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« En attendant Bojangles » d’Olivier Bourdeaut

Surprise dans ma boite au lettre la semaine dernière : une enveloppe de Folio contenant le roman dont il est ici question, et une invitation pour sa soirée de lancement. 

Sous la forme d’une autobiographie délirante et poétique, contenant pour preuve le journal intime de son père, l’auteur nous délivre un petit bijou.

en attendant borjangles

Enfant, le narrateur est sa mère, une femme pétillante dotée d’un grain de folie, changeant chaque jour de prénom au gré de humeur de son époux et vouvoyant tout le monde.
Cette petite famille et leur grue d’Afrique Melle Superfétatoire vive dans un monde de fête perpétuelle, de plaisir, d’amour et d’humour. Une vie de rêve ! Une vie fantasmée peut-être ?

Poétique et décalé, difficile de définir ce roman, qui semble se situer ente l’épopée lyrique et le journal intime…la folie douce glisse doucement du surréalisme au véritable drame.
En effet, difficile de ne voir que la lumière et l’évasion dans ce roman… La joie cache une tristesse infinie si on sait lire entre ligne, et retirer le masque de carnaval dont est affublé ce récit. La réalité est magnifiée, comme pourrait le faire un enfant regardant par le prisme d’un kaléïdoscope… mais on a envie d’y croire de toute nos forces !

Un bon moment de lecture court et rafraîchissant pour ce premier roman d’Olivier Bourdeaut !

« La Panse » de Léo Henry

La PansePour le partenariat de janvier Folio, j’ai choisi La Panse… Un titre énigmatique, dans la collection SF, par auteur français… et une édition directement au format poche. Habituellement, ce détail me ferait peur. Il faut dire que dans le domaine de l’audiovisuel les sortie directement en DVD sans passer par la case cinéma laisse présager le pire. En va-t-il  aussi ainsi dans le domaine littéraire ?

Bastien Regnault, au chômage et vivant à Paris en 2016 n’a pas de nouvelles de sa sœur Diane depuis plusieurs mois. Militaire, elle a habitué sa famille à ne pas donner de nouvelles régulièrement, mais refait toujours surface au bout de quelques mois. Elle ne va plus travailler, son numéro de téléphone est désactivé… elle a disparu. En fouillant auprès de son dernier employeur et en piratant sa boite mail, Bastien retrace les dernières activités de Diane, et découvre par hasard l’existence de la Panse.
Il s’invite à un de leur événement à La Défense. La Panse de premier abord à tout d’une société secrète… mais alors, qu’y fait sa sœur ? Pour le découvrir, Bastien va devoir se fondre dans ce groupe

Voici une enquête contemporaine bien ficelée et assez réaliste. Je ne suis pas du tout habituée à lire des roman français et contemporain, du coup c’était amusant de revoir des lieux de mon quotidien parisien : La Défense, la Place des Fêtes…
La première moitié du roman est assez intéressante, lorsque Bastien enquête sur la disparition de sa soeur, et rentre dans le système de la Panse, pour découvrir ce qui ressemble à une secte. Vie en communauté, travail harassant, séances de méditation de groupe, usage de drogues…
La seconde partie rentre un peu plus en profondeur dans les rouages de cette institution, et c’est malheureusement là que ça dérapeLe final m’a assez déçu, à la fois attendu et à la fois « what the fuck? ». Mais je ne vais pas en dire plus !

Bref, un livre qui se lit très vite, assez prenant, vite avalé en un gros voyage en train. Pas exceptionnel, mais correct pour nous tenir en haleine quelques heures.

Un roman pour le challenge ABC !

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« Complétement cramé ! » de Gilles Legardinier

Depuis plusieurs années je voyais cette couverture dans les librairies, dans les mains de lecteurs dans le métro… sans vraiment savoir de quoi il s’agissait. Un vrai manque à ma culture littéraire populaire ! Surtout quand tous les gens qui l’ont lu autour de soi en disent le plus grand bien… sans parler des nombreux avis positifs sur les sites de lecteurs.
C’est donc en ayant à l’esprit d’être face à un best-seller que j’ai entamé ma lecture.

Andrew Blake, arrivé à la soixantaine, fait le bilan de sa vie et décide de la changer totalement. Ce patron d’entreprise, veuf, vivant en Angleterre, décide de partir quelques mois en France et de se faire passer pour quelqu’un d’autre. Dorénavant, il sera majordome dans la demeure de Nathalie, qui pense vraiment avoir embauché du petit personnel.
Entre la maitresse de maison, la cuisinière Odile et son chat Méphistophélès, la jeune femme de ménage Manon et le gardien Philippe… il va avoir fort à faire. En effet, chacun a sa somme de petits et grand malheurs, qu’il va se faire un plaisir d’atténuer, parfois à leur insu.

