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« Anamnèse de Lady Star » de L. L. Kloetzer

Anamnese de Lady StarJ’étrenne mon partenariat avec l’éditeur Denoël avec force et fracas ! C’est un vrai monument que cet Anamnèse de Lady Star paru en 2013 et signé par L. L. Kloetzer, double plume du couple Laurent et Laure Kloetzer.
Si vous êtes prêts à découvrir un roman de science-fiction intelligent et complexe, écrit par deux auteurs français, ce livre est peut-être bien fait pour vous !

Dans un futur plus ou moins proche, l’humanité est frappée par une arme terriblement mortelle qui va décimer les trois quarts de la populations mondiale : la bombe iconique.
Lors d’un attentat à Islamabad, jour 1 du calendrier post-apocalyptique baptisé le Satori, cette bombe va exploser et rependre sa calamité. La plupart des personnes qui ont vue l’explosion sont frappés de perte des sens puis meurent… et ceux qui survivent propagent par une simple parole, un regard, un signe… cette malédiction aux autres hommes.
Peu après cette catastrophe les survivants vivent reclus sur des îles tels le Japon, Malte, l’Irlande… et bien entendu la justice et les militaires de ces états cherchent à punir les coupables, et surtout faire en sorte que la recette de la bombe iconique soit perdue à jamais pour l’humanité !
Nous découvrons ici les enquêtes successives de différents protagonistes pendant les 50 années suivant le Satori, condensées et poursuivies par la jeune Magda Makropoulos… En remontant quelques années avant l’attentat d’Islamabad et en combinant les différents témoignages de survivants, elle va s’apercevoir qu’une figure centrale émerge : une Elohim, fille des étoile, aux noms multiples… Qui est toujours présente lors d’événements clés, et arrive toujours à s’échapper et disparaître depuis plus de 50 ans. Magda pourra-t-elle l’arrêter ? Cette Elohim est-elle la clé de la bombe ?

Voilà une enquête très prenante ! Le récit est extrêmement bien construit. Plusieurs fois en commençant un chapitre qui m’amenait vers de nouveaux lieux et de nouveaux personnages, je me suis sentie perdue, avec l’impression de ne rien comprendre… Mais au fur et à mesure des voiles se lèvent, et tout devient limpide, pour s’imbriquer avec le reste du roman. On a réellement l’impression de fouiller dans l’histoire du Satori, de pister l’Elohim… On se sent investi dans cette recherche d’une certaine manière ! Investi, car ce roman n’est pas vraiment un « easy-reading » : il faut être concentré, faire un effort pour imaginer, analyser, comprendre… Mais c’est un vrai plaisir de jouer à faire des hypothèses sur la manière dont ces histoires s’emboitent.

Les thématiques abordée, notamment la création d’univers virtuels pour suppléer à la morosité des cités / prisons où vivent dorénavant les humains, m’ont beaucoup plu, et me font encore poser des dizaines de questions sur le réel et le virtuel dans l’univers brossé par L. L. Kloetzer. Et histoire de brouiller un peu plus les pistes, l’auteur injecte comme personnages clés un trio de chanteuses suisses, Norn, quasi-déesses dont les chants deviennent des mythes pour les habitants de cette futures Terre…
J’ai apprécié aussi la présentation d’un monde insulaire, où les derniers humains se barricadent pour échapper aux regard et paroles des Porteurs Lents, ces humains devenus sauvages… ceux qui ne meurent pas directement de la maladie et vivent ainsi des années tout en pouvant contaminer les autres.
Je vais m’arrêter là, car il y a une foule de détails, de mythes, de paysages, de sensations… qui rendent cet univers cohérent et séduisant.

Je ne peux que vous conseiller ce roman, qu’on m’avait présenté comme « difficile ». Je m’attendais alors au Festin Nu a vrai dire !… Il n’est pas dur à lire, mais il demande un investissement, un niveau de concentration et d’attention, pour imaginer et comprendre le Monde frappé par la bombe iconique.
Mais si vous êtes fan de SF, n’hésitez pas, foncez !!!
Merci encore à Denoël pour ce partenariat 🙂

Au passage, ce roman va me servir d’entrée pour la lettre K, dans le cadre du Challenge ABC – Littératures de l’Imaginaire.

challenge de l'imaginaire ABC 2014

Anamnèse de Lady Star de L. L. Kloetzer
Editions Denoël – Collection Lunes d’encre
2013 – 455 pages

« Charly 9  » de Jean Teulé

charly-9

Pour ma dernière lecture du challenge ABC je m’attaque aussi à un cas difficile : un roman de Jean Teulé, dont je ne suis vraiment pas fan depuis ma lecture de Mangez-le si vous voulezque j’avais trouvé gore et gratuit.
Mais la lettre T étant ce qu’elle est (toujours difficile à trouver !), et n’ayant pas sous la main Karoo de Steve Tesich, je me suis lancée dans Charly 9 !

