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« Les vents du temps » de Chad Oliver

Voilà un petit moment que j’avais mis dans ma PAL ce livre… les auteurs en « O » pour les challenges ABC ne sont pas si courants ! Mais fallait-il encore le trouver, car nous avons ici un vieil ouvrage de science-fiction (il suffit de jeter un œil à la couverture)… écrit bien avant que l’homme voyage dans l’espace, c’est pour dire !

Weston Chase, médecin ORL de Los Angeles, a décidé de profiter de ses congés avec sa femme en allant dans son endroit favori : un petit chalet dans les montagnes du Colorado. Il prend son matériel de pêche pour aller taquiner le saumon dans un lieu vierge de tout présence humaine, un petit plan d’eau dans les hauteurs…
C’est alors qu’il se fait surprendre par une averse et part se cacher dans une grotte, et là, il tombe sur un homme étrange qui semble sortir de la paroi même de la caverne ! Est-ce un homme ? Weston tente de s’enfuir… mais l’homme de la caverne le kidnappe.
Pendant plusieurs semaine Weston va rester là avec lui, cet humain étrange, qui va lui raconter son histoire et celle de ses camarades : il vient d’une autre planète, Lortas, et tente d’y retourner !

Au départ j’ai cru que j’allais me retrouver dans un Rip l’endormi de Washington Irving modernisé, ou La princesse de Mars d’Edgar Rice Burrough inversée…
Mais non, on est devant une histoire de voyage dans le temps plutôt maline.
En effet, les extra-terrestres sont en fait des explorateurs de planètes. Ils recherchent une planète sœur pour pouvoir faire évoluer culturellement la leur, Lortas. S’ils ont bien trouvé des centaines de planètes où l’homme vit, elles ne sont pas toutes dans le même état que Lortas : invariablement, l’homme évolue, trouve une arme qui peut tous les anéantir, et fait sauter sa planète, la transformant en désert.

Un accident de vaisseau les oblige à rester sur notre Terre au tout début de l’humanité… Et pas de quoi réparer un vaisseau au milieu des Cro-Magnons ! Mais un petit sommeil de quelques milliers d’années grâce à un produit d’hibernation pour voyage galactique les amènent jusque dans les années 50. Leur pari, que l’homme ait découvert les astronefs sans se faire sauter avec cette technologie.

Ici l’auteur pense que l’humanité a passé ce cap et a donc la sagesse nécessaire pour faire des habitants de la Terre des frères des Lortas.
Force est de constater que 70 ans plus tard les voyages dans l’espace existent, on ne s’est pas encore auto-pulvérisés avec l’énergie atomique. En revanche je ne suis pas certaine que ce qu’on a réussi à faire de notre planète fait de nous des puits de sagesse…

Bref, un roman rafraîchissant sur le paradoxe de Fermi, qui donne envie de croire en notre résilience et dans la fraternité, surtout en ces temps de confinement !

« L’usurpateur » de Jörn Lier Horst

Je persiste dans ma lecture de romans policiers et thriller ! Depuis quelques mois j’ai l’impression de ne plus lire que ça… et ça n’est pas pour me déplaire. Donc pour le partenariat Folio de janvier j’ai jeté mon dévolu sur ce thriller norvégien. C’est bien connu, les auteur de pays du Nord ont un talent sans pareil pour faire frémir !

En Norvège, juste avant Noël, l’inspecteur William Wisting et sa fille Line, journaliste à VG se retrouvent dans la maison familiale… Mais ce n’est pas forcément pour passer sereinement les fêtes. William se retrouve sur une affaire de mort suspecte : un cadavre datant de plusieurs mois est retrouvé sous un sapin dans une ferme. Line quant à elle prépare un article sur un voisin de son père, découvert mort chez lui depuis plusieurs mois.
Tous deux vont être plongés dans le passé des deux morts et essayer de démêler les véritables raisons de leur décès.  

