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« Janua Vera » de Jean-Philippe Jaworski

Janua VeraOn me l’avait vendu depuis de nombreuses années comme une référence de la fantasy française… Il a donc bien fallut que je découvre Jean-Philippe Jaworski, auteur dont on me ventait tant de mérites. Finalement c’est encore un challenge, l’ABC des littératures de l’Imaginaire qui m’a permis de prendre un peu les choses en main et de me lancer dans cette lecture.
Et comme souvent, je devrais un peu plus écouter mes conseillers en lecture et me jeter sans attendre sur leurs propositions ! Ce recueil de nouvelles medieval fantasy est passionnant et est très bien écrit. Un vrai régal !

Ce livre nous plonge dans l’histoire, ou plutôt les histoires, du Vieux Royaume. Au travers 8 nouvelles, nous allons en savoir un peu plus sur cette contrée à différentes périodes et en différents lieux : Ciudalia la capitale animée et sa population hétéroclite, les campagnes de Bromael, les régions barbares d’Ouromagne… et aussi l’évocation des Cinq Vallées où vivent les très discrets elfes…
Des personnages aux motivations et caractères biens différents vont être nos laisser-passer pour découvrir ce monde.
Personnellement je garde un bon souvenir de la nouvelle Le conte de Suzelle, une histoire triste comme il faut : on suit la petite paysanne Suzelle de son enfance à son déclin. Une vie de villageoise troublée par sa rencontre à l’adolescence avec un elfe badin et charmeur, dont elle tombe amoureuse, lui valant une existence d’attente de retrouvailles…
D’autres récits empruntent aux classiques du roman courtois, comme Le services des dames, où le chevalier Ædan va devoir aller venger une dame pour pouvoir traverser ses terres… Une quête qui ne va pas s’annoncer sans périls !
On rencontre aussi quelques fantômes qui hantent les bois dans Un amour dévorant. Cette enquête devra déterminer si les habitants de Noant-le-Vieux voient réellement les « appeleurs« , des esprits maléfiques qui apparaissent à la nuit tombée et plongent ceux qui les voient dans la terreur ou la folie…
Dans la même veine, Le confident nous raconte à la première personne l’histoire d’un prêtre du Desséché, le dieu de la mort, qui a fait vœu d’obscurité et s’est fait enfermer dans une crypte souterraine, où il se remémore son existence… Entre mysticisme et folie la frontière est mince !

Une très belle découverte qui me donne envie d’en lire plus de cet auteur… J’en avais eu un avant goût quand j’étais tombée sur sa nouvelle dans L’O10ssée Folio SF en 10 nouvelles. La bonne surprise s’est donc confirmée.
C’est vraiment sa plume et la manière dont il m’a amené dans son univers qui m’ont séduit… L’univers du Vieux Royaume est très riche et cohérent, mais il sait se faire oublier pour mettre au devant de la scène les différents personnages de ces histoires. On s’attache rapidement à eux, on comprend vite leurs motivations…
Cerise sur le gâteau, le sens de l’humour qu’on ressent entre ces lignes, que ce soit dans les renversements de situation, les fins pleines d’ironie, ou les blagues plus potaches… un régal je vous dit !

Aller, dès que j’ai du temps je m’attaque à la suite des récits du Vieux Royaume : Gagner la guerre !
En attendant, je ne peux que vous conseiller de découvrir cet auteur et ce roman 🙂

challenge de l'imaginaire ABC 2014

« Le Sabre de Sang, tome 2 : Histoire de Kardelj Abaskar » de Thomas Geha

Le sabre de sang tome 2Retour dans l’univers fantasy des Sept Royaume avec le second et dernier tome du Sabre de Sang de Thomas Geha, après un premier volume qui m’avait bien plu !

