Mots-clé : challenge littérature de l’imaginaire

« Vostok » de Laurent Kloetzer

VostokTrois ans après le très bon roman écris à quatre mains sous le nom L. L. Kloetzer, Anamnèse de Lady Star, voici Vostok, dont l’histoire se déroule dans le même univers. Monde dystopique, extra-terrestres, nouvelles technologies, et une Terre au bord du précipice… De bons ingrédients pour un roman de SF français !

Le chef d’un gang chilien, Juan, va pour se racheter face au chef du cartel local lui promettre l’accès au Vault, le réseau informatique des Andins,ceux qui contrôle le climat, l’économie, la société entière…et fait régner la terreur avec ses drones armés. Pour ce faire, il va embarquer sa jeune sœur Leo et une partie de son gang à Vostok, une base en Antartique abandonnée des russes voilà plus de 20 ans. Leur objectif : forer la glace sur plus de 2000 mètres pour atteindre un lac souterrain, où se trouverait la clé du Vault. Arriveront-ils à leur fin, dans un univers stérile et glacé ? Leo qui a été embarquée dans cette histoire de force pourra-t-elle supporter la vie à Vostok ? Comment le ghost de Leo, un extra-terrestre éthéré va vivre cette aventure ?

J’ai beaucoup aimé ce roman, qui m’a semblé un peu plus accessible que son prédécesseur. On suit principalement Leo dans cette histoire, une jeune femme de 16 ans à peine, plongée dans l’enfer des guerre de cartels puis dans un huis clos plein de tension en Antartique. Le contraste entre les deux univers est évident, mais la souffrance et la rage de vivre est la même dans ces deux endroits ! Heureusement, elle a pour elle d’être très intelligente, et d’avoir à ses côté son ghost Araucan. Ce garçon apparaît et disparaît sans raison, a besoin de se nourrir de choses et de situations nouvelles, et ne peux pas contre-dire les humains auprès de qui il vit, jusqu’à en souffrir.

Le côté science-fiction est bien amené, et nous fait dire que le monde présenté ici n’est pas si différent du notre. Les moyens de communication sont plus évolués, le contrôle du climat existe vraiment, les drones font partie intégrante du paysage militaire… Le monde de demain en somme… Mais un monde proche de l’apocalypse : cyclones, pluies torrentielles, clivages sociaux, guerre informatique …

Une très bonne lecture, que j’ai dégusté à mon rythme, tout comme le premier tome. C’est un livre qui demande un peu de temps pour se plonger dedans, mais qui est fin et passionnant. Je le conseille, même si vous n’avez pas lu Anamnèse de Lady Star.

Merci aux éditions Denoël pour ce partenariat, qui me permet d’avance en plus dans mon challenge ABC des littératures de l’imaginaire.

Vostok de Laurent Kloetzer
Éditions Denoël, collection Lunes d’encre – 432 pages
Paru le 17 mars 2016

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« Les Brillants » de Marcus Sakey

Les brillantsPour la sélection Folio du mois dernier, je me suis laissé tenter par Les Brillants, de Marcus Sakey, présenté comme le croisement entre la série Heroes et des X-Men. Chouette, j’adore les super-héros ! Il n’en fallait pas plus pour me donner envie de lire ce livre ! Je suis passé outre le fait qu’il soit édité dans la catégorie Policier chez Folio… et non en Science-Fiction. Pour tout dire, ce livre me laisse un peu un goût amer… un peu dystopique, un peu policier, beaucoup thriller

Dans un monde qui pourrait être le nôtre, les brillants, ou « anormaux », sont des êtres-humains ayant le potentiel d’Albert Einstein, dans des disciplines variées : stratégie, lecture de schémas corporels, anticipation de trajectoires… Ces génies peuvent donc facilement devenir des maîtres de guerre, de fins psychologue lisant dans les pensées, ou des passes-murailles. Depuis les années 80, 1% de la population qui naît est composée d’anormaux.
L’agent fédéral Nick Cooper, lui-même anormal, travaille dans un service qui a pour objectif de contrôler cette minorité. En effet, des terroristes anormaux, menés par John Smith, sèment le chaos, liguant normaux et anormaux les uns contre les autres. Mais c’est quand celui-ci fait sauter la place du marché mondial, et 1000 civils innocents, que l’affaire va prendre une autre tournure pour Cooper.
Pour arrêter ce monstre, Cooper doit abandonner son statut d’agent fédéral, et infiltrer le réseau terroriste en se faisant passer pour l’un d’eux…
Mais quelle vérité découvrira-t-il lors de sa traque ?