Le Roi de France Charles IX, en plein mois d’août 1572, doit prendre une décision difficile : donner son accord à sa mère Catherine de Médicis et ses conseillers pour lancer la plus horrible vague d’assassinats de l’histoire de France, le massacre de la Saint-Barthélemy. Bien entendu Charles ne sait pas encore que sa mère lui ment en lui faisant croire que les protestants complotent contre la couronne, et il ne se doute pas que ce qui semble être le meurtre de quelques chefs huguenots et de leurs familles va devenir un vrai bain de sang qui va ravager et diviser la France, la plongeant dans une guerre de religions.
A partir de ce jour, le jeune Roi un peu effacé et timide va sombrer dans la folie, hanté par cette terrible nuit…

La lecture de ce roman sera au moins une confirmation : je n’aime vraiment pas le style de Teulé, du moins sur ses romans historiques… L’écriture est trop cinématographique, avec des plans très souvent décrits comme si on regardait la scène sur un écran… Je comprend qu’une BD soit sortie basée de ce livre.

Le ton me paraît trop familier, même si en soi j’ai rien contre le mélange des genre. Enfin le côté humoristique n’est pas désagréable, mais ne me plait pas tant que ça. Beaucoup de blagues et de jeux de mots tombent à plats, et ne m’ont pas décrochés un sourire…
J’ai eu du mal à m’attacher ou détester ce personnage rongé par les regrets et la folie, piloté dans l’ombre par sa mère Catherine de Médicis. On dirait un piètre Néron rendu tristement célèbre pour un massacre qu’il n’aurait même pas orchestré.
Les personnages secondaires sont caricaturaux, que ce soit Catherine de Médicis la manipulatrice, Henri de Navarre le béarnais rigolard et puant, la Reine Elisabeth d’Autriche la sainte, Marguerite une folle…

A y réfléchir ce qui m’embête avec ce livre est peut-être le glissement entre le Charles IX historique et le Charly 9 décadentDifficile de faire la part des choses entre l’Histoire et une histoire, et je n’était vraiment pas disposée à me laisser aller à rentrer dans une fiction.

Le récit en elle même m’a tout de même permis de revoir une période de l’Histoire de France que je connais mal, et principalement via des films du genre de La Reine Margot. En cela ce livre n’est pas totalement une erreur de lecture pour moi 😉

challenge ABC

Cette dernière lecture me permet de clore le challenge ABC débuté en janvier dernier ! Sur le récap’ des challenge (en haut, dans le menu), vous trouverez la liste complète de mes lecture !
Merci à Nanet pour son organisation !  

 

« Le fait du prince » d’Amélie Nothomb

Le fait du princeÇa faisait bien longtemps que je n’avais pas lu un roman d’Amélie Nothomb, après une quasi indigestions ces dernières années.
Bonne nouvelle, Le fait du prince, édité en 2008, est assez plaisant à lire. On est pas dans une autobiographie de l’auteur, mais dans une fiction qui reprend ses motifs classiques : le mensonge, les secrets et les complots, l’usurpation d’identité, la femme rédemptrice sans identité, et bien entendu la mort.

Baptiste Bordave voit sa vie changer lorsqu’un homme sonne à sa porte et lui demande d’utiliser son téléphone pour appeler quelqu’un pour dépanner sa voiture… Cet homme qu’il n’a jamais vu s’effondre, mort. Baptiste a peur d’appeler les secours : un inconnu décédé chez lui, c’est louche, et il pourrait être accusé de meurtre.
Pour lui la solution s’impose d’elle même : cet homme, nommé Olaf, à la même taille que lui, la même couleur de cheveux, et le même âge. Et s’ils échangeaient leurs vies ? Baptiste serait libéré de son existence sans saveur et sans attaches, et pourrait prendre la place d’Olaf qui à l’air riche.
Baptiste-Olaf va donc partir à Versailles, et prendre pied doucement dans la vie fastueuse d’Olaf… Existence rehaussée par une superbe femme qui s’étonne à peine de voir cet inconnu chez elle.

