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« Tu mourras moins bête » tomes 1 et 2 de Marion Montaigne

Tu mourras moins bête Grâce à l’évènement mis en place par PriceMinister, « La BD fait son festival« , je me suis fait un petit plaisir ce week-end : lire le tome 2 des aventures scientifiques du Professeure Moustache.

Je connais depuis plusieurs années le blog de Marion Montaigne, Tu mourras moins bête. Ses nouvelles publications de BD sur son site sont rares, mais je saute dessus dès qu’elles sortent ! Je suis fan de cet univers de vulgarisation scientifique mêlé à l’humour trash de cette auteure 🙂
Voilà pourquoi j’avais demandé au Père Noël de m’offrir le tome 1 de la BD… et que j’ai sauté sur l’occasion d’avoir le tome 2 avec PriceMinister 😀

Si le tome 1, sous-titré La science, c’est pas du cinéma traitait fort justement des sciences dans le cinéma, le tome 2, Quoi de neuf, Docteur Moustache, nous fait découvrir toutes les subtilités de notre corps… mais pas que ! On va apprendre comment un virus s’attaque à notre corps, comment le cerveau interprète les images, la différence entre les implants mammaires à gonfler ou en silicone… Mais on va aussi se plonger dans la psychologie et la sociologie : l’effet Barnum en astrologie (qui nous laisse à penser que les prédictions sont vraies), en quoi les hommes sont proches sexuellement des singes (et oui le sexe c’est vendeur ;)), la psychologie de la femme, pourquoi les amoureux se roulent des pelles…
Tout cela nous est expliqué par le Professeure Moustache (femme à moustache, donc, avatar de l’auteure), qui est souvent accompagné de ses habituels camarades : Natanaëlle, son chien Youki, … mais aussi l’expert de Miami Horacio Caine, Matt Lesgy le présentateur du dimanche sur M6, ou encore ses boucs émissaires favoris, les frères Bogdanoff, Nicolas Sarkozy, …
Bref, on se marre et on s’éduque ! Par exemple depuis que je sais que 80% de la poussière dans mon appartement provient de nos peaux mortes, je suis très tentée de vivre en combinaison intégrale chez moi :! 😀

Je ne peux que conseiller ce livre, qui regroupe des planches déjà parues dans le blog, mais aussi d’autres inédites.
Personnellement j’ai une petite préférence pour le premier volume, mais uniquement à cause du sujet qui m’amusait plus (le ciné et la science, il y a de quoi faire !)
Si vous ne connaissez pas cette BD, foncez, elle a tout pour plaire, et nous faire rire !

Ma note : 17/20 !

Et merci à PriceMinister et l’éditeur de la BD, Ankama, pour ce partenariat !

« La Vengeance du wombat et autres histoires du bush » de Kenneth Cook

La vengeance du wombat et autres histoires du bushPetite pause sous le soleil de l’outback et du bush australien avec Kenneth Cook, que je retrouve dans un recueil de nouvelles une fois encore ! Après Le koala tueur et autres histoires du bush, il nous régale de nouvelles histoires où les animaux sauvages et les habitants de ces contrées (tout aussi sauvages ? ;)) on la part belle !
La Vengeance du wombat et autres histoires du bush me permet en outre de remplir ma première case dans le challenge Petit BAC 2013… catégorie animaux bien entendu !

On suit les aventures de l’auteur (légèrement ventripotent) au travers de l’Australie, dans une douzaine de nouvelles. A chaque fois, cela commence par une rencontre avec un autochtone à un bar paumé ou dans les immensités désertiques : Aborigène, étudiant en goguette, habitant du cru… On est loin de Sydney et de ses civilités !
Dans ce monde, il est mal vu de refuser un coup à boire et de ne pas payer sa tournée en retour, on est toujours prêt à parier sur quelque chose, et surtout, les choses les plus invraisemblables sont d’une relative banalité. Que ce soit un mec qui débarque pour vendre des grenades dans un pub, des concours de castration de cochons sauvages, le rapt de buffles, crocodiles géants, serpent venimeux ou wombat, la chasse au requin… Tout cela n’est que très naturel. Sauf peut-être pour Kenneth Cook qui se retrouve plus ou moins à son insu embringué dans ces aventures, mais s’en sort généralement sans trop de mal (quelques cicatrices au pire) 🙂

