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« Le Paradoxe de Fermi » de Jean-Pierre Boudine

Le paradoxe de FermiPour bien commencer l’année avec les partenariats, les éditions Denoël m’ont envoyée un roman de SF post-apocalyptique signé par un auteur français, Jean-Pierre Boudine, et initialement paru en 2002 mais réédité en 2015.
Un livre court, mais qui m’a fait l’effet d’un coup de poing… !

En 2029, caché dans une grotte dans les Alpes, Robert Poinsot écrit un journal, où il raconte les dernières années de sa vie et les bouleversements qui ont détruit la société telle que nous la connaissons. Finalement ce n’est pas la pollution ou une maladie qui aura eu la peau de la civilisation, mais un krash économique qui aura mené à des guerres civiles.
Afin de fuir la violence des villes, Robert et quelques amis vont prendre la route pour rejoindre le nord de la France, puis sillonner l’Europe du Nord pour tenter de survivre. Malgré le peu de moyens de communication, les nouvelles qui leurs parviennent sont peu réjouissantes. Est-ce vraiment la fin de l’humanité ?

Forcément, à la lecture de ce roman, on pense à d’autres références du genre post-apocalyptique, telle La route de McCarthy. Mais ici, peut-être parce que les principales scènes s’ancrent dans mon quotidien parisien, j’ai été encore plus touchée. Pas de scènes crues de violence, mais des images de notre société qui se dégrade, aidée par une perte de confiance générale dans nos dirigeants, ce qui entraine une opposition de groupes de population et génère des attentats et guerres civiles partout dans le monde. Le processus commence avec l’arrêt des transports faute de pétrole, les débuts de la famine, puis le dynamitage de réseaux électrique… puis tout s’enchaine pour la mise en place naturelle de deux factions : les pillards composés de reclus de la société et les « sédentaires », tachant de sauvegarder un semblant d’humanité.
On se pose alors la question : si cela devait se produire demain, vaut-il mieux être dans le camp des « voyous » ou des « défenseurs » ? Des prédateurs ou des proies ? Et où aller pour survivre, si cela à encore un sens ?
Quoiqu’il en soit, l’auteur brosse un portrait peu flatteur, mais tellement réaliste de l’humanité… Et dans notre contexte actuel (attentat de Charlie Hebdo, crises financières, guerres en Ukraine, en Afrique, retour à la barbarie religieuse…) ce roman résonne comme une prédiction. N’oublions pas qu’il a été écrit il y a 13 ans, et que notre société mondialisée prend gentiment le chemin indiqué par Boudine. Flippant, je vous dis !

Voilà donc un très bon roman, qui pose bien la question de notre capacité à survivre en tant qu’espèce, et qui va je pense rester graver dans mon esprit un petit moment ! En attendant, je vais relire des petits traités survivalistes moi…
A noter que ma copine La chèvre grise a aussi lu et chroniqué ce roman, ici.

Le paradoxe de Fermi de Jean-Pierre Boudine
Editions Denoël collection Lunes d’Encre
2015 – 192 pages

« Raclée de Verts » de Caryl Férey

Raclée de vertsUn challenge qui se termine, le petit BAC 2014, et une dernière lecture choisie complètement au hasard… En effet, je ne suis vraiment pas dans les clous cette année en ce qui concerne les lecture de challenges… un peu à la bourre même.
Du coup, pour finir à l’heure, je me suis offert une virée chez Book Off afin de trouver un bouquin très court qui contiendrait dans son titre une couleur. Et peu importe le genre, l’auteur, les critiques… D’où Raclée de Verts !
Pour le coup, je crois que ça n’était pas une si bonne stratégie que ça :s

Michel est de l’espèce des supporters de foot… Mais pas de n’importe quelle équipe : de Saint-Etienne, sa ville, qui a fait vibrer des générations de fans de ballon rond ! Avec son chien Janvion, il suit les matchs à la télé. Et après le match, c’est l’heure de la troisième mi-temps ! Et là il s’adonne à son sport favori : le meurtre de femmes choisies dans la rue le matin même.
Mais les semaines et les crimes passants, Michel va perdre peu à peu les sens du goût, de l’odorat, du toucher… Où cela va-t-il le mener ?

