Mots-clé : épistolaire

« Quand souffle le vent du nord » de Daniel Glattauer

Ce livre à été lu dans le cadre de la dernière Masses Critique du site Babelio, et était mon choix n°1 parmi les 3 ou 4 livres que j’avais sélectionné. J’ai donc été positivement surprise en le recevant la semaine dernière !

En fait j’en avais entendu parler par Petite Fleur (encore elle !) qui l’avais lu il y a quelques mois au cours d’une session de livre-voyageur. Elle m’avait rapidement fait le topo, et j’ai tout de suite été intéressée par le sujet.

Leur histoire commence par une erreur d’adresse email. Emmi veut résilier un abonnement à un magazine, et envoi ce mail à Léo plutôt qu’aux éditeurs du journal. De fil en aiguille, ils s’écrivent de plus en plus souvent, passionnément et fébrilement. Coups de coeur et coups de gueule, leur relation prend pied directement dans la sphère de l’intime, médium Web oblige.
Rendus accrocs l’un à l’autre, quel impact cette relation a sur leur vie privée ? Peuvent-ils si facilement faire la part des choses entre cette relation épistolaire et leur vie « dans le vrai monde » ? Est-il possible pour eux de vivre normalement quand une passion imaginaire, et par conséquent idéale, occupe toutes leurs pensées ? Vont-ils franchir le cap et se rencontrer physiquement ?

Côté style, je comprend pourquoi ce roman a reçu le Prix des Lecteurs en 2011 : basé intégralement sur le style épistolaire (donc hautement subjectif),  il est très facile et rapide à lire, plein d’humour, romantique… On a toujours envie de lire un mail supplémentaire, pour savoir s’ils vont aller plus loin, comment ils vont se rabibocher après une dispute…
Et oui, ça n’est pas parce que la relation est numérique qu’ils n’éprouvent pas des sentiments, rendu d’autant plus violents qu’ils ne se sont jamais rencontrés et passent leur temps à s’imaginer l’un l’autre. Le dialogue amoureux oscille entre la retenue et l’épanchement total : Emmi est mariée, Léo sort d’une relation compliquée… Ils hésitent entre se jeter dans une relation virtuelle sans conséquences sur la fidélité d’Emmi, ou prendre du recul pour ne pas se sentir frustrés.
Ce jeu de cache-cache et ces hésitations sont ce qui donnent corps à l’histoire (avec d’autres rebondissements, je vous rassure), mais j’avoue que le personnage d’Emmi est horripilante à souhait… je lisais le roman en mode « j’espère que tu va morfler, cliché féminin hystérique ». Pas très sympathique, mais ça n’empêche pas de tourner les pages pour savoir ce qui se passe à la fin 😉

Un très bon compte-rendu des relations qui naissent sur le Web… Et j’en sais quelque chose, puisque je suis passée par là avec mon copain 😉 (sauf qu’on a été beaucoup plus pragmatiques et dégourdis que les protagonistes de cette histoire).

Bref, un livre que j’ai lu avec plaisir, et que je conseillerai autour de moi. Surtout dans un premier temps à mon copain, pour qu’il me donne son avis sur les personnages : si toutes les filles de la blogosphère ne peuvent pas supporter Emmi et adorent Léo, qu’en pensent les hommes ?

Et pour le coup, en tant que roman épistolaire, je peux aussi inscrire ce livre dans le challenge épistolaire. C’est pas cool ça ? 😀

Et encore merci à Babelio et aux editions Livre de Poche pour ce bon moment de lecture ! 🙂


« Les liaisons dangereuses » de Pierre Choderlos de Laclos

En choisissant Les liaisons dangereuses de Pierre Choderlos de Laclos, roman épistolaire français écrit en 1782, pour le challenge épistolaire, je ne pensais pas que je prendrais autant de plaisir dans ma lecture !
Je l’avais choisi pour la réputation sulfureuse de l’ouvrage, et les adaptations ciné qui semblaient avoir une bonne réputation au niveau du scénario… (Les liaisons dangereuses en 1988 et Valmont en 1989)
Un livre qui me semblait assez long, un genre dont auquel je ne suis pas habitué, et décrivant une époque et société que je maitrise mal en terme de référence (la France et la noblesse de la moitié du 18ème siècle)… je m’attendais à m’ennuyer ferme…
Mais en fait c’est tout le contraire, j’ai été happée par l’intrigue !

Revenons en à l’histoire : la Marquise de Merteuil, voulant se venger de Gercourt, demande à son ami et ancien amant le Vicomte de Valmont de débaucher sa future épouse, Cécile de Volanges. Cette dernière véritable ingénue de 15 ans et a été élevée au couvent et vient tout juste d’en sortir… et ne connaît rien aux mystères de l’Amour.
Valmont, libertin, est alors en train de « chasser » une jeune femme mariée la Présidente de Tourvel, fidèle et religieuse, connue pour sa grande vertu, et se fait le pari de la conquérir.
Cécile, en attendant la date du mariage arrangé par sa mère, Madame de Volange, se retrouve entre son amie la Marquise de Merteuil et un de ses suivant, le jeune Chevalier Danceny… la Marquise voit bientôt un sentiment d’amour s’animer entre les deux jeunes gens, et se dit qu’elle pourrait monter une intrigue à leur insu, toujours dans l’objectif de sa vengeance envers Gercourt…

