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« Inconnu à cette adresse » de Kressmann Taylor

Tant de points communs entre mes deux dernières lectures ! Comme pour L’ami retrouvé, j’ai choisi ce livre pour sa concision… une centaine de pages, à la veille de la fin du challenge ABC, c’était parfait. Choisis tous les deux dans une librairie de Bayeux en Normandie, ils traitent tous des débuts du nazisme en Allemagne, d’amitié et de culpabilité… Mais Inconnu à cette adresse utilisent d’autres leviers pour nous plonger dans cette période de l’histoire.

Dans les années 30, Martin Eisenstein et Max Schulse ont Tenu ensemble une galerie d’art à San Francisco, jusqu’au jour où Max décide de repartir en Allemagne avec sa femme et ses enfants. Dans un pays ravagé par la pauvreté suite à la Première Guerre Mondiale, il peut avoir une vraie vie de nantis avec l’argent récolté aux Etats-Unis. Correspondant par courrier, Martin donne à Max des nouvelles de la galerie, mais aussi de sa sœur qui est une actrice à Vienne, elle qui a été la maîtresse de Max… Mais au fur et à mesure de leurs échanges, Max commence à parler de leur nouveau représentant politique qui redonne de l’espoir aux allemands, Adolph Hitler… emballé par le Parti Nazi, il fini par renier son amitié avec Martin, qui est juif.

C’est étonnant de comparer deux nouvelles qui traitent de la même thématique, a deux jours de lecture d’écart… Je n’aurais pas réussi à faire mieux en timing si j’avais voulu le faire exprès !

Inconnu à cette adresse est construit d’une manière qui laisse place à l’ellipse et à l’imagination, puisqu’il s’agit d’un récit épistolaire. On suit les échanges de Martin et Max l’évolution de leur relation via quelques courriers. Je regrette juste la rapidité avec laquelle le comportement de Max change, agrémenté d’une froideur et d’une perversion qui me paraît peu crédible. Mais c’est une nouvelle… il faut aller vite.

Là où dans L’ami retrouvé, on était sur une réunion de deux personnages autour d’une amitié réciproque, dans Inconnu à cette adresse on est en pleine séparation de corps et de cœur de deux amis ! Une version adulte et cynique de la nouvelle lue hier, aux premières heures de l’Allemagne d’Hitler… Dans les deux histoires il est question de culpabilité, et ici elle est beaucoup moins subtile.

Côté récit, j’ai été assez enchantée par la tournure des choses sur la fin de la nouvelle… un petit retournement inattendu donne toute sa saveur à cette histoire.

Petit truc intéressant, cette nouvelle est parue en 1938 dans un magazine américain, avant que la guerre commence et bien avant que soit dévoilés au grand jour les horreurs de la déportation, des camps de concentration… Pourtant à lire cette histoire on a l’impression que l’auteure a prédit ce qu’allait être le régime Nazi. Un sacré flair, si je peux dire…

Une lecture rapide et intéressante… et surtout la fin du Challenge ABC pour 2019 🙂

« L’ami retrouvé » de Fred Uhlman

En fin de challenge ABC, bien souvent, je me retrouve à quelques jour du gong du final à changer mes plans de lecture et à rechercher les ouvrages les plus courts possibles ! C’est ce qui s’est passé avec L’ami retrouvé. Je faisais un tour dans une librairie en Normandie pour trouver un nouvel auteur pour la lettre U, cette lettre maudite qui me pose problème chaque année. Et je suis tombé sur Fred Uhlman. Inconnu au bataillon… Mais en en parlant autour de moi, son roman semblait assez connu car étudié au collège ou au lycée. On ne va pas dire que ça m’a rassuré, mais pour une lecture d’une centaine de page, je résisterai !

Hans Schwarz est un élève de 16 ans dans un lycée de Stuttgart, dans les années 30. Ce jeune homme assez solitaire va rencontrer en la personne d’un nouvel élève, Conrad von Hohenfels, le grand ami de son adolescence. Beaucoup de choses les rapprochent, comme leur amour des objets de curiosité ou de la bonne littérature… mais d’autres les séparent, comme leur statut social ou leur religion. Conrad est un fervent catholique alors que Hans est agnostique et d’origine juive. A cette époque, c’est le genre de chose qui a de l’importance… surtout quand on apprend qu’un nouvel homme politique fait parler de lui à Munich, un certain Adolph Hitler.

