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« L’Empire des Anges » de Bernard Werber

8 ans après ma lecture des Thanatonautes je termine enfin le second volume du cycle des anges de Bernard Werber… Il faut croire que n’avais pas été très emballée par ce roman pour autant tarder à ouvrir L’Empire des Anges.
Mais finalement mes retrouvailles avec l’équipe des explorateurs de la mort s’est plutôt bien passée et mon expérience a été très bonne. Le signe de la maturité ou un roman de meilleure qualité ? 

Nous reprenons l’histoire de Michael Pinson là où nous l’avions laissé dans Les Thanatonautes : alors qu’il est dans son appartement, un avion de ligne fonce droit vers son immeuble… et c’est la fin. Les Archanges ont décidé qu’il avait été trop loin avec ses expériences de voyages post-mortem et n’ont pas apprécié qu’il publie un livre sur le sujet. Ils l’ont donc éliminé du monde des vivants
Mais heureusement l’au-delà existe et Michael va pouvoir se confronter au jugement des Archanges, voir son âme pesée et son cas défendu par un avocat de qualité, Emile Zola. Enfin ! Michael peut sortir du cycle des réincarnation terrestre et devenir un ange.
Son nouveau rôle ? Devenir l’ange gardien de trois âmes qu’il va suivre de leur conception jusqu’à leur mort et la pesée de leur âme. Et le job n’est pas si simple que cela, car pour permettre à ses « clients » d’éviter des gros coups durs et surtout de les élever spirituellement, il n’a pas beaucoup de leviers. Les rêves, les intuitions, les oracles et les chats…
Comment Michael va s’en sortir ? Et surtout comment les âmes dont il a la charge, rongés par les traumatismes de leurs vies antérieures, vont évoluer ? Entre un écrivain asocial flanqué d’un chat obèse et télévore, une mannequin de mode obsédée par son physique et sa réussite et un orphelin russe vouant une haine farouche à sa mère qui a voulu le tuer… il va avoir du boulot !

Comme je le disais plus haut j’ai bien plus apprécié cette histoire que Les Thanatonautes, et même que d’autres romans de Werber (Les fourmis notamment).
Cette fois j’ai choisi l’option audio et ce genre d’ouvrage assez dynamique, où on change souvent de personnage, de point de vue, parfois un peu verbeux… se prête bien à ce format je trouve.
Bien entendu il y a quelques longueurs, ou plutôt des passages moins intéressants. Par exemple les retrouvailles de Michael avec ses anciens comparses de l’aventure thanatonautique, donnant lieu à de nouvelles explorations et scènes de combats, accompagnés de Maryline Monroe (je n’aurais jamais misé une cacahuète sur l’éveil spirituel de ce personnage…).
Mais finalement le style est agréable, les personnages attachants (surtout les clients de Michael), les réflexions philosophiques nous questionnent sur des sujets variés (la place de l’humain dans l’univers, les religions, ce que signifie un éveil spirituel…) Bref j’ai beaucoup aimé !

Aller, cette fois je n’attendrai pas 8 ans pour lire la suite, Nous les Dieux… du moins je crois 😉

Et comme bien souvent cette lecture me permet d’avancer dans le challenge ABC, pour la lettre W !

« Marie-Antoinette » de Stephan Zweig

Suite à ma lecture de Magellan en fin d’année dernière, je n’avais qu’une envie, me replonger dans un ouvrage historique de Stephan Zweig !
Faut-il encore présenter Marie-Antoinette ? Depuis nos premiers cours d’histoire à l’école, nous avons entendu beaucoup parler de cette jeune princesse venue d’Autriche pour épouser le dauphin Louis XVI. Perçue comme le déclencheur de la Révolution Française de part ses dépenses fastueuses et son comportement léger, elle sera emprisonnée et décapitée sous la guillotine après une fuite ratée à Varenne.
Mais qui était vraiment Marie-Antoinette ? Était-elle vraiment cette jeune femme imbue d’elle même que l’histoire a gardé en mémoire ?
C’est ce que Stephan Zweig tente de découvrir dans l’analyse psychologique qu’il nous livre ici, réalisé à la lumière de source historique qui se veulent factuelles.

