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« La vengeance des mères » de Jim Fergus

Il y a 15 ans je refermais Mille femmes blanches, le premier opus de cette saga en terres amérindiennes paru en 1998. J’avais été entièrement conquise par ce roman qu’une collègue m’avait conseillé.
Il aura fallut du temps à Jim Fergus pour écrire la suite de ce roman à succès, puisque La vengeance des mères n’est sorti qu’en 2016 ! Après quelques hésitations, j’ai décidé de me relancer dans l’aventure et de remplir mon challenge ABC pour la lettre F.

Pour rappel, cette série de romans se déroule à la fin du 19ème siècle dans les plaines encore sauvages du Nord Ouest des Etats-Unis. Afin de signer un accord avec les Cheyennes, le gouvernement américain accepte leur requête de leur fournir mille femmes blanches… Une réussite partielle, car si quelques femmes volontaires avaient bien eu des époux indiens et des enfants, l’armée des Etats-Unis avait fini par attaquer le village et cette belle histoire avait fini en bain de sang.

Donc notre nouvel épisode commence juste après les combats qui ont vu la mort de nombreuses femmes et enfants, blanches comme Cheyennes. Un nouveau contingent de femmes blanches à marier a été envoyé par erreur par le gouvernement vers l’Ouest puis fait prisonnier par les Cheyennes. Aidées par les sœurs Kelly, ces femmes vont apprendre à s’intégrer à cette civilisation… Mais en pleine guerre contre l’armée américaine, difficile pour elle d’apercevoir un avenir radieux.

L’impression générale, c’est qu’on reprend ici la recette de Mille femmes blanches et on recommence : des femmes occidentales arrivent en terres sauvages, doivent apprendre de nouvelles coutumes, se rendent compte qu’elles ne sont pas si différentes des autochtones, découvrent les bons côtés de cette vie au grand air… mais aussi des aspects plus sombres de cette culture, et pour finir se heurtent à la guerre dans toute son horreur.

L’histoire est une fois de plus rédigée dans des journaux intimes. Ici l’originalité est qu’il y a deux narratrices : une des jumelles Kelly qui a survécu à l’attaque du village et qui rêve de venger la mort de ses bébés et de ses copines, et une des nouvelles arrivante, Molly.

Même si on a une petite impression de déjà vu, j’ai pris du plaisir à retourner dans cet univers. On retrouve certains personnages du premier roman en plus des sœur Kelly : Gertie la muletière, Phemie la princesse guerrière africaine… et surtout le super méchant puant à vomir, Jules Seminole, un indien à la solde des blanc. Il est sous utilisé dans cet épisode, ce qui me laisse penser qu’on le verra dans la suite de cette saga !

Et oui, Les amazones, le troisième tome de la saga, est sorti il y a peu. Une lecture pour 2020 peut-être !

« Harry Potter and the Goblet of Fire » de J. K. Rowling

Comme chaque année, je retrouve Harry Potter dans ses aventures à Hogwarts, et dans la langue de Shakespeare s’il vous plait (c’est plus chic et ça me fait surtout bien travailler mon anglais). J’avais vraiment hâte de me replonger dans cet univers… et je n’ai pas été déçue par cet épisode, qui pour le moment, est pour moi le meilleur de la série !

Après son habituel congé estival chez les Dursley, Harry retrouve la famille de son ami Ron, les Weasley, et Hermione, pour finir les vacances en beauté : cette année la Coupe du Monde de Quidditch a lieu au Royaume-Unis ! Une bonne occasion pour toute la tribu d’assister au match de la finale et de faire un peu de camping. Un plan de rêve… qui vire au cauchemar. Les Death Eaters, les anciens disciples de Voldemort, sèment la confusion auprès des milliers de sorciers réunis pour fêter la victoire. Des moldus sont violentés, la marque sombre de leur maître est invoquée… Tout cela laisse présager le pire pour l’année scolaire à venir.
Et pourtant, une autre bonne nouvelle attend Harry et ses amis une fois arrivés à l’école : le Triwizard Tournament va avoir lieu à Hogwarts. Ce tournoi mettant en lice trois écoles de magie n’avait pas été organisé depuis de très nombreuses années, car jugé trop dangereux… Un seul élève pourra représenter son école et il devra être âgé de plus de 17 ans. Harry ne pourra donc pas mettre son nom dans la Coupe de Feu, un objet magique qui choisi les l’élu de chaque école… A moins que…

