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« Le bruit et la fureur » de William Faulkner

Le bruit et la fureurPour valider la lettre « F » du challenge ABC, je me faisais une joie de découvrir un nouveau roman de William Faulkner, que j’avais découvert l’an dernier avec Lumière d’août. J’avais entendu dire que Le bruit et la fureur était un grand classique de l’auteur, admiré par des écrivains comme Sartre… Mais assez difficile d’accès. Mais je n’ai peur de rien ! 😀
Et bien c’est assez vrai ! J’ai eu du mal à rentrer dedans, mais une fois la moitié du roman passé, on fini par retrouver le fil de l’histoire et vraiment plonger dans le cœur de cette œuvre et s’apercevoir comment le passé peut teinter le présent.

L’auteur nous conte l’histoire de la décadence de la famille Compson, sur trois générations, en faisant un focus sur la fratrie centrale : Caddy, Benjamin, Jason, et Quentin. Ils vivent dans le sud-est des Etats-Unis, près du Mississippi, dans le comté imaginaire de Yoknapatawpha. A leur service, toute une famille de serviteurs noirs, reliquats des anciens esclaves des plantations originelles de la région.
Au travers le regard des trois frères sur deux périodes distinctes (1910 et 1928), et celui d’un narrateur extérieur, on va retracer leur histoire de leur enfance à leur maturité… Un drame familial qui tourne presque exclusivement autour de la sœur Caddy, à la fois un être chéri et aimé, mais aussi celle qui jette l’opprobre sur le nom des Compson.

J’avais donc apprécié Lumière d’août, mais il faut avouer que Le bruit et la fureur m’est un peu plus hermétique… et surtout beaucoup plus complexe. Je suis donc finalement assez contente de ne pas avoir découvert l’auteur avec ce roman, j’aurai été un peu effrayé et plus réticente à lire d’autres de ses œuvres.
Ici on est dans l’analogie, la métaphore, la libre association, l’impression, la poésie, le détachement à toute normes d’écriture… Bref, ça n’est pas vraiment un roman de gare ou de métro ! Et par dessus cela des ruptures de styles, des phrases sans ponctuation sur plusieurs pages, des sauts dans le temps d’un paragraphe à l’autre… Il faut suivre et s’accrocher !
Enfin cela reste tout de même un roman à lire : j’ai apprécié l’ambiance, où une riche famille vivant dans un univers fossilisé se retrouve face à ce qu’ils appellent leur malédiction : les temps changes, les gens aussi… et la naissance d’un idiot, une fille au mœurs légère, un père plongeant dans l’alcoolisme et le suicide d’un des enfants est suffisant pour mettre en place des schéma qui se répètes sans fin et finalement épuiser cette lignée.

Par contre un gros bof pour la préface de l’édition que j’ai lue… Ce texte de Maurice Edgar Coindreau est bien entendu très intéressant et donne de vrais clés de lecture du roman… Mais comme spoiler on ne fait pas mieux. Si bien que j’ai arrêté de la lire pour ne pas me gâcher des surprises sur l’histoire. Certes, on est dans un roman où le style et l’ambiance prévaut peut être sur le scénario, mais quand même !

Voici donc un grand classique à découvrir, pas mon roman favori, mais tout de même prenant par l’ambiance de rage et de haine qui se diffuse au fur et à mesure de l’avancée dans l’inspection du passé et du présent de la famille Compson.

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« La princesse de Clèves » de Madame de La Fayette

La princesse de ClèvesLa règle du challenge ABC, c’est la di-ver-si-té ! Je me suis dit qu’au milieu des thriller, romans de SF ou de fantasy, un petit classique français ne ferait pas mauvais genre… Et puis un roman pas trop long, tant qu’à faire aussi ! Voilà pourquoi je me suis intéressée à ce roman qui m’était méconnu, La princesse de Clèves de Madame de Lafayette
Et bien… Je ne suis pas prête de m’y faire reprendre !

Mademoiselle de Chartres, accompagnée de sa belle-mère Madame de Chartres, arrive à la cour du roi Henri II au Louvre. C’est la plus belle jeune femme que personne n’ai jamais eu le privilège d’admirer… Et pour ne rien lui retirer, c’est aussi la plus aimable et la plus vertueuse ! Elle a quelques prétendants, mais va finir par épouser le prince de Clèves, pour qui elle a de l’estime mais aucune passion, ce qui le trouble un peu. Lui pour sa part est follement épris de sa nouvelle épouse.
Lors d’un bal, elle va rencontrer le duc de Nemours, et tomber amoureuse de lui… et lui aussi n’aura plus d’yeux que pour elle. Il rompt avec ses maitresse, lui fait sa cour, la poursuit autant qu’il le peut… La vertueuse princesse va-t-elle succomber à son charme ? Est-ce que le prince de Clèves va se rendre compte de l’inclination de son épouse pour ce rival ?

Autour de cette trame principale, les petites histoires de coucheries, de stratégies politiques… qui se déroulaient au 16ème siècle dans la cour du roi. Car si le roman a été écrit en 1678, il revisite l’Histoire de France et des faits qui se seraient en parti produits en 1558. En parti, car il s’agit ici d’une analyse et d’une réécriture de l’histoire à l’aide personnages en partis fictifs.

Bon, autant le dire tout de suite, je n’ai absolument pas accroché ! Le style, auquel je ne suis pas habituée y est pour beaucoup je pense… J’ai du m’y reprendre à plusieurs fois pour comprendre certains paragraphes.
Mais l’histoire… Pfffff, quelle déception. La princesse de Clèves est un modèle de vertu, elle suit ce que lui dit sa maman, elle respect son mari. Chiante, chiante, chiante !
Si cette morale pouvait peut-être coller à son époque, aujourd’hui je ne retient que ceci : toutes les vérités ne sont pas bonnes à dire, car l’excès de vertu tue proprement et simplement dans ce roman !

Ce qui me fait un peu peur, c’est de me dire que nous avons ici une lecture obligatoire au lycée ! De quoi écœurer définitivement des élèves de la littérature française !

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