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« Charlotte Impératrice tome 1 : La Princesse et l’Archiduc » de Fabien Nury et Matthieu Bonhomme

La chèvre grise m’a motivée cet été à participer à une Masse Critique de Babelio… voilà comment je me suis retrouvée un peu par hasard à lire Charlotte Impératrice.
Ca faisait bien longtemps que je n’avais pas ouvert une bande-dessiné, et d’autant plus une BD « belge »… A force de lire des mangas et des comics, j’en avais oublié la sensation d’ouvrir un grand album cartonné et de tourner les pages colorées.
Une bonne réconciliation avec le format ou non ?

A la fin du 19ème siècle, nous découvrons Charlotte, princesse de Belgique, qui doit choisir son futur époux. Le roi du Portugal ou l’archiduc d’Autriche ? Son choix s’arrête sur Ferdinand-Maximilien d’Autriche, le frère de l’empereur d’Autriche François-Joseph…
Si les prémices du mariage sont un véritable conte de fée, Charlotte s’aperçoit rapidement que derrière le faste de la cours autrichienne, se cachent des relations familiales compliquées qui ont un impact direct sur le caractère de son époux…
Max l’archiduc est en fait le vilain petit canard de la famille des Habsbourg, le looser de la tribu… ce que Charlotte va comprendre lorsqu’elle rencontrera l’impératrice Elisabeth, que nous connaissons mieux sous le surnom de Sissi… Le pauvre couple Max – Charlotte va aller de Charybde en Scylla, dans l’espoir de trouver une place digne de leur rang.

Amusant de voir dans cette bande dessinée des conflits et névroses familiales transposées à la cours. Jalousie, perte de l’estime de soi, auto-destruction, traitrise…  Les têtes couronnées ne valent pas mieux que le dernier de leur sujet dans ce domaine. Mais ils peuvent aussi s’aimer, ce qui donne du courage à notre Charlotte.
Forcément, en tant que lecteur on focalise un peu sur la star autrichienne Sissi, qu’on nous a tellement servie au cinéma et à la TV comme l’archétype de la princesse souriante. Ici c’est une vraie garce revêche, sûre de son rang et manipulatrice. Et pourtant elle ne doit pas apparaitre plus de deux pages. Il ne fallait pas mieux que cette Nemesis pour motiver Charlotte à combattre son infortune et gagner un titre digne de son rang, puisqu’on ne lui offrira pas sur un plateau d’argent… Elle a épousé l’homme qu’elle aime, mais ça n’est pas pour autant qu’elle ne veut pas porter à son tour une couronne, et d’impératrice tant qu’à faire.
Un récit passionnant servi par une scénarisation et une construction des pages impeccable
Bref, j’ai pris beaucoup de plaisir à découvrir cette histoire, et je prends sur moi de ne pas aller regarder sur Wikipédia quel a été le destin – forcement tragique – de ce couple.
Les dessins m’ont plu (dieu sait que je suis difficile dans ce domaine,) et la mise en couleur est subtile, vivante… pour un univers tout en clair-obscur.

Bref, vivement la suite 🙂

 

« Dust » de Sonja Delzongle

Été étouffant avec ce thriller d’une auteure française, Sonja Delzongle, découverte au détour de ce partenariat estival avec Folio.
Direction Nairobi au Kenya, pour découvrir la face la plus sombre de l’Afrique, sur les trace d’un serial killer.

Hannah Baxter, profileuse d’origine française vivant à New-York, est contactée par le CID de Nairobi afin de les aider sur une nouvelle affaire de meurtre.
Effectivement, ces assassinats n’ont rien de commun, puisqu’ils sont executés sans laisser trace de corps, si ce n’est des litres de sang formant une croix au sol. Des dizaines de croix sanglantes ont ainsi été répertoriées, sans possibilité de les associer à un criminel… ni à une victime.
Hannah se rend donc au Kenya en tant que consultante pour aider Collin, le responsable de l’équipe sur l’enquête. Les méthodes de la jeune femme sont peu conventionnelles, puisqu’elle utilise un pendule l’aider dans sa tâche. C’est grâce à cela qu’elle découvre que les corps des victimes sont bien là, au même endroit que les croix de sang… pulvérisés en poudre si fine qu’elle en est invisible.
Comment le tueur s’y prend-il pour réduire les corps en poussière ? Pourquoi assassine-t-il ses victime ? Qui est-il ? Et surtout, cette affaire a-t-elle un lien avec les mutilations et les meurtres des albinos de la région ?

