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« Charly 9  » de Jean Teulé

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Pour ma dernière lecture du challenge ABC je m’attaque aussi à un cas difficile : un roman de Jean Teulé, dont je ne suis vraiment pas fan depuis ma lecture de Mangez-le si vous voulezque j’avais trouvé gore et gratuit.
Mais la lettre T étant ce qu’elle est (toujours difficile à trouver !), et n’ayant pas sous la main Karoo de Steve Tesich, je me suis lancée dans Charly 9 !

Le Roi de France Charles IX, en plein mois d’août 1572, doit prendre une décision difficile : donner son accord à sa mère Catherine de Médicis et ses conseillers pour lancer la plus horrible vague d’assassinats de l’histoire de France, le massacre de la Saint-Barthélemy. Bien entendu Charles ne sait pas encore que sa mère lui ment en lui faisant croire que les protestants complotent contre la couronne, et il ne se doute pas que ce qui semble être le meurtre de quelques chefs huguenots et de leurs familles va devenir un vrai bain de sang qui va ravager et diviser la France, la plongeant dans une guerre de religions.
A partir de ce jour, le jeune Roi un peu effacé et timide va sombrer dans la folie, hanté par cette terrible nuit…

La lecture de ce roman sera au moins une confirmation : je n’aime vraiment pas le style de Teulé, du moins sur ses romans historiques… L’écriture est trop cinématographique, avec des plans très souvent décrits comme si on regardait la scène sur un écran… Je comprend qu’une BD soit sortie basée de ce livre.

Le ton me paraît trop familier, même si en soi j’ai rien contre le mélange des genre. Enfin le côté humoristique n’est pas désagréable, mais ne me plait pas tant que ça. Beaucoup de blagues et de jeux de mots tombent à plats, et ne m’ont pas décrochés un sourire…
J’ai eu du mal à m’attacher ou détester ce personnage rongé par les regrets et la folie, piloté dans l’ombre par sa mère Catherine de Médicis. On dirait un piètre Néron rendu tristement célèbre pour un massacre qu’il n’aurait même pas orchestré.
Les personnages secondaires sont caricaturaux, que ce soit Catherine de Médicis la manipulatrice, Henri de Navarre le béarnais rigolard et puant, la Reine Elisabeth d’Autriche la sainte, Marguerite une folle…

A y réfléchir ce qui m’embête avec ce livre est peut-être le glissement entre le Charles IX historique et le Charly 9 décadentDifficile de faire la part des choses entre l’Histoire et une histoire, et je n’était vraiment pas disposée à me laisser aller à rentrer dans une fiction.

Le récit en elle même m’a tout de même permis de revoir une période de l’Histoire de France que je connais mal, et principalement via des films du genre de La Reine Margot. En cela ce livre n’est pas totalement une erreur de lecture pour moi 😉

challenge ABC

Cette dernière lecture me permet de clore le challenge ABC débuté en janvier dernier ! Sur le récap’ des challenge (en haut, dans le menu), vous trouverez la liste complète de mes lecture !
Merci à Nanet pour son organisation !  

 

« Ce qu’il advint du sauvage blanc » de François Garde

Ce qu'il advint du sauvage blancDifficile de choisir le roman du partenariat Folio dans la sélection de septembre, tellement ils me tentaient tous ! Entre Une fille comme les autres de Jack Ketchum qui avait l’air glauque à souhait, Les faucheurs sont des anges d’Alden Bell en mode zombie et survivalisme, ou encore une madeleine de Proust avec La guerre du feu de Rosny Aîné… Je me suis donc rabattue vers celui que je n’aurais pas acheté moi-même : le roman d’aventure tiré d’une histoire vraie : Ce qu’il advint du sauvage blanc de François Garde !
Je me félicite de ce choix, j’ai littéralement dévoré ce premier roman de cet auteur français, paru en 2012, et qui a déjà obtenu le prix Goncourt du Premier Roman !