Plusieurs années ont passé depuis le voyage vers la liberté de Tiric et Kardelj… qui s’est terminé sur une falaise par le meurtre de Kardelj et de sa compagne, par un Tiric armé du Sabre de Sang.
Depuis, Tiric est devenu l’empereur des Sept Royaumes : la magie du sabre lui a permis de soumettre toutes les contrées et tous les peuples… Même les Qivhviens, ce peuple d’homme-lézards rencontré dans le premier tome !
Mais Kardelj a survécu grâce à son Fâps, un parasite logé dans son dos qui l’aide à guérir… Et à son réveil une petite surprise l’attendait, un enfant, son fils, né comme par magie.
Sur les océans où il sera pirate, puis dans les caravanes du peuple de voyageurs Carmintrao, son désir de protéger les siens et de vivre heureux sera pour Kardelj une motivation encore plus puissante que son désir de vengeance… Mais cela suffira-t-il à se débarrasser de la menace du tyran Tiric et de son armée de soldats de sang, totalement dévoués à sa cause ?
Kardelj arrêtera-t-il Tiric et sa soif de pouvoir ? Comment pourra-t-il le battre, lui qui est protégé par la magie ? Quelles sont les véritables forces à l’œuvre dans cette histoire ? Voilà quelques questions qui trouveront une réponse dans cette seconde partie du diptyque du Sabre de Sang !

Si j’ai retrouvé avec plaisir Kardelj, compagnon de Tiric laissé pour mort à la fin du premier tome, j’ai eu un peu plus du mal rentrer dans l’histoire. Ce second volet est moins « pulp » que le premier, peut être un peu plus complexe… Il faut dire que le personnage de Kardelj est un peu plus nuancé que Tiric, avec des motivation moins manichéennes (comprendre : il ne pense qu’à poutrer du Qivhvien) et un ego moins surdimensionné (comprendre : ça n’est pas un personnage détestable).
Bref, il faut attendre la seconde partie de ce volet pour que ça commence à dépoter comme j’aime 🙂
Magie, mystères, combats sont alors au rendez-vous… Avec la tant attendu confrontation entre les deux anciens amis, Tiric et Kardelj !
J’ai apprécié la découverte du peuple Carmintrao, sortes de gitans des Sept Royaumes, qui ont leurs culture bien a eux… Et plus particulièrement leur protecteur /demi-dieu : un homme du clan masqué depuis sa naissance… Et nommé fort justement Le Masque. Ce personnage subtil sait se montrer ferme avec ses ennemis… mais digne de confiance envers les siens. Un bon compagnon en perspective pour Kardelj !

Une fin très correcte pour cette saga que j’ai appréciée, qui se termine pas si mal que ça, quoiqu’on en dise ! Et une lecture parfaite pour le challenge Geek 😉
A quand un spin-off avec des Carmintrao ? 🙂

challenge_geek2014

«L’assassin Royal tome 2 : L’assassin du Roi» de Robin Hobb

L'assassin du roiUn an après ma découverte de L’apprenti assassin de Robin Hobb, me revoilà dans l’univers de l’Assassin Royal avec le tome de 2 de cette saga, L’assassin du Roi. Une lecture parfaite pour le Challenge ABC – Littératures de l’Imaginaire !

Fitz, ou plutôt FitzChevalerie, maintenant qu’il est reconnu comme bâtard de feu le roi-servant Chevalerie, revient du Royaume des Montagnes accompagné de Burrich… Victime d’un empoisonnement par Royal, le plus jeune fils du roi Subtil, il est très mal en point quand il revient à Castelcerf. Après plusieurs semaines de fièvre et de tremblements, il se remet peu à peu… et malgré son état il se prépare à chercher Molly, son amie d’enfance et amour secret, qu’il a vu en danger face aux Pirates Rouges, durant un de ses rêves. Mais alors qu’il va partir, il retrouve Molly au château, embauchée comme servante !
Pendant son absence et sa maladie, le roi servant Vérité a épousé la princesse du Royaume des Montagne, Kettricken, mais celle-ci a du mal à se faire à la vie de château, elle qui pouvait vaquer librement à ses occupations dans son pays.
Entre le roi Subtil qui est très malade, Royal qui fomente des complots pour s’accaparer le pouvoir, Vérité qui a besoin d’un soutien pour combattre les Pirates Rouges, Kettricken qui dépérit d’ennui, Molly qui lui fait la tête, Umbre qui doit partir en voyage, un jeune loup adopté en cachette, et les Forgisés, sortes de zombies créés par les Pirates qui approchent dangereusement de Castelcerf, Fitz ne va pas avoir le temps de s’ennuyer, et va devoir mettre ses compétences de guerrier et de diplomate au service de la couronne et de son peuple !

