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« Marie-Antoinette » de Stephan Zweig

Suite à ma lecture de Magellan en fin d’année dernière, je n’avais qu’une envie, me replonger dans un ouvrage historique de Stephan Zweig !
Faut-il encore présenter Marie-Antoinette ? Depuis nos premiers cours d’histoire à l’école, nous avons entendu beaucoup parler de cette jeune princesse venue d’Autriche pour épouser le dauphin Louis XVI. Perçue comme le déclencheur de la Révolution Française de part ses dépenses fastueuses et son comportement léger, elle sera emprisonnée et décapitée sous la guillotine après une fuite ratée à Varenne.
Mais qui était vraiment Marie-Antoinette ? Était-elle vraiment cette jeune femme imbue d’elle même que l’histoire a gardé en mémoire ?
C’est ce que Stephan Zweig tente de découvrir dans l’analyse psychologique qu’il nous livre ici, réalisé à la lumière de source historique qui se veulent factuelles.

J’ai redécouvert Marie-Antoinette et toute son époque grâce à ce livre. Tout l’univers du 18ème siècle est très bien détaillé, et le portrait brossé de la Reine est criant de réalisme. Reste à savoir s’il est bien objectif… En effet, on sent que Zweig tente de racheter ce personnage malmené par l’histoire et tant détesté.

En tout cas j’ai appris beaucoup de choses, notamment sur l’affaire du collier, la fuite à Varenne, les relations entre Marie-Antoinette et Fersen… et j’en passe ! Ce qui est intéressant, c’est de voir l’évolution de la jeune adolescente devenue Reine de France rayonnante et indolente, jusqu’à la mère destituée, enfermée dans un donjon froid et lugubre à la veille de sa mort…

Bref, une belle lecture (enfin lecture audio), peut-être moins passionnante que Magellan qui était plus un récit d’aventure, mais tout de même captivante. A l’année prochaine Zweig, pour le prochain challenge ABC !

« Danse de mort » de Douglas Preston et Lincoln Child

Chaque année qui s’écoule me voit lire des livres pour des challenges littéraires… et chaque année est aussi l’occasion d’avancer dans la saga Pendergast, qui nous narre les enquête de ce fameux inspecteur du FBI à New-York.

Nous avions laissé Pendergast dans Le violon du Diable pour mort, en Italie…
Le lieutenant d’Agosta est revenu à New-York et il reçoit comme mission, via un courrier d’outre-tombe de son ami Aloysius Pendergast, d’enquêter sur son frère Diogène. Celui-ci aurait prévu de semer le chaos à une date bien précise… qui se trouve être dans une poignée de jours ! Diogène est aussi intelligent que son frère, sauf qu’il met au service du mal son talent. Comment d’Agosta va bien pouvoir s’en sortir tout seul ?
Surtout qu’au même moment, une série de meurtres atroces débute à New-York… Est-ce que Diogène est derrière tout cela ?

Sans vraiment spoiler… Pendergast revient très rapidement sur le devant de la scène dans ce thriller. Et oui, il n’est pas vraiment mort en Italie, mais faisait profil bas pour mieux étudier les agissement de son frère : on est rassurés !

Le personnage de Diogène, le « dark » Aloysius, apporte un petit plus à cette saga qui semble un peu s’essouffler. Pourquoi déteste-t-il à ce point son frère ? Quel est son plan machiavélique ? Et existe-t-il vraiment ou est-il une personnalité refoulée de notre inspecteur albinos favori ?
Il a tout du vrai méchant « à la Scoubidou » : il est très malin et cultivé, adore la couleur du sang, est affublé d’un physique particulier (des yeux vairons…), prend plaisir depuis l’enfance à torturer des êtres vivants, n’avait pas d’amis à l’école.
Bref, on ne fait pas dans la subtilité, mais ça reste amusant 🙂

Comme je le disait, l’histoire est un peu plate quand même… Une fois notre héros ressuscité et le méchant identifié, ça roule sans trop de surprises, si ce ne sont les péripéties du journaliste Smithback enfermé pour le protéger dans un asile, ou encore les petites surprises au musée d’Histoire Naturel (encore !).

