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« Gagner la guerre » de Jean-Philippe Jaworski

Gagner la guerreDu lourd et du très volumineux pour commencer l’année, avec Gagner la guerre, une référence de la fantasy française. Pendant quelques semaines, je me suis plongée dans un univers et un récit d’aventure passionnant, qui fait une belle transition avec Janua Vera, le premier opus de la saga des Vieux Royaumes, qui était sous forme de nouvelles. Ici nous avons le droit à une histoire complète à la première personne, qui nous fera voyager dans quelques régions du monde imaginé par Jaworski.

La République vient de remporter une victoire fabuleuse contre son ennemi Ressine, et c’est Don Benvenuto  l’homme de main du Podestat, le chef de la République, qui doit parlementer avec le Shah vaincu pour organiser leur réédition. Passé à tabac et emprisonné, il finit par être libéré et accueilli en héros de la République à Ciudalia par son patron le Podestat Leonide Ducatore. Mais au milieu des manigances et des trahisons entre les politiciens de la ville, Benvenuto se retrouve dans la tourmente des sales boulots commandés par le Podestat, et bientôt la cible de la vindicte des hommes d’état… Comment l’assassin va-t-il se sortir de ce mauvais pas, entre le cynisme de son patron et ses spadassins, son maître en sorcellerie, et sa fille qui n’a pas sa langue dans sa poche…

J’ai adoré la plume de Jaworski, qui prend ici la voix de Benvenuto. L’univers des Vieux Royaumes est génial, avec son côté renaissance italienne mâtiné de Roma antique, et bien entendu de fantasy. Attention tout de même, le monde créé par l’auteur est tellement précis et tant raccrochés à des réalités historiques palpables (descriptions de villes qui ressemblent à Venise ou Florence, de paysages qui évoquent les bords de la Méditerranée…) qu’on a l’impression qu’il est véridique.

L’assassin est loin d’être un enfant de cœur, mais on s’attache vraiment à lui, même quand il commet les pires abominations. Cet ouvrage fait plus de 900 pages, mais on a envie de savoir ce qu’il pourrait se passer après cette longue histoire ! Car il n’y a pas que des conflits politiques et des petites manigances dans ce récit, il y a aussi des épopées pleines de sueur et de sang, mais aussi de la poésie, de l’humour… qui donnent très envie de se plonger dedans encore et encore.

Une très belle découverte, je pense me repencher sur cet auteur rapidement, avec Le sentiment du fer peut être, annoncé comme une suite de ce roman.
Au passage, une lecture pour le challenge ABC !

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« Elric, tome 2 : La Forteresse de la Perle » de Michael Moorcock

Elric 2Suite de ma découverte de cette saga classique de la fantasy, après un tome 1 lu l’an dernier, qui ne m’avait pas déplu. Et pour ne pas déroger à la règle, une entre pour le challenge des littératures de l’imaginaire !
Seul hic, je ne me souviens absolument pas de la fin du premier opus, Elric des Dragons… mais à priori, ça n’est pas handicapant.

Elric a quitté son Royaume de Melniboné et son trône, et se retrouve maintenant sur un nouveau continent, au milieu d’un désert. Alors qu’il était prêt à mourir d’inanition, il est sauvé et emmené dans la cité voisine Quarzhasaat. Mal au point et confondu avec un Voleur de Songes, il ne doit son salut qu’à une drogue mortelle qui lui permet de retrouver ses forces. Pour obtenir l’antidote a ce poison qui le dévore lentement, il doit aller à la recherche de la Perle au Cœur du Monde et la voler.