Milieu du 19ème siècle, un jeune marin vendéen est oublié sur une plage déserte de la côte australienne par son équipage… Rien à manger, rien à boire, la chaleur accablante : Narcisse Pelletier désespère et crois voir venir sa dernière heure ! C’est alors qu’il est sauvé par une vieille femme noire comme le charbon ! Elle va lui donner de l’eau, de quoi manger, et le mener à sa tribu…
18 ans plus tard, un équipage anglais découvre sur une plage un homme blanc, nu, tatoué de la tête aux pieds et parlant une langue étrange. Narcisse est devenu un sauvage blanc !
Octave de Vallombrun, un riche scientifique et voyageur français prend Narcisse sous son aile et projette de le ramener à la civilisation… Que d’avancées scientifiques les récits de Narcisses vont lui permettre de découvrir ! Mais Narcisse est-il seulement encore un homme « civilisé » ?

Les chapitres alternent entre l’expérience de Narcisse lors de ses premiers jours en Australie et les lettres d’Octave contant ses découvertes à son père, le président de la Société de Géographie. On découvre donc petit à petit le Narcisse « d’avant » son abandon, et en parallèle celui « d’après »… Là où l’auteur est malin je trouve, c’est qu’il s’intéresse essentiellement à Narcisse, et non à son « double » et/ou lui-même sauvage nommé Amglo.
Un vrai page-turner pour moi ! On brûle de savoir comment il arrive à se faire aux deux situations qui peuvent paraître traumatisantes : quitter les siens et sa société pour s’intégrer complètement à une autre.
Durant tout ce roman on est dans l’univers des entre-deux : comment un marin blanc de Saint-Gilles-sur-Vie est devenu un aborigène d’Australie, et ensuite, comment le sauvage blanc est redevenu un sujet de Napoléon III. Finalement on sent qu’il n’est nulle part vraiment à sa place, mais acceptée grâce à son bon cœur…

On ne peut que ressentir de l’empathie pour Narcisse, surtout quand on sait que ce récit est tiré d’une histoire vraie ! Je suis fan du concept « histoire vraie », et celle ci m’a vraiment fait voyager… Qui n’a pas rêvé (ou cauchemardé) de se retrouver dans un pays inconnu, dans une culture qui n’a rien à voir avec la sienne ? De devoir réapprendre les gestes simples de la vie, de repartir de zéro ?
Mais attention, il s’agit bien là d’une version romancée de l’histoire de Narcisse Pelletier, et non d’une biographie ou étude ethnologique !

Très bien écris, facile à lire, prix Goncourt du Premier Roman qui n’est pas volé… Voilà là un livre que j’ai adoré et que j’ai déjà conseillé autour de moi !
Un grand merci Folio pour ce partenariat, une fois de plus j’ai fait une belle découverte à laquelle je ne m’attendais pas !

Pour finir, j’ai choisi ce très bon roman pour la lettre G de mon challenge ABC !

challenge ABC

« Sept personnages » de Fred Duval et Florent Calvez

Sept personnagesJe lis assez peu de BD « belges », faute d’un format adapté à un de mes lieu de lecture de prédilection : le métro ! Mais comme j’ai commencé il y a quelques années la série des 7 (Sept clones, Sept survivants, …), je me fais un devoir de continuer tranquillement à les lire.
L’univers et les dessinateurs et scénaristes de chacune des BD de la série sont différents… et cette fois on plonge dans le Paris du 17ème siècle, auprès de compagnons de Molière.

En 1673, Molière meurt et est enterré en catimini… La thèse officielle veut qu’il soit mort des suite de la tuberculose, mais il aurait en réalité été empoisonné ! Un groupe se forme, composé de 7 personnages qui ont inspiré les pièces de Molière : Agnès, Alceste, Argan, Harpagon, Scapin, Tartuffe… et même Don Juan rappelé des enfers ! Leur mission il l’apprendront en mettant en commun ce qu’ils savent des derniers jours du comédien et écrivain : celui-ci aurait découvert un terrible secret où des puissants de ce monde seraient impliqués ! Tout serait expliqué dans son testament… mais encore faudrait-il le retrouver, en échappant aux hommes en noirs qui tentent de les en empêcher !

J’ai apprécié de retrouver ces personnages de la littérature classique, que j’avais laissé bien loin… La dernière fois que j’ai lu du Molière c’était au collège ou au lycée au mieux ! Et à l’époque, je n’était vraiment pas emballée par cet auteur ! Il faut dire qu’à 13 ans, quand un prof vous explique la portée humoristique de ses écrits, on a un peu de mal à le comprendre !
Bref, ces petites retrouvailles m’ont permis de réviser ces classiques, et surtout de les voir évoluer dans une enquête qui mêle histoire de France, ésotérisme, et théâtre.
Point positif, le respect du découpage classique en 3 actes, l’unité de temps… Et aussi les petits trucs qu’on retrouve dans le théâtre de Molière notamment, comme les apartés.

