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« La fractale des raviolis » de Pierre Raufast

La fractale des raviolisJ’étais passée à côté de La fractale des raviolis, premier roman de l’écrivain français Pierre Raufast, lors de sa parution l’an dernier. Grâce à la sortie format poche et au partenariat Folio de septembre, voilà ce manquement à ma culture générale réparé.

Quand une femme veut se venger de son mari volage, ça peut aller loin… Très loin même. D’une casserole de raviolis empoisonnés à la digitaline jusqu’au champ dévasté de rats-taupes d’un écrivain, nous allons suivre un fil très ténu, qui rassemble les anecdotes les plus fondatrices de la vie d’une dizaine de personnages. Et si tout cela formait une sorte de destiné ? Une toile géante où chaque détails des événements prenait la même forme que le tout auquel il appartenait ?

On décrit souvent ce livre comme roman gigogne… Je ne peux vraiment pas trouver de meilleur qualificatif. Pour mon plus grand bonheur de lectrice, les courtes histoires qui composent ce récit s’emboîtent parfaitement, pour retomber sur leurs pieds à la fin. Il est beaucoup question de meurtriers ou de pervers, ou encore de personnages affublés de dons ou d’handicap particuliers. Bref, le tableau est haut en couleur, on a pas le temps de s’ennuyer une seconde. Un livre vite avalé tant il est entraînant (et court… Certes). Le rythme est soutenu, les fin des chapitres qui annoncent un changement de cadre agissent comme de vrais cliffhanger, le style est fluide…

Un petit plaisir qu’il serait dommage de ne pas s’offrir ! Je n’ai pas grand chose à lui reprocher, j’ai passé un bon moment avec ce livre dans le métro… C’est tout ce qui compte lors des matins difficiles 😉

« Les animaux dénaturés » de Vercors

Les animaux dénaturés Petite incursion dans la littérature française moderne pour le challenge ABC avec ce livre paru en 1952, de Vercors. Un classique si on peut dire, qui se situe entre l’ouvrage philosophique et le roman judiciaire… Interessant, mais un poil longuet malgré son faible volume.

En Grande-Bretagne, le journaliste Douglas Templemore se retrouve au coeur d’une des aventure anthropologique du siècle : des scientifiques ont découvert en Asie la mâchoire d’un hominidés qui semble être le chaînon manquant entre le singe et l’homme… Et il s’avère que ces êtres foulent encore le sol des forêts sauvages ! Nommés Parenthropus, et surnommés « Tropis« , il deviennent rapidement le centre d’intérêt des anthropologues, hommes de foi, et aussi d’industriels en mal de mains d’oeuvre. Car ces Tropis semblent avoir un semblant d’intelligence, et surtout une dextérité manuelle indéniable, derrière leur air animal. Sont-ils des hommes ou des singes ? Qui pourra répondre à cette question, et comment ? Surtout quand l’équipe d’étude des Tropis découvre que les croisements entre ces créatures et l’être humain sont possibles

Un roman sympathique dans le sens où il nous questionne sur notre humanité. Difficile en effet de dire nous-même ce qui est humain, et où cela s’arrête, au vu des arguments amenés dans le livre. On retrouve beaucoup d’idées énoncés par Freud, Levis Strauss,… dans la réflexion de Vercors. L’homme est-il déterminé par son âme, son amour de l’art, ses passions pour se hisser au dessus de la nature… ?

Bref, une lecture humaniste intéressante mais sans plus. Courte, fort heureusement !

ABC-2015

 

« Un océan d’amour » de Wilfrid Lupano et Grégory Panaccione

Un ocean d'amourSur les conseils de La chèvre grise, je me suis laissée tenter par cette BD de la sélection officielle du festival d’Angoulême, Un océan d’amour… Je ne suis pas trop au fait des sorties BD, surtout dans le domaine franco-belge, donc quand on me vend spontanément une BD, j’y vais gaiement ! Une fois de plus, j’ai bien fait de lui faire confiance : ce livre est un petit bijou de poésie, d’humour et d’amour, et ce sans un seul dialogue !

