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« Gagner la guerre » de Jean-Philippe Jaworski

Gagner la guerreDu lourd et du très volumineux pour commencer l’année, avec Gagner la guerre, une référence de la fantasy française. Pendant quelques semaines, je me suis plongée dans un univers et un récit d’aventure passionnant, qui fait une belle transition avec Janua Vera, le premier opus de la saga des Vieux Royaumes, qui était sous forme de nouvelles. Ici nous avons le droit à une histoire complète à la première personne, qui nous fera voyager dans quelques régions du monde imaginé par Jaworski.

La République vient de remporter une victoire fabuleuse contre son ennemi Ressine, et c’est Don Benvenuto  l’homme de main du Podestat, le chef de la République, qui doit parlementer avec le Shah vaincu pour organiser leur réédition. Passé à tabac et emprisonné, il finit par être libéré et accueilli en héros de la République à Ciudalia par son patron le Podestat Leonide Ducatore. Mais au milieu des manigances et des trahisons entre les politiciens de la ville, Benvenuto se retrouve dans la tourmente des sales boulots commandés par le Podestat, et bientôt la cible de la vindicte des hommes d’état… Comment l’assassin va-t-il se sortir de ce mauvais pas, entre le cynisme de son patron et ses spadassins, son maître en sorcellerie, et sa fille qui n’a pas sa langue dans sa poche…

J’ai adoré la plume de Jaworski, qui prend ici la voix de Benvenuto. L’univers des Vieux Royaumes est génial, avec son côté renaissance italienne mâtiné de Roma antique, et bien entendu de fantasy. Attention tout de même, le monde créé par l’auteur est tellement précis et tant raccrochés à des réalités historiques palpables (descriptions de villes qui ressemblent à Venise ou Florence, de paysages qui évoquent les bords de la Méditerranée…) qu’on a l’impression qu’il est véridique.

L’assassin est loin d’être un enfant de cœur, mais on s’attache vraiment à lui, même quand il commet les pires abominations. Cet ouvrage fait plus de 900 pages, mais on a envie de savoir ce qu’il pourrait se passer après cette longue histoire ! Car il n’y a pas que des conflits politiques et des petites manigances dans ce récit, il y a aussi des épopées pleines de sueur et de sang, mais aussi de la poésie, de l’humour… qui donnent très envie de se plonger dedans encore et encore.

Une très belle découverte, je pense me repencher sur cet auteur rapidement, avec Le sentiment du fer peut être, annoncé comme une suite de ce roman.
Au passage, une lecture pour le challenge ABC !

abclogoshadow

Challenge ABC 2017

En 2017, comme en 2016, je ne participerai qu’à un seul challenge littéraire… j’ai déjà du mal à en finir un, alors deux ou plus… 😉
Une fois n’est pas coutume, je choisi le Challenge ABC 2017 organisé par Nanet pour m’aider à vider ma PAL, avec l’option A, ce qui va me permettre de changer ma liste de lecture comme j’en ai envie.

Mais voici tout de même la liste cible :