On découvre la suite directe du premier tome, il s’agit donc de faire un petit travail de mémoire pour remettre les choses dans l’ordre ! Mais l’auteur sait s’y prendre pour jalonner quand il le faut le récit d’aide-mémoire, je n’ai donc pas eu trop de problème à remettre tout en place !

Finalement on se dit qu’il ne se passe pas grands chose dans ce volume des aventures de Fitz, car premièrement elle se déroule sur une courte période, l’hiver de ses 15 ans, et qu’ensuite qu’il y a assez peu de combats et de scène d’action. Mais à y réfléchir, il se passe beaucoup de choses au niveau des relations d’amitié et de conflits entre les différents protagonistes.

Fitz l’ami des bête et le servant du roi est assez lisse, malgré son statut d’assassin. Tous les défauts dont il pourrait être affublé, comme sa gaucherie avec Molly, son manque de discernement quant à la situation du roi… ne sont pas grand-chose face à ses qualités de cœur… Un peu simple peut être, comme personnage ?
Mais heureusement, son nouveau compagnon Loupiot, un jeune loup qu’il a sauvé de la mort, donne un peu de punch à ce personnage. Il le fait plonger dans le domaine qui lui est interdit, le Vif, sorte de transmission de pensée entre l’animal et lui. L’esprit de meute comme dirait Loupiot ! A n’importe quel moment, Loupiot s’immisce dans l’esprit de Fitz et prend même parfois le contrôle lors de combats ! Un peu gênant quand Fitz veut lutiner Molly, mais assez amusant.
Côté « méchant« , Royal le prince superficiel et manipulateur joue assez bien son rôle d’ennemi de Fitz… Mais on le voit finalement assez peu ! Certains personnages très présents dans le premier tome sont aussi quasi absents : le roi Subtil, enfermé dans sa chambre à cause d’une maladie, Umbre qui est parti en voyage, Burrich cantonné à l’écurie… Mais on en gagne d’autres en échange, comme Kettricken qui va apprendre comme Fitz à faire sa place au château non pas en suivant les us et coutumes, mais en imposant son style avec brio !

Une suite assez sympa, peut-être même plus passionnante que le premier tome ! J’ai déjà acheté le troisième tome de la série, je pense que je le lirai bien avant l’an prochain 😉

challenge de l'imaginaire ABC 2014

« Le Sabre de Sang, tome 1 : Histoire de Tiric Sherna » de Thomas Geha

Le sabre de sang tome 1Je n’ai pas eu à hésiter longtemps pour le partenariat Folio de février : à peine ouvert mon mail d’invitation, j’ai vu le nom de Thomas Geha, et j’ai immédiatement sauté sur le roman qui était proposé !
Il faut dire que cet auteur a su se rendre sympathique à mes yeux suite à son don à la Team Alexandriz de A comme Alone… J’avais d’ailleurs beaucoup aimé ce roman mélangeant univers fantastique et SF d’anticipation, le tout dans les décors d’une France post-apocalyptique.
Bref, un roman de fantasy par Thomas Geha, ça ne pouvait que me plaire 🙂

Tiric Sherna est un guerrier et dignitaire shao, ou plutôt « était »… Il a été capturé par l’armée qivhvienne, un peuple d’hommes – lézards,  à laquelle aucuns peuples ou armée ne peut résister au sein des Sept Royaumes. Il est emmené à la capitale de ces repoussantes créatures, Ferza, où il est rapidement vendu comme esclave à la maléfique et perfide Zua Lazpoa, suivante de l’Impératrice… Loin d’en faire un serviteur, elle va lui prodiguer un entraînement plus que viril pour faire de lui un champion de l’arène, un gladiateur hors pair, prêt à porter son étendard devant les autres pontes de la ville… Mais Tiric n’oublie pas d’où il vient, et il n’oublie surtout pas son désir de vengeance et de liberté ! Et une série d’évènements va lui donner l’occasion de mettre ses projets en place…