Il se passe énormément de choses dans ce volume, comme je le notais plus haut : l’avènement des Death Eater qui laisse présumer que Voldemort pourrait revenir, le Triwizard Tournament qui va rythmer toute l’année scolaire à Hogwarts… mais aussi une espèce d’échange scolaire avec la venue de petits groupes de représentants et d’élèves d’autres écoles de magie : Beauxbatons et Durmstrang, un bal de promo qui va introduire un peu d’histoires de cœur dans cet univers qui était jusque là assez chaste, des disputes dans les groupes d’amis assez sérieuses,… Bref, on est loin de s’ennuyer !

Ce que j’ai apprécié, c’est que les situations auxquelles sont confrontés les personnages sont de plus en plus dures. Et je ne parle pas que d’épreuves de magies… mais aussi de relations interpersonnelles. Les enfants grandissent et sont maintenant dans l’adolescence, et doivent aussi parfois prendre des décisions d’adultes.
Pour ne rien gâcher, l’intrigue est très bien travaillée. Je ne me suis pas doutée une seconde du retournement final !

Une très belle lecture, qui mérite un coup de cœur ! Vivement la suite !

« Kafka sur le rivage » d’Haruki Murakami

Nouvelle expérience avec Haruki Murakami, dont j’avais lu La course au mouton sauvage  il y a très longtemps… en 2011 en fait ! Ca faisait un bout de temps que Kafka sur le rivage était dans ma PAL, et ceux sous tous les formats imaginables : e-book piraté, livre offert à Noël, et audio-book acheté par erreur le mois dernier. Du coup pas d’excuse pour ne pas l’écouter en ce mois de novembre, surtout qu’il me sert pour le Challenge ABC cette année !

Kafka Tamura vient d’avoir 15 ans et peut enfin faire ce qu’il avait toujours prévu de réaliser à cet âge-là : quitter son foyer et son père qui lui prédit une sombre malédiction. Comme Œdipe, Kafka va tuer son père, coucher avec sa mère et sa propre sœur. Dans un foyer où il n’a jamais connu l’amour, sa mère et sa sœur étant parties alors qu’il était très jeune, il ne voit que la fugue comme échappatoire. Avec son sac à dos et un peu d’argent volé à son père, il part à Takamatsu, loin de son Tokyo natal.
Lors de cette fuite il fini par rentrer dans une bibliothèque tenue par deux personnages peu communs, Mademoiselle Saeki et Oshima. Oshima devient rapidement l’ami de Kafka. Mais pour Mademoiselle Saeki les relations sont plus complexes : Kafka se demande si elle ne serait pas sa mère perdue, alors qu’en même temps il brûle de désir pour elle…
Au même moment, Nakata, un vieil homme qui ne sait plus lire ni écrire, mais qui parle aux chats et fait pleuvoir des sardines, quitte aussi Tokyo pour se diriger vers Takamatsu. Une importante mission l’attend.