A : ASIMOV, Isaac – Dangereuse Callisto – 353 pages – SF
B : BOX, C. J. – Piégés dans le Yellowstone – 491 pages – Thriller
C : CHRISTIE, Agatha – Le crime du golf – 220 pages – Policier
D : DELANEY, Joseph – L’Epouvanteur, tome 01 : L’Apprenti épouvanteur – 275 pages – Fantasy
E : ESCHBACH, Andreas – En panne sèche – 763 pages – SF
F : FERGUS, Jim – Marie-Blanche – 731 pages – Historique
G : GIBSON, William – Neuromancien – 319 pages – SF
H : HERBERT, James – Les Rats, tome 1 – 187 pages – Fantastique
I : INDRIDASON, Arnaldur – Betty – 236 pages – Policier (WISH)
J : JAWORSKI, Jean-Philippe – Récits du Vieux Royaume, tome 2 : Gagner la guerre – 981 pages – Fantasy
K : KOONTZ, Dean – Intensité – 313 pages – Horreur
L : LONDON, Jack – Le peuple d’en bas – 256 pages – Contemporain
M : MILLER, Walter M. – Leibowitz, tome 1 : Un cantique pour Leibowitz – 462 pages – SF
N : NOTHOMB, Amélie – Pétronille – 169 pages – Contemporain
O : OLIVER, Lauren – Delirium, tome 2 : Pandemonium – 384 pages – SF (WISH)
P : PANCOL, Katherine – Les yeux jaunes des crocodiles – 661 pages – Drame
Q : QIU, Xiaolong – Mort d’une héroïne rouge – 502 pages – Policier
R : ROWLING, J. K. – Harry Potter, tome 1 : Harry Potter à l’école des sorciers – 224 pages – Fantastique
S : SIMMONS, Dan – Terreur – 1056 pages – Horreur
T : THOREAU, Henry David – Walden ou la Vie dans les bois – 364 pages – Philosophie
U : UDALL, Brady – Le polygame solitaire – 816 pages – Contemporain (WISH)
V : VONNEGUT, Kurt – Le berceau du chat – 254 pages – SF
W : WILSON, Robert Charles – Spin – 608 pages – SF
X : ANONYME – Psycho Killer – 403 pages – Thriller
Y : YAMAMOTO, Kenichi – Le secret du maître de thé – 370 pages – Drame (WISH)
Z : ZELAZNY, Roger – Royaumes d’ombre et de lumière – 226 pages – Fantasy (WISH)

A bientôt pour suivre mes efforts pour tenir le rythme !

abclogoshadow

« Le destin miraculeux d’Edgar Mint » de Brady Udall

Le destin miraculeux d'Edgar MintC’est sans grande conviction que j’ai ouvert il y a trois semaine Le destin miraculeux d’Edgar Mint de Brady Udall, l’entrée idéale pour la lettre U du challenge ABC. J’avais déjà lu un recueil de nouvelles de cet auteur, Lâchons les chiens, que j’avais apprécié pour son style direct, son humour et sa référence aux grands espaces américains. Malgré les commentaires positifs lu à droite et à gauche sur le roman dont il est ici question, j’avais un doute… Allais-je découvrir un récit du même type que celle d’un autre Edgar, L’histoire d’Edgar Sawtelle, qui m’avait moyennement emballé ? Trouver un récit larmoyant sur la condition des orphelins natif américains ?

A l’âge de 7 ans, Edgar Mint, un jeune métis Apache se fait rouler sur la tête par un facteur dans sa voiture. Laissé pour mort et abandonné par sa mère alcoolique, il est pourtant ramené à la vie par un médecin zélé. Après quelques mois de coma, l’enfant-miracle ouvre les yeux, mais à tout oublié de sa vie d’avant l’accident. Il va passer son enfance et son adolescence à naviguer entre différents univers, peuplé de figures plus ou moins bienveillantes : l’hôpital où il est couvé par les pensionnaires et les infirmières ; un pensionnat pour indiens où il apprendra la dureté de la vie ; une famille d’adoption mormon pleine de bon sentiments ; … Et pour lier tout cela, une machine à écrire. En effet, si Edgar a survécu à son crâne écrasé, il a eu des séquelles : il peut lire mais ne sais pas écrire autrement qu’avec une machine. Se sont donc des kilos et des kilos de feuillets qui vont jalonner son existence, où il couche ses joies et ses peines.

C’est un véritable voyage initiatique que nous suivons entre ces lignes, condensé en 8 années de la vie du jeune Edgar. Le style du livre est étonnamment plein d’humour, limite garpien par ses situations rocambolesques… Mais aussi parfois très violent. Le mélange d’utilisation de la troisième et de la première personne donne une sensation étrange mais pas désagréable : un recul comme dans un rêve ou un film, mâtiné d’auto-biographie.