Bon, il faut l’avouer, je ne suis pas une grande fan de roman de ce genre : action, pseudo-enquête, infiltration et espionnage… je pensais que le côté science-fiction prendrait le pas, mais non, pas vraiment. Les pouvoirs des « anormaux » sont un peu trop réalistes : finalement ce ne sont que des génies (ok, c’est déjà ça…). Pas de mecs qui tirent des lasers avec ses yeux ou qui arrête le temps ici.
On voit un peu comment a tournée la société grâce (ou à cause) des anormaux : des avancées technologiques incroyables, un monde sans guerre de religions mais en pleine guerre de castes… Intéressant, mais trop léger pour vraiment m’accrocher.

En ce qui concerne le style, je n’ai vraiment pas été conquise. Pas d’humour ni de second degré… C’est du sérieux ! Entre action et drame, peu de place pour la légèreté ! Mais malgré ça je n’ai pas ressenti l’excitation ou le suspense entre les lignes.

A vouloir faire trop réaliste, sans tomber dans le sordide des romans noirs, l’auteur a créé des personnages sans saveur… Son héros, Cooper, est vraiment trop lisse : bon père de famille divorcé, mais encore proche de son ex-femme, qui est loyal à sa hiérarchie, prêt à se sacrifier pour une cause, un super combattant, intelligent, sensible… Tout pour plaire… ou exaspérer !

Bref, je ne lirais pas le tome 2 de cette série… et oui, un seul roman ne suffisait pas !
Je me suis ennuyée ferme… Après il faut avouer que je ne suis vraiment pas une adepte des roman policier / action… D’autres trouveront peut-être leur compte ? A priori oui vu les commentaires élogieux sur d’autres sites 😉

Enfin cette lecture me permet tout de même d’avancer dans le challenge ABC des Littératures de l’imaginaire !

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« Nom d’un chien » d’André Alexis

Nom d'un chien

En voilà encore une belle découverte grâce au partenariat Denoël du mois dernier ! La quatrième de couverture avait tout pour me plaire : des dieux grecs et des chiens qui parlent, comme dans Demain, les chiens de Clifford Simak. Mais point de mondes utopiques ici, mais plutôt un conte philosophique bien ficelé.

À Toronto, Hermès et Apollon se saoulent et se disputent … Est-ce que les humains sont pires ou meilleures quelles autres êtres vivants ? Est-ce qu’un animal doté de l’intelligence humaine serait encore plus malheureux que lui ? Voilà un bon objet de pari pour les deux dieux : ils dotent quinze chiens d’intelligence, et si un seul meure heureux Apollon perdra…
On va donc suivre quinze chiens, d’abord enfermés dans une clinique vétérinaire, et voir ce qu’ils vont faire de cette intelligence. S’échapper et s’entre-aider, inventer un langage et communiquer, accepter ce changement ou le nier… Ce qui est certain, c’est que cet éveil n’est pas pour tous une réelle source de bonheur ! Mais un seul d’entre eux rendra-y-il son dernier souffle heureux ?

J’ai pris un réel plaisir à suivre les péripéties de ces personnages atypiques. La vision du monde au travers les yeux de chiens, leurs relations dans la meute, et aussi la manière dont ils interprètent les réactions et les jeux de domination humains sont vraiment enrichissantes… Les propriétaires de canidés feraient mieux d’en prendre de la graine 😉
Sur les quinze chiens, il y a forcément des héros auxquels on s’attache, ou sur qui le focus est fait, comme Majnoun le caniche qui va apprendre la langue des hommes, ou Prince le poète de la « langue de la meute ».  Il est d’ailleurs intéressant de lire les dernières pages du livre pour apprendre comment les poèmes canins de cet ouvrage sont créés, sur la base de l’Oulipo.
Jusqu’au bout j’ai espérés quel un d’eux trouve le bonheur… Pas évident pour des êtres tellement à part, voyant leur culture se réduire au rythme des décès dans la meute.