Un voyage sympa et amusant dans ce pays, si éloigné de nous géographiquement, mais aussi culturellement !
J’aime assez ce format court : on n’a pas le temps de s’ennuyer ! Les différents récits ont un petit goût de contes ou légendes urbaines racontés au coin du feu en camping ou dans un rade… Des histoires excessives et extraordinaires, mais qui font sourire ou étonnent !
Bref, j’ai aimé, et je le conseille pour ceux qui ont une envie « d’ailleurs » 😀
Et merci à Petite Fleur pour ce prêt ! 🙂

Challenge Petit BAC 2013

« Le livre sans nom » d’Anonyme

Le livre sans nomPremier livre hors challenge… Ca fait tout bizarre !
Pour reprendre une activité de lecture normale, je me suis plongée dans ce roman que Petite Fleur me conseille depuis des mois : Le livre sans nom. Selon elle, ce livre devrait me plaire car je suis amatrice de zombies, vampires et armes à feu… Réducteur peut-être ?
J’aurais été tentée de le dire, mais elle m’a bien cerné : ce roman est vraiment pas mal du tout 🙂

Santa Mondega est une ville américaine où il se passe des choses étranges… Ici plus qu’ailleurs, le Mal semble se complaire : meurtres violents, tortures, règlements de compte avec des armes aussi nombreuses que variées…
Et ce n’est pas Sanchez, patron du bar le Tapioca qui contredirait cela : il y a 5 ans de cela toute sa clientèle a été exterminée le jour d’une éclipse solaire par un étrange personnage, le Bourbon Kid… le plus célèbre des assassins du coin, qui devient un vrai boucher quand il a bu un verre de bourbon.
Aujourd’hui l’histoire semble se répéter : une nouvelle éclipse est prévue à Santa Mondega, et le Bourbon Kid recommence à tuer un peu partout en ville… Le présage d’un nouveau massacre ?
Dans une course effrénnée pour récupérer un puissant artefact, l’Oeil de la Lune, différents chasseurs de primes, malfrats, petites frappes et moines (???) vont s’affronter, dans l’espoir de le récupérer avant que le Bourbon Kid ne frappe de nouveau !

On est ici face à un très réjouissant mélange d’imageries populaires, toutes droit sortie de films de baston à la Tarantino, de Kung-Fu, d’histoires de vampires et loup-garou, de western, de bikers et Hell’s Angels…
Et il n’y a pas que des combats et des morts violentes : le mystère sur l’identité du Bourbon Kid demeure, et le suspense est haletant !
Et bien d’autres questions se posent ! Quel protagoniste va récupérer finalement l’Oeil de la Lune ? Quelle est l’identité de l’assassin qui arrache la langue et les yeux de ses victimes ? Le King est-il vraiment mort ? Et bien entendu, qu’est-ce que ce livre sans nom, qui semble attirer la mort ?

Un livre rempli de rebondissements, très dynamique, plein d’action, de fantaisie…
Mais l’humour y est pour beaucoup dans l’attrait de ce livre : l’auteur à vraiment une plume géniale, drôle sans être excessive… Un genre d’humour anglais j’aurai envie de dire. Les situations brossées sont bien tordues, incroyables… Mais on voit littéralement les situations et scènes qu’il nous décrit.

Un roman que je conseille sans aucune hésitation ! J’ai beaucoup aimé : le livre n’est pas prise de tête sans être simpliste… un vrai régal 🙂
Et pour conclure je vais lire dès que possible les suivants de la saga Bourbon Kid : L’Oeil de la lune, Le cimetière du Diable et Le livre de la mort !

