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« Les vieilles filles » de Pagan Kennedy

Le vieilles fillesDe loin, une promesse de road-trip sur les routes des États-Unis des sixties avec ce roman issu du partenariat Denoël de mars (oui, je suis en retard… mais pour être franche je l’avais oublié sous un gros tas de livres). De plus près l’inévitable introspection inhérente au long voyage de la narratrice.

Deux sœurs d’une trentaine d’année, Frannie et Doris, vivent avec leur père malade dans une maison du New Hampshire. À la mort de ce dernier, les deux sœurs voient là une occasion de sortir et de voir le monde : une virée chez leur tante en Caroline se transforme vite en road trip jusqu’en Arizona, dans le grand ouest.
Doris déguste cette liberté avec avidité : flirt, shopping, cigarette… mais Frannie voit tout cela d’un mauvais œil. Elle voulait finir vieille fille dans sa maison du New Hampshire avec sa sœur, et voit son plan s’écrouler devant ses yeux.

Difficile d’avoir un avis sur ce livre, je suis assez partagée. D’un côté je regrette que la route ait si peu d’importance, elle est juste une excuse pour faire évoluer les deux sœurs dans leur point de vue sur la vie. On passe d’un point à un autres du pays sans ressentir la longueur du voyage, les sensations de chaleurs ou le plaisir devant de beaux paysages…
Pendant cette virée Frannie forcément va s’assouplir, et Doris prendre un peu de plomb dans la cervelle. Mais ce ne sont pas tant les expériences sur la route que les souvenirs d’enfance et la relecture de ceux-ci qui vont les faire évoluer. Bref, on est vraiment dans l’introspection… il ne faut pas s’attendre à les voir vivre des expériences de folie lors de ce voyage. C’est peut être ça qui est gênant, ce réalisme
Les personnages ne sont pas attachants, et malgré leurs travers (toujours très réalistes), je n’avais l’énergie d’avoir envie de leur mettre des coups de pied au derrière.

L’intérêt pour moi a été de visiter une Amérique mythique, celle des années 60 : les belles voitures, les routes sans fin, les restaurants de bords de routes, les hippies, le changement de la condition de la femme… et ses cotés moins joyeux : la guerre du Viêt-Nam, les émeutes de Chicago…

Donc vous l’aurez compris, je n’ai pas été conquise par Les vieilles filles. Erreur de public ? Peut-être…

Une lecture qui me permet néanmoins d’avancer sur le challenge ABC 2017 !

abclogoshadow

Les vieilles filles de Pagan Kennedy
Traduit par Philippe Brossaud
Éditions Denoël & d’ailleurs – 223 pages
Paru le 24 février 2017

 

« Ceux qui désirent acquérir la grâce d’un prince » de Machiavel

Ceux qui désirent acquérir la grâce d'un princeChoix atypique pour le partenariat Folio du mois de février (et oui je tarde dans mes lectures) : un classique doublé d’une lecture philosophique et politique signé par l’illustre Machiavel.

Cette édition est en fait un extrait du Prince, le best-seller de l’auteur, si je peux me permettre. Véritable guide à l’usage des princes et dirigeants accédant au pouvoir, ce texte est une petite perle de bon sens et de stratégie politique.
Je ne pouvait m’empêcher de penser au contexte électoral actuel en lisant ces lignes, mais aussi à la grosse boîboîte dans laquelle je travaille depuis quelques années.

Bref, je me suis demandé comment utiliser ces bons conseils de Machiavel au prince Laurent de Médicis au boulot, ou au moins les mettre en perspective dans mon contexte professionnel… et il y a de quoi faire !
En ce temps de travail collaboratif, d’happy at work, de casser les silos et compagnie… le machiavélisme est souvent confondu avec du cynisme et peut sembler désuet. Mais dans les faits, Machiavel peut s’avérer utile au bureau : le monde du travail demande de l’efficacité, pas vraiment de la morale, surtout au niveau managérial.
Pour Machiavel la politique est dominée par le changement, les conflits internes ou externes… L’homme de pouvoir doit pouvoir surfer sur cela en s’adaptant au contexte, en restant agile et souple ! Si à haut niveau les élites maîtrises le concept (il suffit de voir le nombre de retournage de vestes en politique à la TV ces derniers temps), à mon petit niveau je vais essayer d’adapter ces préceptes 🙂

Une bonne lecture à mettre entre toutes les mains… et surtout terriblement actuel et inspirante malgré ses 500 et quelques années !