On espère toujours qu’Edgar va s’en sortir, car ce héros est réellement attachant. Les autres personnages sont aussi riches et nuancés. J’ai une préférence pour Art, le voisin de lit d’Edgar, alcoolique à ses heures, et un peu bougon… mans plein d’attentions et de bons conseils pour le petit métis. Bizarrement, en pointillé dans la vie d’Edgar, on ne retrouve pas l’image d’un père. Celui-ci est définitivement oublié et parti loin de l’enfant bien avant sa naissance.  On trouve à la place le médecin qui l’a sauvé : Barry. Très protecteur avec Edgar, il devient vite envahissant et de plus en plus malsain. On fini par craindre ses apparitions, bien qu’il soit plein d’amour pour l’enfant… Tous ces personnages ont une part positive et aussi une part sombre… Et Edgar autant que les autres !

C’est donc une très agréable surprise que cette lecture, qui une fois refermé me laisse un sourire sur le visage. Je ne regrette pas de m’être lancée dans l’aventure pour finir l’année. Un roman amusant, beau sans être gnangnan… J’aime et je recommande !

ABC-2015

« Sans parler du chien » de Connie Willis

Sans parler du chienS’il y a un roman de science-fiction contemporain qui fait office de classique, c’est bien Sans parler du chien, écrit en 1997 par Connie Willis. Prix Hugo et Locus, des commentaires dytirembiques sur les forums et sites de lecture… Je ne pouvais pas passer à côté plus longtemps !
Voilà pourquoi il était dans ma liste du challenge ABC cette année. Au passage La chèvre grise qui en avait aussi entendu que du bien avait envie de le lire et m’a proposé une lecture commune.
Si bien que ça alors ? Et bien peut être pas 🙁

Ned Henry est historien à Oxford dans un futur proche. Dorénavant les historien ne font pas qu’étudier les traces du passé : ils voyagent dans le temps pour les constater de visu !  Pour le compte de Lady Shrapnel, Ned va parcourir le passé, afin de réaliser le rêve de celle-ci :   reconstruire à l’identique la cathédrale de Coventry, détruite par un bombardement lors de la Seconde Guerre Mondiale. Pour que le bâtiment soit parfait pour son inauguration, il ne manque que la potiche de l’évêque, disparue sous les bombes. Cette mission va conduire Ned a voyager dans l’Angleterre de la fin du 19eme siècle. Il devra faire tout son possible pour mettre la main sur la potiche, et essayer de réparer le futur en jouant les marieurs auprès de jeunes gens de la bonne société victorienne.

Ce roman fait parti d’une saga autour de l’université d’Oxford et de ses historiens voyageurs temporels, et en est le deuxième tome. C’est peut être pour cela que j’ai eu du mal à tout caler lors du premier quart du roman… Mais comme j’ai aussi trouvé le dernier quart assez brouillon, je me dis que c’est peut être tout simplement le livre qui est un peu brumeux.
Pourtant une fois dans le coeur de l’intrigue, dans la partie au 19eme siècle, j’ai vraiment bien accroché à l’histoire et ses personnages, que j’ai trouvé très amusants. Il faut dire qu’avec comme adjuvants un bouledogue et une chatte, je ne pouvais qu’aimer 😉
Mais tous le récit qui tourne autour de la réfection de la cathédrale de Coventry m’a beaucoup ennuyée. Les discours scientifiques autour des voyages dans le temps et leurs les décallages temporels m’ont été difficile à appréhender. D’où ce sentiment de chaos au début et à la fin du roman…

Bref, j’ai du mal comprendre l’engouement pour ce roman. Il n’est pas désagréable mais c’est pas un chef d’œuvre ultime non plus… Le mélange des genres, les références à la littérature anglaise à tout bout de champ doit jouer à son succès. Mais je suis tout de même déçue.

ABC-2015

« Le prince des marées » de Pat Conroy

Le prince des marées Gros morceau auquel je me suis attaquée pour le Challenge ABC, dans tous les sens du terme ! Depuis trois ans, ce pavé me narguait dans ma PAL… Je ne savais pas vraiment si j’avais envie de le lire, malgré les commentaires dithyrambiques à propos de cet ouvrage sur Internet. Je m’attendais à une saga familiale un peu chiante, un Garp sudiste… Mais fort heureusement il en est rien !

