Mots-clé : humour

« Complétement cramé ! » de Gilles Legardinier

Depuis plusieurs années je voyais cette couverture dans les librairies, dans les mains de lecteurs dans le métro… sans vraiment savoir de quoi il s’agissait. Un vrai manque à ma culture littéraire populaire ! Surtout quand tous les gens qui l’ont lu autour de soi en disent le plus grand bien… sans parler des nombreux avis positifs sur les sites de lecteurs.
C’est donc en ayant à l’esprit d’être face à un best-seller que j’ai entamé ma lecture.

Andrew Blake, arrivé à la soixantaine, fait le bilan de sa vie et décide de la changer totalement. Ce patron d’entreprise, veuf, vivant en Angleterre, décide de partir quelques mois en France et de se faire passer pour quelqu’un d’autre. Dorénavant, il sera majordome dans la demeure de Nathalie, qui pense vraiment avoir embauché du petit personnel.
Entre la maitresse de maison, la cuisinière Odile et son chat Méphistophélès, la jeune femme de ménage Manon et le gardien Philippe… il va avoir fort à faire. En effet, chacun a sa somme de petits et grand malheurs, qu’il va se faire un plaisir d’atténuer, parfois à leur insu.

Ce roman est en effet fort rafraichissant, comme j’avais ouïe dire. La prose est simple, les idées biens tournées… et ces pages sont truffées d’anecdotes amusantes, de jeux de mots surréalistes… Bref, l’humour british à la sauce française ! On est même parfois ému par les situations, scènes ne sont pas trop mièvres contrairement à ce que je craignais.
Les personnages sont attachants, chacun avec son lot de regrets, auquel on pourra tour à tour s’identifier. Bref, un joli conte sur la vie, à différents moment de maturité.

Mais bon, il faut avouer qu’on m’a tellement vendu ce roman comme une perle que je suis un petit peu déçue. J’ai vraiment pris plaisir à le lire, je le conseillerai autour de moi, mais il me manque un petit quelque chose pour que ce soit vraiment un coup de cœur. Mais attention, c’est vraiment un très bon livre ! Il est juste un peu victime de son succès pour moi…

« Moi, Surunen, libérateur des peuples opprimés » d’Arto Paasilinna

Moi, Surunen, libérateur des peuples opprimésPour le partenariat Denoël du mois, nous partons en voyage dans les plus improbables dictatures du monde. Un moyen pour moi de découvrir Arto Paasilinna, prolifique auteur finlandais.

En plein milieu des années 80 en Finlande, Viljo Surunen est professeur de philologie et fréquente Immonen une musicienne, membre comme lui d’Amnesty International. Malgré leurs lettres de protestation auprès du dirigeant du Macabraguay, ce dernier refuse de relâcher leur filleul de combat, un professeur d’université, prisonnier politique depuis 6 ans.
Surunen va donc prendre les choses en main et se rendre en Amérique du Sud pour  aller libérer lui même le pauvre prisonnier. Son aventure va le conduire au Macaraguay, une sinistre dictature capitaliste soutenue par les Etats-Unis. Sur son chemin il passera aussi dans les territoires communistes tels Moscou et la Vachardoslavie. Combien d’opprimés Surunen pourra-t-il libérer ?

De part son humour à peine retenu et ses situations cocasses, voire surréalistes, ce livre m’a rappelé ceux de Tom Sharpe. Il faut par dessus cela rajouter une couche de critique sociales et politique, qui flirte parfois avec le symbolisme.
La trame de l’histoire n’est pas déplaisante. On s’amuse des situations folkloriques dans ces dictatures capitalistes et communistes… où forcément l’une n’est pas vraiment mieux que l’autre. Tout est une affaire de style  et de curseur !

Pas le gros coup de coeur, mais pas non plus une déception… je ne suis pas rentrée dans le délire du récit peut-être. Un bon livre pour passer le temps, qui ravive nos bons vieux souvenir des années 80 et des blocs idéologiques qui s’affrontaient en ce temps.

Merci Denoël pour cet envoi !

Moi, Surunen, libérateur des peuples opprimés d’Arto Paasilinna
Éditions Denoël & d’ailleurs
Traduction : Anne Colin du Terrail
2015 – 336 pages

« Tu mourras moins bête tome 3 : Science un jour, science toujours ! » de Marion Montaigne

Tu mourras moins bete tome 3Changement d’éditeur pour la série de vulgarisation scientifique humoristique de Marion Montaigne ! Après deux premiers volumes sorties sous les couleurs d’Ankama, c’est maintenant Delcourt -qui comme souvent- reprend le flambeau de Tu mourras moins bête !
Heureusement, le changement d’éditeur ne modifie en rien la qualité de la BD (toujours des planches sorties de son blog)… Et surtout le format de l’album est le même que les deux précédents (sur les étagères, c’est mieux quand même !).

