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« Retour à Cold Mountain » de Charles Frazier (Etat de la Caroline du Nord)

Afin de continuer vaillamment le challenge « 50 états, 50 pays », je me suis lancée dans la lecture d’un livre que d’un premier abord, je n’aurai pas ouvert : Retour à Cold Mountain de Charles Frazier, dont a été tiré un film que je n’ai pas vu, mais qui ne m’attire pas plus que ça. Et bien j’aurai raté quelque chose en m’arrêtant à cela ! Ce roman n’est pas juste une histoire d’amour ou se mélange le drame de l’histoire, mais un vrai petit bijou de poésie et d’aventure !

Nous sommes en 1864 en Caroline du Nord. La guerre de Sécession qui oppose soldats Confédérés au sud à ceux de l’Union au nord dure depuis 4 ans et a tué bien des hommes des deux côté. Inman, soldat Confédéré originaire de la région de Cold Mountain a été gravement blessé lors d’un combat et se retrouve à l’hôpital, loin de chez lui…  en repensant aux tenants et aboutissant de cette guerre, il décide de déserter et de retourner à Cold Mountain, revoir ce pays qui est le sien, et la femme qu’il aime, Ada. Une longue route l’attend, un vrai voyage initiatique !
De son côté Ada est restée dans la maison de son père à Cold Mountain, pasteur récemment décédé. Il n’y a plus d’homme dans les villes et villages pour travailler. Ceux qui n’ont pas fui ont tous été envoyés au front, sans trop d’espoir de retour ! Elle va devoir apprendre à cultiver la terre, s’occuper des bêtes… si elle souhaite survivre à l’hiver. Et sa rencontre avec la jeune Ruby va bien l’aider !

Ce roman est comparé à l’Odyssée, et je dois avouer qu’on y pense immédiatement lorsqu’on lit les pérégrinations d’Inman, qui tente de revenir chez lui. Il va faire de nombreuses rencontres durant son voyage, bonnes et mauvaises. Tout cela va au fur et à mesure le réintégrer dans la société humaine (dans ce qu’elle a de meilleur et de pire), qu’il a presque oublié après 4 années de combats, de violence et d’horreur ! Ça sera à lui de choisir la conduite à tenir face à telle ou telle personne ou situation : continuer à avancer vers son objectif, ou s’arrêter… Tout s’enchaîne à partir de décisions prises plus ou moins longtemps avant, un peu comme un effet papillon…Cela est parfois assez ironique : le destin ne manque parfois pas d’humour !
Mais outre ce personnage masculin, il y a Ada qui n’est pas une simple Pénélope… Déjà ils ne vivent pas un amour fou, mais hésitant… Et la plus grande partie de son temps est désormais orientée vers la manière dont elle pourra survivre, maintenant qu’elle est seule. Il y a un contraste assez prononcé entre Ada et celle qui deviendra son amie, Ruby. Ada vient d’une famille de la petite bourgeoisie, son père était un pasteur, avait de l’argent, et a acheté une ferme pour son plaisir… et surtout l’a protégée comme une petite enfant de tous les problèmes de la vie. Mais aujourd’hui l’argent de son père ne vaut plus rien à cause de la guerre ! L’inflation est galopante dans les états du sud, et seul le troc va lui permettre de pouvoir manger. Ruby n’a jamais eu d’argent, et a été laissée à elle même par son père dès son plus jeune âge : elle a appris à chasser, cueillir, cultiver, troquer… et va aider Ada à grandir !
Je me suis assez attachée à ces personnages, qui sont profonds et intéressants dans leurs forces et leurs faiblesse…

L‘écriture en elle même a un rythme très lent et posé, ce qui me change des thriller ou romans de SF que je lis habituellement : on est dans un roman assez contemplatif, un hymne à la nature. Habituellement je me lasse vite de ce type de livre, mais là j’ai été transportée !
Le fond du récit m’a aussi beaucoup plu, et je l’interprète comme cela : la créativité et le bon sens priment sur l’éducation classique. Le savoir et l’art deviennent alors authentique… On a l’impression que ces habitants des tous jeunes Etats-Unis larguent peu à peu les amarres de la culture européenne (et surtout Ada qui a été élevée dans ce sens, avec les règles de bienséance et tout) pour créer leur propres repères et valeur : ont voit émerger une culture américaine !

La guerre et son côté inhumain m’ont rappelé Johnny s’en va-t-en guerre, et la grande question : pourquoi un homme doit il quitter sa terre et les siens pour se battre pour des généraux et des politiciens ?
Surtout que la guerre de Sécession parait être une introduction aux futures grandes guerres du 20ème siècle à lire ce roman, dans ce qu’elle ont eu d’horrible : premiers obus, armes à feu, vagues d’hommes utilisés comme pure chair à canon, guerres de tranchées… Les descriptions des grands combats narrés par Inman ou d’autres soldats rivalisent d’horreur ! Et ça n’est rien face aux déserteurs fusillés par les soldats de leurs propres camps, pour l’exemple, ou le plaisir…

Un roman que j’ai beaucoup aimé, et que je conseille donc, l’alternance chapitre après chapitre de l’histoire d’Inman et d’Ada est un vrai plaisir, et vous fera surement autant voyager que moi !

 

Je n’aurais jamais pu soupçonner que la Caroline du nord contenait tant de beauté, comme décrites dans ce roman ! Si certaines régions semblent grises et austères à Inman, les montagnes de cet état semblent fantastiques ! J’ai bien fait de commencer ce roman en revenant de mes vacances dans le Vercors, qui m’ont donné des images de paysages un peu plus vallonnés que la région parisienne… Bref, de quoi nourrir mon imaginaire 🙂

La Caroline du Nord est donc une région entre l’Océan Atlantique et les Appalache, cette grande chaîne de montagne à l’Est des USA, qui forme sa frontière à l’ouest avec le Tennessee.
Cold Mountain qui culmine à 1800m environs, est située dans la partie orientale des Appalaches, les Blue Ridge Mountain, et plus particulièrement les Great Balsam Mountain… Contrairement à ce qu’on pourrait penser, ça n’est pas le point le plus haut de l’état, qui est le Mont Mitchell avec ses 2037m !
Plus bas, au pied de ces montagnes, les collines du Piedmont américain où est cultivé le coton, le soja, le melon et le tabac. L’industrie du tabac est assez importante aujourd’hui encore dans l’économie de la région.

Contrairement à ce que je croyais, cet état ne doit pas son nom à une jeune femme, reine ou princesse, mais au roi Charles Ier d’Angleterre… Et son histoire remonte presque aux origines de la colonisation du territoire américain : la Caroline est la seconde colonie britannique, bien que découverte par les Espagnols en 1512. La région va changer de main lorsque la reine Elisabeth Ière concède ce morceau de terre à Walter Raleigh, explorateur et courtisan anglais. Mais il échouera dans sa tâche d’établir une colonie durable dans cette région.
A noter qu’on doit à Raleigh le nom de la capitale de la Caroline du Nord et l’introduction du tabac en Angleterre… Et oui, il n’a pas fait que des bonne choses :s
Bref, les amérindiens ont pu pendant quelques années encore vivre tranquillement sur leurs terres (même si les Cherokee ont du prendre la route de la piste des larmes vers les années 1830)… Mais en 1663 le roi Charles II d’Angleterre envoi plusieurs émissaires hauts placés peupler et civiliser ces régions, avec l’aide d’esclaves. Ainsi, la Caroline devient une région où la culture du tabac permet l’essor de grandes plantations… et peut-être les précipiter plus facilement dans la guerre de Sécession de par leur dépendance à l’esclavagisme.
En 1729 la Caroline est divisée en deux : Caroline du Nord, et Caroline du Sud. A partir de cette période, une forte immigration écossaise va permettre de peupler les riches terres de Caroline du Nord.
En 1775, la Caroline du Nord est la 13ème des Treize colonies a se révolter contre l’Empire Britannique, et a rentrer dans la guerre d’Indépendance !
Pendant la guerre de Sécession, la Caroline du Nord est du côté des états Confédérés, à partir de 1861. Et à lire ce roman, on se dit qu’elle a payé un très lourd tribu en hommes pour cette guerre…

Aujourd’hui la ville la plus grande avec plus de 750 000 habitants est Charlotte, belle proportion de ses 9,5 millions d’habitant qui font de cet état le 10ème état des USA.

