Mots-clé : j’aime

« Harry Potter and the Order of the Phoenix » de J. K. Rowling

Nouvelle année, nouvelle aventure d’Harry Potter, et toujours en anglais. Je me suis achetée toute la collection dans cette langue, je suis donc partie pour la totale en VO !
J’avais beaucoup aimé le précédent épisode, Harry Potter and the Goblet of Fire… A quoi m’attendre donc avec ce nouvel épisode ?

Nous retrouvons une fois de plus Harry pendant les vacances d’été chez son oncle, sa tante et leur fils Dudley… Sauf que cette fois la magie noire va s’insinuer dans cette banlieue anglaise : des Dementors s’en prennent à Harry et son cousin un soir et Harry va devoir faire apparaître son Patronus pour les chasser. Une grave entorse aux lois du Ministère de la Magie : un sorcier encore étudiant ne dois pas s’exercer dans le monde des moldus. Harry doit être jugé pour déterminé s’il sera expulsé de d’Hogwarts !
Entre les batailles politiques et médiatiques entre Dumbledore et le ministère de la Magie, le travail de protection de l’Ordre du Phoenix contre Voldemor, la crise d’adolescence sévère d’Harry et l’arrivée d’un nouveau professeur de défense contre les forces du Mal, on ne s’ennuie pas.

Les Wesley prennent un peu plus de place dans cet opus, et c’est très bien !
Ron a plus de responsabilités et devient préfet des Gryffondor, tout comme Hermione, ce qui attise la jalousie de Harry au début de l’ouvrage… Il rejoint même l’équipe de Quidditch, pour son plus grand malheur et celui de ses coéquipier… Très peu sûr de lui, il laisse passer toutes les balles durant les matchs, ce qui en fait une cible toute rêvée pour Malfoy et sa bande.
Les jumeaux Georges et Fred ont reçu secrètement de la part d’Harry après la Triwizard Cup la totalité de son prix. Cela leur permet de se lancer dans la création de produits de farces et attrapes, dont les fameux bonbons pour sécher les cours ! Un bonbon permet de se faire vomir, saigner du nez etc. et le second de se soigner… Malin et très amusant !
Ginny est toujours présente, maline et empathique. En revanche Percy qui a fini ses études et rejoint le Ministère de la Magie est une vraie peste à la botte de son chef, qui se met sa famille à dos… Je me demande bien ce qu’il va devenir dans les prochains tomes !

Le personnage irritant cette année est le Professeur Umbridge, qui prend le poste de Défense contre les forces du Mal. A la solde du Ministère de la Magie, elle fera tout pour empêcher Dumbledore d’avoir trop de pouvoir. En effet, elle craint qu’il monte une armée avec ses étudiants pour renverser le pouvoir en place… Donc pas de travaux pratiques pour les étudiants, ils apprendront la magie dans les livres. Bien entendu cela ne convient à personne… ce qui va conduire Harry à monter un club secret de pratique de la magie. Cela va permettre à un personnage de se révéler : Neville Longbottom, le cancre un peu froussard, qui finalement s’avère courageux et motivé !

Bref, je vais m’arrêter là, car je pourrais en écrire des tartines sur ce livre de 800 pages… Ce qu’il faut retenir, c’est que l’univers devient encore plus sombre, les problématiques des personnages plus adultes. Et ça sent l’affrontement final entre le Bien et le Mal imminent !

Ce nouveau chapitre de la saga est de très bonne qualité, presque aussi bien que Harry Potter and the Goblet of Fire. J’ai apprécié que Harry soit enfin présenté avec plus de subtilité et de réalisme : il n’est pas qu’un super héro bon en sport et en combats magiques, courageux, gentil et assez intelligent. Il sait aussi être jaloux de la réussite de ses copains, être angoissé par la solitude et les non-dits, n’en faire sa tête de mule et n’écouter aucun conseil au risque de mettre la vie de ses camarades en danger, blesser sa petite copine par son manque de tact… Bref, un ado (à qui on a envie de mettre des tartes, forcement)

Vivement la suite 🙂

« Le problème à trois corps » de Liu Cixin

Peu de lecture pendant le confinement au final, car j’avais décidé de m’attaquer à de gros morceaux… Dont le premier volume de la Trilogie des Trois Corps de l’auteur chinois Liu Cixin, en mode audio.
On est ici dans de la hard-SF comme j’en lis assez peu finalement… Et ça n’est pas le genre de livre à lire avant de s’endormir, car il faut suivre un minimum quand y connais rien en astrophysique comme moi.

