un univers réduit à la fusion de deux mégapoles, où n’importe qui peut prendre une une machine à remonter le temps pour partir en promenade… Son rôle est de les dépanner quand ils tombent en panne dans le passé. Il habite dans sa machine à remonter le temps avec le système d’exploitation de la machine, TAMMY et Ed, un chien qui n’existe pas.
Au fur et à mesure de ses voyages, il va se retrouver confronté à des événements liés à la construction de sa vie et à sa jeunesse, et plus particulièrement à la disparition de son père, chercheur amateur qui a œuvré pour la réalisation des voyages dans le temps.

Bonne surprise en lisant le roman, qui se laisse présuer en lisant son titre original (How to Live Safely in a Science Fictional Universe). Charles Yu ne joue pas seulement avec l’idée de voyage dans le temps mais bien celui de la science-fiction dans son ensemble, et je dirais même avec celui de l’univers du roman et de la fiction, dans la manière dont l’écrit se forme… Il nous offre une réflexion sur la construction du « moi » par rapport à ses souvenirs… Se plonger dans le passée dans ses pensée, n’est-ce pas voyager dans le temps, ou du moins une première étape ?

Les débuts du livre sont prenants et parfois humoristique, quand par exemple Charles rencontre Linus Skywalker, le fils de Luke qui essaye d’éliminer son père pour exister un peu. La seconde moitié est plus mélancolique. Le héros se retrouve face à sa mère qui vit dans une boucle infinie d’une heure, dans sa cuisine, à préparer des plats et attendre son fils… et se questionne sur ses relations avec son père depuis son enfance, tout en se demandant où celui ci à bien pu disparaître.
Les concepts des voyages dans le temps son très poussés par moment, et je dois bien avoué que j’ai décroché par moment… Mais globalement le livre est bien construit et offre un voyage intelligent et intriguant.

Bref, un roman bien fichu, même si je regrette le changement de ton en cours de récit.
Merci Folio pour cette bonne découverte !

« Ce que cachait Archie Ferber » de Casey B. Dolan

Ce que cachait Archie FerberUn petit thriller juridique pour cette fin d’automne ça vous dit ?
C’est le choix que j’ai fait lors du partenariat Denoël du mois dernier.

Un procès hors norme s’ouvre en Afrique du Sud. Archie Ferber, citoyen américain, est accusé d’avoir assassiné la mère porteuse de sa fille adoptive, Hannah. Archie est marié avec Matthew, qui est originaire d’Afrique du Sud justement. Ils ont décidé d’avoir recours à cette méthode plutôt qu’à l’adoption, pour se donner plus de chance d’avoir un enfant… Mais une fois la petite fille née, les choses n’ont pas été comme ils l’espéraient : la mère porteuse est retrouvée morte et Hannah a disparu. Est-ce Matthew, plongé dans le coma depuis sa tentative de suicide qui a commis ce crime, ou Archie, un homme très intelligent et au caractère imprévisible ? Et où est passée la petite fille ?
Le psychologue judiciaire Felicity Sloane, experte lors de ce procès, va se retrouver plongée dans cette histoire, qui mêle au passé sombre d’Archie, une enquête sur le crime en lui-même.

J’ai beaucoup aimé ce livre, et cette auteure a été une découverte pour moi. Le style et simple et limpide, et on est vite plongé dans le climat étouffant de l’Afrique du Sud.
Les différents points de vue sur le procès et durant l’enquête, dynamise le récit, et brouillent parfois les pistes. Bref, une bonne lecture pour entamer la saison froide !

Merci Denoël pour cette découverte, qui me permet de valider une nouvelle lettre pour le challenge ABC !

Ce que cachait Archie Ferber de Casey B. Dolan
Traduit par par Arnaud Baignot et Perrine Chambon
Éditions Denoël collection Sueurs Froides – 448 pages
Paru le 19 octobre 2017

abclogoshadow

 

 

« Quand les ténèbres viendront » d’Isaac Asimov

quand les tenebres viendrontRetour aux grands classiques en ce mois d’octobre pour ma lecture du Club SF Folio. Ça tombe bien, j’avais bien envie de lire un Asimov pour le challenge ABC ! En route sur les chemins de l’âge d’or de la science-fiction 😉

Une fois n’est pas coutume, ce livre est un recueil de nouvelle du maître de la SF. Le clou de l’ouvrage, qui lui donne d’ailleurs son nom, est la nouvelle parue en 1941 Quand les ténèbres viendront qui a eu le mérite de faire découvrir Asimov aux Etats-Unis. Personnellement je n’ai pas vraiment accroché avec ce récit, mais qu’importe… d’autres histoires ont pu exciter mon imagination et parfois même me faire sourire. Et oui, Asimov ne manque pas d’humour !