Bref, un état tentant du point de vu touristique, si ses montagnes sont à la hauteur du roman de Frazier !

 

« Johnny s’en va-t-en guerre » de Dalton Trumbo (Etat du Colorado)

Lecture coup de poing et coup de coeur : Johnny s’en va-t-en guerre de Dalton Trumbo est une histoire que j’avais très envie de découvrir depuis quelques mois, sous la forme du livre ou du film qui en est tiré… Inclinaison personnelle oblige, j’ai préféré m’attaquer d’abord le livre, avant d’essayer de le trouver peut être en DVD, ou autre.

Mais pourquoi cette volonté de le lire, me demanderez-vous ? C’est parfois difficile de retracer ce qui vous ammène à une lecture… Mais cette fois je sais parfaitement comment ça c’est passé.
Comme certain le savent, j’aime beaucoup le métal. En faisant un petit tour des clips sur Youtube, alors que je lisais Fargo Rock City, un titre m’a interpellé : One de Metallica, le clip original de 1988 sorti sur l’album And justice for all. Je connaissais la version studio, mais ce clip m’a fait l’effet d’une gifle, en samplant la musique géniale de Metallica à des extraits d’un film que je ne connaissais pas : Johnny got his gun. Les paroles de la chanson prennent alors une dimension autres, la vidéo étant ponctuée par les images noir et blanc montrant Joe sur sont lit, des images de guerre… avec les dialogues du film, comme sortis d’outre-tombe…  J’en ai les poils qui se hérissent sur tout le corps rien que d’y repenser !
Je me suis donc dit que si j’aimais tant son traitement dans le clip, je risquais aussi d’apprécier le livre. Et en cherchant bien, j’ai aussi découvert qu’une partie de l’histoire se passe au Colorado, état qui je n’avais pas encore traité pour le challenge « 50 états, 50 billets ».

C’est donc avec beaucoup d’appréhension que je voulais me lancer dans cette lecture. Il y a des livres comme ça qu’on attend, et qu’on ouvre un jour avec un recueillement quasi religieux… en espérant ne pas être déçu par la barre qu’on a mise si haute de l’avoir tant fantasmé.

Johnny s’en va-t-en guerre raconte histoire de Joe Bonham, soldat américain envoyé au Front durant la Première Guerre Mondiale. Il se réveille dans un lit d’hopital, et au fur et a mesure de sa sortie de l’inconscience, il réalise avec horreur qu’il est non seulement blessé, mais aussi amputé des 4 membres, sourd, aveugle, muet, sous respirateur artificiel… Et surtout seul au monde, coupé du reste de l’humanité. Il se remémore sa jeunesse, les instants avant son départ pour la Grande Guerre, et se pose des questions sur le sens à donner à tout ça… et surtout comment essayer de redevenir un être humain.

Son auteur, Donal Trumbo, est un pacifiste reconnu, un des « Dix d’Hollywood » dans les années 40-50 qui n’a pas voulu se soumettre au pouvoir durant la fameuse période de la « chasse aux sorcières » de McCarthy aux USA. Il faisait figure de traître gauchiste, et fut incarcéré pour avoir refusé de témoigner devant une commission du Congrès des activités anti-américaines, à une époque où les citoyens se vendaient les uns les autres par peur d’être accusés d’être communistes. Il est aussi connu pour être le scénariste de films, comme Spartacus de Kubrick, après son exil. Il va porter à l’écran lui-même son roman Johnny s’en va-t-en guerre en 1971.
Ce récit a été écrit en 1938 et est paru en 1939, à l’aube de la Seconde Guerre Mondiale. Mais c’est pendant la guerre du Viet-Nam qu’il va connaitre un second souffle, le texte ayant été lu à plusieurs regroupement pour la paix. C’est comme cela que l’auteur de la préface de l’édition française, Ron Kovic, va découvrir ce roman. Si son nom vous est inconnu, je pense que comme moi vous le connaissez déjà, ce Ron Kovic : c’est le héros et auteur du film et roman Né un 4 juillet : Johnny s’en va-t-en guerre a changé sa vie, et lui a donné la force de s’engager dans l’activisme politique après des années d’errance.
Si après ça on doute encore d’être face à un grand livre

La Première Guerre Mondiale, ça parait très très loin, mais grêce à cette histoire on se rend compte de ce qu’était cette époque : l’aube du millénaire, où les gens nourissaient plein d’espoirs sur les technologies comme l’aviation pour apporter la paix… Mais en même temps c’est le temps de la dernière guerre où on partait la fleur au fusil, une « guerre romantique » comme dit Trumbo… mais qui avec le recul s’avère la guerre la plus atroce jamais menée.

Ce qui est agréable et assez surprenant, c’est la manière dont est écrit le livre : l’unique narrateur est Johnny, nous n’avons que son point de vue… il raconte son histoire et ses pensées avec des mots simples (c’est un gars « normal », un ouvrier californien). Le rythme des phrases, le découpage des chapitres, est très moderne… Il permet de s’identifier à Joe, de comprendre sa frustration, sa colère, sa tristesse, son incompréhension, mais aussi sa volonté de faire quelques chose de ce qu’il lui reste de vie, de ne pas s’apitoyer sur lui même ! Tout cela en fait un livre assez dur quand on y réflechi, mais pas du tout glauque ou trash… on relève même des pointe d’humour par moment !

Cette histoire me fait forcément penser à La chenille de Suehiro Maruo, manga extrait du roman de Ranpo… paru 10 ans avant le roman de Trumbo : on y traite des mêmes problématiques, arrivées à des milliers de kilomètres des USA. Mais outre le rapport aux gueules-cassées, la ressemblance s’arrête là tant leur traitement est différent.
Dans La chenille on est dans « l’eroguro » pur et dur, sexuel, violent, chaotique, surréaliste et grotesque (dans le sens grand guignolesque du terme, attention), et surtout vécu en couple et par de là bien par un homme bien vivant… Le rapport aux sens et au sensuel est bien différent dans ce roman où  Joe est seul, entre deux mondes, dans les limbes de sa pensée. Le discours est plus intérieur, plus solitaire : son sort est véritable annihilation de l’être humain, comme une déchirure, provoqué par une guerre qui a balayé tout ce qu’a été Joe, tout ce qu’il est et pourrait être.

Comme vous l’avez compris, je suis emballée par ce livre… au point où je pense qu’on devrait le faire lire à l’école ! Ça serait utile pour le sens de la critique sociale des futures générations ! Même si une oeuvre à la portée de celle-ci devrait faire serrer les fesses de tous nos dirigeants, tant la critique de Johnny envers le pouvoir est dur et plutôt bien vu…
Par exemple, sa réflexion sur l’intêret d’aller se battre pour des principes et des idées (liberté, démocratie…) mal définies, sur les gouvernements qui en envoient leurs citoyens à la mort en ce nom alors qu’eux même ne mettent pas leurs propres vies en jeu, et quand bien même, qu’en étant mort ces principes ne permettront pas à d’autres de les faire fructifier… Il remet en cause l’absence de contrat social et idéologique entre les ceux qui partent se battre et ceux qui veulent qu’ils se battent : quel intérêt, pour qui, à quel prix ? Il dénonce le mensonge  de la mort « noble », qui de toute façon ne l’est pas, car quand on est mort on n’est plus rien… Même si aujourd’hui ce discours n’a rien de provoquant, ça fait toujours du bien de l’entendre, et de le dire (surtout quand on voit les guerres « de principes » qui ont encore et toujours lieu) !

Un coup de coeur donc : c’est le genre de livre que j’aimerai distribuer dans le métro, dans la rue… tant il est bien écrit et que son message est important. Mais plutôt que de dévaliser les librairies, je vais me contenter de le prêter autour de moi !

Comme beaucoup d’état, le Colorado a initialement fait parti de la Louisiane française, du moins sa partie orientale… L’occident appartenant alors à la Nouvelle-Espagne, à qui il doit son nom d’origine hispanique signifiant « de couleur rouge », du fait de la couleur de la Rivière Colorado. Il faudra attendre 1803 pour que la partie française soit vendu aux Etats-Unis. Après l’indépendance du Mexique, le Colorado appartient a ce nouvel état. Le Colorado fera parti de Etats-Unis qu’en 1848 après le traité de Guadalupe Hidalgo qui fait céder au Mexique ses territoire du nord au profit des USA. Il faudra tout de même attendre 1876 pour que le Colorado devienne le 38ème état des Etats-Unis.
Avant et pendant les période de colonisation des Européens, les Amérindiens vivaient nombreux sur ce territoire : Apaches, Cheyennes, Shoshones… mais furent chassés les uns après les autres, et il reste très peu de descendants de ceux-ci aujourd’hui.