Tom Wingo, trentenaire, prof de lettre et coach sportif au chomage doit quitter sa Caroline du Sud pour New-York. Sa sœur jumelle Savannah a fait une nouvelle tentative de suicide. Il va tenter de l’aider en trouvant les clées de son mal-être avec sa psychiatre, Susan Lowenstein, en lui racontant l’histoire de sa famille. De leur naissance à l’âge adulte, on plonge dans la vie des Wingo. Henry le père violent, pêcheur de crevettes, la mère Lila qui les contraint au silence, et au milieu, trois enfants : Luke l’aîné et Tom et Savannah. Au fil des pages, nous allons découvrir les racines de la folie, douce ou destructrice, de cette famille.

Grosse claque que ce livre. Sous ses airs de descente en enfer, il s’agit d’un monument d’humanité, où la beauté, le pardon et l’amour ont plus leurs places que la vulgarité et la haine. Et pourtant, les personnages auraient de quoi sombrer dans la misanthropie la plus sombre…
Au début je me demandais un peu où cette lecture aller m’emmener. Les traits de cynisme et les envolées lyriques de Tom, le narrateur, sont un peu lourdes au début… Mais elles prennent leur place et du sens au fil des pages. Tout comme la névrose de Savannah qu’on suppose être une crise de new-yorkaise en mal de psy… Son fondement prendra sens rapidement.
J’ai été même été choquée par certain passages, tout simplement terribles, imaginés par l’auteur… Les protagonistes semblent tomber de Charybde en Scylla, mais sans jamais tomber dans le pathos dégoulinant.

Chaque élément du livre, chaque anecdote, chaque trait de caractère d’un personnage prend une dimension supplémentaire plus tard dans ce livre. Rien ne semble laissé au hasard sous la plume de Conroy… ce qui en fait très certainement une œuvre complète, recherchée, et vraiment bien écrite (même si j’ai tiqué sur la traduction par moment dans ma très vieillie édition).

Une superbe découverte, loin de mes lectures habituelles. Je le conseille vivement, pour son caractère poétique, fabuleux, drôle, émouvant… Entrecoupé des pires images d’horreur que peut générer l’humanité.

ABC-2015

 

« L’assassin royal tome 3 : La nef du crépuscule » de Robin Hobb

L'assassin royal 3 La nef du crépuscule Décidément, à lire un tome de la saga de L’assassin royal par an, on y sera encore en 2025… Il y a plus d’un an je fermais le tome 2 de la série. Comme le temps passe vite ! Heureusement, les challenge littéraires sont là pour me pousser à me remettre dans cette série de fantasy… voici donc ma lecture pour la lettre H du challenge ABC !

Les Pirates Rouges sèment toujours la confusion sur les côtes des Six-Duchés, entre leurs pillages et la « forgisation » des habitants. Pour essayer d’endiguer leur progression, le roi-servant Vérité à construit des navires rapides et puissants. Avec FitzChevalerie à leur bord, devenu maintenant un guerrier maniant l’épée et la hache, les Pirates ont du soucis à se faire !
Mais malgré l’utilisation de l’Art pour prévoir les attaques pirates, la stratégie de Vérité semblent ne pas fonctionner aussi bien que prévu… Sa seule solution pour sauver le royaume : retrouver les Anciens par delà les montagnes, un peuple légendaire, et leur demander de les aider à vaincre les Pirates Rouges. Et en tant que prince du royaume, c’est Vérité lui-même qui se charge de cette périlleuse tâche. Pendant son absence, FitzChevalerie va être englouti par les intrigues du château

