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« Sans parler du chien » de Connie Willis

Sans parler du chienS’il y a un roman de science-fiction contemporain qui fait office de classique, c’est bien Sans parler du chien, écrit en 1997 par Connie Willis. Prix Hugo et Locus, des commentaires dytirembiques sur les forums et sites de lecture… Je ne pouvais pas passer à côté plus longtemps !
Voilà pourquoi il était dans ma liste du challenge ABC cette année. Au passage La chèvre grise qui en avait aussi entendu que du bien avait envie de le lire et m’a proposé une lecture commune.
Si bien que ça alors ? Et bien peut être pas 🙁

Ned Henry est historien à Oxford dans un futur proche. Dorénavant les historien ne font pas qu’étudier les traces du passé : ils voyagent dans le temps pour les constater de visu !  Pour le compte de Lady Shrapnel, Ned va parcourir le passé, afin de réaliser le rêve de celle-ci :   reconstruire à l’identique la cathédrale de Coventry, détruite par un bombardement lors de la Seconde Guerre Mondiale. Pour que le bâtiment soit parfait pour son inauguration, il ne manque que la potiche de l’évêque, disparue sous les bombes. Cette mission va conduire Ned a voyager dans l’Angleterre de la fin du 19eme siècle. Il devra faire tout son possible pour mettre la main sur la potiche, et essayer de réparer le futur en jouant les marieurs auprès de jeunes gens de la bonne société victorienne.

Ce roman fait parti d’une saga autour de l’université d’Oxford et de ses historiens voyageurs temporels, et en est le deuxième tome. C’est peut être pour cela que j’ai eu du mal à tout caler lors du premier quart du roman… Mais comme j’ai aussi trouvé le dernier quart assez brouillon, je me dis que c’est peut être tout simplement le livre qui est un peu brumeux.
Pourtant une fois dans le coeur de l’intrigue, dans la partie au 19eme siècle, j’ai vraiment bien accroché à l’histoire et ses personnages, que j’ai trouvé très amusants. Il faut dire qu’avec comme adjuvants un bouledogue et une chatte, je ne pouvais qu’aimer 😉
Mais tous le récit qui tourne autour de la réfection de la cathédrale de Coventry m’a beaucoup ennuyée. Les discours scientifiques autour des voyages dans le temps et leurs les décallages temporels m’ont été difficile à appréhender. D’où ce sentiment de chaos au début et à la fin du roman…

Bref, j’ai du mal comprendre l’engouement pour ce roman. Il n’est pas désagréable mais c’est pas un chef d’œuvre ultime non plus… Le mélange des genres, les références à la littérature anglaise à tout bout de champ doit jouer à son succès. Mais je suis tout de même déçue.

ABC-2015

« Le prince des marées » de Pat Conroy

Le prince des marées Gros morceau auquel je me suis attaquée pour le Challenge ABC, dans tous les sens du terme ! Depuis trois ans, ce pavé me narguait dans ma PAL… Je ne savais pas vraiment si j’avais envie de le lire, malgré les commentaires dithyrambiques à propos de cet ouvrage sur Internet. Je m’attendais à une saga familiale un peu chiante, un Garp sudiste… Mais fort heureusement il en est rien !

Tom Wingo, trentenaire, prof de lettre et coach sportif au chomage doit quitter sa Caroline du Sud pour New-York. Sa sœur jumelle Savannah a fait une nouvelle tentative de suicide. Il va tenter de l’aider en trouvant les clées de son mal-être avec sa psychiatre, Susan Lowenstein, en lui racontant l’histoire de sa famille. De leur naissance à l’âge adulte, on plonge dans la vie des Wingo. Henry le père violent, pêcheur de crevettes, la mère Lila qui les contraint au silence, et au milieu, trois enfants : Luke l’aîné et Tom et Savannah. Au fil des pages, nous allons découvrir les racines de la folie, douce ou destructrice, de cette famille.