Lors de la révolution Communiste chinoise, l’astrophysicienne Ye Wenjie est sur un projet de communication avec d’éventuelles vies extra-terrestres. Confinée dans une base secrète dans les montagnes chinoise, elle reçoit un jour une réponse de l’espace. Celle-ci est un peu étrange, car elle met en garde les humains et leur demande de ne pas répondre à ce message, pour ne pas dévoiler leur position et attirer vers eux ce peuple extra-terrestre.  Ye Wenjie qui a vécu les horreurs de la Révolution Culturelle chinoise, du martyr de son père jusqu’à la folie idéologique dans le pays, décide de répondre en espérant que les extra-terrestres pourront aider l’humanité à trouver la voie de la sagesse, de gré ou de force. Le temps que les messages soient transmis et que leur flotte fasse le voyage, dans 400 ans, ils envahiront la Terre.
De nos jours, une société secrète dont Ye Wenjie est la leader prépare les plus grands penseurs terriens à la venue des ces sauveurs de l’espace… Via une sorte de jeu vidéo en réalité virtuelle, ils présentent les Tri-Solariens, dont la planète est régie par trois soleils, rendant son climat très aléatoire et la vie quasi impossible. Ces Tri-Solariens qui vont bientôt débarquer sur notre planète…

Si le début du livre est un peu déroutant, car un peu long à se mettre en place, à la fin de celui-ci on a qu’une envie, connaitre la suite !
J’ai adoré la présentation de la planète de Tri-Solaris, qui est au centre du titre du livre, avec son problème à trois corps réputé insoluble en mécanique orbitale. La planète va d’un de ses trois soleils à l’autre et son orbite est assez chaotique : parfois il règne un froid atroce, d’autre une chaleur brûlante. Parfois même la vie est presque réduite à néant sur la surface de Tri-Solaris. Heureusement ses habitants ont la possibilité de se déshydrater, pour se mettre en quelque sorte en hibernation. Mais les Tri-Solariens survivent plutôt que de vivent… La possibilité pour eux d’annexer une planète aussi accueillante que la Terre est une aubaine !

Petite difficulté pour moi, surtout en mode audio, le nombre de noms de personnages en chinois… C’est bête, mais j’étais souvent perdue. Je dois avoir plutôt une mémoire visuelle !

J’espère donc avoir bientôt l’occasion de lire ou écouter le second tome de la trilogie, La forêt sombre.

Bien entendu, ce livre me permet de cocher une case sur mon Challenge ABC !

« Fouché » de Stefan Zweig

En ces temps de confinement je suis plutôt fainéante sur la lecture… Heureusement que les livres audios m’ont permis de ne pas prendre trop de retard dans mon challenge ABC ! Un casque sur les oreilles, dans le lit avant de dormir ou à bronzer entre midi et deux sur la terrasse… un petit plaisir à peine coupable 😉
Depuis 3 ans j’ai trouvé en Stefan Zweig l’auteur idéal pour la lettre Z des challenge ABC… j’aime surtout ses biographies historiques, qui me permettent d’appréhender la grande Histoire par la petite. En suivant les avis des lecteurs sur Audible, mon dévolu s’est jeté sur la biographie de Joseph Fouché, inconnu au bataillon pour moi alors !

Joseph Fouché est pour Stefan Zweig le premier animal de sa race : l’homme politique. Sans réellement avoir de convictions affirmées, Fouché a louvoyé pendant la période de la Terreur, du Directoire, du Consulat, de l’Empire, de la Restauration… De 1792 à 1816 il devient un personnage clé de l’Histoire de France, à priori vilipendé par les historiens car considéré comme l’homme qui a fait tomber Napoléon. Ce qui entre nous n’est pas rien ! Mais bien entendu les choses ne sont pas aussi simple.
Fouché est initialement un professeur ordonné au séminaire d’Arras et on le voit 10 ans plus tard en 1793 à Lyon fusiller des aristocrates et des curés, piller des églises et bruler des objets religieux. Lorsque le règne de la Terreur n’est plus à la mode, il retourne subtilement sa veste et suit la nouvelle mode du Directoire, dans la Police secrète…
En aidant au coup d’état de Napoléon, il dirige alors la Police et fait mine de regarder ailleurs, il va débuter le rôle pour lequel on le connait aujourd’hui dans les livres d’histoire : Ministre de la Police. Les relations des deux hommes sont houleuses, ils se craignent, mais le caractère tempétueux du général Corse se heurte au caractère inamovible de Fouché, froid, précis et travaillomane…
Il rate le coche de la Restauration car il n’arrive pas à Paris assez tôt lorsque Louis XVIII prendra le pouvoir. Pas de chance, mais cela lui permettra de faire croire à son attachement à l’Empereur et de devenir l’homme clé des Cents Jours, à la suite de l’évasion de Napoléon de l’ile d’Elbe… Rôle qui lui permettra de faire évincer Napoléon au profit du retour de Louis XVIII contre un poste dans cette monarchie.
Malheureusement pour lui, Louis XVIII a un sursaut d’orgueil et se souvient que Fouché était un cosignataire de la mise à mort de son frère Louis XVI sous le règne de la Terreur… et est banni de France sans autre forme de procès. Devenu infréquentable, il fini sa vie dans une ville de province autrichienne, et meurt d’ennui…

