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« Le Cercle celtique » de Björn Larsson

Le Cercle CeltiqueAmbiance grands froids pour ce roman suédois de 1992, estampillé « Polar Culte » ! Au milieu de la mer du Nord, on voyage entre la Scandinavie et l’Ecosse à bord d’un voilier, en plein hiver ! Un roman de saison à n’en point douter, que j’ai reçu dans le cadre des partenariats Folio.
Mais  l’histoire est-elle à la hauteur des décors brossés par l’auteur ?

En plein hiver, sur les côtes danoises… Ulf le suédois a une vie assez marginale sur son voilier, Le Rustica. Il va rencontrer sur un ferry MacDuff, un écossais venu braver la mer du Nord pour retrouver la femme qu’il aime, Mary, enlevée par un marin danois, Pekka. Et comme le monde est finalement petit, Ulf va tomber au port sur Pekka, effrayé, qui lui remet son journal de bord avant de disparaître avec Mary…
A la lecture de ce journal, Ulf voit transparaître un vrai mystère : le Cercle celtique, qui est à l’origine de la fuite de Pekka et du rapt de Mary.
N’y tenant plus, Ulf appelle son ami Torben, et à eux deux ils décident de partir à l’aventure et de suivre la route maritime tracée par Pekka jusqu’en Ecosse ! Mais le voyage sera bien plus dangereux qu’ils le pensent, que ce soit à cause du climat peu engageant de la mer du Nord en hiver, ou devant le mutisme des écossais sur le sujet du Cercle celte…

Le point fort de ce roman, c’est le voyage autour des côtes écossaises… Moi qui rêve de visiter cette région de Grande-Bretagne, j’ai été ravie ! Entre Inverness, les Lochs, les montagnes enneigées, les fjords… avec en arrière-plan la mer puissante et sauvage, j’ai passé de bons moments.
Là où j’ai eu plus de mal, c’est sur la thématique maritime. Il est question de foc, de ris, de bâbord et tribord, … bref, de tout un champ lexical assez technique sur l’art de naviguer…  Et bien que j’aie vécu 15 ans au bord de la mer, je n’y connais absolument rien ! J’ai donc eu du mal à suivre et à me représenter les scènes d’action où nos héros survivent à des courants marin dévastateurs, slaloment entre les rochers pour s’abriter dans des baies, ou s’enfuient entre des portes d’écluses à peine ouvertes… Enfin ça aura au moins eu le mérite de m’apprendre deux ou trois petites choses.

Côté histoire je n’ai pas accroché en revanche… Peut-être à cause du contexte marin, je n’ai pas réussi à m’identifier aux personnages ou à comprendre leurs motivations. Il n’y a pas vraiment un suspense haletant dans ce roman écrit à la première personne par Ulf, qui nous délivre son histoire à la manière d’un témoignage. D’ailleurs on se demande parfois si Ulf n’est pas Björn Larsson,  lui qui a aussi vécu de nombreuse année sur un bateau nommé Le Rustica et à navigué dans toutes les mers du nord !
La position du roman entre hyper-réalisme (situation plausible et bien détaillées) et situations extraordinaires (de la magie ?) rend le tout un peu bancal pour moi…

Cette expédition parfois agréable m’a paru un peu longue par moment. Mais je ne doute pas qu’il pourra ravir les amateurs de nautisme et de voyage 😉

Merci à Folio tout de même pour cette découverte !

« Charly 9  » de Jean Teulé

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Pour ma dernière lecture du challenge ABC je m’attaque aussi à un cas difficile : un roman de Jean Teulé, dont je ne suis vraiment pas fan depuis ma lecture de Mangez-le si vous voulezque j’avais trouvé gore et gratuit.
Mais la lettre T étant ce qu’elle est (toujours difficile à trouver !), et n’ayant pas sous la main Karoo de Steve Tesich, je me suis lancée dans Charly 9 !

Le Roi de France Charles IX, en plein mois d’août 1572, doit prendre une décision difficile : donner son accord à sa mère Catherine de Médicis et ses conseillers pour lancer la plus horrible vague d’assassinats de l’histoire de France, le massacre de la Saint-Barthélemy. Bien entendu Charles ne sait pas encore que sa mère lui ment en lui faisant croire que les protestants complotent contre la couronne, et il ne se doute pas que ce qui semble être le meurtre de quelques chefs huguenots et de leurs familles va devenir un vrai bain de sang qui va ravager et diviser la France, la plongeant dans une guerre de religions.
A partir de ce jour, le jeune Roi un peu effacé et timide va sombrer dans la folie, hanté par cette terrible nuit…

La lecture de ce roman sera au moins une confirmation : je n’aime vraiment pas le style de Teulé, du moins sur ses romans historiques… L’écriture est trop cinématographique, avec des plans très souvent décrits comme si on regardait la scène sur un écran… Je comprend qu’une BD soit sortie basée de ce livre.

Le ton me paraît trop familier, même si en soi j’ai rien contre le mélange des genre. Enfin le côté humoristique n’est pas désagréable, mais ne me plait pas tant que ça. Beaucoup de blagues et de jeux de mots tombent à plats, et ne m’ont pas décrochés un sourire…
J’ai eu du mal à m’attacher ou détester ce personnage rongé par les regrets et la folie, piloté dans l’ombre par sa mère Catherine de Médicis. On dirait un piètre Néron rendu tristement célèbre pour un massacre qu’il n’aurait même pas orchestré.
Les personnages secondaires sont caricaturaux, que ce soit Catherine de Médicis la manipulatrice, Henri de Navarre le béarnais rigolard et puant, la Reine Elisabeth d’Autriche la sainte, Marguerite une folle…

A y réfléchir ce qui m’embête avec ce livre est peut-être le glissement entre le Charles IX historique et le Charly 9 décadentDifficile de faire la part des choses entre l’Histoire et une histoire, et je n’était vraiment pas disposée à me laisser aller à rentrer dans une fiction.