Le Colorado doit son expansion démographique en premier lieu au commerce des fourrures, mais aussi et surtout à la ruée vers l’or et l’argent à partir de la moitié du 19ème siècle… C’est ainsi que Denver c’est agrandi et est devenu la capitale de l’état. Aujourd’hui encore, la moitié de ses 5 millions d’habitants vit à Denver et dans son agglomération.

Etat de montagnes, haut plateaux, terres arides… le Colorado est l’état le plus haut des USA : son point le plus bas est situé à 1000 mètres d’altitudes ! En plein sur le sud des Montagnes Rocheuses, il possède plusieurs 10aines de pics et monts, dont le plus haut de la chaîne, le Mont Elbert qui culmine à 4401 mètres. Une manne pour le tourisme et les stations de ski en hiver !
C’est donc un paysage rêvé pour les amoureux des grands espaces sauvages et les parcs naturels : Mesa Verde, Black Canyon, Dinosaur Monument (riche en fossiles),  Great Sand Dunes, Rocky Mountain… qui jouissent de climats très différent, et ont donc des physionomies très différentes climat sec ou aride, humide, où passent des tornades (le Colorado est en parti situé sur la Tornado Alley) ou des orages violents…
Mais ces espaces sont aussi problématiques, comme on l’a vu en juin avec le grand incendie qui a ravagé des 10aines de milliers d’hectares de végétations, mais aussi d’habitations !

Mais le Colorado n’est pas composé que d’espaces naturels : l’agriculture et l’élevage sont les secteurs clés de l’état, ainsi que les mines d’or, d’argent, et d’uranium. Les secteurs secondaires et tertiaires ne sont pas en reste : administrations, armée, énergies, produits agro-alimentaires… Un des 3 états leader pour mettre en place une entreprise, bien placé dans la richesse moyenne des habitants
La population, composée de descendant de Mexicains, Espagnols, Allemands, Anglais… mais aussi d’Afro-Américains, est une de celle en plus bonne santé aux USA ! C’est au Colorado qu’est la plus basse proportion d’obèses aux USA… Un pays de sportifs, proches de leurs grands espaces ? A moins que cela vienne de leur cuisine du Sud Ouest et des Rocky Mountains : des ingrédients locaux comme le boeuf et le bison, des viandes saisies, des légumes, ainsi que des inspirations mexicaines avec les épices, le maïs…

Un état que j’aimerai beaucoup visiter, pour ses grands parc et sa cuisine… Même si la récente fusillade d’Aurora durant la projection du dernier film de la série des Dark Knight à valu la vie de 58 personnes, et rend un peu moins sympathique la région…
Un jour peut être ?

« La rivière du sixième jour » de Norman Maclean (Etat du Montana)

On reste dans le nord des Etats-Unis pour découvrir ce nouvel état pour le challenge « 50 états, 50 billets », le Montana, via la nouvelle de 1976 de Norman MacleanLa rivière du sixième jour. C’est de cette histoire semi-autobiographique qu’est tirée le film Et au milieu coule une rivière, réalisé par Robert Redford.

Norman est le fils aîné de la famille Maclean, dont le père est pasteur dans le Montana. Lui et son petit frère Paul sont très vite initiés à la pêche à la mouche par leur père, qui élève cette activité au rang d’art.
Devenu adultes, dans les années 1930, Norman et Paul sont toujours passionnés par la pêche dans les rivières de leur enfance comme la Big Blackfoot, même si Paul est un pêcheur d’un autre acabit que son frère.
Nous suivons les dernières journées de pêche que les deux frères vont passer ensemble, rares moment où la vie les réunis, entre compétition, amour de la nature, mais aussi problèmes familiaux et leur relation fraternelle…

Le résumé du livre ne m’avait pas du tout emballé : un livre axé sur les relations humaine et la pêche à la mouche… C’est bien parce que cette nouvelle était courte, et avait donné le jour à un film à succès (que je n’ai pas vu) que je me suis décidée à le lire.
Et bien je n’ai pas du tout été déçue de revoir mes à priori !

Raconté à la première personne par Norman, cette fiction sent immédiatement le vécu : les sensations et impressions ne peuvent qu’avoir été rédigée par quelqu’un sui connait réellement la pêche en rivière, le Montana, et qui a vécu des relations pareilles avec sa famille. D’ailleurs vers la fin de la nouvelle, le personnage du père invite son fils à écrire des fictions pour mieux comprendre la réalité qui l’entoure…
C’est cette relation à l’autobiographie qui a fait manquer à l’auteur le prix Pulitzer de littérature en 1977, car il ne récompense que des fictions.

Les descriptions des parties de pêches ne sont pas ennuyeuses, et loin de là ! Il fallait quand même du talent pour me faire apprécier ces passages, où les personnages préparent leurs mouches en fonction du poisson et de la rivière, où Norman explique les mouvements en 4 temps du lancer, où encore la description des différents types de truites… Mais finalement c’est passionnant, et on comprend en quoi pour l’auteur la pêche à la mouche, avec des leurres artificiels faits mains, est bien supérieure à la pêche aux vers.

Durant ces parties de pêche, on découvre les magnifiques paysages du Montana : les torrents, les rapides, les plans d’eau, au milieu des montagnes, des plaines ou des forêts… On croirait entendre le bruit de l’eau ! On imagine bien la lumière dans les canyons, la réverbération de l’eau… Cela devient une vraie poésie, où comme l’auteur nous le fait comprendre, la rivière est composée de paroles… Et chacun, pour peu qu’il prenne le temps de le faire, peut lire dans celle-ci comme dans un livre ouvert.
De nombreux passage vont au delà de la métaphore de la rivière de la vie, car Norman nous explique aussi l’histoire de la région via les signes laissés près de ces rivières : les grand glaciers de la préhistoire, la formation des montagnes, les traces laissés par de grands lacs… L’histoire de la terre est inscrite dans les roches du Montana, et ont des échos aujourd’hui encore !

Bref, j’ai vraiment bien aimé cette histoire, qui m’a fait voyager dans un monde hors du temps… Si vous avez l’occasion de le lire, n’hésitez pas, c’est un petit moment de fraîcheur, qui de plus fait réflechir sur les relations familiales !

Comme on le voit dans le récit, le Montana est une région sauvage et naturelle, même si depuis l’époque où se déroule cette histoire (début du 20ème siècle), le tourisme et l’urbanisation ont un peu fait du chemin !

Et des beaux paysages de montagne où coulent des rivières sauvages, il peut y en avoir à foison là bas si on en croit l’origine du nom Montana, signifiant en espagnol « Montagne« . Mais le Montana n’est pas composé que de roche : si l’ouest est marqué par les montagnes Rocheuses, l’est est composé de grandes plaines… Avec le fleuve Missouri coulant d’est en ouest et coupant l’état en deux.

Les régions du Montana ont elle aussi fait partie de la grande Louisiane française, mais rejoint en 1803 les USA lors de la vente de toutes les terres françaises. Bien qu’habité par quelques colons et trappeurs, le territoire est alors plutôt sauvage, et se sont les amérindiens qui peuplent principalement ces terres.
Au milieu du 19ème siècle, la découverte de gisements d’or provoque une ruée vers l’or, et l’immigration massive vers le Montana lui permet de devenir un territoire en 1864. C’est à cette période qu’un des camps de mineurs deviendra la ville d’Helena, qui sera la capitale du futur état. Mais les heurts entre indiens et colons sont nombreux, au point de provoquer la bataille de Little Big Horn, où les Sioux de Sitting Bull gagneront face au général Custer.
En 1889, le Montana est intégré à l’Union et aux Etats-Unis, et devient un état à part entière.
Afin d’encourager le peuplement des grandes provinces inhabitées, la loi du Homestead Act est raccourcis de 5 à 3 ans : ainsi, une famille qui prouve avoir vécu et travaillé une terre plus de 3 ans peut en devenir officiellement propriétaire, sous une certaine limite de taille de terrain… De quoi motiver les colons européens à investir les lieux : allemands, suédois, anglais, irlandais, écossais (comme les protagoniste du roman),… ! Avec le chemin de fer, la région devient plus accessible. Le Montana est pris d’assaut par les immigrants, avec comme conséquence une réduction de la taille des terre offerte, ce qui rend alors l’élevage et l’agriculture plus difficile.