Un vrai roman feuilleton ! C’est à se demander pourquoi une série TV n’est pas encore sortie sur sa vie !

Je savais bien que FOuché m’était inconnu, mais en plus je me suis aperçue alors que je ne connaissais rien du tout à cette époque, où tout allait vite, où tout était mouvement : changements de régimes à un rythme effréné, guerres civiles ou internationales, alliances et oppositions… En très peu d’années la France et Fouché en ont vu, et des belles !
Sous la plume de Zweig on ne peut pas détester ce personnage assez nuancé, attiré uniquement par l’exercice du pouvoir.

Comme toujours avec les biographies de Zweig, une belle découverte qui me donne envie de m’intéresser un peu plus à l’histoire !

« Carnets noirs » de Stephen King

Quand j’avais découvert après ma très bonne lecture de M. Mercedes que ce roman faisait partie d’une saga, j’avais tout de suite mis Carnets noirs dans ma wish-list… et forcément dans ma liste pour le challenge ABC ! Il n’y a pas à dire, Stephen King est très bon dans le domaine fantastiques et horreur…. Mais il excelle aussi dans l’écriture de thrillers !

Dans les années 70, Morris Bellamy, fan inconditionnel de la trilogie de romans Le coureur assassine son auteur, John Rothstein. Il n’a pas digéré que l’écrivain transforme son héro Jimmy Gold en un américain moyen et rangé après des années d’aventure. Il lui vole au passage une belle somme d’argent, et surtout, tout un lot de carnets noirs, où John Rothstein continuait à écrire.
Mais Morris n’a pas le temps de regarder si Jimmy Gold reprend vie dans ces carnets : il doit les cacher en attendant que l’affaire du meurtre se tasse… Il les enterre donc avec l’argent dans une vieille malle, dans un terrain vague derrière chez lui. Mais le soir même Morris se fait arrêter pour viol avec violence et prend perpet’… Ses précieux carnets sont perdus à jamais. Ou pas !
Fin des années 2000, le tueur fou à la Mercedes a fait une hécatombe dans une file d’attente du marché de l’emploi dans le Midwest. Le père de la famille Saubers est gravement blessé en plus d’être au chômage. Les choses vont de mal en pis pour les Saubers : les problèmes d’argent et de santé du père enveniment la relation du couple, et leurs deux enfants Peter et Tina se retrouvent au milieu de leurs interminables disputes. Jusqu’au jour où Peter découvre derrière chez lui une étrange malle… et beaucoup d’argent dedans !
Mais en mettant la main sur les dollars et les carnets de Rothstein Peter va réveiller un monstre… Morris Bellamy.