Pas grand chose à dire sur ce livre décevant et chiant à lire. Je n’ai rien contre les histoires de serial-killer, mais là je n’ai pas aimé. L’histoire est sordide, pas réaliste du tout (que fait la police vu les traces que le tueur laisse ?).
Le pire je crois, c’est la métaphore filée autour du domaine du foot sur fond de lutte des classes et racisme ordinaire. Crasseux, comme le personnage… du coup on peut certainement dire que ce texte est une réussite. Mais ou est le plaisir, le suspense, l’humour… ? Zéro plaisir pour moi.

Aller, vite lu, vite fermé, vite chroniqué, vite oublié…
C’est dommage, car Caryl Férey a de l’avis général écrit quelques roman intéressants, comme Zulu, que je lirais bien à l’occasion.

Challenge petit bac 2014

« Tu mourras moins bête tome 3 : Science un jour, science toujours ! » de Marion Montaigne

Tu mourras moins bete tome 3Changement d’éditeur pour la série de vulgarisation scientifique humoristique de Marion Montaigne ! Après deux premiers volumes sorties sous les couleurs d’Ankama, c’est maintenant Delcourt -qui comme souvent- reprend le flambeau de Tu mourras moins bête !
Heureusement, le changement d’éditeur ne modifie en rien la qualité de la BD (toujours des planches sorties de son blog)… Et surtout le format de l’album est le même que les deux précédents (sur les étagères, c’est mieux quand même !).

Dans ce tome il est beaucoup question de biologie humaine ou animale. Ainsi on en apprendra plus sur la sexualité des acariens, des drosophiles… mais aussi la notre ! On découvrira que la plupart des animaux ont des pratiques homosexuelles, que les insectes sont des pervers, que les pingouins sont des maquereaux… Pour mon plus grand bonheur, j’ai aussi compris pourquoi les ados sont aussi insupportables ! On saupoudre le tout d’un peu de scatologie (une valeur sûre), par exemple en expliquant le mode opératoire de miction des femmes aux WC, ou comment soigner l’embonpoint avec des selles… Il y a aussi quelques pages sur les robots, les turbulences en avion, la cryogénie. Bref, un album éclectique !

Inutile de vous dire que cette saga me fait autant rire qu’elle ne m’étonne… car j’ai l’impression de vraiment sortir moins bête de ma lecture ! J’ai pu briller en société encore ce soir en expliquant comment le mâle alpha d’un groupe de poissons-clown devient à la mort de la femelle dominante… la nouvelle femelle leader ! La classe, non ? 😉

Pour vos cadeaux de Noël, foncez sur cette BD, une valeur sûre !

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« Chien du heaume » de Justine Niogret

Chien du heaumeIls sont assez rares, les romans où on trouve une héroïne et non un héros… Et ils sont encore plus rares ceux où j’apprécie vraiment ces protagonistes féminins. Bonheur, Chien du heaume est de ces livres ! Et en plus, il est écrit par une auteur française (cocorico !)… Une belle surprise inspirée, ou plutôt dirigée par mes challenge de l’année : le challenge ABC des littératures de l’imaginaire et le challenge Petit BAC 2014 (pour la ligne « animal »).

Chien du heaume est une mercenaire qui sillonne le pays et prête son bras armé pour survivre. Cette vie elle ne l’a pas vraiment choisie, mais si elle continue à voyager sans attaches, c’est pour réaliser sa quête personnelle : découvrir quel est son véritable nom ! En effet, Chien du heaume est celui qu’elle a adopté sur les champs de batailles… pas celui que ses parents lui ont donné. Grâce à ce nom, elle saura qui était son père qui est mort, dans quel pays elle est née… Bref, quelles sont ses origines. Le seul indice qu’elle possède, sa hache de combat, gravée de serpents entrelacés, que son père lui a laissé.
Sa quête va la mener vers Bruec, le chevalier Sanglier, et son château caché dans les brumes… Elle qui n’a pas d’attaches va trouver en lui un ami. Mais va-t-elle sacrifier la quête d’une vie entière pour rester auprès de lui ? Quelles aventures l’attendent ?