J’ai redécouvert Marie-Antoinette et toute son époque grâce à ce livre. Tout l’univers du 18ème siècle est très bien détaillé, et le portrait brossé de la Reine est criant de réalisme. Reste à savoir s’il est bien objectif… En effet, on sent que Zweig tente de racheter ce personnage malmené par l’histoire et tant détesté.

En tout cas j’ai appris beaucoup de choses, notamment sur l’affaire du collier, la fuite à Varenne, les relations entre Marie-Antoinette et Fersen… et j’en passe ! Ce qui est intéressant, c’est de voir l’évolution de la jeune adolescente devenue Reine de France rayonnante et indolente, jusqu’à la mère destituée, enfermée dans un donjon froid et lugubre à la veille de sa mort…

Bref, une belle lecture (enfin lecture audio), peut-être moins passionnante que Magellan qui était plus un récit d’aventure, mais tout de même captivante. A l’année prochaine Zweig, pour le prochain challenge ABC !

« Rois du monde, tome 2 : Chasse royale, partie 1 : De meute à mort » de Jean-Philippe Jaworski

Après m’être prise de passion pour le premier opus de cette saga des Rois du Monde, avec le premier livre Même pas mort, je me suis ruée sur sa suite Chasse Royale partie 1 eu livre audio. Un bon plan pour remplir une lettre pas évidente du challenge ABC !
Si on retrouve bien la plume de Jaworski ici, avec son talent pour créer et donner vie à des univers, nous sommes plus dans un roman historique que de la fantasy dans ce tome…

Nous avions laissé Bellovèse, fils du roi Sacrovèse, il y a 9 ans de cela. Depuis sa vie a changé. Il est à la cours de l’ennemie et assassin de son père, son oncle Ambigat, et il a pris une femme, à des filles et des terres…
Alors qu’il doivent rendre visite à une tribu vassale lors des fête du passage de l’été, il saute aux yeux qu’Ambigat perd de son pouvoir : les récoltes sont mauvaises depuis de nombreuses années, les bêtes meurent, et les hommes ont faim.
Est-ce à ce moment propice que la révolte va enflammer le pays ? Quel parti Bellovèse va choisir ? Celui de son oncle, ou celui de ses opposants ?

C’est avec regret que je doit reconnaître que je n’ai pas du tout adhéré à ce roman… si j’avais aimé le premier tome c’était pour son univers à cheval entre réalité et mythe, dans un monde vu par les yeux d’un enfant.
Aujourd’hui Bellovèse est adulte et forcément le monde est moins drôle. Des combats, de la politique… et le temps qui semble bien long à l’écoute, surtout avec la nuée de noms de tribus ou de personnages en celte. Pas facile de suivre quand on a une mémoire plutôt visuelle comme moi ! Pourtant la dernière heure de lecture change du tout au tout : des vrais actions héroïques, et le retour de l’univers onirique de Même pas mort ! Pour le coup ça donnerait presque envie de retenter l’aventure avec le 3ème livres….
Enfin pas avant l’année prochaine, pour un nouveau challenge 😉


« Au revoir là-haut » de Pierre Lemaitre

Pffiou, ce n’est pas cette année que je serai plus régulière dans mes publications sur ce blog… Mais heureusement mon système de parallélisation des lecture audio / papier me permet de tenir mes challenges annuels (au détriment de mon écoute de Deezer, je suis mal barrée pour apprendre tout le répertoire d’Alice Cooper pour septembre prochain…) !

Mais revenons à nos moutons… Au revoir là-haut. Au moment de chercher des auteurs pour le challenge ABC dans la bibliothèque Audible, je suis retombée dessus… la couverture me disait quelques chose (c’est en fait l’affiche du film sorti il y a un an et demi) et en cherchant un peu plus je vois que c’est un prix Goncourt. Méfiance… Je ne suis pas une lectrice si facile ! Une collègue bercée dans les romans historiques me promet que c’est vraiment bien. Aller, pourquoi pas !

Derniers jours de la Première Guerre Mondiale, côté français, dans les tranchées. Albert et ses camarades espèrent ne pas avoir à monter au front… ça serait trop bête de mourir sous les balles allemandes à quelques heures de la fin du conflit ! Et pourtant ils y retournent pour venger la mort de leurs éclaireurs, sous les ordres du Lieutenant Pradel.
Au final, Albert se retrouve enterré vivant dans un trou d’obus avec une tête de cheval et Edouard en le sauvant se fait arracher la moitié du visage par un éclat d’obus. Une amitié étrange va naitre entre les deux hommes, avec en toile de fond le perfide Pradel, à l’origine de tous leurs maux.