Ce roman est en effet fort rafraichissant, comme j’avais ouïe dire. La prose est simple, les idées biens tournées… et ces pages sont truffées d’anecdotes amusantes, de jeux de mots surréalistes… Bref, l’humour british à la sauce française ! On est même parfois ému par les situations, scènes ne sont pas trop mièvres contrairement à ce que je craignais.
Les personnages sont attachants, chacun avec son lot de regrets, auquel on pourra tour à tour s’identifier. Bref, un joli conte sur la vie, à différents moment de maturité.

Mais bon, il faut avouer qu’on m’a tellement vendu ce roman comme une perle que je suis un petit peu déçue. J’ai vraiment pris plaisir à le lire, je le conseillerai autour de moi, mais il me manque un petit quelque chose pour que ce soit vraiment un coup de cœur. Mais attention, c’est vraiment un très bon livre ! Il est juste un peu victime de son succès pour moi…

« La fractale des raviolis » de Pierre Raufast

La fractale des raviolisJ’étais passée à côté de La fractale des raviolis, premier roman de l’écrivain français Pierre Raufast, lors de sa parution l’an dernier. Grâce à la sortie format poche et au partenariat Folio de septembre, voilà ce manquement à ma culture générale réparé.

Quand une femme veut se venger de son mari volage, ça peut aller loin… Très loin même. D’une casserole de raviolis empoisonnés à la digitaline jusqu’au champ dévasté de rats-taupes d’un écrivain, nous allons suivre un fil très ténu, qui rassemble les anecdotes les plus fondatrices de la vie d’une dizaine de personnages. Et si tout cela formait une sorte de destiné ? Une toile géante où chaque détails des événements prenait la même forme que le tout auquel il appartenait ?

On décrit souvent ce livre comme roman gigogne… Je ne peux vraiment pas trouver de meilleur qualificatif. Pour mon plus grand bonheur de lectrice, les courtes histoires qui composent ce récit s’emboîtent parfaitement, pour retomber sur leurs pieds à la fin. Il est beaucoup question de meurtriers ou de pervers, ou encore de personnages affublés de dons ou d’handicap particuliers. Bref, le tableau est haut en couleur, on a pas le temps de s’ennuyer une seconde. Un livre vite avalé tant il est entraînant (et court… Certes). Le rythme est soutenu, les fin des chapitres qui annoncent un changement de cadre agissent comme de vrais cliffhanger, le style est fluide…

Un petit plaisir qu’il serait dommage de ne pas s’offrir ! Je n’ai pas grand chose à lui reprocher, j’ai passé un bon moment avec ce livre dans le métro… C’est tout ce qui compte lors des matins difficiles 😉

« HHhH » de Laurent Binet

hhhhOu comment j’ai lu un prix un prix Goncourt du premier roman 2010 sans le savoir ! Comme quoi… Et le mieux, c’est que je l’ai d’autant plus apprécié que je ne m’attendais à rien de spécial, ayant oublié le sujet du roman entre le moment où je l’ai déposé dans ma pile à lire et celui où je l’ai ouvert.
Je suis assez peu habituée à lire des romans historiques, mais là je pense que j’ai fait une bonne pioche avec Laurent Binet et cette enquête tournant autour de l’attentat sur Heydrich en 1942 à Pragues.

« Himmlers Hirn heißt Heydrich », ou HHhH : « le cerveau d’Himmler s’appelle Heydrich ». Tout un programme !
Avant de devenir au sommet de sa gloire la « bête blonde », le « boucher de Prague » Reinhard Heydrich a eu un destin assez exceptionnel qui l’a mené jusqu’à cette date fatidique du 27 mai 1942. Il en est de même pour ces deux parachutistes tchèques, Kubis et Gabčík, envoyés à Prague par la résistance Tchécoslovaque basée à Londres. Leur objectif, tuer un haut dirigeant nazi, et quoi de mieux que le bourreau Heydrich ?
« L’opération anthropoïde » est l’évènement qui va pousser à ces trois personnages de se rencontrer, au détour d’un virage d’une rue de Prague. Les deux résistants pourront-ils mener à bien leur mission ?