Le récit en elle même m’a tout de même permis de revoir une période de l’Histoire de France que je connais mal, et principalement via des films du genre de La Reine Margot. En cela ce livre n’est pas totalement une erreur de lecture pour moi 😉

challenge ABC

Cette dernière lecture me permet de clore le challenge ABC débuté en janvier dernier ! Sur le récap’ des challenge (en haut, dans le menu), vous trouverez la liste complète de mes lecture !
Merci à Nanet pour son organisation !  

 

« World War Z » de Marc Forster

WORLD-WAR-ZVu tout le tapage médiatique autour du blockbuster World War Z en juillet, ma passion pour les films d’horreur et mon envie d’avancer un peu sur ma carte du Challenge Geek spécial Films et Séries, ce film a été tout naturellement notre choix pour notre sortie ciné d’hier.
Très bon timing d’ailleurs pour aller le voir dans les grandes salles d’Ile-de-France : week-end de chassé croisé, dernières semaines d’exploitation du film… on était 6 dans la salle au Pathé d’Ivry 🙂 Presque aussi bien qu’à la maison 😀

Je n’ai pas lu le livre de Max Brooks, mais d’après ce que j’en ai vu il n’a rien à voir avec le film. Si le livre est une sorte de recueil de témoignages de survivant de l’apocalypse zombie, le film est dans une narration plus linéaire.
Nous suivons Gerry Lane, ancien agent de l’ONU incarné par Brad Pitt, dans les premiers jours du cataclysme causé par une étrange maladie
Tout commence lors d’une journée comme les autres dans une grande ville américaine. La famille Lane est coincée dans les bouchons, mais rapidement des explosions et des scènes de panique laissent présager le pire. La ville devient folle : des personnes atteintes d’un mal qui les rend enragés attaquent leurs concitoyens et les mordent. En 12 secondes, ils sont atteint des mêmes symptômes et deviennent à leur tour des prédateurs très agressifs. Des zombies en somme. Garry et sa famille vont tout faire pour survivre, jusqu’à pouvoir être récupérés par l’armée américaine sur un porte-avion. Ici en pleine mer ils sont en sécurité, mais pas pour très longtemps : Gerry doit être envoyé en Corée du Sud pour enquêter sur les source du mal

Alors, est-ce que ce film de zombie respecte ses promesses ?

Les scènes d’action en mode paysage où on voit des nués de zombies rapides (ouais, des zombies rapides !!!) sont vraiment très réussies. On dirait littéralement des vagues de zombies, comme on pourrait imaginer un amas immense de vermines tels des rats s’échappant des égouts ou des asticots s’éjectant d’une charogne (le thème du zombie me rend poète). Ça grouille, ça exploses, ça s’insinueTrès beau visuellement… Le coup de la montagne de zombies prenant d’assaut les hauts murs de Jérusalem est bien vu aussi, dans l’idée des hordes barbares venant détruire la civilisation et tout ce qui s’en suit…
Voilà, c’était le point positif, et rien que pour ça j’étais contente de l’avoir vu sur grand écran.

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Pour le reste, c’est un film de zombie plutôt moyen, voir pas top…
Quand je vois un film de ce genre, je m’attend à du gore, ou au moins à un peu de sang qui gicle, des cadavres ambulants un peu décrépits, des arrachages de carotide ou des mandibules qui pendouillent. Là, rien de tout ça. Faut dire que le film se veut quasi familial (interdit aux moins de 12 ans)… Pas de zombies pourrissants ou de zombies tout nus donc. Pas de gros plan sur des morsures un peu dégueues… Rien… Pire, tous les zombies sont frais comme des roses ! Ok, ils sont mort depuis juste 2 ou 3 semaines, mais quand même 🙁

Côté action alors ? Et bien non, non plus… Si les scène vu de loin sont cool comme je le disais précédemment, j’ai trouvé les combats rapprochés brouillons. On ne voit rien. Ça pourrait être quelqu’un d’autre que Brad Pitt qui se bastonne, contre autre chose que des zombies… tout est sombre, trop rapide, et parfois carrément hors champ.

Côté thriller et effets de surprise… ben on a pas grand chose non plus. On a pas peur une seconde, aucune tension ou moment d’angoisse… Le tout est aseptisé, sans saveur et plat. Certain diront que cela le rend plus « réaliste »… dans ce cas pourquoi tout cacher, scènes d’action et moments gores ?