 

Série « American Dad! » (Etat de Virginie)

Ça fait quelques temps que je me dit que je devrais vous parler d’une série animée que j’aime beaucoup, et qui serait parfaite pour introduire la Virginie dans mon challenge « 50 états, 50 billets » American Dad!, crée par Seth MacFarlane (celui qui a aussi fait Les Griffin). La série à débuté en 2005 aux Etats-Unis, et est diffusée en France sur NRJ12 depuis quelques années, le dimanche midi notamment 🙂

La première fois que j’ai regardé cette série, j’ai eu l’impression de me revoir devant mes premiers South Park par son côté irrévérencieux et excessif… mais l’analogie s’arrête là ! Le graphisme tant le scenario sont bien différents !

On suit pendant les différentes saisons les tribulations de la famille Smith, vivant à Langley Falls en Virginie, et archétype de la famille américaine… du moins en surface !
La série tourne autour du père de cette famille : Stan Smith. Conservateur, homophobe, misogyne, fervent catholique, raciste, ardent défenseur des Bush… et agent de la CIA, il a tout du pro-américain primaire de base tel qu’on l’imagine. D’une bêtise à pleurer… de rire heureusement ici 😀
Autour de lui, sa femme Francine, au foyer forcément, soumise à son mari et sa petite famille, même si son passé de chaudasse rebelle reprend parfois le dessus ! Les enfants sont là pour peaufiner le tableau : Heyley, la fille, étudiante néo-hippie et ultra libérale, ce qui a le don d’agacer son père, et Steve, un geek lycéen qui ne rêve que de perdre un jour son pucelage.
Et pour donner une touche surréaliste au tableau, et donner toute sa saveur à la série : l’extra-terrestre Roger, qui a tout du petit-gris débarqué de la Zone 51, mais qui est en fait un alcoolo à la sexualité trouble, fan de déguisement (qui lui servent a se balader tranquillement en ville) ; et le poisson-rouge Klaus, qui est en fait un poisson auquel on a greffé un cerveau humain pour l’empêcher de nuire, et qui ne rêve que de redevenir un homme pour coucher avec Francine.

Les histoires ne sont que des prétextes pour mettre Stan dans des situations où il va en prendre plein la tronche… ainsi qu’un bonne partie de sa petite famille 😀
Cynique, critique… ils osent des trucs tant au niveau humour (scato, cul, parfois degueu… souvent improbable, toujours énorme) qu’au niveau du message qui me font mourir de rire, ou me laisser la machoire pendante. Savoir faire rire sur des thèmes tendancieux comme les armes à feu ou le racisme, faut oser… et être doués ! J’adore la manière dont les créateurs de la série trainent dans la boue toutes les références politiques et culturelles de l’américaine moderne, et pour le coup, il y a rarement une moralité à ces histoires 🙂
Mais il y a aussi de grands moment de bravoure, des références à des films, groupes musicaux ou séries cultes… de quoi ravir les fans de culture américaine que nous sommes, finalement 😀

Voilà, seul petit hic : ils en sont à la saison 4 sur NRJ12, alors qu’il y a déjà 7 saisons complètes aux USA ! Donc a part des rediff’ et rediff’ de rediff’, peu d’épisode inédits sur la TNT 🙁
Le grand problème des série en France quoi… et après on s’étonne que les gens téléchargent… Tsss…

 

La Virginie est un état central de l’administration américaine : c’est ici, dans la ville d’Arlington, qu’on retrouve le Pentagone, siège du département de la Défense des Etats-Unis, et plus grand bâtiment administratif du monde… A Langley (ville référence pour celle des Smith dans la série), on retrouve le siège de la CIA.
Et ce n’est pas que pour cela que les créateur de la série American Dad! ont situé l’action principale dans cet état ! Tant au niveau historique, culurel, économique, politique… c’est un condensé des clichés de l’Amérique 🙂