Ce roman m’a fait penser à un mélange du jeu vidéo Elder Scroll III – Morrowind et des aventures de John Carter dans le pulp Une princesse de Mars. Bref, on est entre le medieval fantasy et l’heroic fantasy, et ça fonctionne plutôt pas mal sous la plume de Thomas Geha !
Le récit à la première personne, au travers le regard de Tiric, nous plonge dans l’action. Le rythme est soutenu, on n’a pas le temps de s’ennuyer. Le vocabulaire propre à cet univers est rapidement assimilé, ainsi que les règles qui régissent cette société.
Le schéma narratif assez classique : un héros qui passe du statut de noble à celui d’esclave et va devoir prouver sa valeur en partant de plus bas que terre, un peuple d’oppresseurs n’ayant rien d’humain, mais dont un de ses membres se révèle digne de confiance, un peu de magie pour dénouer des problèmes,… dans une épopée au travers les villes, les déserts, les marais, et même les océans. Si la lecture est agréable dans son ensemble, j’ai été surprise par les dernières pages, qui relancent complément l’intérêt du lecteur et me donne envie de lire le second volume de cette saga !

Une très bonne lecture… il me faut maintenant me procurer la suite ! Je veux savoir ce qui va se passer !
Merci Folio pour ce très bon moment passé dans l’univers de Thomas Geha  🙂
Et au passage, une très bonne entrée pour le challenge Geek !

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« La magnificence des oiseaux » de Barry Hughart

La magnificience des oiseaux

Bienvenue dans la Chine médiévale fantastique de l’univers de La magnificence des oiseaux, Une aventure de Maître Li et Boeuf Numéro Dix. Je me félicite une fois de plus de mon choix pour le partenariat Folio d’octobre : ce roman m’a fait plonger dans une grande aventure où on oscille entre fantasy, contes, mythologie… et surtout une belle dose d’humour !

Alors que tout le village de Kou-Fou est en plein préparatifs de la récolte de soie sur leurs élevage de vers, tous les enfants entre 8 et 13 ans tombent gravement maladesLou You, alias Boeuf Numéro Dix, âgé de 19 ans, est envoyé à Pékin pour embaucher un sage qui pourrait les aider à découvrir l’origine de ce mal. C’est comme cela qu’il rencontre Maître Li, un vieillard alcoolique assez spécial, qui le raccompagne jusqu’à Kou-Fou. Très rapidement, Maître Li va découvrir la source de la maladie des enfants : ils ont été empoisonnés… Mais une seule chose pourra peut-être les sauver : une racine de ginseng très puissante.
Boeuf Numéro Dix et Maître Li vont parcourir la Chine sans relâche pour découvrir le remède qui permettra de sauver le village, et vivre des dizaines d’aventures palpitantes !

Outre l’univers médiéval fantasy orientale qui m’a donné une bouffée d’exotisme, j’ai adoré les personnages ! Le couple Boeuf Numéro Dix et Maître Li fonctionne de manière classique mais très efficace ! Si Boeuf Numéro Dix est un jeune homme, au coeur pur, Maître Li est un vieux renard qui passe son temps libre à picoler et à arnaquer les autres. D’ailleurs il se présente lui même comme « un sage avec un léger défaut de personnalité »… Tout un programme ! Pendant toute cette histoire, Boeuf Numéro Dix va jouer les gros bras, les jolis coeurs et devenir les jambes de Maître Li, qui est quant à lui un cerveau hors pair !
Si l’enquête vire vraiment dans le domaine du fantastique, le récit n’en est pas moins très bien construit… les pistes se mêlent, se croisent… pour un final tout en couleur !

Le style de l’auteur (et la traduction) m’ont enchanté : ce livre se lit très facilement, on rentre vite dans l’histoire, et surtout on sourit souvent aux images de l’auteur.
On retrouve aussi les schémas classiques des contes, qui finalement sembles être universels : les jeunes femmes en détresse abusées par un esprit maléfique, les méchantes marâtres, les fantômes amoureux, les savants fous, les monstres sanguinaires qui protègent de magnifiques trésors… Bref, de quoi alimenter une épopée flamboyante !

Une belle découverte donc, et je pourrai prolonger le plaisir en lisant le second tome des aventures de nos deux héros dans La légende de la Pierre. A voir en 2014 !
Merci à Folio pour ce bon moment de lecture 🙂

« Chroniques du Pays des Mères » d’Elizabeth Vonarburg

Chroniques du pays des mèresPour un morceau, c’était un sacré morceau que les Chroniques du Pays des Mères… et son titre de lui est pas volé ! On rentre avec ce roman dans un univers très fouillé et complet, où tous les pans de la société ont été réfléchis et brillamment imaginés par leur auteure québécoise d’origine française (cocorico !) en 1992.
J’ai débuté la lecture de ce livre pour le challenge ABC, et je me retrouve maintenant avec un vrai coup de cœur !