Difficile de décrire ce roman… Le tableau d’une époque ravagée par la guerre, l’ironie du destin, une galerie de personnages impeccables, et aussi de l’humour et de la poésie… j’ai été complétement happée par cette histoire !
J’ai adoré le personnage d’Edouard, que je ne peux pas séparer dans mon esprit du personnage principal de Johnny s’en va-t’en guerre de Dalton Trumbo (certainement un de mes livres favoris). Le sort que notre bonne mère Fortuna lui réserve est assez renversante : jeune artiste bourgeois, défiguré et handicapé pour avoir sauvé la vie d’un camarade de combat, on pense qu’il touche le fond en devenant opiomane avant de réaliser l’œuvre de sa vie : une escroquerie aux monuments aux morts !
Voilà je n’en dirais pas plus… mais ce personnage associé à un Albert prolo et couard donne une dynamique assez explosive !

Un point très positif, le livre est lu par l’auteur. Et ce n’est pas loin d’être la meilleure prestation en livre audio que j’ai pu écouter ! On vit vraiment les scènes, on imagine les personnages et leurs attitudes grâce à sa performance… Les dialogues, les souffles, les silences… Y’a pas à dire, il n’y a surement pas mieux que l’auteur pour interpréter son oeuvre.

Encore un coup de cœur pour un livre qui sort de mes lectures habituelles… Je n’ai qu’un seul regret, de ne l’avoir qu’au format audio et ne pas pouvoir prêter une version papier à mes amis !

 

«La femme brouillon» d’Amandine Dhée

Première lecture de l’année, première lecture aussi pour le challenge ABC… grâce à ce court roman reçu lors du partenariat Folio de Décembre. Oui, j’ai un peu tardé à m’y attaquer, mais j’avais beaucoup de livre en retard à lire en fin d’année…
Il n’y avait pas grand chose d’inspirant dans la liste de Folio le mois dernier, j’ai donc choisi ce roman… au nombre de pages ! Le plus court possible. Et oui, c’est moche.

Récit autobiographique, Amandine Dhée nous livre ici son expérience de grossesse et de maternité. Elle qui ne se voyait pas mère passe de surprise en découvertes, bonnes et mauvaises tout au long de ces mois.

Moi qui ne suis vraiment pas fans de ce genre de témoignage, j’ai été agréablement surprise. Loin d’être un étalage mielleux du bonheur de la maternité, l’auteur nous raconte ses doutes, ses angoisses, ses victoires aussi… elle ne juge pas les autres mères ni celles qui ne veulent pas l’être, ne parle pas au nom de toutes les femmes, et lorsqu’elle est tentée de le faire, le met sur le dos de la « femme-lézard » qui sommeille en elle, la mère primitive tout droit sortie du cerveau reptilien.
Un récit poétique et drôle, plein de bonne réflexion sur la vie et sur les modèles qu’on nous construit pour définir nos identités… que ce soit de genre que de fonction dans la société.

Vue la brièveté de l’ouvrage, je le mettrai sans hésitation entre toutes les mains !

« Le coup de grâce » de Marguerite Yourcenar

Ca y est, la ligne d’arrivée du challenge ABC est visible, là, tout au fond !
Pour le Y j’ai été faire une petite balade dans une vraie librairie, ce qui ne m’arrive pour ainsi dire jamais… et c’est bien dommage ! Je suis allée à Mille pages, à Vincennes. Beaucoup de choix, des livres sur deux étages… à retester en 2019 !
Donc en regardant leurs auteurs en Y je suis tombée sur Yourcenar… je l’avais pour ainsi dire oubliée depuis ma lecture des Mémoires d’Hadrien. Là avec Le coup de Grâce je ne prend pas trop de risque, s’agissant d’une nouvelle d’une petite centaine de pages.
C’est donc en débutant ma lecture que j’ai découvert l’histoire de ce récit.