Sept personnages-planche

La chose qui m’a un peu gêné, se sont les dessins et couleurs… à force de lire des mangas la mise en couleur me pose problème peut-être ?
Les dessins ne sont pas mauvais, précis dans les décors et costumes… mais trop statiques je trouve, surtout dans les scènes de combats, où les plans ne mettent vraiment pas dans l’action.

Une petite lecture sympathique, mais sans plus
Cela ne va pas m’empêcher de continuer la série à l’occasion, même si j’ai pris pas mal de retard sur la sortie des 7 : Sept naufragés, Sept dragons, Sept détectives et Sept pistoleros… Et la saison 2 sera terminée ! 😀

« Retour à Cold Mountain » de Charles Frazier (Etat de la Caroline du Nord)

Afin de continuer vaillamment le challenge « 50 états, 50 pays », je me suis lancée dans la lecture d’un livre que d’un premier abord, je n’aurai pas ouvert : Retour à Cold Mountain de Charles Frazier, dont a été tiré un film que je n’ai pas vu, mais qui ne m’attire pas plus que ça. Et bien j’aurai raté quelque chose en m’arrêtant à cela ! Ce roman n’est pas juste une histoire d’amour ou se mélange le drame de l’histoire, mais un vrai petit bijou de poésie et d’aventure !

Nous sommes en 1864 en Caroline du Nord. La guerre de Sécession qui oppose soldats Confédérés au sud à ceux de l’Union au nord dure depuis 4 ans et a tué bien des hommes des deux côté. Inman, soldat Confédéré originaire de la région de Cold Mountain a été gravement blessé lors d’un combat et se retrouve à l’hôpital, loin de chez lui…  en repensant aux tenants et aboutissant de cette guerre, il décide de déserter et de retourner à Cold Mountain, revoir ce pays qui est le sien, et la femme qu’il aime, Ada. Une longue route l’attend, un vrai voyage initiatique !
De son côté Ada est restée dans la maison de son père à Cold Mountain, pasteur récemment décédé. Il n’y a plus d’homme dans les villes et villages pour travailler. Ceux qui n’ont pas fui ont tous été envoyés au front, sans trop d’espoir de retour ! Elle va devoir apprendre à cultiver la terre, s’occuper des bêtes… si elle souhaite survivre à l’hiver. Et sa rencontre avec la jeune Ruby va bien l’aider !

Ce roman est comparé à l’Odyssée, et je dois avouer qu’on y pense immédiatement lorsqu’on lit les pérégrinations d’Inman, qui tente de revenir chez lui. Il va faire de nombreuses rencontres durant son voyage, bonnes et mauvaises. Tout cela va au fur et à mesure le réintégrer dans la société humaine (dans ce qu’elle a de meilleur et de pire), qu’il a presque oublié après 4 années de combats, de violence et d’horreur ! Ça sera à lui de choisir la conduite à tenir face à telle ou telle personne ou situation : continuer à avancer vers son objectif, ou s’arrêter… Tout s’enchaîne à partir de décisions prises plus ou moins longtemps avant, un peu comme un effet papillon…Cela est parfois assez ironique : le destin ne manque parfois pas d’humour !
Mais outre ce personnage masculin, il y a Ada qui n’est pas une simple Pénélope… Déjà ils ne vivent pas un amour fou, mais hésitant… Et la plus grande partie de son temps est désormais orientée vers la manière dont elle pourra survivre, maintenant qu’elle est seule. Il y a un contraste assez prononcé entre Ada et celle qui deviendra son amie, Ruby. Ada vient d’une famille de la petite bourgeoisie, son père était un pasteur, avait de l’argent, et a acheté une ferme pour son plaisir… et surtout l’a protégée comme une petite enfant de tous les problèmes de la vie. Mais aujourd’hui l’argent de son père ne vaut plus rien à cause de la guerre ! L’inflation est galopante dans les états du sud, et seul le troc va lui permettre de pouvoir manger. Ruby n’a jamais eu d’argent, et a été laissée à elle même par son père dès son plus jeune âge : elle a appris à chasser, cueillir, cultiver, troquer… et va aider Ada à grandir !
Je me suis assez attachée à ces personnages, qui sont profonds et intéressants dans leurs forces et leurs faiblesse…

