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« Le pays des hommes blessés » d’Alexander Lester

Les pays des hommes blessésPour bien commencer la rentrée j’ai choisi un roman vraiment hors de ma zone de confort habituelle lors du partenariat Denoël… bonne ou mauvaise idée ? Je vous laisse juger 😉

Wayne Robert est élevé dans une ferme à tabac en Rodhesie dans les années 70, dans la pure tradition colonialiste anglaise. Depuis sa tendre enfance il suit son père dans les champs et se lève tôt pour travailler la terre… sa terre. Il sait que sa vie sera celle de fermier, car son amour pour cette ferme est plus forte que tout. Il n’en va pas de même pour son frère Patrick, qui préfère la lecture, à des idées progressistes sur les relations entre Blancs et Noirs et n’a aucune passion pour l’agriculture.
À peine sorti de l’adolescence, le destin choisira pour eux leur avenir : les nationalistes Noirs de la ZANLA ont déclaré la guerre aux fermiers Blancs, et le père de Wayne eSt torturé et tué, alors que Patrick est kidnappé…
Il n’y plus que le désir de vengeance qui anime Wayne et une haine dévorante contre les terroristes de la ZANLA.

Voici un livre déprimant, car très bien documenté et réaliste. Il ne m’en ressort qu’une idée : tous des pourris… Bon, je vais un peu vite en besogne.
Heureusement l’auteur ne s’en tient pas qu’à la question de la violence, mais pose aussi des questions sur le colonialisme et les mouvements de libération des pays sous joug occidentaux.
Au fil des pages, sans surprise, la répétion de l’histoire est omniprésente, qu’elle soit petite ou grande. Wayne eSt un clone de son père, les fermiers Blancs ont sans cesse les mêmes guerres contre les nationalistes Noirs, les hommes meurent, les femmes se font violer et les village brûlés… Et le seul héritage reste la vengeance.
Bref, après une bonne révolution, les opprimés restent finalement les mêmes, écrasés par des plus riches et plus puissants… la seule évolution est que le pouvoir a changé de main. Donc rien de neuf sous le soleil… Mais cette histoire a le mérite de montrer l’Afrique rurale depuis le regard des Blancs, dont l’Histoire se souvient uniquement comme des monstres colonialistes.
Côté personnage je n’ai aucune empathie pour les uns comme pour les autres. La manière dont le narrateur, Wayne, présente les faits met une vraie distance avec l’émotion, malgré des descriptions parfois glauques.

Pas de happy-end, assez peu de morale dans ce récit… et comme c’est loin d’être une fiction, cette histoire m’a bouffée pendant un certain nombre d’heure, même après avoir refermé le bouquin.

Personnellement , ça n’est pas ma came mais d’autres lecteurs apprécieront peut être ce genre de roman historique au goût acide
Merci Denoël pour ce partenariat.

Le pays des hommes blessés d’Alexander Lester
Traduit de l’anglais par Vincent Raynaud
Édition Denoël & d’ailleurs – 496 pages
Paru le 14 septembre 2017

Et puis au passage, il me permet de faire le challenge ABC pour la lettre L

abclogoshadow

« Les vieilles filles » de Pagan Kennedy

Le vieilles fillesDe loin, une promesse de road-trip sur les routes des États-Unis des sixties avec ce roman issu du partenariat Denoël de mars (oui, je suis en retard… mais pour être franche je l’avais oublié sous un gros tas de livres). De plus près l’inévitable introspection inhérente au long voyage de la narratrice.

Deux sœurs d’une trentaine d’année, Frannie et Doris, vivent avec leur père malade dans une maison du New Hampshire. À la mort de ce dernier, les deux sœurs voient là une occasion de sortir et de voir le monde : une virée chez leur tante en Caroline se transforme vite en road trip jusqu’en Arizona, dans le grand ouest.
Doris déguste cette liberté avec avidité : flirt, shopping, cigarette… mais Frannie voit tout cela d’un mauvais œil. Elle voulait finir vieille fille dans sa maison du New Hampshire avec sa sœur, et voit son plan s’écrouler devant ses yeux.