Un Amélie Nothomb assez classique, très court, dans une ambiance de huis clos qu’on lui connait bien maintenant. Mais bon, sans être exceptionnel il n’est pas désagréable à lire, même si je n’ai pas trop adhéré aux personnagesBaptiste s’impose, et ne manque pas de culot… toujours à la limite de l’arrogance et de l’insolence. La femme d’Olaf, surnommée Sigrid, passe pour une alcoolique et anorexique, avec un fort penchant pour l’indolence et le champagne glacé.
Bref, comme d’habitude, c’est plus la situation pleine de mystères et de secrets, qui joue le premier rôle pour moi…

Une lecture idéale pour les dimanche gris ou les trajets en train… vite fermé, vite oublié j’en ai bien peur… Mais après tout, les œuvres servent aussi à cela, passer le temps.
En tout cas une lecture de plus pour mon challenge ABC ! La fin est proche !

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« La princesse de Clèves » de Madame de La Fayette

La princesse de ClèvesLa règle du challenge ABC, c’est la di-ver-si-té ! Je me suis dit qu’au milieu des thriller, romans de SF ou de fantasy, un petit classique français ne ferait pas mauvais genre… Et puis un roman pas trop long, tant qu’à faire aussi ! Voilà pourquoi je me suis intéressée à ce roman qui m’était méconnu, La princesse de Clèves de Madame de Lafayette
Et bien… Je ne suis pas prête de m’y faire reprendre !

Mademoiselle de Chartres, accompagnée de sa belle-mère Madame de Chartres, arrive à la cour du roi Henri II au Louvre. C’est la plus belle jeune femme que personne n’ai jamais eu le privilège d’admirer… Et pour ne rien lui retirer, c’est aussi la plus aimable et la plus vertueuse ! Elle a quelques prétendants, mais va finir par épouser le prince de Clèves, pour qui elle a de l’estime mais aucune passion, ce qui le trouble un peu. Lui pour sa part est follement épris de sa nouvelle épouse.
Lors d’un bal, elle va rencontrer le duc de Nemours, et tomber amoureuse de lui… et lui aussi n’aura plus d’yeux que pour elle. Il rompt avec ses maitresse, lui fait sa cour, la poursuit autant qu’il le peut… La vertueuse princesse va-t-elle succomber à son charme ? Est-ce que le prince de Clèves va se rendre compte de l’inclination de son épouse pour ce rival ?

Autour de cette trame principale, les petites histoires de coucheries, de stratégies politiques… qui se déroulaient au 16ème siècle dans la cour du roi. Car si le roman a été écrit en 1678, il revisite l’Histoire de France et des faits qui se seraient en parti produits en 1558. En parti, car il s’agit ici d’une analyse et d’une réécriture de l’histoire à l’aide personnages en partis fictifs.

Bon, autant le dire tout de suite, je n’ai absolument pas accroché ! Le style, auquel je ne suis pas habituée y est pour beaucoup je pense… J’ai du m’y reprendre à plusieurs fois pour comprendre certains paragraphes.
Mais l’histoire… Pfffff, quelle déception. La princesse de Clèves est un modèle de vertu, elle suit ce que lui dit sa maman, elle respect son mari. Chiante, chiante, chiante !
Si cette morale pouvait peut-être coller à son époque, aujourd’hui je ne retient que ceci : toutes les vérités ne sont pas bonnes à dire, car l’excès de vertu tue proprement et simplement dans ce roman !

Ce qui me fait un peu peur, c’est de me dire que nous avons ici une lecture obligatoire au lycée ! De quoi écœurer définitivement des élèves de la littérature française !

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« Ce qu’il advint du sauvage blanc » de François Garde

Ce qu'il advint du sauvage blancDifficile de choisir le roman du partenariat Folio dans la sélection de septembre, tellement ils me tentaient tous ! Entre Une fille comme les autres de Jack Ketchum qui avait l’air glauque à souhait, Les faucheurs sont des anges d’Alden Bell en mode zombie et survivalisme, ou encore une madeleine de Proust avec La guerre du feu de Rosny Aîné… Je me suis donc rabattue vers celui que je n’aurais pas acheté moi-même : le roman d’aventure tiré d’une histoire vraie : Ce qu’il advint du sauvage blanc de François Garde !
Je me félicite de ce choix, j’ai littéralement dévoré ce premier roman de cet auteur français, paru en 2012, et qui a déjà obtenu le prix Goncourt du Premier Roman !