Les commentaires sur cet ouvrage étant plus qu’élogieux, je m’étais fait un devoir de le lire… Et bien que dire. Je reste un peu coite !
Je ne peux pas dire que je n’ai pas aimé, car la plume de Murakami est maitrisée, et ce double voyage initiatique nous emmène vers des univers qui oscillent perpétuellement entre rêve et réalité. D’ailleurs une des questions centrales est là où s’arrêtent les responsabilités : est-ce que rêver ou imaginer c’est déjà être responsable et du coup, peut-on en être blâmés ?
La pensée orientale est bien présente, entre la philosophie des personnages et les questions qu’il nous posent, les louvoiements entre la nostalgie et l’ancrage dans le présent, les esprits omniprésents et le paranormal pas si étrange…
Ce roman est philosophique mais prête parfois à sourire avec le personnage de Nakata qui à un naturel attachant, et son copain le routier Hoshino, qui voit la vie d’un côté simple, mais efficace ! Pourtant je n’ai pas vraiment accroché. En fait je n’ai pas du tout aimé le personnage principal de Kafka. Zéro empathie avec lui. Trop ado, trop sérieux, trop a décrire la rigidité de son membre viril… mais pas assez charismatique. 23h de récit où on n’aime pas un personnage, c’est long.

Bref, je reste mitigée au sujet de ce roman. Ca ira peut être mieux à froid 😉

« La soif » de Jo Nesbö

Double combo pour cette lecture : une nouvelles entrée pour le challenge ABC sur une lettre pas toujours évidente à trouver (bizarrement je galère souvent pour le N) et une nouvelles découverte dans le cadre du partenariat avec Folio.
Et oui, je ne connaissais pas cet auteur et sa saga à priori ultra connue des aventures de l’inspecteur Harry HoleLa soif est déjà le 11ème opus de la série !

À Oslo, une femme a été tuée chez elle, mordue à mort par son rendez-vous Tinder qui a pris la fuite… Ça pourrait presque être anecdotique si
quelques jours plus tard une seconde victime n’avait été retrouvée assassinée avec le même mode opératoire. La police d’Oslo piétine… Et s’ils faisaient appel à leur ancien inspecteur vedette, aujourd’hui « à la retraite », Harry Hole ?
Harry va donc créer une cellule d’enquête indépendante de celle de la Police, ayant plus de liberté pour explorer des pistes hors des sentiers battus… et en toute discrétion. Mais le temps presse, car une troisième victime entre la vie et la mort vient d’être découverte… Et le style de l’assassin a quelque chose qui rappelle de vieux et mauvais souvenirs a Harry.

Une lecture très intéressante, même si j’ai eu du mal au début a me plonger intégralement dedans, à coup de lecture de 15mn dans le métro. Le style nordique peut-être ? Quelques voyages en train de plusieurs heures m’ont permis de bien m’y mettre et à partir de là ça démarre. Je ne pouvais plus lâcher ce roman !
J’ai apprécié cette histoire glauque où la psychologie est reine, bien en raccord avec notre digital way of life. Les personnages sont intrigants, que ce soit du côté des gentils que de celui des méchants. Je regrette juste de ne pas les avoir suivi dans des épisodes précédents de la série ! Du coup je profites moins à mon avis…
L’enquête est bien menée et quelques rebondissements que je n’avais pas anticipés pimentent les chapitres du début à la fin.

Que demander de plus à un roman policier mâtiné de thriller sombre ? Bref, pour l’an prochain il faut absolument que je me note de lire les autres romans de cette saga… et peut-être commencer par le premier, L’homme Chauve-Souris.

« Les yeux » de Slimane-Baptiste Berhoun

Et je continue sur ma lancée de lectures audios pour avancer dans cet interminable Challenge ABC… Plus que 11 lecture en 2 mois et demi. On y croit !
Pour cette lecture je me suis laissée inspirée par les propositions d’Audible. Les yeux était pas trop mal noté, et surtout bien vu pour la qualité de la narration. Un livre lu par son auteur, ça ne se refuse pas !