Et une fois n’est pas coutume, une lecture por le challenge ABC 2017.

abclogoshadow

« Les Geôliers » de Serge Brussolo

ILes Geoliersl y a quelques semaines, Folio m’a proposé de faire partie du Club des lecteurs SF… les statistiques ne mentent pas, je demande majoritairement des romans de science-fiction, d’horreur ou de fantasy lors des partenariats. Bref, pas facile de faire un choix sur le programme 2017 proposé par Folio… Mais s’il y a un Brussolo, je fonce !
J’avais bien aimé la série de l’Agence 13 (Les yeux jaunes du chat, Ceux d’en bas, Dortoir Interdit…), ainsi que ses nouvelles de SF comme Trajets et itinéraires de la mémoire. Les Geôliers est complétement dans cette veine, mi thriller, mi fantastique, un peu SF.

Il y a 15 dans la petite ville de Dipton, Debbie Fevertown commettait un crime qui défraya la chronique : elle assassinait son mari et ses deux fils, les coupait en morceaux et prenait la fuite pour disparaitre. Aujourd’hui, Jillian, scénariste, est embauchée par un enfant terrible du cinéma underground, Dieter Jürgen. Celui-ci veut réaliser un film sur le meurtre, sur le lieu même du crime à Dipton. Jillian va enquêter sur le carnage, et rapidement s’apercevoir que tout n’est pas si clair. Réputée folle et ayant un penchant pour la chasse aux extra-terrestre,  Debbie aurait été la tête de turc de la ville entière. Dipton serait en fait une ville-secte, ou le mari de Debbie y avait un rôle de leader… Aurait-elle agit pour se protéger ?

Cette petite mise en bouche ne représente en fait qu’un quart du roman. L’enquête est vite bouclée, pour laisser place à l’action : tournage à Dipton, relations tendues avec la population… et très rapidement, le fantastique prend toute la place. L’univers me rappelle beaucoup le concept de l’Agence 13 et de ses paradis inhabitables.
Dipton est une petite ville américaine coupée de tout, au milieu d’une grande forêt. La tradition veut que les habitants ne possèdent pas de technologie postérieure au début du 20ème siècle. Pas de télé, pas d’internet ni de réseau mobile… De plus à Dipton, les arbres sont vénérés, un peu comme dans la religion wikka. Et que penser du bucher érigé au milieu de la ville ? Bref, on sent que les habitants ne sont pas nets. Mais finalement, les choses ne seront pas si simples. Les diptonniens, vrais méchants ou des gentils incompris ?

Pour être honnête, j’étais très emballée par le début de ma lecture… mais le passage dans un monde totalement fantastique, limite psychadélique, m’a un peu laissée perplexe. Pourtant les personnages sont plutôt pas mal, et l’univers m’a assez plu. Mais la complexité du monde, qui ressemble par moment à une superposition d’élément SF et de fantasy, manque un peu de cohérence.

Un avis assez mitigé, mais j’ai globalement aimé ma lecture. Les fans de Serge Brussolo passeront un bon moment, j’en suis persuadée !

Au passage, une lecture pour le challenge ABC 2017 🙂

abclogoshadow

« Psycho Killer » d’Anonyme

Psycho Killer Retour dans l’univers du Bourbon Kid… mais sans le Bourbon Kid, pour une lecture plus que jamais emprunte de films de Série B. Un moment jubilatoire et sans prise de tête, comme le fait si bien l’auteur mystérieux de cette série de roman.

Dans la petite ville de B Movie Hell, un tueur portant un masque de tête de mort ornée d’une crête sème la terreur. Ses meurtres sont aussi violents qu’inattendus… La police locale le traque, et le magnat de la ville offre une belle récompense pour sa capture, mort ou vif.
Côté FBI, Milena Fonseca et Jack Munson sont mandatés en mission secrète pour enquêter sur cette affaire, qui aurait un lien avec des expériences menées pour créer une armée de soldats parfaits… Jack, alcoolique et désabusé n’a pas travaillé depuis longtemps, mais il est le seul qui puisse arrêter le tueur, grâce à ses méthodes peu conventionnelles…

Du sang, de la violence, des têtes coupées sur fond scato et sexy. Une vraie bouffée d’air frais pleine d’humour et de références des années 80 et 90, autant dans le monde des slasher movies que des films d’action ou des comédies romantiques.
J’ai retrouvé le style de l’auteur de la série des Bourbon Kid avec bonheur… et finalement c’est pas mal de lire quelques chose du même genre dans un autre univers, en changeant un peu de personnages.
Le Psycho Killer malgré ses travers est un personnage plutôt sympathique, comme le Bourbon Kid avant lui.