J’avais un peu peur en m’attaquant à ce court roman de me confronter à une histoire larmoyante d’amitié pendant la guerre. Et bien il n’en est rien ! Pas de pathos, pas d’actions courageuse au nom d’une amitié à la vie à la mort, pas de scènes d’horreur… Juste l’histoire ordinaire à la première personne d’un adolescent qui vit mal sa relations aux autres, ne comprend pas ses parents, s’ennuie en cours… jusqu’au jour où il découvre ce qu’est l’amitié. Bref, un texte qui peut se lire et se comprendre à n’importe quelle époque !

L’écriture est simple et accessible dans son vocabulaire et sa structure, tout en retranscrivant bien les émotions de Hans. Il y a bien entendu un champ lexical emprunt de son époque, mais ça lui donne un certain charme.

Pour ne rien gâcher, il y a aussi a un certain suspense ! Si on peut prévoir un peu ce qu’il va se passer (si on a bien révisé son histoire), j’ai été surprise par la fin de l’histoire, qui donne une tout autre dimension au titre de ce roman. Une vraie surprise !

Bref, une découverte doublée d’une très bonne lecture… Fred Uhlman a écrit que,quels autres ouvrages, ça me donne des idées pour le challenge de 2020 😉

« Marie-Antoinette » de Stephan Zweig

Suite à ma lecture de Magellan en fin d’année dernière, je n’avais qu’une envie, me replonger dans un ouvrage historique de Stephan Zweig !
Faut-il encore présenter Marie-Antoinette ? Depuis nos premiers cours d’histoire à l’école, nous avons entendu beaucoup parler de cette jeune princesse venue d’Autriche pour épouser le dauphin Louis XVI. Perçue comme le déclencheur de la Révolution Française de part ses dépenses fastueuses et son comportement léger, elle sera emprisonnée et décapitée sous la guillotine après une fuite ratée à Varenne.
Mais qui était vraiment Marie-Antoinette ? Était-elle vraiment cette jeune femme imbue d’elle même que l’histoire a gardé en mémoire ?
C’est ce que Stephan Zweig tente de découvrir dans l’analyse psychologique qu’il nous livre ici, réalisé à la lumière de source historique qui se veulent factuelles.

J’ai redécouvert Marie-Antoinette et toute son époque grâce à ce livre. Tout l’univers du 18ème siècle est très bien détaillé, et le portrait brossé de la Reine est criant de réalisme. Reste à savoir s’il est bien objectif… En effet, on sent que Zweig tente de racheter ce personnage malmené par l’histoire et tant détesté.

En tout cas j’ai appris beaucoup de choses, notamment sur l’affaire du collier, la fuite à Varenne, les relations entre Marie-Antoinette et Fersen… et j’en passe ! Ce qui est intéressant, c’est de voir l’évolution de la jeune adolescente devenue Reine de France rayonnante et indolente, jusqu’à la mère destituée, enfermée dans un donjon froid et lugubre à la veille de sa mort…

Bref, une belle lecture (enfin lecture audio), peut-être moins passionnante que Magellan qui était plus un récit d’aventure, mais tout de même captivante. A l’année prochaine Zweig, pour le prochain challenge ABC !

« Rois du monde, tome 2 : Chasse royale, partie 1 : De meute à mort » de Jean-Philippe Jaworski

Après m’être prise de passion pour le premier opus de cette saga des Rois du Monde, avec le premier livre Même pas mort, je me suis ruée sur sa suite Chasse Royale partie 1 eu livre audio. Un bon plan pour remplir une lettre pas évidente du challenge ABC !
Si on retrouve bien la plume de Jaworski ici, avec son talent pour créer et donner vie à des univers, nous sommes plus dans un roman historique que de la fantasy dans ce tome…

Nous avions laissé Bellovèse, fils du roi Sacrovèse, il y a 9 ans de cela. Depuis sa vie a changé. Il est à la cours de l’ennemie et assassin de son père, son oncle Ambigat, et il a pris une femme, à des filles et des terres…
Alors qu’il doivent rendre visite à une tribu vassale lors des fête du passage de l’été, il saute aux yeux qu’Ambigat perd de son pouvoir : les récoltes sont mauvaises depuis de nombreuses années, les bêtes meurent, et les hommes ont faim.
Est-ce à ce moment propice que la révolte va enflammer le pays ? Quel parti Bellovèse va choisir ? Celui de son oncle, ou celui de ses opposants ?