Comme vous devez vous en douter, les deux affaires finissent par se rejoindre. C’est ce qu’on attend dès les premières pages de ce roman. Reste à savoir comment et pourquoi !
Niveau style, les chapitres sont courts et l’écriture très simple et directe. A tel point que je pensais les premières pages me trouver devant un banal roman de gare… de plus les personnages n’étaient pas là pour aider : le flic, la journaliste, le duo classique qu’on voit dans ce type de récit. Je me demandais même pourquoi ce livre avait été primé comme meilleur roman policier.
Mais plus j’avançais, plus j’étais prise par l’histoire ! Je ne pouvais plus m’arrêter ! Des indices laissés ici et là m’ont fait envisager plusieurs hypothèses… Mais en bon écrivain, l’auteur nous fait une dernière petite surprise et révèle la vérité que dans les dernières pages.
Contrairement à d’autres auteurs Scandinaves, comme Jo Nesbo ou Arnaldur Indridason, l’histoire se déroule dans une petite ville de Norvège. Rien à voir avec les capitales Oslo ou Reykjavik. De la neige, des petites fermes, la forêt… tout cela est bien reposant. Et surtout on ressent bien la solitude qui peut vite prendre possession de ses habitants.

Une bonne lecture donc pour la lettre H du Challenge ABC, qui me donne envie de découvrir ses précédents romans.

« La Vérité sur l’affaire Harry Quebert » de Joël Dicker

Difficile de passer à côté de ce livre, j’ai eu l’impression de le voir partout ces dernières années… Mais je me méfie toujours des best-sellers, surtout quand ils finissent en série TV sur TF1, comme c’est le cas avec ce roman.
Mais bon, challenge ABC aidant et un crédit Audible en poche, je ne pouvais pas résister trop longtemps !

Marcus Goldman est un écrivain a succès : il a écrit un grand roman qui est vite devenu un best-seller. A lui le grand train de vie à New-York, les petites amies branchées, les fêtes où il ne connaît pas le quart des invités… Mais son livre est sorti depuis plusieurs mois et il n’a toujours pas écrit une ligne de son nouveau roman. Et pour cause, il n’arrive vraiment pas à s’y mettre… Marcus a la maladie des écrivains, l’angoisse de la page blanche.
Une seule solution pour s’en sortir : retourner dans le New Hampshire chez son ami et ancien professeur de lettre, Harry Quebert. Lui qui a écrit un des plus beau roman américain va certainement pouvoir l’aider…
Mais les choses ne vont pas se dérouler aussi simplement.
Lors de travaux dans le jardin de la maison d’Harry, le squelette d’une jeune femme est déterré… accompagnée du manuscrit du fameux roman de l’auteur ! Nola… Cette jeune femme dont Harry a été amoureux en 1975… et surtout une jeune femme de 15 ans ! Ce qui fait de lui un assassin doublé d’un pédophile ! L’Amérique toute entière à la nausée…
Marcus n’a plus qu’une idée en tête, aider son ami Harry à prouver son innocence… et pourquoi pas écrire un livre par la même occasion ?

Cette histoire à la base très classique, celle d’un écrivain jouant le rôle d’un enquêteur, fonctionne ici très bien. Les révélations sont incessantes et jusqu’à la fin on découvre de nouvelles pistes et de nouveaux rebondissements surgissent de partout. Ce patchwork va finir par nous faire entrevoir ce qu’il s’est passé réellement cet été de 1975, entre Harry, Nola et toute la petite ville d’Aurora. On ne s’ennuie pas une seconde !
La plume de l’auteur est accessible, directe, mais pourtant retranscrit bien l’ambiance de ce mignon petit village du New Hampshire.

Côté personnages nous avons toute une ribambelle de citoyens de la ville, assez caricaturaux parfois, mais finalement très efficaces, Marcus Goldman en tête ! Avec sa mère juive très envahissante et culpabilisante, on a touché le pompon !
La serveuse de café amoureuse de l’écrivain célèbre, qui ne voit pas que le jeune policier un peu gauche l’aime secrètement depuis le lycée ; le milliardaire mystérieux qui a à sa solde une gueule cassée qui effraye le canton ; le mari dominé par sa femme très autoritaire… On ne manque pas d’anecdotes et de petites histoires au milieu du récit principal.

Une très bonne lecture, je ne regrette pas de m’être laissée tentée par cette couverture si souvent aperçue aux détours des rayonnages des librairies ou des sites Web spécialisé !   

Et une lettre de plus pour le challenge ABC, pour la lettre D !

« Maudit printemps » d’Antonio Manzini

Ça faisait un petit moment que Denoël m’avait envoyé ce roman d’Antonio Manzini, que j’avais choisi suite à ma lecture de Piste Noire, son premier roman mettant en scène le sous-préfet Rocco Schiavone. Faute de temps, il avait commencé à prendre la poussière dans ma bibliothèque… Le challenge ABC 2020 me permet enfin de rectifier cette erreur et d’enfin m’atteler à cette lecture !