Difficile d’avoir un avis sur ce livre, je suis assez partagée. D’un côté je regrette que la route ait si peu d’importance, elle est juste une excuse pour faire évoluer les deux sœurs dans leur point de vue sur la vie. On passe d’un point à un autres du pays sans ressentir la longueur du voyage, les sensations de chaleurs ou le plaisir devant de beaux paysages…
Pendant cette virée Frannie forcément va s’assouplir, et Doris prendre un peu de plomb dans la cervelle. Mais ce ne sont pas tant les expériences sur la route que les souvenirs d’enfance et la relecture de ceux-ci qui vont les faire évoluer. Bref, on est vraiment dans l’introspection… il ne faut pas s’attendre à les voir vivre des expériences de folie lors de ce voyage. C’est peut être ça qui est gênant, ce réalisme
Les personnages ne sont pas attachants, et malgré leurs travers (toujours très réalistes), je n’avais l’énergie d’avoir envie de leur mettre des coups de pied au derrière.

L’intérêt pour moi a été de visiter une Amérique mythique, celle des années 60 : les belles voitures, les routes sans fin, les restaurants de bords de routes, les hippies, le changement de la condition de la femme… et ses cotés moins joyeux : la guerre du Viêt-Nam, les émeutes de Chicago…

Donc vous l’aurez compris, je n’ai pas été conquise par Les vieilles filles. Erreur de public ? Peut-être…

Une lecture qui me permet néanmoins d’avancer sur le challenge ABC 2017 !

abclogoshadow

Les vieilles filles de Pagan Kennedy
Traduit par Philippe Brossaud
Éditions Denoël & d’ailleurs – 223 pages
Paru le 24 février 2017

 

« Le cercle de Farthing » de Jo Walton

Le cercle de farthingDécidément j’aurai lu du Jo Walton ces douze derniers mois !
Lorsque Folio m’a proposé ce titre, Le cercle de Farthing, dans le Club des lecteurs SF, j’ai sauté sur l’occasion de découvrir « son » grand classique. Entre les critiques dithyrambiques des uns, et les revues plutôt dubitatives d’autres, il fallait que je me fasse mon propre avis.

Nous sommes dans une uchronie où la Grande-Bretagne a choisi de ne pas poursuivre la guerre contre le IIIème Reich, sous l’impulsion d’une alliance de politiciens anglais : le cercle de Farthing. En cette fin des années 40, l’Europe continentale appartient à Hitler et seuls les russes se battent encore contre son armée.
Dans une famille d’aristocrates, Lucy a décidé de faire fi des conventions et a épousé un banquier juif, David Kahn. Son père le vicomte d’Eversley, sa famille et ses amis lui reproche de ne pas s’être mariée avec quelqu’un de son rang et de sa religion.
Pourtant, le couple est invité à une réception chez les parents de Lucy. Le lendemain des festivités, un des invités est retrouvé poignardé, une étoile jaune ensanglantée transpercée par la lame du couteau.
Pour l’enquêteur Carmichael de Scotland Yard, même si David Kahn semble être un coupable tout désigné, dans un contexte social porté sur l’antisémitisme, les choses ne doivent pas être si simples. Où l’enquête va-t-elle le mener ?

Bien que j’avais envie de connaître la fin du roman et la manière dont les Kahn allaient se sortir de ce guêpier et dont Carmichael allait résoudre l’affaire, je n’ai pas vraiment été emballée par le roman.
Difficile de mettre le doigt sur ce qui gêne, dans ce mélange de roman policier et de science-fiction… peut-être la simplicité de l’enquête et le récit cousu de fil blanc ? L’intrigue est assez tirée par les cheveux, je n’ai pas accroché.
De plus, cette focalisation sur l’image de la mère marâtre me rappelle beaucoup Morwenna et est lassante à la longue.

Une lecture pas désagréable, mais je reste sur ma faim. J’avais préféré Morwenna ou Mes vrais enfants du même auteur. J’espère d’ailleurs que je ne me lasserai pas de sa plume, car je vois des schémas se répéter dans ses romans : univers de la bourgeoisie ou de l’aristocratie anglaise avec ses conventions désuètes, l’image de la mère acariâtre et maléfique, l’homosexualité et la bisexualité au centre des récits… A la longue ça risque d’être lassant.