Il est aussi amusant de voir comment les dieux de tout l’Olympe vont prendre part de près ou de loin à l’histoire de ces chiens, comme dans les grands classiques de la littérature, rendant encore plus poignant cette tragédie où se mêlent toutes les passions : joie, haine, peur,…

Une belle découverte, que je vais rapidement faire tourner autour de moi 🙂

Au passage, ce titre va me permettre de remplir la lettre A du challenge ABC des littératures de l’imaginaire.

Nom d’un chien d’André Alexis
Traduit par Santiago Artozqui
Editions Denoël – 256 pages
Paru le 18 février 2016

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« Le Chaos en marche tome 3 : La guerre du bruit » de Patrick Ness

La guerre du bruitJe profite de ce début d’année et du challenge des littératures de l’imaginaire pour terminer la trilogie du Chaos en marche. J’avais un peu peur de la manière dont l’auteur mettrait fin à cette série que j’ai beaucoup appréciée… Je n’ai pas été déçue ! Toujours autant d’action, d’émotion, et surtout une construction très dynamique. Un must read dans le domaine de la science-fiction et de la littérature fantastique !

Viola et Todd ne sont pas prêts de se reposer après leur combat contre le Maire Prentiss. La ville de New Prentissville est attaquée… non pas par l’armée de femmes de Maîtresse Coyle, mais par des milliers de Spackles ! Ces créatures autochtones, réduites à l’esclavage par les humains, se rebellent et sont déterminées à anéantir l’humanité. Mais c’est sans compter l’arrivée de nouveaux colons sur la planète…

Si nous étions plutôt focalisés sur les luttes hommes – femmes dans les deux premiers tomes, un troisième protagoniste apparaît ici. Les Spackles étaient tout de même visibles dans le début de la série, mais en demi-teinte. Là on en apprend plus sur eux… car l’histoire n’est plus seulement vue par Viola et Todd, mais aussi par 1017, le Spackle que Todd avait épargné dans le tome 2. La créature indigène à soif de vengeance, et est bien décidé à faire souffrir Todd autant qu’il a lui-même souffert.

Le Maire Prentiss, toujours debout, et Maîtresse Coyle, ne sont pas en reste. Contre l’ennemi Spackle, arriveront-ils à s’allier ? Surtout avec l’arrivée d’un vaisseau éclaireur humain, détenant une puissance de feu létale… Ces nouveaux colons pourront-ils faire la part des choses et éviter un génocide, d’un côté ou de l’autre ?

Une belle découverte quand même que cette trilogie !  Je la conseille aux fans du genre. La lecture est aisée, et surtout, on a toujours envie de tourner la page suivante. En refermant cet ultime tome, je n’avais qu’une envie : que la série continue !

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Challenge ABC Imaginaire 2016

Alors qu’il apparaît de plus en plus certain que je ne finirai pas les challenges Petit BAC et ABC 2015… je m’inscris tout de même à un challenge pour 2016 ! Histoire de mettre toutes les chances de mon côté l’an prochain, je ne vais m’inscrire qu’à un seul challenge. Il m’a donc fallut le choisir avec attention… Et mon choix c’est arrêté sur le challenge ABC des littératures de l’imaginaire, que j’avais déjà fait en 2014.

Le challenge ABC Imaginaire organisé par Mariejuliet est assez souple car on peut choisir de changer sa liste en cours de route… Une possibilité idéale pour intégrer des livres provenants de partenariats. Les types de lectures peuvent être des romans ou des BD (3 max), dans les domaines de la science-fiction, fantasy, fantastique et dérivés. Bref, je vais pouvoir vider un peu ma PAL (et rajouter quelques nouvelles entrées en wish-list…) !