Voilà comment Elric l’albinos va se retrouver à sillonner le désert à la recherche de l’Oasis Fleur d’Argent. Monstre démoniaques, hordes d’assassins et de magiciens corrompus sont bien entendu de mise… sans oublier la jeune femme sexy qui en veut à son corps. Bref, de la fantasy très classique, voir trop !
Au milieu de tout cela un voyage dans les univers oniriques, où il est question de multiversTout ce que je n’aime pas en fantasy 🙁
J’ai fini par lire ce roman en diagonale. Trop de clichés, bien que je sois bon public habituellement…

Un gros bof pour cette suite ! Pour le moment je vais laisser tomber cette saga…

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« Morwenna » de Jo Walton

MorwennaPour le partenariat Folio du mois de mai, j’ai une fois de plus fais confiance à mon instinct en choisissant Morwenna, d’une auteure qui m’était inconnue, Jo Walton. Ce roman paru en 2011 étant bardé de prix (Hugo, Nebula, British fantasy…), je me suis dit que je ne devais pas trop me tromper en le choisissant…

En Angleterre, en 1979, Morwenna, dite Mori, écrit son journal. A 15 ans elle vient de quitter le Pays de Galles, pour échapper à sa mère qui est une sorcière. A cause d’elle, sa sœur jumelle Morganna a été tuée dans un accident de voiture, et elle-même se retrouve handicapée par une jambe boiteuse.
Au terme de sa fugue, elle fini chez son père, Daniel, qui les avait abandonnées à leur naissance. Celui-ci vit avec ses trois sœurs, dans un manoir anglais… Mais Mori n’y restera pas longtemps : afin de parfaire son éducation, ils l’envoient dans un pensionnat de jeune filles. Dans cette campagne anglaise où la nature a peu de place, elle ne peut pas voir autant de fées qu’au Pays de Galles… Sa seule consolation sera pour elle la lecture de roman de fantasy et de science-fiction, et la possibilité de faire de la magie pour améliorer son quotidien et se protéger de sa mère.

Je suis assez pensive face à ce roman. J’ai beaucoup aimé le style de l’auteure, et c’est avec bonheur que j’ai plongé dans le journal de Morwenna et dans l’ambiance qui s’en dégage, so british. S’immiscer dans l’intimité et les questionnements d’une adolescente fans de SF est un vrai plaisir… Mais la présence d’éléments fantastiques comme la magie et les fées dans un quotidien aussi basique est assez déroutante.

La difficulté avec ce livre, c’est de le classer… Il est mis dans la catégorie science-fiction chez l’éditeur, mais pour moi on est plutôt dans le fantastique, voir la fantasy…. Si ce n’est dans les contes de fée.
C’est très certainement là que se trouve la clé de sa lecture : au fil des notes dans le journal de Mori, la typologie du roman évolue. Elle grandit au fur et à mesure que la nature des êtres qu’elle perçoit se transforme. Les fées passent d’elfes au nom empruntés au Seigneur des Anneaux, à des fantômes ou à des êtres indeterminés. En passant de la fantasy à la science-fiction, elle se détourne du passé douloureux à un avenir plein d’espoirs.
Les références aux classiques de la fantasy et de la SF sont nombreuses. Il n’y a pas une entrée de journal où Mori n’indique pas le roman qu’elle est en train de lire, et ce qu’elle en pense. Mais cela va plus loin je pense, bien que je manque de références pour étayer ma thèse. Les situations que vit Mori semblent emprunter à des romans qu’elle apprécie ou qui la marquent… Ce qui laisse à penser que toutes les situations qu’elle vit sont des fantasmes. Voit-elle réellement des fées ? Sa mère est-elle une vilaine sorcière ? Son père est-il sous le charme de ses trois sœurs qui l’enchainent au manoir ? Est-elle une adolescente rêveuse ou carrément atteinte de schizophrénie ? Et si en tant que lectrice je ne crois pas qu’elle voit vraiment des fées, c’est que j’ai perdu la capacité de croire à la magie dans ce monde… Ce roman est presque comme un test pour nous, lecteurs.

Bref, j’ai vraiment aimé ce roman. Au point où je projette de lister les romans qui y sont cité pour essayer d’en dévoiler sa réelle nature…
C’est une lecture qui peut sembler simple au premier abord, mais qui laisse la possibilité de creuser un maximum de piste pour le comprendre. Il va me rester un moment en mémoire je pense.