« Elric, tome 2 : La Forteresse de la Perle » de Michael Moorcock

Elric 2Suite de ma découverte de cette saga classique de la fantasy, après un tome 1 lu l’an dernier, qui ne m’avait pas déplu. Et pour ne pas déroger à la règle, une entre pour le challenge des littératures de l’imaginaire !
Seul hic, je ne me souviens absolument pas de la fin du premier opus, Elric des Dragons… mais à priori, ça n’est pas handicapant.

Elric a quitté son Royaume de Melniboné et son trône, et se retrouve maintenant sur un nouveau continent, au milieu d’un désert. Alors qu’il était prêt à mourir d’inanition, il est sauvé et emmené dans la cité voisine Quarzhasaat. Mal au point et confondu avec un Voleur de Songes, il ne doit son salut qu’à une drogue mortelle qui lui permet de retrouver ses forces. Pour obtenir l’antidote a ce poison qui le dévore lentement, il doit aller à la recherche de la Perle au Cœur du Monde et la voler.

Voilà comment Elric l’albinos va se retrouver à sillonner le désert à la recherche de l’Oasis Fleur d’Argent. Monstre démoniaques, hordes d’assassins et de magiciens corrompus sont bien entendu de mise… sans oublier la jeune femme sexy qui en veut à son corps. Bref, de la fantasy très classique, voir trop !
Au milieu de tout cela un voyage dans les univers oniriques, où il est question de multiversTout ce que je n’aime pas en fantasy 🙁
J’ai fini par lire ce roman en diagonale. Trop de clichés, bien que je sois bon public habituellement…

Un gros bof pour cette suite ! Pour le moment je vais laisser tomber cette saga…

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« Les Brillants » de Marcus Sakey

Les brillantsPour la sélection Folio du mois dernier, je me suis laissé tenter par Les Brillants, de Marcus Sakey, présenté comme le croisement entre la série Heroes et des X-Men. Chouette, j’adore les super-héros ! Il n’en fallait pas plus pour me donner envie de lire ce livre ! Je suis passé outre le fait qu’il soit édité dans la catégorie Policier chez Folio… et non en Science-Fiction. Pour tout dire, ce livre me laisse un peu un goût amer… un peu dystopique, un peu policier, beaucoup thriller

Dans un monde qui pourrait être le nôtre, les brillants, ou « anormaux », sont des êtres-humains ayant le potentiel d’Albert Einstein, dans des disciplines variées : stratégie, lecture de schémas corporels, anticipation de trajectoires… Ces génies peuvent donc facilement devenir des maîtres de guerre, de fins psychologue lisant dans les pensées, ou des passes-murailles. Depuis les années 80, 1% de la population qui naît est composée d’anormaux.
L’agent fédéral Nick Cooper, lui-même anormal, travaille dans un service qui a pour objectif de contrôler cette minorité. En effet, des terroristes anormaux, menés par John Smith, sèment le chaos, liguant normaux et anormaux les uns contre les autres. Mais c’est quand celui-ci fait sauter la place du marché mondial, et 1000 civils innocents, que l’affaire va prendre une autre tournure pour Cooper.
Pour arrêter ce monstre, Cooper doit abandonner son statut d’agent fédéral, et infiltrer le réseau terroriste en se faisant passer pour l’un d’eux…
Mais quelle vérité découvrira-t-il lors de sa traque ?

Bon, il faut l’avouer, je ne suis pas une grande fan de roman de ce genre : action, pseudo-enquête, infiltration et espionnage… je pensais que le côté science-fiction prendrait le pas, mais non, pas vraiment. Les pouvoirs des « anormaux » sont un peu trop réalistes : finalement ce ne sont que des génies (ok, c’est déjà ça…). Pas de mecs qui tirent des lasers avec ses yeux ou qui arrête le temps ici.
On voit un peu comment a tournée la société grâce (ou à cause) des anormaux : des avancées technologiques incroyables, un monde sans guerre de religions mais en pleine guerre de castes… Intéressant, mais trop léger pour vraiment m’accrocher.

En ce qui concerne le style, je n’ai vraiment pas été conquise. Pas d’humour ni de second degré… C’est du sérieux ! Entre action et drame, peu de place pour la légèreté ! Mais malgré ça je n’ai pas ressenti l’excitation ou le suspense entre les lignes.