Voici ma liste :

  • A : Asimov, Isaac – Le cycle des robots, tome 3 : Les cavernes d’acier (Science-fiction)
  • B : Bear, Greg – La musique du sang (Science-fiction)
  • C : Card, Orson Scott – Le cycle d’Ender, tome 1 : La stratégie Ender (Science-fiction)
  • D : Dick, Philip K. – Les clans de la lune alphane (Science-fiction)
  • E : Egan, Greg – Radieux (Science-fiction)
  • F : Farmer, Philip José – Des rapports étranges (Science-fiction)
  • G : Gibson, William – Neuromancien (Science-fiction)
  • H : Herbert, James – Les rats, tome 1 (Fantastique)
  • I : Irving, Washington – Rip l’endormi, La légende du Val Dormant (Fantasy / Conte)
  • J : Jaworski, Jean-Philippe – Récits du Vieux Royaume, tome 2 : Gagner la guerre (Fantasy)
  • K : King, Stephen – Dead Zone (Fantastique)
  • L : Lovecraft, H.P. – Les montagnes hallucinées (Fantastique)
  • M : Moorcock, Michael – Elric, tome 2 : La forteresse de la perle (Fantasy)
  • N : Ness, Patrick – Le chaos en marche, tome 3 : La guerre du bruit (Science-fiction)
  • O : Oliver, Lauren – Delirium, tome 1 (Science-fiction)
  • P : Priest, Christopher – L’archipel du rêve (Science-fiction)
  • Q : Leroux, Gaston – Quelques nouvelles terrifiantes (Fantastique) triche #1
  • R : Robinson, Stanley Kim – Mars la Rouge (Science-fiction)
  • S : Simmons, Dan – Terreur (Horreur)
  • T : Tiptree Jr., James – Par delà les murs du monde (Science-fiction)
  • U : Levin, Ira – Un bébé pour Rosemary (Fantastique) Triche #2
  • V : Varley, John – Le système Valentine (Science-fiction)
  • W : Wilson, Robert Charles – Spin (Science-fiction)
  • X : Collectif – Histoires de voyages dans le temps (Science-fiction)
  • Y : Yarbro, Chelsea Quinn – Réincarnations (Fantastique)
  • Z : Zevin, Gabrielle – Une vie ailleurs (Fantastique)

Pour en savoir plus ou vous inscrire, suivez le topic sur Livraddict !

« Les Extrêmes » de Christopher Priest

les-extremesDernière lecture de l’année, et dernière lecture pour le challenge ABC des Littératures de l’imaginaire ! Moi qui voulais vider ma PAL spéciale science-fiction, fantastique et fantasy, j’ai été servie cette année 😀
Je termine donc avec un des auteurs qui m’avait fait aimer la SF il y a quelques années avec Le monde inverti : Christopher Priest.

Après plusieurs dizaines d’années passées loin de l’Angleterre, Teresa Simons revient dans son pays natal. Elle est maintenant agent du FBI aux Etats-Unis, mais profite de son congé longue duré pour passer quelques semaines à Bulverton. Son choix n’a pas été fait au hasard : l’été précédent, un psychopathe, Gerry Grove, a tiré sur des dizaines de personnes dans cette bourgade tranquille. Pourquoi ? Et que ressentent les survivants de ce drame ? En enquêtant sur cette affaire, Teresa espère exorciser ses propres démons : son mari Andy est mort l’année précédente, tué par un preneur d’otage au Texas.
Outre son enquête sur le terrain, elle va tenter de découvrir ce que Gerry Grove a fait durant un laps de temps de deux heures entre deux sessions de fusillade, dans un centre ExEx… Et elle même se plonger dans les univers virtuels !

Les Extrêmes a été publié en 1998, et m’a tout de suite rappelé le film eXistenZ de David Cronenberg, sorti quelques mois plus tard : les explorateurs numériques comme Teresa ont une valve plantée dans la nuque qui leur permet de se connecter directement aux réalités virtuelles. Dans le roman se sont des injections de nanoparticules dans les centres ExEx qui permettent de s’immerger dans l’univers virtuel, qui oscille entre la simulation et le jeu.