 

Malgré cet engouement pour la région au 19ème siècle, le Montana reste très rural (75%), et fait parti des régions ayant une des densités de population les plus faibles de Etats-Unis… Il y a peu d’habitants, au total, à peine un million ! Naturellement, l’agriculture et les industries du bois sont dominantes dans l’état. Mais ses richesses proviennent aussi  des sols, et des mines d’or, argent, cuivre… et des gisements de gaz, pétrole, charbon…
Même si le climat à l’air plutôt propice aux cultures dans les plaines, il aime jouer avec les extrêmes dans certains coins de l’état : -57°C enregistrés, ce qui est la température la plus froide de tous les Etats-Unis.

Le tourisme comme on peut l’imaginer face à ces paysages naturels est aussi très présents :  Glacier National Park en est son fleuron, avec sa faune et flore variée : grizzly, chèvre des montagnes Rocheuses, loups, orignaux, … et bien entendu toutes sortes de poissons et plus particulièrement de truites 😉
A noter qu’une petite partie de Yellowstone borde le sud de l’état… Mais d’autres sites sont aussi des pôles d’intérêt, comme le lieu de la bataille de Little Big Horn, ou encore des stations de skis très prisées.

En bref, un territoire qui forcément m’attire pour son aspect sauvage et naturel. Le parc de Glacier à la frontière canadienne fait rêver avec ses paysages de rêve et ses glaciers, dont il faut rapidement profiter car ils fondent à vu d’oeil avec le réchauffement climatique…

 

« Le pays des cerisiers » de Fumiyo Kono

Une découverte manga pour compléter ma case « végétal » du challenge Petit BAC 2012, un livre prêté par Petite Fleur (qu’elle commente ici). Je ne savais pas du tout à quoi m’attendre, vu que je n’en avais pas du tout entendu parler. Il est pourtant sorti il y a quelque temps au Japon, 2003, et en 2006 en France. Une éternité en somme ! De plus il a reçu le Prix Osamu Tezuka de la meilleur nouveauté en 2005, ce qui laisser présager le meilleurs…

Vu l’histoire, on peut s’attendre à un vrai voyage au coeur de l’histoire japonaise : nous suivons au travers le destin d’une poignée de personnages les évènements d’Hiroshima et de son bombardement en 1945, en nous focalisant sur les survivants, ceux qui ne sont pas morts sous les bombes atomiques, mais des séquelles de celles-ci… On rencontre la première génération des irradiées qui meurent encore de la bombe des dizaines d’années plus tard, et leurs enfants qui souffrent de maux transmis par leurs parent et les sols contaminés. On découvre réellement que le Japon, et surtout ses habitants, ont souffert plus que nécessaire de la Seconde Guerre Mondiale. Des destins brisés, des familles séparées… mais au delà de tout cela l’espoir de se voir encore en vie.

Bref, plein de bons sentiments… Mais ça s’arrête là pour moi !
Si le dessins classiques et délicats passent vraiment bien, je suis moins fan du scénario. J’ai été rapidement perdue entre les aller et retour entre le passé et le présent, je me suis mélangées un peu entre les période, et j’ai eu un mal de chien à reconstituer les liens familiaux entre les différents protagonistes… Pas évident d’être réellement émue quand on essaye de coller les morceaux !

C’est dommage, car le tout premier chapitre se suffisait à lui même : on suit la vie d’une jeune femme, survivante de la bombe d’Hiroshima, qui vit sa vie de tout les jours en 1955, 10 ans après ces sinistres évènements. Elle voit des amis, fait de la couture, a un amoureux… mais est toujours hantée par ce qu’elle a vu lorsque la ville a été bombardée : les cadavres calcinés, les gens blessés… L‘histoire est belle et la fin est très touchante. Et après la force de celle-ci, les autres chapitres sont inutiles je pense !

Bref, un manga sympa à lire, mais que ne m’a pas non plus transcendée… Bien, mais pas top quoi :-/

« Les mille et une vies de Billy Milligan » de Daniel Keyes (Etat de l’Ohio)

Excellente surprise pour mon billet sur l’Ohio, pour le challenge « 50 états, 50 billets » ! En cherchant un roman se passant dans cet état, je ne pensais pas tomber sur un des ouvrage du très apprécié Daniel Keyes… Son roman Des fleurs pour Algernon doit être un de mes livre préféré, ou du moins un de ceux que je conseille très souvent autour de moi.
Je me suis donc lancée dans la lecture de son roman de 1982, Les mille et une nuit de Billy Milligan, avec un à priori positif, et je dois dire que je n’ai pas été déçue. Le pitch du livre me plaisait assez : la vie d’un homme habité par de multiples personnalités… et en plus c’est un histoire vraie ! Tout pour me fasciner et me plaire 🙂

On va donc découvrir ce qu’est et a été la vie de Billy Milligan, arrêté en 1977 pour 3 viols et vols sur des étudiantes de l’Ohio. Le voyant nier farouchement les faits, ses avocats ont un doute et le font examiner par des psychologues : Billy est  déclaré souffrant d’une maladie mentale atypique : il est habité par plusieurs personnalités, bien distinctes les unes des autres. En gros il a une enveloppe humaine, et une vingtaine de personnes qui animent son esprit successivement. Ce qui fait que quand une personnalité prend le dessus sur l’autre, cette dernière à l’impression de « perdre son temps », et souffre d’amnésie. Donc il ne se souvient pas avoir violé des jeunes femmes, alors que toutes les preuves l’accusent !
Bien entendu on va s’intéresser à l’aspect juridique, et à l’enquête de police, qui a permis de découvrir (assez rapidement) l’auteur de ces viols. Mais le cœur de l’ouvrage est dans l’analyse de la psyché de Billy, qui va permettre aux spécialistes de découvrir son « problème » et de lui faire accepter…

La construction en 3 chapitres permet de s’intéresser à l’histoire de Billy sous différents angles :
– dans le premier chapitre, on assiste à son arrestation et la découverte de sa pathologie et des 10 personnalités « connues » par lui… puis des 14 autres cachées ou indésirables. On rencontre par exemple parmi ces personne habitant son corps : Arthur le britannique intellectuel, Allen le roublard, Ragen l’homme fort d’origine yougoslave, Danny le gamin terrorisé… Certains de  ces personnages ne connaissent pas les autres, d’autres peuvent communiquer entre eux. Mais globalement, Arthur est le leader de cette « famille ». Le vrai Billy est endormi depuis son enfance pour lui éviter de souffrir, et on découvrira pourquoi… Traité dans un hôpital à Athens dans l’Ohio après son arrestation, il tentera de fusionner ces personnalités pour ne faire plus qu’un, afin de vivre une vie normale. C’est aussi à l’hôpital qu’il rencontrera l’auteur qui deviendra son biographe.
– le second chapitre retrace la vie de Billy, à la mémoire retrouvée grâce à une fusion de ses différentes personnalités.  On le suit donc de sa naissance à son arrestation et son traitement à l’hôpital. Et le moins qu’on puisse dire, c’est qu’il n’a pas eu une vie facile…
– le dernier chapitre évoque une période plus sombre : son traitement pas toujours évident, puis son incarcération à Lima, prison-hôpital où les infirmiers et médecins prennent les traits de véritables bourreaux. Ici, il va régresser dans sa guérison, est se scinder en plusieurs personnalités à nouveau. Son incarcération et son traitement deviennent un enjeu politique et médiatique : Billy attire la haine des uns, la compréhension des autres… Dans cette partie, l’auteur est clairement devenu son soutien et commence à s’insurger contre le système juridique, carcéral et médical de l’état de l’Ohio. Une ouverture parfaite vers le second livre de Keyes traitant de ce cas : Les 1001 guerres de Billy Milligan, paru en 2009 (mais écrit en 1993) et traitant de son combat contre le système (roman qui n’est pas sorti aux USA d’ailleurs…)

Pour moi c’est un roman captivant : le syndrome des personnalité multiples fait forcément de Billy un personnage complexe, chose que l’auteur rend très simple par son écriture et la manière dont il a construit le roman… Finalement on est assez peu dans le pathos pur et dur, Keyes utilisant des faits parus dans les journaux, interview de Billy, de médecins, infirmiers, famille… Des personnes qui croient en sa maladie et d’autres qui pensent qu’il simule pour échapper à la prison.
Mais on a forcément un parti pris pour Milligan, qui finalement fait office de martyr de l’administration et du système judiciaire assez binaire… On tombe donc dans une profonde empathie pour les personnages, peut être au détriment des victimes ?