Rocco Schiavone est toujours « puni » à Aoste où il est sous-préfet, dirigeant une brigade de police hétéroclite…
Lui qui n’aime pas les emmerdes, il va être servi ! Une lycéenne vient le voir pour lui signaler la disparition de son amie, Chiara, depuis leur week-end en boite avec leurs copains… Bizarre. Surtout lorsque Rocco constate que les parents de Chiara lui cachent qu’elle n’est pas revenue à la maison. Ça sent le kidnapping à plein nez ! Rocco et son équipe vont devoir marcher sur des œufs et opérer en toute discrétion, hors des radars des juges, du préfet, et des parents eux-mêmes…

J’avais oublié à quel point le personnage de Rocco m’était sympathique avec tous ses défauts : macho, infidèle, râleurs, parfois brutal… et sans pitié avec les maillons faibles son équipe !
Je ne suis habituellement pas fans des univers type mafia, mais là, ça passe pas mal, car nous voyons alternativement les scènes d’enquête du côté de Rocco, et celle du côté de Chiara qui est en assez mauvaise posture et est passée en mode survie…
Si l’histoire n’est pas ultra originale, j’ai aimé la patte de l’auteur et les petits détails qu’il glisse ici et là pour nous rendre le récit un peu moins sérieux, voir surréaliste. La haine par exemple de Rocco pour la neige et les flaques d’eau… qui ont eu la peau de sa demi-douzaine de paires de Clarks, ce qui le rend morose.

Cette lecture m’a plu et je m’aperçois que Maudit printemps est le troisième opus de la saga, et que je n’avais pas lu le second, Froid comme la mort… Pour 2021 peut-être ?

« Inconnu à cette adresse » de Kressmann Taylor

Tant de points communs entre mes deux dernières lectures ! Comme pour L’ami retrouvé, j’ai choisi ce livre pour sa concision… une centaine de pages, à la veille de la fin du challenge ABC, c’était parfait. Choisis tous les deux dans une librairie de Bayeux en Normandie, ils traitent tous des débuts du nazisme en Allemagne, d’amitié et de culpabilité… Mais Inconnu à cette adresse utilisent d’autres leviers pour nous plonger dans cette période de l’histoire.

Dans les années 30, Martin Eisenstein et Max Schulse ont Tenu ensemble une galerie d’art à San Francisco, jusqu’au jour où Max décide de repartir en Allemagne avec sa femme et ses enfants. Dans un pays ravagé par la pauvreté suite à la Première Guerre Mondiale, il peut avoir une vraie vie de nantis avec l’argent récolté aux Etats-Unis. Correspondant par courrier, Martin donne à Max des nouvelles de la galerie, mais aussi de sa sœur qui est une actrice à Vienne, elle qui a été la maîtresse de Max… Mais au fur et à mesure de leurs échanges, Max commence à parler de leur nouveau représentant politique qui redonne de l’espoir aux allemands, Adolph Hitler… emballé par le Parti Nazi, il fini par renier son amitié avec Martin, qui est juif.

C’est étonnant de comparer deux nouvelles qui traitent de la même thématique, a deux jours de lecture d’écart… Je n’aurais pas réussi à faire mieux en timing si j’avais voulu le faire exprès !

Inconnu à cette adresse est construit d’une manière qui laisse place à l’ellipse et à l’imagination, puisqu’il s’agit d’un récit épistolaire. On suit les échanges de Martin et Max l’évolution de leur relation via quelques courriers. Je regrette juste la rapidité avec laquelle le comportement de Max change, agrémenté d’une froideur et d’une perversion qui me paraît peu crédible. Mais c’est une nouvelle… il faut aller vite.

Là où dans L’ami retrouvé, on était sur une réunion de deux personnages autour d’une amitié réciproque, dans Inconnu à cette adresse on est en pleine séparation de corps et de cœur de deux amis ! Une version adulte et cynique de la nouvelle lue hier, aux premières heures de l’Allemagne d’Hitler… Dans les deux histoires il est question de culpabilité, et ici elle est beaucoup moins subtile.

Côté récit, j’ai été assez enchantée par la tournure des choses sur la fin de la nouvelle… un petit retournement inattendu donne toute sa saveur à cette histoire.