Grosse claque que ce livre. Sous ses airs de descente en enfer, il s’agit d’un monument d’humanité, où la beauté, le pardon et l’amour ont plus leurs places que la vulgarité et la haine. Et pourtant, les personnages auraient de quoi sombrer dans la misanthropie la plus sombre…
Au début je me demandais un peu où cette lecture aller m’emmener. Les traits de cynisme et les envolées lyriques de Tom, le narrateur, sont un peu lourdes au début… Mais elles prennent leur place et du sens au fil des pages. Tout comme la névrose de Savannah qu’on suppose être une crise de new-yorkaise en mal de psy… Son fondement prendra sens rapidement.
J’ai été même été choquée par certain passages, tout simplement terribles, imaginés par l’auteur… Les protagonistes semblent tomber de Charybde en Scylla, mais sans jamais tomber dans le pathos dégoulinant.

Chaque élément du livre, chaque anecdote, chaque trait de caractère d’un personnage prend une dimension supplémentaire plus tard dans ce livre. Rien ne semble laissé au hasard sous la plume de Conroy… ce qui en fait très certainement une œuvre complète, recherchée, et vraiment bien écrite (même si j’ai tiqué sur la traduction par moment dans ma très vieillie édition).

Une superbe découverte, loin de mes lectures habituelles. Je le conseille vivement, pour son caractère poétique, fabuleux, drôle, émouvant… Entrecoupé des pires images d’horreur que peut générer l’humanité.

ABC-2015

 

« L’assassin royal tome 3 : La nef du crépuscule » de Robin Hobb

L'assassin royal 3 La nef du crépuscule Décidément, à lire un tome de la saga de L’assassin royal par an, on y sera encore en 2025… Il y a plus d’un an je fermais le tome 2 de la série. Comme le temps passe vite ! Heureusement, les challenge littéraires sont là pour me pousser à me remettre dans cette série de fantasy… voici donc ma lecture pour la lettre H du challenge ABC !

Les Pirates Rouges sèment toujours la confusion sur les côtes des Six-Duchés, entre leurs pillages et la « forgisation » des habitants. Pour essayer d’endiguer leur progression, le roi-servant Vérité à construit des navires rapides et puissants. Avec FitzChevalerie à leur bord, devenu maintenant un guerrier maniant l’épée et la hache, les Pirates ont du soucis à se faire !
Mais malgré l’utilisation de l’Art pour prévoir les attaques pirates, la stratégie de Vérité semblent ne pas fonctionner aussi bien que prévu… Sa seule solution pour sauver le royaume : retrouver les Anciens par delà les montagnes, un peuple légendaire, et leur demander de les aider à vaincre les Pirates Rouges. Et en tant que prince du royaume, c’est Vérité lui-même qui se charge de cette périlleuse tâche. Pendant son absence, FitzChevalerie va être englouti par les intrigues du château

J’ai toujours un peu peur de me lancer dans la lecture d’un tome de cette saga, car c’est finalement un livre assez dense malgré le fait qu’il s’agisse de fantasy. Il se passe beaucoup de petites choses, les situations évoluent doucement… Enfin comme la dernière fois je suis vite rentrée dans l’histoire et remis les noms sur les personnages.
L’histoire de FitzChevalerie prend progressivement une nouvelle direction durant ce récit, mais dans la logique des tomes précédant. Garçon d’écurie, assassin, apprenti Artiseur, porteur du Vif… Maintenant il est un guerrier en plus de tout cela ! Pour l’aider, il a Oeil-de-nuit son loup qui lui confère une force incroyable lors de combats, et Vérité qui arrive à communiquer avec lui avec l’art. Bref, plus que jamais FitzChevalerie oscille entre le monde animal et celui des humains. Côté coeur, il est Maintenant avec Molly, même s’il doit cacher leur relation.
Royal, le dernier fils du roi Subtil, est plus que jamais le personnage détestable du roman : l’archétype du prince envieux, perfide et couard. On espère bien que FitzChevalerie va lui faire sa fête à l’occasion !