La jeune Lisbeï vit dans la Garderie de Béthély avec Tula, où elles sont élevées avec d’autres enfants de leurs âges… presque que des filles. Les garçons sont rares, et sont pointés du doigts comme des êtres ayant reçu la punition de la déesse Ellie, qui leur a retiré le privilège d’être des filles.
Devenue adolescente, Lisbeï quitte la Garderie pour apprendre à devenir « Mère » de la cité auprès de sa génitrice, Selva. Elle va tout apprendre sur l’histoire, la géographie, la politique du Pays des Mères… auprès d’Antoné la médecin, Mooreï la Mémoire de Béthély ou encore Kélys l’exploratrice. Mais pour elle rien n’a de sens si elle ne peut pas le partager avec Tula, trop jeune et restée enfermée à la Garderie…
Elle va aussi apprendre à trouver sa place dans cette fourmilière qu’est la cité, où les femmes sont divisées en groupes : les Rouges, celles qui peuvent avoir des enfants, les Bleues celle qui sont stériles ou sont trop vieilles pour enfanter, et les Vertes, celles qui sont trop jeunes pour être dans une catégorie ou une autre. Un univers de femmes, où les hommes n’ont pas d’autre choix que d’être des reproducteurs ou des Bleues comme les autres…
Ce roman va nous apprendre ce qu’il arriva à Lisbeï, ses relations avec sa Famille, et plus généralement ses pensées et ses voyages au sein du Pays des Mères…

Je n’ai pas pu m’empêcher de penser à Herland quand j’ai débuté ce roman : un pays de femme, dirigé par des femmes. Mais finalement la ressemblance s’arrête là. Chroniques du Pays des Mères ne cherche pas à présenter un monde idéal sans homme. Les hommes existent, mais la génétique fait qu’ils ne naissent plus en assez grand nombre… 3% à peine ! L’enjeu du roman repose sur cette contrainte, cette malédiction en quelque somme : pour éviter la consanguinité les enfants ont de tatoué sur l’épaule leurs lignées ; la Mère est la seule à avoir le privilège d’avoir des rapports sexuels avec un homme, son « Mâle », qui change régulièrement pour diversifier les gènes de la Famille ; les autres femmes doivent passer par l’insémination artificielle… et forcément les hommes ne sont que des donneurs de sperme… Pas d’amour entre hommes et femmes, mais de toutes façon les filles et femmes de Béthély ne penseraient jamais à s’accoupler avec un homme !
Bref, on est loin d’une utopie ! Surtout si on rajoute à cela une mystérieuse Maladie qui emporte une bonne partie des enfants…

Si le début du roman sonne très fantasy, rapidement on s’aperçoit qu’il s’agit bien de science-fiction, voir d’anticipation sociale ! Le monde que nous connaissons, notre société, a été anéantie par le Déclin il y a mille ans de cela… Il reste de ce monde quelques traces, que les archéologues du Pays des Mère tentent de découvrir et d’interpréter. Et il reste surtout de l’époque du Déclin les terres polluées, inhabitables et interdites : les Mauterres, où les aberrations génétiques seraient légion.

Le gros avantage de ce roman par rapport à de la fantasy américaine ou anglaise, c’est qu’il a été pensé et écrit en français. Et vu les subtilités de langage autour des mythes et des contes, de la géographie, de l’étymologie et de la sémantiques, des références aux anciennes langues… cela n’est pas anecdotique ! La langue et la fiction s’entremêlent, pour donner un tout très cohérent, comme la fameuse « tapisserie d’Ellie dont il est beaucoup question pour expliquer les destinés des personnages du roman.

coup de coeurUn coup de cœur, qui me donne furieusement envie de lire le premier roman de cet auteur, qui introduit ces magnifiques chroniques : Le Silence de la Cité.