J’ai toujours un peu peur de me lancer dans la lecture d’un tome de cette saga, car c’est finalement un livre assez dense malgré le fait qu’il s’agisse de fantasy. Il se passe beaucoup de petites choses, les situations évoluent doucement… Enfin comme la dernière fois je suis vite rentrée dans l’histoire et remis les noms sur les personnages.
L’histoire de FitzChevalerie prend progressivement une nouvelle direction durant ce récit, mais dans la logique des tomes précédant. Garçon d’écurie, assassin, apprenti Artiseur, porteur du Vif… Maintenant il est un guerrier en plus de tout cela ! Pour l’aider, il a Oeil-de-nuit son loup qui lui confère une force incroyable lors de combats, et Vérité qui arrive à communiquer avec lui avec l’art. Bref, plus que jamais FitzChevalerie oscille entre le monde animal et celui des humains. Côté coeur, il est Maintenant avec Molly, même s’il doit cacher leur relation.
Royal, le dernier fils du roi Subtil, est plus que jamais le personnage détestable du roman : l’archétype du prince envieux, perfide et couard. On espère bien que FitzChevalerie va lui faire sa fête à l’occasion !

Une lecture agréable, encore plus palpitante et dramatique je trouve que les tomes précédents. Rendez vous l’année prochaine pour le quatrième volume 🙂

ABC-2015

« Mauvaise étoile » de R. J. Ellory

Mauvaise etoileVoici le second roman que je lis de R. J. Ellory, la star du roman noir. J’avais beaucoup aimé Seul le silence, et  j’attendais le bon moment pour retenter l’aventure. Le hasard à bien fait les choses puisqu’on m’a donné Mauvaise étoile, écrit en 2011Un petit challenge ABC pour me mettre le pied à l’étrier, et c’est parti ! Mais si on voyage bien avec ce roman, je ne promet pas que celui-ci soit toujours très agréable et bucolique en revanche…

Clay Luckman ne mérite pas vraiment son nom « d’homme chanceux »… À 17 ans il n’a connu que les orphelinats et les maisons de correction, après avoir assisté à l’assassinat de sa propre mère. Son demi-frère à peine plus âgé que lui, Digger Danziger, le protège pendant toute cette période… Jusqu’au jour où ils se retrouvent tous les deux kidnappés par Earl Sheridan, un condamné à mort en fuite.
Si Clay est terrorisé par la violence et le sadisme d’Earl, qui n’hésite pas à violer et assassiner dès que l’occasion se présente, Digger est quant à lui fasciné. Le destin va vouloir que Clay puisse fuir de son côté avec une jeune fille, Bailey, échappée d’un des massacre du nouveau duo de tueurs : Earl et Digger. Combien de temps ce couple d’assassin va-t-il sévir ? Est-ce que Clay va pouvoir leur échapper ? Et que fait la police dans tout ça ?

Une chose est certaine, ce roman noir est palpitant comme un thriller… On a pas le temps de s’ennuyer malgré la densité de ce livre. Par contre il est tellement sombre que j’appréhendais de l’ouvrir, jour après jour… Je crois que c’est la première fois qu’un livre me fait ça, et je ne sais pas trop si on peut dire que c’est agréable comme sensation. En tout cas je pense que c’est un signe de qualité pour ce genre de roman. Des meurtres gratuits en pagaille, qui ne sont à la fois violents et un peu gore… Le pire, c’est que l’auteur arrive à nous rendre sympathique en 3 pages un parfait inconnu, qui sera dezingué en quelques lignes… Triste. Que dire donc du suspense durant ces 535 pages : nos héros Clay et Bailey se feront-ils torturer et massacrer ? Une tension de chaque instant ! On sait que la mauvaise étoile de Clay, si souvent citée, va forcément le remettre sur la route de son psychopathe de demi-frère…

Un très bon roman, que je recommande de lire quand tout va bien dans votre vie ! Il y a quoi devenir sacrément pessimiste quand on resort de ces séances de lecture… Mais je le conseille pour les fans du genre, et je sais qu’ils sont nombreux 😉

ABC-2015

« Le chat qui lisait à l’envers » de Lilian Jackson Braun

Le chat qui lisait à l'enversCa faisait un petit moment que je voulais découvrir la série de romans policiers de « Le chat qui… », débutée en 1966 avec ce livre, plus pour la référence aux félins que tout autres choses. Et enfin, j’ai réussi à le caser dans un challenge ABC, histoire de me mettre un peu de pression pour me lancer dans l’aventure !