Une lecture agréable, encore plus palpitante et dramatique je trouve que les tomes précédents. Rendez vous l’année prochaine pour le quatrième volume 🙂

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« Mauvaise étoile » de R. J. Ellory

Mauvaise etoileVoici le second roman que je lis de R. J. Ellory, la star du roman noir. J’avais beaucoup aimé Seul le silence, et  j’attendais le bon moment pour retenter l’aventure. Le hasard à bien fait les choses puisqu’on m’a donné Mauvaise étoile, écrit en 2011Un petit challenge ABC pour me mettre le pied à l’étrier, et c’est parti ! Mais si on voyage bien avec ce roman, je ne promet pas que celui-ci soit toujours très agréable et bucolique en revanche…

Clay Luckman ne mérite pas vraiment son nom « d’homme chanceux »… À 17 ans il n’a connu que les orphelinats et les maisons de correction, après avoir assisté à l’assassinat de sa propre mère. Son demi-frère à peine plus âgé que lui, Digger Danziger, le protège pendant toute cette période… Jusqu’au jour où ils se retrouvent tous les deux kidnappés par Earl Sheridan, un condamné à mort en fuite.
Si Clay est terrorisé par la violence et le sadisme d’Earl, qui n’hésite pas à violer et assassiner dès que l’occasion se présente, Digger est quant à lui fasciné. Le destin va vouloir que Clay puisse fuir de son côté avec une jeune fille, Bailey, échappée d’un des massacre du nouveau duo de tueurs : Earl et Digger. Combien de temps ce couple d’assassin va-t-il sévir ? Est-ce que Clay va pouvoir leur échapper ? Et que fait la police dans tout ça ?

Une chose est certaine, ce roman noir est palpitant comme un thriller… On a pas le temps de s’ennuyer malgré la densité de ce livre. Par contre il est tellement sombre que j’appréhendais de l’ouvrir, jour après jour… Je crois que c’est la première fois qu’un livre me fait ça, et je ne sais pas trop si on peut dire que c’est agréable comme sensation. En tout cas je pense que c’est un signe de qualité pour ce genre de roman. Des meurtres gratuits en pagaille, qui ne sont à la fois violents et un peu gore… Le pire, c’est que l’auteur arrive à nous rendre sympathique en 3 pages un parfait inconnu, qui sera dezingué en quelques lignes… Triste. Que dire donc du suspense durant ces 535 pages : nos héros Clay et Bailey se feront-ils torturer et massacrer ? Une tension de chaque instant ! On sait que la mauvaise étoile de Clay, si souvent citée, va forcément le remettre sur la route de son psychopathe de demi-frère…

Un très bon roman, que je recommande de lire quand tout va bien dans votre vie ! Il y a quoi devenir sacrément pessimiste quand on resort de ces séances de lecture… Mais je le conseille pour les fans du genre, et je sais qu’ils sont nombreux 😉

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« Le chat qui lisait à l’envers » de Lilian Jackson Braun

Le chat qui lisait à l'enversCa faisait un petit moment que je voulais découvrir la série de romans policiers de « Le chat qui… », débutée en 1966 avec ce livre, plus pour la référence aux félins que tout autres choses. Et enfin, j’ai réussi à le caser dans un challenge ABC, histoire de me mettre un peu de pression pour me lancer dans l’aventure !

Jim Qwilleran est un journaliste plus très jeune qui vient de prendre un nouveau poste au Daily Fluxion… pour chroniquer la rubrique des arts. Lui qui n’y connaît absolument rien se retrouve en milieu inconnu ! Il faut avouer que les artistes, galeristes, amateurs d’arts et critiques ne lui rendent pas la tâche facile. Impossible pour lui de savoir ce qui est bon et ce qui est beau, dans ce fouilli d’œuvres sur d’art contemporaines !
Et ce n’est pas le critique vedette George Bonifield Mountclemens qui va réellement l’aider à savoir que penser de la scène artistique de la ville, celui-ci ruinant la réputation des artistes les uns après les autres. Cet homme au caractère lunatique a un grand ami : un chat siamois nommé Kao K’O Kung – dit Koko – qui sait lire les titres de journaux en les déchiffrant à l’envers et qui semble être doué de pouvoirs de prémonition. Est-ce que ce félin va pouvoir aider Qwilleran à comprendre pourquoi un galeriste a été assassiné ?