Petit truc intéressant, cette nouvelle est parue en 1938 dans un magazine américain, avant que la guerre commence et bien avant que soit dévoilés au grand jour les horreurs de la déportation, des camps de concentration… Pourtant à lire cette histoire on a l’impression que l’auteure a prédit ce qu’allait être le régime Nazi. Un sacré flair, si je peux dire…

Une lecture rapide et intéressante… et surtout la fin du Challenge ABC pour 2019 🙂

« L’ami retrouvé » de Fred Uhlman

En fin de challenge ABC, bien souvent, je me retrouve à quelques jour du gong du final à changer mes plans de lecture et à rechercher les ouvrages les plus courts possibles ! C’est ce qui s’est passé avec L’ami retrouvé. Je faisais un tour dans une librairie en Normandie pour trouver un nouvel auteur pour la lettre U, cette lettre maudite qui me pose problème chaque année. Et je suis tombé sur Fred Uhlman. Inconnu au bataillon… Mais en en parlant autour de moi, son roman semblait assez connu car étudié au collège ou au lycée. On ne va pas dire que ça m’a rassuré, mais pour une lecture d’une centaine de page, je résisterai !

Hans Schwarz est un élève de 16 ans dans un lycée de Stuttgart, dans les années 30. Ce jeune homme assez solitaire va rencontrer en la personne d’un nouvel élève, Conrad von Hohenfels, le grand ami de son adolescence. Beaucoup de choses les rapprochent, comme leur amour des objets de curiosité ou de la bonne littérature… mais d’autres les séparent, comme leur statut social ou leur religion. Conrad est un fervent catholique alors que Hans est agnostique et d’origine juive. A cette époque, c’est le genre de chose qui a de l’importance… surtout quand on apprend qu’un nouvel homme politique fait parler de lui à Munich, un certain Adolph Hitler.

J’avais un peu peur en m’attaquant à ce court roman de me confronter à une histoire larmoyante d’amitié pendant la guerre. Et bien il n’en est rien ! Pas de pathos, pas d’actions courageuse au nom d’une amitié à la vie à la mort, pas de scènes d’horreur… Juste l’histoire ordinaire à la première personne d’un adolescent qui vit mal sa relations aux autres, ne comprend pas ses parents, s’ennuie en cours… jusqu’au jour où il découvre ce qu’est l’amitié. Bref, un texte qui peut se lire et se comprendre à n’importe quelle époque !

L’écriture est simple et accessible dans son vocabulaire et sa structure, tout en retranscrivant bien les émotions de Hans. Il y a bien entendu un champ lexical emprunt de son époque, mais ça lui donne un certain charme.

Pour ne rien gâcher, il y a aussi a un certain suspense ! Si on peut prévoir un peu ce qu’il va se passer (si on a bien révisé son histoire), j’ai été surprise par la fin de l’histoire, qui donne une tout autre dimension au titre de ce roman. Une vraie surprise !

Bref, une découverte doublée d’une très bonne lecture… Fred Uhlman a écrit que,quels autres ouvrages, ça me donne des idées pour le challenge de 2020 😉

« Papillon de nuit » de R. J. Ellory

Ça faisait un petit moment que je me disais que je devrais me replonger dans un roman d’Ellory, que je n’avais pas relu depuis 2015. Il ne me fallait pas plus que le challenge ABC pour retenter l’aventure avec un livre audio… il fallait juste que je choisisse un titre. Et ça sera Papillon de nuit, dont le thème, celui de la peine de mort aux USA m’attirait, bizarrement.

Daniel Ford est dans le couloir de la mort dans une prison des Etats-Unis, au début des années 80. A quelques semaines de son exécution, un prêtre vient recueillir chaque semaine ses dernières paroles et pensées. En replongeant dans sa mémoire, Dany refait le point sur les événements qu’il l’ont conduit ici. Tout commence avec son amitié depuis l’enfance avec un jeune noir, Nathan, dans les années 60. À cette époque, le pays est en pleine mutation et surtout en pleine crise. La guerre du Viet-Nam, l’assassinat des Kennedy, celui de Luther King, les hippies, l’essor du KKK, la course aux étoiles… Pendant toute cette période, Nathan et Dany ont toujours été la l’un pour l’autre. Mais comment se fait-il que Daniel ait été condamné pour la mort de celui-ci ?

Quelle bonne idée que d’avoir choisi cet auteur pour la lettre E du challenge ABC ! Ce récit est complexe, plein de suspense, d’humanité… bref, une belle lecture !