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« American Gods » de Neil Gaiman

American GodsJ’attendais depuis quelques mois (années ? :)) d’avoir le temps de m’attaquer à ce roman tant encensé paru en 2001… C’est maintenant une chose faite ! Connaissant un peu les œuvres de Neil Gaiman, je ne prenais pas trop de risque ;). Cet auteur est quasiment devenu un classique de la littérature américaine et fantasy !

Ombre est en prison depuis quelques années. Alors qu’il prépare sa sortie, il n’a qu’une envie : retrouver sa femme Laura et retourner travailler à la salle de musculation tenue par son ami. Mais le destin est cruel… Le jour où il doit sortir il apprend que Laura est morte dans un accident de voiture, ainsi que son ami.
Dans le voyage de retour chez lui, il rencontre un vieil homme borgne assez étrange, appelé Voyageur : il sait beaucoup de trop de choses sur lui, et surtout, le piste jusqu’à chez lui. Il veut lui proposer de travailler pour lui, maintenant que plus rien ne le retient, ni famille, ni emploi.
Ombre va signer un contrat avec Voyageur, à grand coup d’hydromel dans un bar… N’est-ce pas comme cela qu’on scelle un pacte avec un dieu comme Odin ? Ce dernier va l’amener dans la préparation d’une grande guerre entre les dieux de l’ancien monde, affaiblis aux Etats-Unis, et les nouveaux dieux, symboles du capitalisme, des mass-media…

Neil Gaiman mélange allègrement toutes les mythologies, les légendes antiques ou contemporaines, le symbolisme… On retrouve les caractères des dieux, leurs traits « modernisés »… et tout cela est très agréable ! Odin est un petit escroc, La Reine de Saba une prostitué qui absorbe ses amants, Thot et Anubis tiennent un magasin de pompe funèbre…
Les dieux vu comme des personnes qui sont rendues immortelles par les prières et sacrifices que les humains leurs offrent. L’époque et les USA étant ce qu’ils sont, les hommes sont moins dévots, et ils n’ont plus la possibilité de se régénérer ou d’avoir leur pouvoir d’antan.
Plusieurs interludes dans l’histoire principale présentent comment les dieux d’Europe, d’Afrique… se sont retrouvé expatrié dans le Nouveau-Monde, sans vraiment le vouloir ! Les vikings en sacrifiant des indiens à Odin lui ont donné corps sur ce continent, les esclaves africains ont priés les dieux vaudou à Haïti ou en Louisiane pour les protéger…

Ce roman est plein de surprises et de poésie, onirique très intelligent. Gaiman crée comme d’habitude un monde à lui en se basant sur notre univers quotidien. J’ai forcément beaucoup pensé aux comics Sandman, 1602 ou Death, au roman Neverwhere ou De bons présages (co-écrit avec Terry Pratchett) qui ont aussi ces ambiances entre surréalisme, folklore traditionnel et réalité.
On à l’impression de voyager à travers les USA avec Ombre, dans des lieux réel ou inventés. Dans tous les cas Gaiman crée une histoire fabuleuse autour de ces endroits, qui n’ont parfois rien de très sacré au premier abord. J’y vois un véritable hommage à l’entité qu’est le territoire américain, mais pas réellement à ses habitants !

Une belle découverte que je vous conseille vivement !

Et de part la nature héroïque de cette lecture (même s’il n’est pas question de super-héros) , je termine ma carte du Challenge Geek !

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« The Left Hand of Darkness » d’Ursula K. Le Guin

The left hand of darknessJe touche à la fin de mes cours Coursera sur la littérature SF et fantasy… Voici mon avant dernière lecture !
Une fois de plus, je découvre un auteur, Ursula K. Le Guin, qui est le premier auteur à se voir décerner pour un roman le prix Hugo (prix des fans de SF) et le prix Nebula (prix de professionnels de la littérature SF) en 1969. Bref, un grand classique que j’ignorais totalement. A noter que ce roman est le sixième du « Cycle de l’Ekumen« .