Voici une lecture sympathique, au charme légèrement désuet, mais qui ne manque pas de scènes amusantes pour qui aime les chats ! L’enquête quant à elle commence assez tardivement, le temps de poser le décors et les personnages. Il faut attendre pas loin de la page 100 pour que le premier meurtre soit commis… Ce qui n’est pas si grave si on se dit que c’est l’ambiance plus que l’investigation du journaliste qui prime !
Le milieu de l’art est assez bien vu. Jalousies entre artistes, questionnements sur ce qu’est l’art moderne… Qwilleran et sa naïveté apportent une touche de fraîcheur dans ce monde.
Le chat est très bien croqué sous la plume de l’auteur, et l’originalité vient du fait qu’il prend part à l’enquête, en aiguillant le journaliste… ou en l’inspirant tout simplement.

Bref, pas le roman policier du siècle, mais j’ai tout de même apprécié le récit. Le livre est agréable à lire, court… Une expérience à renouveler !

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« Battle Royale » de Koushun Takami

Battle RoyaleAyant adoré Hunger Games de Suzanne Collins et apprécié Sa majesté des mouches de William Golding, il fallait que je lise ce que certains considèrent comme le chaînon entre ces deux œuvres : le roman japonais Battle Royale de Koushun Takami, écrit en 1999. Et bien, je regrette de ne pas avoir découvert plus tôt ce roman ! Même si la découverte précoce de ce livre aurait peut-être mis en sourdine mon adulation pour Hunger Games

Dans un Japon moderne sous le joug d’une dictature, des classes entières de 3ème sont envoyées chaque années sur des aires de combat, pour suivre le Programme organisé par le gouvernement. Ces adolescents doivent se battre sur une île, avec en leur possession une arme choisie au hasard par le superviseur du jeu. Et leurs ennemis ne sont autres qu’eux mêmes : un seul survivant sortira de l’île… Ils devront donc s’entre-tuer !
Cette année, c’est la classe de Shûya Nanahara qui se retrouve choisie pour le Programme. Mais comment des amis et camarades de classes pourront en arriver à se tuer les uns les autres, eux qui sont tellement soudés habituellement ? C’est ce que nous allons découvrir à grands renforts de combats et de sang !

Avec Battle Royale, on ne chipote pas ! Quarante-deux élèves à éliminer, de quoi laisser libre cours à l’imagination macabre de l’auteur… Et j’adore ça ! Pas mal de scènes trash et gore, mais ce n’est là que la surface du roman. En effet, son créateur cherche plutôt à nous questionner sur l’humanité de ses personnages et la notre. Jusqu’où serait- on prêt à aller pour notre propre survie ? Jusqu’au meurtre ? Serait-on capable de faire confiance réellement à un ami ? Et a une simple connaissance, voir un inconnu ? Devant chaque dilemne, chaque situation, on se demande ce qu’on aurait fait, dans ce grand jeu de la survie.

Comme je le disais plus haut, ce qui m’a un peu perturbé au début, c’est la ressemblance de ce roman avec Hunger Games : des ados qui doivent s’entre-tuer dans un état dictatorial, chacun possédant une arme reçue un peu au hasard, les dilemnes sur les alliances à créer ou non, les noms des morts diffusés par l’organisateur à heures régulières, des zones qui deviennent interdites ou dangereuses pour concentrer sur une zone les concurrents… Et j’en passe ! Tout cela finalement ne retire pas de la qualité à la trilogie americaine, qui surfe plus sur le créneau contemporain de l’hypermediatisation. Mais quand même… Je vais avoir du mal à ne pas comparer les deux encore quelques temps, et par conséquent revoir mon engouement pour la série de Suzanne Collins.