L’introspection de Daniel nous délivre une histoire très intime… Et surtout le talent de l’auteur fait qu’on ne s’ennuie pas une seconde malgré ce type de témoignage à la première personne. On apprend progressivement qui Daniel a tué et on se demande jusqu’au bout s’il l’a vraiment fait ou non… car si on apprécie notre héros, on sent le poids de la culpabilité sur ses épaules et on se demande s’il est vraiment tout blanc. Mais comme à chaque fois avec Ellory, le monde est plein de nuances ! Il en va de même pour les personnages qui gravitent autour de Daniel et Nathan : les petites amies de jeunesse de Dany, leurs parents, Eva leur ami et grand mère de cœur qui a un terrible secret… Le seul personnage sombre et maléfique est un des gardiens de prison, à qui on ne peut pas trouver d’excuse. Il en faut bien un…

Donc un très bonne lecture, qui se trouve être le premier roman publié de Ellory en 2003 ! Cette expérience me donne vraiment envie de lire plus de roman de cet auteur dans les années à venir… et vue la quantité de livres qu’il a sorti, j’ai du boulot 😉

« Les jours, les mois, les années » de Lianke Yan

A la recherche d’un auteur en Y pour le Challenge ABC, je me suis replongée dans mes listes de livres lus les années précédentes. J’ai redécouvert Lianke Yan, dont j’avais lu Le rêve du village des Ding il y a 4 ans déjà… J’avais un assez bon souvenir de cet auteur, il n’en fallait pas plus pour que je me replonge dans un de ses courts romans !

Dans les montagnes de Chine, cette année, c’est la sécheresse… Les villageois n’arrivent plus à faire pousser quoique ce soit. Et quand on croit que la mousson va enfin arriver, ce n’est que de gros nuages qui passent et laissent le ciel à un soleil de plus en plus écrasant. Pour ne pas mourir de faim, les villageois quittent alors les villages de la région pour aller à la ville. Tout le monde part, sauf un vieil homme, l’aïeux. Avec son chien l’aveugle, ils restent ici à surveiller l’unique plant de maïs que l’aïeux a réussi à faire émerger de terre à grand renfort de soins et d’arrosage. Son ambition est de faire parvenir cette plante à maturité, afin d’offrir aux villageois lorsqu’ils reviendront des semences issues de son épi de maïs. Mais les choses ne vont pas être si simple… car la sécheresse n’est pas la seule calamité qui va se mettre en travers du chemin de l’aïeux et de l’aveugle !

Voilà un récit fort étrange, très marqué par la culture orientale. On oscille entre conte et philosophie, dans un univers poétique et réaliste à la fois… Et pourtant ce livre se lit bien, j’ai passé un bon moment en suivant les aventures en huis clos de l’aïeux et de son chien.

Pour permettre à son maïs de pousser le vieil homme est prêt à prendre tous les risques, mais fait aussi preuve de beaucoup d’ingéniosité. Chercher de l’eau au fond d’un puit avec un matelas, se faire des provisions de maïs avec les grains semés par les villageois, créer des pièges à rat… Chaque obstacle sur son chemin est l’occasion de le dépasser ! Et tout cela pour léguer au final quelque chose à son peuple… quelques graines pour repartir du bon pied et de nouveau prospérer.

Une très jolie lecture sur la valeur de l’héritage qui me fait dire que je risque fort de revenir vers cet auteur.

« Delirium, tome 3 » de Lauren Oliver

Troisième et (presque) dernier volet de la saga Delirium, au style rappelant résolument la littérature jeunesse de Hunger Game.
Dans ce monde où l’amour est considéré comme une maladie, les amoureux et les citoyens épris de liberté finiront-ils par triompher ?

Depuis l’attaque de la Résistance dans le précédent épisode, les autorités sont de plus en plus sur les nerfs. La population doit être gardée sous contrôle, et quoi de mieux pour cela que de leur prouver à grands renforts d’images que les ennemis du gouvernement sont âprement combattu ?
Lena vit toujours dans la nature avec son nouveau compagnon, ramené lors du dernier raid en ville : Julian, le fils d’un dirigeant anti-delirium. Mais quelle est sa surprise quand elle voit réapparaître celui que tous croyaient mort, Alex, son premier amour. Celui-là même qui l’a faite s’enfuir du carcan de la ville quelques mois plus tôt ! La situation risque d’être tendue… sans compter que la troupe de résistants est poursuivie par les Régulateurs qui souhaitent éliminer toutes les poches de rebellions.
En parallèle, Hana, l’amie de Lena que nous avions vue dans le tome 1 a été opérée et doit épouser le jeune maire de la ville, Fred Hargrove. Mais le conte de fée vire au cauchemar… le beau Fred semble bien être un sacré psychopathe !