Le style et l’esprit d’Asimov, c’est un truc qui ne s’explique pas… Sa simplicité d’écriture permet de rentrer directement dans son univers, qui d’ailleurs peut parfois paraitre désuet face à des auteurs plus sombres (K. Dick, Wilson…). Mais force est de constater qu’il a anticipé beaucoup de choses et que même de nos jours, des nouvelles écrites dans les années 50 n’ont pas pris une ride. Sally et ses voitures automatiques m’a non seulement rappelé Christine ou Maximum Overdrive de Stephen King mais aussi les Google Car !
On retrouve des nouvelles s’inscrivant dans notre espace contemporain, mais où un élément fantastique va transformer la vie ou la perception des personnages, comme Et si… Dans cette histoire, un couple lors d’un voyage en train ont la possibilité de voir ce qui aurait pu se passer si madame n’était pas tombé dans le tramway sur les genoux de monsieur, et nous offre une jolie réflexion sur l’amour et la notion d‘âme sœur. Moins romantique, Le sorcier à la page, où l’auteur s’amuse avec un philtre d’amour basé sur des phéromones humaines… Tomber amoureux ne serait qu’une question de chimie ?

Je ne vais pas vous présenter l’intégralité de la vingtaine de nouvelles, mais comme d’habitudes avec Asimov, nous somme devant un bon ouvrage. Merci Folio pour ce partenariat !

abclogoshadow

« Le nouveau nom » d’Elena Ferrante

Le nouveau nomMes vacances de septembre auront vraiment été celle des sagas pour moi ! Sur les conseils de ma mère j’ai amené au bord de la piscine la suite de L’amie prodigieuse, que j’avais beaucoup aimé, Le nouveau nom.

Il va sans dire que j’ai dévoré en quelques jour ce roman, qui a toutes les qualités d’un page-turner : écriture fluide, histoires familiales pleines de rebondissements et ce qu´il faut de sordide…

Début des années 60 en Italie. Nous avions laissé les deux personnages principaux au milieu d’un mariage, celui de Lila. Meilleure amie d’Elena, la narratrice, elle épouse à 16 ans l’épicier du quartier, Stefano. Durant le repas de noces elle s’aperçoit que son époux l’a trahie en y invitant ses ennemis de toujours, les frères Solara, des jeunes hommes malhonnêtes qui ont la main mise sur le quartier. La nuit de noce et le début de sa vie de couple sont loin du rêve qu’elle aurait pu imaginer… Entre la violence physique et la pression sociale, la vie d’épouse de Lila a tout du cauchemar.
De son côté Elena continue à aller au lycée, et à rêver de son amour secret Nino, tout en fréquentant Antonio qui meurt de jalousie…

Difficile de résumer cette histoire qui raconte les destins croisés de Lila et de la narratrice Elena. Si elle étaient très proches enfants, vivant une saine concurrence à l’école, et ou Lila brillait de mille feux dans la rue… le début de l’âge adulte va les séparer. Elena va suivre un chemin peu habituel à l’époque pour une femme, celui de l’école et des études. Malgré ses doutes, sa peur de ne pas être à la hauteur et de trop être l’incarnation d’une fille d’un quartier pauvre… elle gravit les marches des classes et des diplômes une par une.
Lila quant à elle n’a pas eu la chance de pouvoir continuer ses études… et son seul choix pour vivre ses rêves et avoir de l’argent eSt de faire un bon mariage. Mais à seize ans, on fait rarement les bons choix, et celui qu’elle a fait va vite lui sembler être la pire erreur de sa jeune vie… La violence de la vie domestique à cette époque est assez hallucinante. Quand je pense que cela se passe en Europe il y a 50 ans, je suis ébahie…

Côté personnage, je me sens assez en phase avec Elena, la bûcheuse, vilain petit canard qui une fois sortie du giron de son modèle Lila se révèle être une jolie femme, intelligente et disciplinée.
Lila est la fille-femme fatale de caractère, intelligente mais frustrée… limite cyclothymique. Elle passe de la passion pour un sujet ou une personne, à un désintérêt le plus total. Je ne peut pas m’empêcher d’avoir envie de lui botter le derrière pour ses mauvaises décisions et de ressentir une vague jalousie pour son intelligence vive et sa capacité à fasciner les hommes… Tout comme elle nous fascine aussi, nous, lecteurs.
Une chose est certaine, c’est qu’on tourne vite les pages pour savoir si Lila va finir par se faire battre à mort par son époux ou s’enfuir enfin, et jusqu’où Elena arrivera à aller dans ses études.