Jim Qwilleran est un journaliste plus très jeune qui vient de prendre un nouveau poste au Daily Fluxion… pour chroniquer la rubrique des arts. Lui qui n’y connaît absolument rien se retrouve en milieu inconnu ! Il faut avouer que les artistes, galeristes, amateurs d’arts et critiques ne lui rendent pas la tâche facile. Impossible pour lui de savoir ce qui est bon et ce qui est beau, dans ce fouilli d’œuvres sur d’art contemporaines !
Et ce n’est pas le critique vedette George Bonifield Mountclemens qui va réellement l’aider à savoir que penser de la scène artistique de la ville, celui-ci ruinant la réputation des artistes les uns après les autres. Cet homme au caractère lunatique a un grand ami : un chat siamois nommé Kao K’O Kung – dit Koko – qui sait lire les titres de journaux en les déchiffrant à l’envers et qui semble être doué de pouvoirs de prémonition. Est-ce que ce félin va pouvoir aider Qwilleran à comprendre pourquoi un galeriste a été assassiné ?

Voici une lecture sympathique, au charme légèrement désuet, mais qui ne manque pas de scènes amusantes pour qui aime les chats ! L’enquête quant à elle commence assez tardivement, le temps de poser le décors et les personnages. Il faut attendre pas loin de la page 100 pour que le premier meurtre soit commis… Ce qui n’est pas si grave si on se dit que c’est l’ambiance plus que l’investigation du journaliste qui prime !
Le milieu de l’art est assez bien vu. Jalousies entre artistes, questionnements sur ce qu’est l’art moderne… Qwilleran et sa naïveté apportent une touche de fraîcheur dans ce monde.
Le chat est très bien croqué sous la plume de l’auteur, et l’originalité vient du fait qu’il prend part à l’enquête, en aiguillant le journaliste… ou en l’inspirant tout simplement.

Bref, pas le roman policier du siècle, mais j’ai tout de même apprécié le récit. Le livre est agréable à lire, court… Une expérience à renouveler !

ABC-2015

« Battle Royale » de Koushun Takami

Battle RoyaleAyant adoré Hunger Games de Suzanne Collins et apprécié Sa majesté des mouches de William Golding, il fallait que je lise ce que certains considèrent comme le chaînon entre ces deux œuvres : le roman japonais Battle Royale de Koushun Takami, écrit en 1999. Et bien, je regrette de ne pas avoir découvert plus tôt ce roman ! Même si la découverte précoce de ce livre aurait peut-être mis en sourdine mon adulation pour Hunger Games

Dans un Japon moderne sous le joug d’une dictature, des classes entières de 3ème sont envoyées chaque années sur des aires de combat, pour suivre le Programme organisé par le gouvernement. Ces adolescents doivent se battre sur une île, avec en leur possession une arme choisie au hasard par le superviseur du jeu. Et leurs ennemis ne sont autres qu’eux mêmes : un seul survivant sortira de l’île… Ils devront donc s’entre-tuer !
Cette année, c’est la classe de Shûya Nanahara qui se retrouve choisie pour le Programme. Mais comment des amis et camarades de classes pourront en arriver à se tuer les uns les autres, eux qui sont tellement soudés habituellement ? C’est ce que nous allons découvrir à grands renforts de combats et de sang !

Avec Battle Royale, on ne chipote pas ! Quarante-deux élèves à éliminer, de quoi laisser libre cours à l’imagination macabre de l’auteur… Et j’adore ça ! Pas mal de scènes trash et gore, mais ce n’est là que la surface du roman. En effet, son créateur cherche plutôt à nous questionner sur l’humanité de ses personnages et la notre. Jusqu’où serait- on prêt à aller pour notre propre survie ? Jusqu’au meurtre ? Serait-on capable de faire confiance réellement à un ami ? Et a une simple connaissance, voir un inconnu ? Devant chaque dilemne, chaque situation, on se demande ce qu’on aurait fait, dans ce grand jeu de la survie.