A vouloir faire trop réaliste, sans tomber dans le sordide des romans noirs, l’auteur a créé des personnages sans saveur… Son héros, Cooper, est vraiment trop lisse : bon père de famille divorcé, mais encore proche de son ex-femme, qui est loyal à sa hiérarchie, prêt à se sacrifier pour une cause, un super combattant, intelligent, sensible… Tout pour plaire… ou exaspérer !

Bref, je ne lirais pas le tome 2 de cette série… et oui, un seul roman ne suffisait pas !
Je me suis ennuyée ferme… Après il faut avouer que je ne suis vraiment pas une adepte des roman policier / action… D’autres trouveront peut-être leur compte ? A priori oui vu les commentaires élogieux sur d’autres sites 😉

Enfin cette lecture me permet tout de même d’avancer dans le challenge ABC des Littératures de l’imaginaire !

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« Gorilla Man » de Robert Graysmith

Gorilla manVoilà un petit moment que je n’ai pas publié de post, vacances obligent ! Avant de partir j’ai reçu pour le partenariat Denoël Gorilla Man, de Robert Graysmith… Celui là même qui a écrit Zodiac. Comme j’aime bien les histoires de serial-killer, je ne me suis pas posée de questions en choisissant ce livre, qUi m’a donc accompagné en vacances au Japon !

Dans les années 20 et 30, un homme à l’allure de gorille, sème la mort à San Francisco. Ses bras longs, ses mains immenses, son dos voûté, et son rire nerveux inoubliable vont hanter la cité californienne, puis le reste des Etats-Unis. Malgrè les meilleurs policiers et technologies pour le traquer, il va rester de longues années en liberté pour commettre ses crimes. Les choses deviennent plus difficile quand on s’aperçoit que le Gorille a fait des petits : plusieurs hommes correspondants à la description physique du Gorille surgissent et laissent derrière eux des victimes, toutes tuées de manière effroyable. Dans une ville rongée par la corruption de la Police, les forces de l’ordre arriveront-elles à résoudre l’énigme de l’identité du Gorille ?

Pas de doute, on est bien dans une enquête ultra documentée, comme Zodiac (que je n’ai pas lu). Histoire de me remette l’histoire en tête, je l’ai regardé dans l’avion à mon retour de vacances : malgré un fond passionnant, je lui trouve les mêmes défauts que Gorilla Man et j’ai un peu mieux compris ce qui me gênais dans ce livre.

Le problème majeur est que même s’il est en parti construit et traité comme tel,  cet ouvrage n’est définitivement pas un roman. Par exemple les personnages sont un peu travaillés pour nous les rendre sympathiques, comme l’enquêteur principal Dullea, mais ils ne sont pas spécialement des protagonistes centraux. Ils vont en viennent. Par moment on commence à accrocher sur l’histoire et les traits d’un tueur… mais c’est fugace, car ils défilent à une vitesse écoeurante. Bref, dans le récit on tarde à avoir l’apogée, le climax. On croit que ça arrive… mais non. Et puis sans vouloir trop en dévoiler, j’ai aussi été assez déçue de la fin, qui tombe un peu comme ça.

L’auteur est exigeant avec ses lecteurs, il faut rester concentrer sur les dates, les recoupements… Pas évident quand on a pas des heures devant nous pour lire d’une traite. Il nous brosse un tableau du San Franciscso des années 20 avec les meurtres qui ont fait les gros titres de l’époque, les systèmes de corruption mis en place dans la police, le plan du quartier du port quand la ville n’était pas reliée au continent… C’est bien pour se mettre dans le bain, mais très long, surtout au début de la lecture du livre. Ca m’a donné comme un effet de trame décousue.  J’ai donc eu beaucoup de mal à avancer, et il m’a fallut la perspectives de dizaines d’heures de voyage pour enfin terminer ce livre.

Bref, je suis pas hyper emballée même si je reconnais à l’ouvrages des qualités d’écriture, de documentation, d’enquête… Mais je pense que ce genre n’est pas fait pour moi ! Merci tout de même à Denoël pour le partenariat !