En lisant cette longue introduction on se demande à quel moment notre flic à la retraite favori, Bill Hodges, va pointer le bout de son nez… Ne vous inquiétez pas, on le voit un peu avec Holly qui travaille maintenant avec lui, et Jerome Robinson revenu de la fac pour les aider.
Mais le gros du roman se passe entre le foyer des Saubers, et plus particulièrement avec Peter qui est le vrai héro de ce récit. Son antagoniste n’est pas laissé de côté non plus, car une bonne partir du récit se déroule avec Morris Bellamy. On est plus dans une sorte de spin off finalement que dans une suite.
Comme toujours avec Stephen King on est vite mis dans le bain et on s’accroche vite aux personnages, qu’ils soient gentils ou malfaisants. Morris Bellamy, aussi sombre qu’il puisse être, n’est finalement pas si détestable. Un mec qui aime autant les livres, comment le haïr totalement ? C’est une sorte de monstre cohérent, en somme…
De plus on a un petit côté Frodon et Gollum dans le couple Peter et Morris : Peter est fou de l’œuvre de Rothstein tout comme Morris…Qu’est ce qui les différencie ? Jusqu’où Peter aurait pu aller si le destin lui avait proposé d’autres routes ? Et si Morris n’avait pas été emprisonné, serait-il revenu sur le droit chemin ? On a de quoi réfléchir sur le libre arbitre, le sens moral et tout cela…
Chose intéressant ici, la mise en abyme du statut d’écrivain et sa relation à son œuvre (ici Rothstein et Le coureur) et la manière dont celle-ci vit dans le regard des lecteurs. Une fois un personnage comme Jimmy Gold approprié par ses fans, l’auteur en perd d’une certaine manière son droit de vie ou de mort dessus. D’où l’exécution de Rothstein par Bellamy. Je suppose que c’est un peu du vécu pour un auteur comme Stephen King…

Une suite de qualité égale à M. Mercedes pour moi. Gros avantage, c’est qu’il peut se lire indépendamment du premier, car on revient assez peu dessus… J’ai hâte de lire la suite, Fin de ronde, car la fin de Carnets noirs laisse présager un changement de cap et de genre. Est-ce que le paranormal commencerait à poindre ?

« Le voyageur imprudent » de René Barjavel

Voici un des ancêtre de ma PAL : il y trône depuis une quinzaine d’années déjà. Je l’avais acheté mais je n’avais jamais trouvé l’envie de m’y mettre vraiment. Bizarre, car j’avais adoré La nuit des temps du même auteur à l’époque.
Bref, grâce au challenge ABC et la réorganisation de mes étagères de PAL par ordre alphabétique (merci le confinement), je suis retombée sur ce roman… Pourquoi ne pas le lire alors ?

Alors que l’armée française se prépare à la guerre en 1940, Pierre Saint-Menoux, professeur de sciences devenu pour la cause caporal, fait la rencontre Noël Essaillon et sa fille Annette. Essaillon est un chercheur et il a découvert une substance, la noëlite, qui lui permet de voyager dans le passé ou dans le futur
En 1942, les combats sont passés et Saint-Menoux est redevenu professeur à Paris. Essaillon reprend le contact avec lui pour lui montrer l’avancée de ses recherches et surtout lui proposer de travailler avec lui. Essaillon, handicapé, ne peux pas utiliser son nouveau scaphandre de noëlite pour voyager dans le temps et l’espace. Pierre Saint-Menoux va donc partir à sa place dans le futur et lui faire un compte-rendu de ses découvertes.
En effet, Essaillon souhaite utiliser la noëlite pour rendre heureuse l’humanité. Empêcher des désastres à venir pourrait être une piste ? Mais ce que va découvrir Saint-Menoux dans les siècles à venir dépasse l’entendement…

C’est avec surprise que j’ai découvert un roman de science-fiction sur la thématique des voyages dans le temps. Je ne suis habituellement pas forcément fan de ce type d’histoire, mais là ça passe plutôt pas mal… surtout pour un roman écrit au milieu des années 40 !
L’avenir n’est pas rose pour l’humanité, entre les disparitions de masse et la résurgence de l’humanité sous forme d’une société qui fait penser à une colonie de fourmis, aux individus ultraspécialisés et aux structures uniformes. Est-ce là le bonheur, dans une égalité extrême ? On décèle ici une sorte de critique du Communisme… bien que Saint-Menoux déplore la pauvreté des indigents lorsqu’il visite le 19ème siècle. Comme quoi, la vérité doit être quelque part au milieu…

Une belle découverte que ce livre de SF qui est très bien vu et n’a pas pris une ride. Pionnier du genre en France, je ne peux qu’apprécier ce pilier du genre « Voyages dans le temps », qui pose bien des questions sur la linéarité du temps, les univers parallèles, la relation du temps et de l’espace,… Bref, à conseiller !

« Les vents du temps » de Chad Oliver

Voilà un petit moment que j’avais mis dans ma PAL ce livre… les auteurs en « O » pour les challenges ABC ne sont pas si courants ! Mais fallait-il encore le trouver, car nous avons ici un vieil ouvrage de science-fiction (il suffit de jeter un œil à la couverture)… écrit bien avant que l’homme voyage dans l’espace, c’est pour dire !