Juste après la Seconde Guerre Mondiale, quelque part dans le Berry… Une voiture de police s’éloigne d’une scène sanglante, le suicide d’un aliéné à l’hôpital de l’Orme. Ca n’est pas le premier à mettre fin à ses jour, ni le dernier.
C’est dans cet asile que le professeur Lacan envoi son élève, Lucie, étudier un cas rare de prosopagnosie. Cette maladie empêche les personnes qui en souffrent de reconnaître les visages… et en résolvant le mystère de cette pathologie, Lucie espère pouvoir clore une affaire de meurtre.
Mais avant de pouvoir étudier ce malade, Lucie va devoir faire face aux patients de l’Orme et surtout à son équipe médicale… et plus particulièrement le chirurgien en chef Valmont, qui voir d’un mauvais œil l’arrivée de cette étudiante. Quel secret veut-il cacher ?
Heureusement Lucie va trouver de l’aide auprès du pharmacien Gauthier… ensemble ils vont pouvoir enquêter sur les morts mystérieuses qui entourent l’Orme.

Je ne connaissais pas l’auteur avant de rédiger cet article, mais je sentais bien le côté « scénario » de jeu de rôle ou de série TV derrière cette plume… Et en effet, pour ceux qui l’ignorent, Slimane-Baptiste Berhoun est surtout connu pour ses web-séries et ses qualités de réalisateur / scénariste.
Les scènes s’enchainent avec logique, l’univers angoissant est bien retranscrit et la palette de personnage est marquante.

Côté récit, j’ai vraiment beaucoup aimé la première partie. Pas de répit, on est embarqué dans un thriller haletant. On a peur pour Lucie, on a de l’empathie pour ce pauvre Gauthier, on déteste franchement Valmont,… Et surtout on se demande qui est le tueur fou qui terrorise les patient de cet hôpital !
La seconde partie est plus chaotique. On vire vraiment dans le fantastique et j’ai nettement moins accroché à cette histoire de monstre impalpable aux yeux qui tuent. Bon, ça reste quand même agréable car l’auteur arrive encore à nous embarquer… mais quand même, petite déception.
Certains rebondissements sont attendus et arrivent effectivement, certaines conjonctures qu’on peut imaginer sont fausses… mais en tout cas, je ne m’attendais pas à la chute !

Si je trouve la galerie des personnages de l’asile plutôt pas mal (La Mo qui est un pensionnaire qui se prend pour sa femme décédée, un dont j’ai oublié le nom qui se croit résident dans un grand hôtel…), j’ai été moins convaincue par la psychologie des personnages. Il manque quelque chose, mais ne saurais dire quoi… peut-être de la profondeur ?

En revanche il y a un détail qui m’a embêté au niveau technique : avoir une si bonne prestation de lecture par l’auteur pour avoir un montage qui n’est pas parfait… il y a à plusieurs reprises des répétitions de phrases, c’est vraiment perturbant quand on est à fond dans l’action !

Bref, une lecture pas désagréable pour cette lettre B du challenge ABC !

« Légende » de David Gemmell

Et une nouvelle découverte fantasy grâce au challenge ABC ! En regardant les auteurs disponibles avec une lettre G sur Audible j’ai remarqué la série dont est issue Légende, le Cycle Drenaï. De bons commentaires pour cette fantasy classique des années 1980. Il fallait que j’écoute ça pour parfaire ma culture !

Soldat ayant abandonné le combat, Rek fait tout pour ne pas se confronter à l’horreur de la guerre et ses inévitables morts. C’est alors qu’il rencontre une jeune femme incroyable, Virae. Il ne leur faut pas très longtemps pour tomber amoureux… et pour elle Rek est prêt à affronter ses peurs et à l’accompagner au fort de Dros Delnoch, plus grande place forte de ce monde et dernier bastion Drenaï devant l’imposante armée du Nord des Nadirs. Cette armée d’envahisseurs dirigée par Ulric est la plus grande jamais vue. Défendre Dros Delnoch semble être une cause perdue !
Mais c’est sans compter sur la légende Drenaï, le meilleurs des combattants, qui est réputé pour sa hache dans tous les peuples : Druss. Avec lui, Dros Delnoch a encore un espoir !

Un récit classique de fantasy certes, mais un récit efficace ! Pas simple en mode audio de se retrouver avec tous les noms de personnages ou de lieux aux consonance un peu exotiques, mais l’essentiel est vite compris. La guerre, la peur, la bravoure… ces sentiments et ces ambiances sont bien retranscrits.

