Mots-clé : coup de coeur

« The Martian Chronicles » de Ray Bradbury

The Martian ChroniclesVoici un de mes livres favoris, que j’ai déjà lu deux ou trois fois en français… et grâce aux cours Coursera de littérature SF et fantasy, cette fois je me lance dans la VO 😉
Une bonne occasion pour faire un post dans ce blog, sur ce petit chef d’œuvre de Ray Bradbury, dont les nouvelles sont parues entre 1945 et 1950 !

Les Chroniques Martiennes est dans mon souvenir ma première expérience avec la SF… à l’école primaire. Nous avions étudié un petit extrait de la nouvelle Août 2026 : Il viendra des pluies douces, où il est question d’une maison abandonnée livrée à des robots ménagers qui font le petits déjeuner, passent l’aspirateur… Très sympa quand on a dix ans, ces petits robots en forme de souris ! Mais quand on le relis adulte, on s’aperçoit que si les robots sont livrés à eux même, c’est parce que l’humanité a été complétement éradiqué de la surface de la Terre suite à une guerre nucléaire… Moins folichon 🙂

En 1999 la première fusée terrienne se pose sur Mars. Après quelques rapports mouvementés avec les martiens, les premiers pionniers viennent s’y installer en 2001… et la tâche leur sera grandement facilitée par le fait que les autochtones ont tous péri suite à une épidémie apportée involontairement par les premiers explorateurs. L’homme, américain, est tout puissant sur cette planète rouge bardée de canaux, où tout reste à faire ! Planter des forêts, construire des villes, peupler ces contrées, nommer les montagnes, créer des entreprises, fonder des foyer, et même ouvrir des cabanes à hot-dogs !
Nous allons suivre la grandeur et la décadence de cette conquête de l’humanité, car si la vie se met en place sur la planète Mars, la guerre fait rage entre les différents pays de la Terre…

Ce qui est agréable avec ce livre, c’est que Bradburry joue avec les clichés et mythes de la conquête martienne… Mais met aussi en valeur des idées originales sur l’exploration et l’annexion de la planète rouge, et plus largement sur le rôle de l’homme dans l’univers.
Entre humour, rire jaune et poésie… j’ai été une nouvelle fois emballée par ma lecture, même si dans l’édition que j’ai lue (celle de 1950 je suppose) il manquait quelques nouvelles par rapport à ma version française de chez Folio. Mais bon, rien de grave !

Ce qui m’a me plait en fait, c’est son art de l’ellipse : il se passe plusieurs mois, plusieurs années entre deux histoires, ce qui nous laisse tout le loisir de s’imaginer comment les choses ont évoluées entre deux. Et surtout de réfléchir sur le statut de l’humain, destructeur forcément, mais parfois et heureusement doué de bons sentiments. Tout n’est pas noir chez Bradbury, il nous averti de nos travers mais laisse une porte ouverte à un peu d’espoir !

coup de coeurUn coup de cœur forcément, même si ça n’est pas une surprise pour moi 😉
Je le recommande très très fortement aux fans de fantastique et SF… Il y a plein de choses à prendre dans ces petites histoires 🙂

coursera_logo_SF

« Avenue des Géants » de Marc Dugain

avenue-des-geantsJe n’ai aucune idée de la manière dont j’ai bien pu entendre parler de ce livre… Tout ce que je sais, c’est que je me suis motivée à le lire pour le challenge ABC, et aussi et surtout que j’ai adoré cette lecture !
Moi qui suis passionnée d’histoire de serial-killer, et qui aime histoire qui se passent dans le Grand Ouest Américain, je suis bien servie avec Avenue des Géants ! Et pourtant, l’auteur à qui ont doit ce roman est Français ! Marc Dugain, que je découvre pour la première fois, est spécialisé dans les histoires reprenant des éléments de biographies de personnages célèbres, comme Staline ou Hoover… Dans ce roman paru en avril 2012, il s’inspire de la vie du tueur en série Edmund Kemper.

Entre une mère qui le maltraite et un père qui veut se débarrasser de lui pour refaire sa vie, Al Kenner, 15 ans, se retrouve à vivre chez ses grands-parents en Californie. Du haut de ses 2,20 mètres et de son QI supérieur à celui d’Einstein, il supporte mal l’oppression de sa famille… Malgré son aversion pour la violence, il va un jour prendre un fusil et abattre sa grand-mère qui l’étouffe, puis son grand-père pour lui éviter la peine d’un deuil. Ça n’est pas qu’il soit particulièrement empathique, mais Al à le sens pratique…
Enfermé en hôpital psychiatrique pour soigner sa supposée schizophrénie, il va collaborer avec les médecins, profiter de ce temps pour comprendre ses pulsions et rêves de décapitations, et étudier la psychologie. Au bout de 5 ans il ressort libre, en plein dans l’époque du Flower Power et de la guerre du Vietnam
Va-t’il oser revoir ses parents ? Pour lui une nouvelle vie est-elle possible ? Lui et la société peuvent-ils oublier et pardonner le fait qu’il a brisé le tabou du meurtre, à une époque où la mort est rationalisée par les guerres ?

Je me suis trouvée aspirée par ce roman qui est vraiment bien écrit, passionnant, et qui passe comme du velours malgré l’horreur de la vie d’Al Kenner.
La comparaison avec le serial-killer de La cache du Diable que j’ai fini il y a quelques jours est frappante, même si Vassago et Al ont la même pathologie : schizophrénie, sociopathie, manque d’empathie… Le portrait de Al en tant que tueur en série est crédible, réaliste… Vassago à côté en prend un coup avec son traitement symbolique. Al fait vraiment « humain« , avec un je ne sais quoi qui le met en décalage : son manque d’empathie empêche réellement tout attachement ou projection pour moi, sans pour autant l’avoir en aversion comme qu’est Vassago.
L’idée de l’héritage du mal est une des idées qui forme la trame de fond du roman, et construit le personnage d’Al. Ce qui fait qu’il est ce qu’il est vient de multiples facteurs : sa famille jusqu’à des générations avant lui, la nature humaine pervertie à la base,… La psychologie est un peu l’excuse qui le conforte à tuer, comme d’autres choisissent d’écouter la voix d’un démon dans leur tête…