Weston Chase, médecin ORL de Los Angeles, a décidé de profiter de ses congés avec sa femme en allant dans son endroit favori : un petit chalet dans les montagnes du Colorado. Il prend son matériel de pêche pour aller taquiner le saumon dans un lieu vierge de tout présence humaine, un petit plan d’eau dans les hauteurs…
C’est alors qu’il se fait surprendre par une averse et part se cacher dans une grotte, et là, il tombe sur un homme étrange qui semble sortir de la paroi même de la caverne ! Est-ce un homme ? Weston tente de s’enfuir… mais l’homme de la caverne le kidnappe.
Pendant plusieurs semaine Weston va rester là avec lui, cet humain étrange, qui va lui raconter son histoire et celle de ses camarades : il vient d’une autre planète, Lortas, et tente d’y retourner !

Au départ j’ai cru que j’allais me retrouver dans un Rip l’endormi de Washington Irving modernisé, ou La princesse de Mars d’Edgar Rice Burrough inversée…
Mais non, on est devant une histoire de voyage dans le temps plutôt maline.
En effet, les extra-terrestres sont en fait des explorateurs de planètes. Ils recherchent une planète sœur pour pouvoir faire évoluer culturellement la leur, Lortas. S’ils ont bien trouvé des centaines de planètes où l’homme vit, elles ne sont pas toutes dans le même état que Lortas : invariablement, l’homme évolue, trouve une arme qui peut tous les anéantir, et fait sauter sa planète, la transformant en désert.

Un accident de vaisseau les oblige à rester sur notre Terre au tout début de l’humanité… Et pas de quoi réparer un vaisseau au milieu des Cro-Magnons ! Mais un petit sommeil de quelques milliers d’années grâce à un produit d’hibernation pour voyage galactique les amènent jusque dans les années 50. Leur pari, que l’homme ait découvert les astronefs sans se faire sauter avec cette technologie.

Ici l’auteur pense que l’humanité a passé ce cap et a donc la sagesse nécessaire pour faire des habitants de la Terre des frères des Lortas.
Force est de constater que 70 ans plus tard les voyages dans l’espace existent, on ne s’est pas encore auto-pulvérisés avec l’énergie atomique. En revanche je ne suis pas certaine que ce qu’on a réussi à faire de notre planète fait de nous des puits de sagesse…

Bref, un roman rafraîchissant sur le paradoxe de Fermi, qui donne envie de croire en notre résilience et dans la fraternité, surtout en ces temps de confinement !

« L’usurpateur » de Jörn Lier Horst

Je persiste dans ma lecture de romans policiers et thriller ! Depuis quelques mois j’ai l’impression de ne plus lire que ça… et ça n’est pas pour me déplaire. Donc pour le partenariat Folio de janvier j’ai jeté mon dévolu sur ce thriller norvégien. C’est bien connu, les auteur de pays du Nord ont un talent sans pareil pour faire frémir !

En Norvège, juste avant Noël, l’inspecteur William Wisting et sa fille Line, journaliste à VG se retrouvent dans la maison familiale… Mais ce n’est pas forcément pour passer sereinement les fêtes. William se retrouve sur une affaire de mort suspecte : un cadavre datant de plusieurs mois est retrouvé sous un sapin dans une ferme. Line quant à elle prépare un article sur un voisin de son père, découvert mort chez lui depuis plusieurs mois.
Tous deux vont être plongés dans le passé des deux morts et essayer de démêler les véritables raisons de leur décès.  

Comme vous devez vous en douter, les deux affaires finissent par se rejoindre. C’est ce qu’on attend dès les premières pages de ce roman. Reste à savoir comment et pourquoi !
Niveau style, les chapitres sont courts et l’écriture très simple et directe. A tel point que je pensais les premières pages me trouver devant un banal roman de gare… de plus les personnages n’étaient pas là pour aider : le flic, la journaliste, le duo classique qu’on voit dans ce type de récit. Je me demandais même pourquoi ce livre avait été primé comme meilleur roman policier.
Mais plus j’avançais, plus j’étais prise par l’histoire ! Je ne pouvais plus m’arrêter ! Des indices laissés ici et là m’ont fait envisager plusieurs hypothèses… Mais en bon écrivain, l’auteur nous fait une dernière petite surprise et révèle la vérité que dans les dernières pages.
Contrairement à d’autres auteurs Scandinaves, comme Jo Nesbo ou Arnaldur Indridason, l’histoire se déroule dans une petite ville de Norvège. Rien à voir avec les capitales Oslo ou Reykjavik. De la neige, des petites fermes, la forêt… tout cela est bien reposant. Et surtout on ressent bien la solitude qui peut vite prendre possession de ses habitants.