Quoi qu’il en soit, j’ai vraiment beaucoup aimé ce livre, que j’ai dévoré dans le train et pendant mes vacances. Après je dois avouer qu’on est dans autre chose que Des fleurs pour Algernon, donc ça n’est pas évident que ceux qui ont craqué pour son premier roman apprécieront autant celui-ci !

Petit focus sur l’Ohio, où se déroule l’histoire du roman présenté ci-dessus…

Longtemps avant l’arrivée des Blancs, les Indiens bâtisseurs vivaient dans ces régions. Il ont construits des monuments, dont des sanctuaires et tumulus, qui sont encore visibles, quoique rare. Ces Améridiens disparaîtront, laissant place à d’autres tribus, dont les Iroquois qui donneront son nom à la région Ohi-yo’, signifiant « grande rivière ».
Se sont les Français qui colonisent les premier la région, au  18ème siècle, avant de céder la place aux Anglais. Ceux-ci la rattache à la Virginie. Après la guerre d’Indépendance et le Traité de Paris, l’Ohio rejoint les Etats-Unis en 1783. Mais il faudra attendre l’année suivante pour que la Virginie cède ces terres aux USA, pour que l’Ohio devienne vraiment un état à part entière, et 1803 pour que Colombus soit choisie pour être sa capitale.

L’Ohio de part sa situation géographique, au niveau des Grands Lacs, proche de l’Atlantique et des grandes villes de l’Est est un état assez riche : 6ème au niveau économique, grâce à l’agriculture, au pétrole…
Comme beaucoup d’états du nord des USA, les origines ethniques sont principalement européenne : allemand, irlandais, anglais, polonais, italiens…  une population très majoritairement Blanche.
Côté éducation, il est a noter que l’Ohio se trouve dans le top 5 en terme de quantité d’étudiant à l’université. La plus grande université du pays se trouve d’ailleurs dans cet état : l’Ohio State University. Ceci expliquant cela : l’Ohio est 1er en terme de qualité des bibliothèques !

Culturellement, ça n’est pas un état qui me semble avoir un caractère fort ou atypique, c’est un peu un état passe-partout : climat moyen, paysages moyens…  C’est peut être pour cela que la série à succès Glee prend place là-bas ?
Mais je suis assez injuste ! Car c’est dans l’Ohio que se trouve « le meilleurs parc d’attraction du monde », Cedar Point ! Une soixantaine d’attraction, dont les plus hautes et rapides montagnes russes au monde… Et surtout, le parc a vu le jour en 1870 ! J’étais loin de me douter que les parcs d’attractions étaient si anciens ! Et encore, ça n’est pas le parc le plus vieux, mais le second, après Lake Compounce dans le Connecticut. Outre les manèges à sensation qui voient le jour à partir des années 50, et les roller-coaster qui à chaque fois battent des records ou font sensation en terme d’innovations technologiques ; le parc est composé de marinas (on est au bord du lac Erié), hôtels, restaurants… De quoi attirer plus de 3 millions de visiteurs par an !

Bref, un état qui à l’air agréable à vivre finalement, même si au niveau touristique je n’y voit que peut d’intérêt… Je crois que si je devais m’installer aux USA, je miserais sur cet état vu la qualité de son éducation et son potentiel économique !

« Lumière d’août » de William Faulkner (Etat du Mississippi)

Il m’a fallut quelques mois pour me mettre à l’ouvrage, mais je me suis enfin décidée : lire un des romans du pilier du roman américain et de la littérature contemporain, Willian Faulkner. C’est toujours un peu impressionnant de s’attaquer à un prix Nobel de la littérature (1949 pour lui), surtout pour une lectrice amateur comme moi. Mais en fait ça c’est très bien passé 😉
Bien entendu, c’est le challenge « 50 états, 50 billets » qui m’a motivée à me lancer dans l’aventure afin de découvrir le Mississippi, et comme souvent, je ne l’ai pas regretté !

Dans l’entre-deux guerres dans le sud-est des Etats-Unis, Lena Grove, jeune femme enceinte de 7 mois décide de quitter l’Alabama pour retrouver le père de son enfant, Lucas Burch, dans l’espoir de l’épouser et de s’installer avec lui. Celui-ci est selon elle parti trouver un travail dans le Mississippi… Faisant des centaines de kilomètres à pied ou en « stop », elle fini par arriver à Jefferson, où elle rencontre le quasi homonyme de son amant, Byron Bunch. Par la bouche de ce dernier, elle apprend que Lucas est encore en ville, sous le pseudonyme de Joe Brown
Mais au moment où elle arrive à Jefferson, le destin de Lucas est déjà scellé. Son ami Joe Christmas vient de tuer un femme, Joanna Burden, et fait selon toute probabilité de Lucas son complice…

Encore une histoire bien difficile à résumer, tant sa trame narrative est complexe… où plutôt terriblement bien travaillée ! Le roman est découpé en 3 grandes phases, de plusieurs chapitres.
On commence par suivre Lena dans sa folle quête de son amour d’un soir (bien que le lecteur se dit que celui-ci n’a aucune envie de la revoir…). Mais pour elle, Dieu ou le destin pourvoira à ses besoins. Ainsi elle traverse un état, aidée par de braves gens, et retrouve presque par hasard la trace de Lucas Burch. Alors qu’elle arrive à Jefferson, un drame c’est produit : une grande maison est en flamme, et on découvre bientôt un cadavre, celui de sa propriétaire Joanna, égorgée dedans…
On attaque alors une autre histoire, celle de l’assassin, Joe Christmas. La vie de celui-ci est très intense, orphelin, il est blanc bien que beaucoup décèlent en lui ses origines noires… Lui même s’appelle le nègre dans ses accès de fureur. Entre un passage à l’orphelinat et une éducation très stricte dans une ferme, il apprend la rage et la haine, et prend la route pour sillonner le pays, jusqu’à arriver à Jefferson.
On revient ensuite sur Lena, et Byron, qui est tombé amoureux d’elle… Aidé par son ami, l’ancien pasteur Hightower, il va aider Lena à s’installer provisoirement à Jefferson, avoir son bébé, et ramener Lucas auprès d’elle… Mais tout ne se passe pas exactement comme prévu

Les dénouements des différents destins sont à la fois prévisibles et plein de surprise… Suspense, rebondissements… Emmené par un style riche et passionnant. Contrairement à mes craintes, on n’a pas le temps de s’ennuyer !
Le côté réaliste est donné par le point de vu des différents personnages : on voit parfois les situations analysées par des personnages principaux, d’autres fois par des protagonistes qui ne font que passerChacun apporte sa pierre et son affect au récit, est c’est cela qui le rend si riche, si vrai, si humain… et souvent si cruel ! Les vies des héros sont racontées, décortiquées. Progressivement on apprend tout de leur passé et de leurs motivations. Sauf peut-être de Lena et Lucas, qui semblent glisser sur l’histoire comme des rêveurs.

Bien entendu j’ai aimé ce livre, et je conseille à tous de découvrir Faulkner ! J’aurais préféré commencer par le grand classique de Faulkner, le scandaleux Le bruit et la fureur, mais vu que j’avais sous la main Lumière d’août, je me suis dit que ça ne devait pas être mal pour découvrir l’auteur… surtout qu’il parait que ce roman est le favori des français… Il me tarde de lire le reste de ses ouvrages les plus connus pour découvrir pourquoi !

 

Avec l’état du Mississippi (qui doit son nom au fameux fleuve qui le sépare de la Louisiane, signifiant « grand fleuve » en indien), on continue notre découverte des états ultra conservateur du Dixie. Entre pauvreté et ségrégationnisme, il y a de quoi faire !