Milieu du 19ème siècle, un jeune marin vendéen est oublié sur une plage déserte de la côte australienne par son équipage… Rien à manger, rien à boire, la chaleur accablante : Narcisse Pelletier désespère et crois voir venir sa dernière heure ! C’est alors qu’il est sauvé par une vieille femme noire comme le charbon ! Elle va lui donner de l’eau, de quoi manger, et le mener à sa tribu…
18 ans plus tard, un équipage anglais découvre sur une plage un homme blanc, nu, tatoué de la tête aux pieds et parlant une langue étrange. Narcisse est devenu un sauvage blanc !
Octave de Vallombrun, un riche scientifique et voyageur français prend Narcisse sous son aile et projette de le ramener à la civilisation… Que d’avancées scientifiques les récits de Narcisses vont lui permettre de découvrir ! Mais Narcisse est-il seulement encore un homme « civilisé » ?

Les chapitres alternent entre l’expérience de Narcisse lors de ses premiers jours en Australie et les lettres d’Octave contant ses découvertes à son père, le président de la Société de Géographie. On découvre donc petit à petit le Narcisse « d’avant » son abandon, et en parallèle celui « d’après »… Là où l’auteur est malin je trouve, c’est qu’il s’intéresse essentiellement à Narcisse, et non à son « double » et/ou lui-même sauvage nommé Amglo.
Un vrai page-turner pour moi ! On brûle de savoir comment il arrive à se faire aux deux situations qui peuvent paraître traumatisantes : quitter les siens et sa société pour s’intégrer complètement à une autre.
Durant tout ce roman on est dans l’univers des entre-deux : comment un marin blanc de Saint-Gilles-sur-Vie est devenu un aborigène d’Australie, et ensuite, comment le sauvage blanc est redevenu un sujet de Napoléon III. Finalement on sent qu’il n’est nulle part vraiment à sa place, mais acceptée grâce à son bon cœur…

On ne peut que ressentir de l’empathie pour Narcisse, surtout quand on sait que ce récit est tiré d’une histoire vraie ! Je suis fan du concept « histoire vraie », et celle ci m’a vraiment fait voyager… Qui n’a pas rêvé (ou cauchemardé) de se retrouver dans un pays inconnu, dans une culture qui n’a rien à voir avec la sienne ? De devoir réapprendre les gestes simples de la vie, de repartir de zéro ?
Mais attention, il s’agit bien là d’une version romancée de l’histoire de Narcisse Pelletier, et non d’une biographie ou étude ethnologique !

Très bien écris, facile à lire, prix Goncourt du Premier Roman qui n’est pas volé… Voilà là un livre que j’ai adoré et que j’ai déjà conseillé autour de moi !
Un grand merci Folio pour ce partenariat, une fois de plus j’ai fait une belle découverte à laquelle je ne m’attendais pas !

Pour finir, j’ai choisi ce très bon roman pour la lettre G de mon challenge ABC !

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« Tu mourras moins bête » tomes 1 et 2 de Marion Montaigne

Tu mourras moins bête Grâce à l’évènement mis en place par PriceMinister, « La BD fait son festival« , je me suis fait un petit plaisir ce week-end : lire le tome 2 des aventures scientifiques du Professeure Moustache.

Je connais depuis plusieurs années le blog de Marion Montaigne, Tu mourras moins bête. Ses nouvelles publications de BD sur son site sont rares, mais je saute dessus dès qu’elles sortent ! Je suis fan de cet univers de vulgarisation scientifique mêlé à l’humour trash de cette auteure 🙂
Voilà pourquoi j’avais demandé au Père Noël de m’offrir le tome 1 de la BD… et que j’ai sauté sur l’occasion d’avoir le tome 2 avec PriceMinister 😀