Trois tomes c’était bien, il n’en aurait pas fallut un quatrième… Et encore, je viens de m’apercevoir qu’il y a des histoires « Hors Série » sous forme de nouvelles se focalisant sur Raven (une des leader résistante du groupe de Lena), Annabel (la mère de Lena), Alex ou encore Hana. D’ailleurs cette dernière est présente à la fin de l’édition que j’ai lue.
Bref, on commence un peu à tourner en rond ici. Dystopie dirigée par des politiciens au gant de fer, histoires d’amour compliquées, familles à protéger, désirs de révolutions qui mettrons forcément en danger des innocents (d’où de grosses crises existentielles), marathons dans les forêts ou les rues en flamme… On retrouve quelques recettes du genre, banalisées par le best-seller Hunger Game.

Heureusement on alterne un chapitre vu par Lena, puis un par Hana. Cela permet de dynamiser un peu le récit et de redonner de l’intérêt au roman.
L’histoire d’Hana et de son futur mariage de l’horreur donne du piquant au récit. On le voit venir, mais son futur époux est un vrai sosie de Barbe Bleue… Il a quelques secret inavouables et est assez porté sur la violence et la torture.

Que ce soit côté Lena ou côté Hana, on ne fait pas dans la finesse psychologique, mais ça passe, finalement… Surtout quand on se dit qu’on en voit le bout !
Voilà une belle aventure qui s’achève et une nouvelle lecture pour le challenge ABC. Mais vous l’aurez compris, j’ai tout de même préféré les deux premiers opus.


« La vengeance des mères » de Jim Fergus

Il y a 15 ans je refermais Mille femmes blanches, le premier opus de cette saga en terres amérindiennes paru en 1998. J’avais été entièrement conquise par ce roman qu’une collègue m’avait conseillé.
Il aura fallut du temps à Jim Fergus pour écrire la suite de ce roman à succès, puisque La vengeance des mères n’est sorti qu’en 2016 ! Après quelques hésitations, j’ai décidé de me relancer dans l’aventure et de remplir mon challenge ABC pour la lettre F.

Pour rappel, cette série de romans se déroule à la fin du 19ème siècle dans les plaines encore sauvages du Nord Ouest des Etats-Unis. Afin de signer un accord avec les Cheyennes, le gouvernement américain accepte leur requête de leur fournir mille femmes blanches… Une réussite partielle, car si quelques femmes volontaires avaient bien eu des époux indiens et des enfants, l’armée des Etats-Unis avait fini par attaquer le village et cette belle histoire avait fini en bain de sang.

Donc notre nouvel épisode commence juste après les combats qui ont vu la mort de nombreuses femmes et enfants, blanches comme Cheyennes. Un nouveau contingent de femmes blanches à marier a été envoyé par erreur par le gouvernement vers l’Ouest puis fait prisonnier par les Cheyennes. Aidées par les sœurs Kelly, ces femmes vont apprendre à s’intégrer à cette civilisation… Mais en pleine guerre contre l’armée américaine, difficile pour elle d’apercevoir un avenir radieux.

L’impression générale, c’est qu’on reprend ici la recette de Mille femmes blanches et on recommence : des femmes occidentales arrivent en terres sauvages, doivent apprendre de nouvelles coutumes, se rendent compte qu’elles ne sont pas si différentes des autochtones, découvrent les bons côtés de cette vie au grand air… mais aussi des aspects plus sombres de cette culture, et pour finir se heurtent à la guerre dans toute son horreur.

L’histoire est une fois de plus rédigée dans des journaux intimes. Ici l’originalité est qu’il y a deux narratrices : une des jumelles Kelly qui a survécu à l’attaque du village et qui rêve de venger la mort de ses bébés et de ses copines, et une des nouvelles arrivante, Molly.

Même si on a une petite impression de déjà vu, j’ai pris du plaisir à retourner dans cet univers. On retrouve certains personnages du premier roman en plus des sœur Kelly : Gertie la muletière, Phemie la princesse guerrière africaine… et surtout le super méchant puant à vomir, Jules Seminole, un indien à la solde des blanc. Il est sous utilisé dans cet épisode, ce qui me laisse penser qu’on le verra dans la suite de cette saga !

Et oui, Les amazones, le troisième tome de la saga, est sorti il y a peu. Une lecture pour 2020 peut-être !