En tout cas je vous conseille ce roman plein d’énergie, qui ne laisse aucune seconde de répit, et ceux jusqu’aux dernières pages. Un grand classique c’est certain ! A l’occasion je me pencherai sur le film et les mangas… Apparement il prennent un angle légèrement différent.

Et voilà au passage une nouvelle lecture pour le challenge ABC, pour la lettre T !

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« Le rêve du village des Ding » de Lianke Yan

Le reve du village des DingComme tous les ans pour les challenges ABC, la lettre Y est une difficulté en soi : les auteurs dont le nom commencent par cette lettre ne sont pas vraiment nombreux. Avec Le rêve du village des Ding de Lianke Yan, je suis un peu parti à l’aventure… Et comme souvent dans ce cas, j’ai eu une bonne surprise. On est pourtant dans une histoire difficile, qui ne laisse pas indifférent, puisque le récit tourne autour des ravages du Sida en Chine.

Dans le village des Ding dans la province de Henan en Chine, un nombre considérable d’habitants sont malade du Sida. Et pour cause : quelques années auparavant, les villageois ont vendu leur sang pour améliorer leur quotidien… et à l’époque personne ne connaissait cette maladie. Aujourd’hui ils tombent comme des mouches. Afin de rendre leurs derniers jours plus vivable, le vieux Ding tente d’organiser un camp pour les malades dans l’école du village. Mais même dans la maladie et la misère, les jeux de pouvoir et le poids des traditions vont réduire ses efforts à néant. Et que dire de son fils aîné qui s’est enrichi grâce à la collecte de sang, et qui maintenant se fait de l’argent en vendant des cercueils ?

Voici donc un roman qui ne laisse pas de marbre… Sans rentrer dans le pathos, on ne peut qu’être solidaire avec les malades qui essayent de vivre des derniers moments de bonheur. Mais on a du mal à comprendre la réaction de certains, qui même plongés dans l’enfer du Sida arrivent quand même à chipoter pour des kilos de farine, ou manipuler les esprits pour obtenir quelques semaines de pouvoir. Pour un pays communiste, l’argent et les possessions semblent avoir une importance capitale ! Le mariage et l’héritage est central : un jeune homme ou une jeune femme doit se marier, malade ou non, mort ou non… Glaçant ! On a un aperçu de jusqu’où les hommes et les femmes peuvent aller, quand ils n’ont plus que leur désespoir.

Voilà donc une lecture très intéressante je pense pour tenter de comprendre la culture chinoise… du moins celle de l’arrière pays (je ne suis pas persuadée qu’à la ville se soit pareil). De plus vous vous en doutez, le récit est tiré de faits réels : en Chine dans les années 90, des villages pauvres ont vendu le sang de ses habitants pour gagner de l’argent auprès du gouvernement. Résultat, dans certains villages 80% de la population a été infectée par le Sida et en est morte, à cause des mauvaises conditions sanitaire (genre une aiguille pour trois…). Et bien entendu, ceux qui ont dénoncé ce fléau ont été rattrapé par la police… Jusque dans les années 2005 le silence etait d’or sur le sujet.

Je le conseil vivement, pour peu que vous ne soyez pas trop déprimés :s

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« Le livre de la mort » d’Anonyme

Le livre de la mortOpération lecture commune avec La chèvre grise, histoire de finir la quadrilogie du Bourbon Kid, avant que le cinquième volume de ses aventures sorte à l’automne prochain !

Suite à la tuerie d’Halloween qui a eu lieu dans L’œil de la lune, les vampires ont été annihilés par le Bourbon Kid. Tous ? Non ! Le roi des vampire Ramsès Gaïus, sa fille Jessica et bien d’autres ont survécu, et projettent de prendre le contrôle de Santa Mondega, puis du monde entier ! Est-ce que le Bourbon Kid va revenir pour les détruire définitivement ? Rien n’est mois sûr… JD, le côté humain du Kid a repris le contrôle du personnage… Sera-t-il assez puissant pour mener à bien sa mission, et sauver du même coup sa petite amie Beth ?