Eric se remémore les derniers mois du combat entre l’Allemagne et la Russie à la fin de la Première Guerre Mondiale, dans sa région natale situé à la frontière des deux belligérants, dans les Pays Baltes. Eric est un soldat allemand, et son objectif est de sécuriser une base stratégique, qui se trouve être le manoir de son ami Conrad, lui aussi soldat dans l’armée germanique. Au milieu de se détachement militaire la soeur de Conrad, Sophie, se retrouve bonne à tout faire pour la troupe de soldats. Les jours passant, la jeune femme tombe amoureuse d’Eric.

Le récit à la première personne donne tout son intérêt à cette histoire d’amour unilatérale. Sophie aime Eric d’un amour naïf et pur, mais elle ne s’est pas rendu compte qu’il n’aime que lui. La dureté des pensée et propos de cet homme, sa mauvaise foi, et tout simplement sa méchanceté pimente cette amourette en temps de guerre. Cela pourrait fort ressembler à une sorte de marivaudage si la guerre et l’attrocité des combats des bolchéviques contre les allemands ne ravageait pas le pays et ses hommes.

J’ai beaucoup aimé la plume de Marguerite Yourcenar, mais peut-être un peu moins le récit… Et forcément, vu le tableau que je vous en ai dressé, j’ai détesté tous les personnages, ce qui est certainement l’objectif de l’auteur (enfi du moins pour Eric…).

Une belle découverte, que je ne conseillerais peut-être pas, mais qui m’a enrichie.

« Comme un phare dans la tourmente » de Wendall Utroi

Encore un livre de plus dans mon challenge ABC, en mode express avant le 31 décembre !
Comme tous les ans le U est une vraie galère… il n’y a pas énormément d’auteur dont le nom commence par cette lettre. En regardant un peu sur le catalogue de prêt Amazon Prime pour Kindle, je suis tombée sur cet auteur : Wandall Utroi, un auteur français comme son nom ne l’indique pas. Comme un phare dans la tourmente était pas mal noté, et assez court. Aller hop, vient voir Loesha toi 😉

Dans les années 70, Martial vit a la campagne dans le Sud de la France. Alors qu’il n’avait plus de nouvelles de sa fille Mylène, partie à la capitale se marier des années auparavant, voilà qu’elle réapparaît ! Mais son retour n’annonce pas de bonnes nouvelles : hospitalisée, elle laisse à Martial la garde de son fils de 5 ans, Antoine. Il s’avère que Mylène et Antoine ont été battus par Alex, le mari de celle-ci et père du petit…
Ça Martial a du mal à le digérer… Avec l’aide d’Anne, son aide à la ferme et quasi fille adoptive, il va essayer de redonner de la joie de vivre à Antoine et de sortir Mylène des griffes de son mari violent.
Mais c’est peine perdu, Mylène n’a qu’une envie, retourner auprès de son époux.

Au risque de me faire des ennemis parmi les lecteurs qui ont adoré ce livre (19 de moyenne sur Livraddict tout de même, 4,9 sur Amazon…), je n’ai pas été plus emballée que ça.

Je trouve la psychologie des personnages pas assez fouillée, dans une ambiance très manichéenne.
Du coup oui, Alex le méchant père issu d’une famille bourgeoise on le déteste, le papy qui vient de la campagne on le trouve gentil… un peu cliché. Mais dommage, Mylène passe pour une cruche et le petit Antoine n’est pas intéressant…
Martial aurait mérité qu’on creuse un peu son passé, ou alors qu’il ait vraiment un côté plus sombre. C’est le seul personnage avec lequel j’ai eu un peu d’empathie…
Donc dommage, avec un thème pareil il y avait moyen de moins faire dans le pathos. Je m’attendais même à un thriller pour briser le rythme ! Mais non.

Côté écriture j’ai trouvé ça trop rapide, des répétitions de motifs et les dialogue pas toujours géniaux…
Sur la fin c’est un peu mieux, car on trouve enfin le cœur du récit : un hommage aux liens familiaux, la dénonciation de la société qui sépare les famille pour le travail, laisse les anciens seuls…

Bref, je suis très mitigée… mais sans nul doute qu’il plait à la majorité des lecteurs, vu les commentaires dithyrambiques qui circule sur son compte.