Une bonne lecture donc pour la lettre H du Challenge ABC, qui me donne envie de découvrir ses précédents romans.

« La Vérité sur l’affaire Harry Quebert » de Joël Dicker

Difficile de passer à côté de ce livre, j’ai eu l’impression de le voir partout ces dernières années… Mais je me méfie toujours des best-sellers, surtout quand ils finissent en série TV sur TF1, comme c’est le cas avec ce roman.
Mais bon, challenge ABC aidant et un crédit Audible en poche, je ne pouvais pas résister trop longtemps !

Marcus Goldman est un écrivain a succès : il a écrit un grand roman qui est vite devenu un best-seller. A lui le grand train de vie à New-York, les petites amies branchées, les fêtes où il ne connaît pas le quart des invités… Mais son livre est sorti depuis plusieurs mois et il n’a toujours pas écrit une ligne de son nouveau roman. Et pour cause, il n’arrive vraiment pas à s’y mettre… Marcus a la maladie des écrivains, l’angoisse de la page blanche.
Une seule solution pour s’en sortir : retourner dans le New Hampshire chez son ami et ancien professeur de lettre, Harry Quebert. Lui qui a écrit un des plus beau roman américain va certainement pouvoir l’aider…
Mais les choses ne vont pas se dérouler aussi simplement.
Lors de travaux dans le jardin de la maison d’Harry, le squelette d’une jeune femme est déterré… accompagnée du manuscrit du fameux roman de l’auteur ! Nola… Cette jeune femme dont Harry a été amoureux en 1975… et surtout une jeune femme de 15 ans ! Ce qui fait de lui un assassin doublé d’un pédophile ! L’Amérique toute entière à la nausée…
Marcus n’a plus qu’une idée en tête, aider son ami Harry à prouver son innocence… et pourquoi pas écrire un livre par la même occasion ?

Cette histoire à la base très classique, celle d’un écrivain jouant le rôle d’un enquêteur, fonctionne ici très bien. Les révélations sont incessantes et jusqu’à la fin on découvre de nouvelles pistes et de nouveaux rebondissements surgissent de partout. Ce patchwork va finir par nous faire entrevoir ce qu’il s’est passé réellement cet été de 1975, entre Harry, Nola et toute la petite ville d’Aurora. On ne s’ennuie pas une seconde !
La plume de l’auteur est accessible, directe, mais pourtant retranscrit bien l’ambiance de ce mignon petit village du New Hampshire.

Côté personnages nous avons toute une ribambelle de citoyens de la ville, assez caricaturaux parfois, mais finalement très efficaces, Marcus Goldman en tête ! Avec sa mère juive très envahissante et culpabilisante, on a touché le pompon !
La serveuse de café amoureuse de l’écrivain célèbre, qui ne voit pas que le jeune policier un peu gauche l’aime secrètement depuis le lycée ; le milliardaire mystérieux qui a à sa solde une gueule cassée qui effraye le canton ; le mari dominé par sa femme très autoritaire… On ne manque pas d’anecdotes et de petites histoires au milieu du récit principal.

Une très bonne lecture, je ne regrette pas de m’être laissée tentée par cette couverture si souvent aperçue aux détours des rayonnages des librairies ou des sites Web spécialisé !   

Et une lettre de plus pour le challenge ABC, pour la lettre D !

« Maudit printemps » d’Antonio Manzini

Ça faisait un petit moment que Denoël m’avait envoyé ce roman d’Antonio Manzini, que j’avais choisi suite à ma lecture de Piste Noire, son premier roman mettant en scène le sous-préfet Rocco Schiavone. Faute de temps, il avait commencé à prendre la poussière dans ma bibliothèque… Le challenge ABC 2020 me permet enfin de rectifier cette erreur et d’enfin m’atteler à cette lecture !