Pas d’inquiétudes, on retrouve avec plaisir l’univers et les personnages habituels de la série. Sanchez est égal à lui même… c’est tout ce qui compte ! Et dans ce tome il devient même flic ! Tout un programme… Le côté décalé du récit, voir surréaliste, est aussi au rendez vous. Mention spéciale pour le Père Noël maléfique et le gang de petites scouts voulant étriper Sanchez.

On est donc content au début du livre, et pas mécontents à la fin… Mais il faut avouer que la série s’essouffle un peu avec ce quatrième tome. L’effet de surprise n’est plus vraiment présent, ce qui rend ce roman moins jubilatoire que d’habitude. Et pourtant il y a tous les ingrédients qui me plaisent : du sang, des vampires, de la baston, des zombies, de l’humour… Mais les schémas vu et revus dans les trois premiers tomes sont un peu plus visible et donc attendus ici. Et puis le fait que le Bourbon Kid ait dorénavant un nom et un visage retire aussi un peu du mystère de l’histoire, forcément… surtout maintenant qu’il a une petite copine.

Bref, une lecture à faire pour les fans du Bourbon Kid et pas désagréable, mais n’empêche… je m’inquiète un peu pour le cinquième volume… Ca va être très difficile de se renouveler !

Pour avoir l’avis de La chèvre grise sur ce livre, rendez-vous ici !

Ce livre me permet en outre de remplir mon objectif pour le X du challenge ABC !

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« Le Chaos en marche tome 2 : Le cercle et la flèche » de Patrick Ness

Le cercle et la flecheJe n’aurai pas attendu trop longtemps pour lire la suite de La voix du couteau, découvert l’hiver dernier.
J’y ai été un peu obligée par mon copain. Il n’est pas un gros lecteur, mais il aime les romans un peu SF ou fantasy sur fond d’aventure de personnages atypiques. Je lui ai donc fait lire le premier tome du Chaos en marche. Il a été tellement emballé que j’ai due commander d’urgence les tomes 2 et 3 pour qu’il puisse les enchaîner… Vu son entrain, je me vois obligée de lire la saga en vitesse, au risque de me faire spoiler sous peu !

Nous avons laissé Todd et Viola à la fin de l’épisode précédent aux portes de la ville de Haven, leur dernier refuge contre le Maire Prentiss et son armée. Malheureusement Haven s’est rendue sans se battre, ses citoyens effrayés par la réputation sanglante des soldats de Prentissville.
Todd se retrouve séparé de Viola, comme tous les hommes et femmes de la ville depuis la fin des combats…Et cela même si la ville d’Haven a trouvé un remède au Bruit, cette malédiction qui touche les hommes uniquement, et qui fait que leurs pensées sont audibles à tous.
Pour Todd et Viola, les semaines à venir vont être éprouvantes ! Todd va devenir un homme de main de Prentiss et travailler avec son fils Davy. Viola, blessée, sera soignée dans un dispensaire dirigé par Mrs Coyle, qui va s’avérer être une révolutionnaire prête à tout pour en découdre avec le Maire Prentiss.

Dans ce tome de la saga, on se retrouve entre deux visions de la société via les regards de Todd et de Viola : l’armée et les maquisards. Des deux côtés pourtant, il y a le combat et la violence… l’un entraînant l’autre. Pour les deux camps, la clé de la victoire se trouve dans le vaisseau de colons qui va atterrir d’ici deux mois. De nouveaux habitants, donc de potentiels combattants… Et surtout des armes pour annihiler le camp voisin ! Viola est donc la clé pour Prentiss et Coyle, car en tant que colon venu sur un vaisseau d’exploration, elle pourra prendre le parti d’une armée ou de l’autre.
L’intérêt pour moi de ce roman n’est pas tant la relation entre Todd et Viola comme dans le premier roman, qui sont clairement amoureux l’un de l’autre sans se l’avouer réellement, que l’ouverture d’un volet qui risque d’être intéressant dans le tome 3 : la relations des humains avec les Spackles. Ces créatures autochtones sont plus présentes dans ce chapitre du récit que dans le précédent, devenus soumis aux humains grâce à une drogue… mais certains d’entre eux ne se laissent pas faire ! J’ai hâte d’en savoir plus et de voir comment ça va terminer !