Pour le scenar’, bien mais pas top. Comme souvent la menace zombie vient d’une maladie qui n’est pas identifiée, et la pandémie se répand à la vitesse des moyens de transport modernes. On y ajoute l’incompréhension des politiques, l’égoïsme de la population… et hop, zombification du monde !
Le tour du monde de Garry en quête de réponses et de solutions au problème est pas mal vu : chaque pays a ses stratégies pour combattre le mal. Israël comme d’habitude construit des murs, les pays occidentaux ferment les yeux, la Corée du Nord arrache les dents de ses citoyens… On voyage 🙂
Après on est dans les poncifs du genre, ce qui n’est pas toujours un mal si on le considère comme un schéma classique du genre ou un hommage : utilisation d’un camping-car pour s’échapper de la ville, baston dans les supermarchés pour la nourriture et les médicaments, méthode du « bouger ou mourir », rester silencieux et éviter les armes à feu… Bon, parfois ça vire à la tarte à la crème : le téléphone du héros qui sonne en plein milieu d’une mission discrète en zone zombifiée (bravo l’agent spécial), notre héros seul survivant d’un crash d’avion… et surtout la morale à deux balles en voix off lascive à la fin du film. Pffff…

Bref, un film sympa à voir à l’occasion, mais loin de ce à quoi je m’attendais ! Je ne pense pas qu’il vaille une place de ciné, même si certaines scène d’action sont sympa… Aller, une sortie pour Noël en DVD, ça fera un beau conte à regarder en famille avant le réveillon 🙂

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« Adventures in Wonderland » and « Through the Looking-Glass » de Lewis Carroll

Alice in wonderlandOpération Alice au Pays des Merveilles pour mes cours Coursera… et je m’en serait bien passé hihi 😉
J’ai l’impression que l’univers d’Alice ne laisse personne indifférent : on aime ou on déteste… Serais-ce là le signe des grandes oeuvres ? A priori oui, puisque notre prof de littérature de fantasy et SF nous l’a donné à lire et à analyser…
De plus il faut avouer que mon niveau d’anglais est vraiment juste pour lire, comprendre et apprécier ces deux livres. Tout est construit autour des mots et du rapport des personnages à ceux ci…
Tout ça pour dire que je suis mal barrée pour mon essai hebdomadaire 😡

Dans ces deux livres pour enfants (ils sont considérés comme tel, même si les adultes peuvent le lire bien entendu ;)), nous suivons Alice dans un monde onirique.
Dans Adventures in Wonderland elle poursuit un lapin blanc pressé dans son terrier, tombe et se retrouve aux porte d’un univers enchanté et totalement loufoque. L’utilisation de potions ou de nourritures vont lui permettre de grandir ou rétrécir à volonté… ou presque !
Dans Through the Looking-Glass le principe est un peu le même, sauf qu’elle passe au travers le miroir de son salon pour visiter un monde surréaliste, ou tout est inversé. Va se jouer au fur et à mesure de son exploration une partie d’échec géante, où elle passera du statut de pion à celui de Reine.

On rencontre forcément une foule de personnages que l’on connait au travers les dessins animés de Disney ou d’autres films, comme celui de Tim Burton. Le lapin, la reine de coeur, le Chapelier fou, le chat du Cheshire, les jumeaux Tweedledum et Tweedledee…
Mais n’étant pas une fan de cet univers, je n’ai pas vraiment pris de plaisir à les voir évoluer dans leur contexte initial…

Ce qui m’intéresse plus, c’est de savoir comment un homme comme Lewis Carroll en est arrivé à créer une histoire qui peut sembler sans queue ni tête (même si c’est faux), en pleine époque Victorienne, lui qui était professeur de sciences et avait fait le séminaire (bref, pas très fun)… et ses relations à la vraie Alice, 10 ans à l’époque, sont assez ambiguës, puisqu’elle est en quelque sorte la muse de l’auteur : il lui a raconté la première version de l’histoire Adventures in Wonderland lors d’une promenade en barque et lui a offert ensuite l’histoire écrite ; puis elle a été son jeune modèle pour ses photographies.

Bref, une lecture de classiques qu’il me fallait bien faire un jour ou l’autre… et bien c’est fait 🙂

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« Fog » de James Herbert

FogPour faire suite au pavé qu’était Azteca j’avais envie d’un petit roman d’horreur, fantastique ou SF, pas prise de tête… Mais après le monument qu’est Azteca, dur d’apprécier un autre roman il faut croire !
Fog de James Herbert, édité en 1975 avait tout pour me plaire sur le papier : une sorte de roman apocalyptique, avec des genres de zombies, une brume tueuse, une théorie du complot… Bref, tout ce que j’aime habituellement ! En bien pour tout dire j’ai été assez déçue 🙁
Heureusement je n’ai pas tout perdu, Fog me permet de remplir une mission pour le challenge Petit BAC 2013, catégorie « phénomène météorologique ».

Tout commence par un tremblement de terre en Angleterre… Étrange, n’est-ce pas ? Et cela le devient encore plus quand une sorte de brume sort de la faille crée par cette secousse sismique. Mais ce brouillard n’est pas très naturel : très dense, gris jaunâtre, aux déplacements aléatoires,… on s’aperçoit assez rapidement que ceux qui entrent en son contact se retrouvent atteint de folie destructrice ! Ils cherchent à tuer ou à se suicider !
Holman, agent du Gouvernement enquêtant dans la région est un des premier atteint par la brume, mais aussi un des premier soigné un peu par hasard… Maintenant immunisé contre les effets du fog des profondeurs, ils va tenter de convaincre les autorités du danger que représente cette brume.
D’où vient ce fog ? Va t’il se répandre dans toute la Grande-Bretagne ? Comment l’arrêter ?