J’ai hâte de lire la suite qui à priori est un croisement du Bourbon Kid et de Psycho Killer : Le pape, le kid et l’iroquois !

Au passage, cette lecture me permet de valider la lettre X du challenge ABC 2017.

abclogoshadow

 

« La Panse » de Léo Henry

La PansePour le partenariat de janvier Folio, j’ai choisi La Panse… Un titre énigmatique, dans la collection SF, par auteur français… et une édition directement au format poche. Habituellement, ce détail me ferait peur. Il faut dire que dans le domaine de l’audiovisuel les sortie directement en DVD sans passer par la case cinéma laisse présager le pire. En va-t-il  aussi ainsi dans le domaine littéraire ?

Bastien Regnault, au chômage et vivant à Paris en 2016 n’a pas de nouvelles de sa sœur Diane depuis plusieurs mois. Militaire, elle a habitué sa famille à ne pas donner de nouvelles régulièrement, mais refait toujours surface au bout de quelques mois. Elle ne va plus travailler, son numéro de téléphone est désactivé… elle a disparu. En fouillant auprès de son dernier employeur et en piratant sa boite mail, Bastien retrace les dernières activités de Diane, et découvre par hasard l’existence de la Panse.
Il s’invite à un de leur événement à La Défense. La Panse de premier abord à tout d’une société secrète… mais alors, qu’y fait sa sœur ? Pour le découvrir, Bastien va devoir se fondre dans ce groupe

Voici une enquête contemporaine bien ficelée et assez réaliste. Je ne suis pas du tout habituée à lire des roman français et contemporain, du coup c’était amusant de revoir des lieux de mon quotidien parisien : La Défense, la Place des Fêtes…
La première moitié du roman est assez intéressante, lorsque Bastien enquête sur la disparition de sa soeur, et rentre dans le système de la Panse, pour découvrir ce qui ressemble à une secte. Vie en communauté, travail harassant, séances de méditation de groupe, usage de drogues…
La seconde partie rentre un peu plus en profondeur dans les rouages de cette institution, et c’est malheureusement là que ça dérapeLe final m’a assez déçu, à la fois attendu et à la fois « what the fuck? ». Mais je ne vais pas en dire plus !

Bref, un livre qui se lit très vite, assez prenant, vite avalé en un gros voyage en train. Pas exceptionnel, mais correct pour nous tenir en haleine quelques heures.

Un roman pour le challenge ABC !

abclogoshadow

 

« Gagner la guerre » de Jean-Philippe Jaworski

Gagner la guerreDu lourd et du très volumineux pour commencer l’année, avec Gagner la guerre, une référence de la fantasy française. Pendant quelques semaines, je me suis plongée dans un univers et un récit d’aventure passionnant, qui fait une belle transition avec Janua Vera, le premier opus de la saga des Vieux Royaumes, qui était sous forme de nouvelles. Ici nous avons le droit à une histoire complète à la première personne, qui nous fera voyager dans quelques régions du monde imaginé par Jaworski.

La République vient de remporter une victoire fabuleuse contre son ennemi Ressine, et c’est Don Benvenuto  l’homme de main du Podestat, le chef de la République, qui doit parlementer avec le Shah vaincu pour organiser leur réédition. Passé à tabac et emprisonné, il finit par être libéré et accueilli en héros de la République à Ciudalia par son patron le Podestat Leonide Ducatore. Mais au milieu des manigances et des trahisons entre les politiciens de la ville, Benvenuto se retrouve dans la tourmente des sales boulots commandés par le Podestat, et bientôt la cible de la vindicte des hommes d’état… Comment l’assassin va-t-il se sortir de ce mauvais pas, entre le cynisme de son patron et ses spadassins, son maître en sorcellerie, et sa fille qui n’a pas sa langue dans sa poche…

J’ai adoré la plume de Jaworski, qui prend ici la voix de Benvenuto. L’univers des Vieux Royaumes est génial, avec son côté renaissance italienne mâtiné de Roma antique, et bien entendu de fantasy. Attention tout de même, le monde créé par l’auteur est tellement précis et tant raccrochés à des réalités historiques palpables (descriptions de villes qui ressemblent à Venise ou Florence, de paysages qui évoquent les bords de la Méditerranée…) qu’on a l’impression qu’il est véridique.