Rocco Schiavone est toujours « puni » à Aoste où il est sous-préfet, dirigeant une brigade de police hétéroclite…
Lui qui n’aime pas les emmerdes, il va être servi ! Une lycéenne vient le voir pour lui signaler la disparition de son amie, Chiara, depuis leur week-end en boite avec leurs copains… Bizarre. Surtout lorsque Rocco constate que les parents de Chiara lui cachent qu’elle n’est pas revenue à la maison. Ça sent le kidnapping à plein nez ! Rocco et son équipe vont devoir marcher sur des œufs et opérer en toute discrétion, hors des radars des juges, du préfet, et des parents eux-mêmes…

J’avais oublié à quel point le personnage de Rocco m’était sympathique avec tous ses défauts : macho, infidèle, râleurs, parfois brutal… et sans pitié avec les maillons faibles son équipe !
Je ne suis habituellement pas fans des univers type mafia, mais là, ça passe pas mal, car nous voyons alternativement les scènes d’enquête du côté de Rocco, et celle du côté de Chiara qui est en assez mauvaise posture et est passée en mode survie…
Si l’histoire n’est pas ultra originale, j’ai aimé la patte de l’auteur et les petits détails qu’il glisse ici et là pour nous rendre le récit un peu moins sérieux, voir surréaliste. La haine par exemple de Rocco pour la neige et les flaques d’eau… qui ont eu la peau de sa demi-douzaine de paires de Clarks, ce qui le rend morose.

Cette lecture m’a plu et je m’aperçois que Maudit printemps est le troisième opus de la saga, et que je n’avais pas lu le second, Froid comme la mort… Pour 2021 peut-être ?

« Inconnu à cette adresse » de Kressmann Taylor

Tant de points communs entre mes deux dernières lectures ! Comme pour L’ami retrouvé, j’ai choisi ce livre pour sa concision… une centaine de pages, à la veille de la fin du challenge ABC, c’était parfait. Choisis tous les deux dans une librairie de Bayeux en Normandie, ils traitent tous des débuts du nazisme en Allemagne, d’amitié et de culpabilité… Mais Inconnu à cette adresse utilisent d’autres leviers pour nous plonger dans cette période de l’histoire.

Dans les années 30, Martin Eisenstein et Max Schulse ont Tenu ensemble une galerie d’art à San Francisco, jusqu’au jour où Max décide de repartir en Allemagne avec sa femme et ses enfants. Dans un pays ravagé par la pauvreté suite à la Première Guerre Mondiale, il peut avoir une vraie vie de nantis avec l’argent récolté aux Etats-Unis. Correspondant par courrier, Martin donne à Max des nouvelles de la galerie, mais aussi de sa sœur qui est une actrice à Vienne, elle qui a été la maîtresse de Max… Mais au fur et à mesure de leurs échanges, Max commence à parler de leur nouveau représentant politique qui redonne de l’espoir aux allemands, Adolph Hitler… emballé par le Parti Nazi, il fini par renier son amitié avec Martin, qui est juif.

C’est étonnant de comparer deux nouvelles qui traitent de la même thématique, a deux jours de lecture d’écart… Je n’aurais pas réussi à faire mieux en timing si j’avais voulu le faire exprès !

Inconnu à cette adresse est construit d’une manière qui laisse place à l’ellipse et à l’imagination, puisqu’il s’agit d’un récit épistolaire. On suit les échanges de Martin et Max l’évolution de leur relation via quelques courriers. Je regrette juste la rapidité avec laquelle le comportement de Max change, agrémenté d’une froideur et d’une perversion qui me paraît peu crédible. Mais c’est une nouvelle… il faut aller vite.

Là où dans L’ami retrouvé, on était sur une réunion de deux personnages autour d’une amitié réciproque, dans Inconnu à cette adresse on est en pleine séparation de corps et de cœur de deux amis ! Une version adulte et cynique de la nouvelle lue hier, aux premières heures de l’Allemagne d’Hitler… Dans les deux histoires il est question de culpabilité, et ici elle est beaucoup moins subtile.

Côté récit, j’ai été assez enchantée par la tournure des choses sur la fin de la nouvelle… un petit retournement inattendu donne toute sa saveur à cette histoire.

Petit truc intéressant, cette nouvelle est parue en 1938 dans un magazine américain, avant que la guerre commence et bien avant que soit dévoilés au grand jour les horreurs de la déportation, des camps de concentration… Pourtant à lire cette histoire on a l’impression que l’auteure a prédit ce qu’allait être le régime Nazi. Un sacré flair, si je peux dire…

Une lecture rapide et intéressante… et surtout la fin du Challenge ABC pour 2019 🙂