Dans ce tome il est beaucoup question de biologie humaine ou animale. Ainsi on en apprendra plus sur la sexualité des acariens, des drosophiles… mais aussi la notre ! On découvrira que la plupart des animaux ont des pratiques homosexuelles, que les insectes sont des pervers, que les pingouins sont des maquereaux… Pour mon plus grand bonheur, j’ai aussi compris pourquoi les ados sont aussi insupportables ! On saupoudre le tout d’un peu de scatologie (une valeur sûre), par exemple en expliquant le mode opératoire de miction des femmes aux WC, ou comment soigner l’embonpoint avec des selles… Il y a aussi quelques pages sur les robots, les turbulences en avion, la cryogénie. Bref, un album éclectique !

Inutile de vous dire que cette saga me fait autant rire qu’elle ne m’étonne… car j’ai l’impression de vraiment sortir moins bête de ma lecture ! J’ai pu briller en société encore ce soir en expliquant comment le mâle alpha d’un groupe de poissons-clown devient à la mort de la femelle dominante… la nouvelle femelle leader ! La classe, non ? 😉

Pour vos cadeaux de Noël, foncez sur cette BD, une valeur sûre !

planche-tu-mourras-moins-bete3

« Bride Stories tome 4  » de Kaoru Mori

Bride Stories 4 Ca fait bien longtemps que je n’avais pas lu un manga de la série des Bride Stories, qui pourtant m’avait bien plus à l’époque… Et c’est bien dommage, car cette BD et particulièrement ce tome, ont tout pour plaire : maîtrise du dessin et de l’univers dans lequel se déroule l’histoire, des personnages attachants, beaucoup d’humour… Bref, un bon bol d’air frais !

Nous avions laissé au dernier épisode l’ethnologue Smith seul avec son guide, Ali, sur la route d’Ankara.
Ils vont traverser un village de pêcheurs au bord de la mer d’Aral, où Smith va être pris pour un médecin, et se retrouver des jours durant à soigner les habitants du village… et bientôt tout ceux de la campagne aux alentours !
Ici vivent Layla et Leyli, deux jeunes jumelles qui débordent d’énergie ! Elles n’ont qu’une idée en tête : se trouver deux maris (un pour chacune), idéalement des frères pour pouvoir vivre ensemble… Et bien entendu, ces futurs époux devront être beaux, riches, posséder des centaines de têtes de bétail, proposer une belle dot à leur père, et surtout, supporter ces deux turbulentes jeunes femmes ! Leur père leur trouvera-t-il un parti à leur hauteur ?

Layla et Leyli

Ca fait du bien de quitter un peu le clan de Karluk et d’Amir pour voir un peu ce qui se passe dans d’autres contrée d’Asie Centrale ! Ici on est servi, on est dans un tout autre univers : un village de pêcheur, où le bétail à moins d’importance, avec de nouveaux modes de vie (vêtements, cuisine…). Mais comme partout, le mariage et donc les alliances entre familles sont essentiels !
Les deux jumelles, Layla et Leyli sont deux personnages très comiques, à leur insu : deux petites pestes montées sur ressorts qui ne pensent qu’à leur futur mariage. Elles montent plans sur plans pour essayer de se trouver des maris riches en les piégeant, au grand dam de leur parents. Cela donne des situations cocasses, comme la scène où elles essayent d’assommer un riche chef de tribu avec un poisson, au moment où il traverse la rivière, afin de le sauver et de peut-être se voir proposer ses fils en noce !
Heureusement, leur père va mettre fin à leurs stratégies délirantes pour se trouver un mari en leur choisissant des époux… Gare à la déception !

Je n’ai plus qu’une envie : courir m’acheter le tome 5 !!!

« Goliath » de Tom Gauld

GoliathJe n’en ai pas parlé le mois dernier, mais Price Minister a organisé cette année encore l’opération La BD fait son festival. Une BD de la sélection officielle du festival d’Angoulême au choix contre une chronique dans ce blog et une note pour ma lecture… Très bon deal ! 🙂

Comme je n’avais pas trop d’idées sur ce que j’allais choisir dans la liste proposée, je me suis fiée à mon instinct, et j’ai demandé Goliath de Tom Gauld. La seule raison : j’aimais bien la couverture 😉
Totale surprise donc sur le scénario et le dessin ! Et bien autant le dire tout de suite, j’ai passé un très bon moment ! Puisqu’il faut jouer le jeu des notes pour ce partenariat, je donnerai un 17 à cette BD.