Même si ça n’est pas un chef d’œuvre, je pense qu’on pourra se donner rendez-vous l’an prochain pour la lecture d’un nouvel opus, le septième : Le livre des trépassés (tout un programme !)

A noter que cette année ce livre permettra de remplir la lettre « Q » du challenge ABC… « Q » comme « Quatre mains » 😉

« De mères en filles » de Maria José Silveira

Qu’est-ce qui peut bien se cacher derrière le titre un brin cucul de ce roman ? C’est ce que j’ai essayé de découvrir en choisissant De mères en filles lors du partenariat Denoël du moins dernier, qui me permet au passage de valider la lettre S du challenge ABC.

De 1500 à 2018, nous suivons la trajectoire de femmes qui ont subit ou fait le Brésil, en suivant la descendance féminine d’Inaiá la jeune indienne, qui a vu débarquer les Portugais sur les plages de Bahia. Années après années, siècles après siècles, nous voyons ces femmes suivre une destinée qui leurs est propre : tour à tour esclaves ou puissantes, riches ou pauvres, amenée à mourir très jeunes ou centenaires… Et au même rythme nous voyons le Brésil évoluer, suivant les mêmes revers ou les mêmes succès.

Par la « petite histoire » j’ai vraiment fait la rencontre du Brésil, un territoire qui m’attire autant qu’il me fait peur !

J’ai adoré suivre cette saga familiale, totalement matrilinéaire… les résonances entre les vies des unes et des autres à des générations d’écarts nous fait hésiter entre le paranormal, la destinée ou la prédisposition génétique… Mais qu’importe finalement !

J’ai été amusée par l’histoire de l’indienne cannibale Tebereté, j’ai eu mal pour Filipa l’esclave cleptomane battues à mort sous les yeux de sa fille, j’ai adoré détester la peste bourgeoise Clara Joaquina, j’ai admiré Jacira Antonia et Rosa Alfonsina… et j’en passe ! La galerie de personnages est époustouflante et dépeint des êtres produits par leur époque, sans tomber je pense, dans la caricature !

Sous la patte de l’auteur, on voit le temps passer non seulement grâce aux magnifiques tableaux qu’elle brosse, mais aussi grâce à l’analyse psychologique de ses personnages, toujours vu sous le microscope de la troisième personne. Un vrai voyage…

Une belles découverte que je vous encourage vivement à lire !

De mères en filles de Maria José Silveira
Traduit du portugais par Diniz Galhos
Editions Denoël & d’ailleurs – 480 pages
Paru le 14 mars 2019

« Rois du monde, tome 2 : Chasse royale, partie 1 : De meute à mort » de Jean-Philippe Jaworski

Après m’être prise de passion pour le premier opus de cette saga des Rois du Monde, avec le premier livre Même pas mort, je me suis ruée sur sa suite Chasse Royale partie 1 eu livre audio. Un bon plan pour remplir une lettre pas évidente du challenge ABC !
Si on retrouve bien la plume de Jaworski ici, avec son talent pour créer et donner vie à des univers, nous sommes plus dans un roman historique que de la fantasy dans ce tome…

Nous avions laissé Bellovèse, fils du roi Sacrovèse, il y a 9 ans de cela. Depuis sa vie a changé. Il est à la cours de l’ennemie et assassin de son père, son oncle Ambigat, et il a pris une femme, à des filles et des terres…
Alors qu’il doivent rendre visite à une tribu vassale lors des fête du passage de l’été, il saute aux yeux qu’Ambigat perd de son pouvoir : les récoltes sont mauvaises depuis de nombreuses années, les bêtes meurent, et les hommes ont faim.
Est-ce à ce moment propice que la révolte va enflammer le pays ? Quel parti Bellovèse va choisir ? Celui de son oncle, ou celui de ses opposants ?