Ce qui caractérise la Virginie, c’est son poids sur l’histoire des USA : colonie anglaise dès 1584 (la première du pays !), la région fait parti des 13 états qui ont fondé les Etats-Unis en 1776 et fait Sécession avec l’empire britannique.
C’est aussi l’état-berceau de la culture, de l’histoire et des traditions américaines : 4 des 5 premiers présidents américains venaient de Virginie, la déclaration d’indépendance de Virginie de Jefferson a servit de modèle à la Déclaration d’Indépendance des Etats-Unis, la Virginie est le premier état à fêter la Thanksgiving… enfin, cela ne l’a pas empêchée d’aller du côté des sudistes pendant la Guerre de Secession !
Enfin malgré la Sécession, la Virginie reste marquée par son histoire avec la Grande-Bretagne : son nom est un hommage à Élisabeth Ière d’Angleterre, dite « la reine vierge« , et c’est un des 4 états à porter encore le titre de Commonwealth.

Outre l’aspect administratif, due à sa proximité avec Washington D.C., juste au nord de la Virginie, l’état est aussi une région agricole, avec ses cultures maraichères, ses élevage, et ses vignobles ! En effet, plusieurs vins sont produits en Virginie… moi qui pensais que seule la Californie avait cet apanage aux USA !
Autre spécialité assez connue, le jambon de Virginie, qui n’est produit que dans la ville de Smithfield !

Le tourisme n’est pas en reste non plus : les villes « à l’Européenne » comme sa capitale Richmond, Charlottesville ou Williamburg avec leurs architectures coloniale et néo-classique,  mais aussi les espaces ruraux et naturels des Appalaches à l’ouest, les parcs naturels et forêts protégées, sans oublier le front de mer avec la plus grande ville de l’état : Virginia Beach… Bref, un bout de terre qui a du charme, comme l’ont si bien chanté les Rolling Stones avec Sweet Virginia  😉

Peut-être à cause de la proximité du pouvoir, l’état est très conservateur, chrétien, et majoritairement blanc… L’état idéal pour faire vivre des personnage comme ceux de la série American Dad! 😉

Bref, un état riche en histoire, qui représente pas mal pour moi l’aspect « côte Est » des Etats-Unis : architecture anciennes mélangées avec des bâtiments plus récents, un peu de montagne, de mer, de plaines, de forets… Mais bon, bizarrement, pas dans ma top-list touristique 😉

« La conjuration des imbéciles » de John Kennedy Toole (Etat de la Louisiane)

Double combo pour mes lectures de challenge : La conjuration des imbéciles de John Kennedy Toole me permet de remplir mon contrat depuis longtemps prévu du challenge « Année de naissance » (1980), pour lequel j’avais acheté ce livre, et le challenge « 50 états, 50 billets » (Louisiane).

Ignatius J. Reilly, ancien étudiant en histoire médiévale, vit avec sa mère à la Nouvelle-Orléans… Philosophe et écrivain méconnu, obèse, vierge et hypocondriaque, il sort rarement de chez lui, ne travaille pas, et coule des jours heureux. Jusqu’au jour où un quiproquo pas possible va l’obliger à devoir aller travailler pour aider sa mère à rembourser un milliers de dollars. Stupeur, tremblements : comment cet handicapé social très intelligent va-t’il réussir à trouver et garder un emploi ? Pour lui même, ça sera un exploit !
On suit Ignatius dans ses aventures dans le milieu du travail américain des années 60, mais aussi une dizaine de personnages qui ont croisé sa route au cours de ses pérégrinations.
Humour, quiproquos, le tout passé au filtre du regard critique et cynique d’Ignatius, qui semble tout droit sorti d’un autre siècle ! Il aurait plus eu sa place dans un monastère à écrire ses mémoires tel un ermite, que dans les Etats-Unis de la surconsommation, dans un climats social qui hésite entre ultra-politisation et médias de masses.