« La femme sous l’horizon » de Yann Queffélec

Une fois de plus, le challenge ABC et sa dernière ligne droite m’a engagé vers des lectures que je n’avais pas du tout anticipées. Après des recherches d’auteurs pour la lettre Q, j’ai redécouvert l’auteur Yann Queffélec. Il y a plus de vingt ans au lycée je lisais Les noces barbares, un vrai livre coup de poing qui ne peut que résonner dans l’esprit d’un adolescent…

Dans la Lorraine des années 80, une famille vit en huis clos dans un manoir perdu au milieu des bois. D’origine russe, ce clan est régit par la grand-mère Zinnaïde, et ses fils : l’alcoolique et violent Vladimir et Lev le prêtre défroqué complètement effacé. Vladimir a deux fille, Zenia et Tita, qu’il élève seul, sa femme Carmilla étant morte dans un accident.
Mais le fantôme de Carmilla plane toujours sur la famille. Vladimir ne s’étant jamais remis de la mort de son épouse, il se venge sur la bouteille et sur Tita, qu’il frappe et fait boire dès ses premiers mois. Zinnaïde défend à quiconque de rappeler son souvenir ou de citer son nom… Qu’est-ce que cette femme a fait de si terrible ? Et pour le plus grand malheur de tous, Tita en grandissant ressemble comme deux gouttes d’eau à sa mère défunte… Quel destin peut bien l’attendre ? Pourra-t-elle échapper à sa famille et à l’ambiance étouffante du manoir de Baba Yaga ?

Nous suivons particulièrement Tita dans ce récit tragique, qui est constamment sous le signe du double. Tita et Carmilla se ressemblent comme des jumelles, et la jeune jeune fille va finir par se confondre totalement avec sa propre mère, comme habitée par son âme. Carmilla, la femme sous l’horizon, qui rythme le malheur de tous. Car oui, personne n’est heureux… comme dans un roman russe !
Petit éclair d’espoir, l’amour et la venue d’un enfant pourraient être sauver Tita…  seulement si elle laisse sa haine et son doppleganger maternel derrière elle.
Dès les premières ligne on devine quel sera la fin, mais ce n’est pas grave, car c’est la manière dont la main du Destin va s’abattre sur cette famille dysfonctionnelle qui nous pousse à tourner les pages de ce livre.

Difficile de dire si Les noces barbares est mieux ou moins bien que La femme sous l’horizon… la thématique de l’enfance brisée et abusée est présente dans les deux livres pour les amateurs d’ambiances plombantes. Et aucun des personnages n’est appréciable… même si on comprend à tous leurs motivations ! Bref, une psychologie des personnages complexe et parfois déroutante.

Une très bonne lecture de mon point de vue, dans un univers à la fois dramatique et symbolique qui révolte et met parfois mal à l’aise.

« Charlotte Impératrice tome 1 : La Princesse et l’Archiduc » de Fabien Nury et Matthieu Bonhomme

La chèvre grise m’a motivée cet été à participer à une Masse Critique de Babelio… voilà comment je me suis retrouvée un peu par hasard à lire Charlotte Impératrice.
Ca faisait bien longtemps que je n’avais pas ouvert une bande-dessiné, et d’autant plus une BD « belge »… A force de lire des mangas et des comics, j’en avais oublié la sensation d’ouvrir un grand album cartonné et de tourner les pages colorées.
Une bonne réconciliation avec le format ou non ?

A la fin du 19ème siècle, nous découvrons Charlotte, princesse de Belgique, qui doit choisir son futur époux. Le roi du Portugal ou l’archiduc d’Autriche ? Son choix s’arrête sur Ferdinand-Maximilien d’Autriche, le frère de l’empereur d’Autriche François-Joseph…
Si les prémices du mariage sont un véritable conte de fée, Charlotte s’aperçoit rapidement que derrière le faste de la cours autrichienne, se cachent des relations familiales compliquées qui ont un impact direct sur le caractère de son époux…
Max l’archiduc est en fait le vilain petit canard de la famille des Habsbourg, le looser de la tribu… ce que Charlotte va comprendre lorsqu’elle rencontrera l’impératrice Elisabeth, que nous connaissons mieux sous le surnom de Sissi… Le pauvre couple Max – Charlotte va aller de Charybde en Scylla, dans l’espoir de trouver une place digne de leur rang.