Finalement en lisant ce livre, ce n’est pas le serial-killer « Dust » qui nous paraît inhumain, mais toute un réseau qui s’appuie sur l’ignorance d’un peuple : celui des tueurs d’albinos. La tradition veut que les albinos et les morceaux de leurs corps aient de grands pouvoirs magiques, utilisés par les sorciers locaux dans des potions pouvant apporter pouvoir et richesse… ainsi, les albinos africains sont des cibles ambulantes, attaqué et dépecés en pleine rue, pour récupérer leurs membres qui valent une fortune.
Ça m’a mis la puce à l’oreille, car l’auteure va loin… même très loin dans l’horreur à ce sujet, je me suis douté qu’il y a un fond de de vérité. Et malheureusement c’est le cas. Je vous laisse chercher sur Google, mais ça fait froid dans le dos

Revenons à notre récit… Beaucoup d’horreur, une enquête bien menée… quoique qu’un peu précipité sur la fin.
Les personnages m’ont moyennement plus, car assez caricaturaux selon moi. Mention spéciale pour le vrai méchant, qui ne pouvait être qu’un nazi… Bof…
Je retiendrai surtout un portrait sans aucune concession de l’Afrique, embourbée dans la violence et l’archaïsme. Je n’avais déjà pas très envie de le visiter (à cause des insectes qui volent et qui rampent !), mais la j’en suis épouvantée ! 

Bref, une lecture de RER idéale, qui se lit facilement et m’a ouvert les yeux sur la place des albinos en Afrique sub-saharienne… L’enquête ne m’a pas plus emballé que ça, mais la lecture reste rythmée et exotique.

« Même pas mort  » de Jean-Philippe Jaworski

En choisissant un roman de Jean-Philippe Jaworski sur Audible le mois dernier je ne prenais pas trop de risque… Le maître de la fantasy a encore frappé avec ce récit qui est dicté avec brio par Jean-Christophe Lebert.
Ce roman est le premier d’une saga : Les Rois du Monde. Une entrée en matière palpitante qui donne immédiatement envie de lire (ou écouter) la suite !

Bellovèse, fils de Sacrovèse, vit dans le Royaume Biturige avec son frère et sa mère. Déchus du pouvoir, ils vivent comme des exilés loin de la cour. En effet, leur oncle Ambigat a tué le roi Sacrovèse lors de la Guerre des Sanglier, il y a une dizaine d’années de cela.
Maintenant que les fils de Sacrovèse touchent à l’âge adulte, leur oncle devenu Haut Roi veut les voir combattre dans son armée…  Une manière comme une autre de ne pas se salir les mains et de faire disparaître la progéniture de son ennemi, eux qui sont les véritables prétendants du trône. Mais les choses ne se sont pas passées comme prévu… Si Bellovèse a bien été tué lors de la guerre, il est revenu du monde des morts.

Une épopée incroyable construite en couche narrative successives, qui nous permet de découvrir le passé de Bellovèse et les origines de la haine qui envenime la famille du jeune prince. La construction de l’histoire, où plusieurs trames sont enchevêtrées, permet de dévoiler les pans du récit un a un, des faire des hypothèses, et surtout d’avoir des surprises jusqu’à la dernière ligne.
Entre roman historique se déroulant dans la Gaule antique et légendes celtiques, j’ai voyagé dans l’espace et le temps comme je l’avais rarement fait. Un véritable émerveillement !