La manière dont l’histoire s’articule ménage le suspense jusqu’au bout : on suit à la fois l’histoire « chronologique » des 15 ans d’Al jusqu’à ses 20 et quelques années… et en parallèle ses rencontres en prison au parloir avec Susan, alors qu’il a 50 ans. Celle-ci lui apporte des romans à lire et dicter pour les aveugles, pour des maisons d’édition.
Même si on se doute bien qu’il a fait quelque chose de terrible pour finir en prison et surtout y rester si longtemps, on espère pendant tout son récit qu’il ne passera pas à l’acte qui le démange… même si tous les indices qui jalonne son histoire nous font penser le contraire.

coup de coeurUne super découverte et un coup de cœur ! Je le conseille vivement, pour la bonne surprise que j’ai eu en le lisant… Un roman récent et français, rien ne me laisser envisager que j’allais autant aimer cette lecture 🙂

 

challenge ABC

« La femme en vert » d’Arnaldur Indridason

La femme en vertAprès avoir lu et beaucoup apprécié l’ambiance glaciale du roman islandais La cité des jarres d’Arnaldur Indridason, j’ai eu envie de suivre une nouvelle fois une enquête du commissaire Erlendur Sveinsson.
C’était une bonne idée, tant ce roman m’a plu ! J’ai frémis et j’ai été happée par le récit… Si La cité des jarres était un roman policier très sympa, La femme en vert est un vrai petit bijou pour moi !

Le commissaire Erlendur et son équipe sont appelé sur le chantier d’une maison en banlieue de Reykjavik : un squelette humain est retrouvé, et il semblerait qu’il appartienne à une personne disparue une cinquantaine d’année auparavant.
Il va donc enquêter dans le voisinage avec ses acolytes Elinborg et Sigurdur Oli, pour essayer de découvrir à qui pourraient appartenir ces ossements… une vraie plongée dans l’histoire de la région et dans les secrets de familles les plus sombres.
On va suivre en parallèle de cette investigation l’histoire d’une famille dont le père Grimur terrorisait les siens en battant et maltraitant sa femme, justement à la période où ce corps aurait été enterré…
A qui appartient ce squelette ? Pourquoi cette personne a été tuée et ensevelie dans ce qui était alors un champ ?

Toujours dans l’esprit « cold-case », Erlendur enquête sur des disparitions très ancienne. On va d’ailleurs découvrir dans ce volume de la saga pourquoi il s’intéresse autant aux disparitions !
Ce que j’apprécie particulièrement, c’est la manière dont l’auteur nous fais découvrir l’histoire du pays et des anecdotes de la « petite histoire » : la peur de la fin du monde lorsque la comète de Halley a survolé la Terre en 1910, les camps militaires d’anglais et d’américain en Islande lors de la Seconde Guerre, les campagnes qui se vident au profit de la capitale…  Et le tout dans les paysages d’Islande, qui même en ville semblent sauvages et inhospitalier ! C’est définitivement un pays rude !

Le tour de force d’Arnaldur Indridason, c’est de nous interroger durant toute notre lecture sur l’identité du cadavre retrouvé sur le chantier, et à partir de là sur le pourquoi de cette inhumation à l’écart de toute terre consacrée… qu’on suppose être un meurtre !
Autre élément qui m’a beaucoup touché, c’est la tension des scènes dans la famille de Grimur, où ce véritable monstre fait régner la peur en torturant physiquement et psychologiquement la mère, et par conséquent ses enfants… Je bouillonnait de rage en lisant ces séquences terribles, et frémissait d’appréhension en me disant que le corps pourrait appartenir à une de ces victimes de la terreur domestique : la mère battue à mort, ou encore à un de ses fils qui aurait voulu la protéger, ou encore à sa fille handicapée…

coup de coeur

Je ne vous en dis pas plus ! L’évolution du récit et sa conclusion son géniaux ! Une histoire émouvante et une enquête palpitante !
Il en faut pas plus pour un coup de coeur non ?
Et cerise sur le gâteau, cette lecture me permet de remplir une mission dans le challenge Petit BAC 2013, catégorie couleur !

Challenge Petit BAC 2013

 

« Les monades urbaines » de Robert Silverberg

Les monades urbainesLe challenge ABC est une parfaite excuse pour me lancer dans la lecture de grands classiques que je n’ai pas encore lu… Et Les monades urbainesédité en 1971, du pape de la SF, Robert Silverberg est de ceux là ! Je dois même avouer que j’ai un peu honte de ne pas l’avoir lu plus tôt, tellement ce livre m’a semblé génial !

Dans un monde où les hommes vivent dans des tours de 1000 étages faisant office de pays, et sont plus de 75 milliards sur terre, les problèmes démographiques n’existent plus. Par un système social et structurel très spécifique, la surnatalité est maintenant encouragée !
Les hommes vivent heureux, sans jamais sortir de leur bâtiment, les monades, vivant en autarcie complète… Mais sont-ils tous complètement satisfaits de leur existence dans ce paradis grouillant de vie ?
L’auteur nous présente ce monde au travers 7 nouvelles offrant le point de vue de 6 personnages vivant dans la monade 116.

Difficile de ne pas aimer ce chef d’œuvre, tant il regroupe des problématiques contemporaines, et rappelle d’autres romans de SF tel Le meilleurs des mondes d’Aldous Huxley, ou Le monde inverti de Christopher Priest… Sauf que pour moi, il est encore bien au dessus 🙂
Il faut dire que tout ce qui touche la décroissance globale m’intéresse, l’écologie, le bien être social… Et cette dystopie qu’est l’univers des monades est tout l’inverse de cela ! Et ce qui est très bon, c’est que ce monde et la réflexion autour de celui ci se tient parfaitement !