Comme ses voisins : la Louisiane, l’Arkansas, le Tennessee, l’Alabama… Le Mississippi a d’abord été annexé au compte de la Nouvelle-France en 1699, avant d’être cédé aux anglais en 1763. En 1817, le Mississippi rejoint les Etats-Unis comme état esclavagiste.
Les colonies peinent à se mettre en place, malgré les riches terres au bord du fleuve. Au début du 19ème siècle la population d’esclave Noirs est aussi importante que la population Blanche… Il faudra compter sur l’essor démographique de l’Alabama voisin et les vagues d’immigrations dues aux guerres pour que l’état voit arriver en 1820 son « Mississippi fever » : une ruée vers l’état, qui lui permettra de multiplier par 10 sa population.
En 1861, l’état fait sécession et passe donc du côté des Confédérés, jusqu’en 1870.  Cette période de l’histoire semble tenir à coeur de la population, car le referendum de 2001 à confirmé leur volonté de garder la « Southern Cross » Confédérée sur leur drapeau

Cet attachement aux anciennes valeurs se ressent dans beaucoup de choses au Mississippi, du côté des droits et des libertés : lois anti-mariages homosexuels (que ce soit pour les célébrer ou les reconnaitre), restrictions des cliniques pour les avortements, ségrégation et agissement du Ku Klux Klan avec une certaine impunité dans les années 60, et surtout, l’interdiction de l’esclavage qui n’a été ratifié qu’en 1995 ! Inutile de préciser que l’état est religieux… voir « très religieux » selon 60% de ses habitants (on imagine donc que les 40% restant sont modérés en allant à la messe que le dimanche).
Côté santé, il se place en queue de peloton : obésité, diabète, … et côté éducation c’est la même punition : les jeunes étudiants du Mississippi ont le niveau le plus bas des USA.
Au niveau économique, c’est l’état le plus pauvre, mais aussi où la vie est la moins chère, ce qui peut paraitre logique pour un état dont l’économie se base majoritairement sur l’agriculture, et plus particulièrement le coton.
Au niveau météorologique, ça n’est pas toujours la joie non plus : climat subtropical oblige, les ouragans tels Katrina viennent ponctuellement dévaster les villes côtières, quand ça ne sont pas des tornades dans le nord de l’état…

Bref, le tableau est peu réjouissant… Mais pour sauver un peu l’état, je dois souligner que c’est à Tupelo qu’est né Elvis Presley, à qui on doit objectivement tellement au rock et à la musique actuelle ! Il faut dire que le Mississippi comme ses état voisin est la patrie du Blues, musique ayant bénéficié des apport Afro-Américain. C’est de là aussi que vient Britney Spears, mais pour le coup je ne sais pas si c’est rendre hommage à cet état 😀

Si le Coca-Cola à vu le jour en Georgie, c’est au Mississippi qu’il a été embouteillé pour la première fois… mais contre-partie, c’est la bas qu’à été inventé la root-beer, l’abomination du soda selon moi 😉
Pour rester dans la cuisine (j’aime bien finir mes articles par une note culinaire), le Mississippi est l’endroit où on trouverait les meilleurs poissons-chats frits, et plus globalement beaucoup de plats à base de poisson, ainsi que quelques douceur type Mud Pie (fondant au chocolat et glaces) ou Hushpuppies (genres de beignets).

Bref, un état tentant côté tourisme, cuisine, paysages… mais au niveau social, j’hésite… 😡

« Le chien gardien d’étoiles » de Takashi Murakami

Dans la série « les histoires qui sont à deux doigts de me faire tirer une larme », bonne pioche avec Le chien gardien d’étoiles que Petite Fleur m’a prêté (et chroniqué ici).
Je suis passée à côté de ce manga lors de sa sortie française l’an dernier, ce qui est bien dommage vu la qualité de ce « one-shot » (histoire en un seul album) !

L’histoire commence comme ceci : les policiers retrouve dans un champ une voiture en mauvaise état, avec le cadavre d’un homme dedans, mort à priori depuis 12 à 18 mois… A côté de lui, un autre corps, celui d‘un chien, mort depuis 3 mois…
Qu’a t-il bien pu se passer dans cette voiture ?
Dans les deux chapitres qui composent ce livre, on va apprendre de quelle manière un homme et ce chien vont arriver dans ce champ : au travers les souvenirs du chien, et ensuite par l’enquête que va mener un employé  de l’assistance sociale chargé de découvrir l’identité de l’homme décédé.

Durant cette lecture, et plus particulièrement dans le premier chapitre, j’ai sans cesse été touchée par la fausse légèreté qui se dégage de l’histoire vu par le chien, qui va accompagner littéralement son maître jusqu’au bout de la route… On est dans le schéma classique mais toujours efficace du chien fidèle, à l’esprit pur car sans hypocrisie, dévoué à son maître , qui ne demande rien d’autre que l’attention de son « papa », et qui finalement vaut mieux que pas mal d’être humains. Simple, mais beau… et très triste… Le chaos qui va progressivement se créer dans la vie de son maître prend une autre dimension dans le regard du canidé, qui voit au fur et a mesure ses petites habitudes (promenade, gamelle…) changer au gré de l’évolution de la vie familiale. Un vraie critique sociale finalement, sur la société qui change, où quelqu’un peut disparaître sans que qui que ce soit s’en inquiète…
Ce genre d’histoire, à base de chien ou chaton, ça fonctionne du feu de dieu sur moi :'(. Cette partie du récit n’est pas sans me rappeler  Tombouctou de Paul Auster.

Le second chapitre a un peu plus de mal à se mettre en place (au début je pensais qu’il s’agissait d’une histoire différente), mais a l’intérêt de donner un autre point de vu, celui de l’assistant social, et de raconter l’histoire sous forme d’enquête, et souvenirs personnels à base de petit chien… Et ceux-ci sont presque aussi triste que la première histoire.

Bref, un superbe manga, très beau, aux dessins qui collent bien (surtout les bouilles kawaii des chiot… bouh !). Je comprend mieux pourquoi les lecteurs de Manga News l’ont élu comme meilleurs « one-shot » 2011 ! Enfin « one-shot »… attendez vous à voir un tome 2 paraître un de ces jours, puisqu’il y en a un déjà édité au Japon ! 🙂
Jetez-vous dessus si vous ne l’avez pas encore lu, amateurs de manga ou non !

Ah, et pour le coup, je vais utiliser ce livre pour le challenge « Petit BAC 2012« , catégorie « Métier ou fonction » (oui, gardien… :))

« Sukkwan Island » de David Vann (Etat de l’Alaska)

Sukkwan Island, premier roman de David Vann sorti en 2009 est assez déroutantEntre le thriller et le drame, ce huis clos laisse percevoir une part d’autobiographie, ce qui nous emmène au coeur de l’intimité de l’auteur. Voici une découverte assez intéressante, que je n’aurais jamais faite je pense si je ne l’avais choisi pour remplir mon contrat « Alaska » pour le challenge « 50 états, 50 billets » !

Jim et son fils de 13 ans Roy ont décidé de passer un an sur une île déserte du sud de l’Alaska, dans un chalet pourvu du confort minimum… Jim a prévu pour cette aventure de survivre pendant l’hiver avec les ressources de l’île, et lui et son fils ont tout l’été pour aller à la chasse ou à la pêche pour faire des provisions. Joli projet, si ce n’est que celui-ci a pour objectif pour Jim de retrouver son fils, élevé par sa mère en Californie depuis leur divorce, et de faire le point sur les échecs de sa vie… Entre survie et vie quotidienne, Jim sombre au fur et à mesure dans la dépression, jusqu’au jour où un drame éclate

L’aspect survivalisme pur et dur est assez anecdotique : au nord de la Colombie Britannique, les ressources naturelles ne sont pas rares, pour peu qu’on aime le gibier, le saumon et la truite ! C’est plus le côté manutention qui fait défaut à Jim, qui a embarqué son fils dans cette entreprise : fabriquer de quoi protéger le bois de la pluie, ou protéger ses vivres des ours bruns… La nature et l’Alaska jouent un rôle à part entière : sauvage et peu avenante la plupart du temps, son aspect se dégrade au fur et a mesure que les relations entre les deux protagonistes s’émoussent.