Un vrai coup de cœur que je conseille fortement aux fans de fantasy et aux autres. On se laisse happer par cet univers, ses personnages, ses légendes… tout en plongeant dans le passé de nos cher « ancêtres gaulois » 😉
Et je n’ai plus qu’une envie : me précipiter sur la suite !

Et au passage, une lecture pour le Challenge ABC !

 

 

« EVJF » de Liz Blackrock

Pas de chance pour le partenariat de mars avec Denoël, le livre qui me faisait de l’œil n’était plus disponible ! Je me suis rabattue vers EVJF un peu à contre-coeur, mais comme il collait pour mon challenge ABC, j’ai décidé de tenter l’aventure.

Dans la région de Lyon, Amandine doit se marier très bientôt avec son fiancé à particule. Elle qui vient d’un milieu ouvrier, la cérémonie et tout ce qui va avec la stresse un petit peu… Mais heureusement pour elle, à 3 semaines de l’échéance, ses copines ont organisé son enterrement de vie de jeune fille, dans le sud de la France à Cassis.
Dès le début, tout ne se passe pas comme l’aurait souhaité l’organisatrice de l’événement et témoin de la mariée, Justine… et les choses vont aller de mal en pis. Entre Eva la timide, Vanessa la sœur de la mariée qui ne lâche pas son portable, Constance la belle-sœur qui est totalement rigide, Charlotte qui enceinte jusqu’au yeux qui essaye de faire des économies, et Justine qui régente tout… Amandine va avoir fort à faire pour créer de la cohésion dans ce petit groupe.
Mais c’est sans compter la présence d’une pomme pourrie dans le panier, qui va faire de cet EVJF un véritable enfer…

Un petit roman pas mal foutu finalement, qui alterne le récit de l’EVJF avec des scènes et échanges de mails concernant sa préparation. On aime détester certains personnages, même si certains sont assez caricaturaux. La chute est assez prévisible, mais j’ai tout de même pris du plaisir à le lire. C’est mon côté midinette qui surgit de temps en temps !

Je le conseille donc comme une bonne lecture de vacances, pour passer le temps en train ou sur la plage, pour ceux qui auront la chance de faire bronzette au printemps !

Merci Denoël pour ce partenariat !

EVJF de Liz Blackrock
Editions Denoël – Hors collection – 288 pages
Paru le 1er mars 2018

« Les garcons de l’été » de Rebecca Lighieri

Les garçons de l'étéPour le partenariat Folio, je me suis laissée tentée par une épreuve non corrigée… Lire un roman bien avant sa sortie officielle, c’est un petit plaisir non négligeable 😉
Comme cela m’arrive parfois, je choisi ce livre sans trop savoir de quoi il en retourne. Et bien, je pense qu’on se trouve ici devant un roman qui ne laissera personne indifférent…

Thadée et Zachée sont deux frères beaux comme des dieux, jeunes, grands, blonds et fans de surf. Alors qu’ils sont à La Réunion à pratiquer leur sport favori, Thadée se fait mordre par un requin à la jambe. Désormais amputé, il sombre dans la déprime la plus profonde, embarquant dans son désespoir toute sa famille. En effet, son accident devient le révélateur de toute l’horreur qui se cache sous les traits d’une famille modèle.

Et bien voilà une lecture ardue pour moi… à plusieurs moment, surtout dans le premier tiers, je me suis demandée si je n’allais pas arrêter. Ca n’était peut-être pas le moment pour moi… je ne sais pas.
Le fait est que j’ai trouvé que les personnages majoritairement antipathiques, et comme l’histoire se déroule sous forme de chapitres où chacun des protagonistes devient le narrateur, on a leur point de vu tour à tour à tour. Et vu le fiel qui se déverse entre les lignes, on a l’impression que l’auteur a des comptes à régler avec les familles bourgeoises des Pays Basques…
Du coup avec certains personnages c’était assez insupportable à lire… La mère par exemple, à qui on a envie de mettre de claque à la fin de chaque paragraphe… Ou encore la petite amie de Zachée, Cyndie, qui ne peut pas s’empêcher de partir dans des « chéris d’amour » au début de chaque phrase sur certains chapitres. Et je ne parle pas des références au monde du surf, qui sont très loin de me faire rêver…
Si l’histoire en elle même est tout de même interessante et digne d’un roman noir, le traitement peut fatiguer : comme on est dans la tête des différents narrateurs, on a énormément se digressions. Soit, elles permettent de dresser un tableau psychologique des personnages… mais cela devient parfois lassant.