Amusant de voir dans cette bande dessinée des conflits et névroses familiales transposées à la cours. Jalousie, perte de l’estime de soi, auto-destruction, traitrise…  Les têtes couronnées ne valent pas mieux que le dernier de leur sujet dans ce domaine. Mais ils peuvent aussi s’aimer, ce qui donne du courage à notre Charlotte.
Forcément, en tant que lecteur on focalise un peu sur la star autrichienne Sissi, qu’on nous a tellement servie au cinéma et à la TV comme l’archétype de la princesse souriante. Ici c’est une vraie garce revêche, sûre de son rang et manipulatrice. Et pourtant elle ne doit pas apparaitre plus de deux pages. Il ne fallait pas mieux que cette Nemesis pour motiver Charlotte à combattre son infortune et gagner un titre digne de son rang, puisqu’on ne lui offrira pas sur un plateau d’argent… Elle a épousé l’homme qu’elle aime, mais ça n’est pas pour autant qu’elle ne veut pas porter à son tour une couronne, et d’impératrice tant qu’à faire.
Un récit passionnant servi par une scénarisation et une construction des pages impeccable
Bref, j’ai pris beaucoup de plaisir à découvrir cette histoire, et je prends sur moi de ne pas aller regarder sur Wikipédia quel a été le destin – forcement tragique – de ce couple.
Les dessins m’ont plu (dieu sait que je suis difficile dans ce domaine,) et la mise en couleur est subtile, vivante… pour un univers tout en clair-obscur.

Bref, vivement la suite 🙂

 

« Dust » de Sonja Delzongle

Été étouffant avec ce thriller d’une auteure française, Sonja Delzongle, découverte au détour de ce partenariat estival avec Folio.
Direction Nairobi au Kenya, pour découvrir la face la plus sombre de l’Afrique, sur les trace d’un serial killer.

Hannah Baxter, profileuse d’origine française vivant à New-York, est contactée par le CID de Nairobi afin de les aider sur une nouvelle affaire de meurtre.
Effectivement, ces assassinats n’ont rien de commun, puisqu’ils sont executés sans laisser trace de corps, si ce n’est des litres de sang formant une croix au sol. Des dizaines de croix sanglantes ont ainsi été répertoriées, sans possibilité de les associer à un criminel… ni à une victime.
Hannah se rend donc au Kenya en tant que consultante pour aider Collin, le responsable de l’équipe sur l’enquête. Les méthodes de la jeune femme sont peu conventionnelles, puisqu’elle utilise un pendule l’aider dans sa tâche. C’est grâce à cela qu’elle découvre que les corps des victimes sont bien là, au même endroit que les croix de sang… pulvérisés en poudre si fine qu’elle en est invisible.
Comment le tueur s’y prend-il pour réduire les corps en poussière ? Pourquoi assassine-t-il ses victime ? Qui est-il ? Et surtout, cette affaire a-t-elle un lien avec les mutilations et les meurtres des albinos de la région ?

Finalement en lisant ce livre, ce n’est pas le serial-killer « Dust » qui nous paraît inhumain, mais toute un réseau qui s’appuie sur l’ignorance d’un peuple : celui des tueurs d’albinos. La tradition veut que les albinos et les morceaux de leurs corps aient de grands pouvoirs magiques, utilisés par les sorciers locaux dans des potions pouvant apporter pouvoir et richesse… ainsi, les albinos africains sont des cibles ambulantes, attaqué et dépecés en pleine rue, pour récupérer leurs membres qui valent une fortune.
Ça m’a mis la puce à l’oreille, car l’auteure va loin… même très loin dans l’horreur à ce sujet, je me suis douté qu’il y a un fond de de vérité. Et malheureusement c’est le cas. Je vous laisse chercher sur Google, mais ça fait froid dans le dos

Revenons à notre récit… Beaucoup d’horreur, une enquête bien menée… quoique qu’un peu précipité sur la fin.
Les personnages m’ont moyennement plus, car assez caricaturaux selon moi. Mention spéciale pour le vrai méchant, qui ne pouvait être qu’un nazi… Bof…
Je retiendrai surtout un portrait sans aucune concession de l’Afrique, embourbée dans la violence et l’archaïsme. Je n’avais déjà pas très envie de le visiter (à cause des insectes qui volent et qui rampent !), mais la j’en suis épouvantée ! 

Bref, une lecture de RER idéale, qui se lit facilement et m’a ouvert les yeux sur la place des albinos en Afrique sub-saharienne… L’enquête ne m’a pas plus emballé que ça, mais la lecture reste rythmée et exotique.