C’est avec regret que je doit reconnaître que je n’ai pas du tout adhéré à ce roman… si j’avais aimé le premier tome c’était pour son univers à cheval entre réalité et mythe, dans un monde vu par les yeux d’un enfant.
Aujourd’hui Bellovèse est adulte et forcément le monde est moins drôle. Des combats, de la politique… et le temps qui semble bien long à l’écoute, surtout avec la nuée de noms de tribus ou de personnages en celte. Pas facile de suivre quand on a une mémoire plutôt visuelle comme moi ! Pourtant la dernière heure de lecture change du tout au tout : des vrais actions héroïques, et le retour de l’univers onirique de Même pas mort ! Pour le coup ça donnerait presque envie de retenter l’aventure avec le 3ème livres….
Enfin pas avant l’année prochaine, pour un nouveau challenge 😉


« Le coup de grâce » de Marguerite Yourcenar

Ca y est, la ligne d’arrivée du challenge ABC est visible, là, tout au fond !
Pour le Y j’ai été faire une petite balade dans une vraie librairie, ce qui ne m’arrive pour ainsi dire jamais… et c’est bien dommage ! Je suis allée à Mille pages, à Vincennes. Beaucoup de choix, des livres sur deux étages… à retester en 2019 !
Donc en regardant leurs auteurs en Y je suis tombée sur Yourcenar… je l’avais pour ainsi dire oubliée depuis ma lecture des Mémoires d’Hadrien. Là avec Le coup de Grâce je ne prend pas trop de risque, s’agissant d’une nouvelle d’une petite centaine de pages.
C’est donc en débutant ma lecture que j’ai découvert l’histoire de ce récit.

Eric se remémore les derniers mois du combat entre l’Allemagne et la Russie à la fin de la Première Guerre Mondiale, dans sa région natale situé à la frontière des deux belligérants, dans les Pays Baltes. Eric est un soldat allemand, et son objectif est de sécuriser une base stratégique, qui se trouve être le manoir de son ami Conrad, lui aussi soldat dans l’armée germanique. Au milieu de se détachement militaire la soeur de Conrad, Sophie, se retrouve bonne à tout faire pour la troupe de soldats. Les jours passant, la jeune femme tombe amoureuse d’Eric.

Le récit à la première personne donne tout son intérêt à cette histoire d’amour unilatérale. Sophie aime Eric d’un amour naïf et pur, mais elle ne s’est pas rendu compte qu’il n’aime que lui. La dureté des pensée et propos de cet homme, sa mauvaise foi, et tout simplement sa méchanceté pimente cette amourette en temps de guerre. Cela pourrait fort ressembler à une sorte de marivaudage si la guerre et l’attrocité des combats des bolchéviques contre les allemands ne ravageait pas le pays et ses hommes.

J’ai beaucoup aimé la plume de Marguerite Yourcenar, mais peut-être un peu moins le récit… Et forcément, vu le tableau que je vous en ai dressé, j’ai détesté tous les personnages, ce qui est certainement l’objectif de l’auteur (enfi du moins pour Eric…).

Une belle découverte, que je ne conseillerais peut-être pas, mais qui m’a enrichie.

« Charlotte Impératrice tome 1 : La Princesse et l’Archiduc » de Fabien Nury et Matthieu Bonhomme

La chèvre grise m’a motivée cet été à participer à une Masse Critique de Babelio… voilà comment je me suis retrouvée un peu par hasard à lire Charlotte Impératrice.
Ca faisait bien longtemps que je n’avais pas ouvert une bande-dessiné, et d’autant plus une BD « belge »… A force de lire des mangas et des comics, j’en avais oublié la sensation d’ouvrir un grand album cartonné et de tourner les pages colorées.
Une bonne réconciliation avec le format ou non ?

A la fin du 19ème siècle, nous découvrons Charlotte, princesse de Belgique, qui doit choisir son futur époux. Le roi du Portugal ou l’archiduc d’Autriche ? Son choix s’arrête sur Ferdinand-Maximilien d’Autriche, le frère de l’empereur d’Autriche François-Joseph…
Si les prémices du mariage sont un véritable conte de fée, Charlotte s’aperçoit rapidement que derrière le faste de la cours autrichienne, se cachent des relations familiales compliquées qui ont un impact direct sur le caractère de son époux…
Max l’archiduc est en fait le vilain petit canard de la famille des Habsbourg, le looser de la tribu… ce que Charlotte va comprendre lorsqu’elle rencontrera l’impératrice Elisabeth, que nous connaissons mieux sous le surnom de Sissi… Le pauvre couple Max – Charlotte va aller de Charybde en Scylla, dans l’espoir de trouver une place digne de leur rang.