L’assassin est loin d’être un enfant de cœur, mais on s’attache vraiment à lui, même quand il commet les pires abominations. Cet ouvrage fait plus de 900 pages, mais on a envie de savoir ce qu’il pourrait se passer après cette longue histoire ! Car il n’y a pas que des conflits politiques et des petites manigances dans ce récit, il y a aussi des épopées pleines de sueur et de sang, mais aussi de la poésie, de l’humour… qui donnent très envie de se plonger dedans encore et encore.

Une très belle découverte, je pense me repencher sur cet auteur rapidement, avec Le sentiment du fer peut être, annoncé comme une suite de ce roman.
Au passage, une lecture pour le challenge ABC !

abclogoshadow

Challenge ABC 2017

En 2017, comme en 2016, je ne participerai qu’à un seul challenge littéraire… j’ai déjà du mal à en finir un, alors deux ou plus… 😉
Une fois n’est pas coutume, je choisi le Challenge ABC 2017 organisé par Nanet pour m’aider à vider ma PAL, avec l’option A, ce qui va me permettre de changer ma liste de lecture comme j’en ai envie.

Mais voici tout de même la liste cible :

A : ASIMOV, Isaac – Dangereuse Callisto – 353 pages – SF
B : BOX, C. J. – Piégés dans le Yellowstone – 491 pages – Thriller
C : CHRISTIE, Agatha – Le crime du golf – 220 pages – Policier
D : DELANEY, Joseph – L’Epouvanteur, tome 01 : L’Apprenti épouvanteur – 275 pages – Fantasy
E : ESCHBACH, Andreas – En panne sèche – 763 pages – SF
F : FERGUS, Jim – Marie-Blanche – 731 pages – Historique
G : GIBSON, William – Neuromancien – 319 pages – SF
H : HERBERT, James – Les Rats, tome 1 – 187 pages – Fantastique
I : INDRIDASON, Arnaldur – Betty – 236 pages – Policier (WISH)
J : JAWORSKI, Jean-Philippe – Récits du Vieux Royaume, tome 2 : Gagner la guerre – 981 pages – Fantasy
K : KOONTZ, Dean – Intensité – 313 pages – Horreur
L : LONDON, Jack – Le peuple d’en bas – 256 pages – Contemporain
M : MILLER, Walter M. – Leibowitz, tome 1 : Un cantique pour Leibowitz – 462 pages – SF
N : NOTHOMB, Amélie – Pétronille – 169 pages – Contemporain
O : OLIVER, Lauren – Delirium, tome 2 : Pandemonium – 384 pages – SF (WISH)
P : PANCOL, Katherine – Les yeux jaunes des crocodiles – 661 pages – Drame
Q : QIU, Xiaolong – Mort d’une héroïne rouge – 502 pages – Policier
R : ROWLING, J. K. – Harry Potter, tome 1 : Harry Potter à l’école des sorciers – 224 pages – Fantastique
S : SIMMONS, Dan – Terreur – 1056 pages – Horreur
T : THOREAU, Henry David – Walden ou la Vie dans les bois – 364 pages – Philosophie
U : UDALL, Brady – Le polygame solitaire – 816 pages – Contemporain (WISH)
V : VONNEGUT, Kurt – Le berceau du chat – 254 pages – SF
W : WILSON, Robert Charles – Spin – 608 pages – SF
X : ANONYME – Psycho Killer – 403 pages – Thriller
Y : YAMAMOTO, Kenichi – Le secret du maître de thé – 370 pages – Drame (WISH)
Z : ZELAZNY, Roger – Royaumes d’ombre et de lumière – 226 pages – Fantasy (WISH)

A bientôt pour suivre mes efforts pour tenir le rythme !