Sur la fin on flirte presque avec le conte… dont la moralité m’a laissée perplexe. D’ailleurs je pense que l’intention de l’auteur est à peine voilé de se réapproprier le recette des mythes pour en créer un aux saveurs plus moderne.

Bref, je ne suis pas certaine de l’apprécier, même si j’admet que sa construction est intéressante et fonctionne bien : la famille bourgeoise modèle cache finalement une face monstrueuse… ou pire, « normale ».

Merci Folio… et une lecture de plus pour le challenge ABC !

abc2018

« Pornarina » de Raphaël Eymery

pornarinaAmbiance macabre pour ce partenariat Denoël de juin. Pornarina mélange légendes anciennes et univers des déviances, du freak et des obsessions, sur fond de meurtres en série.

On l’ignore, mais depuis plusieurs dizaines d’années une prostituée assassine des hommes partout en Europe. Son mode opératoire: elle propose une fellation à ses victimes et leur sectionne avec ses dents leurs organes génitaux.
Cette femme aurait une tête de cheval… bien que personne n’ai survécu pour en témoigner.
Tueuse en série ou créature mythique ? Un groupe de chercheurs appelés pornarinologues enquêtent et tentent chacun de leur côté de suivre la trace de Pornarina.
Pendant ce temps, Antonie, orpheline contorsionniste de 24 ans,  a été adoptée par un pornarinologue pour servir ses noirs desseins : éliminer ses concurrents et mettre la main sur Pornarina le premier.

Malgré quelques point comment sur le côté sombre et grand-guignol, on est loin de l’ambiance gothique et humoristique de la famille Addams. L’univers de Pornarina est très glauque, que ce soit par ses liens avec l’univers du meurtre ou celui de la prostitution. Le traitement du corps, de la violence et du sexe n’est pas sans me rappeler les oeuvres du mangaka Suehiro Maruo et son « eroguro » (érotique grotesque).
A voir comment évoluent les chasseurs de Pornarina, on se demande qui est le plus détraqué : le chasseur ou la prostituée ? En tous cas, Pornarina, tout le monde en parle, mais personne ne la voit. Habiterait-elle uniquement les esprits malades des pornarinologue ?
Une guerre des sexes émerge aussi dans ce récit : Pornarina, expiatrice des pêchés des homme. Car il n’y a bien que les mâles qu’elle peut tuer avec son mode opératoire.

Malgré des qualités – univers et personnages atypiques, recherches sur les cabinets de curiosité, l’étrange…-, je suis tout de même mitigée sur l’ouvrage, car son aspect parfois fragmentaire m’a un peu coupé du récit.
Au vu sa thématique, ce n’est pas vraiment le genre d’ouvrage que je conseillerais à des yeux non avertis… mais les amateurs d’horreur et d’étrange y trouveront leur compte, au moins par curiosité malsaine 😉

Merci Denoël pour cette découverte.

Pornarina de Raphaël Eymerie
Editions Denoël collection Lunes d’encre – 208 pages
Parus le 1er juin 2017

Et une nouvelle lecture pour le challenge ABC !

abclogoshadow

 

« En attendant Bojangles » d’Olivier Bourdeaut

Surprise dans ma boite au lettre la semaine dernière : une enveloppe de Folio contenant le roman dont il est ici question, et une invitation pour sa soirée de lancement. 