L‘écriture en elle même a un rythme très lent et posé, ce qui me change des thriller ou romans de SF que je lis habituellement : on est dans un roman assez contemplatif, un hymne à la nature. Habituellement je me lasse vite de ce type de livre, mais là j’ai été transportée !
Le fond du récit m’a aussi beaucoup plu, et je l’interprète comme cela : la créativité et le bon sens priment sur l’éducation classique. Le savoir et l’art deviennent alors authentique… On a l’impression que ces habitants des tous jeunes Etats-Unis larguent peu à peu les amarres de la culture européenne (et surtout Ada qui a été élevée dans ce sens, avec les règles de bienséance et tout) pour créer leur propres repères et valeur : ont voit émerger une culture américaine !

La guerre et son côté inhumain m’ont rappelé Johnny s’en va-t-en guerre, et la grande question : pourquoi un homme doit il quitter sa terre et les siens pour se battre pour des généraux et des politiciens ?
Surtout que la guerre de Sécession parait être une introduction aux futures grandes guerres du 20ème siècle à lire ce roman, dans ce qu’elle ont eu d’horrible : premiers obus, armes à feu, vagues d’hommes utilisés comme pure chair à canon, guerres de tranchées… Les descriptions des grands combats narrés par Inman ou d’autres soldats rivalisent d’horreur ! Et ça n’est rien face aux déserteurs fusillés par les soldats de leurs propres camps, pour l’exemple, ou le plaisir…

Un roman que j’ai beaucoup aimé, et que je conseille donc, l’alternance chapitre après chapitre de l’histoire d’Inman et d’Ada est un vrai plaisir, et vous fera surement autant voyager que moi !

 

Je n’aurais jamais pu soupçonner que la Caroline du nord contenait tant de beauté, comme décrites dans ce roman ! Si certaines régions semblent grises et austères à Inman, les montagnes de cet état semblent fantastiques ! J’ai bien fait de commencer ce roman en revenant de mes vacances dans le Vercors, qui m’ont donné des images de paysages un peu plus vallonnés que la région parisienne… Bref, de quoi nourrir mon imaginaire 🙂

La Caroline du Nord est donc une région entre l’Océan Atlantique et les Appalache, cette grande chaîne de montagne à l’Est des USA, qui forme sa frontière à l’ouest avec le Tennessee.
Cold Mountain qui culmine à 1800m environs, est située dans la partie orientale des Appalaches, les Blue Ridge Mountain, et plus particulièrement les Great Balsam Mountain… Contrairement à ce qu’on pourrait penser, ça n’est pas le point le plus haut de l’état, qui est le Mont Mitchell avec ses 2037m !
Plus bas, au pied de ces montagnes, les collines du Piedmont américain où est cultivé le coton, le soja, le melon et le tabac. L’industrie du tabac est assez importante aujourd’hui encore dans l’économie de la région.

Contrairement à ce que je croyais, cet état ne doit pas son nom à une jeune femme, reine ou princesse, mais au roi Charles Ier d’Angleterre… Et son histoire remonte presque aux origines de la colonisation du territoire américain : la Caroline est la seconde colonie britannique, bien que découverte par les Espagnols en 1512. La région va changer de main lorsque la reine Elisabeth Ière concède ce morceau de terre à Walter Raleigh, explorateur et courtisan anglais. Mais il échouera dans sa tâche d’établir une colonie durable dans cette région.
A noter qu’on doit à Raleigh le nom de la capitale de la Caroline du Nord et l’introduction du tabac en Angleterre… Et oui, il n’a pas fait que des bonne choses :s
Bref, les amérindiens ont pu pendant quelques années encore vivre tranquillement sur leurs terres (même si les Cherokee ont du prendre la route de la piste des larmes vers les années 1830)… Mais en 1663 le roi Charles II d’Angleterre envoi plusieurs émissaires hauts placés peupler et civiliser ces régions, avec l’aide d’esclaves. Ainsi, la Caroline devient une région où la culture du tabac permet l’essor de grandes plantations… et peut-être les précipiter plus facilement dans la guerre de Sécession de par leur dépendance à l’esclavagisme.
En 1729 la Caroline est divisée en deux : Caroline du Nord, et Caroline du Sud. A partir de cette période, une forte immigration écossaise va permettre de peupler les riches terres de Caroline du Nord.
En 1775, la Caroline du Nord est la 13ème des Treize colonies a se révolter contre l’Empire Britannique, et a rentrer dans la guerre d’Indépendance !
Pendant la guerre de Sécession, la Caroline du Nord est du côté des états Confédérés, à partir de 1861. Et à lire ce roman, on se dit qu’elle a payé un très lourd tribu en hommes pour cette guerre…