D’abord on se demande comment les hommes font pour supporter de vivre littéralement les uns sur les autres… Pour éviter les frustrations sources de conflits qui pourrait faire chavirer les monades, on a aboli les biens : faute d’espace, les espaces de vie intime sont petits… mais chacun peut aller librement chez les uns ou les autres. Et les drogues sont aussi là pour faire passer ce sentiment de promiscuité… Troublant, même son propre corps n’appartient plus à l’individu : l’échangisme est un usage commun (voir recommandé), une femme ou un homme ne peut se refuser à qui que ce soit, mariée ou non…  ! On se croirait dans un groupe de bonobos, où le sexe est l’élément central de la paix sociale !
Le culte de leur dieu les pousse à se reproduire à qui mieux mieux : il faut faire beaucoup d’enfant pour être envié, et surtout faire plaisir à leur divinité de la vie !
Si les monades s’élancent comme des aiguilles de 3000 mètres de haut dans le ciel, le reste des terre est uniquement vouée à l’agriculture : plus de forêts, ni de sites anciens… des villages de « primitifs » nourrissent les monades, à l’aide de machines gigantesques et de robots. Bref, la verticalité est devenu le paradigme dominant

Tous les détails de cet univers sont aussi fascinants que répugnants… Une tyrannie du bonheur et du don de soi, où la plus grande qualité est d’être « onctueux » avec son voisin. Et gare à ceux qui sont névrosés ou dépressifs, se refusent aux autres, et font preuve de comportement anti-sociaux : si un lavage de cerveau ne suffit pas, c’est « la chute » qui attend les déviants ! Balancé dans les conduits de la monade, ils finissent littéralement comme bois de chauffage dans les entrailles du bâtiment…

coup de coeurUn coup de coeur ! Je ne suis pas prête d’oublier cet univers dans lequel Silverberg m’a plongé… et surtout quand je le rapporte à des faits actuels sur l’organisation de l’espace, les relations humaines en ville… j’en reste songeuse 🙂
Je le conseille à tous, fans de SF ou non ! Il y a forcement quelque chose à retenir dans ce conte moderne !

challenge ABC

« Johnny s’en va-t-en guerre » de Dalton Trumbo (Etat du Colorado)

Lecture coup de poing et coup de coeur : Johnny s’en va-t-en guerre de Dalton Trumbo est une histoire que j’avais très envie de découvrir depuis quelques mois, sous la forme du livre ou du film qui en est tiré… Inclinaison personnelle oblige, j’ai préféré m’attaquer d’abord le livre, avant d’essayer de le trouver peut être en DVD, ou autre.

Mais pourquoi cette volonté de le lire, me demanderez-vous ? C’est parfois difficile de retracer ce qui vous ammène à une lecture… Mais cette fois je sais parfaitement comment ça c’est passé.
Comme certain le savent, j’aime beaucoup le métal. En faisant un petit tour des clips sur Youtube, alors que je lisais Fargo Rock City, un titre m’a interpellé : One de Metallica, le clip original de 1988 sorti sur l’album And justice for all. Je connaissais la version studio, mais ce clip m’a fait l’effet d’une gifle, en samplant la musique géniale de Metallica à des extraits d’un film que je ne connaissais pas : Johnny got his gun. Les paroles de la chanson prennent alors une dimension autres, la vidéo étant ponctuée par les images noir et blanc montrant Joe sur sont lit, des images de guerre… avec les dialogues du film, comme sortis d’outre-tombe…  J’en ai les poils qui se hérissent sur tout le corps rien que d’y repenser !
Je me suis donc dit que si j’aimais tant son traitement dans le clip, je risquais aussi d’apprécier le livre. Et en cherchant bien, j’ai aussi découvert qu’une partie de l’histoire se passe au Colorado, état qui je n’avais pas encore traité pour le challenge « 50 états, 50 billets ».

C’est donc avec beaucoup d’appréhension que je voulais me lancer dans cette lecture. Il y a des livres comme ça qu’on attend, et qu’on ouvre un jour avec un recueillement quasi religieux… en espérant ne pas être déçu par la barre qu’on a mise si haute de l’avoir tant fantasmé.

Johnny s’en va-t-en guerre raconte histoire de Joe Bonham, soldat américain envoyé au Front durant la Première Guerre Mondiale. Il se réveille dans un lit d’hopital, et au fur et a mesure de sa sortie de l’inconscience, il réalise avec horreur qu’il est non seulement blessé, mais aussi amputé des 4 membres, sourd, aveugle, muet, sous respirateur artificiel… Et surtout seul au monde, coupé du reste de l’humanité. Il se remémore sa jeunesse, les instants avant son départ pour la Grande Guerre, et se pose des questions sur le sens à donner à tout ça… et surtout comment essayer de redevenir un être humain.

Son auteur, Donal Trumbo, est un pacifiste reconnu, un des « Dix d’Hollywood » dans les années 40-50 qui n’a pas voulu se soumettre au pouvoir durant la fameuse période de la « chasse aux sorcières » de McCarthy aux USA. Il faisait figure de traître gauchiste, et fut incarcéré pour avoir refusé de témoigner devant une commission du Congrès des activités anti-américaines, à une époque où les citoyens se vendaient les uns les autres par peur d’être accusés d’être communistes. Il est aussi connu pour être le scénariste de films, comme Spartacus de Kubrick, après son exil. Il va porter à l’écran lui-même son roman Johnny s’en va-t-en guerre en 1971.
Ce récit a été écrit en 1938 et est paru en 1939, à l’aube de la Seconde Guerre Mondiale. Mais c’est pendant la guerre du Viet-Nam qu’il va connaitre un second souffle, le texte ayant été lu à plusieurs regroupement pour la paix. C’est comme cela que l’auteur de la préface de l’édition française, Ron Kovic, va découvrir ce roman. Si son nom vous est inconnu, je pense que comme moi vous le connaissez déjà, ce Ron Kovic : c’est le héros et auteur du film et roman Né un 4 juillet : Johnny s’en va-t-en guerre a changé sa vie, et lui a donné la force de s’engager dans l’activisme politique après des années d’errance.
Si après ça on doute encore d’être face à un grand livre

La Première Guerre Mondiale, ça parait très très loin, mais grêce à cette histoire on se rend compte de ce qu’était cette époque : l’aube du millénaire, où les gens nourissaient plein d’espoirs sur les technologies comme l’aviation pour apporter la paix… Mais en même temps c’est le temps de la dernière guerre où on partait la fleur au fusil, une « guerre romantique » comme dit Trumbo… mais qui avec le recul s’avère la guerre la plus atroce jamais menée.