C’est avec regret que je doit reconnaître que je n’ai pas du tout adhéré à ce roman… si j’avais aimé le premier tome c’était pour son univers à cheval entre réalité et mythe, dans un monde vu par les yeux d’un enfant.
Aujourd’hui Bellovèse est adulte et forcément le monde est moins drôle. Des combats, de la politique… et le temps qui semble bien long à l’écoute, surtout avec la nuée de noms de tribus ou de personnages en celte. Pas facile de suivre quand on a une mémoire plutôt visuelle comme moi ! Pourtant la dernière heure de lecture change du tout au tout : des vrais actions héroïques, et le retour de l’univers onirique de Même pas mort ! Pour le coup ça donnerait presque envie de retenter l’aventure avec le 3ème livres….
Enfin pas avant l’année prochaine, pour un nouveau challenge 😉


« L’Ours et le Rossignol » de Katherine Arden

J’ai pris un grand retard sur mes lectures ces derniers temps, et surtout sur mes chroniques dans ce blog… Si grâces aux temps de transport en commun j’arrive à lire un peu, et écouter beaucoup d’audiolivres, concernant l’écriture d’articles, je ne trouve pas assez de temps pour m’y mettre.

Toutes mes excuses à Denoël, car je traite ici du partenariat de janvier… Je vais essayer de me rattraper en cours d’année 😉

Une fois de plus, j’ai choisi ce livre pour de basses raisons : il tombait bien pour le challenge ABC, pour la lettre A donc. Parfois il n’en faut pas plus pour tomber sur une perle !

Dans les temps ancien de la Rus’ (Russie), Vassia est la dernière fille d’un seigneur. Comme sa mère est morte à sa naissance, c’est la vieille servante Dounia qui a élevé les enfants… Pour passer les longues soirées d’hiver, dans cet endroit isolé près de la forêt, elle leur raconte d’anciens contes où les légendes sur les aïeux de la famille côtoient celle sur les dieux des temps reculé. Le plus notable est le dieu du froid et de la mort, Morozko.
En grandissant tout le monde peut constater que Vassia n’est pas vraiment comme toutes les autres petites filles… Eprise de liberté, elle a le don qu’avait sa grand-mère maternelle : elle peut voir les esprits familiers qui protège les maisons et les bois, et interagir avec eux.
Mais le pays connait de grands changements et la vie de la famille de Vassia aussi : son père doit se remarier avec la fille du roi, une femme folle et méchante… qui ramène avec elle une interprétation de la religion catholique assez extrême, en la personne d’un prêtre moscovite.
Que va devenir Vassia et les esprits du domaine, maintenant qu’ils sont perçus comme des démons tout droit sorti des enfers ?

Ce roman à été un vraie découverte, je ne connaissais pas du tout l’univers des contes russes, et j’ai passé un excellent moment avec ce livre.
Le monde fantastique est très bien décrit, poétique et sombre à la fois, il y a de l’action, des rebondissements… tout en utilisant une trame classique du conte.
Bref, une très bonne expérience ! Et la bonne nouvelle, c’est qu’en fait ce roman est le premier d’une trilogie 😀

Merci Denoël pour ce roman !

L’Ours et le Rossignol de Katherine Arden
Traduit par Jacques Collin
Editions Denoël – Collection Lune d’Encre – 368 pages
Paru le 17 janvier 2019

« Au revoir là-haut » de Pierre Lemaitre

Pffiou, ce n’est pas cette année que je serai plus régulière dans mes publications sur ce blog… Mais heureusement mon système de parallélisation des lecture audio / papier me permet de tenir mes challenges annuels (au détriment de mon écoute de Deezer, je suis mal barrée pour apprendre tout le répertoire d’Alice Cooper pour septembre prochain…) !