Aujourd’hui la ville la plus grande avec plus de 750 000 habitants est Charlotte, belle proportion de ses 9,5 millions d’habitant qui font de cet état le 10ème état des USA.

Bref, un état tentant du point de vu touristique, si ses montagnes sont à la hauteur du roman de Frazier !

 

« La couronne dans les ténèbres » de Paul C.Doherty

Et revoilà Hugh Corbett, le clerc de Londres du 13ème siècle qui revient pour de nouvelles aventures ! Avec ce deuxième tome de la saga de Paul C. Doherty, La couronne dans les ténèbres, je rempli un objectif pour mon challenge Petit BAC 2012 : l’objet.

Hugh Corbett est envoyé avec Ranulf en Ecosse pour enquêter pour le compte du roi d’Angleterre,  sur la mort du roi d’Ecosse, Alexandre III. Celui-ci aurait chuté à cheval du haut d’une falaise, lors d’une cavalcade nocturne pour retrouver sa reine, Yolande… Est-ce réellement un accident ? C’est ce que Hugh Corbett va essayer de découvrir !

Lecture un brin ennuyante, même si j’ai apprécié de m’intéresser une fois de plus à cette période de l’histoire que je connaissais mal. L’enquête suit le même schéma que le même opus, on retrouve les mêmes thématiques… sauf que là on voyage un peu dans les paysages écossais…

Un gros bof, donc… Mais je vais tenir bon, et m’attaquer tout de même au 3ème volet de la saga un de ces jours, vu que je les ai sous la main 😉

« Satan à St Mary-le-Bow » de Paul C.Doherty

Ambiance roman policier historique avec cette lecture, qui m’a emmenée en Angleterre en plein Moyen-âge, période et lieux que je connais assez mal, si ce n’est grâce au roman de Ken Follet Les piliers de la Terre.
Je profite de ma découverte de cette série des « Hugh Corbett » pour remplir une ligne dans le challenge Petit Bac 2012, catégorie personnage connu… Satan fera bien l’affaire pour cela !

En 1284, Hugh Corbett, ancien combattant devenu clerc à Londres, à pour mission d’enquêter sur un suicide inquiétant sur ordres du roi Edouard Ier…
Duket, orfèvre sans histoire, se retrouve à tuer l’usurier Crepyn. Pour échapper à la justice, il demande asile dans l’église de St Mary-le-Bow, où il sera retrouvé pendu.
Pourquoi Duket a t-il tué Crepyn ? Pourquoi a t-il choisi de se suicider ? Etait-il vraiment seul dans l’église quand le drame est arrivé ? Et que penser des rumeurs à propos de l’attachement des deux protagonistes au parti rebelle « Populares » ? Est-ce que le satanisme aurait aussi quelque chose à voir la dedans ?
Toutes ces questions, et bien d’autres encore, l’enquêteur Hugh Corbett devra y répondre pour remplir sa mission envers le roi, et découvrir ce qui se trame dans le ventre de Londres !

Une plongée assez agréable et pas trop prise de tête dans l’univers médiéval londonien… Le personnage de Hugh est assez humain, avec ses qualités et défauts. Heureusement, il est rapidement accompagné de Ranulf, un adolescent manquant cruellement de bonnes manières, qu’il a extirpé d’une geôle pour devenir son guide dans les bas-fonds de la capitale anglaise. Si le couple est assez typique (l’homme de loi et le voleur qui à quand même bon coeur), ça fonctionne pas mal et on passe un bon moment.
Les conclusions de l’enquête sont relativement prévisibles, mais la lecture laisse quand même la place à quelques surprises.