Comme tous les matin, un marin breton prend la mer pour aller pêcher. Sa femme, une solide bigoudène, lui a fait son petit déjeuner et lui a préparé sa gamelle, comme chaque jour… Mais aujourd’hui, le marin de ne va pas revenir ! Son petit bateau a été pris dans les filets d’un super-chalutier… et il s’en faut de peu pour qu’il puisse s’en libérer. Mais maintenant il est loin des côtes bretonnes, et sa femme l’attend désespérément au port !

C’est une vraie aventure autour du monde que le marin et son épouse vont nous faire vivre dans ces planches : l’homme est perdu en mer, avec comme seule subsistance les boîtes de sardines que sa femme préparait pour ses gamelles quotidiennes, et comme seul amie une mouette sauvées de l’inanition. La femme n’en pouvant plus d’attendre son époux au port, que tous croient mort, va suivre les conseil d’une diseuse de bonne aventure et essayer de le retrouver à Cuba.
Leurs rencontres sont souvent drôles, pleines de clin d’oeil… C’est un vrai plaisir de découvrir comment ils vont tomber de Charybde en Scylla, pour s’en sortir à chaque fois ! Devenir une star people, boire du rhum avec des pirates des Caraïbes, organiser un fest-noz avec Fidel Castro… Les marins bretons, dignes descendants d’Ulysse, n’ont aucune limite, et c’est tant mieux ! 😀
En filigrane, on vit aussi poindre un discours écologique plutôt bien amené sur la pollution des mers, la surpêche, les dégazages sauvages… Pas de tentative de moralisation, mais plutôt un constat bien illustré grâce au personnage de la mouette entre autre (rigolote cette bestiole :))

Un océan d'amour

Les personnages sont biens vus graphiquement et psychologiquement. En quelques traits on comprend parfaitement les liens d’amour, les chamailleries, le désarrois… C’est franchement bien foutu visuellement. Et que dire du scenario qui arrive à nous emmener dans une histoire où aucun mot n’est prononcé ? C’est peut être en cela que le premier truc qui m’est venu en tête en feuilletant les première pages, ce sont Les Triplettes de Belleville. Il y a de ça bien entendu, mais pas que… Il y a un optimisme supplémentaire dans cette histoire d’amour qui m’a donné le sourire, et ça, ça n’arrive pas souvent 🙂

Amateurs de BD, et les autres, n’hésitez pas : Un océan d’amour est certainement un des titre phare de 2014 !

 

 

 

« HHhH » de Laurent Binet

hhhhOu comment j’ai lu un prix un prix Goncourt du premier roman 2010 sans le savoir ! Comme quoi… Et le mieux, c’est que je l’ai d’autant plus apprécié que je ne m’attendais à rien de spécial, ayant oublié le sujet du roman entre le moment où je l’ai déposé dans ma pile à lire et celui où je l’ai ouvert.
Je suis assez peu habituée à lire des romans historiques, mais là je pense que j’ai fait une bonne pioche avec Laurent Binet et cette enquête tournant autour de l’attentat sur Heydrich en 1942 à Pragues.

« Himmlers Hirn heißt Heydrich », ou HHhH : « le cerveau d’Himmler s’appelle Heydrich ». Tout un programme !
Avant de devenir au sommet de sa gloire la « bête blonde », le « boucher de Prague » Reinhard Heydrich a eu un destin assez exceptionnel qui l’a mené jusqu’à cette date fatidique du 27 mai 1942. Il en est de même pour ces deux parachutistes tchèques, Kubis et Gabčík, envoyés à Prague par la résistance Tchécoslovaque basée à Londres. Leur objectif, tuer un haut dirigeant nazi, et quoi de mieux que le bourreau Heydrich ?
« L’opération anthropoïde » est l’évènement qui va pousser à ces trois personnages de se rencontrer, au détour d’un virage d’une rue de Prague. Les deux résistants pourront-ils mener à bien leur mission ?

Ce qui m’a impressionné dans cette lecture, c’est à la fois la manière dont l’auteur est documenté sur son sujet, et la façon dont il nous livre ces informations historiques sans tomber dans le ton professoral. On est pas du tout dans la fiction, ce que j’ai aussi apprécié.
Chapitre après chapitre, on suit la « grande histoire », les exactions d’Heydrich, la montée en puissance du nazisme, l’entrainement et le parachutage de Kubis et Gabčík… ainsi que l’écriture du roman en lui même via des digressions de l’auteur, ses doutes et interrogations (par exemple de savoir si la Mercedes de Heydrich est verte foncée ou noire en se basant sur des photos en noir et blanc). Bref, toutes les questions qu’un créateur se pose face à son oeuvre : est-elle équilibrée, ou non, la voie choisie est-elle la bonne… ?
Le mélange entre l’œuvre et l’effet miroir qu’elle a sur son auteur est vraiment très intéressant.