Si le tome 1, sous-titré La science, c’est pas du cinéma traitait fort justement des sciences dans le cinéma, le tome 2, Quoi de neuf, Docteur Moustache, nous fait découvrir toutes les subtilités de notre corps… mais pas que ! On va apprendre comment un virus s’attaque à notre corps, comment le cerveau interprète les images, la différence entre les implants mammaires à gonfler ou en silicone… Mais on va aussi se plonger dans la psychologie et la sociologie : l’effet Barnum en astrologie (qui nous laisse à penser que les prédictions sont vraies), en quoi les hommes sont proches sexuellement des singes (et oui le sexe c’est vendeur ;)), la psychologie de la femme, pourquoi les amoureux se roulent des pelles…
Tout cela nous est expliqué par le Professeure Moustache (femme à moustache, donc, avatar de l’auteure), qui est souvent accompagné de ses habituels camarades : Natanaëlle, son chien Youki, … mais aussi l’expert de Miami Horacio Caine, Matt Lesgy le présentateur du dimanche sur M6, ou encore ses boucs émissaires favoris, les frères Bogdanoff, Nicolas Sarkozy, …
Bref, on se marre et on s’éduque ! Par exemple depuis que je sais que 80% de la poussière dans mon appartement provient de nos peaux mortes, je suis très tentée de vivre en combinaison intégrale chez moi :! 😀

Je ne peux que conseiller ce livre, qui regroupe des planches déjà parues dans le blog, mais aussi d’autres inédites.
Personnellement j’ai une petite préférence pour le premier volume, mais uniquement à cause du sujet qui m’amusait plus (le ciné et la science, il y a de quoi faire !)
Si vous ne connaissez pas cette BD, foncez, elle a tout pour plaire, et nous faire rire !

Ma note : 17/20 !

Et merci à PriceMinister et l’éditeur de la BD, Ankama, pour ce partenariat !

« Sept personnages » de Fred Duval et Florent Calvez

Sept personnagesJe lis assez peu de BD « belges », faute d’un format adapté à un de mes lieu de lecture de prédilection : le métro ! Mais comme j’ai commencé il y a quelques années la série des 7 (Sept clones, Sept survivants, …), je me fais un devoir de continuer tranquillement à les lire.
L’univers et les dessinateurs et scénaristes de chacune des BD de la série sont différents… et cette fois on plonge dans le Paris du 17ème siècle, auprès de compagnons de Molière.

En 1673, Molière meurt et est enterré en catimini… La thèse officielle veut qu’il soit mort des suite de la tuberculose, mais il aurait en réalité été empoisonné ! Un groupe se forme, composé de 7 personnages qui ont inspiré les pièces de Molière : Agnès, Alceste, Argan, Harpagon, Scapin, Tartuffe… et même Don Juan rappelé des enfers ! Leur mission il l’apprendront en mettant en commun ce qu’ils savent des derniers jours du comédien et écrivain : celui-ci aurait découvert un terrible secret où des puissants de ce monde seraient impliqués ! Tout serait expliqué dans son testament… mais encore faudrait-il le retrouver, en échappant aux hommes en noirs qui tentent de les en empêcher !

J’ai apprécié de retrouver ces personnages de la littérature classique, que j’avais laissé bien loin… La dernière fois que j’ai lu du Molière c’était au collège ou au lycée au mieux ! Et à l’époque, je n’était vraiment pas emballée par cet auteur ! Il faut dire qu’à 13 ans, quand un prof vous explique la portée humoristique de ses écrits, on a un peu de mal à le comprendre !
Bref, ces petites retrouvailles m’ont permis de réviser ces classiques, et surtout de les voir évoluer dans une enquête qui mêle histoire de France, ésotérisme, et théâtre.
Point positif, le respect du découpage classique en 3 actes, l’unité de temps… Et aussi les petits trucs qu’on retrouve dans le théâtre de Molière notamment, comme les apartés.

Sept personnages-planche

La chose qui m’a un peu gêné, se sont les dessins et couleurs… à force de lire des mangas la mise en couleur me pose problème peut-être ?
Les dessins ne sont pas mauvais, précis dans les décors et costumes… mais trop statiques je trouve, surtout dans les scènes de combats, où les plans ne mettent vraiment pas dans l’action.