Une histoire très dure donc, divisée en deux parties qui nous offrent plus ou moins tour à tour le point de vu de Roy et celui de son père… D’ailleurs il est étrange de voir que le prénom du père n’est connu que très loin dans le roman : Jim. Il s’agit du prénom du père de l’auteur, qui c’est suicidé, et à qui le roman est dédié. Et tout le coeur de l’histoire tourne autour de cette thématique… Voilà donc ce qui donne un goût d’autobiographie, où Jim et Roy jouent tour à tour les rôles du père de David Vann ou celui de David Vann lui même (on le suppose).

Dans le style, pas de dialogues dans le style direct habituel… on a l’impression de flotter, d’être dans l’esprit des personnages, comme si tout cela était rêvé.  Une sensation bizarre de malaise, quelque chose de génant transparaît au travers des lignes, et laisse présager le pire.

Bref, une lecture très sympa, rapide, et assez glauque… tout ce que j’aime 😉
Je ne serais pas surprise qu’on voit rapidement un film tiré de ce livre paraître au ciné…

L’Alaska est séparé du reste des USA par le Canada, et en toute logique le plus au nord, mais aussi le plus grand : il fait pas loin de 20% du total de la surface du pays ! Sa capitale est Juneau.

C’est une région de rêve pour moi, depuis que j’ai lu étant enfant du Jack London : Croc-Blanc et L’appel de la forêt. La nature réellement sauvage et agressive, de grands espaces, une faune et une flore dense : une super aire de jeu pour les survivalistes en herbes rêvant de liberté !
Mais pour compenser ce fantasme, j’avais eu un premier aperçus de l’hostilité de la région en visionnant et lisant Into the Wild, qui donne un bon aperçu de la difficulté de survivre dans ces contrées où l’été ne dure que deux mois, au climat humide et froid, où tout pourri rapidement, envahie d’insectes, d’ours, et d’autres bestioles de toutes tailles…
L’état est donc égal à ce qu’on peut en penser : plus de 60% de sa surface occupée par des forêt protégées par des parcs nationaux, dans une région subpolaire… L’homme semble ne pas y avoir sa place… Et dans les faits, l’Alaska est l’état ayant la plus faible densité de population aux Etats-Unis.

Côté histoire, celle de l’Alaska est assez atypique pour un état américain : à la base peuplé de tribus amérindiennes, la région commence à se faire coloniser par les russes en  1784 ! Et oui, seul le détroit de Béring sépare cet état de son voisin la Russie et du reste du continent asiatique… la porte d’à côté en somme 😉
Comme leur confrères français, anglais, espagnols… ils détruisent les populations locales par des conversions forcées au christianisme (orthodoxe), l’alcool, les maladies…
Afin de renflouer ses caisses et éviter une guerre avec son ennemie d’alors, la Grande-Bretagne, la Russie vend l’Alaska aux Etats-Unis en 1867, et connaîtra jusqu’à la fin du siècle une courte ruée vers l’or. Après être passé par le statut de département puis de territoire, l’Alaska devient finalement un état des USA à part entière en 1959 ! Durant la Guerre Froide, l’Alaska est une position stratégique contre la Russie… de plus, on y découvrira des ressources en pétrole très précieuses !

Outre l’or noir qui représente 90% du budget de l’état, l’Alaska vit de la pêche, du bois, des gaz naturels, minerais… Le pétrole est une bénédiction pour ses habitants, qui bénéficie de ce fait d’un système de revenu minimum financé par les gains en hydrocarbures… chose rare aux USA !
Depuis quelques année, le secteur du tourisme explose : pêche, chasse, randonnée,… le tout dans des zones préservées, éloignées des mégalopoles…
Je me laisserai bien tentée personnellement 😀

« Ne tirez pas sur l’oiseau moqueur » de Harper Lee (Etat de l’Alabama)

Un grand classique aujourd’hui, l’unique roman de Harper Lee, paru en 1960, et qui reçu le prix Pulitzer l’année suivante… Un destin atypique quand on y pense : collaboratrice de Truman Capote, elle se lance à son tour dans l’écriture en 1957 et produira avec l’aide de son éditeur ce livre qui a touché des millions de personnes par son côté autobiographique, mais qui a  en même temps une portée universelle…
Cette lecture me permet de faire d’une pierre deux coups : remplir la mission Alabama pour le challenge « 50 états, 50 billets », et la rubrique animal du challenge Petit Bac 2012

L’histoire se déroule dans le comté de Maycomb en Alabama dans les années 30. On suit sur 2 ans Scout, petit fille de 6 ans au début du roman, et son frère Jem dans leur vie de tous les jours : l’école, les jeux, les questions sur la vie, les voisins, leur bonne Cal… Cette petite vie simple suit son courts, jusqu’au jour où leur père Atticus Finch est avocat et se retrouve à défendre Tom Robinson, un homme noir injustement accusé d’avoir violé une femme blanche, Mayella Ewell… ce qui va bon gré mal gré changer leur vie subtilement, mais surement.

Le portrait de l’Alabama est ici tel qu’on l’imagine : un état sudiste dont la population est un pur produit de la ségrégation. Bien qu’une partie de la population soutienne le combat d’Atticus, ils ne peuvent pas donner raison à un noir… Une vision de l’Amérique qu’on connait maintenant assez bien, mais qui donne quand même une petite claque, surtout quand on connait la tournure des évènements dans les années 60.
Ça n’est pas que ce soit particulièrement violent : pas de descente punitives dans les ghetto, pas de Ku Klux Klan… mais l’injustice et l’hypocrisie qui transparaît dans ces lignes est dérangeante. Un joli tableau de la bêtise humaine… et en même temps une lueur d’espoir avec la bonté d’une poignée d’autres.

J’ai apprécié ce récit, vu du côté de Scout, petite fille intelligente et doté d’un sacré caractère ! Ça donne une légèreté à l’histoire, même pendant les moment difficiles, et un point de vu assez objectifs sur les faits finalement. Autre chose appréciable : pas de mélo et pas d’anecdotes chargées de pathos, l’auteure ne cherche pas à nous tirer les larmes… Ça fait du bien avec des sujets comme cela ! Bref, on a matière à réfléchir, et ça, j’aime 🙂

L‘Alabama, dont la capitale est Montgomery est un état au coeur de « Dixie ». « Dixieland » dénomine le sud des Etats-Unis et les états esclavagiste ou Confédérés durant la guerre de Sécession. En effet,  comme pour le Missouri vu il y a quelques semaines, l’Alabama était un état esclavagiste d’abord rattaché à l’Union… sauf que celui ci à décidé de passer côté Confédéré en 1861.

C’est un état traditionnellement pauvre jusqu’à la moitié du 20ème siècle. Il a d’abord fait parti de la Louisiane quand les Français l’annexe au tout début du 18ème siècle. Il suit une évolution démographique constante, et est habité par des propriétaires de champs de coton et des esclaves… La terre est très fertile, la mer est proche, des fleuves sillonnent l’état, de quoi attirer des habitants souhaitant prospérer dans l’agriculture !
On atteint durant cette période un taux de 45% d’esclaves dans la population ! On comprend donc mieux pourquoi l’Alabama se range du côté des états esclavagistes de l’Union, puis Confédérés durant la guerre de Sécession.

Avec la défaite des Confédérés lors de la Guerre de Sécession, l’esclavagisme est aboli en 1865. Mais c’est le début de la ségrégation avec les lois Jim Crow à partir de 1876 et des milices anti-noirs comme le Ku Klux Klan… Et même au début du 20ème siècle le tableau n’est pas plus réjouissant : privation du droit de vote, pas d’éducation, impôts très pesants, restaurants, transports, hopitaux différents pour blancs et noirs… C’est sans compter les discriminations et le racisme quotidien : il n’est pas bon d’être noir dans cette région !  Cela entraînera tout au long de cette période un exode de ces populations vers le nord des USA, pour ceux qui le peuvent bien entendu. En rajoutant la dessus la Crise de 29, le tableau devient assez morose…
Ces durant ces années que Birmingham prend de l’ampleur, en accueillant les populations blanches et noires attirée par la ville et les possibilités d’emploi dans les secteurs industriels.