Une découverte passionnante et surprenante, moi qui comme un hasard suis dans ma phase « documentaires nazi » à la TV (vive National Geographic !)…
J’ai appris des foules de choses, et pourtant j’étais prise dans le récit, à espérer pour un happy-end tout en sachant que c’était cuit pour nos héros.
J’ignorais qu’Heydrich avait eu autant de fonctions : grand responsable de la Gestapo, des services d’espionnage, de la police criminelle… et surtout il est concepteur de la solution finale… Triste palmarès…
Mais surtout je n’avais jamais entendu parler de « L’opération anthropoïde », qui a pourtant tous les ingrédients d’une terrible histoire sur la résistance !

Voici un livre que je conseille vivement ! Encore une belle expérience grâce au challenge ABC 🙂

ABC-2015

« Le Paradoxe de Fermi » de Jean-Pierre Boudine

Le paradoxe de FermiPour bien commencer l’année avec les partenariats, les éditions Denoël m’ont envoyée un roman de SF post-apocalyptique signé par un auteur français, Jean-Pierre Boudine, et initialement paru en 2002 mais réédité en 2015.
Un livre court, mais qui m’a fait l’effet d’un coup de poing… !

En 2029, caché dans une grotte dans les Alpes, Robert Poinsot écrit un journal, où il raconte les dernières années de sa vie et les bouleversements qui ont détruit la société telle que nous la connaissons. Finalement ce n’est pas la pollution ou une maladie qui aura eu la peau de la civilisation, mais un krash économique qui aura mené à des guerres civiles.
Afin de fuir la violence des villes, Robert et quelques amis vont prendre la route pour rejoindre le nord de la France, puis sillonner l’Europe du Nord pour tenter de survivre. Malgré le peu de moyens de communication, les nouvelles qui leurs parviennent sont peu réjouissantes. Est-ce vraiment la fin de l’humanité ?

Forcément, à la lecture de ce roman, on pense à d’autres références du genre post-apocalyptique, telle La route de McCarthy. Mais ici, peut-être parce que les principales scènes s’ancrent dans mon quotidien parisien, j’ai été encore plus touchée. Pas de scènes crues de violence, mais des images de notre société qui se dégrade, aidée par une perte de confiance générale dans nos dirigeants, ce qui entraine une opposition de groupes de population et génère des attentats et guerres civiles partout dans le monde. Le processus commence avec l’arrêt des transports faute de pétrole, les débuts de la famine, puis le dynamitage de réseaux électrique… puis tout s’enchaine pour la mise en place naturelle de deux factions : les pillards composés de reclus de la société et les « sédentaires », tachant de sauvegarder un semblant d’humanité.
On se pose alors la question : si cela devait se produire demain, vaut-il mieux être dans le camp des « voyous » ou des « défenseurs » ? Des prédateurs ou des proies ? Et où aller pour survivre, si cela à encore un sens ?
Quoiqu’il en soit, l’auteur brosse un portrait peu flatteur, mais tellement réaliste de l’humanité… Et dans notre contexte actuel (attentat de Charlie Hebdo, crises financières, guerres en Ukraine, en Afrique, retour à la barbarie religieuse…) ce roman résonne comme une prédiction. N’oublions pas qu’il a été écrit il y a 13 ans, et que notre société mondialisée prend gentiment le chemin indiqué par Boudine. Flippant, je vous dis !

Voilà donc un très bon roman, qui pose bien la question de notre capacité à survivre en tant qu’espèce, et qui va je pense rester graver dans mon esprit un petit moment ! En attendant, je vais relire des petits traités survivalistes moi…
A noter que ma copine La chèvre grise a aussi lu et chroniqué ce roman, ici.