Genly Aï, habitant de la Terre est envoyé comme représentant de l’Ekumen sur la planète Gethen, glacée et quasi déserte. L’Ekumen est une sorte d’association culturelle et mystique de sociétés humanoïdes basées sur différentes planètes, et leur objectif est de s’associer à de plus en plus de mondes pour former une intelligence collective.
Les habitants de Gethen ont une particularité par rapports aux autres races d’humains : ils sont hermaphrodites… ou plutôt neutre sexuellement. Ils sont androgynes physiquement, mais une fois par mois pendant quelques jours deviennent indifféremment mâle ou femelle.
Genly va devoir se fondre dans cette société, parlementer pour faire accepter son statut d’alien et leur proposer une alliance avec l’Ekumen. Mais si les guerres ouvertes n’existent pas sur cette planète, les batailles politiques et les intérêts personnels risquent de faire des dégâts…

Les différentes idées de l’auteur font de ce roman une fiction très étonnante et qui à mon avis va me rester en mémoire. D’abord le statut asexué des Getheniens, qui peuvent devenir homme ou femme en fonction de leur excitation hormonale tous les 26 jours. Une personne peut porter un enfant un jour, mais être plus tard père d’autres… Pour eux Genly est un pervers, toujours mâle et donc toujours en rut, alors qu’eux n’ont possibilité et désir de rapports sexuel qu’une fois par mois. Qui est vraiment le monstre ?
Le monde glacé est aussi intéressant : on se croirait en Sibérie ! Peu d’agriculture, peu d’animaux sauvages, pas d’insectes ou d’oiseaux volant dans le ciel, des repas frugaux avec peu de viande… Les habitants sont emmitouflés dans des fourrures, ont appris rapidement à ne pas à être exclus du groupe sous peine de mort, sont assez renfermés… Et même leurs mythes sont emprunt de cette imagerie glacée : tout est en noir et blanc, vie et mort, lumière et ombre…

Je l’ai lu en anglais pour une raison que j’ignore encore (j’ai de ces idées des fois :)) : La main gauche de la nuit existe en version française pour ceux que ça peut intéresser. En anglais j’ai un peu galéré… les champs lexicaux utilisés et l’univers fantastique ont rendu cette lecture un peu plus ardue que des précédentes, comme Les Chroniques Martiennes que j’ai trouvé plutôt simples à lire (bon, en même temps je le connais déjà bien en français ce livre).
Du coup j’ai peut être raté des subtilité dans ce roman… Les histoires de querelles politique par exemple me sont un peu passé par dessus la tête par exemple (mais il faut dire que ces thèmes là ne sont pas ma tasse de thé). Mais il m’a tout de même bien plu, tant l’univers est original.

Je le conseille donc aux fans de SF et fantasy, autant de prix pour un roman n’est pas anodin 😉
Je pense que je continuerai par curiosité, à l’occasion et en français, cette série.

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« Les tribulations d’un lapin en Laponie » de Tuomas Kyrö

Les tribulation d'un lapin en LaponieEntre deux livres de SF, je me suis offert une petite pause « OVNI » avec ce roman que je dois à mon partenariat avec les éditions Folio. « OVNI », car cette histoire est vraiment pleine de surprises… Je l’avais un peu choisi par défaut, car rien ne me branchait vraiment sur la sélection estivale. Une histoire de roumains qui font la manche, c’est pas vraiment mon dada le social-realism… Mais le titre m’avait fait sourireLes tribulations d’un lapin en Laponie. Lapin-lapon, il n’en faut pas plus pour me décider ! Et grand bien m’en a pris (comme souvent en matière de lecture) ! Entre humour et absurde, envolées lyriques et slang, réalisme et fantasy, ce roman joue les grands écarts et n’est vraiment pas désagréable à lire 🙂

Vatanescu quitte sa Roumanie natale pour travailler à la solde de la mafia russe et celui qui dirige sa branche finlandaise, Iegor Kugar. Son nouveau métier ? Mendiant dans les rues d’Helsinki, pour un salaire de quelques centimes journaliers. Pas lourd pour s’offrir son rêve : une paire de chaussures de foot pour son fils resté au pays, Miklos.
Mais bientôt les circonstances vont amener Vatanescu dans un périple loufoque : meneur du putsch anti-Iegor, cueilleur de baies, ouvrier du bâtiment et j’en passe… Mais tout cela n’aurait pas été possible sans son nouvel ami, un lapin à la patte cassée, trouvé dans un parc.
Vatanescu arrivera-t-il à acheter une paire de chaussures à crampons ? Qu’adviendra-t-il du lapin ? Comment Iegor vivra-t-il son passage à tabac par un groupe d’indigents ?