Amusant de voir dans cette bande dessinée des conflits et névroses familiales transposées à la cours. Jalousie, perte de l’estime de soi, auto-destruction, traitrise…  Les têtes couronnées ne valent pas mieux que le dernier de leur sujet dans ce domaine. Mais ils peuvent aussi s’aimer, ce qui donne du courage à notre Charlotte.
Forcément, en tant que lecteur on focalise un peu sur la star autrichienne Sissi, qu’on nous a tellement servie au cinéma et à la TV comme l’archétype de la princesse souriante. Ici c’est une vraie garce revêche, sûre de son rang et manipulatrice. Et pourtant elle ne doit pas apparaitre plus de deux pages. Il ne fallait pas mieux que cette Nemesis pour motiver Charlotte à combattre son infortune et gagner un titre digne de son rang, puisqu’on ne lui offrira pas sur un plateau d’argent… Elle a épousé l’homme qu’elle aime, mais ça n’est pas pour autant qu’elle ne veut pas porter à son tour une couronne, et d’impératrice tant qu’à faire.
Un récit passionnant servi par une scénarisation et une construction des pages impeccable
Bref, j’ai pris beaucoup de plaisir à découvrir cette histoire, et je prends sur moi de ne pas aller regarder sur Wikipédia quel a été le destin – forcement tragique – de ce couple.
Les dessins m’ont plu (dieu sait que je suis difficile dans ce domaine,) et la mise en couleur est subtile, vivante… pour un univers tout en clair-obscur.

Bref, vivement la suite 🙂

 

« Sapiens : Une brève histoire de l’humanité » de Yuval Noah Harari

A force d’en entendre parler sous des termes élogieux par mes collègues, amis etc… j’ai fini par céder cet été : j’ai téléchargé la version Audible de Sapiens ! Je ne généralement pas tentées par les best-sellers, par pur snobisme je l’avoue… c’est surtout que j’avais très peur d’être déçue vue tout le bien que j’en en entendais. Pour mes congés de fin août je me suis laissée tentée. Et j’ai bien fait !

Difficile de décrire ce livre, un essai qui oscille entre histoire de l’Humanité, sociologie, philosophie, religion, prospective et j’en passe…
Depuis les débuts des premiers homo sapiens, jusqu’à l’humain d’aujourd’hui, nous voyageons à travers les grandes ères de notre histoire.

J’ai eu l’impression de pouvoir centraliser dans cet ouvrage des choses que j’avais déjà entendues à gauche ou à droite, ou retrouver des théories que j’avais de mon côté échafaudée sans vraiment les formaliser. Mais j’ai aussi pu découvrir des principes et des idées dont je n’avais pas connaissance…. Pour une vision sommes toutes assez pessimiste de ce que sont l’Homme et ses créations sur notre pauvre planète Terre.

J’ai beaucoup aimé cette lecture, et je lui décerne même un coup de coeur ! Je pense que comme mes collègues et amis, je vais en parler largement autour de moi 😉
Et concernant la qualité de lecture, j’ai adoré la prestation du narrateur de la version Audible, Philippe Sollier. Un grand bravo, car le livre était si bien lu qu’on aurait pu croire que c’est l’auteur lui-même qui s’en était chargé !
Reste à voir ce que donne la suite (si je peux la qualifier ainsi) de ce livre, Homo Deus

« Le pays des hommes blessés » d’Alexander Lester

Les pays des hommes blessésPour bien commencer la rentrée j’ai choisi un roman vraiment hors de ma zone de confort habituelle lors du partenariat Denoël… bonne ou mauvaise idée ? Je vous laisse juger 😉

Wayne Robert est élevé dans une ferme à tabac en Rodhesie dans les années 70, dans la pure tradition colonialiste anglaise. Depuis sa tendre enfance il suit son père dans les champs et se lève tôt pour travailler la terre… sa terre. Il sait que sa vie sera celle de fermier, car son amour pour cette ferme est plus forte que tout. Il n’en va pas de même pour son frère Patrick, qui préfère la lecture, à des idées progressistes sur les relations entre Blancs et Noirs et n’a aucune passion pour l’agriculture.
À peine sorti de l’adolescence, le destin choisira pour eux leur avenir : les nationalistes Noirs de la ZANLA ont déclaré la guerre aux fermiers Blancs, et le père de Wayne eSt torturé et tué, alors que Patrick est kidnappé…
Il n’y plus que le désir de vengeance qui anime Wayne et une haine dévorante contre les terroristes de la ZANLA.