Si le sujet est intriguant et plein de promesses, la zombification d’un pays civilisé, le traitement m’a vraiment laissé sur ma faim.
J’ai beaucoup aimé les détails sordides, les scènes de suicides massifs, ou d’orgies sexuelles dues au fog… ou encore les focus sur la petites histoires de personnages, et la manières dont la brume va les transformer en tueurs sanguinaire.
En revanche j’ai moins aimé le personnage d’Holman, dénué de charisme, et de sa petite amie Casey qui ne sert absolument à rien ! Le couple Holman et Casey est cucul au possible !
L’explication de l’origine du fog est sans surprise… en même temps on est en 1975, il ne faut peut-être pas trop en demander…
La structure du roman est aussi d’un classique soporifique : montée en puissance du pouvoir destructeur du fog, avec un héros qui tente d’alerter les autorité, des tentatives successives de destruction de la brume tueuse soldées d’échec, jusqu’à une fin spectaculaire… Grosso modo c’est ça, plus tout les poncifs que vous pourriez imaginer pour ce genre d’histoire.

Je suis donc déçue et un peu dubitative sur le talent de l’auteur (ou de son traducteur !)… On m’a dit tellement de bien de James Herbert, auteur de la trilogie des Rats que je voulais tellement lire ! Maintenant j’hésite à me lancer dans cette saga 😡

Challenge Petit BAC 2013

« Sept personnages » de Fred Duval et Florent Calvez

Sept personnagesJe lis assez peu de BD « belges », faute d’un format adapté à un de mes lieu de lecture de prédilection : le métro ! Mais comme j’ai commencé il y a quelques années la série des 7 (Sept clones, Sept survivants, …), je me fais un devoir de continuer tranquillement à les lire.
L’univers et les dessinateurs et scénaristes de chacune des BD de la série sont différents… et cette fois on plonge dans le Paris du 17ème siècle, auprès de compagnons de Molière.

En 1673, Molière meurt et est enterré en catimini… La thèse officielle veut qu’il soit mort des suite de la tuberculose, mais il aurait en réalité été empoisonné ! Un groupe se forme, composé de 7 personnages qui ont inspiré les pièces de Molière : Agnès, Alceste, Argan, Harpagon, Scapin, Tartuffe… et même Don Juan rappelé des enfers ! Leur mission il l’apprendront en mettant en commun ce qu’ils savent des derniers jours du comédien et écrivain : celui-ci aurait découvert un terrible secret où des puissants de ce monde seraient impliqués ! Tout serait expliqué dans son testament… mais encore faudrait-il le retrouver, en échappant aux hommes en noirs qui tentent de les en empêcher !

J’ai apprécié de retrouver ces personnages de la littérature classique, que j’avais laissé bien loin… La dernière fois que j’ai lu du Molière c’était au collège ou au lycée au mieux ! Et à l’époque, je n’était vraiment pas emballée par cet auteur ! Il faut dire qu’à 13 ans, quand un prof vous explique la portée humoristique de ses écrits, on a un peu de mal à le comprendre !
Bref, ces petites retrouvailles m’ont permis de réviser ces classiques, et surtout de les voir évoluer dans une enquête qui mêle histoire de France, ésotérisme, et théâtre.
Point positif, le respect du découpage classique en 3 actes, l’unité de temps… Et aussi les petits trucs qu’on retrouve dans le théâtre de Molière notamment, comme les apartés.

Sept personnages-planche

La chose qui m’a un peu gêné, se sont les dessins et couleurs… à force de lire des mangas la mise en couleur me pose problème peut-être ?
Les dessins ne sont pas mauvais, précis dans les décors et costumes… mais trop statiques je trouve, surtout dans les scènes de combats, où les plans ne mettent vraiment pas dans l’action.

Une petite lecture sympathique, mais sans plus
Cela ne va pas m’empêcher de continuer la série à l’occasion, même si j’ai pris pas mal de retard sur la sortie des 7 : Sept naufragés, Sept dragons, Sept détectives et Sept pistoleros… Et la saison 2 sera terminée ! 😀

« Le Peuple du tapis » de Terry Pratchett

Le peuple du tapisPour qui s’intéresse un peu à l’univers de la fantasy, Terry Pratchett est un classique ! Les annales du Disque-Monde, série d’une trentaine de romans ont fait la gloire de cet auteur qui mêle allègrement humour anglais et univers fantasy !
Avec Le Peuple du tapis, on découvre son tout premier roman. Bien qu’édité en 1971 pour la première fois, il commence à écrire Le Peuple du tapis à 17 ans… Oeuvre qui sera rééditée et remaniée par Pratchett lui même 20 ans plus tard !
Comme l’auteur l’explique en préface, le livre a donc été co-écrit ! Terry Pratchett à 17 ans et Terry Pratchett à 37 ans ! Et le plus vieux a pris soin de ne pas dénaturer les écrits du plus jeune… mais tout de même de l’adapter à ses goûts 😉

L’histoire se passe dans le monde du Tapis… Imaginons tout un univers qui tiendrais dans une carpette de notre salon, où même un grain de sable ferait office de montagne ! Un peuple, ou plutôt des peuples vivent entre les poils du Tapis, se font la guerre, construisent des cités,…
Nous suivons le peuple Munrungues dont sont issus Glurk, chef de la tribu, et Snibril son frère.
Après la destruction et l’attaque de leur village par une armée monstrueuse de moizes, le peuple Munrungues quitte ses terres pour fuir… Mais rapidement ils vont s’apercevoir que tous l’Empire est au proie du pouvoir de destruction du Découdre et des moizes !