Gorilla Man de Robert Graysmith
Traduit par Emmanuel Scavée
Collection True Crime – 464 pages
Paru le 15 octobre 2015

« Le fossoyeur » d’Adam Sternbergh

Le fossoyeurPour continuer à profiter du printemps sur une touche fraîche et ensanglantée, je me suis laissée tenter ce mois de mai par Le fossoyeur, proposé dans le cadre du partenariat Denoël. Ce roman est en fait le premier volume d’une saga débutée en 2014 aux États-Unis, qui se trouve aussi être le premier roman de son auteur Adam Sternbergh.
Si vous aimez les ambiance post-apocalyptiques urbaines matinée de violence à la « Bourbon Kid », dans la veine des roman d’anticipation, ce livre est peut être fait pour vous… Mais pour moi ?

Dans un futur pas si lointain, New-York est à peine le reflet de sa grandeur passée. Suite à une vague d’attentats et d’attaques chimiques par des groupes extrémistes, la plupart des habitants ont fuit la ville. Ne reste que quelques paumés, des bourgeois enfermé dans leurs appartements grand luxe et des citoyens encore attachés à de leur ville. Spademan n’est rien de tout cela. Contre rémunération il peut tuer qui vous voulez sur simple coup de fil. Sauf les enfants ! Il n’est pas un psychopathe quand même…
Quand un riche prêcheurs du sud des États-Unis lui demande de retrouver sa fille fugueuse et de l’assassiner, il accepte la mission. Mais la fuyarde Perséphone n’est pas si facile à coincer. Et une fois retrouvée une surprise va retenir la lame de Spademan… Mais s’il décide de la laisser en vie, il devient de fait son protecteur, contre son père et toute son armée !

Si je n’ai rien contre les ambiance de ville détruite et de population en errance, j’ai eu du mal tout de même à apprécier la première partie de ce roman… Un style très laconique, écrit à la premières personne, où Spademan le tueur à gage est le narrateur. Il y avait trop de similitudes avec Le livre sans nom et ses suites, sans son second degré et son côté fantastique qui me plait tant !
Ici le côté un peu fantasy est donné par le nouveau réseau de connexion dans un monde virtuel, un peu comme dans Les Extrêmes de Christopher Priest (ou le film Existenz). Allongé dans un lit, l’utilisateur est relié au réseau, où il peut virtuellement vivre les expériences de son choix pour la durée qu’il souhaite. D’abord un loisir, cette activité est devenue pour les plus riches un mode de vie, permettant d’échapper à la ville déliquescente. L’idée est bonne, quoique peut être pas assez exploitée.

Le problème dans ce récit c’est qu’on voit arriver les choses : on se doute bien pendant toute la période où l’assassin traque sa victime qu’il ne l’a tuera pas. On sait que quelque chose va arrêter le geste de Spademan, et que Perséphone va vivre. Et là, j’ai croisé les doigts pour que l’auteur nous fasse pas le coup du tueur amoureux de sa cible. Mais non, ouf !

Sur la seconde partie j’ai un peu mieux accroché. Peut être grâces aux personnages de Spademan qu’on apprend à mieux connaître, ou celui de son ami Mark. Et surtout parce qu’on se centre moins Perséphone qui est un personnage que je n’arrive pas à apprécier.

Bref, je suis pas franchement convaincue… Par moment je me disait « chouette il se passe des choses », à d’autre je trouvais ça plat… Bof bof.

Merci tout de même Denoël pour cette occasion de lire ce roman 🙂

Le fossoyeur d’Adam Sternbergh
Éditions Denoël – Collection Lunes d’encre
Traduction : Florence Dolisi
2015 – 272 pages

« Contes à l’encre de la nuit » de Thomas Owen

Contes à l'encre de la nuitContes à l’encre de la nuit de Thomas Owen… ce livre doit être dans ma liste à lire depuis bien 3 ans. Des écrivains dans le domaine du fantastique, dont le nom commence par la lettre O, ça ne courent pas tant les rues que cela !
Enfin, voilà c’est fait ! J’ai acheté, lu et refermé ce recueil de nouvelles parues entre 1945 et 1966, qui oscillent entre fantastique et épouvante. Et je crois qu’il ne va pas me laisser un souvenir impérissable…

Pour faire simple, la majorité de ces courtes nouvelles tournent autour d’histoires de fantômes, du point de vue de témoins de ces phénomènes paranormaux. Dans leur quotidien, que ce soit lors de promenade ou dans une maison, ils vont faire une rencontre ou découvrir un fait perturbant… qui va s’avérer après enquête être un esprit en errance (surprise !).