Difficile de résumer plus loin l’histoire : les relations épistolaires entre la dizaine de personnages, les manipulateurs et leurs marionnettes, permettent de brosser un profil savoureux des protagoniste, et de monter au fur à a mesure l’intrigue et toute ses subtilités. La stratégie dans la vengeance prend différentes formes ou routes, pour arriver aux fins de la Marquise de Merteuil : faire de Cécile une véritable libertine par agents interposés, en se servant de sa naïveté.
Car toute la problématique est là : Comment nuire sans être démasqué ? Comment jouir sans que la société s’en offusque ?
On suit donc les personnages, et on s’attache tour à tour aux victimes, et parfois aux bourreaux, en prenant autant plaisir à les détester quelques lettres plus loin. On admire aussi la manière dont la Marquise et Valmont manipulent les différents acteurs de cette histoire… Au travers eux, c’est une véritable partie d’échecs qui s’engage, où les stratégies se montent avec plusieurs coups d’avance, et où leurs proches sont des pions à placer savamment.

Une belle découverte, qui m’a aussi permis de renouer avec la littérature de cet époque, à cheval entre la religion, les codes sociaux, les relations entre gens de l’aristocratie, et les intrigues qui rompent cela. Comme dans Sade, j’ai retrouvé ici la pensée des libertins qui sont non seulement des jouisseurs de la vie, mais aussi des personnes qui ont porté un regard critique sur la société et ses bonnes moeurs, et ont fait avancer la philosophie de ce siècle.
En revanche tout est suggéré dans les ce livre, ou à moitié dit, contrairement à Sade… 😉

Pour faire court et pour conclure, j’ai beaucoup aimé ! (c’est peut être mon côté « commère » qui parle ;))
De plus le livre existe en PDF et est dans le domaine public… avis aux amateurs de Kindle ou autres tablettes !

Edit : je fini par mettre le livre en « coup de coeur », état donné que je bassine tous mes collègues avec 😉

« Le Cercle littéraire des amateurs d’épluchures de patates » de Mary Ann Shaffer et Annie Barrows

Difficile d’être original quand on parle de ce best-seller de Mary Ann Shaffer et Annie Barrows sorti début 2009… et qui caracole depuis dans le top 100 des ventes Amazon !
J’ai pourtant découvert Le Cercle littéraire des amateurs d’épluchures de patates assez tard, en lisant les article sur le blog du Circle Challenge ABC, où beaucoup de participants se sont retrouvés avec ce titre dans leur liste. Je me suis dit qu’un tel engouement devait tout de même cacher un ouvrage intéressant… Et c’est le cas, ce livre a été un coup de coeur pour moi ! 🙂

L’histoire se déroule en 1946, juste après la Seconde Guerre mondiale, en Grande-Bretagne. Juliet, écrivain qui vient de connaître une petite gloire avec un recueil de parodies d’articles durant la guerre, cherche une nouvelle idée pour s’atteler à son prochain texte.
Le hasard veut qu’elle se trouve contacté par courrier par Dawsey, habitant de l’île de Guernesey, qui fait parti du « Cercle littéraire des amateurs de tourtes aux épluchures de patates ».  Piquée par la curiosité, Juliet va continuer ces échanges, et va s’en suivre des séries de lettres entre elles et les différents protagonistes de ce club.
Bien entendu, elle n’attendra pas longtemps avant d’aller à leur rencontre à Guernesey…

Ce roman est écrit dans le genre épistolaire, chose à laquelle je suis peu habituée. J’ai mis quelques pages (ou lettres) avant de mettre le pieds à l’étrier… (comprendre la situation, découvrir les personnages). Mais j’ai été appée par l’histoire au bout de 10 pages ! Le style est très agréable, très fluide, jamais monotone… on passe du point de vu d’un personnage à l’autre au travers de ses courriers, on n’a pas le temps de s’ennuyer. Bref, une lecture très rafraîchissante.

Côté histoire, on parle bien sûr de la guerre, vu du côté de Londres où été Juliet, et surtout de l’occupation de Guernesey par les troupes allemande. Le point de vu n’est pas manichéen, ni trop noyé dans le pathos, ce qui rend les choses intéressantes. Après il y a quand même beaucoup d’émotion : humour, tristesse, violence, joie,… mais aussi des histoires d’amour (huhu ^^).
Je me suis vite attachée aux personnages, que ce soit Juliet dynamique et spontanée, qu’Isola l’excentrique complètement perchée, Sydney dans le rôle du grand frère…
Bien entendu, Guernesey à une place centrale dans l’histoire, et la description des lieu m’a vraiment donné envie de découvrir cette petite île au milieu de la Manche…
Le tout nous offre aussi un beau conte sur l’amour de la lecture, des livres, de l’échange autour des histoires et pensées véhiculés par les textes, de la manière dont n’importe qui, quelque soit son niveau social ou culturel, peut s’approprier un livre… Une thématique qui m’est très chère 🙂

Pour conclure, un livre gourmandise, un coup de coeur et un must-read ! D’ailleurs je peux déjà vous dire que ce livre figurera dans les cadeaux que j’offrirai à Noël 😉