C’est la guerre entre les Philistins et les Israélites. Goliath est dans l’armée philistine, et malgré sa taille imposante, il n’est pas un grand guerrier. Son truc, c’est la paperasse, et il fait très bien son métier de gratte-papier.
Jusqu’au jour où son capitaine décide d’en faire un héros, un élément central de sa stratégie contre le camp ennemi… Pour lui c’est une guerre psychologique qui devra se jouer entre les deux belligérants… et amener les Philistins à la victoire !
Affublé d’une armure d’apparat, accompagné d’un jeune porte bouclier, armé d’une lance gigantesque, Goliath doit aller chaque matin sur le champ de bataille désert et exiger un duel contre un guerrier Israélite. Si celui-ci le bat, les philistins se soumettront, et inversement. Le capitaine de l’armée philistine se dit que vu le morceau que représente Goliath, aucun Israélite ne pourra l’affronter !
Une terrible pression pèse sur les épaules pourtant massives de Goliath… Lui qui est un piètre combattant, il angoisse chaque matin à la perspective du combat qui pourrait venir…

goliath-case

C’est donc un célèbre épisode de l’Ancien Testament qui nous est raconté là, David et Goliath, vu, revu et corrigé ! Cette version est loin des images qu’on peut avoir du fait d’arme original : on laisse le gentil David pour s’intéresser au « méchant », et encore, méchant est un grand mot… Goliath n’est pas un monstre assoiffé de sang et de victoire, c’est un intellectuel pas bon du tout à l’épée… On se prend tout de suite de sympathie pour ce bon gros géant. L’auteur sait jouer avec la poésie et l’humour pour rendre sensible et intelligent son propos. Les mythes sont parfois loin de la réalité, et tout est une histoire de point de vu !

J’aime beaucoup aussi le style de Tom Gauld, dessinateur et illustrateur britannique. D’abord le style simple et percutant, dans la tradition des comic strip, comme ceux qu’il fait pour le Guardian.
Le découpage de certaines pages, la manière dont il joue sur les répétitions de cases, la lumière, les ellipses temporelles… Tout cela donne bien l’impression des 40 jours d’attente de Goliath, et rajoute même au comique, voir au dramatique, de la situation dans laquelle le héros est empêtré. Je me suis vue sourire devant certain mise en scène, c’est pour dire !

Voilà donc une lecture que j’ai beaucoup apprécié et que je soutiens ! Merci à Price Minister et à l’Association, éditeur de cette superbe BD (l’objet est beau en plus !).

20140323-190542.jpg

« Charly 9  » de Jean Teulé

charly-9

Pour ma dernière lecture du challenge ABC je m’attaque aussi à un cas difficile : un roman de Jean Teulé, dont je ne suis vraiment pas fan depuis ma lecture de Mangez-le si vous voulezque j’avais trouvé gore et gratuit.
Mais la lettre T étant ce qu’elle est (toujours difficile à trouver !), et n’ayant pas sous la main Karoo de Steve Tesich, je me suis lancée dans Charly 9 !

Le Roi de France Charles IX, en plein mois d’août 1572, doit prendre une décision difficile : donner son accord à sa mère Catherine de Médicis et ses conseillers pour lancer la plus horrible vague d’assassinats de l’histoire de France, le massacre de la Saint-Barthélemy. Bien entendu Charles ne sait pas encore que sa mère lui ment en lui faisant croire que les protestants complotent contre la couronne, et il ne se doute pas que ce qui semble être le meurtre de quelques chefs huguenots et de leurs familles va devenir un vrai bain de sang qui va ravager et diviser la France, la plongeant dans une guerre de religions.
A partir de ce jour, le jeune Roi un peu effacé et timide va sombrer dans la folie, hanté par cette terrible nuit…

La lecture de ce roman sera au moins une confirmation : je n’aime vraiment pas le style de Teulé, du moins sur ses romans historiques… L’écriture est trop cinématographique, avec des plans très souvent décrits comme si on regardait la scène sur un écran… Je comprend qu’une BD soit sortie basée de ce livre.