Forcément j’ai adoré le personnage de Druss, la Légende. Guerrier soixantenaire ayant roulé sa bosse, il n’a qu’une crainte : mourir de vieillesse chez lui. Cette grande bataille qui se prépare est pour lui l’occasion de faire encore quelques coups d’éclats, et avec un peu de chance, connaître une mort honorable…
Je dois avouer que les autres personnages m’ont beaucoup moins plu… il faut dire qu’à côté de Druss, les autres protagonistes font fait pâle figure, même Rek le berserker qui endosse un peu la cape de héros.

Pour l’an prochain je me suis prévue une lecture audio d’un autre roman de cette saga (qui peuvent se lire dans le désordre)… Non pas le tome 2, mais le 6, celui qui est dédié à Druss 😉

« Le Bourbon Kid » d’Anonyme

Un an après Le Kid, le Pape et l’Iroquois je me lance dans un nouvel épisode de l’inénarrable saga du Bourbon Kid… sobrement intitulé Bourbon Kid, justement. Ça sent tout de suite le retour au source : de la baston, des ambiances sombres, du mysticisme arrosé d’une galerie de personnages tous plus hallucinants les uns que les autres.

Depuis l’assassinat du pape, les mercenaires des Dead Hunters ne chôment pas. L’Iroquois, Elvis, Rodeo Rex, Bébé, Jasmine… et le Bourbon Kid poursuivent cette fois l’esprit de Caïn, qui peut prendre possession des corps de personnes ayant perdu connaissance.
Premier tueur de l’histoire puni par Dieu, Caïn veut se venger ! Aidé par les quatre Cavaliers de l’Apocalypse et leur armée de goules, il tente d’accéder au Cimetières du Diable, le fameux bar de Scratch donnant accès aux enfers, pour aller ressusciter les morts et déclencher l’Apocalypse.
Autant le dire, des têtes vont voler, et pas forcément celles qu’on croit !

Comme toujours, c’est un plaisir de retrouver les personnages et l’univers du Bourbon Kid.
Finalement se sont les plus abrutis que je trouve les plus intéressants, car les plus drôles.
Jasmine par exemple, sous ses airs de bimbo écervelée est assez philosophe… Et ses grosses boulettes en série dynamisent bien les aventures des Dead Hunters ! Après avoir abattue le Pape par erreur, aujourd’hui elle tente le voyage dans le temps… tout un programme 😉
Je ne peux pas passer sous silence Sanchez, qui est l’icône des anti-héros ! Toujours aussi gras, dégueulasse et bête… mais il est maintenant en couple avec une jolie ex-flic, Flake. Ils tiennent ensemble le Tapioca Bar, toujours aussi glauque, mais toujours aussi central dans la saga !

Une très bonne lecture qui nous amène dans les lieux habituels de la série (Santa Mondega, Le cimetières du Diable…) mais aussi en territoire amish… sur une île ou une fois l’an, des enfants disparaissent dans les bois pour ne plus revenir. Tout un programme !

Vivement la suite, sortie en français il y a peu : Quel le Diable l’emporte.

« Braises de guerre » de Gareth L. Powell

Il y a peu de livre que j’ai mis autant de temps à lire… pas loin de 5 mois ! Et oui, ce roman était mon choix pour le partenariat d’avril de Denoël. Désolée du coup, Denoël…
Et pourtant ce récit de science-fiction n’est pas difficile d’accès en soi et m’a bien plu finalement ! Mais bon, parfois ça ne veut pas… Fatigue, transports en communs bondés, vacances qui s’intercalent. Braises de guerre n’a pas eu de chance avec moi, mais ça serait injuste de se dire qu’il est de piètre qualité à cause de conditions non bénéfiques à la lecture !