Le paradoxe de Fermi de Jean-Pierre Boudine
Editions Denoël collection Lunes d’Encre
2015 – 192 pages

« Raclée de Verts » de Caryl Férey

Raclée de vertsUn challenge qui se termine, le petit BAC 2014, et une dernière lecture choisie complètement au hasard… En effet, je ne suis vraiment pas dans les clous cette année en ce qui concerne les lecture de challenges… un peu à la bourre même.
Du coup, pour finir à l’heure, je me suis offert une virée chez Book Off afin de trouver un bouquin très court qui contiendrait dans son titre une couleur. Et peu importe le genre, l’auteur, les critiques… D’où Raclée de Verts !
Pour le coup, je crois que ça n’était pas une si bonne stratégie que ça :s

Michel est de l’espèce des supporters de foot… Mais pas de n’importe quelle équipe : de Saint-Etienne, sa ville, qui a fait vibrer des générations de fans de ballon rond ! Avec son chien Janvion, il suit les matchs à la télé. Et après le match, c’est l’heure de la troisième mi-temps ! Et là il s’adonne à son sport favori : le meurtre de femmes choisies dans la rue le matin même.
Mais les semaines et les crimes passants, Michel va perdre peu à peu les sens du goût, de l’odorat, du toucher… Où cela va-t-il le mener ?

Pas grand chose à dire sur ce livre décevant et chiant à lire. Je n’ai rien contre les histoires de serial-killer, mais là je n’ai pas aimé. L’histoire est sordide, pas réaliste du tout (que fait la police vu les traces que le tueur laisse ?).
Le pire je crois, c’est la métaphore filée autour du domaine du foot sur fond de lutte des classes et racisme ordinaire. Crasseux, comme le personnage… du coup on peut certainement dire que ce texte est une réussite. Mais ou est le plaisir, le suspense, l’humour… ? Zéro plaisir pour moi.

Aller, vite lu, vite fermé, vite chroniqué, vite oublié…
C’est dommage, car Caryl Férey a de l’avis général écrit quelques roman intéressants, comme Zulu, que je lirais bien à l’occasion.

Challenge petit bac 2014

« Tu mourras moins bête tome 3 : Science un jour, science toujours ! » de Marion Montaigne

Tu mourras moins bete tome 3Changement d’éditeur pour la série de vulgarisation scientifique humoristique de Marion Montaigne ! Après deux premiers volumes sorties sous les couleurs d’Ankama, c’est maintenant Delcourt -qui comme souvent- reprend le flambeau de Tu mourras moins bête !
Heureusement, le changement d’éditeur ne modifie en rien la qualité de la BD (toujours des planches sorties de son blog)… Et surtout le format de l’album est le même que les deux précédents (sur les étagères, c’est mieux quand même !).

Dans ce tome il est beaucoup question de biologie humaine ou animale. Ainsi on en apprendra plus sur la sexualité des acariens, des drosophiles… mais aussi la notre ! On découvrira que la plupart des animaux ont des pratiques homosexuelles, que les insectes sont des pervers, que les pingouins sont des maquereaux… Pour mon plus grand bonheur, j’ai aussi compris pourquoi les ados sont aussi insupportables ! On saupoudre le tout d’un peu de scatologie (une valeur sûre), par exemple en expliquant le mode opératoire de miction des femmes aux WC, ou comment soigner l’embonpoint avec des selles… Il y a aussi quelques pages sur les robots, les turbulences en avion, la cryogénie. Bref, un album éclectique !

Inutile de vous dire que cette saga me fait autant rire qu’elle ne m’étonne… car j’ai l’impression de vraiment sortir moins bête de ma lecture ! J’ai pu briller en société encore ce soir en expliquant comment le mâle alpha d’un groupe de poissons-clown devient à la mort de la femelle dominante… la nouvelle femelle leader ! La classe, non ? 😉

Pour vos cadeaux de Noël, foncez sur cette BD, une valeur sûre !

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« Chien du heaume » de Justine Niogret

Chien du heaumeIls sont assez rares, les romans où on trouve une héroïne et non un héros… Et ils sont encore plus rares ceux où j’apprécie vraiment ces protagonistes féminins. Bonheur, Chien du heaume est de ces livres ! Et en plus, il est écrit par une auteur française (cocorico !)… Une belle surprise inspirée, ou plutôt dirigée par mes challenge de l’année : le challenge ABC des littératures de l’imaginaire et le challenge Petit BAC 2014 (pour la ligne « animal »).