Après avoir lu des monuments du fantastique et de l’horreur (Lovecraft, Edgar Alan Poe, Hawthorne, H. G. Wells…), où la tension monte crescendo dans une ambiance toujours plus sombre, et où les idées mêmes d’apparitions spectrales glacent le dos… Ben ici je suis restée sur ma faim ! C’est bien écrit, on sent une pointe d’humour et tout… mais franchement, quel ennui !

J’aurai du me fier à l’édition : Zone J de Mijade est la collection pour jeunes ados de 9 à 15 ans. Ben, voilà, tout s’explique ! Je suis tombée sur de la littérature pour enfants… Enfin je ne voudrais pas dire, mais à cet âge j’avais lu Le Horla et Les contes de la Bécasse de Maupassant, quand même plus flippants… de mémoire 😉

Bref, vite lu, vite oublié ! Pas franchement mauvais, mais vraiment pas essentiel pour moi !
Heureusement, il me permet de remplir mon objectif pour le Challenge ABC des Littératures de l’Imaginaire.

challenge de l'imaginaire ABC 2014

« Les neuf princes d’Ambre » de Roger Zelazny

Les neuf princes d'AmbreLes neuf princes d’Ambre, premier volume du cycle du même nom, fais figure de grand classique de la fantasy. La série a débuté en 1970, et a encore cours aujourd’hui malgré la mort de Zelazny (oui, c’est bizarre).
Pour le challenge ABC des littératures de l’imaginaire, c’était parfait pour ma lettre Z, comme vous vous en doutez 😉

Un homme se réveille à l’hôpital, plâtré… Que lui est-il arrivé ? Il ne se souvient de rien, même pas de son nom… Un accident de la route et puis plus rien. Tout ce qu’il sait, c’est qu’il n’est pas vraiment blessé… Il s’échappe donc de sa chambre et en profite pour rechercher qui l’a fait interner. Une certaine Flora, qui semble être sa sœur, paye pour son séjour. Il décide donc de la retrouver chez elle dans le but d’en apprendre plus sur son identité réelle, mais sans lui montrer qu’il est devenu amnésique.
Il ne va pas être déçu du voyage : il apprend son vrai nom, Corwin, et découvre qu’il est un des neuf princes du royaume d’Ambre, issue d’une fratrie qui se déchire pour conquérir le trône. Mais qu’est ce qu’Ambre ? Sa rencontre avec son frère Random va vite lui permettre de le savoir, et de traverser au passage les mondes d’Ombre.

Assez bizarrement, je n’ai pas du tout été emballée par cette lecture, alors que je pense aimer la fantasy.
Je l’ai trouvé à la fois long, malgré ses 250 pages, et trop laconique sur certains passages… Ça donne un effet brouillon par moment assez désagréable. Le récit à la première personne et la vue subjective des situations justifient pourtant cela… mais non ! Je n’ai pas réussi à rentrer dans l’univers, à me projeter dans ce monde onirique. Ça vient peut être aussi du mélange monde magique, médiéval et contemporain, qui m’a rendu ardue la représentation des scènes.
Côté des personnages, je n’ai pas accroché du tout sur Corwin, ni aucun autre protagoniste. Je n’ai rien contre les personnages arrogants comme lui, mais celui-ci manque totalement de charisme je trouve.

Bref, je suis assez déçue, car j’avais envie de découvrir cette saga… Un gros bof !
Le seul truc qui sauve ce roman, c’est qu’à la fin, j’avais envie de savoir si ce pauvre Corwin allait réussir à regagner son trône. Mais de là a me dire que je lirai le deuxième tome… 😡

challenge de l'imaginaire ABC 2014

« Les derniers jours du Paradis » de Robert Charles Wilson

Les dernies jours du paradisVoici un nouveau partenariat avec les éditions Denoël pour bien préparer la rentrée, avec un roman d’une des stars de la science-fiction de ses dernières années : Robert Charles Wilson !
J’ai déjà lu deux romans de cet auteur canadien d’origine californienne : Blind Lake et Les Chronolithes. Les derniers jours du Paradis est son dernier roman édité en France (à paraître le 4 septembre), mais paru en 2013 aux États-Unis.