abclogoshadow

« Le destin miraculeux d’Edgar Mint » de Brady Udall

Le destin miraculeux d'Edgar MintC’est sans grande conviction que j’ai ouvert il y a trois semaine Le destin miraculeux d’Edgar Mint de Brady Udall, l’entrée idéale pour la lettre U du challenge ABC. J’avais déjà lu un recueil de nouvelles de cet auteur, Lâchons les chiens, que j’avais apprécié pour son style direct, son humour et sa référence aux grands espaces américains. Malgré les commentaires positifs lu à droite et à gauche sur le roman dont il est ici question, j’avais un doute… Allais-je découvrir un récit du même type que celle d’un autre Edgar, L’histoire d’Edgar Sawtelle, qui m’avait moyennement emballé ? Trouver un récit larmoyant sur la condition des orphelins natif américains ?

A l’âge de 7 ans, Edgar Mint, un jeune métis Apache se fait rouler sur la tête par un facteur dans sa voiture. Laissé pour mort et abandonné par sa mère alcoolique, il est pourtant ramené à la vie par un médecin zélé. Après quelques mois de coma, l’enfant-miracle ouvre les yeux, mais à tout oublié de sa vie d’avant l’accident. Il va passer son enfance et son adolescence à naviguer entre différents univers, peuplé de figures plus ou moins bienveillantes : l’hôpital où il est couvé par les pensionnaires et les infirmières ; un pensionnat pour indiens où il apprendra la dureté de la vie ; une famille d’adoption mormon pleine de bon sentiments ; … Et pour lier tout cela, une machine à écrire. En effet, si Edgar a survécu à son crâne écrasé, il a eu des séquelles : il peut lire mais ne sais pas écrire autrement qu’avec une machine. Se sont donc des kilos et des kilos de feuillets qui vont jalonner son existence, où il couche ses joies et ses peines.

C’est un véritable voyage initiatique que nous suivons entre ces lignes, condensé en 8 années de la vie du jeune Edgar. Le style du livre est étonnamment plein d’humour, limite garpien par ses situations rocambolesques… Mais aussi parfois très violent. Le mélange d’utilisation de la troisième et de la première personne donne une sensation étrange mais pas désagréable : un recul comme dans un rêve ou un film, mâtiné d’auto-biographie.

On espère toujours qu’Edgar va s’en sortir, car ce héros est réellement attachant. Les autres personnages sont aussi riches et nuancés. J’ai une préférence pour Art, le voisin de lit d’Edgar, alcoolique à ses heures, et un peu bougon… mans plein d’attentions et de bons conseils pour le petit métis. Bizarrement, en pointillé dans la vie d’Edgar, on ne retrouve pas l’image d’un père. Celui-ci est définitivement oublié et parti loin de l’enfant bien avant sa naissance.  On trouve à la place le médecin qui l’a sauvé : Barry. Très protecteur avec Edgar, il devient vite envahissant et de plus en plus malsain. On fini par craindre ses apparitions, bien qu’il soit plein d’amour pour l’enfant… Tous ces personnages ont une part positive et aussi une part sombre… Et Edgar autant que les autres !

C’est donc une très agréable surprise que cette lecture, qui une fois refermé me laisse un sourire sur le visage. Je ne regrette pas de m’être lancée dans l’aventure pour finir l’année. Un roman amusant, beau sans être gnangnan… J’aime et je recommande !

ABC-2015

« Sans parler du chien » de Connie Willis

Sans parler du chienS’il y a un roman de science-fiction contemporain qui fait office de classique, c’est bien Sans parler du chien, écrit en 1997 par Connie Willis. Prix Hugo et Locus, des commentaires dytirembiques sur les forums et sites de lecture… Je ne pouvais pas passer à côté plus longtemps !
Voilà pourquoi il était dans ma liste du challenge ABC cette année. Au passage La chèvre grise qui en avait aussi entendu que du bien avait envie de le lire et m’a proposé une lecture commune.
Si bien que ça alors ? Et bien peut être pas 🙁

Ned Henry est historien à Oxford dans un futur proche. Dorénavant les historien ne font pas qu’étudier les traces du passé : ils voyagent dans le temps pour les constater de visu !  Pour le compte de Lady Shrapnel, Ned va parcourir le passé, afin de réaliser le rêve de celle-ci :   reconstruire à l’identique la cathédrale de Coventry, détruite par un bombardement lors de la Seconde Guerre Mondiale. Pour que le bâtiment soit parfait pour son inauguration, il ne manque que la potiche de l’évêque, disparue sous les bombes. Cette mission va conduire Ned a voyager dans l’Angleterre de la fin du 19eme siècle. Il devra faire tout son possible pour mettre la main sur la potiche, et essayer de réparer le futur en jouant les marieurs auprès de jeunes gens de la bonne société victorienne.