Chien du heaume est une mercenaire qui sillonne le pays et prête son bras armé pour survivre. Cette vie elle ne l’a pas vraiment choisie, mais si elle continue à voyager sans attaches, c’est pour réaliser sa quête personnelle : découvrir quel est son véritable nom ! En effet, Chien du heaume est celui qu’elle a adopté sur les champs de batailles… pas celui que ses parents lui ont donné. Grâce à ce nom, elle saura qui était son père qui est mort, dans quel pays elle est née… Bref, quelles sont ses origines. Le seul indice qu’elle possède, sa hache de combat, gravée de serpents entrelacés, que son père lui a laissé.
Sa quête va la mener vers Bruec, le chevalier Sanglier, et son château caché dans les brumes… Elle qui n’a pas d’attaches va trouver en lui un ami. Mais va-t-elle sacrifier la quête d’une vie entière pour rester auprès de lui ? Quelles aventures l’attendent ?

Ce que j’ai particulièrement apprécié dans ce récit, c’est l’équilibre entre heroic fantasy et univers médiéval… On s’y croirait vraiment ! Les élément fantastiques sont peu nombreux, mais donnent un petit côté conte traditionnel à cette histoire. Côté ambiance, j’ai eu l’impression d’être dans le manga Berserk par moment (le début). Des combats, du sang, des démons, des descriptions d’armes et armures réalistes… Ça tatane !
La galerie de personnages est très convaincante… J’ai beaucoup aimé Chien du heaume, une femme pas très jolie, obsédée par son nom et le combat. Bruec le chevalier, Regehir le forgeron, Iyinge le jeune guerrier… Ces personnages lui font un groupe d’amis bien sympathiques. Mais le mieux, se sont les méchants, tels Noalle, la méchante jeune épouse de Bruec, même pas nubile mais déjà pleine de haine et de fiel. A notre première rencontre avec ce personnage, on ne souhaite plus alors que la voir souffrir !

Une bonne découverte… En même temps je ne prenais pas de risques : ce roman a eu plusieurs prix, dont le Grand prix de l’Imaginaire 2010 !
Je vous le conseille donc, fans de fantasy ou non ! Pour ma part je me met de côté dans ma liste d’envies Mordre le bouclier, la suite des aventures de notre guerrière 🙂

challenge de l'imaginaire ABC 2014

Challenge petit bac 2014

« Janua Vera » de Jean-Philippe Jaworski

Janua VeraOn me l’avait vendu depuis de nombreuses années comme une référence de la fantasy française… Il a donc bien fallut que je découvre Jean-Philippe Jaworski, auteur dont on me ventait tant de mérites. Finalement c’est encore un challenge, l’ABC des littératures de l’Imaginaire qui m’a permis de prendre un peu les choses en main et de me lancer dans cette lecture.
Et comme souvent, je devrais un peu plus écouter mes conseillers en lecture et me jeter sans attendre sur leurs propositions ! Ce recueil de nouvelles medieval fantasy est passionnant et est très bien écrit. Un vrai régal !

Ce livre nous plonge dans l’histoire, ou plutôt les histoires, du Vieux Royaume. Au travers 8 nouvelles, nous allons en savoir un peu plus sur cette contrée à différentes périodes et en différents lieux : Ciudalia la capitale animée et sa population hétéroclite, les campagnes de Bromael, les régions barbares d’Ouromagne… et aussi l’évocation des Cinq Vallées où vivent les très discrets elfes…
Des personnages aux motivations et caractères biens différents vont être nos laisser-passer pour découvrir ce monde.
Personnellement je garde un bon souvenir de la nouvelle Le conte de Suzelle, une histoire triste comme il faut : on suit la petite paysanne Suzelle de son enfance à son déclin. Une vie de villageoise troublée par sa rencontre à l’adolescence avec un elfe badin et charmeur, dont elle tombe amoureuse, lui valant une existence d’attente de retrouvailles…
D’autres récits empruntent aux classiques du roman courtois, comme Le services des dames, où le chevalier Ædan va devoir aller venger une dame pour pouvoir traverser ses terres… Une quête qui ne va pas s’annoncer sans périls !
On rencontre aussi quelques fantômes qui hantent les bois dans Un amour dévorant. Cette enquête devra déterminer si les habitants de Noant-le-Vieux voient réellement les « appeleurs« , des esprits maléfiques qui apparaissent à la nuit tombée et plongent ceux qui les voient dans la terreur ou la folie…
Dans la même veine, Le confident nous raconte à la première personne l’histoire d’un prêtre du Desséché, le dieu de la mort, qui a fait vœu d’obscurité et s’est fait enfermer dans une crypte souterraine, où il se remémore son existence… Entre mysticisme et folie la frontière est mince !