Mais revenons à nos moutons… Au revoir là-haut. Au moment de chercher des auteurs pour le challenge ABC dans la bibliothèque Audible, je suis retombée dessus… la couverture me disait quelques chose (c’est en fait l’affiche du film sorti il y a un an et demi) et en cherchant un peu plus je vois que c’est un prix Goncourt. Méfiance… Je ne suis pas une lectrice si facile ! Une collègue bercée dans les romans historiques me promet que c’est vraiment bien. Aller, pourquoi pas !

Derniers jours de la Première Guerre Mondiale, côté français, dans les tranchées. Albert et ses camarades espèrent ne pas avoir à monter au front… ça serait trop bête de mourir sous les balles allemandes à quelques heures de la fin du conflit ! Et pourtant ils y retournent pour venger la mort de leurs éclaireurs, sous les ordres du Lieutenant Pradel.
Au final, Albert se retrouve enterré vivant dans un trou d’obus avec une tête de cheval et Edouard en le sauvant se fait arracher la moitié du visage par un éclat d’obus. Une amitié étrange va naitre entre les deux hommes, avec en toile de fond le perfide Pradel, à l’origine de tous leurs maux.

Difficile de décrire ce roman… Le tableau d’une époque ravagée par la guerre, l’ironie du destin, une galerie de personnages impeccables, et aussi de l’humour et de la poésie… j’ai été complétement happée par cette histoire !
J’ai adoré le personnage d’Edouard, que je ne peux pas séparer dans mon esprit du personnage principal de Johnny s’en va-t’en guerre de Dalton Trumbo (certainement un de mes livres favoris). Le sort que notre bonne mère Fortuna lui réserve est assez renversante : jeune artiste bourgeois, défiguré et handicapé pour avoir sauvé la vie d’un camarade de combat, on pense qu’il touche le fond en devenant opiomane avant de réaliser l’œuvre de sa vie : une escroquerie aux monuments aux morts !
Voilà je n’en dirais pas plus… mais ce personnage associé à un Albert prolo et couard donne une dynamique assez explosive !

Un point très positif, le livre est lu par l’auteur. Et ce n’est pas loin d’être la meilleure prestation en livre audio que j’ai pu écouter ! On vit vraiment les scènes, on imagine les personnages et leurs attitudes grâce à sa performance… Les dialogues, les souffles, les silences… Y’a pas à dire, il n’y a surement pas mieux que l’auteur pour interpréter son oeuvre.

Encore un coup de cœur pour un livre qui sort de mes lectures habituelles… Je n’ai qu’un seul regret, de ne l’avoir qu’au format audio et ne pas pouvoir prêter une version papier à mes amis !

 

«La femme brouillon» d’Amandine Dhée

Première lecture de l’année, première lecture aussi pour le challenge ABC… grâce à ce court roman reçu lors du partenariat Folio de Décembre. Oui, j’ai un peu tardé à m’y attaquer, mais j’avais beaucoup de livre en retard à lire en fin d’année…
Il n’y avait pas grand chose d’inspirant dans la liste de Folio le mois dernier, j’ai donc choisi ce roman… au nombre de pages ! Le plus court possible. Et oui, c’est moche.

Récit autobiographique, Amandine Dhée nous livre ici son expérience de grossesse et de maternité. Elle qui ne se voyait pas mère passe de surprise en découvertes, bonnes et mauvaises tout au long de ces mois.

Moi qui ne suis vraiment pas fans de ce genre de témoignage, j’ai été agréablement surprise. Loin d’être un étalage mielleux du bonheur de la maternité, l’auteur nous raconte ses doutes, ses angoisses, ses victoires aussi… elle ne juge pas les autres mères ni celles qui ne veulent pas l’être, ne parle pas au nom de toutes les femmes, et lorsqu’elle est tentée de le faire, le met sur le dos de la « femme-lézard » qui sommeille en elle, la mère primitive tout droit sortie du cerveau reptilien.
Un récit poétique et drôle, plein de bonne réflexion sur la vie et sur les modèles qu’on nous construit pour définir nos identités… que ce soit de genre que de fonction dans la société.