Au passage, j’utilise ce roman pour la lettre W du challenge ABC des littératures de l’imaginaire.

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« L’assassin royal tome 3 : La nef du crépuscule » de Robin Hobb

L'assassin royal 3 La nef du crépuscule Décidément, à lire un tome de la saga de L’assassin royal par an, on y sera encore en 2025… Il y a plus d’un an je fermais le tome 2 de la série. Comme le temps passe vite ! Heureusement, les challenge littéraires sont là pour me pousser à me remettre dans cette série de fantasy… voici donc ma lecture pour la lettre H du challenge ABC !

Les Pirates Rouges sèment toujours la confusion sur les côtes des Six-Duchés, entre leurs pillages et la « forgisation » des habitants. Pour essayer d’endiguer leur progression, le roi-servant Vérité à construit des navires rapides et puissants. Avec FitzChevalerie à leur bord, devenu maintenant un guerrier maniant l’épée et la hache, les Pirates ont du soucis à se faire !
Mais malgré l’utilisation de l’Art pour prévoir les attaques pirates, la stratégie de Vérité semblent ne pas fonctionner aussi bien que prévu… Sa seule solution pour sauver le royaume : retrouver les Anciens par delà les montagnes, un peuple légendaire, et leur demander de les aider à vaincre les Pirates Rouges. Et en tant que prince du royaume, c’est Vérité lui-même qui se charge de cette périlleuse tâche. Pendant son absence, FitzChevalerie va être englouti par les intrigues du château

J’ai toujours un peu peur de me lancer dans la lecture d’un tome de cette saga, car c’est finalement un livre assez dense malgré le fait qu’il s’agisse de fantasy. Il se passe beaucoup de petites choses, les situations évoluent doucement… Enfin comme la dernière fois je suis vite rentrée dans l’histoire et remis les noms sur les personnages.
L’histoire de FitzChevalerie prend progressivement une nouvelle direction durant ce récit, mais dans la logique des tomes précédant. Garçon d’écurie, assassin, apprenti Artiseur, porteur du Vif… Maintenant il est un guerrier en plus de tout cela ! Pour l’aider, il a Oeil-de-nuit son loup qui lui confère une force incroyable lors de combats, et Vérité qui arrive à communiquer avec lui avec l’art. Bref, plus que jamais FitzChevalerie oscille entre le monde animal et celui des humains. Côté coeur, il est Maintenant avec Molly, même s’il doit cacher leur relation.
Royal, le dernier fils du roi Subtil, est plus que jamais le personnage détestable du roman : l’archétype du prince envieux, perfide et couard. On espère bien que FitzChevalerie va lui faire sa fête à l’occasion !

Une lecture agréable, encore plus palpitante et dramatique je trouve que les tomes précédents. Rendez vous l’année prochaine pour le quatrième volume 🙂

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« Elric, tome 1 : Elric des Dragons » de Michael Moorcock

Elric tome 1Ou quand challenge rime avec découverte des grands classiques ! Grâce au challenge ABC, j’ai enfin pu ouvrir le premier tome de la saga d’Elric, une des séries de fantasy les plus connues ! Neuf tomes au total, édités entre 1972 et 1984… j’ai de quoi faire 🙂

Elric de Melniboné est l’Empereur de l’Île aux Dragons. Pendant des milliers d’années, ses aïeux ont dominé de monde… mais depuis quelques siècle l’Empire de Melniboné s’est réduit à cette île. Beaucoup de monde aimerait voir Elric partir à l’assaut des Jeunes Royaumes et les conquérir, afin de redonner à l’Empire sa superbe d’antan… Comme son cousin Yyrkoon, qui convoite son Trône de Rubis, par exemple. Mais Elric ne voit pas les choses comme cela, et il préfère l’introspection au combat, et passer du temps avec son amante, Cymoril, la soeur d’Yyrkoon. Dévoré par la jalousie et la haine, ce dernier va tout faire pour prendre le pouvoir… quitte à invoquer de puissants démons ! Est-ce qu’Elric, impuissant s’il ne boit pas régulièrement des potions, pourra lui tenir tête ?