Ce que j’ai particulièrement apprécié dans ce récit, c’est l’équilibre entre heroic fantasy et univers médiéval… On s’y croirait vraiment ! Les élément fantastiques sont peu nombreux, mais donnent un petit côté conte traditionnel à cette histoire. Côté ambiance, j’ai eu l’impression d’être dans le manga Berserk par moment (le début). Des combats, du sang, des démons, des descriptions d’armes et armures réalistes… Ça tatane !
La galerie de personnages est très convaincante… J’ai beaucoup aimé Chien du heaume, une femme pas très jolie, obsédée par son nom et le combat. Bruec le chevalier, Regehir le forgeron, Iyinge le jeune guerrier… Ces personnages lui font un groupe d’amis bien sympathiques. Mais le mieux, se sont les méchants, tels Noalle, la méchante jeune épouse de Bruec, même pas nubile mais déjà pleine de haine et de fiel. A notre première rencontre avec ce personnage, on ne souhaite plus alors que la voir souffrir !

Une bonne découverte… En même temps je ne prenais pas de risques : ce roman a eu plusieurs prix, dont le Grand prix de l’Imaginaire 2010 !
Je vous le conseille donc, fans de fantasy ou non ! Pour ma part je me met de côté dans ma liste d’envies Mordre le bouclier, la suite des aventures de notre guerrière 🙂

challenge de l'imaginaire ABC 2014

Challenge petit bac 2014

« Janua Vera » de Jean-Philippe Jaworski

Janua VeraOn me l’avait vendu depuis de nombreuses années comme une référence de la fantasy française… Il a donc bien fallut que je découvre Jean-Philippe Jaworski, auteur dont on me ventait tant de mérites. Finalement c’est encore un challenge, l’ABC des littératures de l’Imaginaire qui m’a permis de prendre un peu les choses en main et de me lancer dans cette lecture.
Et comme souvent, je devrais un peu plus écouter mes conseillers en lecture et me jeter sans attendre sur leurs propositions ! Ce recueil de nouvelles medieval fantasy est passionnant et est très bien écrit. Un vrai régal !

Ce livre nous plonge dans l’histoire, ou plutôt les histoires, du Vieux Royaume. Au travers 8 nouvelles, nous allons en savoir un peu plus sur cette contrée à différentes périodes et en différents lieux : Ciudalia la capitale animée et sa population hétéroclite, les campagnes de Bromael, les régions barbares d’Ouromagne… et aussi l’évocation des Cinq Vallées où vivent les très discrets elfes…
Des personnages aux motivations et caractères biens différents vont être nos laisser-passer pour découvrir ce monde.
Personnellement je garde un bon souvenir de la nouvelle Le conte de Suzelle, une histoire triste comme il faut : on suit la petite paysanne Suzelle de son enfance à son déclin. Une vie de villageoise troublée par sa rencontre à l’adolescence avec un elfe badin et charmeur, dont elle tombe amoureuse, lui valant une existence d’attente de retrouvailles…
D’autres récits empruntent aux classiques du roman courtois, comme Le services des dames, où le chevalier Ædan va devoir aller venger une dame pour pouvoir traverser ses terres… Une quête qui ne va pas s’annoncer sans périls !
On rencontre aussi quelques fantômes qui hantent les bois dans Un amour dévorant. Cette enquête devra déterminer si les habitants de Noant-le-Vieux voient réellement les « appeleurs« , des esprits maléfiques qui apparaissent à la nuit tombée et plongent ceux qui les voient dans la terreur ou la folie…
Dans la même veine, Le confident nous raconte à la première personne l’histoire d’un prêtre du Desséché, le dieu de la mort, qui a fait vœu d’obscurité et s’est fait enfermer dans une crypte souterraine, où il se remémore son existence… Entre mysticisme et folie la frontière est mince !

Une très belle découverte qui me donne envie d’en lire plus de cet auteur… J’en avais eu un avant goût quand j’étais tombée sur sa nouvelle dans L’O10ssée Folio SF en 10 nouvelles. La bonne surprise s’est donc confirmée.
C’est vraiment sa plume et la manière dont il m’a amené dans son univers qui m’ont séduit… L’univers du Vieux Royaume est très riche et cohérent, mais il sait se faire oublier pour mettre au devant de la scène les différents personnages de ces histoires. On s’attache rapidement à eux, on comprend vite leurs motivations…
Cerise sur le gâteau, le sens de l’humour qu’on ressent entre ces lignes, que ce soit dans les renversements de situation, les fins pleines d’ironie, ou les blagues plus potaches… un régal je vous dit !