Autant l’avouer, je ne suis pas une inconditionnelle du Disque-Monde… mais je m’étais dit qu’un petit roman de Pratchett devrait me plaire… Après tout j’ai beaucoup aimé De bons présages co-écrit avec Neil Gaiman !
Et bien ça a raté ! Je me suis ennuyée ferme en lisant Le Peuple du tapis ! Même si je trouve des qualité indéniable avec ses touches d’humour, son discours positif sur l’humanité et la paix… je n’ai pas vraiment accroché !
En m’y penchant de plus près, ce roman est initialement destiné à la jeunesse. Peut-être ne suis-je pas dans la cible visée ?

Enfin quoi qu’il en soit, cette lecture me permet de remplir une mission pour le challenge Petit BAC 2013 ! Catégorie « objet » bien entendu 🙂

Challenge Petit BAC 2013

« L’hôtel New Hampshire » de John Irving (Etat du New Hampshire)

Il a fallut que je prenne mon courage à deux mains pour me réattaquer à ce roman que j’avais très rapidement abandonné il y a 4 ans, lorsqu’on me l’avait offert. Mais challenge « 50 états, 50 billets » et New Hampshire oblige, il a bien fallu que je me lance… Surtout qu’il ne me restait plus rien à me mettre sous la dent pour le challenge !!! Bref, ce livre je l’ai vraiment gardé pour la fin, ou presque 😀
Avant de le lire, je ne sais pas pourquoi, je pensais que j’aurai à faire à un livre assez drôle et cynique, « un conte de fée loufoque » (dixit la quatrième de couv’), un peu comme La conjuration des imbéciles de John Kennedy Toole. Autant vous le dire tout de suite, ça n’est pas le cas. On est bien face à un conte de fée, mais qui tient moins du rêve que d’une analyse freudienne de celui-ci… et là…

Ambiance familiale dans ce roman ! Le narrateur, John, nous raconte sa vie et celle de sa famille depuis la rencontre de ses parents dans un hôtel du Maine. C’est ici que ces jeunes adultes Winslow Berry et Mary Bates tombent amoureux l’un de l’autre, et rencontrent Freud, un dresseur d’ours itinérant. Il va vendre son vieil ours à Winslow… et c’est là que les aventures commencent pour la famille Berry ! Tour à tour montreur d’ours, militaire, étudiant, professeur, propriétaire d’hôtel… Winslow va avoir 5 enfants avec Mary : Frank, Franny, John, Lilly et Eggs. Et comme on peut le soupçonner, leur vie sera pleine de fantaisies, mais aussi de parts plus sombres.

Difficile de résumer ce livre, car il part un peu dans tous les sens, comme tout bon conte de fée qui se mérite ! Mais en gros on est entre l’univers de Big Fish (en moins poétique) et celui du roman de Gunter Grass Le Tambour (en moins cynique). 
Autant le dire tout de suite, je n’ai vraiment pas apprécié cette lecture… On n’arrête pas de me dire du bien de cet auteur, mais franchement je n’accroche pas du tout.
Le côté onirique ne m’a pas trop gêné. Que ce soit dans la structure du récit ou dans les thèmes traité, on a vraiment l’impression d’être dans le rêve du narrateur… d’ailleurs il en est toujours question, du rêve. Ce qui m’a plus gêné, c’est le côté analyse freudienne des rêves. Je ne suis pas une freudienne… sans être une spécialiste, je suis du genre à penser que ce monsieur, pape de la psychanalyse, a raconté plus d’ânerie en projetant ses propres névroses et fantasmes sur ses patients que vraiment décrypter le fond de leurs problèmes… Bref… Donc le symbolisme à tout va qui transpire ligne après ligne, quel calvaire ! L’ours qui est un symbole sexuel non dissimulé, le labrador empaillé qui représente la douleur et la mort… Au bout de 571 pages, pitié !

Les thèmes traité font bien référence au domaine du conte de fée, loin des versions édulcorées de Disney : la mort, le viol, la différence, la violence, le sexe… On retrouve schémas récurrents des contes, dont le plus percutant pour moi est celui du Petit Chaperon Rouge, ses bois obscurs et le grand méchant loup, qui prennent l’aspect d’un viol collectif derrière le lycée pour Franny… C’est d’ailleurs là le centre du drame familial qui va se jouer ! Mais là encore, tout est fantasmes misogynes ou freudiens (j’hésite ;)), comme son histoire d’amour incestueuse avec son frère John… Encore un truc qui m’a laissée pantoise…

Bref, je l’ai trouvé très très moyen ce roman… Même s’il y a de réelles pépites de réflexion cachées dans quelques pages, sur des thématiques comme celle du viol et de son traitement subjectif, ou encore sur le terrorisme qui s’attache en réalité plus au moyen qu’à la finalité de ses actes. Pour ces quelques pistes de réflexion, ce livre a trouvé quelques grâces à mes yeux

Pour le meilleur ou pour le pire, j’ai promis à Petite Fleur une lecture commune du premier roman de John Irving, Le monde selon Garp (L’hôtel New Hampshire est le second, écrit en 1981). Donc oui, je vais m’y recoller, mais pas vraiment par plaisir…

 

Dans ce roman, vaste sujet que le New Hampshire, puisque c’est l’état où les parents du narrateur naissent et fondent une famille, puis le nom de leurs trois hôtels successifs aux Etats-Unis puis à Vienne en Autriche.

Le New Hampshire est situé en Nouvelle-Angleterre, entre le Maine et le Vermont, et sous le Québec. C’est comme la plupart des états de cette région un tout petit état (tout est relatif bien entendu, aux Etats Unis rien n’est vraiment petit !).