Une très belle découverte qui me donne envie d’en lire plus de cet auteur… J’en avais eu un avant goût quand j’étais tombée sur sa nouvelle dans L’O10ssée Folio SF en 10 nouvelles. La bonne surprise s’est donc confirmée.
C’est vraiment sa plume et la manière dont il m’a amené dans son univers qui m’ont séduit… L’univers du Vieux Royaume est très riche et cohérent, mais il sait se faire oublier pour mettre au devant de la scène les différents personnages de ces histoires. On s’attache rapidement à eux, on comprend vite leurs motivations…
Cerise sur le gâteau, le sens de l’humour qu’on ressent entre ces lignes, que ce soit dans les renversements de situation, les fins pleines d’ironie, ou les blagues plus potaches… un régal je vous dit !

Aller, dès que j’ai du temps je m’attaque à la suite des récits du Vieux Royaume : Gagner la guerre !
En attendant, je ne peux que vous conseiller de découvrir cet auteur et ce roman 🙂

challenge de l'imaginaire ABC 2014

« Blast, tome 4 : Pourvu que les bouddhistes se trompent » de Manu Larcenet

blast4Il n’y a pas à dire, Manu Larcenet est vraiment  un auteur phare de la BD française… peut-être mon préféré.
Le quatrième et dernier tome de sa série Blast clos parfaitement une histoire, qui n’a pas du être toujours simple à écrire et dessiner ! Mais pour la lectrice que je suis, ça a été un plaisir du début à la fin (voir mes avis sur les tomes précédents ici et ) !

Polza est toujours interrogé par les deux enquêteurs, suite à ce qu’il aurait fait à Carole.
Il leur raconte l’hiver qu’il a passé auprès de Carole et de son père Rolland, dans une ferme éloignée de tout.
Rolland est en conditionnelle et passe ses journées à faire des découpages et dessins pornographiques… il est donc tout à fait disposé à cacher son nouvel ami Polza, marginal tout juste évadé de l’hôpital ! Mais cette amitié va conduire ce gentil hurluberlu à arrêter son traitement… et devenir de plus en plus instable. Polza et Carole vont rapidement basculer dans la folie à vouloir protéger Rolland… et se protéger de ses crises !

L’avantage de ce dernier tome, c’est que Larcenet ne nous laisse pas en plan… Après la fin du récit de son voyage raconté par Polza, il arrive à amener intelligemment le point de vu des deux enquêteurs sur cette affaire, avec d’autres preuves à l’appui.
Comme il le dit si bien dans cette bande-dessinée, il faut se méfier des choses écrites, car elles ne donnent que le point de vu de celui qui tient le crayon. Un double avertissement pour nous, lecteur ? Si la vérité ne vient pas de Polza, ni des policiers… Elle doit peut être se trouver quelque part entre les deux ?

planche blast 4

Un dernier tome très réussi je trouve, tant au niveau scénario que dessins, et surtout toujours aussi puissant. J’adore le traitement expressionniste, de certaines cases, comme par exemple celle des collage de Rolland (voir ci-dessus), qui oscillent entre le trash et le ridicule. Inséré dans une planche en noir et blanc tout en ombres et lumières, c’est très surprenant !
L’histoire se clos comme il se doit, pas de déception comme c’est souvent le cas à la fin d’une saga… Mon objectif l’an prochain, relire les quatre à la suite pour voir ce que ça fait, si on voit plus de choses !

Au passage, je profite de cette lecture pour remplir l’objectif « verbe » pour le challenge Petit BAC 2014 !

Challenge petit bac 2014