Aller, dès que j’ai du temps je m’attaque à la suite des récits du Vieux Royaume : Gagner la guerre !
En attendant, je ne peux que vous conseiller de découvrir cet auteur et ce roman 🙂

challenge de l'imaginaire ABC 2014

« Blast, tome 4 : Pourvu que les bouddhistes se trompent » de Manu Larcenet

blast4Il n’y a pas à dire, Manu Larcenet est vraiment  un auteur phare de la BD française… peut-être mon préféré.
Le quatrième et dernier tome de sa série Blast clos parfaitement une histoire, qui n’a pas du être toujours simple à écrire et dessiner ! Mais pour la lectrice que je suis, ça a été un plaisir du début à la fin (voir mes avis sur les tomes précédents ici et ) !

Polza est toujours interrogé par les deux enquêteurs, suite à ce qu’il aurait fait à Carole.
Il leur raconte l’hiver qu’il a passé auprès de Carole et de son père Rolland, dans une ferme éloignée de tout.
Rolland est en conditionnelle et passe ses journées à faire des découpages et dessins pornographiques… il est donc tout à fait disposé à cacher son nouvel ami Polza, marginal tout juste évadé de l’hôpital ! Mais cette amitié va conduire ce gentil hurluberlu à arrêter son traitement… et devenir de plus en plus instable. Polza et Carole vont rapidement basculer dans la folie à vouloir protéger Rolland… et se protéger de ses crises !

L’avantage de ce dernier tome, c’est que Larcenet ne nous laisse pas en plan… Après la fin du récit de son voyage raconté par Polza, il arrive à amener intelligemment le point de vu des deux enquêteurs sur cette affaire, avec d’autres preuves à l’appui.
Comme il le dit si bien dans cette bande-dessinée, il faut se méfier des choses écrites, car elles ne donnent que le point de vu de celui qui tient le crayon. Un double avertissement pour nous, lecteur ? Si la vérité ne vient pas de Polza, ni des policiers… Elle doit peut être se trouver quelque part entre les deux ?

planche blast 4

Un dernier tome très réussi je trouve, tant au niveau scénario que dessins, et surtout toujours aussi puissant. J’adore le traitement expressionniste, de certaines cases, comme par exemple celle des collage de Rolland (voir ci-dessus), qui oscillent entre le trash et le ridicule. Inséré dans une planche en noir et blanc tout en ombres et lumières, c’est très surprenant !
L’histoire se clos comme il se doit, pas de déception comme c’est souvent le cas à la fin d’une saga… Mon objectif l’an prochain, relire les quatre à la suite pour voir ce que ça fait, si on voit plus de choses !

Au passage, je profite de cette lecture pour remplir l’objectif « verbe » pour le challenge Petit BAC 2014 !

Challenge petit bac 2014

« Anamnèse de Lady Star » de L. L. Kloetzer

Anamnese de Lady StarJ’étrenne mon partenariat avec l’éditeur Denoël avec force et fracas ! C’est un vrai monument que cet Anamnèse de Lady Star paru en 2013 et signé par L. L. Kloetzer, double plume du couple Laurent et Laure Kloetzer.
Si vous êtes prêts à découvrir un roman de science-fiction intelligent et complexe, écrit par deux auteurs français, ce livre est peut-être bien fait pour vous !

Dans un futur plus ou moins proche, l’humanité est frappée par une arme terriblement mortelle qui va décimer les trois quarts de la populations mondiale : la bombe iconique.
Lors d’un attentat à Islamabad, jour 1 du calendrier post-apocalyptique baptisé le Satori, cette bombe va exploser et rependre sa calamité. La plupart des personnes qui ont vue l’explosion sont frappés de perte des sens puis meurent… et ceux qui survivent propagent par une simple parole, un regard, un signe… cette malédiction aux autres hommes.
Peu après cette catastrophe les survivants vivent reclus sur des îles tels le Japon, Malte, l’Irlande… et bien entendu la justice et les militaires de ces états cherchent à punir les coupables, et surtout faire en sorte que la recette de la bombe iconique soit perdue à jamais pour l’humanité !
Nous découvrons ici les enquêtes successives de différents protagonistes pendant les 50 années suivant le Satori, condensées et poursuivies par la jeune Magda Makropoulos… En remontant quelques années avant l’attentat d’Islamabad et en combinant les différents témoignages de survivants, elle va s’apercevoir qu’une figure centrale émerge : une Elohim, fille des étoile, aux noms multiples… Qui est toujours présente lors d’événements clés, et arrive toujours à s’échapper et disparaître depuis plus de 50 ans. Magda pourra-t-elle l’arrêter ? Cette Elohim est-elle la clé de la bombe ?