J’avais un peu peur en ouvrant ce livre d’être déçue, comme je l’ai été avec Les neuf princes d’Ambre de Roger Zelazny. Mais cette lecture a été agréable. J’ai apprécié le personnage d’Elric, certes torturé, mais progressiste… et la manière dont il affronte l’air de rien son méchant cousin Yyrkoon. L’univers est très sympa, la lecture dynamique, pas trop de personnages avec des noms à coucher dehors à retenir, des créature fantastiques facilement identifiables (élémentaires, dragons…). Du classique côté narration, mais dans le bon sens du terme !

Je suis donc partante pour un tome supplémentaire !

ABC-2015

« Ariosto furioso » de Chelsea Quinn Yarbro

Ariosto furiosoPas évident de trouver un auteur de fantasy ou SF dont le nom commence par un Y, afin de remplir le contrat du Challenge ABC des Littératures de l’imaginaire ! Mais finalement, en cherchant, on fini bien par trouver !
Je m’attendais à du très bon au vues des critiques sur Internet, mais je dois avouer que je ne sais pas du tout quoi penser de ma lecture ! Entre roman historique dans une Renaissance italienne alternative, fantasy, et drame romantique, ce livre édité aux Etats-Unis en 1981 mélange les genres mais ne m’a pas totalement emballée.

Firenze, en 1533 : Lodovico Ariosto est le poète et ami de Damiano de Medici, primero de l’Italia Federata. Dans la vie, il se trouve en plein milieu de conflits politiques et religieux visant son maître, et il doit aussi veiller sur sa famille…
Mais grâce à sa nouvelle œuvre, la suite de son Orlando furioso, il peut s’échapper d’un quotidien compliqué, où il n’est finalement pas grand chose. Dans sa « fantasia » il devient un guerrier héroïque ! Connu et adulé de tous, volant sur son hippogriffe, il part au secours de son amis Falcone et du peuple du Nouveau Monde, les Cerrochis, qui se battent contre un sorcier malfaisant et son armée de monstres.

Ce roman à donc la particularité d’alterner chapitres après chapitres la réalité et la fiction, le monde de Firenze et celui des Cerrochis.
J’ai eu beaucoup de mal à rentrer dans le récit… Au moins la moitié, et encore, je n’ai pas réussis à apprécier la partie fantasy du roman, très épique et grandiloquente. Même en le prenant au second degré je n’ai pas trouvé ça amusant… Bref, trop indigeste pour moi… même s’il peut parfois être amusant de relever dans la fiction les éléments issus de la réalité de Lodovico.
Pour la partie narrant la réalité, les querelles politiques entre les branches aînées et cadettes des Medici, les guerres de religions ente le pape et les anglais, les histoires d’espionnage… ne m’ont pas du tout intéressés. C’est pourtant le cœur de l’intrigue qui va naître sur la fin du roman : pourquoi et comment l’Italia Federata et Damiano vont être mis en porte-à-faux… et par conséquent Lodovico.
Sur la toute fin j’ai commencé à apprécier le roman, car l’histoire d’amitié entre Lodovico – faible et insignifiant poète au milieu des jeux de pouvoir – et Damiano – dirigeant vieillissant et acculé – devient vraiment touchante… avec une touche d’héroïsme un rien surfait, mais sincère.