Ce qui m’a impressionné dans cette lecture, c’est à la fois la manière dont l’auteur est documenté sur son sujet, et la façon dont il nous livre ces informations historiques sans tomber dans le ton professoral. On est pas du tout dans la fiction, ce que j’ai aussi apprécié.
Chapitre après chapitre, on suit la « grande histoire », les exactions d’Heydrich, la montée en puissance du nazisme, l’entrainement et le parachutage de Kubis et Gabčík… ainsi que l’écriture du roman en lui même via des digressions de l’auteur, ses doutes et interrogations (par exemple de savoir si la Mercedes de Heydrich est verte foncée ou noire en se basant sur des photos en noir et blanc). Bref, toutes les questions qu’un créateur se pose face à son oeuvre : est-elle équilibrée, ou non, la voie choisie est-elle la bonne… ?
Le mélange entre l’œuvre et l’effet miroir qu’elle a sur son auteur est vraiment très intéressant.

Une découverte passionnante et surprenante, moi qui comme un hasard suis dans ma phase « documentaires nazi » à la TV (vive National Geographic !)…
J’ai appris des foules de choses, et pourtant j’étais prise dans le récit, à espérer pour un happy-end tout en sachant que c’était cuit pour nos héros.
J’ignorais qu’Heydrich avait eu autant de fonctions : grand responsable de la Gestapo, des services d’espionnage, de la police criminelle… et surtout il est concepteur de la solution finale… Triste palmarès…
Mais surtout je n’avais jamais entendu parler de « L’opération anthropoïde », qui a pourtant tous les ingrédients d’une terrible histoire sur la résistance !

Voici un livre que je conseille vivement ! Encore une belle expérience grâce au challenge ABC 🙂

ABC-2015

« Le Paradoxe de Fermi » de Jean-Pierre Boudine

Le paradoxe de FermiPour bien commencer l’année avec les partenariats, les éditions Denoël m’ont envoyée un roman de SF post-apocalyptique signé par un auteur français, Jean-Pierre Boudine, et initialement paru en 2002 mais réédité en 2015.
Un livre court, mais qui m’a fait l’effet d’un coup de poing… !

En 2029, caché dans une grotte dans les Alpes, Robert Poinsot écrit un journal, où il raconte les dernières années de sa vie et les bouleversements qui ont détruit la société telle que nous la connaissons. Finalement ce n’est pas la pollution ou une maladie qui aura eu la peau de la civilisation, mais un krash économique qui aura mené à des guerres civiles.
Afin de fuir la violence des villes, Robert et quelques amis vont prendre la route pour rejoindre le nord de la France, puis sillonner l’Europe du Nord pour tenter de survivre. Malgré le peu de moyens de communication, les nouvelles qui leurs parviennent sont peu réjouissantes. Est-ce vraiment la fin de l’humanité ?

Forcément, à la lecture de ce roman, on pense à d’autres références du genre post-apocalyptique, telle La route de McCarthy. Mais ici, peut-être parce que les principales scènes s’ancrent dans mon quotidien parisien, j’ai été encore plus touchée. Pas de scènes crues de violence, mais des images de notre société qui se dégrade, aidée par une perte de confiance générale dans nos dirigeants, ce qui entraine une opposition de groupes de population et génère des attentats et guerres civiles partout dans le monde. Le processus commence avec l’arrêt des transports faute de pétrole, les débuts de la famine, puis le dynamitage de réseaux électrique… puis tout s’enchaine pour la mise en place naturelle de deux factions : les pillards composés de reclus de la société et les « sédentaires », tachant de sauvegarder un semblant d’humanité.
On se pose alors la question : si cela devait se produire demain, vaut-il mieux être dans le camp des « voyous » ou des « défenseurs » ? Des prédateurs ou des proies ? Et où aller pour survivre, si cela à encore un sens ?
Quoiqu’il en soit, l’auteur brosse un portrait peu flatteur, mais tellement réaliste de l’humanité… Et dans notre contexte actuel (attentat de Charlie Hebdo, crises financières, guerres en Ukraine, en Afrique, retour à la barbarie religieuse…) ce roman résonne comme une prédiction. N’oublions pas qu’il a été écrit il y a 13 ans, et que notre société mondialisée prend gentiment le chemin indiqué par Boudine. Flippant, je vous dis !

Voilà donc un très bon roman, qui pose bien la question de notre capacité à survivre en tant qu’espèce, et qui va je pense rester graver dans mon esprit un petit moment ! En attendant, je vais relire des petits traités survivalistes moi…
A noter que ma copine La chèvre grise a aussi lu et chroniqué ce roman, ici.