C’est en 1623 que les britanniques posent le pied dans ce futur état et y fonde une première colonie… D’autres les suivront en 1638 pour fonder Exeter, dont les colons donneront naissance à l' »Exeter Compact« , charte qui leur donne une constitution indépendante de celle de la Grande-Bretagne… La première du genre dans le Nouveau Monde ! En 1679 le New Hampshire quitte le giron du Massachusetts pour devenir une province royale, puis devient le premier état à se déclarer indépendant de la Grande-Bretagne en 1774 ! Par conséquent il fait parti des Treize états fondateurs des USA !
Vers les années 1850, l’industrialisation attire de nombreux migrants pour travailler dans les usines de textiles : Canadiens francophones, Irlandais… Après les années 1960, se sont les services et les nouvelles technologies qui permettent à l’état de rester compétitif.

Malgré sa longue histoire avec l’Empire Britannique, se sont des descendants de français que l’ont trouve majoritairement au New Hampshire ! En effet, le Québec n’est pas loin, et les habitants ayant une origine française ou québécoise représentent plus de 25% de la population. 16% de la population parle encore français, ce qui fait de la langue de Molière la seconde langue du New Hampshire !
Peut-être est-ce pour cela que des sondages désignaient cet état comme endroit où il faisait le plus bon vivre ? 🙂
Peut-être aussi parce que cet état est assez modéré au niveau religieux, ou alors parce qu’il n’y a pas de taxes et d’impôt ?!
Ou alors est-ce le climat et le paysage qui rend ses habitants si heureux ? Entre l’océan Atlantique, les montagnes et leurs stations de ski, les forêts, ses nombreux spots de randonnée ou d’escalade…  D’ailleurs les touristes ne s’y trompent pas depuis des années : Cette activité est une des plus importantes de l’état.

La ville de Dairy où se trouve le premier Hôtel New Hampshire dans le roman est une ancienne ville industrielle, en désuétude. Située dans la région de Squamscott, elle n’est pas proche de la mer comme Hampton, ni proche des montagnes et de ses pistes de ski. Bref, un endroit plutôt terne qui semble un peu ennuyeux pour les ados qu’étais ceux de la famille Berry !

« L’Histoire d’Edgar Sawtelle » de David Wroblewski (Etat du Wisconsin)

Me revoilà avec une nouvelle étape dans le challenge « 50 états, 50 billets » ! Cette fois nous partons dans le Wisconsin, un des états où je n’avais pas vraiment le choix de la lecture, puisque je n’avais trouvé qu’un seul roman à lire ! Je me suis donc lancée dans la lecture de ce petit pavé, sans savoir du tout de quoi il en retournait… Heureusement peut-être, le prix « Oprah’s Book Club 2008 » m’aurait peut-être rebuté 🙂

Depuis que le grand-père a acheté cette ferme dans la campagne, près de Mellen au Wisconsin, les Sawtelle élèvent des chiens… et pas n’importe quels chiens : ils créent leur propre race, emmenés par le rêve familial de produire le chien de compagnie idéal, à la fois beau et intelligent.
Lorsque qu’Edgar née dans les années 50, son père Gar et sa mère Trudy sont plus que proche du but : leurs chiens sont réputés dans la région tant ils sont exceptionnels. Et comme pour le prouver, Almondine, la chienne de la famille, va se révéler être une véritable mère pour le bébé Edgar qui se révèle être muet.

Loin d’être un handicap, le mutisme d’Edgar va lui permettre au fur et à mesure des années de créer une relation spéciale avec les chiens Sawtelle… Le chenil est le coeur du foyer, où chacun a sa place : Gar élève les chiots, Trudy les éduque, Edgar leur trouve des noms… La vie est douce chez les Sawtelle, jusqu’au jour où le frère de Gar, Claude, revient de l’armée et va bouleverser la vie familiale

Un petit mélange du Livre de la jungle et de Demain, les chiens de Simak: l’enfant-sauvage qui ne communique plus avec les hommes mais avec ses chiens, et les chiens qui doué d’une intelligence et sensibilité hors du commun semble devenir un véritable peuple à la recherche de son royaume… Il faut avouer que ces chiens si spéciaux ont tout du canidé qu’on a toujours rêvé d’avoir, fans des boules de poil ou non ! Malins, élégants, énergiques, curieux, ils comprennent un ordre d’un seul regard ! Ils ont tout d’un animal mythique !

En revanche j’ai moins accroché sur plusieurs aspects. Déjà les longueurs… Ok on est bercé dans l’univers de l’élevage canin et celui de la nature, où l’homme apprend la patience avant toute chose, mais quand même… Par moment ça se traîne sévère.
Ensuite le coeur du roman, le meurtre qui va tout précipiter… (désolée pour la surprise). Si dès les première pages on sait qu’un poison sera utilisé pour faire du mal à quelqu’un, il tarde à apparaître, et l’affaire tarde aussi à se voire résolue, si je puis dire. Très frustrant. En plus on comprend mal pourquoi l’assassin passe à l’acte. Moi je n’aime pas les actes gratuits, surtout s’ils ne sont même pas complètement amoraux !
D’ailleurs les relations entre les personnages ne sont pas claires… Par exemple la relation Trudy – Claude : elle le déteste les trois quarts du temps mais fini avec lui… Mouais… De même la relation mère – fils après une phase intense devient très évasive, juste quand cela sert la narration. Je veux bien que ce soit de la fiction, mais changer la psychologie des personnages à ce point…
Autre flop, le côté fantastique avec les apparitions fantomatiques qu’Edgar voit de temps en temps. Je veux bien que son mutisme lui a permis d’affiner d’autres sens ou moyens de communication, à moins que ce soit le travail quotidien avec les chien… Mais voir des fantômes, et cela de manière si anecdotique !!! Nul, on dirait du mauvais Stephen King ! C’est tellement mal amené que je me suis demandé si Edgar n’était pas schizophrène finalement, et avait inventé toute une partie de l’histoire. Ce n’est malheureusement pas le cas… ce qui aurait pu être une bonne excuse à cette arrivée inopinée des spectres dans le roman.