Bref, un épisode un peu charnière, mais qui reste plein de rebondissements et d’action. Vivement le tome 3 donc, La guerre du Bruit !

Au passage, cette lecture me permet de remplir la ligne N du challenge ABC 🙂

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« L’Oeuf du Dragon » de Robert L. Forward 

L'œuf du dragonIl y a décidément des trésors de science-fiction dissimulés et peu connus… L’Oeuf de Dragon, écrit en 1980 par l’astronome américain Robert L. Forward en fait parti, et je suis bien contente d’être tombée dessus (je ne sais pas trop comment, une fois de plus). Très hard-SF, j’ai eu un peu peur au tout début d’être larguée, mais je me suis très vite laissée happer par cette épopée contant la naissance et la croissance d’une civilisation extra-terrestre.

Plusieurs centaines de milliers d’années avant notre ère, une étoile à neutron se retrouve propulsée en direction du Soleil. Alors que ce pulsar quitte notre système solaire en 2020, une scientifique le repère dans la constellation du dragon… et le voilà nommé « l’Oeuf de Dragon« . En 2049, une expédition est envoyée pour étudier le corps céleste, avant qu’il ne quitte définitivement notre système solaire. Mais ce que ne savent pas les scientifiques dans leur vaisseau au dessus de l’Oeuf de Dragon, c’est que la vie a éclos sur cet astre de 20km de diamètre ! D’abord des sortes de plantes, puis des animaux… Et certains sont même devenus intelligents : les cheelas ! Ces minuscules amibes aux douze yeux vont connaître en accéléré une évolution assez comparable à la notre, et pour cause : sur leur planète cinq secondes équivalent à une journée terrienne ! Malgré tout ce qui les séparent, de la taille au système temporel, humains et cheelas pourront-ils avoir conscience les uns des autres, et pourquoi pas communiquer ?

Voilà donc un excellent roman de science-fiction, construit sur des bases scientifiques ultra solides…de la hard-SF pure et dure. Manquant de références, je n’ai pas encore tout saisi, mais ce n’est pas très grave, car le récit de la vie des cheelas est suffisamment passionnant pour passer outre ces petits inconvénients. Les cheelas se suivent et ne se ressemblent pas : des chefs tribaux de l’ancien temps aux génies dignes de Léonard de Vinci, en passant par les prêcheurs dans le désert, ces créatures sont fascinantes.

J’ai apprécié les jeux d’échos entre la vie de cheelas et l’histoire humaine, comme leur création d’un dieu et d’une religion lorsqu’ils découvre notre Soleil au sud de leur « planète ». Il est aussi amusant de se représenter le monde quasi plat qui est le leur (magnétisme et gravité énormes oblige), ce qui n’était pas sans me rappeller Flatland !

Voilà en tous cas de quoi laisser songeur sur les études sur la vie extra-terrestre. Je ne m’était pas imaginé que le temps pouvait être aussi relatif ! La vie d’un cheela, c’est 30 minutes de temps dans le vaisseau humain. Grâce à cet exercice romancé de Forward, j’ai enfin compris un début de théorie de la relativité !

J’ai donc été emballée par le style et l’histoire, le tout sans baigner dans le moralisme ou le romantisme. On se dit que l’espèce humaine a beaucoup à apprendre encore en lisant ces pages… Et c’est tant mieux 🙂

Je le conseille donc à tous les fans de SF. Seule déception, le roman n’est plus édité ! Il faudra donc se tourner vers d’anciennes éditions chez des bouquinistes ou à la bibliothèque…

A noter que ce roman me permet de remplir une ligne pour le challenge ABC… Doucement mais sûrement !

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