Ce qui est agréable et assez surprenant, c’est la manière dont est écrit le livre : l’unique narrateur est Johnny, nous n’avons que son point de vue… il raconte son histoire et ses pensées avec des mots simples (c’est un gars « normal », un ouvrier californien). Le rythme des phrases, le découpage des chapitres, est très moderne… Il permet de s’identifier à Joe, de comprendre sa frustration, sa colère, sa tristesse, son incompréhension, mais aussi sa volonté de faire quelques chose de ce qu’il lui reste de vie, de ne pas s’apitoyer sur lui même ! Tout cela en fait un livre assez dur quand on y réflechi, mais pas du tout glauque ou trash… on relève même des pointe d’humour par moment !

Cette histoire me fait forcément penser à La chenille de Suehiro Maruo, manga extrait du roman de Ranpo… paru 10 ans avant le roman de Trumbo : on y traite des mêmes problématiques, arrivées à des milliers de kilomètres des USA. Mais outre le rapport aux gueules-cassées, la ressemblance s’arrête là tant leur traitement est différent.
Dans La chenille on est dans « l’eroguro » pur et dur, sexuel, violent, chaotique, surréaliste et grotesque (dans le sens grand guignolesque du terme, attention), et surtout vécu en couple et par de là bien par un homme bien vivant… Le rapport aux sens et au sensuel est bien différent dans ce roman où  Joe est seul, entre deux mondes, dans les limbes de sa pensée. Le discours est plus intérieur, plus solitaire : son sort est véritable annihilation de l’être humain, comme une déchirure, provoqué par une guerre qui a balayé tout ce qu’a été Joe, tout ce qu’il est et pourrait être.

Comme vous l’avez compris, je suis emballée par ce livre… au point où je pense qu’on devrait le faire lire à l’école ! Ça serait utile pour le sens de la critique sociale des futures générations ! Même si une oeuvre à la portée de celle-ci devrait faire serrer les fesses de tous nos dirigeants, tant la critique de Johnny envers le pouvoir est dur et plutôt bien vu…
Par exemple, sa réflexion sur l’intêret d’aller se battre pour des principes et des idées (liberté, démocratie…) mal définies, sur les gouvernements qui en envoient leurs citoyens à la mort en ce nom alors qu’eux même ne mettent pas leurs propres vies en jeu, et quand bien même, qu’en étant mort ces principes ne permettront pas à d’autres de les faire fructifier… Il remet en cause l’absence de contrat social et idéologique entre les ceux qui partent se battre et ceux qui veulent qu’ils se battent : quel intérêt, pour qui, à quel prix ? Il dénonce le mensonge  de la mort « noble », qui de toute façon ne l’est pas, car quand on est mort on n’est plus rien… Même si aujourd’hui ce discours n’a rien de provoquant, ça fait toujours du bien de l’entendre, et de le dire (surtout quand on voit les guerres « de principes » qui ont encore et toujours lieu) !

Un coup de coeur donc : c’est le genre de livre que j’aimerai distribuer dans le métro, dans la rue… tant il est bien écrit et que son message est important. Mais plutôt que de dévaliser les librairies, je vais me contenter de le prêter autour de moi !

Comme beaucoup d’état, le Colorado a initialement fait parti de la Louisiane française, du moins sa partie orientale… L’occident appartenant alors à la Nouvelle-Espagne, à qui il doit son nom d’origine hispanique signifiant « de couleur rouge », du fait de la couleur de la Rivière Colorado. Il faudra attendre 1803 pour que la partie française soit vendu aux Etats-Unis. Après l’indépendance du Mexique, le Colorado appartient a ce nouvel état. Le Colorado fera parti de Etats-Unis qu’en 1848 après le traité de Guadalupe Hidalgo qui fait céder au Mexique ses territoire du nord au profit des USA. Il faudra tout de même attendre 1876 pour que le Colorado devienne le 38ème état des Etats-Unis.
Avant et pendant les période de colonisation des Européens, les Amérindiens vivaient nombreux sur ce territoire : Apaches, Cheyennes, Shoshones… mais furent chassés les uns après les autres, et il reste très peu de descendants de ceux-ci aujourd’hui.

Le Colorado doit son expansion démographique en premier lieu au commerce des fourrures, mais aussi et surtout à la ruée vers l’or et l’argent à partir de la moitié du 19ème siècle… C’est ainsi que Denver c’est agrandi et est devenu la capitale de l’état. Aujourd’hui encore, la moitié de ses 5 millions d’habitants vit à Denver et dans son agglomération.

Etat de montagnes, haut plateaux, terres arides… le Colorado est l’état le plus haut des USA : son point le plus bas est situé à 1000 mètres d’altitudes ! En plein sur le sud des Montagnes Rocheuses, il possède plusieurs 10aines de pics et monts, dont le plus haut de la chaîne, le Mont Elbert qui culmine à 4401 mètres. Une manne pour le tourisme et les stations de ski en hiver !
C’est donc un paysage rêvé pour les amoureux des grands espaces sauvages et les parcs naturels : Mesa Verde, Black Canyon, Dinosaur Monument (riche en fossiles),  Great Sand Dunes, Rocky Mountain… qui jouissent de climats très différent, et ont donc des physionomies très différentes climat sec ou aride, humide, où passent des tornades (le Colorado est en parti situé sur la Tornado Alley) ou des orages violents…
Mais ces espaces sont aussi problématiques, comme on l’a vu en juin avec le grand incendie qui a ravagé des 10aines de milliers d’hectares de végétations, mais aussi d’habitations !

Mais le Colorado n’est pas composé que d’espaces naturels : l’agriculture et l’élevage sont les secteurs clés de l’état, ainsi que les mines d’or, d’argent, et d’uranium. Les secteurs secondaires et tertiaires ne sont pas en reste : administrations, armée, énergies, produits agro-alimentaires… Un des 3 états leader pour mettre en place une entreprise, bien placé dans la richesse moyenne des habitants
La population, composée de descendant de Mexicains, Espagnols, Allemands, Anglais… mais aussi d’Afro-Américains, est une de celle en plus bonne santé aux USA ! C’est au Colorado qu’est la plus basse proportion d’obèses aux USA… Un pays de sportifs, proches de leurs grands espaces ? A moins que cela vienne de leur cuisine du Sud Ouest et des Rocky Mountains : des ingrédients locaux comme le boeuf et le bison, des viandes saisies, des légumes, ainsi que des inspirations mexicaines avec les épices, le maïs…

Un état que j’aimerai beaucoup visiter, pour ses grands parc et sa cuisine… Même si la récente fusillade d’Aurora durant la projection du dernier film de la série des Dark Knight à valu la vie de 58 personnes, et rend un peu moins sympathique la région…
Un jour peut être ?