A part ça il faut quand même avouer que ça n’est pas si mal construit, avec des passages en passant par les points de vue d’Edgar, Trudy, Claude, Almondine… En plus il y a plein de bons sentiments et d’amour canin, ce qui est assez positif et remonte un peu le moral quand l’histoire devient un peu plus glauque 🙂

Le voyage initiatique d’Edgar, sa fugue, est au final la partie qui m’a le plus plu (même si elle n’arrive qu’au second tier du livre), quand il part avec trois de ses chiens vers la frontière Canadienne, apprend à se débrouiller, voler, trouver à manger, dormir dehors, pour finalement rencontrer Henry l’homme « banal » qui devient son ami… et lui redonne confiance dans le genre humain. Un apprentissage assez touchant, sans être larmoyant 🙂

Voilà donc un livre qui aurait été pour moi un objet de culte lorsque j’étais jeune adolescente, et que les chiens représentaient pour moi le meilleur de ce bas monde (oui, j’étais déjà un peu misanthrope :p). Aujourd’hui je ne peux pas dire que j’ai détesté, mais je n’ai pas vraiment adhéré non plus… Bof bof, si ce n’est quelques passages qui auraient mérités d’être plus développés !

J’ai du mal à comprendre l’engouement pour ce livre, ou du moins le teaser sur mon édition du livre : « Le roman qui a fait pleurer toute l’Amérique ». Mouais… faut pas charrier non plus hein 😀

De par sa position sur la carte des Etats-Unis, on peut aisément imaginer que cet état est un véritable paradis de nature sauvage, entre les Grands Lacs et le Canada pas très loin… Et en lisant ce roman on est transporté dans ces paysages de forêts, marais, lacs, … sous un ciel tantôt clair et clément, et d’autre fois orageux, tempétueux…

La région n’est pas très montagneuse contrairement à ce que je pensais : le mont le plus haut culmine à 603m… On est vraiment dans une région de plaines et de plateaux ! Et même si on est encore dans la « Corn Belt« , le sol du Wisconsin est assez pauvre, surtout quand on remonte vers le nord. L’état est à presque à moitié recouvert de forêts d’érables, chênes, pin, bouleau… ce qui est forcément une manne financière non négligeable pour l’économie locale : c’est le premier producteur de bois des USA !
Malgré tout cet espace boisé, les agriculteurs ont trouvé la place pour installer des élevages bovins, porcins, et même de visons ! Et là aussi le Wisconsin se distingue, en étant le premier producteur laitier de l’état ! On retrouve aussi des productions de céréales : maïs, soja, pommes de terre, fruits et légumes… et tabac. Petite anecdote amusante, le Wisconsin doit son nom à l’indien Chippewa « Ouisconsin » : « lieu où il y a de l’herbe à fumer« . Tout un programme 🙂
Enfin même dans la culture, le Wisconsin est numéro un : premier pour les cranberries, ginseng,…. !

Par sa proximité avec les Grands Lacs, l’industrie est assez bien développées, surtout près de Milwaukee et Madison, sa capitale : papier et bois, produits laitiers, chimie, automobile…  Le tourisme et la culture ne sont pas en reste avec plusieurs musées, parcs, l’Université du Wisconsin… Mais l’état a une réputation qui lui colle dur à la peau, celle d’un état rural ! Mais avec des rendements tels dans le domaine, on comprend pourquoi…

Au niveau historique, le Wisconsin fait partie des états découverts par la France. En 1634, Jean Nicolet est le premier Blanc à explorer la région, venant de la région de Québec. Il croit alors se diriger vers la Chine…  Il y fonde la première colonie de la région, Baie Verte, au profit de la Nouvelle-France. Malgré cela, ce sont surtout des allemands, scandinaves et suisses qui peupleront ce qui deviendra la Wisconsin.
En 1763, les Britanniques obtiennent la région de la France, puis la cède aux Etats-Unis tout justes formés en 1783… Mais elle restera sous gouvernance britannique jusqu’en 1812. En 1848, le Wisconsin devient le 30ème état de l’Union.

Quelques fait intéressant de la culture du Wisconsin : c’est l’état le plus « alcoolisé », où la consommation par habitant est la plus élevée… ce qu’on peut peut-être mettre sur le compte de la germanisation du territoire ?
C’est aussi au Wisconsin qu’est né et a fait jouer sa créativité le grand architecte Frank Loyd Wright, connu pour son architecture organique du début du 20ème siècle… Ses maisons sont réputées pour son ergonomie, et son attachement au mélange entre l’espace construit et l’espace naturel.