Une petite lecture sympathique, mais sans plus
Cela ne va pas m’empêcher de continuer la série à l’occasion, même si j’ai pris pas mal de retard sur la sortie des 7 : Sept naufragés, Sept dragons, Sept détectives et Sept pistoleros… Et la saison 2 sera terminée ! 😀

« A comme Alone » de Thomas Geha

A comme AloneDe la bonne SF dystopique française, vous y croyez ? Et bien avec A comme Alone  vous pouvez commencer à revoir vos préjugés, si vous aviez les même que moi 😉
Personnellement je n’aurais pas fait attention à ce livre de Thomas Geha si je ne l’avais pas trouvé un peu par hasard sur le site de la Team Alexandriz. Voilà un roman que je ne cherchais pas, mais qui en quelque sorte, m’a trouvé…

Comme vous le savez peut-être, je suis une geekette avec de grands principes dans la vie, dont celui de la liberté de diffusion totale de la culture et du savoir… surtout si cela permet d’enrichir moralement et intellectuellement le plus grand nombre. C’est mon petit côté révolutionnaire, hackeuse au grand coeur et tout… 🙂 En plus j’aime les nouvelles technologies, et je suis très très déçue de voir qu’en France les e-books peinent à trouver un business modèle qui arrangeraient autant les professionnels du livre que les lecteurs.
Bref, je ne suis pas une « pirate » uniquement par radinerie ou goût du risque 🙂

Sur Twitter en novembre la Team Alexandriz a eu des problèmes avec les éditeurs (en colère de ne pas avoir pris le virage numérique plus tôt) ; et en même temps, un auteur, Thomas Geha, dont le livre a été mis sur le site de téléchargement (donc « piraté ») à autorisé la Team à diffuser son livre… tout en demandant aux lecteurs / téléchargeurs de lui offrir un petit quelque chose en compensation. Il explique son expérience et son objectif très bien sur son blog. L’histoire est aussi racontée sur Actualitté.
L’effet ne s’est pas fait attendre : les lecteurs et amis de la Team ont téléchargé le livre et ont en plus fait des dons de toutes sortes, en nature ou en monnaie. Directement du producteur au consommateur si je puis dire 🙂
Heureuse de voir enfin un auteur faire avancer les choses, et pour « récompenser » cette action courageuse de sa part, je lui ai fait un petit don Paypal et en ai profité pour télécharger son livre, dont je n’avais jamais entendu parler avant.
Et bien grand bien m’en a pris, ça a été une très bonne surprise 😀

Mais revenons-en à l’histoire de ce roman paru en 2005
Nous sommes dans une France post-apocalyptique. Le pays est divisé entre les groupe sédentaires, les « Rasses » ; et ceux qui préfèrents vivre en nomade, généralement seul, les « Alones« . Les villes dorénavant sont occupées par des robots urbains, des mutants animaux et humains aux formes et pouvoir effrayants… qui n’hésitent pas à liquider le moindre aventurier qui voudrait visiter l’endroit. Les survivants ont donc naturellement réoccupé les campagnes.
On suit les aventures de Pépé, un Alone, dans son périple dans ce monde en reconstruction… Entre les groupes de Rasses dirigés par des fanatiques religieux, les rencontres fortuites amies et ennemies sur sa route… Il essaye de rejoindre le Sud de la France pour retrouver celle qui l’a recueillie alors qu’il était enfant et fait de lui un vrai combattant Alone, Grise, qu’il a laissé pour morte là-bas 3 ans plus tôt.

Truc bête mais sympa, c’est d’imaginer des lieux qu’on connait dans un contexte post-apocalyptique, et de s’y projeter. Pour avoir un peu vécu en Bretagne, et surtout à Rennes où le groupe de Pépé part en expédition, je me suis assez amusée des images de Villjean ou de la place Hoche tombant en ruine 🙂
Outre cela, l’univers est assez crédible, malgré les histoires de mutant que je craignais un peu au début.

La plume de l’auteur m’a beaucoup plu, directe, drôle… J’ai passé un très bon moment ! Le format assez court (164 pages) permet de ne pas s’ennuyer une seconde.
Le récit est palpitant, on se demande ce qui attend Pépé à chacune de ses étapes… et surtout s’il va réussir sa quête !

Bref, une excellente surprise ! Je conseille cette lecture à tous les fans de SF… mais aussi les autres.
Merci à Thomas Geha d’avoir mis ce livre à disposition… il a dorénavant une fan qui va très certainement acheter ses autres livres. Et pour commencer, la suite de ce roman, Alone contre Alone !