« Le Maître des illusions » de Donna Tartt (Etat du Vermont)

Je savais que le challenge « 50 états, 50 billets » me réservait encore beaucoup de bonnes surprises… Mais là, pour traiter du Vermont, c’est encore plus que ça : pour moi c’est un véritable coup de coeur que ce roman !
Donna Tartt n’a écrit que 2 romans, et Le maître des illusions publié en 1992 est son premier chef d’oeuvre. Commencé alors qu’elle était à l’université dans le Vermont, elle le fait lire a son camarade Bret Easton Ellis (excusez du peu !) qui la pousse a continuer à travailler sur ce projet de roman. Il lui faudra 8 ans pour le finir…. mais quel livre !

Nous suivons l’histoire de Richard, californien de 19 ans, qui se retrouve accepté à l’Université de Hampden dans le Vermont. Une chance pour lui, qui a très peu d’argent et ne bénéficie pas de l’aide de ses parents : Hampden est le fief des fils et filles de grandes fortunes, mais il arrive à obtenir une bourse pour y étudier.
Afin de suivre son cursus de grec ancien, il réussis à s’inscrire au cours de Julian, professeur atypique et charismatique, qui n’accepte de suivre qu’une poignée d’élèves triés sur le volet par lui-même. Il rencontre alors une faune loin de ses habituelles fréquentations, de riches érudits de lettres anciennes : Henry, Francis, Bunny et les jumeaux Camilla et Charles.
Mais un drame va bientôt les conduire à commettre l’irréparable : tuer Bunny.
Qu’est ce qui va les conduire à cette situation ? Et comment vont-ils s’en sortir ? C’est ce que l’auteur nous raconte dans ce roman, sous la plume de son narrateur Richard

J’ai été totalement happée par l’histoire… et fort heureusement, les longues heures que j’ai du passer dans le train ces derniers jours m’ont permis de rester bien au chaud dans cet univers qui m’a fasciné.
Si les protagonistes sortent des milieux très aisés, on n’est pas dans le mode yuppie artificiels et puant… On est vite attaché aux différents personnages, on apprend à les apprécier ou les détester via le regard de Richard, et on se projette aisement dans l’histoire.
Le groupe d’amis de la classe de grec sont relié entre eux par d’étranges affinités. L’amour du grec et de sa culture ancienne, mais aussi de l’alcool, des drogues, des fêtes, de l’argent, de l’art et de l’inattendu…

Il y a dans la posture des personnages et dans l’écriture un truc qui m’a fait penser aux romans russes, comme ceux de Dostoïevski… Pourtant je n’en ai pas lu beaucoup, mais j’y ai pensé quand même, peut être à cause du romantisme des situations et des personnages, toujours très théâtraux, excessifs et cyniques.
Mais surtout le roman est fait de sorte de ne pas prendre le lecteur pour un imbécile : références culturelles, expliquée mais pas mâchées, réflexions philosophiques sorties des cours de grecs de Julian… de quoi pouvoir s’enrichir personnellement !
Les paysages du Vermont et de cette université qui semble perdue au milieu des forêts donne le rythme aux sensations de Richard sur cette affaire, et nous invite au voyage autant qu’elle accompagne la narration : des flamboyants et chaleureux bois en automne, il devient glacial et inamical en hiver, jusqu’à se radoucir jusqu’à devenir trop lourd en été, lorsque la verdure revient enfin.

Bref, un roman très bien construit, qui nous met dès le prologue dans le bain : Bunny sera tué, mais comment et pourquoi, ça sera ça une des intrigues de l’histoire… et à partir de là découdre fil à fil les liens qui relient les personnages, leurs objectifs et motivations… On voit dans une première partie ce qui conduit à ce drame, et dans la seconde ce qu’ils feront après sa mort.

Un gros coup de cœur pour moi, il risque de faire parti des romans que je conseillerai pendant un bon moment ! Ca m’a presque donné envie de me replonger dans du Brett Easton Ellis que j’avais abandonné, en commençant à lire sans succès American Psycho il y a 10 ans… S’il a apprécié l’œuvre de Donna Tartt, il ne peut pas être totalement à jeter 😉

Nous retournons en Nouvelle-Angleterre pour découvrir le Vermont, où se situe la fictive Université de Hampden, lieu principal des intrigues de ce roman.

Le Vermont est une région situé au nord des USA, et borde la province de Québec… Donc comme on le voir dans le roman, les hivers sont glacials, et les été chauds et humides, et avec comme le souligne le héros Richard, des automnes très colorés, du fait du changement de couleurs des arbres en rouge et doré…
Et des arbres ce n’est pas ce qui manque, vu l’étendue des domaines forestiers (77% de l’espace total), dont ceux de la région de la Montagne Verte qui courent du nord au sud de l’état. C’est d’ailleur grâce à ses pentes boisées que ces montagnes des Appalaches ont reçu l’adjectif « vert » !

Le Vermont est peu peuplé (625 000 habitants), c’est le second état le moins peuplé des Etats-Unis. Aucune ville ne dépasse les 40 000 habitants, si ce n’est Burlington… Même la capitale Montpelier fait office de village de campagne avec ses 8000 âmes !
Je n’aurais pas pensée qu’un état si proche de celui de New-York puisse abriter si peu de monde !

Côté économique, c’est l’agriculture qui fait vivre l’état : élevages laitiers et transformation en produits alimentaires, mais aussi sirop d’érable ! Et oui, on est bien à côté du Canada 🙂

Bref, tout à l’air de faire du Vermont un état propice aux loisirs centrés autour de la nature, et c’est le cas : outre les chemins de randonnées assez réputés, c’est le spot idéal pour les sports de glisse en hiver… En revanche l’ambiance doit être moins calme, car le Vermont est le lieu de villégiature préféré des grandes villes des états voisins (New-York, Boston…), attirant chaque saison plus de 4 millions de touristes hivernaux !
Autre endroit intéressant pour passer du temps proches de la faune et de la flore : le lac Champlain qui sert d’habitat à diverses espèces de poissons, oiseau, mammifères… malgré la pollution de celui-ci. Il abriterait aussi un cousin du monstre du Loch Ness, Champ !