J’ai déjà le troisième tome de côté, Celle qui fuit et celle qui reste,  que j’espère bien lire dès que ma PAL sera un peu moins haute !

Cette lecture me permet de valider le F du challenge ABC.

abclogoshadow

« Harry Potter and The Chamber of Secrets » de J. K. Rowling

Harry Potter and The Chamber of secretsQuel bonheur de retrouver l’univers d’Harry Potter lors de mes congés de septembre ! Je m’étais jurée de prioriser d’autres lectures, mais l’appel de l’école de magie et de sorcellerie a été plus fort que tout le reste.

Ce second opus commence dans la famille muggle d’Harry, les Dursleys, qui est toujours aussi peu tolérante quant aux dons de leur neveu. Heureusement, Harry va être délivré de la chambre du pavillon de banlieue qui est devenue sa prison, par son ami Ron et ses frères, grâce à leur voiture volante. Enfin Harry va pouvrir passer du bon temps en famille avant de reprendre l’école.
Mais une fois n’est pas coutume, de terribles dangers plannent sur l’école d’Hogwarts : les sorciers descendants de muggles sont devenus la cible de l’héritier de Slytherin, qui les pétrifient et promet même leur mort. Qui est cet héritier, et comment l’arrêter ?

Pour répondre aux commentaires de l’article précédent, j’étais passée complètement à côté du phénomène dans les années 2000. Trop d’autres choses à lire (SF, mangas…), d’autres choses à faire à la fac (j’étais plus dans les arts plastiques que dans les lettres), et quand les films sont sortis je n’ai pas accroché. De plus il faut du temps et du courage pour s’atteler à une saga aussi longue (plus de trois tomes, pour moi c’est long ;)).
En tous cas je en regrette pas de m’y être enfin mise, j’adore cet univers, les personnage me plaisent beaucoup plus que dans les films, et le récit a toutes les caractéristiques des histoires de fantasy classiques.  La lutte du bien contre le mal, du savoir et du pouvoir contre le courage et la loyauté… avec un côté fable psychologique sur l’adolescence et le fait de grandir. D’ailleurs les relations entre les élèves s´étoffent plus dans ce tome : concurrence, amourettes, ennemis jurés… on se croirait vraiment au collège (en mieux quand même ;))
Ce tome là a aussi des échos d’analyse sociales et politiques, mettant en garde contre le racisme et le fascisme : les sorciers de sang-pur valent-ils mieux que ceux issus de mariages mixtes, ou pire, de famille de non-magiciens ? Qu’est-ce que des hommes assoiffés de pouvoir sont prêt à faire pour manipuler les masses et arriver à leur fin ?

Je continue au passage mes lectures en anglais, aucun soucis pour dévorer ce livre dans sa langue originale ! Vivement le prochain… même si j’attendrai sûrement 2018, histoire de vider un peu ma PAL de challenge et de partenariats !

« Intérieur nuit » de Marisha Pessl

Intérieur nuitLe voilà de retour après quelques semaines de lecture et de vacances loin des réseaux numériques… j´ai passé une partie de cet été avec mon partenariat Folio de juin : Intérieur nuit de Marisha Pessl. Ce beau bébé de 800 et quelques pages m’a un peu effrayé de prime abord (encore un livre choisi au hasard…). Pour digérer et finir un volume pareil, il faut que le livre soit bon. Et j’ai de la chance, il l’est !
Un savant mélange de thriller journalistique et d’univers fantastique, assez dark, flirtant parfois avec les thèmes de films d’horreur… bref, un récit qui donne envie de tourner les pages les unes après les autres.

Scott Mc Grath est un journaliste honnit dans sa profession, à cause d’une enquête de trop, mal étayée, sur le célèbre cinéaste Stanislas Cordova. Il faut dire que Cordova est un vrai mystère… Ses films sont considérés des coups de poings au visage de la société depuis des décennies, bien qu’ils ne soient plus diffusés que dans des salles de projection undergrounds. De plus, Cordova vit en reclus dans sa propriété au milieu de la forêt et plus personne ne l’ai vu depuis des années.
Lorsqu’Ashley, la fille de Cordova, est retrouvée morte dans un quartier de New-York, l’attention de Scott se porte de nouveau sur ce réalisateur à qui il doit la destruction de sa carrière.
Est-ce grâce à l’enquête sur le suicide d’Ashley qu’il va pouvoir prouver qu’il avait raison aux autres journalistes et à sa famille … que Cordova a une vie qui s’approche dangereusement de l’horreur de ses films… jusqu’à faire du mal à des enfants ?