Sous la forme d’une autobiographie délirante et poétique, contenant pour preuve le journal intime de son père, l’auteur nous délivre un petit bijou.

en attendant borjangles

Enfant, le narrateur est sa mère, une femme pétillante dotée d’un grain de folie, changeant chaque jour de prénom au gré de humeur de son époux et vouvoyant tout le monde.
Cette petite famille et leur grue d’Afrique Melle Superfétatoire vive dans un monde de fête perpétuelle, de plaisir, d’amour et d’humour. Une vie de rêve ! Une vie fantasmée peut-être ?

Poétique et décalé, difficile de définir ce roman, qui semble se situer ente l’épopée lyrique et le journal intime…la folie douce glisse doucement du surréalisme au véritable drame.
En effet, difficile de ne voir que la lumière et l’évasion dans ce roman… La joie cache une tristesse infinie si on sait lire entre ligne, et retirer le masque de carnaval dont est affublé ce récit. La réalité est magnifiée, comme pourrait le faire un enfant regardant par le prisme d’un kaléïdoscope… mais on a envie d’y croire de toute nos forces !

Un bon moment de lecture court et rafraîchissant pour ce premier roman d’Olivier Bourdeaut !

« La Panse » de Léo Henry

La PansePour le partenariat de janvier Folio, j’ai choisi La Panse… Un titre énigmatique, dans la collection SF, par auteur français… et une édition directement au format poche. Habituellement, ce détail me ferait peur. Il faut dire que dans le domaine de l’audiovisuel les sortie directement en DVD sans passer par la case cinéma laisse présager le pire. En va-t-il  aussi ainsi dans le domaine littéraire ?

Bastien Regnault, au chômage et vivant à Paris en 2016 n’a pas de nouvelles de sa sœur Diane depuis plusieurs mois. Militaire, elle a habitué sa famille à ne pas donner de nouvelles régulièrement, mais refait toujours surface au bout de quelques mois. Elle ne va plus travailler, son numéro de téléphone est désactivé… elle a disparu. En fouillant auprès de son dernier employeur et en piratant sa boite mail, Bastien retrace les dernières activités de Diane, et découvre par hasard l’existence de la Panse.
Il s’invite à un de leur événement à La Défense. La Panse de premier abord à tout d’une société secrète… mais alors, qu’y fait sa sœur ? Pour le découvrir, Bastien va devoir se fondre dans ce groupe

Voici une enquête contemporaine bien ficelée et assez réaliste. Je ne suis pas du tout habituée à lire des roman français et contemporain, du coup c’était amusant de revoir des lieux de mon quotidien parisien : La Défense, la Place des Fêtes…
La première moitié du roman est assez intéressante, lorsque Bastien enquête sur la disparition de sa soeur, et rentre dans le système de la Panse, pour découvrir ce qui ressemble à une secte. Vie en communauté, travail harassant, séances de méditation de groupe, usage de drogues…
La seconde partie rentre un peu plus en profondeur dans les rouages de cette institution, et c’est malheureusement là que ça dérapeLe final m’a assez déçu, à la fois attendu et à la fois « what the fuck? ». Mais je ne vais pas en dire plus !

Bref, un livre qui se lit très vite, assez prenant, vite avalé en un gros voyage en train. Pas exceptionnel, mais correct pour nous tenir en haleine quelques heures.

Un roman pour le challenge ABC !

abclogoshadow

 

« Gagner la guerre » de Jean-Philippe Jaworski

Gagner la guerreDu lourd et du très volumineux pour commencer l’année, avec Gagner la guerre, une référence de la fantasy française. Pendant quelques semaines, je me suis plongée dans un univers et un récit d’aventure passionnant, qui fait une belle transition avec Janua Vera, le premier opus de la saga des Vieux Royaumes, qui était sous forme de nouvelles. Ici nous avons le droit à une histoire complète à la première personne, qui nous fera voyager dans quelques régions du monde imaginé par Jaworski.