Le ton me paraît trop familier, même si en soi j’ai rien contre le mélange des genre. Enfin le côté humoristique n’est pas désagréable, mais ne me plait pas tant que ça. Beaucoup de blagues et de jeux de mots tombent à plats, et ne m’ont pas décrochés un sourire…
J’ai eu du mal à m’attacher ou détester ce personnage rongé par les regrets et la folie, piloté dans l’ombre par sa mère Catherine de Médicis. On dirait un piètre Néron rendu tristement célèbre pour un massacre qu’il n’aurait même pas orchestré.
Les personnages secondaires sont caricaturaux, que ce soit Catherine de Médicis la manipulatrice, Henri de Navarre le béarnais rigolard et puant, la Reine Elisabeth d’Autriche la sainte, Marguerite une folle…

A y réfléchir ce qui m’embête avec ce livre est peut-être le glissement entre le Charles IX historique et le Charly 9 décadentDifficile de faire la part des choses entre l’Histoire et une histoire, et je n’était vraiment pas disposée à me laisser aller à rentrer dans une fiction.

Le récit en elle même m’a tout de même permis de revoir une période de l’Histoire de France que je connais mal, et principalement via des films du genre de La Reine Margot. En cela ce livre n’est pas totalement une erreur de lecture pour moi 😉

challenge ABC

Cette dernière lecture me permet de clore le challenge ABC débuté en janvier dernier ! Sur le récap’ des challenge (en haut, dans le menu), vous trouverez la liste complète de mes lecture !
Merci à Nanet pour son organisation !  

 

Série TV : « How I met your Mother » saison 8

Cette semaine nous avons pris notre courage à deux mains pour se faire un marathon How I met your Mother saison 8, histoire d’être dans les clous pour la saison 9 qui commencera le 23 septembre prochain. Je ne suis pas super fan de la série, mais vu qu’on l’a commencée, j’ai quand même envie de savoir comment elle va se terminer… Et puis objectivement, il m’arrive de me marrer devant 😉

Plus besoin de présenter ce sitcom américain qui nous tiens en haleine depuis 8 ans déjà ! Qui est la mère des enfants de Ted, à qui il raconte l’histoire de sa rencontre avec celle-ci ? Cette question est l’excuse pour s’amuser des aventures de la tribu d’amis new-yorkais : Ted, Marshall, Lily, Robin et l’inénarrable Barney.

How I Met your Mother saison 8

La plupart des épisodes sont amusants, voir hilarants ! Si Ted me parait toujours insipide (j’en peux plus de sa quête de l’amour), son côté looser est toujours plus assumé par les scénaristes ce qui me le rend finalement assez marrant.
Barney est comme lors des dernière saison le personnage comique principal… même si son futur mariage l’a un peu assagi.
Marshall et Lily sont toujours aussi amusants et romantiques, et il leur arrive pas mal de chose lors de cette saison. J’avais peur que la naissance du bébé les rendent cuculs, mais en fait ils sont encore pires qu’avant 🙂
Robin a toujours un rôle de faire-valoir, mais reste néanmoins un personnage sympathique.
Assez peu de personnages secondaires inutiles lors de cette saison (genre fiancé psychologue ou petite amie strip-teaseuse)… si ce n’est une petite amie psychopathe de Ted pour quelques épisodes. Ouf !
Ça c’est pour les points positifs… mais la suite est moins rose

Autant en venir au clou de la saison et spoiler un peu : au tout dernier épisode de cette saison, on va enfin voir le visage de la « mother » !!! Et bien c’est très décevant… Tout ça pour ça ! Je comprend que les fans qui échafaudaient des plans depuis des années aient aussi été déçus !
Autre truc qui m’a lassé, le fait qu’ils fassent durer encore en longueur le mariage de Barney (premières images lors de la saison 7), qui n’est pas encore commencé à la fin de cette saison 8 : trois saisons pour en voir le bout !
Et forcément, la valse du trio amoureux Ted-Robin-Barney qui n’en fini pasDésespérant !

Bref, je trouve cette fin de saison beaucoup trop facile, voir même grotesque sur les deux derniers épisodesIl est temps que ça se termine ! Je crois que je n’arriverais pas à me motiver pour une saison 10 si la neuvième n’est pas la dernière.