Voilà une enquête très prenante ! Le récit est extrêmement bien construit. Plusieurs fois en commençant un chapitre qui m’amenait vers de nouveaux lieux et de nouveaux personnages, je me suis sentie perdue, avec l’impression de ne rien comprendre… Mais au fur et à mesure des voiles se lèvent, et tout devient limpide, pour s’imbriquer avec le reste du roman. On a réellement l’impression de fouiller dans l’histoire du Satori, de pister l’Elohim… On se sent investi dans cette recherche d’une certaine manière ! Investi, car ce roman n’est pas vraiment un « easy-reading » : il faut être concentré, faire un effort pour imaginer, analyser, comprendre… Mais c’est un vrai plaisir de jouer à faire des hypothèses sur la manière dont ces histoires s’emboitent.

Les thématiques abordée, notamment la création d’univers virtuels pour suppléer à la morosité des cités / prisons où vivent dorénavant les humains, m’ont beaucoup plu, et me font encore poser des dizaines de questions sur le réel et le virtuel dans l’univers brossé par L. L. Kloetzer. Et histoire de brouiller un peu plus les pistes, l’auteur injecte comme personnages clés un trio de chanteuses suisses, Norn, quasi-déesses dont les chants deviennent des mythes pour les habitants de cette futures Terre…
J’ai apprécié aussi la présentation d’un monde insulaire, où les derniers humains se barricadent pour échapper aux regard et paroles des Porteurs Lents, ces humains devenus sauvages… ceux qui ne meurent pas directement de la maladie et vivent ainsi des années tout en pouvant contaminer les autres.
Je vais m’arrêter là, car il y a une foule de détails, de mythes, de paysages, de sensations… qui rendent cet univers cohérent et séduisant.

Je ne peux que vous conseiller ce roman, qu’on m’avait présenté comme « difficile ». Je m’attendais alors au Festin Nu a vrai dire !… Il n’est pas dur à lire, mais il demande un investissement, un niveau de concentration et d’attention, pour imaginer et comprendre le Monde frappé par la bombe iconique.
Mais si vous êtes fan de SF, n’hésitez pas, foncez !!!
Merci encore à Denoël pour ce partenariat 🙂

Au passage, ce roman va me servir d’entrée pour la lettre K, dans le cadre du Challenge ABC – Littératures de l’Imaginaire.

challenge de l'imaginaire ABC 2014

Anamnèse de Lady Star de L. L. Kloetzer
Editions Denoël – Collection Lunes d’encre
2013 – 455 pages

« Citoyens au-dessus de tout soupçon… » de Raphaël Confiant

Citoyens au dessus de tous soupçon...Opération roman policier pour le partenariat Folio d’avril… Et pas n’importe quel roman policier ! Ici l’enquête se déroule en Martinique ! On est loin de l’ambiance sombre de nos villes… Mais rassurez-vous, l’atmosphère n’en est pas moins sordide, même sous le soleil des Antilles !

Jack Teddyson est détective privé à Fort-de-France, profession peu lucrative sur une île où tout le monde connaît tout le monde…  Ambiance insulaire oblige ! Mais une enquête peu commune va arriver sur son bureau : Irmine Ferdinand, veuve de Sésostris Ferdinand, lui demande de rechercher qui a tué son mari. Ce dernier a été retrouvé castré et assassiné chez une prostitué dominicaine… Et la police a fermé le dossier, faute de preuves. Crime crapuleux ? Vengeance du mac de la belle ? A moins que Sésostris ait baigné dans des affaires louches de jeux ? Et les symboles vaudou peint sur le mur de sa dernière chambre ont-ils un sens ?
Aidé par son ami l’inspecteur Maxence, Jack va devoir mener son enquête dans les milieux peu recommandables de la Martinique : ceux des jeux clandestins, de la prostitution, de la drogue, et de la politique !