Bref, un roman pas désagréable même si ça n’est pas le roman du siècle ! En même temps j’ai envie d’en découvrir d’autres  de temps en temps, sachant que je les ai tous récupéré pour le Kindle… Je verrai comment la sauce prend sur les différents volumes !

« Les Rois Maudits, tomes 1 à 3 » de Maurice Druon

Après mon coup de coeur pour Les piliers de la Terre de Ken Follett, j’ai fait découvrir l’ouvrage à mon copain qui a adoré, mais avait regretté le caractère de fiction de l’histoire… Sur les conseils de Petite Fleur, je lui ai offert ce premier gros volumes de la célèbre série de Maurice Druon, Les Rois Maudits, qui malgré le caractère romancé du récit nous en apprend beaucoup sur l‘Histoire de notre pays !
A noter que l’édition de Plon, ici présentée, contient les 3 premiers tomes de la série : Le Roi de Fer (1955), La Reine Etranglée (1955), Les poisons de la Couronne (1956).

Je me suis donc plongée dans l’aventure pour clore (en mode turbo pour le finir avant le 31 décembre) mon second contrat du Challenge Petit BAC 2011, catégorie métier…  Roi, c’est un métier comme un autre, non ? Et à lire cette série, il n’est pas forcément des plus reposants

Depuis le règne de Philippe le Bel jusqu’à Louis le Hutin, on suit une foule de personnages historiques : le roi Philippe le Bel lui même, les épouses des Princes, Guccio Baglioni le Lombard, Robert d’Artois, la future Reine Clémence de Hongrie… à travers leurs regards se dessine la trame de l’Histoire de France.
Tout commence avec le jugement et la condamnation à mort des Templiers, et plus particulièrement de leur maître Jacques de Molay, qui sur le bûcher promet la mort à ses bourreaux : le roi Philippe le Bel, son garde des Sceaux et le Pape, et les maudits sur 13 générations… Sur 3 tomes déjà, on peut bien croire que ces mots ont résonné  aux oreilles d’un dieu ou d’un diable, car la honte, la maladie, la mort, l’infamie, la trahison… n’auront de cesse de tourmenter la famille royale et ceux qui sont proches du pouvoir !

Rien que pour sa qualité historique, le livre vaut le détour, car on ne sort de la lecture que plus instruit. Et pour ne rien gâcher, le style est simple et agréable, malgré l’utilisation d’expression ou terme hérités du XIVème siècle ! Je me suis même surprise à m’exclamer des « Holàlà » ou à rire devant certains passage… L’Histoire décrite et romancé par Druon à de quoi réconcilier avec la matière 😉
Pour le coup je m’amuse à aller voir au fur et à mesure des chapitres les portraits d’époque des différents protagonistes sur Google Image, et je me renseigne un peu sur la Wikipédia et d’autres sites d’Histoire sur les faits de l’époque (en essayant de ne pas en apprendre trop pour ne pas dévoiler la suite de l’intrigue, que j’ignore, car pour mon plus grand bonheur aujourd’hui, je suis une buse en histoire médiévale ^^).

Bref, une belle lecture, que je vais continuer, car il y a encore 2 tomes dans cette collection… et j’aimerai bien savoir à quelle sauce seront mangés les descendants de Philippe le Bel :p

« L’amour au temps des libertins » de Patrick Wald Lasowski

Lors de la dernière édition de la Masse Critique, j’ai tenté ma chance et choisi un livre dont le titre m’avait l’air sympathique, sans savoir trop de quoi il retournait : L’amour au temps des libertins. Moi qui aime assez le 18ème siècle et les jolis costumes, ça m’a parlé.
Première « surprise », il s’agit d’un essai historique, et non d’un roman comme je le croyais avant de le recevoir, écrit par un spécialiste de l’époque, Patrick Wald Lasowski, professeur de littérature française à l’université de Paris VIII.