Une découverte vraiment en demi-teinte… Je reconnais les qualités du roman, mais je ne suis pas totalement convaincue, car je n’ai pas pris de plaisir à le lire les trois quarts du temps. Peut-être parce que je ne connaissais pas du tout cette période de l’histoire ? Ou alors parce que je n’ai jamais lu Orlando Furioso ? « Bien mais pas top » en somme !

challenge de l'imaginaire ABC 2014

« Les neuf princes d’Ambre » de Roger Zelazny

Les neuf princes d'AmbreLes neuf princes d’Ambre, premier volume du cycle du même nom, fais figure de grand classique de la fantasy. La série a débuté en 1970, et a encore cours aujourd’hui malgré la mort de Zelazny (oui, c’est bizarre).
Pour le challenge ABC des littératures de l’imaginaire, c’était parfait pour ma lettre Z, comme vous vous en doutez 😉

Un homme se réveille à l’hôpital, plâtré… Que lui est-il arrivé ? Il ne se souvient de rien, même pas de son nom… Un accident de la route et puis plus rien. Tout ce qu’il sait, c’est qu’il n’est pas vraiment blessé… Il s’échappe donc de sa chambre et en profite pour rechercher qui l’a fait interner. Une certaine Flora, qui semble être sa sœur, paye pour son séjour. Il décide donc de la retrouver chez elle dans le but d’en apprendre plus sur son identité réelle, mais sans lui montrer qu’il est devenu amnésique.
Il ne va pas être déçu du voyage : il apprend son vrai nom, Corwin, et découvre qu’il est un des neuf princes du royaume d’Ambre, issue d’une fratrie qui se déchire pour conquérir le trône. Mais qu’est ce qu’Ambre ? Sa rencontre avec son frère Random va vite lui permettre de le savoir, et de traverser au passage les mondes d’Ombre.

Assez bizarrement, je n’ai pas du tout été emballée par cette lecture, alors que je pense aimer la fantasy.
Je l’ai trouvé à la fois long, malgré ses 250 pages, et trop laconique sur certains passages… Ça donne un effet brouillon par moment assez désagréable. Le récit à la première personne et la vue subjective des situations justifient pourtant cela… mais non ! Je n’ai pas réussi à rentrer dans l’univers, à me projeter dans ce monde onirique. Ça vient peut être aussi du mélange monde magique, médiéval et contemporain, qui m’a rendu ardue la représentation des scènes.
Côté des personnages, je n’ai pas accroché du tout sur Corwin, ni aucun autre protagoniste. Je n’ai rien contre les personnages arrogants comme lui, mais celui-ci manque totalement de charisme je trouve.

Bref, je suis assez déçue, car j’avais envie de découvrir cette saga… Un gros bof !
Le seul truc qui sauve ce roman, c’est qu’à la fin, j’avais envie de savoir si ce pauvre Corwin allait réussir à regagner son trône. Mais de là a me dire que je lirai le deuxième tome… 😡

challenge de l'imaginaire ABC 2014

« Chien du heaume » de Justine Niogret

Chien du heaumeIls sont assez rares, les romans où on trouve une héroïne et non un héros… Et ils sont encore plus rares ceux où j’apprécie vraiment ces protagonistes féminins. Bonheur, Chien du heaume est de ces livres ! Et en plus, il est écrit par une auteur française (cocorico !)… Une belle surprise inspirée, ou plutôt dirigée par mes challenge de l’année : le challenge ABC des littératures de l’imaginaire et le challenge Petit BAC 2014 (pour la ligne « animal »).

Chien du heaume est une mercenaire qui sillonne le pays et prête son bras armé pour survivre. Cette vie elle ne l’a pas vraiment choisie, mais si elle continue à voyager sans attaches, c’est pour réaliser sa quête personnelle : découvrir quel est son véritable nom ! En effet, Chien du heaume est celui qu’elle a adopté sur les champs de batailles… pas celui que ses parents lui ont donné. Grâce à ce nom, elle saura qui était son père qui est mort, dans quel pays elle est née… Bref, quelles sont ses origines. Le seul indice qu’elle possède, sa hache de combat, gravée de serpents entrelacés, que son père lui a laissé.
Sa quête va la mener vers Bruec, le chevalier Sanglier, et son château caché dans les brumes… Elle qui n’a pas d’attaches va trouver en lui un ami. Mais va-t-elle sacrifier la quête d’une vie entière pour rester auprès de lui ? Quelles aventures l’attendent ?