« Les tribulations d’un lapin en Laponie » de Tuomas Kyrö

Les tribulation d'un lapin en LaponieEntre deux livres de SF, je me suis offert une petite pause « OVNI » avec ce roman que je dois à mon partenariat avec les éditions Folio. « OVNI », car cette histoire est vraiment pleine de surprises… Je l’avais un peu choisi par défaut, car rien ne me branchait vraiment sur la sélection estivale. Une histoire de roumains qui font la manche, c’est pas vraiment mon dada le social-realism… Mais le titre m’avait fait sourireLes tribulations d’un lapin en Laponie. Lapin-lapon, il n’en faut pas plus pour me décider ! Et grand bien m’en a pris (comme souvent en matière de lecture) ! Entre humour et absurde, envolées lyriques et slang, réalisme et fantasy, ce roman joue les grands écarts et n’est vraiment pas désagréable à lire 🙂

Vatanescu quitte sa Roumanie natale pour travailler à la solde de la mafia russe et celui qui dirige sa branche finlandaise, Iegor Kugar. Son nouveau métier ? Mendiant dans les rues d’Helsinki, pour un salaire de quelques centimes journaliers. Pas lourd pour s’offrir son rêve : une paire de chaussures de foot pour son fils resté au pays, Miklos.
Mais bientôt les circonstances vont amener Vatanescu dans un périple loufoque : meneur du putsch anti-Iegor, cueilleur de baies, ouvrier du bâtiment et j’en passe… Mais tout cela n’aurait pas été possible sans son nouvel ami, un lapin à la patte cassée, trouvé dans un parc.
Vatanescu arrivera-t-il à acheter une paire de chaussures à crampons ? Qu’adviendra-t-il du lapin ? Comment Iegor vivra-t-il son passage à tabac par un groupe d’indigents ?

Au tout début j’ai eu un peu peur donc… Le Roumain qui se vend à la mafia, la manche dans la rue, la misère des mendiants qui doivent reverser leurs bénéfices à un trafiquant… et tout cela pour une paire de chaussure de foot. Ça sentait le pathos à plein nez. Mais heureusement, au bout d’une dizaine de page tout change, comme si l’univers du roman se retrouvait retourné comme une chaussette !
J’ai eu l’impression de me retrouver dans un conte de fée, ou Vatanescu vit des aventures pas croyables dans le monde magique qu’est la Finlande, symbole ici d’une démocratie utopique où tout est possible, pour peu qu’on reste droit dans ses bottes et qu’on ait le cœur pur.

Une lecture sympa, qui nous fait réfléchir forcément sur la société occidentale, sous ces airs de fantaisie burlesque. Bref, je vous le conseille si vous avez envie de « voyager » autrement… 😉
Merci à Folio pour cette découverte !

 

« Le Petit livre bleu » d’Antoine Buéno

Le-petit-livre-bleuJe dois l’avouer, étant jeune, j’avais une vraie phobie des Schtroumpfs, à en faire des crises d’hystérie ou refuser d’aller dans une pièce où se trouvait une peluche ou un poster représentant un de ces petits hommes bleus !
Le clou a été lors de mon Noël de mes 5 ou 6 ans où une arrière-tante m’a offert l’album Les Schtroumpfs et le Cracoucass… Comme j’étais bien élevé je n’ai rien dit, mais je n’en menais pas large, au grand désespoir de ma mère qui a dû expliquer pourquoi je restait figée devant ce cadeau. Sacré Père Noël tiens ! D’ailleurs à y réfléchir ça doit être à ce moment que j’ai arrêté d’y croire…
Mais prenant mon courage à deux main (et la BD dans la troisième), j’ai dû me décider pendant ces vacances de Noël à toucher, ouvrir et feuilleter ce livre maléfique… j’ai saoulé mon père pour qu’il me le lise, et finalement j’ai adoré ! Ça doit être de là que vient aussi mon inclinaison pour les films d’horreur à y réfléchir… me confronter et apprendre à apprécier ce qui me révulse 🙂
Et voilà, ayant balayé ma xénophobie schtroumpfesque, mes parents m’ont offert au fur et à mesure toutes les BD des aventures des Schtroumpfs, jusqu’à l’album Les p’tits Schtroumpfs. J’étais vraiment mordue 🙂

Petite Fleur étant au courant de mon ancienne crainte des Schtroumpfs (balayée depuis, je le répète !), elle a trouvé amusant de me prêter cet essai sur ces petits bonshommes… 😉
Antoine Buéno y décortique la structure sociale et psychologique de la tribu des Schtroumpfs, analyse les albums de Peyo père,… Pour en venir à la conclusion que le système politique des Schtroumpfs est totalitaire, emprunt de stalinisme et de nazisme. Pourquoi pas après tout ? Ses arguments sont assez convainquants… si ce n’est quelques détails sur lesquels je ne suis pas vraiment d’accord.