Malgré l’utilisation de la langue créole, on est loin de l’image d’Épinal de la Martinique touristique !
Jack Teddyson parle le français assez alambiqué, qui m’a rappelé le terroir martiniquais que j’ai approché en décembre dernier lors de mes vacances dans la campagne de l’île… C’était assez sympa pour ça. L’utilisation du créole, toujours traduit, permet de faire encore plus « couleur locale ». On découvre aussi Fort-de-France d’une autre manière, même si la ville laisse rapidement percevoir « en vrai » tout ses travers quand on la visite.
Jack est un vrai cliché vivant du mâle antillais, qui ne veut pas se mettre en couple et qui tire à droite à gauche… A cause de ça peut être, j’ai eu assez peu de sympathie pour ce personnage et ses conquêtes, telle Francelise, qui semble avoir un popotin plus gros que son cerveau.
L’enquête en elle même rebondit un peu trop à mon goût, pour finir par atterrir là où on l’escomptait… Ça n’est donc pas le côté « policier » qui fait l’intérêt du roman pour moi.

Une lecture sympathique, mais pas inoubliable
Malgré tout, merci à Folio pour m’avoir permis de découvrir cet auteur !

« Le Sabre de Sang, tome 2 : Histoire de Kardelj Abaskar » de Thomas Geha

Le sabre de sang tome 2Retour dans l’univers fantasy des Sept Royaume avec le second et dernier tome du Sabre de Sang de Thomas Geha, après un premier volume qui m’avait bien plu !

Plusieurs années ont passé depuis le voyage vers la liberté de Tiric et Kardelj… qui s’est terminé sur une falaise par le meurtre de Kardelj et de sa compagne, par un Tiric armé du Sabre de Sang.
Depuis, Tiric est devenu l’empereur des Sept Royaumes : la magie du sabre lui a permis de soumettre toutes les contrées et tous les peuples… Même les Qivhviens, ce peuple d’homme-lézards rencontré dans le premier tome !
Mais Kardelj a survécu grâce à son Fâps, un parasite logé dans son dos qui l’aide à guérir… Et à son réveil une petite surprise l’attendait, un enfant, son fils, né comme par magie.
Sur les océans où il sera pirate, puis dans les caravanes du peuple de voyageurs Carmintrao, son désir de protéger les siens et de vivre heureux sera pour Kardelj une motivation encore plus puissante que son désir de vengeance… Mais cela suffira-t-il à se débarrasser de la menace du tyran Tiric et de son armée de soldats de sang, totalement dévoués à sa cause ?
Kardelj arrêtera-t-il Tiric et sa soif de pouvoir ? Comment pourra-t-il le battre, lui qui est protégé par la magie ? Quelles sont les véritables forces à l’œuvre dans cette histoire ? Voilà quelques questions qui trouveront une réponse dans cette seconde partie du diptyque du Sabre de Sang !

Si j’ai retrouvé avec plaisir Kardelj, compagnon de Tiric laissé pour mort à la fin du premier tome, j’ai eu un peu plus du mal rentrer dans l’histoire. Ce second volet est moins « pulp » que le premier, peut être un peu plus complexe… Il faut dire que le personnage de Kardelj est un peu plus nuancé que Tiric, avec des motivation moins manichéennes (comprendre : il ne pense qu’à poutrer du Qivhvien) et un ego moins surdimensionné (comprendre : ça n’est pas un personnage détestable).
Bref, il faut attendre la seconde partie de ce volet pour que ça commence à dépoter comme j’aime 🙂
Magie, mystères, combats sont alors au rendez-vous… Avec la tant attendu confrontation entre les deux anciens amis, Tiric et Kardelj !
J’ai apprécié la découverte du peuple Carmintrao, sortes de gitans des Sept Royaumes, qui ont leurs culture bien a eux… Et plus particulièrement leur protecteur /demi-dieu : un homme du clan masqué depuis sa naissance… Et nommé fort justement Le Masque. Ce personnage subtil sait se montrer ferme avec ses ennemis… mais digne de confiance envers les siens. Un bon compagnon en perspective pour Kardelj !