L’intrigue met un peu de temps à se mettre en place, le récit étant au début vu de plusieurs point des vus, comme l’est un scénario ExEx, avant de focaliser sur les expériences de Teresa.
Il devient plus en plus difficile au fur et à mesure que la lecture de discerner la réalité et la fiction : est-ce que Teresa navigue dans les scénarios extrêmes de l’ExEx, ou est-elle elle-même un scénario proposé par un développeur ? Pourquoi rentre t-elle en quasi symbiose avec Gerry Grove ? Comment dépasser les limites du jeu, et gagner en liberté dans un univers virtuel programmé et « fini » ?
C’est sur ce jeu des limites entre le scénario, le réel et le virtuel… que Christopher Priest à voulu mettre son projecteur, en rajoutant en plus une dose d’ambiguïté sur le sujet des voyages dans le temps. Bref, des sujet pas simple, même quand on se pose pour y réfléchir !
Du coup je suis un peu dubitative sur cette lecture… L’écriture est fluide et agréable, le livre se lit bien… mais j’ai l’impression d’avoir été flouée sur la fin, avec tout ces mélanges, croisements des scénarios. Du coup j’ai le sentiment d’avoir été perdue et de ne pas avoir de réponses sur l’histoire de Gerry et Teresa !

Bon, je n’ai pas passé un mauvais moment avec ce roman, il aura l’avantage de m’avoir fait cogiter ! Mais tout de même, je ne sais pas si je le conseillerai à quelqu’un qui veut découvrir cet auteur, ou se lancer dans la SF.

challenge de l'imaginaire ABC 2014

« Quatre chemins de pardon » d’Ursula K. Le Guin

Quatre chemins de pardonL’an dernier j’avais découvert Ursula K. Le Guin avec un roman de SF en anglais, The left hand of darkness. Son propos sur la différentiation des sexes et la monstruosité m’avait assez intéressé… même si je n’avais pas pu apprécier la plume l’auteure à sa juste valeur, maîtrisant personnellement peu l’anglais.
Quatre chemins de pardon, paru en 1995, semblait être un must-read de l’auteure, ayant gagné le Prix Locus du meilleur recueil de nouvelles… Je ne me suis donc pas trop posée de questions sur la lecture qui me permettrait de continuer ma découverte du cycle de l’Ekumen !

La planète de Yeowe vient juste de se libérer ! Composé d’esclaves originaires de la planète de Werel, le peuple asservi de Yeowe a fait la guerre aux propriétaires, connu la famine, la maladie, les tensions politiques… Pour aujourd’hui être menée par des hommes libre !
Mais c’est bien là qu’est le problème : des siècles de systèmes tribaux dirigés par des hommes ont généré une discrimination au sein même du peuple libre de Yeowe : les femmes ne sont encore que des objets, des esclaves d’anciens esclaves.
Au travers quatre récits, nous allons apprendre comment la guerre de Yeowe a changé la vision de l’esclavagisme sur la planète-mère Werel, comment l’histoire et le savoir pourront changer le statut des femmes, et surtout comment l’amour et le respect seront la clé d’une société nouvelle !

J’ai adoré cette lecture qui présente de quelles manières une société peut devenir inégalitaire par les jeux de pouvoir, l’ignorance, les coutumes obsolètes… et comment cela peut être contré, tout en sachant que c’est un combat jamais gagné d’avance. Un vrai reflet de notre société !
Loin des propagandes féministes, on prend ici une belle leçon de combat non-violent, axé sur le besoin d’apprentissage des enfants pour les rendre plus ouverts que leurs parents, sur le pardon aux ennemis d’autrefois pour avancer… Placé sous le signe de l’histoire, des mots écrits ou récités, on se rend compte que l’étude du passé est ce qui formera l’avenir de Yeowe. En cela, ce roman m’a rappelé le cycle de Fondation d’Assimov, ou les Chroniques du Pays des Mères d’Elisabeth Vonarburg.
Ursula K. Le Guin a créé une société cohérente, où chaque région d’une même planète peut avoir ses spécificités culturelles… Chaque histoire est locale ! Ainsi on comprend facilement comment et pourquoi des populations ont choisie telle ou telle voie, sans jugement. Par exemple, au début de la colonisation de Yeowe, les seuls esclaves ont été pendant des siècle des mâles, qui ont monté des sociétés tribales pour s’organiser dans les plantations. Lorsque les femmes esclaves ont finie par arriver pour la reproduction, elles ont été reléguée au plus bas rang possible, esclaves d’esclaves. Ecoeurant, mais logique…
Côté ambiance, on pense forcément à la Louisiane du 19ème siècle : quelques maîtres, cinq fois plus d’esclaves, des femmes sans droits… Sauf qu’ici la classe dominante est noire-bleue, et les esclaves blancs ou métissés.