En parlant du lac Champlain, il est intéressant de noter que celui-ci doit son nom à Samuel de Champlain, explorateur français qui a découvert le Vermont en 1609 ! Bien entendu, la région était déjà habitée par des tribus amérindiennes, Iroquois et Algonquins… Mais cela n’a pas empêché les colons français de s’établir au nord de la région, alors que les britanniques s’implantent au sud. Après le Traité de Paris de 1763 en faveur des anglais, la colonisation britannique s’accélère, et ceux-ci tentent de chasser les français de leurs terres (décidément, on s’est fait virer de partout !).
Mais le Vermont n’est alors pas encore un état à part entière, et son territoire excite la convoitise de ses voisins, l’état de New-York et celui du New Hampshire… Il faudra l’intervention du gouverneur de ce dernier pour que les frontières du Vermont soient enfin délimitées…mais provisoirement : ses limites vont changer à plusieurs reprises au court du 18 ème siècle, ce qui créera des tensions avec ses voisins, mais aussi la Couronne britannique.
Alors qu’en 1775 la Guerre d’Indépendance débute, les rivalités entre les milices des colons du Vermont et les hommes du gouvernement de New-York font rage, même s’ils participent à la révolte.
En 1777 l’état est enfin baptisé « Vermont » (pour Verts Monts… du fait de ses montagnes boisées), et devient  une république indépendante ! Avec ce nouveau statut, la situation n’est pas très simple pour ce jeune état : les Britanniques tentent de les soudoyer mais seront finalement expulsés, il y a des soulèvements de colons venant d’autres états… Finalement après accord avec son ennemi de toujours, l’état de New-York, le Vermont rejoint les Etats-Unis d’Amérique en 1791, et l’Union !

Comme l’histoire du Vermont nous le laisse supposer, la communauté francophone est plutôt pas mal représentée : bien que les britannique ai récupéré le territoire au 17ème siècle, les vagues d’immigration plus tardives ont fait venir beaucoup de quebéquois. 24% de la population aurait des origines françaises ou québequoises… même si seulement 2,5% de celle-ci parlerait français.

Bref, le Vermont est dans ma top-list des états à visiter… Je ne le connaissais pas du tout avant de lire ce roman et de rédiger ce billet, et maintenant il est dans ma liste de voyages potentiel, pour un trip rando et nature ! Avec un combo dans la ville de New-York, ça serait pas mal je pense 😀

« Des milliards de tapis de cheveux » de Andreas Eschbach

Je ne sais plus comment je suis tombée sur ce roman de l’auteur allemand Andreas Eschbach, écrit en 1995, mais ce jour là j’ai eu bien de la chance ! C’est un petit bijou que j’ai dévoré, et qui a tout du roman de SF voué à devenir un grand classique !
De plus il me permet de valider une entrée pour le challenge Petit Bac 2012, catégorie « partie du corps ».

Sur une planète aride, où la population vit aux limites de la pauvreté, une étrange coutume veut qu’une caste d’hommes passent une vie entière à réaliser un tapis fait des cheveux de leurs femmes et filles. Ce tapis une fois vendu à l’Empereur permettra à leur unique descendant mâle de devenir lui même tisseur de tapis de cheveux. Voici une tradition qui se perpétue depuis des millénaires, depuis que l’Empereur immortel en a décidé ainsi ! Voilà bien son droit, car après tout, n’est-ce pas lui qui fait briller les étoiles ?
Mais autour de ce culte de l’Empereur et de la confection de tapis de cheveux, d’autres histoires vont prendre par à cette trame : celle d’un étranger hérétique perdu sur cette planète, celle d’un marchand qui récolte les tapis ville après ville, celle de l’histoire d’amour d’une jeune femme pour le fils d’un tisseur, … Tous sont liés par ces étranges tapis, intriguants, magnifiques et repoussants à la fois…

Quel mystère que ces tapis de cheveux ! Une fois l’univers posé, celui d’un Empire colossal composé de plusieurs systèmes solaires, dirigé depuis des dizaines de milliers d’années par le 11ème Empereur, on n’a qu’une envie : savoir ce que signifie ce culte pour la tapis de cheveux ! Pourquoi des hommes, voir une planète entière, s’aliènent pour réaliser des tapis de cheveux, qui rapporté au nombre de tisseur atteignent des quantités phénoménales ? Des milliards de tapis de cheveux pour décorer le palais de l’Empereur, bien trop pour que cela soit possible. Surtout quand on sait que l’Empereur a été tué il y a 20 ans de cela par des Rebelles, et que son palais n’abritait aucun de ces tapis…

La question de la chute de l’Empire est aussi très intéressante. L’auteur présente progressivement des éléments qui nous expliquent comment le système de commerce du tapis de cheveux est mis en place par des administrations locales, fonctionnant en vase clos. On comprend alors mieux pourquoi les forces Rebelles ont tant de mal, 20 ans après la mort de l’Empereur, à faire accepter à tous ces peuples vivant sur de lointaines planètes  que cet être immortel a disparu, signifiant alors que leur mode de vie est dorénavant dépassé, et que le tissage de tapis de cheveux est une ineptie… Lorsqu’on a été élevé comme un esclave, il est presque impossible d’avoir une idée même de la liberté !
Ce schéma dicté par l’Etat mêlé à celui de la culture locale est très intéressant, et ouvre pas mal de pistes de réflexion sur le monde qui nous entoure…

La narration est découpée en chapitres qui équivalent presque à des nouvelles autonomes, mais qui sont en fait reliées entre elles de manière très fine et intelligente, à la façon d’un polyptique.  Si on est dérouté par deux ou trois chapitres en se demandant ce qu’ils viennent faire là, la réponse arrive rapidement dans les suivants… La trame se tisse, et le dessin prend forme, et il est magique ! Je crois que c’est cette structure qui m’a rapellé (dans une moindre mesure) l’excellent Qu’a t-elle vue, la femme de Loth ? de Ioànna Bourazopoùlou.
On est vraiment pris dans l’histoire, et jusqu’à la dernière page on est happé par cet univers. De plus la fin ne m’a pas laissé sur ma faim… Bref, un coup de maitre pour ce qui est de l’intrigue !