Une lecture bizarre, il n’y a pas à dire… Mais j’ai le sentiment que je vais m’en souvenir un petit moment !
Ignatius m’a fait pensé à quelques personnes que je connais sous certains aspects… et pourtant, c’est un personnage exécrable à bien des niveau : il vit au crochets de sa mère, refuse d’aller travailler ou de sortir de la Nouvelle-Orléans, est hypocondriaques et souffre continuellement de « son anneau pylorique », mange comme 10, rejette la faute de tout ses malheurs et échecs sur les autres, regarde les émissions TV ou films au ciné non par plaisir mais pour cracher dessus… Bref, méprise tout ce qui l’entoure ! Mais en même temps il a une philosophie de la vie qui s’entend : il refuse de faire comme tous le monde, veut vivre libre à sa façon, et préfère vivre en dehors de la société américaine plutôt que de se corrompre. Finalement, en quoi serait-il moins dans le vrai que nous ? Mais une chose est sûre, là où il passe, se créent un maximum de problèmes…
Histoire d’enquiquiner son ancienne copine de fac Mirna, qui s’engage dans la politique et les arts à New-York, il se lance à son tour dans les morceaux de bravoures politisés ! Hésitant entre royalisme, piquets de grève avec des employés de couleur, cause homosexuelle… il brosse un tableau de la ville et de ses quartiers au travers son regards et son esprit si cinglant.
La phrase d’intro de Swift nous renseigne rapidement sur le fond du livre : « Quand un vrai génie apparaît en ce bas monde, on le peut reconnaître à ce signe que les imbéciles sont tous ligués contre lui ». Et on passe son temps à se remémorer cette phrase… Ignatius est-il un génie incompris, ou le roi des imbéciles, ou encore les deux à la fois … ? Un vaste sujet, qu’on peut resservir dans les dîners mondains à propos de tout et n’importe qui 🙂

Mais ce qui donne encore plus d’intensité au livre, c’est de savoir comment il en est venu à être édité… C’est la mère de John Kennedy Toole qui l’a amené à être publié en 1980. Son fils avait initialement écrit ce livre dans les années 60, mais désespéré de ne jamais se faire publier, se suicide en 1969. Le parallèle Toole / Ignatius est peut être facile, mais il m’a trotté dans la tête durant ma lecture. Et quand on sait que le romancier a reçu un prix Pulitzer à titre posthume, on ne peut réfléchir à cette histoire de génie et d’imbécile sans se gratter la tête…

Bref, il y en a des choses à dire sur ce livre, que j’ai vraiment beaucoup aimé, et qui m’a d’hors et déjà marqué. Au début je le comparait à un Wilt américain, mais c’est encore plus que cela : un vrai hymne à un mode de vie hors des sentier battu, qui peut générer des heures de réflexions, et le tout dans un langage parfois très soutenu, parfois des rues… Un roman bien construit, intéressant, drôle, enrichissant sans être prise de tête. Une photographie de la société américaine, et occidentale, qui est toujours d’actualité !

 

Ce roman dépeint la Nouvelle-Orléans, ville la plus peuplée de l’état de Louisiane, dont la capitale est Bâton-Rouge (où Ignatius va effectuer son seul de sa vie voyage en bus…).
Le lecteur des plus averti remarquera dans le roman et sur la carte de l’état une avalanche de nom d’origine française ! Et bien c’est normal, car la Louisiane a une longue histoire avec la France… et ça n’est pas pour rien que nous pouvons appeler les Cajuns « nos cousins » du Nouveau Monde 😉