Passé le premier chapitre qui m’a paru assez ardu (je ne suis pas habitué à ce type d’ouvrage), plein de dates, références historiques, noms… j’ai assez bien accroché ! Il faut dire que l’époque est passionnante : entre la Régence et la fin du règne de Louis XIV, en passante par Louis XV, il y a des foules de choses à apprendre sur la société française, et plus particulièrement à Paris et dans son aristocratie.
Derrière la grande histoire, celle des amours durant ce siècle des Lumière. On y apprend comment le libertinage à vu le jour, l’impact sur la vie des femmes (et des hommes), aussi bien épouses qu’amantes, des femmes du peuple comme la Pompadour qui à force de services et de jeu de séduction sont arrivé dans les plus hautes sphère, jusque dans le coeur et la couche du roi Louis XV ! On découvre aussi la vie des prostituées dans les bordel aux abord du Palais Royal ; celle des actrices de l’Opéra, jeunes femmes se soustrayant à l’aval d’une famille en signant des contrats pour devenir comédienne… Mais on apprend aussi le rôle de la police pour canaliser ce flux de débauche, comment la justice voyait les actes de ces dépravés et « roués »…
Une plongée dans le Paris du 18ème, dans un quartier que je connais bien en plus, celui de l’Opéra !

Pour une première approche de livre d’histoire j’ai été assez enchanté… je ne pourrai pas dire le contraire, car j’ai même raté ma station de métro un matin tant j’étais prise dans un chapitre sur les images de Vénus dans les arts de l’époque.

Un livre bien écrit pour la néophyte que je suis, assez didactique (je n’ai pas été trop perdue), autour d’un thème qui n’est pas sans nous rappeler la société actuelle par certains aspect, les changements de mœurs qui oscillent au fil du temps comme le mouvement d’un pendule. Entre le « tout est permis » des libertin issus de la noblesse qui a conduit par exemple à un début d’émancipation des femmes et d’acceptation de l’homosexualité, jusqu’au retour de la morale prônée par les Révolutionnaire, qui prône l’image de la famille où le mari est tout puissant… Pourtant on nous présente dans les livres d’histoire à l’école la Révolution Française comme une vague de liberté qui a changé le monde… finalement elle en était l’apogée !

Un grand merci à Babelio et aux éditions First pour cette découverte !

« Le clan des Otori » tomes 1 et 2 de Lian Hearn

Grâce à mon cadeau d’anniv’ de Mickael (qui remonte à quelques mois), j’ai pu découvrir cette série qui m’a l’air assez célèbre : Le clan des Otori.
Composée de 5 roman écrits entre 2002 et 2007, on plonge dans l’univers du Japon féodal, sous la plume de Lian Hearn, pseudonyme pour Gillian Rubinstein. Pour la petite histoire, elle a choisie d’utiliser un pseudo et non son véritable nom, pour que Le clan des Otori ne bénéficie pas de préjugés dus à ses précédentes oeuvres, plutôt dans le domaine du fantastique ou destinées à la littérature jeunesse.

Nous suivons dans ces deux premiers tomes un jeune homme, Tomasu, dont le village est victime des hommes d’un grand seigneur local. Mis a sac, brûlé, tous les habitants dont ses parents sont tués, … Lui seul arrive à survivre en s’échappant et en croisant la route d’un vaillant guerrier et seigneur, Shigeru Otori.
Ce dernier va se prendre d’affection pour Tomasu, le rebaptiser Takeo pour mieux le cacher, et l’adopter. Ainsi il va lui apprendre à se comporter en seigneur, à se battre, à lire…
Mais la vie de Takeo va se trouver changer le jour où il découvre qu’il est doué d’un don exceptionnel : celui d’une ouïe d’une finesse incroyable. Mais le sort n’en a pas fini avec lui, mettant sur sa route la jeune et belle Kaede Shirakawa, fille d’un seigneur, qui n’a pas eu une vie très simple non plus… Détenues en otage depuis son enfance, elle est maintenant promise en mariage à Shigeru.
Entre trahison, jeu de pouvoir, combats… mais aussi poésie, religion, culture, amour, amitié… on découvre dans ces deux romans un Japon qui fait frémir ou rêver au travers des aventures de Takeo et Kaede.