Le moins qu’on puisse dire, c’est que le personnage central de Cordova est un vrai aimant… difficile de se dire qu’il n’existe pas réellement ! Je l’imagine dans un mélange de Kubrick, William Friedkin, Terrence Mallick et Cronenberg. Un personnage de fiction qui en est aussi un dans le récit, car celui-ci est un vrai fantôme : chaque personne qui l’a croisé à un avis différent sur lui, jusqu’à le transformer en créature mythique.
Avec un père pareil, Ashley a aussi une vie fascinante, qui oscille entre la réalité et la magie… parfois même le maléfice.
L’enquête est pleine de rebondissements, non linéaire tout en restant compréhensible. Scott et ses deux acolytes (une jeune actrice et un ami d’Ashley) vont naviguer entre le milieu des fans cordovistes qui n’ont rien à envier à une secte, les appartements de vieilles actrices ayant connu le maître, les boîtes de nuit privée louches, les magasins de magies new-yorkais,…

Une superbe découverte, que j’ai pris beaucoup de plaisir à lire.
Merci à Folio pour ce partenariat !

Et au passage, une lecture pour le challenge ABC !

abclogoshadow

« Harry Potter and the Philosopher’s Stone » de J. K. Rowling

Harry Potter T1S’il y a bien un phénomène de société à côté duquel je suis passée, c’est bien celui des Harry Potter ! Un peu trop âgée pour être dans le lectorat cible, mais pas encore assez pour avoir envie de me plonger dans un univers pré-ado fantastique.
Les années ont passées (déjà 20 !), et je décide enfin de m’atteler à la lecture de cette série, en commençant fort justement par le premier opus, Harry Potter and the Philosopher’s Stone. Et oui, je m’ajoute une couche d’attrait et de difficulté peut être en lisant cet ouvrage dans sa langue originale, histoire de joindre l’utile à l’agréable et de parfaire un peu mes compétences en anglais.

Est-ce nécessaire de rappeler cette histoire que tout le monde connait soit grâce au livre, soit grâce au film (Harry Potter à l’école des sorciers chez nous). A noter que le film est une très bonne adaptation, bien que le livre apporte plus de détails je pense, et surtout d’ambiance.
Bref, pour ceux qui ont vécu ces 20 dernières années sur la Lune, Harry est un garçon de 11 ans, orphelin, qui est gardé par son oncle et sa tante qui le déteste. Le jour de son anniversaire il apprend qu’il est en fait le fils d’un couple de sorciers, et qu’il possède aussi des pouvoirs magiques… Il est alors invité à suivre ses études à la « Hogwarts School of Witchcraft and Wizardry » (Poudlard en France), où il va découvrir ce qu’il est vraiment, se faire des amis… et quelques ennemis. Harry va surtout vivre des aventures palpitantes, malgré l’ombre qui plane sur la mort de ses parents et qui semble ressurgir du passé, celle de celui qu’on ne nomme jamais : Voldemort.

Super découverte, je regrette de ne pas m’être plongée plus tôt dans ce livre ! Je suis tellement emballée que j’ai directement acheté les deux tomes suivants… Le niveau d’anglais est très accessible, du coup aucun soucis pour plonger dans ce récit plein de fantaisie (et de fantasy !), d’humour, mais aussi d’horreur par moment… pas si rose l’univers de la littérature jeunesse 😉

Et au passage, une lecture pour le challenge ABC !

abclogoshadow

« Le restaurant de l’amour retrouvé » d’Ito Ogawa

Le restaurant de l'amour retrouvéJ’ai offert il y aquelques temps ce livre à La Chèvre Grise, sur les conseils d’une libraire spécialisée dans le manga et la culture japonaise (Kommiku, à Paris). Je ne savais pas trop de quoi il en retournait, mais vu l’entrain de la commerçante, puis celui de La chèvre après l’avoir lu, je me disait qu’il devait vraiment pas être mal. J’ai donc profité de mes vacances en Toscane pour déguster ce roman délicat.