A l’origine, la région de la Louisiane, située à l’ouest du fleuve Mississippi, est habitée par diverses tribus amérindiennes. Après l’arrivé des premiers explorateurs, ils seront rapidement colonisés, comme partout ailleurs dans le nord de l’Amérique…
C’est René Robert Cavelier de La Salle, explorateur français venu du territoire de la Nouvelle France, qui en 1682, descend le Mississippi et annexe la Louisiane. Il nomme cette région autour du Mississippi « Louisiane », en hommage au roi Louis XIV. Elle se retrouve donc rattaché au grand territoire français : la Nouvelle France occupe tout le Middle West, le sud des futurs USA et l’Est du Canada… et toute la partie se trouvant hors du Canada est alors la Louisiane, divisé en Haute et Basse Louisiane. Un territoire gigantesque et sauvage !
La Louisiane est rapidement revendue à des notables et riches commerçant français pour devenir un centre d’échange commerciaux important dans cet endroit du globe. Il devient aussi un point de départ pour l’exploration d’autres parties de l’Amérique. Avec cette économie qui commence à devenir florissante, les premiers esclaves débarquent en Louisiane en 1713, accompagnant une grande vague d’immigration. La Nouvelle-Orléans est fondée en 1718, en l’honneur du régent Philippe d’Orléans.
Mais les compagnies commerciales ont du mal à garder la Louisiane, et la couronne française récupère ces terres en 1731, avant de les perdre au profit des espagnols en 1762. En 1800 la France la re-récupère, mais Napoléon Bonaparte la vendra en 1803 aux tout jeunes Etats-Unis, un peu pour réparer les dégats générés par les pirates français contre les navires de commerce américains… Une fois en leur possession, ils réduiront la taille de l’Etat à celle d’aujourd’hui.
En 1812, la Louisiane rejoint l’Union, bien que peuplé majoritairement de Cadien ou Cajuns (descendant français), de Créoles, de Français et d’Espagnols. Etat esclavagiste, la Louisiane sera du côté des états Confédérés lors de la Guerre de Sécession.
L’anglais est loin d’être la langue la plus parlée alors, et à partir de la moitié du 19ème siècle, le gouvernement des Etats-Unis fera tout sont possible pour imposer l’anglais comme langue officielle, avec l’interdiction de parler français dans les écoles et administrations. Mais l’état et ses habitants n’ont pas oublié leurs origines francophone : 5% des habitants parlent encore français (ou plutôt un dialecte français). A partir de 1968, poussé par la volonté de sauvegarder cette particularité linguistique et culturelle, le gouvernement de Louisiane rend au français ses droits : la langue française devient seconde langue officielle de l’état.

Aujourd’hui, la Louisiane est un état du Dixieland, comme l’Alabama ou la Géorgie, et est plutôt conservateur.
Cela peut paraître surprenant, vu les multiples influences culturelles de ses habitants… un vrai melting-pot ! La Nouvelle-Orléans est la ville des Etats-Unis ayant la plus grande communauté noire : 67% de la population !
Il suffit de voir la réputation de leur cuisine pour être invité au voyage et à la découverte : écrevisses, jumbalaya, épices, …  Sans oublier que la région de la Nouvelle-Orléans est célèbre pour son histoire musicale : jazz, country, blues…
Enfin cela n’empêche pas la ville de la Nouvelle-Orléans de bénéficier d’un record moins réjouissant, celui d’un des plus fort taux d’homicide du pays…

Bref, un état pour moi à visiter de toute urgence, entre autre pour sa cuisine que ses lointaines relation à la France 🙂

 

« Et ça vous fait rire ? » de Hugleikur Dagsson

J’ai profité de ce week-end pascal pour feuilleter un des livres reçu pour mon dernier SWAP qui m’avait emmené en Islande. J’ai commencé ma découverte avec un livre d’illustrations de Hugleikur Dagsson, dessinateur satirique de magazines et romans graphiques islandais. Et ça vous fait rire ? a été publié initialement en 2007, et édité en France en 2009.

Les dessins sont simples, les scénettes se compose d’une unique image et d’une peu de dialogues, mettant en scène des personnage plus déjantés les uns que les autres… Clair et concis, très efficace donc.
Je pensais être cynique et avoir un humour glauque, et bien je crois que Dagsson a un niveau bien trop élevé dans ce domaine pour moi !
Difficile de dire que j’ai aimé… j’ai trouvé ça pas très drôle dans l’ensemble, seules quelques illustration m’ont décroché un sourire… Si certaines scènes sont intelligentes dans leur côté décalé et critique, ou amusantes par le côté bête et méchant, j’ai pas trop accroché aux blagues scatos ou trop barrées cul… Pourtant tout le monde en prend pour son grade : la religion, les médias, les intellos, les famille (et surtout leurs enfants), … personne n’est épargné par sa plume, et c’est très bien !