Vue la brièveté de l’ouvrage, je le mettrai sans hésitation entre toutes les mains !

« Delirium tome 2 : Pandemonium » de Lauren Oliver

Voilà enfin le moment où je peux franchir la ligne d’arrivée du marathon qu’est le Challenge ABC ! C’était vraiment sur le fil cette année, j’ai fini cette dernière lecture pas plus tard que ce matin…
Pour bien finir ce challenge et plus globalement l’année, j’ai choisi cet auteur que j’avais apprécié il y a trois ans avec son Delirium : Lauren Oliver. Pandemonium est la suite directe de celui-ci, dans la pure veine des univers dystopiques de la littérature jeunesse.

Pour rappel, nous avions dans Delirium le portrait d’un monde où l’amour est banni. Afin de contrôler la population et d’organiser la société, l’amour a été déclarée comme étant une maladie. Afin de ne pas tomber malade, les jeunes adultes doivent subir une opération qui leur retirera la faculté d’aimer. Quelques semaines avant son opération qui fera d’elle une vraie citoyenne, Lena rencontre Alex, qui se trouve être un Invalide, c’est-à-dire quelqu’un qui n’a pas subi l’opération… il vit dans la nature, caché, afin de rester libre avec d’autres résistants…

Nous avions donc laissé Lena juste derrière les grilles de la ville qu’elle venait de fuir avec l’aide d’Alex, devenu son amant. Elle le voit mourir sous le feu des Régulateurs… Après des jours de fuite dans la nature, sans rien à manger ni boire, elle finit par être recueillie par un groupe d’Invalides. Elle s’intègre au fil des mois dans cette communauté, où la vie est dure à cause du manque de médicaments, de nourriture et de confort… En souvenir d’Alex et raliée à la cause de ces dernier humains libre, elle décide de rejoindre la résistance et d’aider ses nouveaux amis à saboter le système mis en place par les Régulateurs. Va-t-elle trouver dans cette action le soulagement d’avoir perdu l’homme qu’elle aimait ?

Une fois de plus, j’ai bien accroché à ce récit. Il est simple et efficace, se lit vite… Les personnages et les situations sont assez classiques, et on se doute un peu de la direction que prendra l’histoire, mais ça n’est pas très grave dans ce genre de roman je trouve.
Bref, un roman qui questionne entre autre sur ce qu’on est prêt à accepter pour vivre dans une société ordonné et confortable,  ou au contraire ce qu’on est prêt à faire et renier pour vivre selon ses aspirations. Et surtout, qui nous dicte ces modèles de vie ? Où se situe la frontière entre la dictature et la liberté ?

Une lecture très sympathique pour finir l’année en beauté… et maintenant sus au challenge 2019 ! Et rendez-vous l’an prochain pour, en principe, la chronique du 3ème opus de la série Delirium 😉

« Le coup de grâce » de Marguerite Yourcenar

Ca y est, la ligne d’arrivée du challenge ABC est visible, là, tout au fond !
Pour le Y j’ai été faire une petite balade dans une vraie librairie, ce qui ne m’arrive pour ainsi dire jamais… et c’est bien dommage ! Je suis allée à Mille pages, à Vincennes. Beaucoup de choix, des livres sur deux étages… à retester en 2019 !
Donc en regardant leurs auteurs en Y je suis tombée sur Yourcenar… je l’avais pour ainsi dire oubliée depuis ma lecture des Mémoires d’Hadrien. Là avec Le coup de Grâce je ne prend pas trop de risque, s’agissant d’une nouvelle d’une petite centaine de pages.
C’est donc en débutant ma lecture que j’ai découvert l’histoire de ce récit.

Eric se remémore les derniers mois du combat entre l’Allemagne et la Russie à la fin de la Première Guerre Mondiale, dans sa région natale situé à la frontière des deux belligérants, dans les Pays Baltes. Eric est un soldat allemand, et son objectif est de sécuriser une base stratégique, qui se trouve être le manoir de son ami Conrad, lui aussi soldat dans l’armée germanique. Au milieu de se détachement militaire la soeur de Conrad, Sophie, se retrouve bonne à tout faire pour la troupe de soldats. Les jours passant, la jeune femme tombe amoureuse d’Eric.