Dans l’espace intersidérale un équipage de récupération se fait un devoir de sauver tous les bâtiments naufragés afin de sauver un maximum de vies humaines ou extra-terrestres, quelque soient leurs factions. Cet équipage est commandé par la capitaine Sal Konstanz… mais le vrai catalyseur qui lie ces quelques membres est le vaisseau même, Le Chien à Problème. Ancien croiseur militaire doté d’une intelligence artificielle et d’un avatar féminin, Le Chien est écœuré par la violence de la guerre et cherche comme Sal Konstanz et le reste de l’équipe à racheter des fautes passées en sauvant des vies.
Leur prochaine mission consiste à porter secours a un vaisseau écrasé sur un objet spatial et à récupérer coûte que coûte Ona Sudak, une poétesse qui voyageait à son bord.
Bizarre, tous ces vaisseaux qui ont des avaries en ce moment… Et surtout, pourquoi le commandement veut spécialement récupérer une poétesse ?

Donc malgré des débuts laborieux, l’abandon de la lecture pendant plusieurs semaines, je me suis replongée dans cette histoire et je l’ai terminée avec plaisir. Le côté space opéra passe pas mal, la politique de l’univers est simple à comprendre – deux factions qui se sont affrontées et vivent maintenant une paix précaire – et les motivations des personnages sont simples mais efficaces.
Le personnage le plus sympa est bien entendu le vaisseau, Le Chien à Problème. Initialement elle faisait partie d’une « meute » de croiseurs de guerre, dont les intelligences artificielles ont été conçues à partir de racines canines et humaines. Contrairement aux autres vaisseaux de la meute, Le Chien a mal vécu un épisode sanglant de la guerre et souhaite avant tout se racheter. Si ce personnage est très sympa par son côté spontané et un peu bourrin, je trouve dommage qu’il ait fallut la doter d’un avatar humain pour communiquer avec les membres de l’équipage… même si je vois bien tous les avantages que cela procure pour scénariser le récit.

Une très bonne lecture donc, qui je viens de le constater, est la première partie d’une saga à venir. A voir ce que ça donnera sur la longueur, mais ce début est plutôt prometteur !

Bien entendu ce livre fait parti de ma liste pour le Challenge ABC !

Braises de guerre de Gareth L. Powell
Traduit de l’anglais par Mathieu Prioux
Editions Denoël – Collection Lune d’Encre – 400 pages
Paru le 1er mars 2019


« Homo deus : Une brève histoire du futur » de Yuval Noah Harari

Après l’anxiogène, mais jubilatoire, Sapiens : Une brève histoire de l’humanité, j’avais envie de voir ce que l’avenir réservait à l’humanité d’après Yuval Noah Harari… Je l’ai donc rajouté sans une seule hésitation dans ma liste de livres à lire cette année pour mon challenge ABC.

Tout comme dans l’ouvrage précédent, il est assez difficile de résumer cet essai, résolument tourné vers la prospective. Que sera le monde de demain, si on analyse l’histoire des Hommes sous le spectre de la sociologie, l’économie, la psychologie… et la science en général ? En prenant en compte l’accélération des découvertes scientifiques, la chute des religions, l’obsolescence de l’Humanisme… Harari nous dresse un tableau de l’avenir qui personnellement, m’a fait froid dans le dos ! Non pas que j’étais très positive sur notre trajectoire future, mais mettre des images dessus fait l’effet d’une petite claque.

Ce livre pourrait être un électrochoc pour ceux qui dirige nos Nations (s’il y a encore un corps dirigeant à proprement parler), et nous, habitants du Monde… Mais Harari nous apprend que l’humanité étant ce qu’elle est, elle continuera à se précipiter droit dans le mur, car telle est notre nature.