« Dessine-moi un parisien » de Olivier Magny

Après sa lecture de Dessine-moi un parisien, de Olivier Magny, Petite Fleur n’a pas pu s’empêcher de me la partager… Dois-je comprendre qu’elle m’a reconnu dans ces portraits brossés des archétypes du parisiens ? 😉

Et maintenant, je la comprend : je me suis pas mal reconnue dans ces portrait du parisien typiques : la consommation frénétique de sushis, l’usage du mot « putain » à tous bouts de champs, le dédain pour les touristes et les beaufs, les relations amour-haine avec le métro, se plaindre, les mecs métrosexuels, voir la vie un peu en noir, les petits week-ends en province, le point de vu du parisien sur les chinois, les américains… Je suis devenue parisienne en à peine 4 ans ! Mais comme le dis l’auteur, il n’y a que les provinciaux vivants à Paris qui se déclarent ouvertement parisiens… Le vrai parisien se cherche toujours des origines bretonnes ou dans le Sud 😉
En revanche il y a quelques point ou je me reconnais pas du tout : le ski, conduire bourré, ou l’attrait pour la musique classique…

Le tableau final est très amusant, sans pitié… Il a l’avantage de nous ouvrir les yeux d’une manière sympathique sur nos petits défauts (défauts de parisiens ou de français ?). Ce petit côté test « voyons voir su je suis un con de parisien ou pas » m’a bien plu, et j’ai même lu quelques chapitre à mon copain tellement j’étais bidonnée ^^
J’ai picoré dans ce recueil tous ce week-end, dès que j’avais 5 minutes : ce livre à cela de bien, les nombreuses thématiques qui forment les chapitres peuvent se lire rapidement. Un livre optimisé pour le métro ?
Et puis détail qui m’a plu : la qualité de l’édition : qualités de papier, impressions et petites illustrations… C’est agréable un « joli » livre à lire 🙂

Bref, une lecture pas prise de tête que j’ai bien aimé : si vous l’avez à disposition, lisez le quand vous avez un moment… surtout si vous habitez Paris ! 🙂

Et puis puisque l’occasion se présente, je vais inscrire ce livre pour le challenge « Petit BAC 2012 »... catégorie « loisirs » (pour le dessin :p).

« Bifteck » de Martin Provost

Je n’ai pas pu m’empêcher de sauter sur le roman que Marycherry m’a envoyé la semaine dernière pour le SWAP « Régalons-nous ».
Le titre évocateur, Bifteck, m’a séduit, moi qui avait un petit creux avant de prendre le métro ce matin 😉

Il est bien question de viande et de bouchers… A Quimper, durant la Première Guerre Mondiale, la boucherie familiale « Chez Plomeur » est fière de son rejeton, André. Il a un don inné pour découper la viande, la choisir, l’apprêter…
Il n’a que treize ans mais montre aussi d’autres aptitudes dans le palper de la chair, que ces parents ne soupçonne pas : non content d’être un des dernier homme de la région à ne pas avoir été envoyé au front, André est un amant formidable, que toute les femmes du canton veulent essayer ! Preuve en est : elle font la queue devant la boutique familiale…
Au retour des hommes de la guerre, André et ses parents voient se multiplier les berceaux plein de bébés au pieds de leur porte… Au grand dam de ses parent il va adopter les 7 marmots abandonnés, fruits de ses amours adultères, laissés là par leurs différentes mères effrayées par la réaction de leur mari jaloux. Mais l’un d’eux est beaucoup plus vindicatif et en veut à sa vie ! Il n’a plus qu’une solution, quitter Quimper pour s’échapper en Amérique !

Du début à la fin, on est dans un véritable conte, où les évènements s’enchaînent et prennent des proportions démesurées, jusqu’à devenir totalement surréalistes.
La quatrième de couverture le compare à Gargantua et Robinson Crusoé.  Et c’est plutôt vrai, mais je le verrai plus dans la version Vendredi ou les limbes du Pacifique de Michel Tournier… J’ai parfois aussi pensé à Cent ans de solitude de Gabriel Garcia Marquez. Tout est énorme, insensé, plein de métaphores filées autour du steak et autres saucisses, amusant, poétique, délirant : pas de grand discours, mais des idées et paroles toujours belles et justes ! Un vrai délice à lire et parcourir !
Dans sa recherche du nouveau pays de Cocagne, André voit grandir et s’affirmer ses enfants, tout en se voyant devenir à la fois père et mère, vieillir, s’assagir… Une belle leçon de vie qui m’a vraiment touché par sa simplicité !

Bref, une lecture courte que je conseille à tous le monde : il va faire parti des livres que je vais prêter autour de moi cette année, ce Bifteck !