Le récit à la première personne donne tout son intérêt à cette histoire d’amour unilatérale. Sophie aime Eric d’un amour naïf et pur, mais elle ne s’est pas rendu compte qu’il n’aime que lui. La dureté des pensée et propos de cet homme, sa mauvaise foi, et tout simplement sa méchanceté pimente cette amourette en temps de guerre. Cela pourrait fort ressembler à une sorte de marivaudage si la guerre et l’attrocité des combats des bolchéviques contre les allemands ne ravageait pas le pays et ses hommes.

J’ai beaucoup aimé la plume de Marguerite Yourcenar, mais peut-être un peu moins le récit… Et forcément, vu le tableau que je vous en ai dressé, j’ai détesté tous les personnages, ce qui est certainement l’objectif de l’auteur (enfi du moins pour Eric…).

Une belle découverte, que je ne conseillerais peut-être pas, mais qui m’a enrichie.

« La femme sous l’horizon » de Yann Queffélec

Une fois de plus, le challenge ABC et sa dernière ligne droite m’a engagé vers des lectures que je n’avais pas du tout anticipées. Après des recherches d’auteurs pour la lettre Q, j’ai redécouvert l’auteur Yann Queffélec. Il y a plus de vingt ans au lycée je lisais Les noces barbares, un vrai livre coup de poing qui ne peut que résonner dans l’esprit d’un adolescent…

Dans la Lorraine des années 80, une famille vit en huis clos dans un manoir perdu au milieu des bois. D’origine russe, ce clan est régit par la grand-mère Zinnaïde, et ses fils : l’alcoolique et violent Vladimir et Lev le prêtre défroqué complètement effacé. Vladimir a deux fille, Zenia et Tita, qu’il élève seul, sa femme Carmilla étant morte dans un accident.
Mais le fantôme de Carmilla plane toujours sur la famille. Vladimir ne s’étant jamais remis de la mort de son épouse, il se venge sur la bouteille et sur Tita, qu’il frappe et fait boire dès ses premiers mois. Zinnaïde défend à quiconque de rappeler son souvenir ou de citer son nom… Qu’est-ce que cette femme a fait de si terrible ? Et pour le plus grand malheur de tous, Tita en grandissant ressemble comme deux gouttes d’eau à sa mère défunte… Quel destin peut bien l’attendre ? Pourra-t-elle échapper à sa famille et à l’ambiance étouffante du manoir de Baba Yaga ?

Nous suivons particulièrement Tita dans ce récit tragique, qui est constamment sous le signe du double. Tita et Carmilla se ressemblent comme des jumelles, et la jeune jeune fille va finir par se confondre totalement avec sa propre mère, comme habitée par son âme. Carmilla, la femme sous l’horizon, qui rythme le malheur de tous. Car oui, personne n’est heureux… comme dans un roman russe !
Petit éclair d’espoir, l’amour et la venue d’un enfant pourraient être sauver Tita…  seulement si elle laisse sa haine et son doppleganger maternel derrière elle.
Dès les premières ligne on devine quel sera la fin, mais ce n’est pas grave, car c’est la manière dont la main du Destin va s’abattre sur cette famille dysfonctionnelle qui nous pousse à tourner les pages de ce livre.

Difficile de dire si Les noces barbares est mieux ou moins bien que La femme sous l’horizon… la thématique de l’enfance brisée et abusée est présente dans les deux livres pour les amateurs d’ambiances plombantes. Et aucun des personnages n’est appréciable… même si on comprend à tous leurs motivations ! Bref, une psychologie des personnages complexe et parfois déroutante.

Une très bonne lecture de mon point de vue, dans un univers à la fois dramatique et symbolique qui révolte et met parfois mal à l’aise.