Voici un livre déprimant, car très bien documenté et réaliste. Il ne m’en ressort qu’une idée : tous des pourris… Bon, je vais un peu vite en besogne.
Heureusement l’auteur ne s’en tient pas qu’à la question de la violence, mais pose aussi des questions sur le colonialisme et les mouvements de libération des pays sous joug occidentaux.
Au fil des pages, sans surprise, la répétion de l’histoire est omniprésente, qu’elle soit petite ou grande. Wayne eSt un clone de son père, les fermiers Blancs ont sans cesse les mêmes guerres contre les nationalistes Noirs, les hommes meurent, les femmes se font violer et les village brûlés… Et le seul héritage reste la vengeance.
Bref, après une bonne révolution, les opprimés restent finalement les mêmes, écrasés par des plus riches et plus puissants… la seule évolution est que le pouvoir a changé de main. Donc rien de neuf sous le soleil… Mais cette histoire a le mérite de montrer l’Afrique rurale depuis le regard des Blancs, dont l’Histoire se souvient uniquement comme des monstres colonialistes.
Côté personnage je n’ai aucune empathie pour les uns comme pour les autres. La manière dont le narrateur, Wayne, présente les faits met une vraie distance avec l’émotion, malgré des descriptions parfois glauques.

Pas de happy-end, assez peu de morale dans ce récit… et comme c’est loin d’être une fiction, cette histoire m’a bouffée pendant un certain nombre d’heure, même après avoir refermé le bouquin.

Personnellement , ça n’est pas ma came mais d’autres lecteurs apprécieront peut être ce genre de roman historique au goût acide
Merci Denoël pour ce partenariat.

Le pays des hommes blessés d’Alexander Lester
Traduit de l’anglais par Vincent Raynaud
Édition Denoël & d’ailleurs – 496 pages
Paru le 14 septembre 2017

Et puis au passage, il me permet de faire le challenge ABC pour la lettre L

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« Gorilla Man » de Robert Graysmith

Gorilla manVoilà un petit moment que je n’ai pas publié de post, vacances obligent ! Avant de partir j’ai reçu pour le partenariat Denoël Gorilla Man, de Robert Graysmith… Celui là même qui a écrit Zodiac. Comme j’aime bien les histoires de serial-killer, je ne me suis pas posée de questions en choisissant ce livre, qUi m’a donc accompagné en vacances au Japon !

Dans les années 20 et 30, un homme à l’allure de gorille, sème la mort à San Francisco. Ses bras longs, ses mains immenses, son dos voûté, et son rire nerveux inoubliable vont hanter la cité californienne, puis le reste des Etats-Unis. Malgrè les meilleurs policiers et technologies pour le traquer, il va rester de longues années en liberté pour commettre ses crimes. Les choses deviennent plus difficile quand on s’aperçoit que le Gorille a fait des petits : plusieurs hommes correspondants à la description physique du Gorille surgissent et laissent derrière eux des victimes, toutes tuées de manière effroyable. Dans une ville rongée par la corruption de la Police, les forces de l’ordre arriveront-elles à résoudre l’énigme de l’identité du Gorille ?

Pas de doute, on est bien dans une enquête ultra documentée, comme Zodiac (que je n’ai pas lu). Histoire de me remette l’histoire en tête, je l’ai regardé dans l’avion à mon retour de vacances : malgré un fond passionnant, je lui trouve les mêmes défauts que Gorilla Man et j’ai un peu mieux compris ce qui me gênais dans ce livre.

Le problème majeur est que même s’il est en parti construit et traité comme tel,  cet ouvrage n’est définitivement pas un roman. Par exemple les personnages sont un peu travaillés pour nous les rendre sympathiques, comme l’enquêteur principal Dullea, mais ils ne sont pas spécialement des protagonistes centraux. Ils vont en viennent. Par moment on commence à accrocher sur l’histoire et les traits d’un tueur… mais c’est fugace, car ils défilent à une vitesse écoeurante. Bref, dans le récit on tarde à avoir l’apogée, le climax. On croit que ça arrive… mais non. Et puis sans vouloir trop en dévoiler, j’ai aussi été assez déçue de la fin, qui tombe un peu comme ça.