En 2014, Cassie se prépare à fêter le centenaire de la fin de la Première Guerre Mondiale. Grand moment, car depuis un siècle l’humanité connaît une paix sans faille. Pas une seule guerre, pas le moindre conflit… Et Cassie sait pourquoi, pour son plus grand malheur !
En tant que membre de la Correspondence Society, une société secrète, elle sait ce que peu de personnes peuvent imaginer : une entité extra-terrestre, l’Hypercolonie, telle un essaim d’insectes gigantesque enserre la planète Terre, dans la zone de l’atmosphère où passent les ondes radio. En manipulant les messages radios depuis 1914, ils ont pu orienter l’évolution de l’humanité au travers de ses communications. Résultat : plus de guerre… Un paradis artificiel mais efficace.
Mais à quel prix ? Afin de protéger son secret, l’Hypercolonie a envoyé il y a quelques années de cela des créatures humanoïdes tuer des membres de la Society, dont les parents de Cassie.
Et ce soir, l’un de ces monstres à forme humaine d’eux s’apprête à la retrouver… Cassie n’a qu’une solution, la fuite, avec son frère Thomas et d’autres membres de la Society.

Le sujet de cette SF avait l’air sympa, une uchronie où le XXeme siècle aurait connu la paix. Donc pas de fusées et de vols spatiaux, pas de bombes atomiques, pas de PC de bureau… Mais le traitement de cette histoire au final m’a assez déçu. J’avais bien aimé mes précédentes lectures de Wilson, mais là je n’ai pas retrouvé l’énergie et l’intérêt de ces deux autres romans cités en intro.

D’abord la présentation de cette société vivant dans la paix est trop anecdotique. Pas de détails sur l’histoire, la géographie, la politique, l’art, les technologies… L’auteur s’en sort en dépeignant des groupes de personnages baignés dans la paranoïa, qui n’utilisent pas du tout les moyens de communication contemporains (téléphone, TV…) afin de ne pas être repérés par les aliens. Par conséquent, je ne suis pas rentrée dans ce monde rêvé ou cauchemardé…
Ensuite les personnages… Entre ceux qui ne servent à rien comme le petit frère de Cassie, Thomas ; ceux qui sont caricaturaux comme le leader de la société secrète Beck qui cherche à monter une armée anti-alien ; la meilleure ennemie de Cassie, Beth qui est une vraie chienne ; son copain Leo le bad-boy qui va faire fondre notre héroïne après avoir joué la dégoutée… A aucun moment je me suis senti en empathie avec un personnage. Bref, peu crédibles je trouve. En je passe sur les amourettes perdues ou naissantes qui émaillent le récit, et m’ont lassé rapidement…
Les méchants, des extra-terrestres humanoïdes verts à l’intérieur, qui suinte la soupe d’herbe quand on les blessent passent finalement pas si mal si je compare au reste… Leur côté extra-terrestres « classique » à la mode de la série Les envahisseurs peut être vu comme une hommage je présume ! En revanche le concept de particules vertes parasitant la radiosphere terrestre ne m’a pas botté plus que ça, bien que la comparaison avec le monde des insectes sociaux et des parasites, qui m’évoquait les Borgs de Star Trek au début, avait tout pour plaire.
Pour ce qui est du fameux questionnement au cœur du roman, vaut-il mieux une paix factice qu’un monde de guerre bien humain… ? Et bien elle est assez vite éludée, même si elle peut peut-être nourrir un peu un lecteur en soif de réflexions sur le sens de notre vie sur Terre (libre arbitre, tout ça…).

Du coup une bonne idée un peu bâclée à mon avis, des personnages -gentils et méchants- peu crédibles, un manque de rythme (il commence à se passer des choses intéressantes 40 pages avant la fin). Moyen, quoi. Pas mauvais, mais je ne me suis pas éclatée.
Merci Denoël pour cette lecture tout de même. Je tiens à souligner que comme toujours, l’édition est très bien, une couverture qui attire l’œil, belles typos, belle qualité du livre… Le prochain roman sera bien meilleur je n’en doute pas 🙂

Ce livre me permet de remplir une nouvelle ligne dans le challenge ABC des Littératures de l’Imaginaire, pour la lettre W.

challenge de l'imaginaire ABC 2014

Les derniers jours du Paradis de Robert Charles Wilson
Éditions Denoël – Collection Lunes d’encre
Traduction : Gilles Goulet
2014 – 342 pages