Ce roman fait parti d’une saga autour de l’université d’Oxford et de ses historiens voyageurs temporels, et en est le deuxième tome. C’est peut être pour cela que j’ai eu du mal à tout caler lors du premier quart du roman… Mais comme j’ai aussi trouvé le dernier quart assez brouillon, je me dis que c’est peut être tout simplement le livre qui est un peu brumeux.
Pourtant une fois dans le coeur de l’intrigue, dans la partie au 19eme siècle, j’ai vraiment bien accroché à l’histoire et ses personnages, que j’ai trouvé très amusants. Il faut dire qu’avec comme adjuvants un bouledogue et une chatte, je ne pouvais qu’aimer 😉
Mais tous le récit qui tourne autour de la réfection de la cathédrale de Coventry m’a beaucoup ennuyée. Les discours scientifiques autour des voyages dans le temps et leurs les décallages temporels m’ont été difficile à appréhender. D’où ce sentiment de chaos au début et à la fin du roman…

Bref, j’ai du mal comprendre l’engouement pour ce roman. Il n’est pas désagréable mais c’est pas un chef d’œuvre ultime non plus… Le mélange des genres, les références à la littérature anglaise à tout bout de champ doit jouer à son succès. Mais je suis tout de même déçue.

ABC-2015

« Le prince des marées » de Pat Conroy

Le prince des marées Gros morceau auquel je me suis attaquée pour le Challenge ABC, dans tous les sens du terme ! Depuis trois ans, ce pavé me narguait dans ma PAL… Je ne savais pas vraiment si j’avais envie de le lire, malgré les commentaires dithyrambiques à propos de cet ouvrage sur Internet. Je m’attendais à une saga familiale un peu chiante, un Garp sudiste… Mais fort heureusement il en est rien !

Tom Wingo, trentenaire, prof de lettre et coach sportif au chomage doit quitter sa Caroline du Sud pour New-York. Sa sœur jumelle Savannah a fait une nouvelle tentative de suicide. Il va tenter de l’aider en trouvant les clées de son mal-être avec sa psychiatre, Susan Lowenstein, en lui racontant l’histoire de sa famille. De leur naissance à l’âge adulte, on plonge dans la vie des Wingo. Henry le père violent, pêcheur de crevettes, la mère Lila qui les contraint au silence, et au milieu, trois enfants : Luke l’aîné et Tom et Savannah. Au fil des pages, nous allons découvrir les racines de la folie, douce ou destructrice, de cette famille.

Grosse claque que ce livre. Sous ses airs de descente en enfer, il s’agit d’un monument d’humanité, où la beauté, le pardon et l’amour ont plus leurs places que la vulgarité et la haine. Et pourtant, les personnages auraient de quoi sombrer dans la misanthropie la plus sombre…
Au début je me demandais un peu où cette lecture aller m’emmener. Les traits de cynisme et les envolées lyriques de Tom, le narrateur, sont un peu lourdes au début… Mais elles prennent leur place et du sens au fil des pages. Tout comme la névrose de Savannah qu’on suppose être une crise de new-yorkaise en mal de psy… Son fondement prendra sens rapidement.
J’ai été même été choquée par certain passages, tout simplement terribles, imaginés par l’auteur… Les protagonistes semblent tomber de Charybde en Scylla, mais sans jamais tomber dans le pathos dégoulinant.

Chaque élément du livre, chaque anecdote, chaque trait de caractère d’un personnage prend une dimension supplémentaire plus tard dans ce livre. Rien ne semble laissé au hasard sous la plume de Conroy… ce qui en fait très certainement une œuvre complète, recherchée, et vraiment bien écrite (même si j’ai tiqué sur la traduction par moment dans ma très vieillie édition).

Une superbe découverte, loin de mes lectures habituelles. Je le conseille vivement, pour son caractère poétique, fabuleux, drôle, émouvant… Entrecoupé des pires images d’horreur que peut générer l’humanité.

ABC-2015