Cette lecture m’a aussi fait prendre conscience de la difficulté à vivre avec son temps. A bientôt 40 ans je suis en plein refus des paradigmes du futur présentés ici : la data avant tout, la dissolution du moi pour se fondre dans la masse, l’ère des machines à venir… On se croirait dans un récit de science-fiction !
Je commence donc à me poser de sacrés questions sur ma possibilité à m’adapter au monde du travail et plus globalement la société. Moi qui ne supporte pas l’addiction de mes contemporains aux réseaux sociaux et au culte de sa propre image, ça n’a pas l’air d’aller dans mon sens pour s’améliorer… Ou alors je deviens bêtement réac’, comme bien des quarantenaires avant moi 😉

Si l’ensemble du livre est très intéressant et nous pousse à nous interroger, j’en ressors encore plus déprimée qu’avec Sapiens. Harari souligne bien que ses idées ne sont pas des prédictions et qu’il nous importe de « choisir » notre futur mais tout de même… ça n’est pas hyper réjouissant. Bref, à lire si vous êtes un optimiste né ou si au contraire, vous n’avez plus rien a attendre du Monde. Pour ma part je vais retourner dans mes livres de fantasy…

« L’Empire des Anges » de Bernard Werber

8 ans après ma lecture des Thanatonautes je termine enfin le second volume du cycle des anges de Bernard Werber… Il faut croire que n’avais pas été très emballée par ce roman pour autant tarder à ouvrir L’Empire des Anges.
Mais finalement mes retrouvailles avec l’équipe des explorateurs de la mort s’est plutôt bien passée et mon expérience a été très bonne. Le signe de la maturité ou un roman de meilleure qualité ? 

Nous reprenons l’histoire de Michael Pinson là où nous l’avions laissé dans Les Thanatonautes : alors qu’il est dans son appartement, un avion de ligne fonce droit vers son immeuble… et c’est la fin. Les Archanges ont décidé qu’il avait été trop loin avec ses expériences de voyages post-mortem et n’ont pas apprécié qu’il publie un livre sur le sujet. Ils l’ont donc éliminé du monde des vivants
Mais heureusement l’au-delà existe et Michael va pouvoir se confronter au jugement des Archanges, voir son âme pesée et son cas défendu par un avocat de qualité, Emile Zola. Enfin ! Michael peut sortir du cycle des réincarnation terrestre et devenir un ange.
Son nouveau rôle ? Devenir l’ange gardien de trois âmes qu’il va suivre de leur conception jusqu’à leur mort et la pesée de leur âme. Et le job n’est pas si simple que cela, car pour permettre à ses « clients » d’éviter des gros coups durs et surtout de les élever spirituellement, il n’a pas beaucoup de leviers. Les rêves, les intuitions, les oracles et les chats…
Comment Michael va s’en sortir ? Et surtout comment les âmes dont il a la charge, rongés par les traumatismes de leurs vies antérieures, vont évoluer ? Entre un écrivain asocial flanqué d’un chat obèse et télévore, une mannequin de mode obsédée par son physique et sa réussite et un orphelin russe vouant une haine farouche à sa mère qui a voulu le tuer… il va avoir du boulot !

Comme je le disais plus haut j’ai bien plus apprécié cette histoire que Les Thanatonautes, et même que d’autres romans de Werber (Les fourmis notamment).
Cette fois j’ai choisi l’option audio et ce genre d’ouvrage assez dynamique, où on change souvent de personnage, de point de vue, parfois un peu verbeux… se prête bien à ce format je trouve.
Bien entendu il y a quelques longueurs, ou plutôt des passages moins intéressants. Par exemple les retrouvailles de Michael avec ses anciens comparses de l’aventure thanatonautique, donnant lieu à de nouvelles explorations et scènes de combats, accompagnés de Maryline Monroe (je n’aurais jamais misé une cacahuète sur l’éveil spirituel de ce personnage…).
Mais finalement le style est agréable, les personnages attachants (surtout les clients de Michael), les réflexions philosophiques nous questionnent sur des sujets variés (la place de l’humain dans l’univers, les religions, ce que signifie un éveil spirituel…) Bref j’ai beaucoup aimé !

Aller, cette fois je n’attendrai pas 8 ans pour lire la suite, Nous les Dieux… du moins je crois 😉

Et comme bien souvent cette lecture me permet d’avancer dans le challenge ABC, pour la lettre W !