Comme je le disais plus haut, ce qui m’a un peu perturbé au début, c’est la ressemblance de ce roman avec Hunger Games : des ados qui doivent s’entre-tuer dans un état dictatorial, chacun possédant une arme reçue un peu au hasard, les dilemnes sur les alliances à créer ou non, les noms des morts diffusés par l’organisateur à heures régulières, des zones qui deviennent interdites ou dangereuses pour concentrer sur une zone les concurrents… Et j’en passe ! Tout cela finalement ne retire pas de la qualité à la trilogie americaine, qui surfe plus sur le créneau contemporain de l’hypermediatisation. Mais quand même… Je vais avoir du mal à ne pas comparer les deux encore quelques temps, et par conséquent revoir mon engouement pour la série de Suzanne Collins.

En tout cas je vous conseille ce roman plein d’énergie, qui ne laisse aucune seconde de répit, et ceux jusqu’aux dernières pages. Un grand classique c’est certain ! A l’occasion je me pencherai sur le film et les mangas… Apparement il prennent un angle légèrement différent.

Et voilà au passage une nouvelle lecture pour le challenge ABC, pour la lettre T !

ABC-2015

« Le rêve du village des Ding » de Lianke Yan

Le reve du village des DingComme tous les ans pour les challenges ABC, la lettre Y est une difficulté en soi : les auteurs dont le nom commencent par cette lettre ne sont pas vraiment nombreux. Avec Le rêve du village des Ding de Lianke Yan, je suis un peu parti à l’aventure… Et comme souvent dans ce cas, j’ai eu une bonne surprise. On est pourtant dans une histoire difficile, qui ne laisse pas indifférent, puisque le récit tourne autour des ravages du Sida en Chine.

Dans le village des Ding dans la province de Henan en Chine, un nombre considérable d’habitants sont malade du Sida. Et pour cause : quelques années auparavant, les villageois ont vendu leur sang pour améliorer leur quotidien… et à l’époque personne ne connaissait cette maladie. Aujourd’hui ils tombent comme des mouches. Afin de rendre leurs derniers jours plus vivable, le vieux Ding tente d’organiser un camp pour les malades dans l’école du village. Mais même dans la maladie et la misère, les jeux de pouvoir et le poids des traditions vont réduire ses efforts à néant. Et que dire de son fils aîné qui s’est enrichi grâce à la collecte de sang, et qui maintenant se fait de l’argent en vendant des cercueils ?

Voici donc un roman qui ne laisse pas de marbre… Sans rentrer dans le pathos, on ne peut qu’être solidaire avec les malades qui essayent de vivre des derniers moments de bonheur. Mais on a du mal à comprendre la réaction de certains, qui même plongés dans l’enfer du Sida arrivent quand même à chipoter pour des kilos de farine, ou manipuler les esprits pour obtenir quelques semaines de pouvoir. Pour un pays communiste, l’argent et les possessions semblent avoir une importance capitale ! Le mariage et l’héritage est central : un jeune homme ou une jeune femme doit se marier, malade ou non, mort ou non… Glaçant ! On a un aperçu de jusqu’où les hommes et les femmes peuvent aller, quand ils n’ont plus que leur désespoir.

Voilà donc une lecture très intéressante je pense pour tenter de comprendre la culture chinoise… du moins celle de l’arrière pays (je ne suis pas persuadée qu’à la ville se soit pareil). De plus vous vous en doutez, le récit est tiré de faits réels : en Chine dans les années 90, des villages pauvres ont vendu le sang de ses habitants pour gagner de l’argent auprès du gouvernement. Résultat, dans certains villages 80% de la population a été infectée par le Sida et en est morte, à cause des mauvaises conditions sanitaire (genre une aiguille pour trois…). Et bien entendu, ceux qui ont dénoncé ce fléau ont été rattrapé par la police… Jusque dans les années 2005 le silence etait d’or sur le sujet.

Je le conseil vivement, pour peu que vous ne soyez pas trop déprimés :s

ABC-2015