Enfin, c’est tout de même intéressant de voir ce qui se fait de l’autre côté de la mer du Nord ! Mais pour répondre à la question par le titre du livre Et ça vous fait rire ?, bah, pas particulièrement, et en tous cas, pas toujours … :s

« Deux fois n’est pas coutume » de Janet Evanovich (Etat du New Jersey)

Avec ce prêt de Petite Fleur, je continue à suivre les aventures de Stéphanie Plum la chasseuse de primes dans ce second volume de la série. En plus il me permet de remplir l’objectif New Jersey du challenge « 50 états, 50 billets » !.
Il ne m’en faut pas plus pour être contente 🙂

Cette fois, Stéphanie Plum naviguera dans le milieu des pompes funèbres, à la recherche de Kenny Mancuso, soupçonné d’avoir tué par balle un de ces amis.
Depuis ses premières aventures, Stéphanie ne c’est pas vraiment améliorée dans le domaine de la capture de criminels en fuites… Mais Morelli le flic et Ranger le spécialiste de la traque sont tout de même toujours là pour lui filer un coup de main quand le besoin se fait ressentir…

Pas de prise de tête avec l’intrigue, finalement celle-ci est assez secondaire : c’est plus une excuse pour voir Stéphanie galérer dans le métier de chasseuse de prime, et se faire draguouiller par Morelli, houspillée par sa mère parce qu’elle n’a pas de petit copain, engendrer des problèmes en série sans vraiment le vouloir… Cerise sur le gâteau, on s’attarde plus sur un personnage secondaire entre-aperçu dans le premier tome et qui m’avait bien plu : Mamy Mazure. Loufoque et toujours dynamique, cette grand-mère est entre autre une vraie spécialiste d’embaumements, cercueils et autres joyeusetés… Elle se sent très impliquée dans le métier de chasseuse de prime de sa petite-fille, et est aussi maladroite qu’elle. Je vous laisse imaginer le duo de choc qu’elles forment !

Un mélange d’humour potache et d’humour noir, un style qui laisse la place à l’actionCa se lit bien même si ça n’est pas un chef-d’oeuvre du roman policier !

Bon, un truc qui me chiffonne, même si c’est anecdotique : la couverture du livre de poche… Franchement, plus kitsch tu meurs ! Surtout que la nana ne ressemble pas vraiment à la Stéphanie Plum du roman, qui est plutôt dans le délire cheveux longs bruns et frisés, et assez « minimaliste » côté maquillage et vêtements…

Enfin bref, j’ai bien aimé, et je compte bien de temps en temps reprendre rendez-vous avec toute cette petite équipe 🙂

L’action se déroule à Trenton, capitale du New Jersey. Au travers l’histoire, on retrouve bien les quartiers de la ville et leurs spécificités (à en croire Google Map et la Wikipedia).
Le Bourg d’où vient Stéphanie Plum et où vit sa famille, est le quartier de Chambersburg, qui comme dans le bouquin est plutôt habitée pas des descendants d’immigrants italiens et hongrois. Dans le reste de la ville, les trois quarts des habitants sont des afro-américains, latinos, cubains…
Difficile de parler de l’ambiance qui se dégage de la ville sans trop noircir le tableau : on a l’impression de voir un village où tous le monde se connait et connait tous les potins sur tous le monde, mais la ville est assez loin du « rêve américain » et des ses banlieues proprettes : Trenton est assez peu sexy avec ses zones d’entrepôts glauques et banlieues craignos, les quartier résidentiel en décrépitudes par endroits, et un niveau culturel assez raz de pâquerettes… Quand on sait qu’elle fait parti du top 20 des villes les plus dangereuses au Etats-Unis, on comprend un peu mieux aussi…. L’endroit idéal pour vivre des aventures de chasseuse de prime !