Dans les années 1950-60, la ségrégation tourne à la violence suite à l‘émancipation des noirs débutée avec Martin Luther King et du Mouvement des Droits Civiques.
En Alabama prend naissance un autre mouvement contestataire non-violent, débuté par le boycott des bus de Montgomery consécutif à l’arrestation de Rosa Parks… Celle-ci fut arrêtée car elle a refusé en 1955 de laisser sa place dans un bus à une femme blanche. S’en suivi un boycott qui dura plus d’un an : la population noire ne prenait plus les bus de la ville, et sachant qu’ils représentaient 75% des usagers, on imagine l’impact !
Le Ku Klux Klan devient de plus en plus belliqueux, des noirs sont violentés, battus et parfois tués… Mais le progrès social est en marche : la ségrégation raciale est abolie en  1964, les Noirs récupère leur droits de vote la même année !

On comprend donc un peu mieux pourquoi l’Alabama est taxé d’état raciste, même après 1965 : Neil Young a chanté dans Southern Man et Alabama la mentalité sudiste et son penchant pour l’intolérance et la ségrégation… Ce qui lui valu la réponse de Lynyrd Skynyrd et de leur très célèbre Sweet Home Alabama… aux paroles controversé, mais musicalement impeccable 😉

Autre données intéressante sur l’Alabama, pour continuer d’en brosser un tableau un peu « extrême » (de mon point de vu) : l’état fait partie de la « Bible Belt », zone du sud-est des USA où on retrouve un fort pourcentage de fondamentalistes chrétiens (on le voit d’ailleurs dans le roman, quelques baptistes primitifs « laveurs de pieds » viennent prêcher ou promettre l’enfer dans la ville)… Inutile de préciser que politiquement c’est un état très conservateur.

Il n’y a pas que le climat social qui est assez spécifique à cette région : le climat météorologique l’est tout autant ! L’état regroupe des tas d’exceptions météo !
Ambiance sub-tropicale en Alabama : humidité toute l’année, hiver doux, chaleur étouffante l’été. C’est l’un des état les plus chauds aux USA en cette période : 32 °C de moyenne ! Et de manière assez logique, des cyclones, ouragans et tornades. Elle a connu un de pire type de tornade, les F5, un record pour les USA (avec le Kansas)… C’est aussi un des rares endroits dans le monde où il y a deux saisons des tornades. Et cerise sur le gâteau, c’est aussi l’état où il y a le plus d’orages aux USA !

Bref, pas l’endroit idéal pour passer des vacances… mais en même temps il y a un je ne sais quoi d’attirant, comme en Louisiane… Voir ce que son devenus nos très très lointains cousins ?

« Brokeback Mountain » d’Annie Proulx (Etat du Wyoming)

Une nouvelle pour changer, et lue en anglais faute de l’avoir trouvée en français pour mon Kindle… la lecture a été un peu laborieuse dans cette langue, mais j’ai une étape de plus dans mon challenge « 50 états, 50 billets » : le Wyoming !

Difficile de lire et de parler de cette nouvelle sans penser au film qui a été adapté de celle-ci : Le Secret de Brokeback Mountain, sorti en 2005, qui a raflé une quantité impressionnante de prix.
Brokeback Mountain est initialement une nouvelle d’Annie Proulx, écrivain américaine . Cet nouvelle fait parti du recueil Les Pieds dans la boue, mais est d’abord paru dans le magazine littéraire The New Yorker en 1997… A noter que cette nouvelle a fait recevoir à l’auteure un Prix Pulitzer.

L’histoire, je pense que tout le monde la connait : en 1963, deux jeunes cow-boys saisonniers, Ennis Del Mar et Jack Twist, vont mener au pâturage pendant  l’été un troupeau de moutons. Ils partent pour Brockeback Mountain où ils resteront en tête à tête plusieurs semaines… Aussi soudainement que rapidement, ils se retrouvent à vivre une idylle assez virile et qui n’a absolument rien de platonique, alors que tous deux clame ne pas être des « pédés ».
A la fin de cet été, chacun retourne dans son ranch, chacun à l’extrémité de l’état… 4 ans plus tard, Jack reprend contact avec Ennis : ils se sont mariés chacun de leur côté et ont des enfants… Mais ils s’aperçoivent rapidement que la flamme allumée à Brockeback Mountain est loin d’être éteinte !
Pendant 20 ans, ils vont donc vivre une relations secrète et discrète…

Ce récit va bien entendu plus loin qu’une simple histoire d’amour interdite… Dans les années 60, il est impossible pour deux hommes de s’avouer homosexuel, surtout à la campagne, et encore plus quand on est des cow-boy. Dans notre imaginaire ils représentent l’archétype même du mâle américain, et aujourd’hui encore les scènes de sexe ou d’amour sont assez troublante, il faut l’avouer !
Ennis et Jack sont dans une impasse : ils découvrent que leur relations entamée l’été de Brockeback Mountain n’est pas un simple « coup » pour rigoler ou s’occuper… leur relation est plus forte et profonde qu’une simple amitié, mais une vie à deux leur ait tout simplement interdite. Chacun va donc vivre une vie de couple terne et misérable, avoir une professions alimentaire pour soutenir leur famille, … bref aucun d’eux ne peut vraiment être heureux, sauf lorsqu’ils se retrouvent pour des « parties de pêche » une ou deux fois par an.
La fin est poignante aussi, je ne vous en dis pas plus, mais la moralité semble être que si on ne peut pas trouver de solutions à ses problèmes de coeur, il vaut mieux vivre avec et les assumer… plutôt que de les nier et cacher pendant toute une vie. Leçon de vie à méditer chaque jourla liberté, ça se choisi !

Une lecture sympa, mais en anglais… ou plutôt en américain : chaud les marrons pour moi ! J’ai déjà lu quelques livres en anglais, mais en général du classique type Death on the Nile d’Agatha Christie : un anglais scolaire, relativement simple à comprendre. Là c’est de l’américain de comptoir (même si ça aurait pu être bien pire !)… les expressions, la grammaire, le vocabulaire.. Il a fallut que je m’accroche ! Heureusement le texte est assez court 😉

En tous cas cette nouvelle est un vrai bol de fraîcheur concernant la description des paysages qu’on peut voir au Wyoming : on sent que l’auteur aime particulièrement cette région du Wyoming : Big Horn Mountain.
Comme pas mal d’état du grand Ouest américain, les endroits où la nature sauvage a gardé ses droits sont omniprésents… D’ailleurs ça n’est pas pour rien que les deux personnages de cette histoire sont payés pour protéger le troupeau des coyotes, qui ont l’air assez agressif (moi qui les voyait comme de simples renards) ! La chasse au wapiti, la pêche en rivière, les champs de fleurs sauvages… tout cela donne une image quasi magique de ce coin des USA.

Dans les faits le Wyoming est l‘état le moins peuplé des Etats-Unis, et qui a aussi la plus faible densité de population ! Un peu plus de 500 000 habitants, quand on compare avec les mégapoles comme New York et ses environs qui compte 20 millions d’habitants, on comprend mieux la mesure des choses…
Pour la petite histoire, Wyoming signifie « lieu de grande prairie« , et on imagine aisément que depuis son baptême les choses n’ont pas trop changé… Mais cela ne signifie pas que l’agriculture y soit très développé : le Wyoming est trop aride pour les cultures intensives. Les agriculteurs se tournent donc vers l’élevage, le ranching, et plus particulièrement dans les régions proche des montagnes Rocheuses.
Outre cela, l’état est un des principaux producteur de charbon et gaz naturel aux USA, mais a aussi du pétrole, sodium, uranium dans ses sous-sol (là ça fait moins envie).

Autre ressource importante, et pas des moindre : le tourisme ! Pour avoir vu ce que représente l’attrait des grands espace dans des parcs comme Yosemite et Grand Canyon, j’imagine bien ce que ça peut être dans ce qui est pour moi le joyau des parcs américain : Yellowstone ! Je rêve de le visiter, car pour moi il regroupe tout ce que j’aimerai voir et vivre : un parc très grand, bordé de montagnes, forêts, prairies ; des animaux en pagaille (loups, bisons, grizzli, puma, mouflons…) ; des sentiers de randonnée à ne plus en finir ; des attractions et points de vue mondialement connu : les geysers et les sources chaudes très colorées de Grand Prismatic Spring… Mes vacances idéale 😀
Mais il n’y a pas que Yellowstone, l’état compte beaucoup de parcs nationaux, et autres zones naturelles protégés… On peut par exemple y admirer The Devil Tower, vous savez, cette montagne bizarre qu’on peut voir dans Rencontre du troisième type de Spielberg…

Pour moi le Wyoming, c’est un passage obligé lors d’un futur voyage aux Etats-Unis !