Loin de démolir l’image de l’univers de Peyo, j’ai trouvé cet essai amusant… Mais personnellement, je l’ai plutôt pris comme une manière d’analyser les tenants et aboutissants des systèmes dictatoriaux, avec comme exemples des situations chez les Schtroumpfs.
Cela permet de « relire » les albums sous de nouvelles perspectives, comme les grands travaux sur le barrage de la rivière, qui illustre un des fondement du stalinisme ; l’image de l’ennemi commun avec la caricature juive qu’est Gargamel et son chat Azraël (Israël ?) qui rappelle nazisme ; la conformité au collectif et la dénonciation des déviants au Grand Schtroumpf…

Bref, un petit bouquin rigolo, à lire si vous en avez l’occasion !

« L’Oeil de la Lune » d’Anonyme

L'oeil de la luneOpération lecture commune avec Petit Fleur, histoire de vider nos PAL en mode « équipée sauvage » ! Et avec L’Oeil de la Lune, il y a intérêt à savoir être sauvage 😀
Après Le livre sans nom, nous retrouvons dans ce second volet le Bourbon Kid et une bonne partie des habitants de Santa Mondega dans de nouvelles aventures (du moins ceux qui ne sont pas mort lors du précédent massacre du Kid).
De l’action, de l’humour et des hectolitres d’hémoglobine sont bien entendu au rendez-vous, dans ce très réjouissant roman toujours emprunt du style de Tarantino !

Santa Mondega, un an après la dernière boucherie du Bourbon Kid
Le gang de vampire « Les sales porcs », composé de 3 policiers corrompus, a en sa possession le fameux Saint-Graal, qui permettrait d’obtenir un pouvoir quasi divin : s’ils boivent dans ce calice le sang d’un humain, d’un vampire, et d’un descendant direct d’un immortel, ils obtiendront une puissance inégalable !
Mais cela ne sera pas si facile, car le dernier descendant connu des immortels n’est autre que le Bourbon Kid ! Et il n’est pas prêt de se laisser faire, entendu qu’il sème encore et toujours la mort et la désolation sur son passage…
Vampires et loups-garous sont au rendez-vous, ainsi que toute la faune habituelle de Santa Mondega : bikers, barbus, rockeurs, putes… Le barman Sanchez au mieux de sa forme, avec la reine des vampires Jessica qu’il a encore sauvé et caché. Peto le moine bouddhiste se balade avec l’Oeil de la Lune qui rend invincible, Dante est en mission d’infiltration dans un gang de vampires pour sauver sa copine Kacy… Et tout ce petit monde va finir par se recroiser !
En trame de fond, on en apprend aussi plus sur les origines du Bourbon Kid, son adolescence, son premier amour, et ce qui l’a fait devenir ce qu’il est : un assassin froid et sans pitié, à la recherche perpétuelle de vengeance !

Une lecture sympa, même si l’effet de surprise est réduit cette fois-ci… Il n’en reste pas moins que l’humour et la touche dark de l’auteur est toujours bien présente. De plus le suspense et la tension montent au fur et à mesure de la lecture ! Comment nos héros favoris vont s’en sortir ? Les ennemis du Bourbon Kid vont-ils mourir ou beaucoup souffrir et mourir ? Les nouveaux seigneurs des Enfers vont-ils réussir à obtenir l’Oeil de la Lune et le Graal ?
J’ai retrouvé les anciens personnages avec plaisir, et la plongée dans le passé du Bourbon Kid m’a beaucoup plu.
Pour tout cela, on peut mettre au même niveau le premier et le second volume de la saga du Bourbon Kid !

En parcourant ce roman, je m’aperçoit que l’univers décrit me parle assez : ça me rappelle en vrac des films que j’aime beaucoup comme Une nuit en Enfer,  Vampire Hunter D Bloodlust… Des créatures de la nuit, un background entre far-west et univers rock : c’est velu, et j’aime ça !
Bref, une lecture jubilatoire, parfaite à lire quand on a vraiment pas envie de se prendre la tête !

L’Oeil de la Lune en plus d’être un roman fort sympathique me permet de valider une entrée pour le challenge Petit BAC 2013, pour la catégorie « Partie du corps » ! C’est pas bien foutu ? 😀

Challenge Petit BAC 2013

Et si vous voulez savoir tout le bien que Petite Fleur pense de ce roman, son billet est en ligne par ici !