La ville est construite à côté du fleuve Delaware, qui forme une frontière entre l’état du New Jersey et la Pennsylvanie. Au nord de l’état, on retrouve celui de New-York. Le New Jersey se trouve sur la côte Atlantique, en plein sur la ligne de la mégapole BosWash, qui comprend les ensembles urbains allant de Boston à Washington… Bref, un secteur ultra citadin ! On imagine donc aisément que l’agriculture n’est pas leur secteur d’activité phare, mais plutôt la métallurgie, entreprises pharmaceutiques et autres activités tertiaire…
Malgré le fait que Trenton soit la capitale de l’état, elle est loin d’être la plus habitée avec ses 88000 âmes… il faut plutôt aller du côté de Newark pour dépasser le million d’habitants ! Atlantic City, autre grosse ville de l’état, abrite des casinos, ce qui fait naturellement de ce lieu un centre d’intérêt pour les habitants de tous les états limitrophes !

Si Trenton, voir le reste du New Jersey, ne parait pas particulièrement attrayant, l’état semble inspirer les réalisateurs : des séries comme Dr House ou Les Soprano s’y déroulent, des films comme Soyez sympa, rembobinez, Clerks… A cause de la « matière » sociale peut être ?

« Un chien de saison » de Maurice Denuzière

Après ma longue et parfois laborieuse lecture du roman de Wilde toute la semaine dernière, je me suis accordée une lecture réputée facile et humoristique : Un chien de saison de Maurice Denuzière.
Ce livres est dans ma liste de livres à lire depuis un petit moment… je l’avais proposée dans le cadre du Circle Challenge ABC, sans l’avoir moi-même lu (sacrilège !). Il y avait donc urgence !
A noter que je l’ai aussi mis dans ma liste pour le challenge Petit BAC, dans la catégorie « animal » bien entendu.

Dans ce roman écrit à la première personne en 1979, Maurice Denuzière nous raconte l’histoire d’un épigraphiste-paléographe parisien, Félix, qui se retrouve à garder le temps des vacances le chien d’un couple d’amis : un boxer pur race, nommé Néron. Bien entendu les premiers instants de sa nouvelles vie avec le chien seront assez folkloriques, l’animal étant assez « joueur » et doté d’un sacré caractère. Mais au fur et à mesure, Félix va apprendre à connaître Néron et à l’apprécier, tout en étant toujours aussi impressionné par les capacités du boxer pour faire les bêtises les plus improbables.

Quiproquos et rebondissements sont au rendez-vous, dans ce volet de la vie du narrateur. Le ton est toujours celui de l’humour, tout en étant bien écrit… j’ai d’ailleurs pas mal plancher mon vocabulaire, épigraphiste-paléographe oblige 😉
On se prend bien dans l’histoire aussi, à apprécier Félix ou sa femme de ménage espagnole Pilar, beaucoup moins ses amis qui sont loin d’en être, … on est presque dans le Vaudeville par moment, où Félix et Néron portent les premiers rôles, en mode Laurel et Hardy. Il faut dire que les péripéties dont le boxer est à l’origine frôlent l’absurde, mais parleront à tous les propriétaire de chien ou de chat : rien n’est improbable avec ces animaux ! Le bêtises du chiens vont provoquer bien souvent des rencontres sympathiques, mais aussi générer une allergie chez la jeune femme qu’il souhaite séduire, le mettre parfois en mauvaise posture devants des hollandais baraqués… jusqu’à provoquer une catastrophe aux résonances nationales !
Le chien devient aussi un catalyseur qui va lui permettre de réfléchir à son mode de vie, la qualité de ses amitiés, ses relations aux autres… Champion des amours platoniques, misogame et quasi misanthrope, il apprend à accepter ses sentiments en vivant avec Néron, qui lui n’écoute que ses instincts. Un jolie leçon 🙂

Un livre que j’ai apprécié, excellente lecture dans le métro, matin et soir… facile à lire mais bien écrit, une histoire amusante et rafraîchissante. Et maintenant je me dis qu’il n’y a pas que les chats dans la vie 😀