Au tout début j’ai eu un peu peur donc… Le Roumain qui se vend à la mafia, la manche dans la rue, la misère des mendiants qui doivent reverser leurs bénéfices à un trafiquant… et tout cela pour une paire de chaussure de foot. Ça sentait le pathos à plein nez. Mais heureusement, au bout d’une dizaine de page tout change, comme si l’univers du roman se retrouvait retourné comme une chaussette !
J’ai eu l’impression de me retrouver dans un conte de fée, ou Vatanescu vit des aventures pas croyables dans le monde magique qu’est la Finlande, symbole ici d’une démocratie utopique où tout est possible, pour peu qu’on reste droit dans ses bottes et qu’on ait le cœur pur.

Une lecture sympa, qui nous fait réfléchir forcément sur la société occidentale, sous ces airs de fantaisie burlesque. Bref, je vous le conseille si vous avez envie de « voyager » autrement… 😉
Merci à Folio pour cette découverte !

 

« La Princesse de Mars » d’Edgar Rice Burroughs

princesse_marsSuite de mes lectures pour le cours Coursera sur la littérature SF et fantasy… Autant dire que je ne lis plus que pour ça en se moment !
Une fois de plus, une superbe découverte, avec ce classique de la SF qui m’était totalement inconnu : le premier volet du Cycle de Mars, La Princesse de Mars, d’Edgar Rice Burroughs. Je l’ignorais, mais c’est cet auteur qui est le créateur de Tarzan ! Donc vous vous en douterez, ces romans ne sont pas très récents : 1912 pour ces deux créations… Mais la modernité de son roman fait qu’il pourrait très bien pu être écrit un demi siècle plus tard en mon sens !

John Carter, ancien soldat américain confédéré vivant en Arizona, se retrouve suite à un mauvais coup du sort poursuivi par des Apaches jusque dans une caverne. Laissé pour mort, il est pourtant bien vivant mais ne peut plus bouger… et se retrouve bientôt nu à contempler son propre corps. Il se retrouve alors projeté à travers l’espace pour se retrouver sur Mars, au milieu d’œufs énormes… bientôt rejoint par leurs parents : des créatures humanoïdes vertes, laides et immenses ! John va bientôt apprendre à connaître ces martiens Verts… et même à vivre des aventures palpitantes sur cette planète pour les beaux yeux d’une princesse martienne Rouge

Même si l’histoire frise parfois le cliché, avec John Carte le super-héros doté de capacités dignes de Chuck Norris, j’ai vraiment beaucoup aimé cette histoire !
On ne s’ennuie pas un instant, les personnages sont bien décrit, les gentils nous sont sympathiques et on a envie de voir les méchants souffrir… Et les animaux extra-terrestre sont vraiment délirants ! Bref, un très bon roman ! Et en plus on a le droit à une histoire d’amour un peu fleur bleu mais pas gnangnan 🙂
On est pas du tout dans un roman intellectuel par contre, il ne faut pas s’attendre à se poser des milliers de question quand on le lit ou après. Mais l’action est bien menée, et même si on sait que les gentils vont gagner, je me suis prise au jeu pour le simple plaisir de vivres des aventures dans le monde fantastique de Mars !

Avec ce livre je commence à comprendre d’où provient l’imagerie fantasy à base d’homme baraqué en string en fourrure et aux guerrières dénudées, rendues si célèbres par des illustrateurs comme Boris Vallejo, Frank Frazetta ou Luis Royo… Un romancier qui fait vivre ses héros a moitié à poil, comme John Carter ou Tarzan, en 1912, j’applaudis !

Seul bémol, la traduction de la version française que j’ai lu… pour commencer à rédiger mon essai je me suis penchée un peu sur la version originale, et il y a plus que des nuances qui sont mal interprétées, et notamment sur le dernier chapitre ! Je ne sais pas si les autres versions sont du même traducteur, mais privilégiez peut être celles-ci ?

Je suis donc très emballée et je vous conseille fortement cette lecture si vous êtes fans de SF ou fantasy : c’est une des bases du genre pour moi, qui va me permettre de lire et regarder différemment ce type d’oeuvres !  Heureusement pour moi, il y a 11 volumes qui composent le Cycle de Mars… j’ai de quoi voir venir pour les longues soirées d’hiver 😉

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