« Les 40 signes de la pluie » de Kim Stanley Robinson (Etat du Maryland)

Et on continue notre découverte des Etats-Unis avec mon challenge favoris de l’année : « 50 billets, 50 états » ! Aujourd’hui le Maryland grâce au roman de Kim Stanley RobinsonLes 40 signes de la pluie, écrit en 2004, premier opus de sa saga « Capital Code », qui m’avait l’air d’être de la bonne SF

Entre Washington DC, le Maryland, la Virginie, et même la Californie… nous suivons sur plusieurs semaines la vie quotidienne de plusieurs personnages qui travaillent dans le domaine de sciences et de la politique autour de la capitale américaine, Washington DC. Et il va y avoir du boulot : le réchauffement climatique est une réalité et ses effets se font ressentir au fur et à mesure. Les politiciens et les lobbyistes vont-ils pouvoir (ou vouloir) faire passer des lois vitales pour l’environnement et l’avenir de l’humanité ? Le climat va t-il continuer à se dégrader ? Que fera la population le jour du grand bouleversement climatique ?

L’avantage de ce roman, c’est qu’il est très bien documenté que ce soit pour ses aspects scientifiques, géographiques, historiques… Un vrai documentaire sur les changements climatiques et ce qui pourrait nous attendre dans les prochaines années ! On se sent rapidement dans un vrai roman d’anticipation !
Le fait de remettre dans le contexte des USA hyper modernes, contemporain, des catastrophes climatiques qui aujourd’hui même se produisent dans des pays loin de chez nous, et très intéressant.
Un peu trop bien documenté peut-être, et pas assez dans l’action…  Je me suis ennuyée ferme pendant les deux tiers du livres : trop de stratégie politique, trop de théories scientifiques détaillées… On est loin du feuilleton catastrophe ! Le côté ultra-scientifique rentre trop dans les détails, supposant que les lecteurs comme moi sont plus calés qu’ils ne le sont véritablement ?
C’est dommage car sans vraiment m’emballer, l’histoire est tout de même assez intrigante ! On se doute bien qu’il va se passer un truc, un bouleversement (en rapport avec la pluie puisqu’on a bien lu le titre du livre :)), mais ça tarde

Pour contrecarrer ce côté trop technique, je pense que l’auteur essaye de nous attacher à ses personnages, comme le couple Quibler, Anna et Charlie et leurs deux enfants : détails de la vie de famille de tous les jours, scène où maman utilise un tire-lait (mon dieu…) pendant que papa va au parc en se posant des question sur sa place d’homme dans la cellule familiale… Chiant.
Globalement le volet humain ne m’a pas du tout plongé dans l’empathie, ni émue, ni faite rêver. Mais peut-être cela était voulu, de ne pas nous attacher aux personnages, pour nous montrer en quoi les rapports naturels entre humains sont maintenant corrompus ?

Bref, vous aurez compris que ce qui m’a intéressé dans ce roman, c’est qu’il me permet de faire avancer mon challenge américain… Je vais tout de même lire le deuxième volume de la saga50° au-dessous de zéro, qui me semble un peu plus prometteur. Vu que la catastrophe à lieu à la fin du premier volet, il y a peut-être de bonne chance d’avoir un peu plus d’action dans le second ? 😀

 

Nous découvrons donc le Maryland dans ce roman, et plus particulièrement Bethesda, banlieue aisée à la main d’œuvre hautement qualifiée de Washington DC, ce qui laisse aisément penser qu’une bonne partie du Maryland fait office de zones résidentielles pour la capitale des USA.
Cela peut s’expliquer par l’histoire même de la ville de Washington, qui a en croire l’auteur est une portion de territoire inexploité, des marécages, donné par le Maryland et la Virginie aux tout jeunes Etats-Unis à la fin du 18ème siècle.

A l’origine, le Maryland est une province anglaise, colonisé par eux au profit des persécutés catholiques en 1632. Elle fut nommée « Maryland » en l’honneur de la fille d’Henry IV, Henriette-Marie de France. Mais colonie anglaise oblige, la région devient vite protestante !
La colonie prospère grâce au tabac, et accueille plus de 200 000 habitants en 1775. Après la guerre d’Indépendance, le Maryland devient un des états fondateur des USA, le 8ème.

Aujourd’hui le Maryland compte plus de 5 millions d’habitants. Sa ville la plus connue est Baltimore, mais comme souvent, ce n’est pas la plus célèbre qui fait office de capitale, qui pour le coup est Annapolis, sur les bords de la baie de Chesapeake. Cette baie donne sur l’Océan Atlantique, ainsi que sur l’embouchure de la rivière Potomac qui sépare le Maryland de la Virginie.
Malheureusement, cet accès à la mer n’est pas des plus sain, et si les crab cake et autres clam chowders sont les plats typiques de la région, j’hésiterai à y goûter là bas… La pollution est très importante dans la baie, même si les espèces de poissons et oiseaux y vivent : c’est notamment dans le Maryland qu’on a retrouvé des cas de poissons hermaphrodites due aux engrais et autres perturbateurs endocriniens (un peu comme dans la baie de Seine chez nous…).

Malgré ça, il faut avouer que le Maryland est autre chose qu’une énorme banlieue un peu polluée. Les zones urbaines sont surtout à la périphérie de Washington et des côtes, le reste de l’état offre de larges zone champêtres : une grande partie de son économie repose sur l’agriculture, et le climat subtropical humide et océanique permet de cultiver des légumes qu’on voit plutôt dans le sud de l’Europe : concombres, melons, tomates…
Elle est tout de même appelée « America in miniature », pour signifier la variété de ses sites : forêts, montagnes, collines, rivière, dunes… Et si son côté sauvage vous échappe, sachez que Le projet Blair Witch se déroule dans le Maryland 😉