Ce que j’ai particulièrement apprécié dans ce récit, c’est l’équilibre entre heroic fantasy et univers médiéval… On s’y croirait vraiment ! Les élément fantastiques sont peu nombreux, mais donnent un petit côté conte traditionnel à cette histoire. Côté ambiance, j’ai eu l’impression d’être dans le manga Berserk par moment (le début). Des combats, du sang, des démons, des descriptions d’armes et armures réalistes… Ça tatane !
La galerie de personnages est très convaincante… J’ai beaucoup aimé Chien du heaume, une femme pas très jolie, obsédée par son nom et le combat. Bruec le chevalier, Regehir le forgeron, Iyinge le jeune guerrier… Ces personnages lui font un groupe d’amis bien sympathiques. Mais le mieux, se sont les méchants, tels Noalle, la méchante jeune épouse de Bruec, même pas nubile mais déjà pleine de haine et de fiel. A notre première rencontre avec ce personnage, on ne souhaite plus alors que la voir souffrir !

Une bonne découverte… En même temps je ne prenais pas de risques : ce roman a eu plusieurs prix, dont le Grand prix de l’Imaginaire 2010 !
Je vous le conseille donc, fans de fantasy ou non ! Pour ma part je me met de côté dans ma liste d’envies Mordre le bouclier, la suite des aventures de notre guerrière 🙂

challenge de l'imaginaire ABC 2014

Challenge petit bac 2014

« Janua Vera » de Jean-Philippe Jaworski

Janua VeraOn me l’avait vendu depuis de nombreuses années comme une référence de la fantasy française… Il a donc bien fallut que je découvre Jean-Philippe Jaworski, auteur dont on me ventait tant de mérites. Finalement c’est encore un challenge, l’ABC des littératures de l’Imaginaire qui m’a permis de prendre un peu les choses en main et de me lancer dans cette lecture.
Et comme souvent, je devrais un peu plus écouter mes conseillers en lecture et me jeter sans attendre sur leurs propositions ! Ce recueil de nouvelles medieval fantasy est passionnant et est très bien écrit. Un vrai régal !

Ce livre nous plonge dans l’histoire, ou plutôt les histoires, du Vieux Royaume. Au travers 8 nouvelles, nous allons en savoir un peu plus sur cette contrée à différentes périodes et en différents lieux : Ciudalia la capitale animée et sa population hétéroclite, les campagnes de Bromael, les régions barbares d’Ouromagne… et aussi l’évocation des Cinq Vallées où vivent les très discrets elfes…
Des personnages aux motivations et caractères biens différents vont être nos laisser-passer pour découvrir ce monde.
Personnellement je garde un bon souvenir de la nouvelle Le conte de Suzelle, une histoire triste comme il faut : on suit la petite paysanne Suzelle de son enfance à son déclin. Une vie de villageoise troublée par sa rencontre à l’adolescence avec un elfe badin et charmeur, dont elle tombe amoureuse, lui valant une existence d’attente de retrouvailles…
D’autres récits empruntent aux classiques du roman courtois, comme Le services des dames, où le chevalier Ædan va devoir aller venger une dame pour pouvoir traverser ses terres… Une quête qui ne va pas s’annoncer sans périls !
On rencontre aussi quelques fantômes qui hantent les bois dans Un amour dévorant. Cette enquête devra déterminer si les habitants de Noant-le-Vieux voient réellement les « appeleurs« , des esprits maléfiques qui apparaissent à la nuit tombée et plongent ceux qui les voient dans la terreur ou la folie…
Dans la même veine, Le confident nous raconte à la première personne l’histoire d’un prêtre du Desséché, le dieu de la mort, qui a fait vœu d’obscurité et s’est fait enfermer dans une crypte souterraine, où il se remémore son existence… Entre mysticisme et folie la frontière est mince !