Quand on sait que c’est le premier livre de Andreas Eschbach, on n’a qu’une envie, découvrir ses autres romans ! J’ai vraiment été impressionnée et conquise par celui-ci, au point où c’est un véritable coup de coeur ! Bref, je le conseille aux amateurs de SF et aux autres : il se lit très facilement, et l’intrigue est très prenante !

« Hunger Games, tome 3 : La révolte » de Suzanne Collins

Suite et fin de la superbe série des Hunger Games ! Après avoir été voir le film retraçant le premier épisodes il y a quelques semaines, j’ai été prise d’un appétit de connaître la fin de l’histoire ! Et quelle fin !
C’est assez rare les séries qui se bonifient avec le temps, et Suzanne Collins a réussi ce tour de maître. J’étais assez dubitative quand je voyais sur les forums et blogs les gens dire que le troisème opus était le meilleurs, et finalement je dois bien avouer qu’il est très très bon… et peut être bien le plus intéressant de la série.

Katniss est sauvée par le District Treize après la fin quelque peu explosive des derniers Hunger Games… et les choses sont loin d’être roses : elle est blessée et hospitalisée, Peeta n’a pas pu être sauvée et est pris comme otage par le Président Snow… Heureusement, Gale est a ses côté, ainsi que sa mère et sa soeur Prim, et d’autres alliés de l’arène comme Finnick. Mais le District Treize est loin d’être un l’espace de liberté qu’on pouvait imaginer, tout le monde se prépare depuis de nombreuses années à la guerre contre le Capitole : restrictions, régime quasi-militaire, et surtout une vie souterraine rythmée au gré des obligations au profit de cette société Rebelle dirigée par Coin. Celle dernière fait tout pour protéger sa population, mais aussi pousser les autres Districts à la révolte.
Là, Katniss va pouvoir une fois de plus devenir un symbole de la révolution, « le geai moqueur« , que les Rebelles espèrent bien utiliser pour leur guerre, aussi bien sur les ondes que sur le terrain.

Voici un bref résumé du début du livre, et c’est difficile d’en dire plus sans révéler des clés de l’intrigue qui rendent ce récit passionnant et surprenant !
Comme dans les autres romans de la série, le style est direct, dynamique… on ne s’ennuie pas une seconde. Mais il est beaucoup plus sombre que les précédent. Beaucoup d’action, mais aussi énormément de réflexion : plus politisé, et pas mal d’idée autour de  la notion de régimes oppresseurs… Pendant toute la lecture du roman, on se demande où sont vraiment les gentils et où sont les vrais méchants… Donc pas aussi manichéen que les deux premiers volumes en fait.
Et cette finaucune déception sur la manière dont est conclue l’histoire, même si elle laisse pas mal de pistes pour la réflexion personnelle 🙂

Bref, je suis enchantée par cette série, et plus particulièrement ce dernier volume… Franchement je le conseille à tous ceux qui ne sont pas rebutés par la littérature jeunesse, et ont envie de découvrir un best-seller du style SF dystopique ! Pour le coup, un coup de coeur pour l’ensemble de la série ! 😀

« Dolores Claiborne » de Stephen King (Etat du Maine)

Le plus dur pour trouver un livre parlant du Maine pour le challenge « 50 état, 50 billets » n’a pas été de trouver une idée, mais de choisir parmi de nombreux récits : la plupart des romans de Stephen King se déroulent dans cet état où il est né et vit encore aujourd’hui, et je suis loin d’avoir lui toutes les œuvres de cet écrivain que j’aime pourtant beaucoup !

Je me suis focalisée sur Dolores Claiborne, édité en 1993, pour plusieurs raisons : il fait parti du top 20 de la section « drame » sur Livraddict, et est considéré comme un des bons Stephen King par les lecteurs ; et que ce livre me permettrait en plus de remplir la case « prénom » dans mon challenge « Petit BAC 2012 ». En plus il est assez court, et j’ai réussi à me le faire prêter : que demander de plus ? 🙂

Comme dans Misery, il n’est pas question ici d’une fiction oscillant entre horreur et fantastique : on est plutôt entre le thriller et le drame… Et dans ce genre, Stephen King excelle, je me suis régalée !

Dolores Claiborne se retrouve au poste de police de l’île de Little Tall, où elle a vécu toute sa vie, c’est a dire 65 ans. Deux policiers et une sténo l’entendent pour une affaire de mort assez étrange : sa patronne, la riche Vera Donovan pour qui elle travaille depuis plus de 30 ans a été retrouvée morte, et tout laisse soupçonner que Dolores l’a un peu aidée à passer l’arme à gauche.
Dolores est prête à tout raconter : son travail et sa vie auprès de Mme Donovan qui devenait de plus en plus sénile, pourquoi et de quelle manière elle a tué son mari dans les années 60 et comment cela à transformé sa vie… Bref, elle se raconte, sans un instant de répit, durant une longue nuit au poste.

Le style est extrêmement prenant : pas de chapitres, pas de ruptures de paragraphes. Dolores nous donne sa version des faits, comme si nous étions dans le poste de police à l’écouter et nous faire un avis sur sa culpabilité ou son innocence. Ses pensées intimes, ses peines et ses fous rires, elle délivre tout, comme se déchargeant d’un fardeau décidément trop lourd à porter ! Le récit monte en puissance par vague, chaque période de sa vie étant empreint  de blessures de son passé, mais aussi de celles de Vera, des ses enfants… jusqu’au point culminant, le jour de l’éclipse solaire du 20 juillet 1963.
Ce livre se lit comme en un seul souffle… d’ailleurs je n’ai pas pu décrocher de la journée, et il m’a à peine duré ce dimanche ! Peut être à cause de cette intensité, je lui décerne un coup de cœur ! Et bien entendu je le recommande vivement à tous, fans de Stephen King ou non !