A la lecture du premier opus Le Silence du rossignol, j’étais assez mitigée : je trouvais le roman un peu trop dans l’esprit d’un conte : pas beaucoup d’action, trop séquentiel et énormément de répétitions. Le côté écrit à la première personne, où Takeo raconte sa vision de l’histoire donnait une certaine monotonie, heureusement contrebalancé et dynamisé par quelques chapitres à la troisième personne…
A réfléchir, je me demande si on ne trouve pas la un travers de l’écriture de romans jeunesses, qui sont les types d’ouvrages habituellement réalisés par Lian Hearn / Gillian Rubinstein ? (Bon, je m’avance un peu, je n’ai pas lu d’autres de ses oeuvres).

Les Neiges de l’exil, le second tome, est meilleurs je trouve, j’ai été plus emballée. Les personnages sont beaucoup plus affirmés, et il y a plus d’action. Je suis plus entrée dans l’histoire, notamment via le personnage de Kaede, qui se pose comme femme de pouvoir assez rapidement, et est un peu le moteur du roman pour moi. Le thème de la femme qui veut devenir l’égal des hommes dans une société archaïque misogyne, ça me parle 🙂
En revanche j’ai un peu moins accroché au début sur les crises identitaires de Takeo, toujours raconté à la première personne… Mais bon, par la suite, ça bouge un peu 😉

C’était plutôt dommage que je n’accroche pas au style, car l’histoire est passionante : par moment je rentrait bien dedans ! Après ce problème vient peut être de la traduction ?
Enfin ce souci me semblait moins présent dans le second tome, à voir si ce phénomène de bonification s’amplifie dans le troisième roman !

Bref, j’ai envie de savoir la suite tout de même maintenant !

« Les piliers de la Terre » de Ken Follett

Ahhh… Terminé cette participation  pour le Défi 1000, même si ça ne m’aurait pas gênée de rester plus longtemps en compagnie des personnage du roman de Ken Follet, Les piliers de la Terre. Bien que long et un peu effrayant au début vu la taille des pavés  (chez Stock, 1074 pages sur 2 tomes), j’ai l’impression de les avoir dévoré, sans avoir ressenti d’effets de longueurs… une expérience bien agréable 🙂

Dans Les piliers de la Terre, nous sommes embarqué dans l’Angleterre du début du XIIème siècle, à la grande époque des constructeurs de cathédrale.
On suit dès le début de l’histoire des groupes de personnages dont les destins vont se croiser, et cela sur un bon demi siècle : Tom le bâtisseur et sa famille qui chemine de ville en ville dans l’espoir de trouver une cathédrale à construire, Philip le moine, Aliena et son frère les deux enfant d’un comte, Ellen et son fils Jack qui vivent dans la forêt… Mais ces personnages plutôt pacifiques sont confrontés à l’hypocrisie et à la perversité du monde, et ont de nombreux ennemis reconnus ou non. Tous leurs chemins finissent par se réunir au prieuré de Kingsbridge, qui sera le coeurs de ce récit.

Toutes les émotions se mêlent dans ce roman : l’attendrissement, la peine, la rage, l’amour et la haine, l’incompréhension, la contemplation, le beau et le laid… Dans une période bien obscure pour nous, le Moyen-âge, qui finalement ne semble pas si éloignée de notre époque ! Les jeux de pouvoir et d’argent, sur fond de mysticisme, manipulation politique, économie et fructification des biens…
On se prend à encourager les héros à ne pas renoncer dans les heures sombres, à maudire les méchants ! Bref, je suis tombée sous le charme de la narration.
Le style est très fluide, bien traduit, et on a l’impression d’apprendre énormément de chose sur l’architecture, la religion, l’histoire de l’Angleterre : les personnages illustres cité dans le roman sont véridiques, que ce soit le roi Stephen, Robert de Gloucester, le roi Henri II, Thomas de Canterbury… De plus l’auteur nous emmène sur les route de l’Europe, nous invitant encore un peu plus à l’évasion : Saint-Jacques de Compostelle, Saint-Denis, Cherbourg…

Je comprend pourquoi ce livre à été un best-seller (90 millions de lecteurs dans le monde) : il évoque des fait que tout le monde peut comprendre et apprécier, sans être un amateur d’histoire ou de religion chrétienne… une sorte de récit « universel » qui parle de la vie de simple personnes pris dans le flot de la Grande Histoire.
Un gros coup de coeur donc, je conseille vivement ce roman, et je vais même rajouter très vite dans ma LAL sa suite, Un monde sans fin !