Ce qui est très intéressant, c’est que les personnages principaux des quatre nouvelles ont un vécu différent : l’un est un soldat werelien, un autre ambassadeur Ekumen, l’autre une ancienne esclave en quête de spiritualité, l’autre un ancien chef tribal chassé de la vie politique de Yeowe,… Mais les destins de ces personnages vont s’entrent-croiser sur les terres de Werel et Yeowe !

coup de coeurUn coup de coeur de plus.. Cette fin d’année en est remplie ! Fans de SF ou non, je pense que vous apprécieraient ces fables sur la tolérance et la liberté.

Au passage, mon avant dernière lecture pour le challenge ABC des littératures de l’Imaginaire. J’en vois presque le bout à une semaine de la deadline !

challenge de l'imaginaire ABC 2014

« Ariosto furioso » de Chelsea Quinn Yarbro

Ariosto furiosoPas évident de trouver un auteur de fantasy ou SF dont le nom commence par un Y, afin de remplir le contrat du Challenge ABC des Littératures de l’imaginaire ! Mais finalement, en cherchant, on fini bien par trouver !
Je m’attendais à du très bon au vues des critiques sur Internet, mais je dois avouer que je ne sais pas du tout quoi penser de ma lecture ! Entre roman historique dans une Renaissance italienne alternative, fantasy, et drame romantique, ce livre édité aux Etats-Unis en 1981 mélange les genres mais ne m’a pas totalement emballée.

Firenze, en 1533 : Lodovico Ariosto est le poète et ami de Damiano de Medici, primero de l’Italia Federata. Dans la vie, il se trouve en plein milieu de conflits politiques et religieux visant son maître, et il doit aussi veiller sur sa famille…
Mais grâce à sa nouvelle œuvre, la suite de son Orlando furioso, il peut s’échapper d’un quotidien compliqué, où il n’est finalement pas grand chose. Dans sa « fantasia » il devient un guerrier héroïque ! Connu et adulé de tous, volant sur son hippogriffe, il part au secours de son amis Falcone et du peuple du Nouveau Monde, les Cerrochis, qui se battent contre un sorcier malfaisant et son armée de monstres.

Ce roman à donc la particularité d’alterner chapitres après chapitres la réalité et la fiction, le monde de Firenze et celui des Cerrochis.
J’ai eu beaucoup de mal à rentrer dans le récit… Au moins la moitié, et encore, je n’ai pas réussis à apprécier la partie fantasy du roman, très épique et grandiloquente. Même en le prenant au second degré je n’ai pas trouvé ça amusant… Bref, trop indigeste pour moi… même s’il peut parfois être amusant de relever dans la fiction les éléments issus de la réalité de Lodovico.
Pour la partie narrant la réalité, les querelles politiques entre les branches aînées et cadettes des Medici, les guerres de religions ente le pape et les anglais, les histoires d’espionnage… ne m’ont pas du tout intéressés. C’est pourtant le cœur de l’intrigue qui va naître sur la fin du roman : pourquoi et comment l’Italia Federata et Damiano vont être mis en porte-à-faux… et par conséquent Lodovico.
Sur la toute fin j’ai commencé à apprécier le roman, car l’histoire d’amitié entre Lodovico – faible et insignifiant poète au milieu des jeux de pouvoir – et Damiano – dirigeant vieillissant et acculé – devient vraiment touchante… avec une touche d’héroïsme un rien surfait, mais sincère.

Une découverte vraiment en demi-teinte… Je reconnais les qualités du roman, mais je ne suis pas totalement convaincue, car je n’ai pas pris de plaisir à le lire les trois quarts du temps. Peut-être parce que je ne connaissais pas du tout cette période de l’histoire ? Ou alors parce que je n’ai jamais lu Orlando Furioso ? « Bien mais pas top » en somme !