Little Tall, île imaginaire de la côté du nord du Maine, n’est pas à sa première apparition dans l’œuvre de Stephen King : on la retrouve par exemple dans La tempête du siècle. King aime les endroits reculés, les petites communautés où tout le monde se connait et ou rien ne peut rester longtemps secret… Et Little Tall est l’archétype de ce type d’endroit !
Il la décrit comme une île assez touristique en été, où au plus fort de l’affluence près de 700 personnes fréquentent ce bout de caillou de l’océan Atlantique. L’île est relié au continent par un ferry, où les habitants peuvent avoir accès aux services d’administration, banques, lycées… Bref, toute la ville et ses habitants se tournent vers la mer.

C’est un détail, mais il est parfois question de homard dans ce roman… et comme je m’intéresse à la cuisine, je me dois de souligner que le homard est une des spécialités du Maine ! Il faut dire que cet état est idéalement situé pour la pêche, et c’est là l’un de leurs atouts économiques. Bien entendu, la construction navale du Maine est aussi réputée ! Mais ils peuvent aussi compter sur l’agriculture (airelles, pommes de terre…), l’industrie du bois, du cuir…
Bref, un état assez riche côté productions (même si c’est seulement le 29ème état des USA), qui en plus possède des paysages magnifiques, qui ne sont pas sans rappeler ceux de son voisin du nord : la province d’Acadie appartenant au Québec ! Des côtes découpées par l’océan et le vent, des forêts de pins à perte de vue, une vie sauvage omniprésente, et des grandes villes dynamiques comme Portland (qui en est la capitale)…
Un état qui donne envie d’être visité ! Et pour ne rien enlevé à ça, 5% des habitant parlent français, du fait des origines française ou acadiennes de ses habitants… c’est assez rares aux pays du tout-anglais pour être précisé !

« Orgueil et préjugés » de Jane Austen

Attention, coup de coeur en vu !

A voir tous les gens qui encensent Jane Austen sur les forum ou blog, j’ai eu envie de voir tout de même par moi-même ce qu’ils trouvaient à ses romans. Surtout que ses ouvrages semblent être de grands classiques, puisqu’une part non négligeable de lectrice autour de moi connaissent Jane Austen, et plus particulièrement Orgueil et préjugés, qui me semble être un de ses romans les plus célèbres.
Je m’attendais donc à un livre pour jeune fille un peu midinette, bien sous tout rapport et tout… rempli de personnages en costume du début du 19ème, des voitures à cheval, des lectures au coin du feu dans des cottages verdoyants…
Je n’en était pas très loin, mais c’était oublier l’humour typiquement anglais et la sensibilité que j’ai pu y découvrir.

L’histoire, je pense que tous le monde la connaissait sauf moi…
Le récit prend place à Longbourn où nous suivons la famille Bennet. Mrs Bennet cherche à marier ses 5 filles, et plus particulièrement ses deux aînées, Jane et Elisabeth. Ses espoirs commencent à prendre forme lorsqu’une propriété proche du bourg est louée par un gentilhomme célibataire, riche et libéré de toute contrainte s’y installe, Mr Bingley. Entre bals et invitation à dîner entre les différentes familles, ce dernier tombe rapidement amoureux de Jane…  Si Bingley est enjoué et amical avec le voisinage, il n’en va pas de même pour son ami Mr Darcy, qu’Elisabeth va bientôt prendre en grippe…

Je préfère ne pas en dire plus pour ne pas faire une synthèse du roman… mais l’essentiel de l’histoire tourne autour du mariage, qui, pour des jeunes filles élevé dans l’objectif de devenir des épouses heureuses, est définitivement un accomplissement ! Il faut dire qu’elles n’avaient pas grand chose à faire, ces pauvres filles de bonnes familles, au début du 19ème siècle. Pas d’école, des cercles restreints de connaissances, des moyens de communication limité au courrier et de transport au cheval… L’amour et le mariage sont donc une échappatoire.
Certaines cherche un mariage d’amour, d’autre se font une raison et épousent un bon parti possédant quelques biens.  Pour des filles comme celle des Bennet, un bon mariage est l’assurance d’un toit et subsistance, les biens de Mr Bennet étant soumis à la loi de l’entail, il doivent revenir à un héritier mâle, ici son cousin.  Sa femme et ses filles pourraient donc être chassée de leur logis, et se retrouver avec une maigre rente.
Le mariage est donc aussi le moyen d’asseoir une position sociale… Mais pour faire un bon mariage, les jeunes filles et leur famille doivent avoir une réputation sans faille.  Pas évident lorsque des chasseurs de dots ou folles adolescente se mêlent à ce jeu…
En tous cas Jane Austen traîte ce sujet avec intelligence, humour et impertinence, c’est un vrai plaisir de se plonger dans le quotidien de ces personnages ! On a du mal a croire que ce livre a été édité en 1813 tant il est moderne dans son style et ses propos.

Je ne suis pas spécialement fan des histoires d’amour, mais celle-ci m’a totalement emballée ! J’étais en plein bovarysme, à vibrer au rythme des émotions d’Elisabeth et Darcy… car si elle le déteste au début du récit, je ne suis pas sans savoir (en femme d’expérience), que la haine est souvent bien proche de l’amour 😀
Il faut dire que Darcy a tout de l’homme idéal, loin de l’image de « Prince Charmant », mais qui dégage un je ne sais quoi qui en fait un amant intemporel… on a beaucoup disserté sur la question avec Petite Fleur qui m’a prêté ce livre. Il incarnerait l’image de l’homme solide en qui on peu faire confiance, protecteur, qui ne se lie pas d’amitié facilement mais qui donne beaucoup à ses proches, intelligent, cultivé, et pour ne rien retirer à ses charmes, beau et riche ! Il a bien sûrs quelques défauts, comme son orgueil, mais c’est un détail dans l’ensemble de son portrait, et ça ne le rend que plus humain.
Autant vous dire que les discussions vont bon train à son propos au bureau, et qu’on est plusieurs prêtes à se battre si un Darcy se présentait ici 😀

Ce livre a été un vrai vent de fraîcheur qui a réveillé mon coeur de midinette ! J’ai adoré ! Je n’ai qu’une envie maintenant : regarder les films et séries TV tirés de ce roman, mais aussi et surtout découvrir d’autres oeuvres de Jane Austen !