Le paradoxe de Fermi de Jean-Pierre Boudine
Editions Denoël collection Lunes d’Encre
2015 – 192 pages

« Raclée de Verts » de Caryl Férey

Raclée de vertsUn challenge qui se termine, le petit BAC 2014, et une dernière lecture choisie complètement au hasard… En effet, je ne suis vraiment pas dans les clous cette année en ce qui concerne les lecture de challenges… un peu à la bourre même.
Du coup, pour finir à l’heure, je me suis offert une virée chez Book Off afin de trouver un bouquin très court qui contiendrait dans son titre une couleur. Et peu importe le genre, l’auteur, les critiques… D’où Raclée de Verts !
Pour le coup, je crois que ça n’était pas une si bonne stratégie que ça :s

Michel est de l’espèce des supporters de foot… Mais pas de n’importe quelle équipe : de Saint-Etienne, sa ville, qui a fait vibrer des générations de fans de ballon rond ! Avec son chien Janvion, il suit les matchs à la télé. Et après le match, c’est l’heure de la troisième mi-temps ! Et là il s’adonne à son sport favori : le meurtre de femmes choisies dans la rue le matin même.
Mais les semaines et les crimes passants, Michel va perdre peu à peu les sens du goût, de l’odorat, du toucher… Où cela va-t-il le mener ?

Pas grand chose à dire sur ce livre décevant et chiant à lire. Je n’ai rien contre les histoires de serial-killer, mais là je n’ai pas aimé. L’histoire est sordide, pas réaliste du tout (que fait la police vu les traces que le tueur laisse ?).
Le pire je crois, c’est la métaphore filée autour du domaine du foot sur fond de lutte des classes et racisme ordinaire. Crasseux, comme le personnage… du coup on peut certainement dire que ce texte est une réussite. Mais ou est le plaisir, le suspense, l’humour… ? Zéro plaisir pour moi.

Aller, vite lu, vite fermé, vite chroniqué, vite oublié…
C’est dommage, car Caryl Férey a de l’avis général écrit quelques roman intéressants, comme Zulu, que je lirais bien à l’occasion.

Challenge petit bac 2014

« Soie » d’Alessandro Baricco

SoieSoie doit être dans ma PAL depuis la création de ce blog, c’est à dire 4 ans… Depuis mon tout premier challenge ABC même !
Heureusement que d’autres challenges sont là, comme le Petit BAC, pour me permettre de la vider un peu et remplir ma ligne pour la « matière » !
Je me dis que finalement j’ai été bête d’attendre aussi longtemps pour découvrir ce roman court et plein de poésie, qui m’a bien fait voyager entre la France et le Japon.

En 1861, Hervé Joncour achète et vend des œufs de vers à soie, afin d’alimenter les filatures de la petite ville française de Lavilledieu.
Depuis vingt ans, grâce au flair de Baldabiou qui a implanté ce commerce dans la région, Hervé vit confortablement avec sa femme Hélène… Mais cela va peut être bientôt prendre fin ! Une maladie inconnue touche les œufs provenant d’Europe, d’Afrique et d’Inde, tuant les vers avant qu’ils ne produisent leur précieux fil.
Selon Baldabiou, le seul endroit où les œufs seraient sains, serait justement le seul endroit où aucun étranger ne peut entrer : le Japon, qui a connu deux siècles de vie en totale autarcie… mais qui vient tout juste de permettre aux continentaux de traverser ses frontières. Mais même si un occidental peut dorénavant visiter l’Empire du Soleil Levant, exporter des œufs de vers à soie est puni de mort ! Un seul homme pourra peut-être mener cette mission dangereuse à bien, en traversant la moitié de la planète : Hervé !

Cette histoire courte se lit vraiment d’une traite, car le style de l’auteur est très agréable. Les répétitions des phrases, des motifs et des situations, font penser au mouvement des marée… une poésie qui pour une fois n’est pas pour me déplaire.
On découvre aussi un Japon à peine sorti de son enclavement et de l’ère féodal. Le contraste avec l’Europe qui se modernise est frappant ! Mais la folie de la soie est bel et bien la même partout ! Et aussi celle de l’amour… Car si Hervé aime sincèrement Hélène son épouse, il tombe amoureux de la favorite du Seigneur japonais avec qui il traite. Une mystérieuse jeune femme vêtue de soie orange, aux yeux d’occidentale. Une passion interdite et silencieuse va naître année après année, voyage après voyage… mais pourrait-elle se concrétiser ?