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« Contes à l’encre de la nuit » de Thomas Owen

Contes à l'encre de la nuitContes à l’encre de la nuit de Thomas Owen… ce livre doit être dans ma liste à lire depuis bien 3 ans. Des écrivains dans le domaine du fantastique, dont le nom commence par la lettre O, ça ne courent pas tant les rues que cela !
Enfin, voilà c’est fait ! J’ai acheté, lu et refermé ce recueil de nouvelles parues entre 1945 et 1966, qui oscillent entre fantastique et épouvante. Et je crois qu’il ne va pas me laisser un souvenir impérissable…

Pour faire simple, la majorité de ces courtes nouvelles tournent autour d’histoires de fantômes, du point de vue de témoins de ces phénomènes paranormaux. Dans leur quotidien, que ce soit lors de promenade ou dans une maison, ils vont faire une rencontre ou découvrir un fait perturbant… qui va s’avérer après enquête être un esprit en errance (surprise !).

Après avoir lu des monuments du fantastique et de l’horreur (Lovecraft, Edgar Alan Poe, Hawthorne, H. G. Wells…), où la tension monte crescendo dans une ambiance toujours plus sombre, et où les idées mêmes d’apparitions spectrales glacent le dos… Ben ici je suis restée sur ma faim ! C’est bien écrit, on sent une pointe d’humour et tout… mais franchement, quel ennui !

J’aurai du me fier à l’édition : Zone J de Mijade est la collection pour jeunes ados de 9 à 15 ans. Ben, voilà, tout s’explique ! Je suis tombée sur de la littérature pour enfants… Enfin je ne voudrais pas dire, mais à cet âge j’avais lu Le Horla et Les contes de la Bécasse de Maupassant, quand même plus flippants… de mémoire 😉

Bref, vite lu, vite oublié ! Pas franchement mauvais, mais vraiment pas essentiel pour moi !
Heureusement, il me permet de remplir mon objectif pour le Challenge ABC des Littératures de l’Imaginaire.

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« Les neuf princes d’Ambre » de Roger Zelazny

Les neuf princes d'AmbreLes neuf princes d’Ambre, premier volume du cycle du même nom, fais figure de grand classique de la fantasy. La série a débuté en 1970, et a encore cours aujourd’hui malgré la mort de Zelazny (oui, c’est bizarre).
Pour le challenge ABC des littératures de l’imaginaire, c’était parfait pour ma lettre Z, comme vous vous en doutez 😉

Un homme se réveille à l’hôpital, plâtré… Que lui est-il arrivé ? Il ne se souvient de rien, même pas de son nom… Un accident de la route et puis plus rien. Tout ce qu’il sait, c’est qu’il n’est pas vraiment blessé… Il s’échappe donc de sa chambre et en profite pour rechercher qui l’a fait interner. Une certaine Flora, qui semble être sa sœur, paye pour son séjour. Il décide donc de la retrouver chez elle dans le but d’en apprendre plus sur son identité réelle, mais sans lui montrer qu’il est devenu amnésique.
Il ne va pas être déçu du voyage : il apprend son vrai nom, Corwin, et découvre qu’il est un des neuf princes du royaume d’Ambre, issue d’une fratrie qui se déchire pour conquérir le trône. Mais qu’est ce qu’Ambre ? Sa rencontre avec son frère Random va vite lui permettre de le savoir, et de traverser au passage les mondes d’Ombre.

Assez bizarrement, je n’ai pas du tout été emballée par cette lecture, alors que je pense aimer la fantasy.
Je l’ai trouvé à la fois long, malgré ses 250 pages, et trop laconique sur certains passages… Ça donne un effet brouillon par moment assez désagréable. Le récit à la première personne et la vue subjective des situations justifient pourtant cela… mais non ! Je n’ai pas réussi à rentrer dans l’univers, à me projeter dans ce monde onirique. Ça vient peut être aussi du mélange monde magique, médiéval et contemporain, qui m’a rendu ardue la représentation des scènes.
Côté des personnages, je n’ai pas accroché du tout sur Corwin, ni aucun autre protagoniste. Je n’ai rien contre les personnages arrogants comme lui, mais celui-ci manque totalement de charisme je trouve.

Bref, je suis assez déçue, car j’avais envie de découvrir cette saga… Un gros bof !
Le seul truc qui sauve ce roman, c’est qu’à la fin, j’avais envie de savoir si ce pauvre Corwin allait réussir à regagner son trône. Mais de là a me dire que je lirai le deuxième tome… 😡

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