Une très belle découverte qui me donne envie d’en lire plus de cet auteur… J’en avais eu un avant goût quand j’étais tombée sur sa nouvelle dans L’O10ssée Folio SF en 10 nouvelles. La bonne surprise s’est donc confirmée.
C’est vraiment sa plume et la manière dont il m’a amené dans son univers qui m’ont séduit… L’univers du Vieux Royaume est très riche et cohérent, mais il sait se faire oublier pour mettre au devant de la scène les différents personnages de ces histoires. On s’attache rapidement à eux, on comprend vite leurs motivations…
Cerise sur le gâteau, le sens de l’humour qu’on ressent entre ces lignes, que ce soit dans les renversements de situation, les fins pleines d’ironie, ou les blagues plus potaches… un régal je vous dit !

Aller, dès que j’ai du temps je m’attaque à la suite des récits du Vieux Royaume : Gagner la guerre !
En attendant, je ne peux que vous conseiller de découvrir cet auteur et ce roman 🙂

challenge de l'imaginaire ABC 2014

« Le Sabre de Sang, tome 2 : Histoire de Kardelj Abaskar » de Thomas Geha

Le sabre de sang tome 2Retour dans l’univers fantasy des Sept Royaume avec le second et dernier tome du Sabre de Sang de Thomas Geha, après un premier volume qui m’avait bien plu !

Plusieurs années ont passé depuis le voyage vers la liberté de Tiric et Kardelj… qui s’est terminé sur une falaise par le meurtre de Kardelj et de sa compagne, par un Tiric armé du Sabre de Sang.
Depuis, Tiric est devenu l’empereur des Sept Royaumes : la magie du sabre lui a permis de soumettre toutes les contrées et tous les peuples… Même les Qivhviens, ce peuple d’homme-lézards rencontré dans le premier tome !
Mais Kardelj a survécu grâce à son Fâps, un parasite logé dans son dos qui l’aide à guérir… Et à son réveil une petite surprise l’attendait, un enfant, son fils, né comme par magie.
Sur les océans où il sera pirate, puis dans les caravanes du peuple de voyageurs Carmintrao, son désir de protéger les siens et de vivre heureux sera pour Kardelj une motivation encore plus puissante que son désir de vengeance… Mais cela suffira-t-il à se débarrasser de la menace du tyran Tiric et de son armée de soldats de sang, totalement dévoués à sa cause ?
Kardelj arrêtera-t-il Tiric et sa soif de pouvoir ? Comment pourra-t-il le battre, lui qui est protégé par la magie ? Quelles sont les véritables forces à l’œuvre dans cette histoire ? Voilà quelques questions qui trouveront une réponse dans cette seconde partie du diptyque du Sabre de Sang !

Si j’ai retrouvé avec plaisir Kardelj, compagnon de Tiric laissé pour mort à la fin du premier tome, j’ai eu un peu plus du mal rentrer dans l’histoire. Ce second volet est moins « pulp » que le premier, peut être un peu plus complexe… Il faut dire que le personnage de Kardelj est un peu plus nuancé que Tiric, avec des motivation moins manichéennes (comprendre : il ne pense qu’à poutrer du Qivhvien) et un ego moins surdimensionné (comprendre : ça n’est pas un personnage détestable).
Bref, il faut attendre la seconde partie de ce volet pour que ça commence à dépoter comme j’aime 🙂
Magie, mystères, combats sont alors au rendez-vous… Avec la tant attendu confrontation entre les deux anciens amis, Tiric et Kardelj !
J’ai apprécié la découverte du peuple Carmintrao, sortes de gitans des Sept Royaumes, qui ont leurs culture bien a eux… Et plus particulièrement leur protecteur /demi-dieu : un homme du clan masqué depuis sa naissance… Et nommé fort justement Le Masque. Ce personnage subtil sait se montrer ferme avec ses ennemis… mais digne de confiance envers les siens. Un bon compagnon en perspective pour Kardelj !

Une fin très correcte pour cette saga que j’ai appréciée, qui se termine pas si mal que ça, quoiqu’on en dise ! Et une lecture parfaite pour le challenge Geek 😉
A quand un spin-off avec des Carmintrao ? 🙂

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