En rentrant de son travail dans un restaurant, Rinco, retrouve son appartement totalement vidé, et son fiancé parti. Ce choc lui fait perdre littéralement la voix ! Mais plutôt que de s’apitoyer , cette jeune femme japonaise de 25 ans décide de repartir dans son village natal dans les montagnes. Ayant pour seule fortune une jarre pleine de vinaigre à kimchi héritée de sa grand-mère, elle se retrouve à devoir vivre avec sa mère qu’elle déteste et sa truie Hermès.
Cette dernière lui prête tout de même de quoi ouvrir un petit restaurant, ou Rinco sera la seule maitre à bord… mais toujours muette.

Sans surprise on parle bien dans ce roman de cuisine et d’amour… mais pas exactement sous les formes qu’on imaginerait.
Le restaurant de Rinco est spécial : elle ne sert qu’une table par diner, et souhaite s’entretenir avec les convives avant le repas pour leur proposer une expérience culinaire adaptée. Comme souvent au Japon, on ne plaisante pas avec la nourriture ! Les descriptions des plats et de leur préparation donne l’eau à la bouche, et en devient quasiment de la poésie flirtant avec du symbolisme.
L’amour quant à lui, il semble plus souvent contrarié que satisfait… et l’amour retrouvé de Rinco n’est pas celui auquel je m’attendais !

Une lecture magnifique, que je vais conseiller à mon tour sans hésitation !

Cette lecture me permet de remplir le contrat de la lettre « O » pour le challenge ABC !

abclogoshadow

« Comme un conte » de Graham Joyce

Comme un conteNouvelle confrontation avec Graham Joyce pour ce roman du Club Folio SF. J’avais lu il y a quelques temps Ligne se vie, que je n’avais pas vraiment apprécié.
Un peu sceptique avant d’ouvrir ce livre, j’ai finalement découvert un récit qui oscille entre fantasy et fantastique, qui commence à me réconcilier avec l’auteur 😉

Noël, dans une région rurale anglaise près de la forêt des Outwoods… Tara vient frapper a la porte de chez ses parents : ils n’en reviennent pas. Tara avait disparu depuis 20 ans, sans laisser de trace, alors qu’elle avait 16 ans. Beaucoup pensaient qu’elle avait été kidnappée, tuée et cachée quelque part par un pervers… par son petit ami de l’époque Richie par exemple ? Peter son frère est furieux de sa fugue… Toute la famille hésite en la joie et le bouleversement. Mais quand ils apprennent où elle était durant toute ces années, c’est le choc : Tara aurait passé tout ce temps dans une région inconnue où le temps ne suit pas le même rythme que chez nous… Elle était au « pays des fées ».
Folie, mensonge pour cacher une réalité plus violente, ou la vérité vraie ?

Ce que j’ai beaucoup apprécié dans ce roman, c’est son rythme et son changement de narrateur à chaque chapitre. Tour à tour des personnages clés prennent la parole ou se voient être le centre d’intérêt d’un narrateur extérieur. Ainsi le lecteur va pouvoir voir l’histoire sous plusieurs angles et essayer de se faire son opinion.
L’histoire de Tara est pleine de magie, et ressemble bien à un conte : elle tombe amoureuse d’un cavalier dans la forêt, décide de suivre ce prince charmant, mais se retrouve bientôt enfermée dans un monde magique. Son erreur va lui couter cher, puisqu’elle va en 7 mois dans cet univers féérique perdre 20 ans dans le nôtre. A son retour, tout a changé, que ce soit la société, ou sa famille qui a bien vieilli. Et que dire d’elle ? Est-elle toujours Tara au final ?
On reprend ici aussi un schéma classique de la science contre la croyance. Afin de prouver à Tara qu’elle est folle, son frère la pousse à aller voir un psychologue, à passer des examens pour lui prouver qu’elle n’a pas 16 ans mais 20 ans de plus… bref, faire appel à la science pour prouver que le monde surnaturel n’existe pas.
Autour de cela, le monde magique apparait de temps en temps, nous mettant le doute sur l’expérience de Tara. Et si elle avait bien été dans un monde en dehors de notre monde ? Les preuves s’accumulent, les indices semble clairs…. Mais nous lecteurs, qu’allons-nous croire ?
L’auteur balise subtilement le chemin, mais ne donne pas de réponses sur l’existence ou non du pays des fées, est c’est là pour moi tout l’intêret du livre.

Une lecture qui m’a enchanté et que je conseille vivement ! Merci Folio !