La République vient de remporter une victoire fabuleuse contre son ennemi Ressine, et c’est Don Benvenuto  l’homme de main du Podestat, le chef de la République, qui doit parlementer avec le Shah vaincu pour organiser leur réédition. Passé à tabac et emprisonné, il finit par être libéré et accueilli en héros de la République à Ciudalia par son patron le Podestat Leonide Ducatore. Mais au milieu des manigances et des trahisons entre les politiciens de la ville, Benvenuto se retrouve dans la tourmente des sales boulots commandés par le Podestat, et bientôt la cible de la vindicte des hommes d’état… Comment l’assassin va-t-il se sortir de ce mauvais pas, entre le cynisme de son patron et ses spadassins, son maître en sorcellerie, et sa fille qui n’a pas sa langue dans sa poche…

J’ai adoré la plume de Jaworski, qui prend ici la voix de Benvenuto. L’univers des Vieux Royaumes est génial, avec son côté renaissance italienne mâtiné de Roma antique, et bien entendu de fantasy. Attention tout de même, le monde créé par l’auteur est tellement précis et tant raccrochés à des réalités historiques palpables (descriptions de villes qui ressemblent à Venise ou Florence, de paysages qui évoquent les bords de la Méditerranée…) qu’on a l’impression qu’il est véridique.

L’assassin est loin d’être un enfant de cœur, mais on s’attache vraiment à lui, même quand il commet les pires abominations. Cet ouvrage fait plus de 900 pages, mais on a envie de savoir ce qu’il pourrait se passer après cette longue histoire ! Car il n’y a pas que des conflits politiques et des petites manigances dans ce récit, il y a aussi des épopées pleines de sueur et de sang, mais aussi de la poésie, de l’humour… qui donnent très envie de se plonger dedans encore et encore.

Une très belle découverte, je pense me repencher sur cet auteur rapidement, avec Le sentiment du fer peut être, annoncé comme une suite de ce roman.
Au passage, une lecture pour le challenge ABC !

abclogoshadow

« Sept secondes pour devenir un aigle » de Thomas Day

sept secondes pour devenir un aigleRetour sur Thomas Day, que j’avais découvert il y a quelques années lors de ma lecture de La voie du sabre. J’en avais un pas trop mauvais souvenir, c’est pourquoi je l’ai choisi lors du partenariat Folio du mois dernier. Voici donc un recueil de nouvelles de science-fiction, qui comme la postface l’indique, place l’homme sur une Terre qu’il a lui-même façonné : c’est l’ère de l’Anthropocène, pour le meilleur mais surtout pour le pire.

Six nouvelles au menu, chacune nous plongeant dans un univers et une époque différente.
Mariposa est peut être celle que j’ai préféré, bien que la manière dont elle est menée me laisse dubitative. Un peu de suspense, mais sa chute est assez attendue… En tous cas, elle nous amène dans les îles du Pacifique, entre la période des voyages de Magellan, la Seconde Guerre Mondiale et l’époque moderne… Une île où la forêt luxuriante laisse place à des arbres à papillons aux étranges propriétés.
J’ai aussi apprécié Sept secondes pour devenir un aigle, mini voyage initiatique d’un jeune indien d’Amérique à notre époque, avec son père qui renie tout de la civilisation occidentale.
Petite déception pour le gros morceau Ethologie du tigre, déjà lu dans L’odyssée Folio SF en 10 nouvelles. Si j’apprécie cette nouvelle, bien que rétrospectivement il y en ait des mieux dans ce receuil, je n’aime pas relire deux fois la même chose !
Shikata ga nai nous projette dans les décennies post-Fukushima au Japon. Il y a quelque chose là de vraiment sympa, mais de trop court, dans le style survivalisme cyberpunk !
Les deux dernière nouvelles m’ont moins plu… Tjukurpa nous plonge dans le monde de la réalité virtuelle en Australie aborigène, à la recherche du paradis perdu. Lumière Noire prend racine dans le mythe moderne de la Terre contrôlée par les machines. Pas mal, mais un peu longuet, j’ai eu du mal à me plonger dedans vraiment.

Une lecture sympa pendant mes vacances d’octobre, qui a l’avantage de questionner sur l’empreinte de l’homme sur sa planète. En ces temps, il est toujours bon de se projeter un peu dans ce type de fiction, qui fleure parfois la réalité !