Je ne peux pas trop en dire au risque de dévoiler l’intrigue… mais tout ce que je peux vous conseiller, c’est que vu la rapidité avec laquelle on le dévore, ça serait dommage de passer à côté de ce roman italien ! En tout cas, j’ai passé un bon moment en sa compagnie dans le train samedi soir 🙂

Challenge petit bac 2014

 

« Contes à l’encre de la nuit » de Thomas Owen

Contes à l'encre de la nuitContes à l’encre de la nuit de Thomas Owen… ce livre doit être dans ma liste à lire depuis bien 3 ans. Des écrivains dans le domaine du fantastique, dont le nom commence par la lettre O, ça ne courent pas tant les rues que cela !
Enfin, voilà c’est fait ! J’ai acheté, lu et refermé ce recueil de nouvelles parues entre 1945 et 1966, qui oscillent entre fantastique et épouvante. Et je crois qu’il ne va pas me laisser un souvenir impérissable…

Pour faire simple, la majorité de ces courtes nouvelles tournent autour d’histoires de fantômes, du point de vue de témoins de ces phénomènes paranormaux. Dans leur quotidien, que ce soit lors de promenade ou dans une maison, ils vont faire une rencontre ou découvrir un fait perturbant… qui va s’avérer après enquête être un esprit en errance (surprise !).

Après avoir lu des monuments du fantastique et de l’horreur (Lovecraft, Edgar Alan Poe, Hawthorne, H. G. Wells…), où la tension monte crescendo dans une ambiance toujours plus sombre, et où les idées mêmes d’apparitions spectrales glacent le dos… Ben ici je suis restée sur ma faim ! C’est bien écrit, on sent une pointe d’humour et tout… mais franchement, quel ennui !

J’aurai du me fier à l’édition : Zone J de Mijade est la collection pour jeunes ados de 9 à 15 ans. Ben, voilà, tout s’explique ! Je suis tombée sur de la littérature pour enfants… Enfin je ne voudrais pas dire, mais à cet âge j’avais lu Le Horla et Les contes de la Bécasse de Maupassant, quand même plus flippants… de mémoire 😉

Bref, vite lu, vite oublié ! Pas franchement mauvais, mais vraiment pas essentiel pour moi !
Heureusement, il me permet de remplir mon objectif pour le Challenge ABC des Littératures de l’Imaginaire.

challenge de l'imaginaire ABC 2014

« Blast, tome 4 : Pourvu que les bouddhistes se trompent » de Manu Larcenet

blast4Il n’y a pas à dire, Manu Larcenet est vraiment  un auteur phare de la BD française… peut-être mon préféré.
Le quatrième et dernier tome de sa série Blast clos parfaitement une histoire, qui n’a pas du être toujours simple à écrire et dessiner ! Mais pour la lectrice que je suis, ça a été un plaisir du début à la fin (voir mes avis sur les tomes précédents ici et ) !

Polza est toujours interrogé par les deux enquêteurs, suite à ce qu’il aurait fait à Carole.
Il leur raconte l’hiver qu’il a passé auprès de Carole et de son père Rolland, dans une ferme éloignée de tout.
Rolland est en conditionnelle et passe ses journées à faire des découpages et dessins pornographiques… il est donc tout à fait disposé à cacher son nouvel ami Polza, marginal tout juste évadé de l’hôpital ! Mais cette amitié va conduire ce gentil hurluberlu à arrêter son traitement… et devenir de plus en plus instable. Polza et Carole vont rapidement basculer dans la folie à vouloir protéger Rolland… et se protéger de ses crises !

L’avantage de ce dernier tome, c’est que Larcenet ne nous laisse pas en plan… Après la fin du récit de son voyage raconté par Polza, il arrive à amener intelligemment le point de vu des deux enquêteurs sur cette affaire, avec d’autres preuves à l’appui.
Comme il le dit si bien dans cette bande-dessinée, il faut se méfier des choses écrites, car elles ne donnent que le point de vu de celui qui tient le crayon. Un double avertissement pour nous, lecteur ? Si la vérité ne vient pas de Polza, ni des policiers… Elle doit peut être se trouver quelque part entre les deux ?

planche blast 4

Un dernier tome très réussi je trouve, tant au niveau scénario que dessins, et surtout toujours aussi puissant. J’adore le traitement expressionniste, de certaines cases, comme par exemple celle des collage de Rolland (voir ci-dessus), qui oscillent entre le trash et le ridicule. Inséré dans une planche en noir et blanc tout en ombres et lumières, c’est très surprenant !
L’histoire se clos comme il se doit, pas de déception comme c’est souvent le cas à la fin d’une saga… Mon objectif l’an prochain, relire les quatre à la suite pour voir ce que ça fait, si on voit plus de choses !

Au passage, je profite de cette lecture pour remplir l’objectif « verbe » pour le challenge Petit BAC 2014 !

Challenge petit bac 2014