Une fin très correcte pour cette saga que j’ai appréciée, qui se termine pas si mal que ça, quoiqu’on en dise ! Et une lecture parfaite pour le challenge Geek 😉
A quand un spin-off avec des Carmintrao ? 🙂

challenge_geek2014

« Les opéras de l’espace » de Laurent Genefort

Les opéras de l'espaceJe n’ai jamais lu autant d’auteurs de SF / fantastique français que depuis que je suis inscrite aux partenariats Folio !
Je ne connaissais pas du tout Laurent Genefort avant d’avoir choisi ce livre lors du partenariat du mois de mars… encore une fois par hasard ou par défaut, parce que c’était le seul dans la catégorie Folio SF. J’aime découvrir les romans que je lis sans avoir d’aprioris. Je m’en félicite une fois de plus ! 🙂

Axelkahn est un ténor connu sur les centaines de planètes des galaxies où il se produit… Sa voix égale celles des dieux si on en crois ses fans. Mais ce talent, comme chacun sait, il le doit aux biotechnologies des Yuhew, une race mystérieuse spécialisée dans les technologies de pointe et la philosophie. Donc Axelkahn a des biocapteurs dans la gorge, qui subliment son chant à un niveau encore jamais atteint… Et surtout, il est le seul a avoir eu ce cadeau !
Mais un jour, le rêve va prendre fin : ses capteurs tombent en panne et il perd son don en même temps que sa célébrité. Fini les villas, les richesses, les caprices… et surtout la gloire ! Mais Axelkahn ne va pas se laisser faire : il se met en tête de retrouver un de ces Yuweh, pourtant inaccessibles, pour lui demander de lui rendre « sa » voix.
C’est sur les Bulbes Griffith, une étrange planète en forme de grappe creuse, qu’il va se mettre en quête de son sauveur… Mais comment faire pour voyager sur cette planète peu hospitalière où les pirates feraient des ravages, sans un sou ? En faisant ce qu’il sait le mieux faire : divertir la population ! Et pour cela il va monter une troupe de théâtre !
Axelkahn arrivera-t-il jusqu’au Yuhew ? Ce dernier existe-t-il vraiment ? Comment la population des Bulbes va réagir devant les pièces de théâtre de la compagnie ?

J’ai passé un très bon moment à la lecture de ce roman de ce space opera, qui est un véritable voyage initiatique pour Axelkahn… Car vous vous en doutez, son voyage va le transformer plus qu’il ne le pense ! Et c’est pas plus mal pour lui, et pour nous, lecteurs !
A la lecture des premières pages, quand j’ai compris qu’Axelkahn allait être le héros de cette histoire, je me suis dit « Mince, comment vais-je supporter cette tête de con durant 400 pages !? ». Avant sa déchéance, le portrait du ténor est peu reluisant, une vraie diva, obèse, riche, cynique, égoïste, bref, peu sympathique… Mais après quelques déconvenues, où notre principal protagoniste en prend plein la poire, on se sent mieux, et on fini par ne plus trop le détester ! Ce personnage est pour beaucoup dans le plaisir que j’ai pris à lire cette histoire : il n’a rien du gentil chevalier et n’est pas dénué d’humour ou d’autodérision.
Sur sa route, pour former sa troupe, il va rencontrer et engager une ribambelle de parias dans les stations où il va produire ses spectacles : débiles mentaux, handicapés, asociaux, exclus… On comprend mieux pourquoi sa troupe s’appelle la Compagnie des Fous ! Surtout quand on sait que les villes qu’il traverse vivent dans l’économie la plus simple : on ne nourri pas de bouche inutiles… Les artistes et les réprouvés vont avoir fort à faire avec les coutumes arbitraire des stations !

La trame peut paraître assez classique : le voyage qui permet de monter un groupe de « loosers » où chacun aura un petit truc en plus pour aider la Compagnie, les épreuves à surmonter à chaque étapes de leur chemin, l’enquête sur le Yuhew qui a valeur de légende ou de tabou selon les stations traversées… Mais je trouve que ça fonctionne plutôt pas mal pour un récit qui se veut épique. J’ai juste eu des doutes sur la fin, car on devine assez facilement la chute je trouve… mais bon, je suis passée outre !
Le monde des Bulbes est suffisamment original et bien expliqué pour avoir une impression d’exotisme et de se projeter aisément dans cet univers fantastique.

J’ai donc passé un très bon moment grâce à Laurent Genefort et ses personnages. En regardant de plus près je vois qu’il a signé pas mal de romans dans les même genre d’univers, comme Omale qui semble être sa saga la plus connue… Je la rajoute de ce pas dans ma wish-list 😉

Merci à Folio pour ce roman !
Et puisque je n’ai pas encore lu l’auteur de la lettre G pour le Challenge ABC – Littératures de l’Imaginaire, je crois que ce roman fera une parfaite entrée !

challenge de l'imaginaire ABC 2014