L’auteur est exigeant avec ses lecteurs, il faut rester concentrer sur les dates, les recoupements… Pas évident quand on a pas des heures devant nous pour lire d’une traite. Il nous brosse un tableau du San Franciscso des années 20 avec les meurtres qui ont fait les gros titres de l’époque, les systèmes de corruption mis en place dans la police, le plan du quartier du port quand la ville n’était pas reliée au continent… C’est bien pour se mettre dans le bain, mais très long, surtout au début de la lecture du livre. Ca m’a donné comme un effet de trame décousue.  J’ai donc eu beaucoup de mal à avancer, et il m’a fallut la perspectives de dizaines d’heures de voyage pour enfin terminer ce livre.

Bref, je suis pas hyper emballée même si je reconnais à l’ouvrages des qualités d’écriture, de documentation, d’enquête… Mais je pense que ce genre n’est pas fait pour moi ! Merci tout de même à Denoël pour le partenariat !

Gorilla Man de Robert Graysmith
Traduit par Emmanuel Scavée
Collection True Crime – 464 pages
Paru le 15 octobre 2015

« L’histoire des 3 Adolf » d’Osamu Tezuka

L'histoire des 3 adolf tome 1Voilà plusieurs années que j’avais dans ma liste à lire ce manga en quatre tomes. L’histoire des 3 Adolf fait figure de grand classique de la BD nippone parue en 1985. J’ai profité qu’un collègue me les prête pour les lire… non sans mal…

En 1936, Sohei Toge, journaliste sportif, est envoyé à Berlin pour suivre les Jeux Olympiques. Son frère qui vit sur place depuis plusieurs mois semble avoir des ennuis… au point d’être retrouvé assassiné ! Lors de son enquête personnelle, Sohei met la main sur des documents que son frère voulait lui transmettre : l’acte de naissance d’Adolf Hitler, qui met en lumière des origines juives ! A partir de ce moment, les services secrets allemands et japonais n’auront de cesse de vouloir mettre la main sur Sohei et ses précieux documents. En parallèle, trois Adolf vont rythmer en fond de toile les mésaventures de Sohei : Adolf Hitler, Adolf Kaufman, le fils d’un diplomate nazi et d’une japonaise, et Adolf Kamil, un juif expatrié au Japon.

Sur ce fond de Seconde Guerre mondiale, je me suis surtout intéressée à l’histoire des deux Adolf japonais. Les deux adolescents que tout oppose, Adolf Kaufman le fils de nazi et Adolf Kamil le juif deviennent amis, envers et contre tous. Le père Kaufman refuse de voir son fils se lier d’amitié avec un juif, et fait tout pour les séparer… jusqu’à l’envoyer dans une école allemande pour ensuite intégrer les Jeunesses Hitlériennes. A partir de là, on le suit une spirale d’horreur, où le jeune Kaufman va apprendre à devenir de plus en plus cruel et extrême… Déroutant et terrifiant.
J’ai moins accroché sur l’histoire de Sohei Toge, qui n’aura de cesse de retrouver puis conserver hors des mains de l’Allemagne les documents compromettants sur les origines juives d’Hitler. Le côté « polar » m’a moins intéressé somme toute que le côté historique.

Côté scénario, je suis assez divisée… je me suis ennuyée par moment, j’ai buté sur la lecture plusieurs soirs. Beaucoup de textes, et des dessins pas vraiment au goût du jour.
En revanche j’ai apprécié de voir cette partie de l’histoire que l’on connait tant passée sous la plume d’un japonais… Ça change un peu notre point de vue !
Plongés au cœur des racines du mal et de la haine, on a un aperçu des méthodes employées pour transformer un individu lambda en tueur sans remords.
Avec la fin du récit qui nous mène bien au-delà de la période de la Seconde Guerre mondiale, en pleine guerre israelo-palestinnienne, on se rend aussi compte de l’effet ricochet des évènements historiques et des liens qui se créent entre eux.

Une lecture intéressante, mais je n’ai pas été hyper emballée quand même… Manque de rythme, dessins très moyens. Bref, je suis un peu déçue même si je comprend en quoi cette oeuvre est un monument !